09/02/2019

Brésil : « Sang indigène, aucune goutte de plus »

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Representação, Raquel Dodge, Ministério Público Federal, MPF, Terras Indígenas, TI, Maurício Corrêa, Itamar Franco, Maired Naguire, Adolfo Perez Esquivel, Rigoberta Menchú, Perimetral Norte, Haximu, Santa Ines do Maranhão, Mídia Índia, Apib, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Docip, Yanomami, Haximu, Coiab, Terra demarcada Vida preservadaIls ont répondu en nombre. Sur le thème « Sang indigène, aucune goutte de plus », l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB avait demandé aux Peuples et organisations indigènes du pays de manifester publiquement, ce 31 janvier, pour la sauvegarde de leurs droits constitutionnels et la fin des violences qu’ils subissent. Des rassemblements, barrages sur les routes, et autres actes de protestation ont été organisés dans une soixantaine de localités, tant au nord qu’au sud du Brésil. Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs pays, dont une en Suisse, à Zurich.

C’est la première protestation d’ampleur contre les décisions prises par le nouveau président Jair Bolsonaro*. Les Indigènes reprochent à ce dernier d’avoir transféré la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI du Ministère de la Justice au Ministère de la Femme, de la Famille et des Droits humains. Ils lui reprochent également d’avoir enlevé à la Fondation la tâche d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes (TI) pour confier ce travail au Ministère de l’Agriculture. Un Ministère sous influence du lobby de l’agrobusiness, hostile aux droits indigènes. L’APIB a déjà demandé à la justice de suspendre le dispositif voulu par le nouveau Président.

Pour rappel : en 1988, lors de l’adoption de la Constitution, les constituants ont approuvé des « Dispositions transitoires » donnant au gouvernement un délai de cinq ans – soit jusqu’en octobre 1993 - pour démarquer toutes les TI du pays. Ce délai, pourtant constitutionnel, n’a pas été respecté. Et les gouvernements successifs ont bien procédé à des démarcations, mais sans conclure l’opération pour la totalité des Terres identifiées ou devant l’être. Depuis trente ans, la démarcation de toutes les TI du pays est une revendication constante des organisations indigènes.

Ainsi, en 1992, soit plus d’un an avant l’échéance fixée dans les dispositions transitoires, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a lancé une campagne**« Terre démarquée, vie préservée », avec récolte de signatures, pour demander au gouvernement de l’époque, présidé par Itamar Franco, de respecter cette obligation. En septembre 1993, la Coordination a remis au Ministre de la Justice du moment, Maurício Corrêa, une pétition signée par plus de 110'000 personnes. Le comité européen, créé à Genève en 1992 pour soutenir cette campagne au niveau international, a récolté environ 32'000 signatures. Il a pu compter sur l’appui de plus de 70 organisations. La pétition a été signée par deux Prix Nobel de la Paix, Maired Naguire (Irlande 1976) et Adolfo Perez Esquivel (Argentine 1980). De son côté, Rigoberta Menchú (Guatemala 1992) a adressé une lettre au Président du Brésil.

En plus de la démarcation de leurs terres, les Indigènes demandent aussi la fin des violences commises à leur endroit. Dans ce domaine, le seul exemple du peuple Yanomami est significatif. Il a eu à souffrir du choc microbien à différents moments de son histoire : lors d’invasions d’orpailleurs, lors de la construction de tronçons de la route « Perimetral Norte ». En juillet 1993, alors que la campagne « Démarcation » n’était pas terminée, alors que la TI Yanomami avait été démarquée le 25 mai 1992, des orpailleurs s’en sont pris à la communauté de Haximu*** en massacrant une douzaine d’habitants, surtout des femmes et des enfants.

