19/05/2017

Une attaque contre les Gamela fait une vingtaine de victimes

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Gamela, fazendeiros, Viana, Maranhão, terra indígena, MPF, Ministério Público Federal, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, CDHM, Câmara dos Deputados, Funai, Fundação Nacional do Indio, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do BrasilDans l'après-midi du dimanche 30 avril, des Indiens Gamela qui occupaient leur territoire ancestral sur lequel se sont installés des fazendeiros, ont été attaqués par un groupe d'hommes armés de machettes et d'armes à feu. Bilan : 22 indigènes blessés, certains gravement. Cet incident violent qui s'est produit dans la municipalité de Viana, dans l'État du Maranhão.

Il s'agit du dernier épisode d'un conflit pour la terre qui dure depuis longtemps. Il y a encore quelques années, cette ethnie était officiellement considérée comme éteinte. En août 2014, les Gamela ont réalisé une assemblée au cours de laquelle ils ont manifesté leur intention de lutter pour la reconnaissance de leur territoire et de leur ethnie parfois encore contestée. En novembre de la même année, plusieurs Gamela étaient à Brasilia, avec d'autres représentants de peuples indigènes du Maranhão, pour demander la reprise des démarcations de leurs Terres Indigènes. En décembre 2015, ils ont subi des menaces de la part de fazendeiros.

L'attaque du 30 avril a provoqué de multiples réactions. De nombreuses entités ont exprimé leur solidarité à l'égard de ce peuple. La police fédérale a ouvert une enquête. Le Ministère Public Fédéral s'est saisi de l'affaire, il demande la démarcation de la Terre des Gamela. Le 11 mai, le Ministère Public du Maranhão a tenu une réunion avec des représentants des Gamela pour entendre leurs demandes en matière de territoire, de sécurité et de services publics. Une délégation de la Commission des Droits Humains et des Minorités de la Chambre des députés s'est rendue sur place. La Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI cherche, avec le Gouvernement de l'État du Maranhão un accord technique de coopération pour résoudre le conflit. L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rappelé que "les Gamela avaient dénoncé les plans des fazendeiros contre leurs leaders. Cependant, une fois de plus, les autorités compétentes ont fait preuve d'inertie devant les graves violations pratiquées, soit par des fonctionnaires, soit par des entités privées contre les Peuples indigènes".

Ce conflit survient dans un contexte national difficile pour les peuples indigènes. Voir sur ce blog, la dernière note du 7 mai.

Photo © CIMI Ana Mendes : un blessé Gamela peu après l’attaque. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image

 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/05/2017

Brésil : Les violations des droits humains sont dénoncées à l’ONU

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia,Genève, Palais des Nations, Examen Périodique Universel, Haut Commissariat aux droits de l’homme, OHCHR, HCDH, Michel Temer, Paulão, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, CDHM, Câmara, Suíça, Genebra, APIB, Sônia Guajajara, Rede de Cooperação Amazônica, RCA, Dhesca, Plataforma de Direitos Humanos, Maranhão, Gamela, Antonio Costa, FUNAICe 5 mai, une délégation d'ONGs brésiliennes était à Genève, au Palais des Nations, pour dénoncer les violations des droits de l'homme dans le pays. Ceci à l'occasion de "l'Examen Périodique Universel", un processus des Nations Unies portant sur l'application des droits de l'homme dans chacun de ses États membres. Ce vendredi, c'était au tour du Brésil de passer son "examen".

Un "Evénement parallèle" a été organisé par cette délégation au cours duquel ont été dénoncées les violations des droits humains dans différents domaines : éducation, santé, sécurité alimentaire, justice et, bien sûr, celles qui concernent des peuples quilombolas* et indigènes. Les restrictions budgétaires appliquées par le gouvernement de Michel Temer ont été citées comme ayant de graves conséquences. À noter la présence à cette rencontre d'un représentant de la Mission du Brésil et surtout celle de Paulão (Paulo Fernando dos Santos), le Président de la Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés. Le député a fait le voyage à Genève – selon plusieurs sources, contre la volonté du gouvernement - dans l'intention d'alerter la communauté internationale sur l'ampleur et la gravité des violations des droits humains sur le territoire brésilien.

