indigènes

  • Un médecin au service des indigènes depuis plus de cinquante ans

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, diabète mellitus de type 2, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-Prex, OIT, Convention 169, Pará, rio Cateté, rio Itacaiunas, métaux lourds, metais pesados, Fernando Henrique Cardoso, Complexo Eliezer Batista, Djudjê-Kô, Cateté, Oodjã, S11D, Aurélien Fontanet, René Fuerst João Paulo Botelho Vieira Filho (84 ans) est médecin, spécialiste en endocrinologie clinique, étudiant puis professeur à l’École de médecine de l’Université Fédérale de São Paulo. Son histoire de vie (1) est celle d’un véritable sacerdoce exercé depuis 1965 auprès d’une dizaine peuples de l’Amazonie brésilienne centrale et orientale. Il est l’auteur de nombreux articles et rapports scientifiques particulièrement consacrés au diabète mellitus de type 2 touchant les autochtones. Une épidémie pandémique causant obésité et surpoids, complications vasculaires, rénales, oculaires et nerveuses. Obligeant parfois à pratiquer des amputations. À l’origine : des facteurs génétiques ! Selon le médecin, les organismes des indigènes sont génétiquement marqués par des millénaires d’alimentation issue de la chasse, de la cueillette, de cultures de subsistance et d’activité physique. L’actuel abandon - par de nombreux peuples autochtones - de la diète traditionnelle pour passer à la diète « occidentale » hautement calorique avec une forte teneur en sucre et graisses et un mode de vie plus sédentaire est un désastre. Le docteur demande aux autorités de modifier le « panier de base » et les « goûters scolaires » qu’elles fournissent aux minorités génétiquement différentes.

    Le Dr Botelho a aussi été un pionnier pour la vaccination des indigènes contre plusieurs affections : tuberculose, diphtérie, tétanos, paralysie infantile, rougeole, coqueluche et variole. Plus récemment, il a vacciné des fillettes de 9 et 10 ans contre le papillomavirus.

    Son intervention chez les Xikrin (2) de la Terre Indigène (TI) Xikrin do Cateté a été essentielle pour la survie de ce peuple. Il a contribué à sa quasi renaissance démographique : d’à peine une centaine quand il les a connus en 1967, ils sont maintenant environ 1460.

    Son action est encore importante. Elle va au-delà du problème du diabète. La vie de ces Xikrin est encore menacée (3). Les sites de production de la multinationale Vale SA (4) polluent en métaux lourds les deux rios Cateté et Itacaiunas d’importance vitale pour les habitants des trois villages Xikrin construits sur leurs rives. Le Dr Botelho a maintes fois attiré l’attention des autorités sur cette situation. À plusieurs reprises ses rapports ont servi de base pour des actions en justice. En 2017, un tribunal a fait cesser l’activité du site « Onça Puma ». Le 13 septembre dernier, Vale SA a publié une information selon laquelle le président du Tribunal Suprême Fédéral avait autorisé la reprise de l’activité sur ce site. À suivre !

    Aidé par le photographe et vidéaste genevois, Aurélien Fontanet (5), le docteur utilise maintenant les réseaux sociaux. Il s’exprime (en portugais) sur une chaîne YouTube.

    João Paulo Botelho Vieira Filho est, de longue date, un allié fidèle et précieux des peuples indigènes. Chapeau !

                                                                                     ***

    (1)Un livre (en portugais) : “Reminiscências de um médico na convivência com índios da Amazônia durante 53 anos (1965 – 2018)” / João Paulo Botelho Vieira Filho / Editora Kelps / Goiânia / 2018 / 180 p. ISBN : 978–85–400-2629-2 / (2) Prononcer « Chikrine » / (3) Voir sur ce blog les notes du 6 septembre 2018, 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / (4) Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève. / (5) Aurélien Fontanet a créé un site internet et formé des Xikrin permettant à ces derniers de s’exprimer.

    Photo : © Aurélien Fontanet. À gauche, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, à droite Aurélien Fontanet. Au fond, à gauche, le rio Cateté. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Les violences contre les indigènes, des plaies institutionnalisées

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, indígenas, indigènes, CIMI, Conseil Indigéniste Missionnaire, Conselho Indígenista Missionário, CNBB, Conferência Nacional dos Bispos do Brasil, Relatório, Violência contra os Povos Indígenas no Brasil, Michel Temer, Dom Roque Paloschi, Karipuna, Rondônia, madeireiros, grileiros, Baía dos Guató, Roraima« Les violences contre les peuples indigènes deviennent des plaies institutionnalisées » C’est le titre que donne Dom Roque Paloschi*, à la présentation du Rapport annuel2019 du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI)**, sur la « Violence contre les Peuples Indigènes au Brésil ». Il s’agit de données relevées en 2018. Comme les précédents rapports (voir PS 1), ces violences sont classées en plusieurs chapitres : Violence contre le patrimoine ; Violence contre la personne ; Violence par omission des pouvoirs publics (dans les domaines de l’éducation scolaire, de la santé, etc.) ; Violence contre les Peuples isolés ou de peu de contact. Chaque cas est documenté.