L’histoire du Brésil est émaillée de faits de violences contre ses Peuples Premiers. Le slogan de la campagne de ce 31 janvier n’a pas été choisi au hasard…

                                                                                    ***

* Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019

**Image ci-dessous : le logo de la campagne de1992 – 1993 « Terre démarquée, Vie préservée / Campagne pour la démarcation des Terres Indigènes en Amazonie / 70% des terres indigènes en Amazonie ont besoin d’être démarquées jusqu’en octobre / 93 / Se joindre à nous / coiab - foram ». Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

***Prononcer « Hachimou »

Photo ci-dessus © Mídia Índia : la manifestation à Santa Inês do Maranhão / Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Representação, Raquel Dodge, Ministério Público Federal, MPF, Terras Indígenas, TI, Maurício Corrêa, Itamar Franco, Maired Naguire, Adolfo Perez Esquivel, Rigoberta Menchú, Perimetral Norte, Haximu, Santa Ines do Maranhão, Mídia Índia, Apib, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Docip, Yanomami, Haximu, Coiab, Terra demarcada Vida preservada

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 125, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/01/2019

Présidence de la FUNAI : le retour d’un militaire dans un contexte tendu

Le général de réserve Franklimberg Ribeiro de Freitas avait déjà présidé la FUNAI (Fondation Nationale de l’Indien) entre mai 2017 et avril 2018*. Il a retrouvé cette fonction depuis le 16 janvier dernier, peu après le début du mandat – le 1er janvier – de Jair Bolsonaro, le nouveau Président de la République**. La Fondation, créée en 1967, a changé de ministère de tutelle : précédemment, elle dépendait du Ministère de la Justice. Avec la nouvelle présidence, elle est désormais sous la responsabilité du Ministère de la Femme de la Famille et des Droits humains - MDH, dirigé par Damares Alves, une avocate et pasteure évangélique. Autre changement important : la FUNAI n’a plus la responsabilité d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes. Cette tâche a été transférée au Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Approvisionnement – MAPA, dirigé maintenant par Tereza Cristina, très liée au lobby de l’agrobusiness.

Depuis avril 2018, la Fondation était présidée par Wallace Moreira Bastos. Avant son départ, et par deux fois, le 31 décembre 2018 et le 10 janvier 2019, celui-ci a dressé le bilan de son action : arrivée de nouveaux collaborateurs, soutien à des projets d’ethno-développement, action de protection des peuples isolés et de contact récent…

À peine entré en fonction, les médias ont publié une information selon laquelle, peu de temps après avoir quitté son poste en 2018, Franklimberg avait accepté un poste de conseiller auprès de la société canadienne Belo Sun Mining qui a un projet de mine aurifère près du barrage de Belo Monte (Pará). La Funai, dans un communiqué du 22 janvier, a précisé que le nouveau président avait respecté la période de quarantaine de six mois voulue par la Commission d’Éthique de la Présidence de la République en cas de risque de conflit d’intérêt. Le 17 janvier Belo Sun confirme : Franklimberg s’était plié à cette obligation en n’occupant son poste que le 19 octobre 2018 (et qu’il l’a quitté le 28 décembre suivant). Le 23 janvier, il a participé à la rencontre organisée par le Ministère Public Fédéral - MPF sur le thème « Dialogue : Perspectives des droits constitutionnels indigènes ». Il a expliqué l’objectif du transfert, au Ministère de l’agriculture, la compétence de démarquer des terres indigènes est d’en accélérer les processus et d’en garantir la sécurité juridique...

Pour cette réunion, le MPF avait invité des représentants du pouvoir exécutif, des milieux académiques, des diplomates de plusieurs pays (dont la Suisse), par vidéo, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Victoria Tauli-Corpuz, des ONG et des leaders indigènes, dont Joênia Wapichana, la première femme indigène élue à la Chambre des députés. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI en a publié un intéressant compte-rendu.

Dans les premières semaines de janvier, plusieurs peuples et organisations indigènes s’étaient adressés au MPF pour manifester leur inquiétude en raison des changements voulus par le nouveau Président de la République. La rencontre organisée par le MPF apparaît comme une première réponse aux organisations indigènes. Elle a permis de mettre en évidence des positions contradictoires en rapport avec le nouveau cadre politique.