Les peuples indigènes brésiliens étaient représentés par Sônia Guajajara, coordinatrice de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Les organisations indigènes ont préparé leur rapport sur la situation des droits humains à l'automne 2016 déjà. Parmi les documents envoyés au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, à relever celui réalisé par une large coalition d'organisations comprenant l'APIB, le Réseau de Coopération Amazonien – RCA et la Plateforme des Droits Humains – Dhesca Brésil**. Il concerne les peuples indigènes. Il porte sur les droits territoriaux; la protection des droits à la vie; la protection des leaders indigènes et des défenseurs des droits humains; la protection des droits sociaux; la mise en œuvre du droit à la consultation libre, préalable et informée et sur le cadre légal et institutionnel de défense et de protection des peuples indigènes.

L'urgence de cette protection est illustrée par un événement récent survenu le 30 avril dans l'État du Maranhão. Un groupe d'Indiens Gamela a été attaqué par des hommes armés de machettes et d'armes à feu. Bilan : 22 indigènes blessés, certains gravement. C'est à Genève que la délégation a appris que le gouvernement avait mis un terme au mandat d'Antonio Costa à la tête de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Il avait été nommé en janvier dernier. Une crise supplémentaire...

Les textes du Haut Commissariat se rapportant au Brésil sont accessibles en cliquant <ICI>.

                                                                           ***

* Les communautés quilombolas sont composées de descendants de Noirs marrons. ** Voir le rapport "A situação dos direitos humanos dos povos indígenas no Brasil", "Sumário das Recomendações por temas" et "Recomendações enviadas. »

Photo © B. Comoli : la délégation d’ONGs brésiliennes lors de « l’événement parallèle » du 5 mai au Palais des Nations. Tout à gauche, Sônia Guajajara, représentante de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

Ci-dessous : une video enregistrée par une vingtaine d’artistes brésiliens (dont Gilberto Gil) qui interprètent une chanson intitulée « Demarcação Já !» (Démarcation maintenant !) présentée lors du « Campement Terre Libre » qui a eu lieu du 24 au 28 avril dernier et qui a rassemblé 4’000 indigènes de tout le pays. (Voir sur ce blog, la note du 29 avril dernier).

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

29/04/2017

Intense mobilisation des Indiens du Brésil

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Acampamento Terra Livre, Congresso, APIB, Congrès, Michel Temer, MST, MTST, CUT, CONTAG, grève Du 24 au 28 avril à Brasilia, le mouvement indigène brésilien a vécu quatre jours d’intense mobilisation lors du 14e « Campement Terre Libre » qui a réuni, selon les organisateurs, plus de 4’000 représentants de deux cents peuples indigènes de tout le pays.

Un programme fourni d’ateliers, de manifestations culturelles, de débats sur les sujets qui préoccupent les Indiens, mais aussi de rencontres avec des responsables politiques, du Ministère Public fédéral et autres. Le 25 avril, une marche, en direction du Congrès, a été perturbée par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc*.

La « Déclaration finale » adoptée par les participants veut alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les attaques et mesures adoptées par l’Etat brésilien qui tendent à supprimer leurs droits garantis par la Constitution fédérale et les traités internationaux ratifiés par le Brésil. « Une offensive orchestrée par les trois pouvoirs de la République en collusion avec les oligarchies économiques nationales et internationales dont l’objectif est d’usurper et d’exploiter nos territoires traditionnels et de détruire les biens naturels essentiels à la préservation de la vie et au bien être de l’humanité et de dévaster le patrimoine socioculturel que nous préservons depuis des millénaires…  Depuis qu’il a pris le pouvoir, le gouvernement de Michel Temer a adopté de graves mesures pour démanteler toutes les politiques publiques destinées à répondre de manière différenciée aux besoins de nos peuples, comme le sous-système de santé, l’éducation scolaire indigène, l’identifications la démarcation, la gestion et la protection des terres indigènes… ». Le document évoque les coupes budgétaires qui fragilisent davantage les organes publics en charge de la protection des Indiens, les projets de lois ou d’amendements constitutionnels contraires aux droits fondamentaux des peuples indigènes. En conclusion du texte, ils appellent l’ensemble de la société brésilienne et la communauté internationale à se joindre à la lutte des peuples autochtones pour la défense des territoires traditionnels et de la mère nature pour le bien-être de toutes les formes de vie.