    Dans le domaine de la « Violence contre le patrimoine », les « Invasions de territoires, exploitation illégale de ressources naturelles et dommages au patrimoine », il a été noté 109 cas contre 96 en 2017. Et, pour les neuf premiers mois de 2019, des données partielles et provisoires font état de 160 cas. Pour illustrer ce type de violence, un article est consacré au peuple Karipuna occupant la Terre Indigène – TI du même nom, située dans l’État de Rondônia. Un peuple qui a été au bord de l’extinction. Dans les années 70, ils étaient huit, cinq adultes et trois enfants. Ils étaient 30 en 1994. Ils sont maintenant 55 ! Cette TI, de 1'530 km2, homologuée en 1998 « … se trouve au centre d’une région caractérisée par une grande et croissante pression exercée par des madeireiros, pêcheurs clandestins et grileiros.*** Cette lutte territoriale interdit aux Karipuna de se déplacer librement sur leur TI. Les envahisseurs entrent de tous les côtés sur leur territoire. […] Les constantes invasions et l’incapacité de l’État à garantir la protection de la terre et du peuple, met les Karipuna sous une réelle menace d’un imminent génocide. […] La destruction de la TI Karipuna est quatre fois supérieure à ce que disent les données officielles : 10'463 ha de forêt ont été dégradés et détruits depuis 1988. 80% de ces dommages se sont produits entre 2015 et 2018, période depuis laquelle il y a eu une intensification des invasions de madeireiros, garimpeiros*** et grileiros. […]  Les leaders Karipuna demandent avec insistance au gouvernement qu’il prenne des mesures pour le retrait du crime organisé qui agit à l’intérieur de leur terre.

    Un autre article aborde la non-réalisation d’opérations au bénéfice des communautés indigènes prévues au budget. Ainsi seulement 67% des 796'000 Reais - R$**** prévus pour le « Programme de conservation et usage de la biodiversité » ont été dépensés. Et 56% de l’enveloppe prévue (51,5 millions de reais) pour l’« Assainissement de base dans les villages indigènes » ont été utilisés. Il en va ainsi, dans des proportions variables pour la « Préservation Culturelle des Peuples Indigènes », la « Promotion des droits des peuples de récent contact ». Le budget pour la « Démarcation et Surveillance des Terres indigènes et la Protection des Peuples Isolés » n’a été dépensé qu’à 24,39% ou 12'123'215 R$. Pour le CIMI, la non utilisation des moyens budgétaires est une forme d’agression contre les droits des peuples originaires.

    À noter encore qu’au chapitre « Violence contre la personne », le rapport fait état d’une augmentation du nombre des assassinats : 135 en 2018 pour 110 en 2017. C’est dans l’État de Roraima qu’il en a été commis le plus : 62.

    Dans l’introduction même de son document, le CIMI affirme que « les violations deviennent la règle et non pas l’exception ». Il considère « qu’il est d’importance capitale, dans le contexte politique et économique actuel du Brésil, que les forces démocratiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, mobilisent et coordonnent leurs actions de défense de la vie contre les politiques d’exclusion, de mort et de dévastation. » L’appel sera-t-il suivi d’effets ?

                                                                             ***

    *Président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI et archevêque de Porto Velho (État du Rondônia, en Amazonie brésilienne)

    **Une entité rattachée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil (CNBB)

    ***Madeireiros : forestiers voleurs de bois ; grileiros : individus qui cherchent à s’approprier des terres au moyen de fausses écritures ; garimpeiros : orpailleurs illégaux.

    ****Taux de change au 16 octobre 2019 : 1 real (pluriel : reais > sigle R$ ou BRL) = 0,24082 CHF

    Illustration : Première de couverture du rapport publié le 24 septembre 2019 par le CIMI. Il s’agit d’une photo de Christian Braga /Greenpeace/CIMI prise en juin 2018 au-dessus de la TI Karipuna qui montre la destruction de la forêt par des madeireiros. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 17 novembre 2018, 16 novembre 2017, 4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010      

    PS 2: L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • René Fuerst : Amazonie, vingt belles années (1955 – 1975)

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Yanomami, Pará, Kayapó, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Hommes oiseaux, Père Caron, Curé d'Indiens, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, Carouge, Genève, Flux Laboratory, CICR, MEG, Musée d’Ethnographie, Genève« Qui brave la pluie se mouille ! » Ainsi commence l’ouvrage* que vient de publier René Fuerst, l’ethnologue genevois de 86 ans. C’en est aussi le titre du dernier chapitre où il raconte comment et pourquoi le troisième Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, le Général de Réserve, Ismarth Araújo de Oliveira, lui interdit, en juillet 1975, l’accès aux aires indigènes du pays. Il avait publiquement critiqué la politique indigéniste de l’État brésilien.