Les droits constitutionnels indigènes sont entre les mains du triple lobby, appelé « BBB » au Brésil. C’est à dire du B pour « Bœuf », celui de l’agrobusiness. Le B pour « Bible », celui des Évangéliques. Et le B de pour « balles », les partisans du port d’arme et des militaires. Les peuples et organisations indigènes ont décidé de résister…

Ce 31 janvier, des manifestations de soutien aux indigènes sont organisées au Brésil et dans plusieurs pays. À Genève, le rassemblement prévu à la Place des Nations a été annulé en raison du délai imposé pour obtenir une autorisation de manifester.

                                                                    ***

*Voir sur ce blog les notes du 2 juin et 13 octobre 2017 et 15 juin 2018 / **Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019.

                                                                     ***

PS 1 : La catastrophe de Brumadinho (MG) qui, au moment de publier cette note, a causé la mort de 84 personnes et compte encore 276 disparus, rend la vie difficile d’une petite communauté indigène Pataxo Hã-hã-hãe. Celle-ci est composée d’une vingtaine de familles installées sur les rives du rio Paraopeba, dans la commune de São Joaquim de Bicas. La pollution de la rivière les prive de ressources. La FUNAI a fait savoir qu’elle leur porte assistance.

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 125, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

13/10/2017

Brésil : Un militaire est confirmé à la tête de la FUNAI

Au cours de l'été, le 11 juillet, Eliseu Lemos Padilha, le chef de la "Maison civile" de la Présidence de la République (équivalent à un Premier Ministre) a signé un arrêté confirmant Franklimberg Ribeiro de Freitas à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Dès le 9 mai dernier*, ce militaire (il est général de réserve) avait assuré l'intérim à la tête de la Fondation après le départ d'Antonio Fernandes Toninho Costa en place depuis janvier 2017. Peu après cette nomination, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB avait manifesté son opposition à cette militarisation de l'organe brésilien chargé de leur protection. En juin 2016, l'Articulation avait obtenu du Gouvernement qu'il renonce à nommer un autre militaire, le général Roberto Sebastião Peternelli, à la tête de la Funai. Ces militaires sont proposés par le Parti Social Chrétien, un parti évangélique soutenant Michel Temer, le président de la République.

Cette forte réticence à l'égard des militaires date de la période de la dictature pendant laquelle les Indiens ont eu à subir de nombreuses violences de la part de l'armée.

De plus, la Funai a fait l'objet de coupes budgétaires qui ont entraîné la suppression de dizaines de postes, en particulier dans les Coordinations techniques régionales. Le rôle de protection des communautés indigènes que doit assumer la Fondation est fortement réduit. Ces mesures budgétaires s'ajoutent à d'autres comme le souligne l'Institut d'Etudes Socioéconomiques – INESC. Pour ce dernier, elles font partie d'un agenda anti-indigène voulu par le pouvoir exécutif et le Congrès national.

Récemment, le 26 septembre, le président de la Funai était en réunion avec les leaders de la Terre Indigène Waimiri Atroari (États d'Amazonas et de Roraima) pour les consulter à propos d'un projet de construction de ligne à haute tension qui devrait traverser la TI pour relier Manaus à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. Une grande partie de l'électricité consommée dans cet État est fournie par le Venezuela. Il s'agit d'une négociation qui dure depuis plusieurs mois. Les leaders indigènes vont consulter les différentes communautés avant de donner leur réponse. Dans le passé les Wamiri Atroari ont subi des violences, notamment lors de la construction de la BR 174 qui traverse leur territoire. À voir comment ces Indiens seront écoutés.

                                                                    ***

* Voir sur ce blog, la note du 2 juin 2017

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Une version abrégée de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 118, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/06/2017

Brésil : Les "Ruralistes" dévoilent leurs intentions à l'égard des Indigènes

En novembre 2015, le lobby des "Ruralistes" (de l'agrobusiness) de la Chambre des Députés a obtenu la création d'une Commission Parlementaire d'Enquête – CPI visant les activités de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI et de l'Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire – INCRA. Ces deux administrations, la première ayant pour objet la protection des peuples indigènes et de leurs territoires, et la seconde de distribuer des terres aux petits paysans. Tâches que le lobby considère contraires à ses intérêts. La Commission, dominée par des députés membres de la "Bancada ruralista" (Frente Parlamentar Mista da Agropecuária – FPA), n'a pas été en mesure de rendre ses travaux avant le délai imparti, soit en août 2016. Mais très vite, à la fin du même mois, une deuxième CPI Funai/Incra a été constituée. Cette dernière vient de rendre un volumineux rapport de 3'385 pages.