Ce rassemblement a compté avec la présence - et l’appui - d’autres mouvements sociaux comme le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre - MST, le Mouvement des Travailleurs Sans Toit - MTST, la Centrale Unique des Travailleurs - CUT et la Confédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture - CONTAG.

Le 28 avril était journée de grève générale au Brésil. Un mouvement d'ampleur nationale qui a mis des milliers de Brésiliens dans les rues. Les peuples indigènes ne sont pas seuls à affronter des temps difficiles !

* Pour visionner une brève vidéo de l’Agence France Presse (1’18’’) sur cette manifestation :

https://www.facebook.com/AFPfra/videos/vb.114100038626559...

Illustration : le logo de la manifestation. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

28/03/2017

Guyane : les Amérindiens s'adressent à F. Hollande

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Amérindiens, Guyane, François Hollande, Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, ONAG, Ségolène Royal, Cayenne, Convention de Carthagène, Alexandre Sommer-Schaechtelé, Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé, CCPAB, Convention 169, Organisation Internationale du Travail, OIT, Colombus, Northgold, Maroni, Oyapock, Grand Conseil CoutumierHonteux ! C'est ainsi que l'Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, l'ONAG, qualifie le comportement de Ségolène Royal, la Ministre (française) de l'environnement. Le 16 mars, à l'occasion de sa présence à Cayenne où elle présidait une réunion des représentants des pays signataires de la Convention de Carthagène, la Ministre a reçu les représentants des peuples Amérindiens et Bushinengé de ce département ultramarin. Lors de cette rencontre, le secrétaire de l'ONAG, Alexandre Sommer-Schaechtelé lui a remis une pétition munie de 85'000 signatures, qui demande la "Reconnaissance des Droits des peuples Amérindiens de Guyane". Mais le 17 mars, et selon l'ONAG, sans avoir évoqué le sujet avec ses représentants, la ministre a signé un protocole d'accord avec la Collectivité Territoriale de Guyane – CTG, par lequel "L'Etat cédera sur son domaine privé en Guyane de 200'000 hectares dont 100'000 hectares à la Collectivité territoriale, à la demande des élus de Guyane, afin de pouvoir y développer des projets". C'est l'absence de consultation sur l'usage de terres qu'ils estiment être les leurs que réprouvent les Amérindiens.

Ils se sont adressés une première fois au Président de la République le 18 mars : "Nous prenons acte de l’annonce faite en votre nom par Madame la Ministre de l’énergie, de la mer et de l’environnement de la décision de rétrocéder 200 000 ha de forêts primaires pour la biomasse en Guyane.

Vous avez volontairement omis d’indiquer [à votre ministre] que nous devrions être consultés en tant que peuples autochtones de ce territoire et ce, en violation de notre droit au consentement préalable en connaissance de cause.

Nos peuples préservent les forêts en qualité et quantité, mais nous sommes spoliés de nos droits territoriaux. Les forêts que nous avons en gestion ne sont pas décimées, mais l’administration de l’Etat ne nous reconnait aucune garantie imprescriptible liée à la terre.

Par contre, les spéculateurs, de toutes sortes qui détruisent les forêts et qui contaminent nos sources d’eau douce, ont droit à d’importantes terres pour déforester définitivement…"

Ces jours derniers, et encore aujourd'hui, les médias ont donné écho à la situation sociale et à l'insécurité qui règne en Guyane.

Dans ce contexte, le 25 mars, pour la deuxième fois en quelques jours, le Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé – CCPAB s'est adressé à François Hollande pour lui rappeler, ainsi qu'à son successeur, les revendications des Amérindiens.

Ce document aborde plusieurs sujets. Dans le domaine institutionnel : la ratification par la France de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et la reconnaissance de l'Institution coutumière et des chefs coutumiers de Guyane.

- En matière de droits territoriaux : la rétrocession de 400'000 hectares de forêts et la garantie d'une redistribution chiffrée et équitable aux Autochtones.