    Dès 1955, ce chercheur était allé à la rencontre de plusieurs peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne. Notamment chez le Xirin du Cateté et les Yanomami du rio Demini. Il l’a fait pour le Musée d’Ethnographie de Genève - MEG, mais aussi pour le Comité International de la Croix Rouge – CICR. Il avait perçu le risque d’un véritable génocide déjà couru par ces peuples.

    De son expérience amazonienne, l’ethnologue en fait le sous-titre de son livre : « Vingt belles années (1955 -1975) ». En 1998 déjà, dans son ouvrage « Adieu l’Amazonie », édité par le MEG, il avait qualifié les années passées dans cette partie du Brésil comme étant les plus belles de sa vie !**

    S’être ainsi fortement « mouillé » pour les autochtones, et s’en être vu sanctionné, se révèle être la satisfaction de sa riche existence. L’auteur a déjà largement partagé ses connaissances avec le public par ses précédents ouvrages, les nombreux objets rapportés au MEG et des expositions***.

    La publication de ce livre arrive au moment où les incendies qui ravagent la forêt amazonienne mettent en danger le cadre de vie des autochtones déjà menacé par le gouvernement brésilien. De nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Brésil et à l’étranger, dont deux à Genève !

                                                                                      ***

    *L’ouvrage : « Indiens d’Amazonie - Vingt belles années (1955 – 1975) » ISBN No 978-88-7439-870-6 / Edition : 5 Continents / Milan – 143 p. Texte et photographies (plus de soixante photos noir-blanc) de René Fuerst.

    **« Les plus belles années de ma vie », c’est aussi un chapitre du livre « Adieu l’Amazonie » publié en 1998 par le Musée d’Ethnographie de Genève – MEG.

     *** En 2014, à l’occasion d’une exposition « Cinquante ans après », les photos de René Fuerst prises chez les Xikrin en 1963 sont mises en regard avec celles faites par Aurélien Fontanet chez les mêmes Xikrin en 2013. Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014.

    Illustration : 1ère de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pou en agrandir la taille.

                                                                              ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : la violence contre les Peuples indigènes a augmenté en 2017

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    brasilia, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, eleições, Tribunal Superior Eleitoral, TSE, indígenas, indigènes, CIMI, CNBB, Fernando Henrique Cardoso, Luiz Inácio Lula, Dilma Rousseff, Michel Temer, Krenak, Rio Doce, Mariana, Samarco, France-Libertés, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Commission Interaméricaine des Droits Humains, CIDH, Minas Gerais, Organisation des États Américains, OEA, Margarette May Macaulay, Jair BolsonaroLe constat est là : en 2017 par rapport à 2016, les cas de violence contre les peuples indigènes du Brésil ont augmenté dans quatorze des dix-neuf domaines relevés par le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI*. Au total, il en a dénombré 2'136 contre 2'032 l’année précédente, soit une progression d’un peu plus de 5%. Comme les précédents, ce douzième rapport, publié le 27 septembre dernier, classe la violence sous différents chapitres : violence contre le patrimoine (963 cas), contre la personne (200 cas, y compris 68 assassinats), violence par omission des pouvoirs publics (143 cas), les suicides (128 cas) et la mortalité infantile (702 décès).

    Le nombre de cas est resté le même dans trois domaines : les abus de pouvoir (8 cas), le manque d’assistance dans le domaine de la santé (42 cas) et le manque d’assistance en général (également 42 cas). Il a diminué en ce qui concerne la mortalité infantile (enfants de moins de 5 ans) : 702 cas contre 735 en 2016. Et les données officielles – celles du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI) - relatives à la quantité d’assassinats : 110 contre 118 en 2016. Mais, de son côté, le CIMI a dénombré 68 assassinats en 2017, contre 56 en 2016. Pour ce type de violence, le Conseil a publié des chiffres remontant à 1995.

    Pendant les deux mandats du Président Fernando Henrique Cardoso (1995 – 2002), il y a eu 165 assassinats, soit une moyenne de 20,6 par année. Lors des deux mandats du Président Luiz Inácio Lula da Silva (2003 – 2010), il y en a eu 451, soit une moyenne annuelle de 56,3. Pendant la présidence de Dilma Rousseff (janvier 2011 à fin août 2016), il y en a eu 322, soit une moyenne de 56,8 par année. Et pour les premiers 16 mois de la Présidence de Michel Temer (de septembre 2016 à décembre 2017), il y en a eu 90, ce qui porte la moyenne annuelle à 67,5 assassinats.

    Á relever que pour la troisième fois, dans le chapitre des « Violences contre le patrimoine », est mentionnée la situation du peuple Krenak gravement impacté par la rupture, le 5 novembre 2015, du barrage qui retenait les boues toxiques de la mine de la Samarco, près de Mariana, dans le Minas Gerais**. Boues qui ont pollué le Rio Doce jusqu’à son embouchure dans l’Atlantique. La situation des Krenak, dont le fleuve est le cadre de vie, n’est toujours pas réglée. Récemment, une campagne a été lancée par la Fondation France – Libertés pour alerter l’opinion publique internationale et les autorités brésiliennes afin de sauver ce peuple des graves périls qui le menacent.