À propos de la FUNAI, le document passe en revue son action dans cinq États (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Pará, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul et Bahia) pour y énumérer des faits qui, aux yeux des Commissaires, constituent des actes illégaux, des fraudes et des conflits. Les textes internationaux protégeant les populations indigènes sont évoqués dans une quarantaine de pages; l'occasion de rappeler que le Brésil pourrait dénoncer son adhésion à la Convention 169 de l'OIT à partir de 2023. Un chapitre, "L'ombre de l'internationalisme et les ONG" traite de l'action d'ONGs brésiliennes et étrangères qui coopèrent avec les peuples indigènes du pays. Dans cette partie du texte, la CPI a utilisé plusieurs rapports de l'Agence Brésilienne de Renseignements – ABIN. Selon le rapporteur, les ONGs manipulent les peuples indigènes dans l'espoir de décrocher des contrats "à prix d'or" pour élaborer des études environnementales nécessaires à l'obtention de l'autorisation des ouvrages.

Le document cite le nom de dizaines de personnes soupçonnées de ne pas avoir respecté la loi, notamment dans le but de fausser la délimitation et la démarcation de Terres Indigènes. Dans une première version, le président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, Dom Roque Paloschi est mentionné quatre fois.

La Commission propose la création d'un "Groupe Technique" auprès du Ministère de la Justice pour étudier les Terres Indigènes encore à démarquer. Elle suggère la création d'un Secrétariat National de l'Indien, directement rattaché à l'administration publique chargé des tâches actuellement confiées à la FUNAI. Enfin, elle a élaboré un projet de loi d'application de l'article 231 de la Constitution fédérale de 1988 concernant les droits reconnus aux Peuples indigènes.

Le rapport contient encore une lettre à la représentation de l'OIT à Brasilia au sujet de l'application de la Convention 169. C'est l'attitude d'ONGs qui est visée. La CPI leur reproche de faire obstruction à la consultation des peuples indigènes souhaitée par le Gouvernement. Une autre lettre destinée à la représentation du Vatican (la Nonciature Apostolique) au Brésil. La Commission y dénonce "l'action contraire aux principes chrétiens et à la dignité humaine" de la part d'agents du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI.

Onze députés, dont Paulão, Président de la Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés, ont rédigé un "Rapport parallèle". Un texte exprimant leur désaccord sur la méthode de travail, le contenu et les conclusions du rapport de la majorité. Dans une note, le Ministère Public Fédéral affirme que le rapport est anticonstitutionnel et illégal.

Réunis dans une communauté de l'État de Santa Catarina, les leaders Guarani du Sud et du Sud-Est du pays ont adressé une lettre ouverte à la société nationale qu'ils concluent par un avertissement : "… S'il n'y a pas de terre pour les Guarani, pour tous les peuples indigènes, pour les quilombolas et ceux qui vivent de la terre, il n'y aura de terre pour personne!". Interrogés par "Amazônia Real" une demi-douzaine de leaders indigènes ont exprimé leur désapprobation au sujet de la proposition de suppression de la Funai. Parmi eux, Gersem Baniwa pour qui "… La Funai, avec toute la difficulté et les contradictions qu'elle a eu au cours de son histoire a toujours été un organe qui représente la volonté de l'État de respecter les droits des indigènes. Son démontage est le démontage de la politique indigéniste".

Le vote du rapport final a eu lieu le 30 mai. Un texte légèrement différent de la première version où, par exemple, le nom du Président du CIMI n'est plus dans la liste des personnes dénoncées.