- Au sujet de l'industrie minière : un moratoire sur la méga-exploitation des sociétés Colombus et Northgold, ainsi que l'arrêt immédiat de tous les projets de ce type déjà engagés et l'éradication totale de l'orpaillage illégal.

- Plusieurs points concernent la culture amérindienne, par exemple : l'enseignement des langues autochtones ouvert de la maternelle à l'Université.

- Dans le domaine de la santé, à relever la demande de création de Centres délocalisés de prévention et de soins dans chaque village autochtone du Haut-Maroni et du Haut-Oyapock…

Pris dans une campagne électorale singulière, les responsables politique de la métropole seront-ils enclins à prêter une oreille attentive aux revendications des peuples premiers du lointain département d'outre-mer ?

Pour l'heure, les organisations amérindiennes ont appelé leurs membres à se joindre au mouvement de protestation que connaît la Guyane.

À suivre !

Illustration : extraite du compte Facebook de l'ONAG. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

Ci-dessous : la participation des Amérindiens à la manifestation de Cayenne de ce 28 mars

                                                                   
les amerindiens dans la marche

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

20/03/2017

L’Amazonie, de Genève à Montréal

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Amérindiens, Chamane, Genève, Montréal, Suisse, Canada, Musée, ethnographie, forêt,Filmar en America Latina, Sônia Bone Guajajara, APIB, Victoria Tauli-Corpuz, ONU, droits des peuples autochtones, MCI, Terre des Hommes, AYA, Pointe-à-Caillère, Canada"Amazonie. Le Chamane et la pensée de la forêt", l'exposition organisée par le Musée d'Ethnographie de Genève – MEG entre le 20 mai 2016 et le 8 janvier 2017 a connu un franc succès : près de 83'000 visites sur la durée totale de la manifestation. Le public a pu participer à de nombreux événements liés au thème de l'exposition, tels des rencontres avec des leaders indigènes, la projection de films, dont plusieurs en partenariat avec le Festival "Filmar en América Latina".

Le 22 septembre, l'exposition a reçu la visite de Sônia Bone Guajajara, la coordinatrice de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Sônia est l'une des femmes qui, depuis quelques années, animent le mouvement indigène brésilien. Elle était à Genève à l'occasion de la présentation, devant le Conseil des droits de l'homme, du rapport rédigé par Mme Victoria Tauli-Corpuz, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits des peuples indigènes. Un document consacré à la situation vécue par ces peuples au Brésil*.

Dans le cadre d'un "Grand Bazar", le 6 novembre 2016, lors d'un "Rallye des familles", une activité participative, les associations genevoises Aquaverde et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, ont eu l'opportunité de présenter leur activité en Amazonie. Une occasion de sensibiliser le public aux préoccupations actuelles des Amérindiens. C'était aussi le moment de rappeler que plusieurs collectivités publiques, dont la Ville de Genève, apportent leur appui à des organisations indigènes de l'Amazonie. Cela par l'intermédiaire de plusieurs ONG de coopération : Terre des Hommes Genève, Le MCI et l'Association d'appui aux Yanomami d'Amazonie – AYA.

L'exposition du Musée d'Ethnographie sera présentée au Musée de Pointe-à-Caillère de Montréal (Canada) du 17 avril au 22 octobre 2017.

* Voir sur ce blog, la note du 23 septembre 2016

                                                                           ***

Photo © B. Comoli : Sônia Guajajara, leader indigène de l’APIB lors de sa visite de l’exposition, le 22 septembre 2016. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/03/2017

"Trading Paradise", un film de Daniel Schweizer

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Daniel Schweizer, Trading paradise, Dirty Paradise, Dirty Gold War, Swissaid, Grand-Saconnex, Scala, FIFDH, Genève, Festival du Film Vert, FFV, Salle Communale des Délices, SuisseOn sait que la Suisse est l'une des principales places mondiales du commerce des matières premières. Une activité qui s'exerce généralement en toute discrétion. Le cinéaste Daniel Schweizer veut aller à contre-courant de cette discrétion. Son dernier film sur le sujet, "Trading Paradise", sort sur les écrans romands ce mois de mars. Il s'agit d'un documentaire par lequel le producteur veut poursuivre son travail portant sur la responsabilité de la Suisse dont certaines entreprises, parmi les plus puissantes au monde, ont des comportements à risque à l'étranger. Il a voulu combler un vide sur la problématique du commerce et des entreprises extractives.