    Les violences contre les peuples indigènes ont fait l’objet d’un rapport que l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a remis aux membres de la Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH*** venue au Brésil enquêter – entre le 5 et le 12 novembre - sur l’ensemble de la situation des droits humains dans le pays. Au terme de son voyage, la Commission a publié des « Observations préliminaires ». Un paragraphe est consacré aux peuples et communautés indigènes. Á leur sujet, elle a formulé une dizaine de recommandations concernant, notamment, la délimitation et la démarcation des terres; le droit à la consultation préalable, libre et informée; le total respect et la garantie des droits aux peuples en isolement volontaire…

    L’avenir des droits humains au Brésil inquiète. La présidente de la CIDH, Margarette May Macaulay, s’est dite préoccupée par les propos tenus par Jair Bolsonaro, le président élu le 28 octobre…

                                                                        ****

    *Le CIMI est l’organe de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil (CNBB) en charge des questions indigènes. ** Voir sur ce blog, la note du 19 février 2016. *** Une instance rattachée à l’Organisation des États Américains – OEA .

    PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 16 novembre 2017,  4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010

    Image : première de couverture du rapport publié le 27 septembre 2018 par le CIMI. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 124, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Elections brésiliennes : des femmes indigènes marquent des points

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    Sônia Guajajara, a été la première indigène de l’histoire du Brésil à briguer le poste de Vice-présidente de la République*. Elle s’est présentée aux cotés de Guilherme Boulos, candidat, lui, à la Présidence de la République sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL. Ils n’ont obtenu « que » 617'115 voix (0,58% des suffrages) lors du premier tour des élections le 7 octobre dernier. Cependant, sur sa page Facebook, Sônia tire un bilan positif de son engagement, notamment pour avoir brisé une barrière historique qui faisait croire aux indigènes qu’ils ne pouvaient participer à une telle campagne. Selon elle, un moment qui a permis de créer des alliances, de mettre sur le devant de la scène les thèmes propres aux indigènes et à l’environnement : « Comment ne pas considérer cela comme une victoire ! » Elle est consciente de la période critique que traverse le Brésil : « Le moment exige de nous trois attitudes fondamentales : courage, résistance et réaction ! Allons-nous garantir un futur de liberté pour les prochaines générations ?» Sônia remercie spécialement Midia Ninja, un média qui a couvert sa campagne. Elle félicite deux autres femmes indigènes : Chirley Maria Pankará qui a été élue à l’Assemblée Législative de l’État de São Paulo (ALESP) et Joênia Wapichana élue à la Chambre des Députés.

    La particularité de Chirley Maria Pankará, est de faire partie, sous l’étiquette du PSOL, d’une « Bancada Ativista » un groupe comprenant huit autres personnes qui a obtenu 149'844 voix. La tête de liste est une journaliste, Mônica Seixas. C’est seulement le nom de celle-ci qui apparaissait aux électeurs. La « Bancada » a gagné un mandat collectif, mais elle n’a droit qu’à un seul siège, une seule voix lors des votes de l’ALESP. C’est la première fois qu’une telle candidature collective est élue à São Paulo. Chirley est pédagogue. Elle a un engagement dans le cadre des Centres d’Éducation et Culture Indigène – CECI de l’État de São Paulo. Une organisation qui accueille des enfants des communautés indigènes pour leur donner une éducation différenciée respectant leur culture.

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    Une première historique a été réalisée par Joênia Wapichana*. Cette avocate a été élue avec 8'491 voix pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés. Un État globalement pas acquis à la cause indigène. C’est la première fois, depuis la création de la Chambre en 1824, qu’une femme indigène y occupe un siège. Dans le passé, entre 1983 et 1987, Mário Juruna a été le seul indigène à y occuper une place. Interviewée par « Agência Brasil » Joênia dit que ce qui lui arrive est le résultat d’une lutte menée pendant des années par les communautés autochtones de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol d’abord pour en obtenir la démarcation en 2005 et, ensuite, la gestion. La Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI lui a demandé quelles sont ses principales propositions : « La défense des droits collectifs indigènes est un point prioritaire. Défendre la conclusion de la régularisation des terres, leur apporter une protection. Combattre les propositions anti-indigènes. Obtenir l’application de la consultation des peuples indigènes sur les projets de loi présentés à la Chambre les concernant… » Sa tâche sera ardue.

    À part ces deux élues, les autres candidates et candidats indigènes – ils étaient près de 130 - ont échoué dans leur tentative…

    Le nouveau parlement entrera en fonction en février 2019. La Chambre des Députés comptera une trentaine de partis contre 25 dans la législature qui se termine. Joênia y retrouvera 76 autres femmes, elles étaient 51 ces quatre dernières années. Les groupes de pression qui se constitueront vont traduire des rapports de forces plus ou moins favorables aux indigènes. Le rôle du nouveau Président de la République ne sera pas négligeable non plus ! Le deuxième tour de l’élection présidentielle aura lieu le 28 octobre. Le favori des sondages, Jair Bolsonaro, inquiète par ses propositions… Voir les médias !