                                                                        ***

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

02/06/2017

Brésil : La FUNAI change de président

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Funai, Fundação Nacional do Indio, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, terra indígena, MPF, Ministério Público Federal, Eliseu Lemos Padilha, Antônio Costa, São Paulo, Rio de Janeiro et du Pernambuco, Maranhão, Franklimberg Ribeiro de FreitasLe 5 mai, le journal officiel de l'Union a publié un arrêté, pris le 4 mai par le Ministre d'État, Chef de la Maison civile de la présidence de la République, Eliseu Lemos Padilha, exonérant Antônio Costa de la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Sa nomination datait du 13 janvier dernier. Avant son éviction, il avait publié les rapports d'identification et de délimitation de cinq Terres Indigènes situées dans les États de São Paulo, Rio de Janeiro et du Pernambuco.

Pasteur et membre du Parti Social Chrétien – PSC, sa nomination avait inquiété les organisations indigènes. Le 20 avril déjà, dans les medias, il était question de son départ pour n'avoir pas nommé d'autres membres du PSC à des postes-clé de la FUNAI.

Son éviction intervient après le drame survenu le 30 avril dans l'État du Maranhão où vingt-deux indigènes ont été blessés*. Dans une conférence de presse, Antônio Costa confirme les pressions politiques dont il a été l'objet, mais il évoque aussi les coupes budgétaires voulues par le gouvernement pour "vider" la Funai et enterrer les démarcations des terres des peuples traditionnels. Une manière de répondre au Ministre de la justice qui, de son côté, reproche à la Fondation de ne pas agir de manière efficiente.

Le 9 mai, Eliseu Lemos Padilha a nommé un président intérimaire en la personne de l'ancien général Franklimberg Ribeiro de Freitas, déjà fonctionnaire de la FUNAI en charge de la Promotion du développement durable. Ce choix est critiqué par les organisations indigènes. L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB réprouve cette décision : "Avec cette nomination, le Gouvernement Temer promeut, la militarisation de la FUNAI comme au temps de la dictature militaire, la fragilisation totale de la Fondation dans la perspective de changer les procédures de démarcation des terres Indigènes… Non à la militarisation de la FUNAI !"

Pour appel, la FUNAI a été fondée en 1967, il y a 50 ans. Ce nouveau titulaire en est le 40e, soit une durée moyenne de mandat de un an et trois mois ! Depuis ce 1er janvier 2017, la Funai en est à son 3e président, dont deux l'ont été par intérim. Elle en est à son 4e Ministre de tutelle (Ministère de la Justice et de la Sécurité publique). Une instabilité qui n'est que l'une des facettes de la grave crise que traverse le pays.

* Voir sur ce blog, la note du 19 mai.

Photo : © Cimi Hegon Heck. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le dernier "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

19/05/2017

Une attaque contre les Gamela fait une vingtaine de victimes

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Gamela, fazendeiros, Viana, Maranhão, terra indígena, MPF, Ministério Público Federal, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, CDHM, Câmara dos Deputados, Funai, Fundação Nacional do Indio, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do BrasilDans l'après-midi du dimanche 30 avril, des Indiens Gamela qui occupaient leur territoire ancestral sur lequel se sont installés des fazendeiros, ont été attaqués par un groupe d'hommes armés de machettes et d'armes à feu. Bilan : 22 indigènes blessés, certains gravement. Cet incident violent qui s'est produit dans la municipalité de Viana, dans l'État du Maranhão.

Il s'agit du dernier épisode d'un conflit pour la terre qui dure depuis longtemps. Il y a encore quelques années, cette ethnie était officiellement considérée comme éteinte. En août 2014, les Gamela ont réalisé une assemblée au cours de laquelle ils ont manifesté leur intention de lutter pour la reconnaissance de leur territoire et de leur ethnie parfois encore contestée. En novembre de la même année, plusieurs Gamela étaient à Brasilia, avec d'autres représentants de peuples indigènes du Maranhão, pour demander la reprise des démarcations de leurs Terres Indigènes. En décembre 2015, ils ont subi des menaces de la part de fazendeiros.