Ce film, avec "Dirty Paradise " de 2010* et "Dirty Gold War" de 2015**, clôt une forme de trilogie sur l'impact de l'exploitation minière sur les communautés proches des sites.

Questionné sur la capacité des films documentaires à changer le monde, Daniel Schweizer est d'avis que : "Des films qui défendent un parti pris fort, dévoilant des réalités peu connues et travaillant en immersion avec leurs protagonistes peuvent permettre de changer la perception de ce qui se joue dans le monde. En préparant sur de longues périodes des films documentaires, en filmant de l’intérieur et en empathie, en accompagnant ses personnages, recueillant leurs confidences, en étant proche d’eux, plutôt que d’adopter une posture de voyeur ou d’observateur indifférent, je suis persuadé que le cinéma documentaire a une force et une raison d’être. Le documentaire indépendant doit s’éloigner du reportage afin de poser un autre regard sur le monde et sa complexité."

À Genève, "Trading Paradise" sera présenté par l'ONG Swissaid dans le cadre du Festival du Film Vert - FFV, ce jeudi 9 mars, à la Salle Communale des Délices du Grand-Saconnex et le 16 mars en ville de Genève, au cinéma Scala, en collaboration avec le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains – FIFDH 2017.

                                                                      ***

* Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010. **Voir la note du 5 mars 2015

Le dossier de presse du film peut être consulté à cette adresse :

https://www.swissaid.ch/sites/default/files/TP_Presskit_FR-3.pdf

Illustration : l'affiche du film. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

La bande de lancement du film :

 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/03/2017

Pollution de l'Amazonie péruvienne : accord entre les organisations indigènes et le gouvernement

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Saramurillo, Norteperuano, Loreto, Lima, rio Corrientes, rio Pastaza, rio Tigre, rio Marañon, Comisión Multisectorial,FeconatLe 15 décembre 2016, des accords – appelés "Accords de Saramurillo" - ont été signés entre les leaders de communautés indigènes et le gouvernement péruvien au sujet de la contamination causée par la dizaine de fuites de pétrole de l'oléoduc Norteperuano de l'entreprise d'État Petroperú en 2016. Un conduit qui relie les champs pétroliers de l'Amazonie à la côte Pacifique. Ces fuites ont causé de graves pollutions des sols et des cours d'eau dans la région de Loreto. De telles catastrophes environnementales ont déjà eu lieu dans le passé. Elles concernaient les rios Corrientes, Pastaza et Tigre*.

Les communautés indigènes se sont mobilisées pendant plus de trois mois, organisant diverses manifestations, notamment en empêchant la navigation sur le rio Marañon, un affluent important de l'Amazone. Leur protestation a été très médiatisée. Elles ont dressé une liste de revendications qu'une forte délégation est allée défendre pendant plusieurs jours à Lima, la capitale de l'État.

Les accords concernent la surveillance de l'oléoduc, les compensations à servir aux communautés, les réparations des dommages causés pour lesquelles un fonds de 15 millions de dollars a été créé.

Une "Commission Multisectorielle" va suivre la mise en œuvre des accords qui a commencé ce mois de janvier 2017. Ils concernent cinquante mille personnes.

                                                             ***

* Voir sur ce Blog, les notes des 10 mai 2013, 25 juin et 20 janvier 2012.

Photo © Feconat : Le 21 novembre 2016, sur le tarmac de l'aéroport de Lima, les Ministres de la culture et de la défense accompagnent la délégation indigène qui retourne en Amazonie après avoir discuté les conditions de la négociation de l'accord de Saramurillo.

Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS 1 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

PS 2 : Note rédigée avec le précieux concours d'Aurélien Stoll, Secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI / Genève.