                                                                         ***

    *Voir dans ce blog la note du 4 octobre 2018.

    Image : « Félicitations Joêna Wapichana – Élue - Première femme indigène députée fédérale ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Élections brésiliennes : les candidats indigènes plus nombreux !

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    Au 30 septembre, date de la dernière actualisation des statistiques électorales du Tribunal Supérieur Électoral – TSE, 131 candidats s’étaient déclarés comme « indigènes » aux prochaines élections brésiliennes des 7 et 28 octobre. Cela représente une augmentation d’environ 54 % par rapport aux élections de 2014 (85 candidats).* Mais ils ne représentent que 0,48% du total des postulants.

    Les électeurs brésiliens (plus de 147 millions) sont convoqués pour élire les parlementaires et gouverneurs des États, les membres de la Chambre des Députés, une partie – cette année les deux tiers - du Sénat, le Président et le Vice-président de la République.

    L’augmentation des candidatures indigènes à ces différents niveaux avait été souhaitée par les indigènes eux-mêmes lors du « Campement Terre Libre » qui avait réuni plus de 3'000 d’entre eux, à Brasilia, en avril dernier. Au moment du rassemblement, 21 pré-candidats avaient annoncé leur intention de se présenter. C’est dans les États amazoniens de Roraima et d’Amazonas qu’il y a le plus grand nombre de candidats indigènes, respectivement 20 et 17. Dans un relevé des données publiées par le TSE au début du mois d’août, le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI note que parmi les candidatures indigènes, 75 le sont pour occuper un poste de député « estadual » (membre du parlement d’un État), 39 pour un poste à la Chambre des Députés, 7 pour être suppléant d’un Sénateur, 2 pour être Sénateur, 1 pour être vice-gouverneur, et, enfin, 2 pour être Vice-président de la République.

    En matière de choix politique, 26 se présentent sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, 14 ont choisi le Parti des Travailleurs – PT, 9 le parti Rede Sustentabilidade – REDE (Réseau de « soutenabilité »), 9 le Parti Communiste du Brésil – PCdoB. Les autres se répartissent sur les listes de 28 partis différents.

    Parmi ces candidatures, il faut relever celles de deux femmes.

    Joênia Wapichana est candidate à la députation fédérale de l’État de Roraima. Elle est la première indigène du Brésil à exercer la profession d’avocate. Elle s’est engagée au sein du département juridique du Conseil Indigène de Roraima – CIR. Elle a milité pour la démarcation de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol. Elle a été la première présidente de la Commission des Droits des peuples indigènes au sein de l’Ordre des Avocats du Brésil – OAB. Elle se présente sous l’étiquette du REDE dont la leader est Marina Silva (qui avait démissionné du Gouvernement de Lula en 2008).

    Sônia Bone Guajajara, est de l’État du Maranhão, plus exactement de la Terre Indigène Araribóia. Elle est infirmière. À l’Université de l’État du Maranhão elle a reçu une formation en éducation spécialisée. Son engagement dans le mouvement indigène est déjà ancien. Elle a été responsable de la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB avant d’avoir une responsabilité au sein de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Elle est la première indigène à briguer le poste de Vice-présidente de la République** au côté de Guilherme Boulos, candidat, lui, à la Présidence de la République pour le PSOL.

    L’autre candidat indigène à la Vice-présidence de la République est Hamilton Mourão, un général en retraite. Lors d’un meeting électoral, tenu au début du mois d’août à Caxias do Sul, il a déclaré que le « Brésil avait hérité de l’indolence des indigènes et du comportement de malandrins des africains ». Discours qui a suscité de nombreuses réactions. Au-delà de ces propos, sa candidature accompagne celle du pour le moins controversé Jair Bolsonaro, candidat, lui, à la Présidence de la République. Celui-ci est connu de longue date pour ses positions anti-noirs et anti-indigènes. En 2017 déjà, il avait annoncé que, s’il était élu en 2018, il en finirait avec les réserves indigènes !

    Les médias relatent abondamment l’évolution de cette campagne électorale qui marque le retour d’une extrême droite incarnée par ce candidat.

    Dans l’histoire brésilienne, un seul indigène, Mário Juruna, a occupé un siège à la Chambre des Députés entre 1er février 1983 et le 31 janvier 1987. Actuellement, au sein du Congrès (Chambre des Députés et Sénat),

    Les lobbys anti-indigènes sont puissants. Le CIMI vient de publier un document recensant les parlementaires (40 Députés et 10 Sénateurs) qui agissent le plus contre les droits indigènes.

    Il y a tout juste trente ans, le 5 octobre 1988, le Brésil qui sortait de la dictature militaire, adoptait une Constitution reconnaissant aux indigènes des droits culturels et territoriaux. Droits malheureusement mal appliqués et maintenant contestés. Comment les électeurs brésiliens de 2018 vont - ils célébrer cet anniversaire. ?

