miguel rossetto

  • Grands barrages amazoniens : le gouvernement brésilien à nouveau dénoncé à l'ONU

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Rio Tapajós, Felício Pontes, Ademir Kaba, Munduruku,Palais des Nations, ONU, Ministério Público Federal, Ministère public fédéral, Belo Monte, Xingu, Conseil des droits de l'homme, Miguel Rossetto, France-Libertés, Planète Amazone, Amazon Watch, International Rivers, Convention 169, OITAdemir Kaba, un leader du peuple Munduruku était au Palais des Nations à Genève, le 24 juin, pour interpeller le Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur les violations des droits des peuples autochtones commises par le gouvernement brésilien en Amazonie, dans le cadre de la construction de barrages hydroélectriques sur les rivières amazoniennes, notamment celui de Belo Monte sur le rio Xingu et un ensemble d'ouvrages sur le rioTapajós et ses affluents. Ademir était accompagné de Felício Pontes, procureur au Ministère Public Fédéral.

    Il est particulièrement reproché aux autorités de ne pas avoir respecté le droit des peuples autochtones à une consultation pour un "Consentement Préalable, Libre et Eclairé" avant le début des travaux. Est également dénoncée l'utilisation répétée d'un outil légal connu sous le nom de "Suspension de sécurité" : Quand un tribunal de rang inférieur dénonce une violation des droits des peuples autochtones et demande, par exemple, l'arrêt des travaux, un juge d'une instance supérieure, à la sollicitation du gouvernement fédéral, peut suspendre la première décision en se basant sur des menaces présumées à la sécurité nationale et à "l'ordre social et économique" du pays. Et cela jusqu'à la dernière phase du recours qui peut intervenir plusieurs années après. Cela laisse le temps à la construction des ouvrages de devenir un fait accompli !

    Le collectif d'associations qui a remis un "Exposé écrit*" au Conseil des droits de l'homme, demande au gouvernement brésilien de respecter l'indépendance du système judiciaire, et de supprimer l'utilisation de la "Suspension de sécurité", cet instrument qui sape les décisions juridiques favorables aux droits des autochtones. Il lui demande aussi de respecter les engagements internationaux des droits de l'homme et d'appliquer un processus culturellement approprié de consultation préalable."

    Ce processus approprié de consultation, les Munduruku en ont défini les modalités dans un "Protocole" élaboré en septembre 2014, approuvé par une assemblée extraordinaire réunie en décembre 2014 et remis à Miguel Rossetto, Secrétaire de la Présidence de la république en janvier 2015**.

    Ademir Kaba et Felício Pontes ont encore tenu plusieurs rencontres à Paris. Des intérêts français sont engagés dans la construction des ouvrages faisant l'objet de contestations.

    Une délégation brésilienne avait déjà dénoncé les violations des droits des autochtones en mars 2014.***

    ***

    * Présenté notamment par France Libertés : Fondation Danielle Mitterrand et de nombreuses organisations indigènes, indigénistes, écologistes et de défense des droits de l'homme.

    Pour accéder à l'exposé cliquer > ici puis consulter le document du 4 juin 2015, No A/HRC/29/NGO/24 . Pour la version française cliquer sur "F" (à droite).

    ** Voir sur ce blog, la note du 24 mars 2015.

    *** Voir sur ce blog, la note du 21 mars 2014.

    Photo Cimi & France Libertés : Felício Pontes et Ademir Munduruku lors de leur intervention, le 24 juin à Genève, au siège européen des Nations Unies. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 104, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les barrages sur le Rio Tapajós, les Munduruku veulent être consultés

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicaLe 30 janvier dernier, des représentants du peuple Munduruku ont remis un "protocole" à Miguel Rossetto, le  nouveau Secrétaire Général de la présidence de la république. Ce document expose comment ils entendent être consultés à propos de la construction du complexe hydroélectrique prévu sur le rio Tapajós. Un ouvrage susceptible d'inonder leur territoire et qui les obligerait à le quitter. Ils ont préparé ce document au cours de trois réunions qui ont eu lieu en septembre et décembre 2014 dans leurs communautés. Ils ont été conseillés par le collectif "Consulta préavia, livre e informada" et par le Ministère public fédéral. Il s'agit pour eux d'appliquer les dispositions de l'article 6 de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT.