L'attaque du 30 avril a provoqué de multiples réactions. De nombreuses entités ont exprimé leur solidarité à l'égard de ce peuple. La police fédérale a ouvert une enquête. Le Ministère Public Fédéral s'est saisi de l'affaire, il demande la démarcation de la Terre des Gamela. Le 11 mai, le Ministère Public du Maranhão a tenu une réunion avec des représentants des Gamela pour entendre leurs demandes en matière de territoire, de sécurité et de services publics. Une délégation de la Commission des Droits Humains et des Minorités de la Chambre des députés s'est rendue sur place. La Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI cherche, avec le Gouvernement de l'État du Maranhão un accord technique de coopération pour résoudre le conflit. L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rappelé que "les Gamela avaient dénoncé les plans des fazendeiros contre leurs leaders. Cependant, une fois de plus, les autorités compétentes ont fait preuve d'inertie devant les graves violations pratiquées, soit par des fonctionnaires, soit par des entités privées contre les Peuples indigènes".

Ce conflit survient dans un contexte national difficile pour les peuples indigènes. Voir sur ce blog, la dernière note du 7 mai.

Photo © CIMI Ana Mendes : un blessé Gamela peu après l’attaque. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image

 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/02/2017

Brésil : la démarcation des Terres Indigènes plus compliquée

Le 14 janvier, le Ministre de la Justice et de la Citoyenneté, Alexandre de Moraes a publié un arrêté qui modifie le processus de démarcation des Terres Indigènes – TI établi par le Décret 1775/96*qui confie ce travail à la seule Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Le nouveau texte crée un "Groupe Technique Spécialisé" – GTE chargé de fournir un rapport circonstancié permettant au Ministre de s'assurer que les quatre conditions prévues par la Constitution de 1988 pour la démarcation d'une TI, traditionnellement habitée par les Indiens sont bien remplies. À savoir que cette TI est habitée de manière permanente; qu'elle est utilisée pour leurs activités productives; qu'elle est indispensable à la préservation des ressources environnementales nécessaires à leur bien-être; qu'elle est nécessaire à leur reproduction physique et culturelle, selon leurs usages, coutumes et traditions. L'article 4 de l'arrêté précise les vérifications auxquelles le GTE doit procéder, y compris la concordance avec la jurisprudence du Tribunal Supérieur Fédéral - STF. Ce dernier point fait controverse : il fait allusion à la date à laquelle l'occupation de la TI doit être constatée. En 2009, le STF a reconnu la validité de la démarcation de la TI Raposa Serra do Sol dans l'État de Roraima. Mais l'un des considérants du jugement porte sur le fait que cette TI était occupée par les Indiens à la date de l'adoption de la Constitution, le 5 octobre 1988. Cette condition liée au temps est susceptible d'être utilisée contre une démarcation, même si tel ou tel peuple a été forcé de quitter sa terre ancestrale avant 1988.

La publication de cet arrêté a suscité des réactions de spécialistes du droit des indigènes, du Ministère Public Fédéral qui le considère illégal et contraire à la Constitution. Et bien sûr du mouvement indigène. L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB en a demandé la révocation : … une fois de plus, le gouvernement ne respecte pas la législation qui garantit la participation des peuples indigènes dans la prise de décisions qui les affectent… ils s'opposent au contenu de cet arrêté…

Le 19 janvier, le Journal Officiel de l'Union a publié un nouvel arrêté du Ministre de la Justice qui annule celui du 14 janvier. Il conserve la création du Groupe Technique Spécialisé dans lequel est bien représentée la FUNAI, mais avec d'autres entités. Une dizaine d'organisations dont l'APIB ont exprimé leur opposition à ce second arrêté. Elles ont protesté contre l'absence de dialogue avec le Conseil National de Politique Indigéniste – CNPI et le manque de respect du droit à la consultation libre, préalable et informée… "Toutes ces mesures ont pour objectif de retarder ou empêcher la conclusion des processus de démarcation… les organisations signataires exigent la révocation de cet arrêté".