Cette note a été publiée dans « AYA Info » No 114, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

22/02/2017

Plan-les-Ouates : La solidarité dans tous ses états

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Plan-les-Ouates, Forum, Solidarité, Espace Vélodrome, AYA, Yanomami, Secoya, FGC« La solidarité dans tous ses états! Soutenir là-bas - Accueillir ici » Les 24 et 25 février, la commune de Plan-les-Ouates organise pour la troisième fois une manifestation * pour rendre compte à ses habitants, et au public en général, de l’usage qui est fait des crédits qu’elle consacre à la solidarité. Au programme : une exposition, des débats, un film et diverses animations. Les associations bénéficiaires des subventions communales – près d'une trentaine - seront présentes.

À deux reprises, cette municipalité a marqué son soutien au peuple Yanomami** par l'intermédiaire de l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'AmazonieAYA" et son partenaire brésilien, l'ONG "Service et Coopération avec le peuple YanomamiSECOYA" de Manaus. AYA tiendra un stand lors de ce rendez-vous et, samedi après-midi, participera au rallye organisé à l'intention des familles. Les projets soutenus par Plan-les-Ouates concernent la promotion de la santé, en particulier celle des enfants Yanomami trop souvent atteints de dénutrition.

Aucune loi n'oblige les communes genevoises à consacrer une part de leur budget à la coopération internationale. Et pourtant toutes le font, comme le montre la récente publication éditée par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Plan-les-Ouates depuis 1979. Ce geste librement consenti, cette solidarité collective fait consensus. Cette manière de procéder, permet aux associations de coopération comme AYA, d'avoir accès à des financements sans devoir organiser de chronophages et coûteuses opérations de collectes de dons. Frais annexes qui ne vont pas aux réalisations sur le terrain. Les personnes qui, dans les ONG s'engagent, souvent bénévolement, à mettre en forme et à suivre les projets peuvent ainsi mieux se consacrer à cette tâche.

Au nom des jeunes - et moins jeunes - bénéficiaires amazoniens de ces soutiens, AYA tient à exprimer sa vive gratitude aux autorités et aux habitants de Plan-les-Ouates pour leur geste de solidarité.

                                                                     ***

* Cliquer sur le lien hypertexte pour accéder au programme complet. Il est possible de suivre la préparation du Forum sur Facebook. La manifestation aura lieu à "l'Espace Vélodrome", 60 Ch. de la Mère Voie, 1228 Plan-les-Ouates, dès 17h vendredi 24 février. Elle se terminera samedi 25 février à 16h.

** Voir sur ce blog, les notes du 18 novembre 2016 et du 28 août 2015.

Illustration : Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise sous un autre forme dans le prochain « AYA Info » No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

20/11/2013

Les Indiens du Brésil se mobilisent pour défendre leurs droits constitutionnels / 2

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Autochtones, indigènes, indígenas, Brasilia, constitution, Constituição, APIB, FUNAI, CNPI, União, mobilização, bancada ruralista, PEC 215/00, Greenpeace, Senado, Dilma Rousseff, Ana Rita, Casa Civil, André Vargas, Câmara dos Deputados, Gleisi Hoffmann, Kátia Abreu, Confederação Nacional da Agricultura e Pecuária do Brasil, CNA, Ronaldo Caiado, Luis Inácio Adams, Sônia Guajajara, José Eduardo Cardozo, Ministro  da Justiça, Nilmário Miranda, Padre Ton, Supremo Tribunal Federal, STFFin septembre début octobre, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé les peuples indigènes et leurs organisations à se mobiliser pour la "Défense de la Constitution et du droit des peuples [indigènes] à la terre". Une mobilisation organisée à l'occasion du 25e anniversaire de l'adoption, le 5 octobre 1988, de l'actuelle Constitution du Brésil. Ces droits sont menacés par plusieurs projets de loi ou d'amendements constitutionnels. Dans une précédente note, il a été fait état des manifestations qui ont eu lieu dans le pays*. Cette note relate ce qui s'est passé à Brasilia où environ 1'500 leaders indigènes de tout le pays s'étaient donné rendez-vous.