    Dans le premier paragraphe, en guise de condition préalable à la consultation, ils exigent du gouvernement la démarcation de Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicala Terre Indigène Sawré Muybu (reconnue comme telle par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI) dont ils affirment que le processus n'avance pas à cause de ce projet de barrage. Ils expriment leur refus d'être déplacés. Ils demandent la protection des groupes isolés présents sur leur territoire. Ils veulent que les autres communautés riveraines soient aussi consultées.

    Une deuxième partie du document traite d'abord de l'espace géographique sur lequel doit porter la consultation : tous les villages du Haut, Moyen et Bas Tapajós. Et les groupes de personnes à être consultés : les caciques, les leaders et guerriers, les femmes, les étudiants et enseignants. Les organisations indigènes doivent participer à la consultation, "mais jamais seules"… "Les décisions du peuple Munduruku sont collectives".

    Une troisième partie décrit la manière de réaliser la consultation. Celle-ci doit avoir lieu dans les villages en tenant compte du calendrier des activités économiques et culturelles. Elles doivent se dérouler en langue Munduruku. Les indiens se réservent le choix des traducteurs. Ils souhaitent la présence du Ministère Public Fédéral et de partenaires non indiens choisis par eux. Pour que la consultation soit réellement libre, ils refusent la présence des corps armés de l'Etat : Police militaire, Police fédérale, armée… Pour leur sécurité, ils veulent filmer les réunions. Ils mettent des conditions aux partenaires et agents du gouvernement qui souhaitent prendre des photos ou filmer les rencontres : être autorisés par eux et leur remettre des copies. Ils refusent de voir leurs lieux sacrés filmés ou photographiés. Ils n'acceptent pas la divulgation et l'usage indu de leurs images.

    Dans une quatrième partie, ils définissent les étapes de la consultation : 1.- Arriver à un accord avec le gouvernement sur les étapes de la consultation. 2.- Organiser des réunions d'information où le gouvernement explique ses intentions. 3.- Tenir, autant que nécessaire, des réunions internes au peuple Munduruku pour que tous soient informés de manière complète et définir une position. 4.- Avoir une réunion de négociation avec le gouvernement sur le territoire Munduruku : "Le gouvernement doit entendre et répondre à notre proposition, même si elle est différente de la sienne"… "Nous espérons que le gouvernement respecte notre décision. Nous avons un droit de veto!"

    En décembre 2014, pour marquer leur détermination, les Munduruku ont symboliquement procédé à une auto-démarcation de leur territoire en faisant une trouée dans la forêt à la frontière de leur terre indigène.

    Comme le barrage de Belo Monte sur le rio Xingu, le complexe hydroélectrique sur le rio Tapajós est controversé. En 2012 et 2013 ce projet a été la cause d'incidents (1). En mars 2014, le gouvernement brésilien a été dénoncé à l'ONU (2) pour le non respect de ses obligations envers les peuples indigènes du pays dans le dossier des grands barrages en construction ou en projets.

    Selon Pedro Martins, conseiller juridique de l'ONG "Terra de Direitos" (Terre de Droits), "Un nouveau "cycle" [de développement] qui a comme "abre-alas" (3) le complexe hydroélectrique de Tapajos – est marqué par une série d'ouvrages d'infrastructures dont l'objectif est de viabiliser l'avancée de la culture de soja et l'accélération de l'exploitation de minerai... La "Sortie Nord" (4) devra diminuer de moitié le coût d'écoulement des grains, spécialement le soja…"

    Les Munduruku sont confrontés à d'énormes intérêts…

    ***

    (1) Voir, sur ce blog, les notes des 16 novembre 2012, 31 mai, 10 et 19 août 2013,

    (2) Voir, sur ce blog, la note du 21 mars 2014

    (3) "abre-alas" se traduit en français par panneau, étiquette; mais c'est aussi le nom donné à un char allégorique qui ouvre le défilé d'une entité carnavalesque.

    (4) La "Sortie Nord", c'est le rio Tapajós et ses infrastructures portuaires notamment.

    Cartes : Infographie de l'agence "A Pública". Image supérieure : les différents ouvrages prévus. Image inférieure : simulation des surfaces inondées. Cliquer sur les vignettes pour agrandir les images.

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 100, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2