                                                                      ***

* Ce décret présidentiel, signé en janvier 1996 par Fernando Henrique Cardoso, ouvre déjà la possibilité aux opposants à une démarcation d'être entendus et, le cas échéant, à faire valoir leurs droits.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier « AYA Info » No 114 le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

25/11/2016

Brésil : le Peuples indigènes défendent le service de santé

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Ricardo Barros, SESAI, DSEI, MPF, FUNAI, APIB, CIMI, Terras Indígenas, barragens, hidrelétricas, Campo Grande, Mato Grosso do Sul, Saúde, santé indigèneLe 17 octobre, le Ministre d'État de la Santé, Ricardo Barros a signé un arrêté qui enlevait au Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI et, à travers lui, les 34 Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes - DSEI du pays, leurs compétences en matière de gestion budgétaire et financière. Celles-ci devant être reprises et centralisées par le Ministère à Brasilia. C'est l'autonomie de ces instances qui était supprimée. Dans une note technique, le Ministère Public Fédéral considère que cette décision est illégale et contraire à la Constitution.

La réaction des organisations indigènes a été rapide et conséquente. Elles y ont vu une dangereuse aggravation du fonctionnement du service de santé indigène qui, déjà, ne donne pas satisfaction. Le 23 octobre, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé les peuples et organisations indigènes à se mobiliser entre le 24 et le 28 octobre pour demander la révocation immédiate de cet arrêté en occupant les bureaux du SESAI dans les différentes parties du pays. L'appel a été entendu. Des manifestations ont effectivement eu lieu un peu partout dans le pays : occupation des bureaux du SESAI, barrages sur des routes, etc. Le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI a estimé qu'environ onze mille indigènes ont participé au mouvement. Le 26 octobre, l'APIB pouvait annoncer qu'après une rencontre avec le ministre, celui-ci était revenu sur sa décision.

Dans une note publiée le 14 novembre, l'Articulation s'est adressée aux leaders et aux Peuples indigènes pour manifester sa satisfaction. Mais elle rappelle qu'il y a d'autres sujets préoccupants : la déforestation qui atteint des Terres Indigènes; les projets d'exploitation minière et de construction d'infrastructures (usines hydroélectriques); la réduction des activités de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI et sa "militarisation" (un colonel a été nommé coordinateur de la Fondation à Campo Grande, dans l'État du Mato Grosso do Sul), etc.

Elle termine sa note par un appel : "Malgré ce contexte difficile, nos peuples ont déjà démontré qu'ils restaient unis et déterminés à ne pas relâcher leur lutte pour assurer leurs droits consacrés par la Constitution fédérale et les traités internationaux signés par le Brésil. Aucun droit en moins. Résister unis pour continuer d'exister!"

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 112, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

02/07/2015

La loi sur la biodiversité est promulguée avec cinq veto de la présidente brésilienne

Adopté le 10 février* en première lecture par la Chambre des députés, le Projet de loi (No 7.735/2014) portant sur l'application de la Convention sur la Diversité biologique, a été envoyé au Sénat qui l'a modifié et l'a adopté le 22 avril. Des 23 amendements introduits par le Sénat qui visaient, en général à réduire les atteintes aux droits des populations traditionnelles, 11 ont été supprimées en deuxième lecture par la Chambre des députés qui a voté le texte, en deuxième lecture, le 27 avril. La présidente de la république, Dilma Rousseff l'a signé le 20 mai en opposant son veto à cinq articles. Le projet est maintenant une loi ordinaire (No 13.123 du 20 mai 2015). Elle a été publiée au Journal officiel de l'Union le 21 mai.

Début mai, plus de 150 mouvements sociaux et organisations de la société civile avaient adressé une lettre à la présidente de la république pour lui demander d'user de son droit de veto sur huit articles et l'Instituto Socioambiental – ISA sur neuf articles. Les veto demandés par ces entités concernent notamment le consentement préalable tel qu'il est prévu par la Convention 169 de l'OIT, la définition des connaissances traditionnelles et la préservation de leur accès aux communautés traditionnelles et l'amnistie de ceux qui ont commis des actes de bio-piraterie dans le passé. Selon ISA, trois veto de Dilma répondent aux revendications des mouvements sociaux: un article qui exemptait de l'obligation de la répartition des bénéfices de l'exploitation économique du patrimoine génétique réalisée avant le 29 juin 2000. A été supprimée la possibilité, pour les industries, d'avoir l'exclusivité du choix du destinataire final de la répartition des bénéfices non monétaires des produits issus du patrimoine génétique. Un autre veto garantit que l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant contrôle l'accès et l'exploitation du patrimoine génétique évitant le contrôle exclusif du Ministère de l'Agriculture. "Le résultat final porte encore un grand déséquilibre en faveur des intérêts de l'agrobusiness, des grandes industries de cosmétiques et de médicaments principalement. Les vetos, cependant sont importants pour corriger des distorsions significatives" estime Maurício Guetta, avocat de ISA.