Le 1er octobre, des militants de Greenpeace Brésil ont grimpé au mât du drapeau brésilien, et sous les couleurs nationales, ils y ont accroché l'effigie d'un Indien et, plus bas encore, une banderole portant l'inscription : "Nos forêts ont plus de vie". Au Sénat, la Commission des droits humains et de la législation participative, présidée par Ana Rita, a reçu des leaders indigènes qui ont exprimé leurs inquiétudes face aux attaques dont les droits territoriaux sont l'objet. Ce même jour, la présidente de la république Dilma Rousseff, a fait savoir que son gouvernement était hostile au Projet d'amendement constitutionnel No 215/00.

Le 2 octobre, la police a empêché les manifestants d'entrer au parlement. Cependant, une délégation de leaders a été reçue par André Vargas, ce jour-là président en exercice de la Chambre des députés. La délégation a évoqué les principales revendications des organisations indigènes, notamment, le classement de la PEC 215/00. Il a été convenu qu'un document mentionnant ces revendications serait remis le lendemain aux parlementaires (voir ci-dessous "Déclaration"). Les députés Nilmário Miranda et Padre Ton ont déposé une Proposition d'amendement constitutionnel (No 320/2013) créant quatre sièges de députés fédéraux indigènes élus par les communautés elles-mêmes.

Sur l'Esplanade des Ministères, le 3 octobre, un groupe a enterré symboliquement – en fait l'image - de quatre personnes qui, aux yeux des indigènes, sont particulièrement actives pour réduire leurs droits territoriaux. Il s'agit de la Ministre-chef de la Maison Civile de la présidence de la république, Gleisi Hoffmann; la sénatrice Katia Abreu, présidente de la Confédération Nationale de l'Agriculture et de l'Elevage – CNA; le député fédéral Ronaldo Caiado, membre de la "Bancada ruralista" et l'Avocat Général de l'Union Luis Inácio Adams. Au cours de l'après-midi des leaders indigènes ont occupé pacifiquement, pendant un peu plus d'une heure, le siège de la CNA. Le temps pour Sônia Guajajara de l'APIB, d'exprimer les griefs adressés à la Confédération et à sa présidente. La police militaire était sur les lieux, mais a seulement suivi l'événement. La Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a tenu sa 21e réunion ordinaire au siège de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. À cette occasion, le Ministre de la justice, José Eduardo Cardozo a annoncé qu'il adressait au président de la Chambre des députés une note technique qui démontre le caractère anticonstitutionnel de la PEC 215/00.

Le 4 octobre des représentants de la mobilisation ont remis un document destiné aux juges du Tribunal Suprême Fédéral – STF. Ils y expriment leurs préoccupations quant aux droits constitutionnels menacés par des initiatives des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires tendant à restreindre et retirer des droits qui paraissaient consolidés et définitifs. Ils rappellent également la suspension par le STF des processus de démarcation des Terres Indigènes, principalement au Mato Grosso do Sul. Ils demandent que les décisions du STF soient favorables aux peuples indigènes, conformément à leurs droits historiques et fondamentaux garantis par la Constitution fédérale et les Traités internationaux signés par le Brésil.

La "Déclaration" publiée le 3 octobre par l'APIB résume les revendications des peuples indigènes du pays : "Nous déclarons que si les ruralistes arrivent à changer la Constitution, ou si le pouvoir exécutif modifie les processus de démarcation de nos terres et continue la paralysie de démarcation de nos territoires, pour nous, ces mesures seront nulles. Nous continuerons à résister et à risquer nos vies pour ce que prescrivent la Constitution de 1988 et les traités internationaux signés par le Brésil… Nous exigeons la fin de toutes ces attaques contre nos droits…" Le document se termine par des demandes plus précises : le classement immédiat et définitif de toutes les initiatives qui portent atteintes aux droits indigènes; la création du Conseil National de Politique Indigéniste; l'approbation du Statut des Peuples Indigènes et de la Proposition d'amendement constitutionnel No 320/2013 qui veut la création de quatre sièges pour des députés fédéraux indigènes… "Enfin, nous réitérons notre détermination à rester unis et en alliance avec les mouvements et organisations sociales qui, comme nous, luttent pour la construction d'une société véritablement démocratique, juste et plurielle".

Après une telle mobilisation, la question est maintenant de savoir comment le pouvoir brésilien va répondre à l'interpellation des peuples indigènes ?