    ***

    *Voir sur ce blog la note du 1er octobre 2014 / ** Voir la note du 31 mai 2018

     ****

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : les Xikrin engagent une nouvelle action judiciaire contre Vale SA

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    Les Xikrin* engagent, une fois de plus**, une procédure judiciaire contre la multinationale Vale SA***. C’est ce qu’a révélé l’agence de presse A Pública le 30 juillet. Est particulièrement visé le site de Salobo d’où est extrait du cuivre. Une mine située au nord-est de leur Terre Indigène (TI), la TI Xikrin do Cateté  (Voir la carte ci-dessous). C’est une région où ce peuple va traditionnellement récolter la châtaigne du Pará. Les Xikrin reprochent à la société minière d’avoir abattu un nombre significatif de châtaigniers réduisant sensiblement leurs ressources. Selon l’agence, la licence d’exploitation de cette mine arrive à échéance et devrait être renouvelée. Les organisations indigènes locales veulent être consultées avant ce renouvellement, conformément à ce que prévoit la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail reconnue par le Brésil. Ils ont confié leur défense à un avocat, José Diogo de Oliveira Lima. Selon A Pública, Vale SA a déclaré ne pas avoir encore reçu de notification.

    Cette TI a été déclarée telle en 1977 pendant la dictature militaire, puis homologuée par F. Collor en 1991. Et cela dans des limites qui ne couvrent pas l’aire utilisée par ces Indiens pour leur vie économique et culturelle. La Terre des Xikrin intéresse les compagnies minières. En 2013, l’Institut Socio-environnemental – ISA a publié une étude dans laquelle il montre que cette TI fait l’objet de demandes de prospection couvrant quasiment la totalité de son étendue. En vertu d’un décret présidentiel de mars 1997, Vale SA doit indemniser les Xikrin pour les désagréments causés par l’exploitation minière. À ce moment-là, il n’était pas imaginé que l’impact serait aussi grave.

    Les Xikrin reprochent également à l’entreprise minière de polluer les rios Cateté et Itacaiunas. Deux rivières essentielles à leur vie quotidienne. Une pollution aux métaux lourds qui porte gravement atteinte à leur santé. Selon des observations en cours, le rio Cateté est pollué par les rejets du site minier de Onça Puma qui produit du nickel. Une exploitation située à l’ouest de la TI et qui affecte les Xikrin des deux villages Djudjê-Kô et Cateté. Le rio Itacaiunas étant vraisemblablement pollué, lui, par les rejets du complexe minier Eliezer Batista où est exploité du minerai de fer. Une mine implantée au sud-est de la TI. Ce sont les habitants de Oodjã qui en sont les victimes. Il est question de déplacer le village.

    Dans un rapport de juillet 2018, le professeur Reginaldo Saboia de Paiva, de l’Université fédérale du Sud et Sud-est du Pará, spécialiste des questions environnementales, montre comment Vale SA ne retient qu’une partie rejets dangereux d’Onça Puma et continue de polluer la rivière (voir photos ci-dessous).

    Parallèlement, dans son rapport, lui aussi de juillet dernier, le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, de l’École de médecine de Université de São Paulo, montre la dangerosité des métaux lourds. Depuis cinquante ans, il visite régulièrement les Xikrin. Il a pu constater l’évolution de la pollution des rivières et la détérioration de la santé de ces Indiens. Une situation qu’il dénonce régulièrement. Il attire aussi l’attention des communautés indigènes sur les risques - particulièrement le diabète - liés à leurs nouvelles habitudes alimentaires trop riches en denrées sucrées.

    Également en juillet dernier, le vidéaste genevois Aurélien Fontanet est allé, pour la quatrième fois, chez les Xikrin. Son premier voyage - en 2013 - était pour rapporter des photos de ce peuple cinquante ans après celles prises par René Fuerst, l’ethnologue genevois. Mais cette année, il a filmé des témoins et victimes de la pollution. Ces vidéos sont en ligne sur la chaîne YouTube du médecin.

    En 1967, les Xikrin étaient à peine une centaine. C’était un peuple alors en risque d’extinction en raison des maladies contractées à la suite des premiers contacts avec « les blancs », notamment les chasseurs de jaguars et l’absence d’assistance médicale. Ils sont maintenant environ 1'500. Cette évolution sur le long terme réjouit le Dr Bothelho. Dans son dernier rapport, il se veut optimiste. Il dit son admiration pour les Xikrin qui n’ont pas cessé le combat pour leur survie. Il rappelle que des rios de l’État de São Paulo, morts il y a quelques années, sont maintenant propres et dépollués. Et de conclure par ces deux phrases : « L’eau est un bien public et vital pour la santé et la vie ! »  « Le mal et la méchanceté seront toujours vaincus !»

    Sera-t-il entendu par Vale SA qui, de toute évidence, a les moyens d’éviter le désastre environnemental qu’elle cause, notamment en protégeant efficacement les rivières afin de ne pas mettre en danger la santé des Xikrin et des habitants de la région ?

                                                                         ***

    *Prononcer « Chikrine » / ** Voir sur ce blog les notes du 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / *** Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève.