Ce 25 juin, le Ministère public fédéral a publié une recommandation demandant au gouvernement que les populations traditionnelles soient préalablement consultées sur la réglementation d'application de cette loi.

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* Voir sur ce blog, la note du 3 avril 2015

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 103, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

23/05/2015

Du sang des Yanomami de retour sur la terre ancestrale

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas,Toototobi, Yanomami, james Neel, Patrick Tierney, Dakness in Eldorado, Davi Kopenawa, Dario Kopenawa, Rodrigo Janot, Deborah Duprat, Ministério Público Federal, MPF, Venezuela, Etats-Unis, Instituto Socioambiental, ISALe 3 avril, au cours d'une cérémonie, qui a eu lieu dans la communauté de Piaú, dans la région de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami, les Indiens ont pu enterrer les premiers échantillons de sang, collectés sans autorisation sur environ 3'000 Yanomami entre 1967 et 1970. Ils avaient été prélevés par le généticien américain James Neel et utilisés aux USA pour des recherches génétiques. L'affaire avait été révélée en 2000 par Patrick Tierney* dans un ouvrage "Darkness in Eldorado" qui, à l'époque, a suscité de vivres réactions.

En novembre 2002 déjà, Davi Kopenawa, et la communauté de Paapiú, avaient demandé le retour de ce matériel génétique : "Notre coutume est de pleurer les morts, brûler les corps et tout ce qu'ils ont utilisé. Il ne peut rien rester, sinon nous restons avec la rage et notre pensée ne reste pas tranquille. Les Américains, eux, ne respectent pas notre coutume. Pour cela nous voulons le retour des échantillons de sang et de tout ce qu'ils ont tiré de notre sang pour étudier".

Après des années de démarches, une partie de ces prélèvements vient enfin d'être rapatriée au Brésil*. Ils ont été remis à Davi Kopenawa et à son fils Dário, le 26 mars à Brasilia, par le Procureur général de la République, Rodrigo Janot et Deborah Duprat du Ministère public fédéral. Les deux Yanomami étaient dans la capitale brésilienne pour présenter la carte du "Territoire et communautés Yanomami  Brésil Venezuela" élaborée fin octobre – début novembre à l'occasion d'une rencontre binationale des Yanomami du Brésil et du Venezuela**. Pour les Yanomami, une bonne partie de ce sang est celui de membres des communautés maintenant décédés. Leur sang conservé aux Etats Unis n'avait pas reçu une sépulture correcte.

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* Voir, sur ce blog, la note du 11 juin 2010

** Voir, sur ce blog, la note du 29 décembre 2014

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Photos (cliquer sur la vignette pour agrandir l'image):

- En haut à gauche : © Marcos Wesley (Instituto Socioambiental – ISA). Dario et Davi Kopenawa aux côtés de Rodrigo Janot, Procureur général de la république et de Deborah, Duprat Procureure de la 6e Chambre du Ministère public fédéral au moment de la restitution des échantillons en provenance des Etats Unis.

- Au centre, en bas : © Estêvão Benfica (Instituto Socioambiental – ISA). Tout à gauche, Davi Kopenawa et d'autres indigènes enterrent les échantillons.

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PS 1 : Une série de quatre vidéos intitulée "Napëpë" (d'environ 10 minutes chacune en portugais), évoque cette opération des scientifiques américains a été mise en ligne sur Youtube. Pour accéder à la première séquence, cliquer > ICI, les trois autres suivent.

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2