marta maria azevedo

  • Un nouveau président – par intérim - à la tête de la FUNAI

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    Les 25 et 26 septembre, la presse brésilienne a annoncé la volonté de Maria Augusta Boulitreau Assirati de démissionner de la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste qu'elle a assuré de façon intérimaire depuis juin 2013*. Selon l'information diffusée, elle renonce à sa charge pour préparer un doctorat au Portugal. Elle était la deuxième femme, après Marta Maria Azevedo, à être placée à la tête de l'organisme chargé de la protection des Indiens. C'est un poste où les titulaires changent souvent. Maria Augusta en était la 34e présidente** depuis 1967, date de la création de la Fondation, qui avait succédé à la Société de Protection des Indiens – SPI.

    La démission de Marta Augusta, sans que soit annoncée la nomination d'une, ou d'un nouveau responsable a inquiété l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Celle-ci a publié une lettre ouverte adressée à Aloizio Mercadante, Ministre Chef de la Maison Civile de la Présidence de la république, au Ministre de la Justice, José Eduardo Cardoso et à Deborah Duprat responsable de la 6e Chambre de Coordination et Révision du Ministère Public Fédéral en charge des questions des Peuples Indigènes : "L'absence d'un(e) président(e) empêche la poursuite des actions en cours qui relèvent essentiellement de la responsabilité de la FUNAI, de l'appareil étatique et de la gestion gouvernementale…" L'APIB relève que la gestion de l'ex-présidente a été marquée par le dialogue avec le mouvement indigène, la défense des droits conquis et le renforcement de l'autonomie des peuples indigènes. "Nous insistons pour que, dans le futur, les actions soient inspirées de ces principes, garantissant la participation des peuples indigènes."

    De fait, la vacance n'a pas duré. Le 10 octobre, le journal officiel de l'union publiait les arrêtés relatifs à la démission de Maria Augusta et la nomination de Flávio Chiarelli Vicente de Azevedo, nouveau président – aussi par intérim – de la FUNAI. Le nouveau titulaire est issu de la FUNAI elle-même. Il assumait la tâche de Procureur–Chef national lié à la Fondation. Ce service est chargé, entre autres, de la défense des intérêts individuels et collectifs indigènes. Flávio Chiarelli a présidé la 25e réunion ordinaire de la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI qui a eu lieu le 16 octobre.

    On l'a vu, depuis sa création, la Funai a connu plus d'une trentaine de présidents ou de présidentes, soit, en moyenne, un changement tous les dix-huit mois environ. Une telle rotation questionne.

    ***

    * Voir sur ce blog, les notes des 2 août 2013, 21 et 28 avril 2012.

    ** Voir sur le site de l'Instituto Socioambiental – ISA, la liste des président(e)s de la Funai depuis sa fondation. Cliquer >> ici.

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami s'opposent à l'exploitation minière sur leur territoire

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    Davi Kopenawa,Yanomami, Marta Maria Azevedo,Paulo Maldos,Antonio Alves de Souza,FUNAI,HAY,Hutukara Associação Yanomami,Watoriki,rio Demini,Ye'kuana,SESAI,demarcação,Terra Indígena,mineraçãoDepuis 20 ans, la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) est démarquée par un décret présidentiel du 25 mai 1992*. L'événement a été marqué à l'occasion de la VIIe Assemblée générale de l'association Hutukara Associação Yanomami – HAY présidée par Davi Kopenawa. Cette réunion, à laquelle ont participé plusieurs centaines d'indigènes a eu lieu du 15 au 20 octobre, dans la communauté de Watoriki, un village situé dans le bassin du Rio Demini.

    À l'ordre du jour, les sujets d'ordre institutionnels : Davi a été reconduit à la présidence de l'association pour une période de quatre ans (2013 – 2016). L'assemblée a traité des principales préoccupations des Yanomami et  Ye'kuana : rôle des organisations indigènes, le retrait des orpailleurs et les fermiers qui envahissent le territoire; l'avenir des écoles indigènes; les déficiences du service de santé et surtout leur opposition aux projets d'exploitation minière dont on connaît les répercussions sur la vie des communautés indigènes, notamment dans le domaine de la santé.

    Étaient également présents des membres de communautés Yanomami du Venezuela et des représentants des ONG qui appuient l'HAY. Le gouvernement était représenté par Marta Maria Azevedo, présidente de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), Paulo Maldos du Secrétariat de la présidence de la république et Antonio Alves de Souza, responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI).

    Les sujets traités lors de cette assemblée montrent bien qu'à elle seule la signature d'un décret, même présidentiel, ne suffit pas à protéger définitivement une Terre Indigène. Une protection effective, durable dans le temps, appelle la vigilance de ses habitants.

    Une telle réunion permet également aux membres des communautés Yanomami dispersées sur la TI-Y de faire connaissance et d'avoir une vision d'ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés. La vidéo ci-dessous retrace quelques séquences de l'assemblée.

    * Voir AYA Info No 72

     

    Photo : Marcos Wesley/ISA. De gauche à droite : Antonio Alves de Souza, Marta Maria Azevedo, et Davi Kopenawa.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2