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    Photos © Aurélien Fontanet et Reginaldo Saboia de Paiva. Du haut en bas : Un enfant Xikrin a les yeux rougis après avoir pris son bain dans le rio Itacaiunas pollué / À Oodjã, le rio Itacaiunas est aussi utilisé pour laver la vaisselle / Les enfants de Oodjã pêchent du poisson contaminé / Pollution du rio Cateté. Copie d’une photo publiée dans le rapport du Prof. R. Saboia de Paiva

    Illustrations : cliquer sur les images pour en agrandir le format.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    Carte indicative :

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  • Brésil : un défenseur de la forêt est retrouvé sans vie

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    Le corps - sans vie - de Jorginho Guajajara a été retrouvé le 12 août près d’une rivière, à la limite de la Terre Indigène (TI) Araribóia, dans la région d’Arame, une localité de l’État du Maranhão. Ce leader indigène était connu pour être un défenseur de la forêt amazonienne. Selon les premiers éléments de l’enquête dévoilés par la presse Jorginho est mort par noyade. Son corps ne présenterait pas de traces de violences. Son épouse aurait déclaré aux enquêteurs que son mari avait consommé de l’alcool la veille de son décès.

    Pour ses proches et plusieurs organisations, dont Survival-Brésil et l’Institut Socio-environnemental - ISA, Jorginho est une victime du conflit opposant les défenseurs de la forêt aux « madeireiros » constants et violents pilleurs de bois, y compris dans les aires protégées comme les Terres Indigènes. À plusieurs reprises, la TI Araribóia a également été dévastée par des incendies qui ont mis en danger les groupes indigènes qui y vivent en état d’isolement volontaire*.

    Pour combattre l’invasion de leurs territoires et la dégradation de leurs forêts, les Guajajara se sont organisés en groupes de protection territoriale appelés « Gardiens de la forêt ». Une forme de résistance.

    Pour Sônia Guajajara**, Coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Ce qui est arrivé est le portrait journalier du Brésil. La violence augmente chaque jour. Notre peuple est en train de mourir à l’intérieur de sa propre terre. Ce n’est pas une mort isolée, il s’agit d’un génocide programmé. Jorginho n’est pas le premier et ne sera pas le dernier avec l’absence de l’État. La mise en œuvre d’une politique publique sociale, environnementale et territoriale est une urgente nécessité ».

    À suivre !

                                                                            ****

    *Voir sur ce blog, les notes du 11 novembre 2015 et du 10 décembre 2016

    **Voir sa note du 15 août sur Facebook. Sônia est candidate à la vice-présidence de la République aux prochaines élections.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Guyane, lutte antipaludique : toujours la controverse autour d'un brevet

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    Le 21 février dernier, à Munich où il a son siège, l'Office Européen des Brevets – OEB, a organisé une "Procédure orale" * pour entendre les représentants de l'Institut de Recherche pour le Développement – IRD (1) - et ceux de France Libertés (2). Dès octobre 2015**, cette ONG s'est opposée à la délivrance d'un brevet sur la molécule antipaludique Simalikalactone E (ou SkE) isolée par les chercheurs de l'IRD. Une substance tirée du Quassia Amara, un arbuste amazonien. Cette plante, appelée Couachi en Guyane, est utilisée en médecine traditionnelle. Au cours de cette rencontre l'OEB a reconnu la validité du brevet.

    L'IRD affirme que l'obtention de ce brevet n'est contraire à aucune loi française ou traité international. Il se dit soucieux "d'associer les populations à la conduite et aux résultats des programmes et ont pour but l'amélioration de leurs conditions de vie". Argument répété sur Guyane 1ère le 27 février.

    Ce n'est pas l'avis de France Liberté qui dénonce-là un cas de biopiraterie : un brevet étant une privatisation du vivant et des savoirs traditionnels, surtout quand les communautés concernées n'ont pas donné leur consentement préalable à une telle opération. Lors de la rencontre de Munich, l'IRD s'est opposé à la prise de parole d'un autochtone Wayana qui demande justice pour les Amérindiens et leurs savoirs ancestraux. Le message de ce dernier a été lu par la représentante de France Libertés. Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane – ONAG, Alexandre Sommer-Schaechtelé dénonce, lui aussi, un acte de biopiraterie. Une opinion exprimée lors d'une interview diffusée sur Guyane 1ère le 17 mars (3). Pour Alexis Tiouka, spécialiste des droits des peuples premiers, l'OEB ne respecte pas les traités et la législation en vigueur dans ce domaine (voir vidéo ci-dessous 3'37''). Il dit attendre la publication de la décision motivée de l'Office pour envisager un recours contre cette décision…

                                                                               ***

    * Demande No 10734771.8 du 21.02.2018 / ** Voir sur ce blog la note du 25 mars 2016

    (1) Site de l'IRD : https://www.ird.fr

    (2) Site de France Libertés : https://www.france-libertes.org/fr/

    (3) Site de l'émission (17 mars 2018) : https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/emissions/club-hebdo

                                                                

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 122 " le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, Rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le Pape François : Les peuples autochtones amazoniens n'ont jamais été aussi menacés

