17/02/2018

Ville de Genève : NON à la réduction du crédit pour la coopération internationale

Ville de Genève, votation, 4 mars 2018, Solidarité internationale, Conseil municipal, 28 avril 2017, 24 septembre 2017, 4 mars 2018, Convention de Minamata, Suisse, Genève, Délégation Genève Ville solidaire, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Organisation Indigène d'Antioquia, Organización Indígena de Antioquia, OIA, Colombie, Colombia, Antioquia, Medellín, Embera, Madre Tierra, Mère Terre, Universidad de AntioquiaC'est depuis 1967 - voilà cinquante ans - que la Ville de Genève inscrit régulièrement à son budget un montant pour la solidarité internationale. Un jubilé malheureusement célébré par une coupe de 340'000 CHF sur ce poste, décidée le 28 avril 2017 par la majorité du Conseil municipal. On connaît la suite : l'aboutissement d'un référendum, une votation prévue le 24 septembre 2017 (1), annulée et reportée à ce prochain 4 mars.

Genève est connue dans le monde entier, notamment en raison du nombre d'organisations internationales qui y ont leur siège. C'est un secteur économique à part entière. En 2016 (2), plus de 29'000 emplois; près de 6 milliards de CHF de dépenses dont la moitié en Suisse. Plus de 2'800 réunions auxquelles ont participé près de 220'000 délégués et experts. Récemment, en septembre 2017, Genève a encore accueilli le Secrétariat de la Convention de Minamata sur le Mercure. Ce secteur public international est profitable à Genève. Une toile de fond à rappeler aux citoyens appelés à se prononcer le 4 mars.

À rappeler également la pratique genevoise en matière de solidarité internationale. Les collectivités publiques soutiennent des projets d'ONG locales dans lesquelles s'engagent de nombreux bénévoles. Il est facile pour le citoyen lambda d'accéder aux sites de ces organisations pour connaître l'usage qui est fait des deniers publics. Dans son "Rapport 2016", la "Délégation Genève Ville Solidaire" détaille les projets qu'elle a soutenus (3). Par exemple, elle a accordé une subvention, via la Fédération Genevoise de Coopération – FGC à un projet soutenu par le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI en faveur d'un programme de l'Organisation Indigène d'Antioquia – OIA en Colombie (4). Il s'agit d'inclure l'éducation des jeunes et des adultes indigènes dans un système bilingue particulier (embera et castillan), géré et administré par l'OIA et progressivement financé par le gouvernement colombien. Pour atteindre cet objectif, il faut standardiser la langue embera, produire des documents dans cette langue, former les enseignants et développer des relations avec l'administration de l'enseignement public de la province. En 2016, ce sont 32 ateliers de formation qui ont été organisés dans les différentes zones du projet, touchant 40 professeurs et 635 étudiants, jeunes et adultes. L'OIA a travaillé avec la Faculté d'éducation de l'Université d'Antioqia pour élaborer une pédagogie spécifique dite de la "Madre Tierra" (la Mère Terre) avec une licence propre reconnue par le Ministère colombien de l'Éducation. La formation dispensée correspond à la culture du peuple Embera qui entend défendre la Mère Terre. À souligner que ces activités se déroulent dans une zone où la violence est malheureusement encore très présente. La contribution de la Ville de Genève s'est élevée à 61'000 CHF en 2016 et 2017. Au début de ce mois de février, le secrétaire du MCI était à Medellín (voir photo) où il a rencontré les responsables de l'OIA. Les visites sur le terrain font partie du suivi indispensable à la bonne réalisation d'un programme.

Dans le village global qu'est notre Planète, c'est avec notre voisin que nous échangeons des gestes de solidarité. Ces peuples indigènes sont les meilleurs protecteurs de la nature. Avec un tel projet, nous, Genevois, contribuons modestement à ce qu'ils gardent leur culture et leur cadre de vie. Un environnement qui est aussi le nôtre.

Réduire les crédits destinés à la solidarité internationale, c'est réduire l'appui à des initiatives comme celle mise en œuvre par l'OIA. Le MCI, comme la FGC appelle à voter "Non" à la réduction des crédits pour la coopération internationale !

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(1) Voir sur ce blog la note du 17 septembre 2017.

(2) Office cantonal de la statistique / Informations statistiques No 21 – Septembre 2017.Site : https://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2017/informations_statistiques/autres_themes/is_oi_21_2017.pdf

(3) https://omnibook.com/collections/vdg/#view/dgvs

(4) MCI, site : http://www.mcifgc.ch/mci/?page_id=12947

Photo ci-dessous : © OIA : le 2 février 2018 au siège de l'OIA à Medellín. De gauche à droite, Milton Santacruz, le coordinateur du projet "Education jeunes et adultes" de l'OIA; Aurélien Stoll, le secrétaire du MCI; Gustavo Velez, l'un des dirigeants de l'OIA et Guzman Caisano, directeur du programme "Culture et éducation" de l'OIA.

 

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27/08/2013

JMJ: des jeunes indigènes du Tocantins remettent une lettre au pape François

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L'un d'entre eux, Adriano Karajá, a remis une lettre au pape lui demandant, au nom des peuples indigènes de tout le pays, d'intervenir auprès du gouvernement brésilien pour que celui-ci arrête toutes les attaques à l'encontre des peuples indigènes… "Nos territoires sont constamment menacés par les grands projets, routes, usines hydroélectriques lignes ferroviaires. Ces projets sont des projets de mort pour notre Mère Terre… Nous demandons à l'ami et défenseur des pauvres qu'il demande au gouvernement brésilien qu'il arrête avec tous ces projets génocidaires…" Et de citer les différents projets de loi qui portent atteinte aux droits reconnus par la Constitution de 1988 et la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail. Le Pape s'est vu remettre, par un indien Pataxó, un "cocar" (une coiffure indigène) qu'il a porté quelques instants.

Ce jour-là, dans son discours à ceux qui ont une responsabilité dans une nation, le pape a souligné comment "Il est important de valoriser l'originalité dynamique qui caractérise la culture brésilienne avec son extraordinaire capacité à intégrer des éléments divers". Parlant de la responsabilité sociale : "Le futur exige de nous une vision humaniste de l'économie et une politique qui réalise chaque fois plus une meilleure participation des personnes évitant les élitismes et éradiquant la pauvreté". François est revenu à plusieurs reprises sur la nécessité du dialogue. Il en a quasiment fait la conclusion de son message : "Je tiens comme fondamental pour affronter le présent : le dialogue constructif. Entre indifférence et la protestation violente, il y a une option toujours possible : le dialogue…" "Quand des leaders me demandent un conseil, ma réponse est toujours la même : dialogue, dialogue, dialogue…"

Le pape François a manifestement contextualisé son discours.

La précédente visite papale au Brésil, celle de Benoît XVI en mai 2007, avait provoqué des réactions au sein de la communauté amérindienne. Cela en raison d'un discours dans lequel ce pape avait affirmé qu'à "aucun moment l'annonce de Jésus et de son Evangile n'a supposé une aliénation des cultures précolombiennes, ni l'imposition d'une culture étrangère". Le pape, maintenant en retraite, avait reconnu quelques jours plus tard que les colonisateurs avaient causé des souffrances et des injustices aux populations indigènes.

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Photo  © Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI : la rencontre au Théâtre municipal de Rio

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 85) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2