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*Voir sur ce blog les notes du 10/11/13

Photo © Oswaldo Braga de Souza - ISA / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note ou à des vidéos relatives à la mobilisation mises en ligne sur YouTube.

- Cette note est un extrait d'une "brève" publiée dans AYA Info (No 87), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/11/2013

Les Indiens du Brésil se mobilisent pour défendre leurs droits constitutionnels / 1

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Entre le 30 septembre et le 5 octobre, il y a eu de nombreux "événements" dans les différentes régions du Brésil. Cette campagne a certainement été la plus importante depuis 1988. Elle a eu des échos, non seulement sur les réseaux sociaux, dans les médias nationaux, sur YouTube, mais également au niveau international. Ainsi, le quotidien français "Le Monde" a publié plusieurs articles relatifs à cette mobilisation, notamment dans son édition des 6 et 7 octobre. Selon une évaluation de l'Instituto Socioambiental – ISA ce sont environ 13'000 personnes qui ont participé à des manifestations. La présente note veut donner un reflet de cette campagne sans prétendre en dresser un tableau exhaustif.

Dans le courant de cette semaine de revendications, des barrages ont été dressés sur plusieurs routes. La BR-101, cette longue route de plus de 4'700 km, qui suit la côte atlantique entre l'État du Rio Grande do Norte et celui du Rio Grande do Sul, a été barrée par les Indiens Pataxó, Tupinamba et Pataxó Hã-Hã-Hãe près de Itamaraju, au sud de l'État de la Bahia. Sur la même route, mais beaucoup plus au sud, ce sont des Indiens Guarani qui ont établi un barrage au lieu dit Morro dos Cavalos, dans la municipalité de Palhoça (État de Santa Catarina). Des Indiens Xavante ont également barré la BR-070 près de la localité de Primavera do Leste, dans l'État du Mato Grosso. Des Indiens Guajajara ont occupé la BR-316 dans l'État du Maranhão. Dans le Nordeste, sous l'impulsion de l'Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo - APOINME, des barrages ont été signalés dans le Nordeste, dans les États de l'Alagoas et du Pernambuco. Au nord du pays, à l'invitation du Conseil Indigène de Roraima - CIR, les peuples indigènes de cet État ont organisé un rassemblement qui a eu lieu le 2 octobre sur la BR-174, près de la communauté indigène Sabia, dans la Terre Indigène São Marcos (municipalité de Pacaraima).

Pendant quelques heures, le 3 octobre, des Indiens Terena ont occupé la fazenda São Pedro do Paratudal, dans la municipalité de Miranda (État du Mato Grosso do Sul). Les Terena revendiquent une portion de la propriété comme faisant partie de la Terre Indigène Cachoeirinha.

Des manifestations ont eu lieu aussi dans les centres urbains. Ainsi, à São Paulo, le 2 octobre en fin d'après-midi, un cortège a eu lieu sur une partie de l'Avenida Paulista. ISA a filmé la manifestation et interviewé plusieurs leaders indigènes et sympathisants de leur cause. Parmi eux, Ana Maria Antunes Machado a adressé un message de solidarité aux Yanomami, dans leur propre langue. Le professeur José Ribamar Bessa Freire, de l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, a participé à cette manifestation. Le 6 octobre, sur son site Internet, il a publié une note intitulée "Contre le beuglement des vaches" dans laquelle il répond aux attaques dont sont l'objet les droits indigènes. À Rio de Janeiro, le 4 octobre, des indigènes de plusieurs ethnies et, là aussi, des sympathisants de leur cause, ont organisé un rassemblement devant l'immeuble de la Petrobras, puis sont partis en cortège sur l'avenue Rio Branco.

Dans une prochaine note, il sera fait écho des manifestations qui ont eu lieu à Brasilia où étaient rassemblés plus d'un millier de leaders indigènes venus de tout le Brésil.

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*Voir sur ce blog les notes du 07/10/2013 et du 28/09/2013

Photo © Conseil Indigène de Roraima – CIR / Une vue du la manifestation à Sabia / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est un extrait d'une "brève" publiée dans AYA Info (No 87), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2