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazonia, Pape François, Chili, Pérou, Peru, néo-extrativisme, Mapuche, Puerto Madonado, Laudato Si, autochtones, indigènes, orpaillage illégal, exploitation pétrolière, or, Principito, Petit Prince, Xavier Arbex, Apronia, jeunesse autochtone"Probablement, les peuples autochtones amazoniens n'ont jamais été aussi menacés sur leurs territoires qu'ils le sont présentement. L'Amazonie est une terre disputée sur plusieurs fronts : d'une part, le néo-extrativisme et la forte pression des grands intérêts économiques qui convoitent le pétrole, le gaz, le bois, l'or, les monocultures agro-industrielles. D'autre part, la menace visant ces territoires vient de la perversion de certaines politiques qui promeuvent la "conservation" de la nature sans tenir compte de l'être humain et concrètement, de vous, frères amazoniens qui y habitez…"

    Après avoir visité le Chili où il est allé en terre Mapuche, une région également marquée par des conflits, le Pape François était au Pérou du 18 au 21 janvier. Le 19 janvier, il s'est rendu à Puerto Madonado, dans la partie amazonienne du pays où il a rencontré entre 3'500 et 4'000 représentants de nombreux peuples autochtones péruviens, mais aussi de pays voisins, notamment du Brésil.

    Après avoir dénoncé les menaces qui pèsent sur l'Amazonie et ses peuples, le Pape François appelle à créer les instances institutionnelles de respect, de reconnaissance et de dialogue avec les peuples natifs, en assumant et en sauvegardant la culture, la langue, les traditions, les droits et la spiritualité qui leur sont propres. Il insiste sur la conservation de la culture indigène. "L'Amazonie, outre qu'elle constitue une réserve de biodiversité, est également une réserve culturelle que nous devons sauvegarder face aux nouveaux colonialismes… La seule manière pour les cultures de ne pas se perdre est d'être dynamiques, toujours en mouvement…" Il lance un appel particulier aux jeunes autochtones : "Je salue également tous ces jeunes des peuples autochtones qui s'emploient à élaborer une nouvelle anthropologie et œuvrent pour la relecture de l'histoire de vos peuples. Beaucoup ont parlé de vous. Il est bon qu'à présent vous vous définissiez vous-mêmes et nous montriez votre identité. Nous avons besoin de vous écouter."

    L'attention du Pape François à la situation des peuples autochtones s'est déjà manifestée, en particulier dans l'encyclique "Laudato Si" relative à l'environnement publiée en 2015*. Il en a rappelé des passages dans son discours à Puerto Maldonado. Il a également évoqué la situation des Peuples en situation d'isolement volontaire : "Nous savons qu'ils sont les plus vulnérables parmi les vulnérables. Continuez à défendre ces frères."

    Il n'a pas manqué de relever… "Qu'il existe des initiatives porteuses d'espérance qui surgissent de vos bases et organisations et permettent aux peuples autochtones eux-mêmes ainsi que les communautés soient les gardiens des forêts, et que des ressources produites par la sauvegarde de ces forêts reviennent comme bénéfice à leurs familles." Effectivement, au Pérou des organisations indigènes s'organisent pour lutter contre l'orpaillage illégal et les dégâts causés par l'exploitation pétrolière. Il en a été question plusieurs fois sur ce blog**.

    À Puerto Maldonado, le Pape François s'est rendu au foyer "Principito" (Le Petit Prince) fondé par le Père Xavier Arbex, un prêtre genevois qui accueille une trentaine d'enfants "à risques" de la région. Le foyer est l'une des activités de l'association "Apronia" qui est présente en Suisse.*** À cette occasion, il s'est adressé aux jeunes originaires des communautés indigènes. Après avoir rappelé la destruction de l'environnement connu dans la région, il a repris l'appel déjà lancé quelques heures auparavant. Il encourage ces jeunes à se former : "Le monde a besoin de vous, jeunes des peuples autochtones... Nous avons besoin de vous comme moteur, qui impulse… Nous avons besoin de vous dans votre authenticité, en tant que jeunes fiers d'appartenir aux peuples amazoniens et qui apportent à l'humanité une alternative de vie vraie… Souvent nos sociétés ont besoin de corriger le cap, et vous, jeunes autochtones vous pouvez énormément aider dans ce défi, surtout en nous apprenant un style de vie basé sur la sauvegarde et non sur la destruction de tout ce qui s'oppose à notre cupidité." Visiblement cet appel ne se limite pas aux jeunes du foyer… Le pape a annoncé la tenue d'un synode amazonien en 2019.

                                                                            ***

    * Voir sur ce blog la note du 24 juin 2015.

    ** Voir la note du 1er mars 2017.

    *** Le contact d'APRONIA Suisse : https://apronia.ch/index.php/fr/en-un-clin-doeil/

    Photo / Capture d'écran : A Puerto Madonado, devant le Pape François, les indigènes dénoncent les atteintes à l'environnement qui mettent leur vie en danger. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 121, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2