23/10/2017

Vale SA : son site minier "Onça Puma" paralysé par la justice

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-PrexDéjà en 2015*, la justice brésilienne avait ordonné à la multinationale Vale SA d'interrompre ses activités sur son site d'exploitation de nickel "Onça Puma" dans l'État brésilien du Pará. Le 13 septembre dernier, l'entreprise est une nouvelle fois l'objet d'une telle décision prise par le Tribunal Régional Fédéral –TRF1. Il est reproché à l'entreprise de ne pas avoir mis en œuvre un plan de gestion économique et environnemental en faveur des communautés indigènes Xikrin** affectées par son activité. Vale SA a fait savoir qu'elle fera recours contre cette décision. Elle rappelle qu'elle subventionne les activités des communautés Xikrin et qu'elle est ouverte au dialogue.

Par ses rapports, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, au service des communautés Xirin depuis de nombreuses années, attire régulièrement l'attention sur la pollution du Rio Cateté par les métaux lourds libérés par l'usine Onça Puma. Dans son dernier rapport de juillet 2017, il affirme que si la pollution continue, se seront les localités de Parauapebas et Marabá, situées en aval, qui seront touchées. En avril dernier, il a dénoncé cette pollution sur Youtube.

Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex dans le canton de Vaud, à quelques kilomètres de Genève.

* Voir sur ce blog, la note du 11 septembre 2015.

** Prononcer "Chikrin"

Carte : La localisation de la Terre Indigène Xikrin du Cateté. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 119, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

09/09/2016

Vale SA met toujours en danger la santé des Xikrin*

Inlassablement**, le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho attire l'attention sur l'état de santé du peuple Xikrin de la Terre Indigène Kateté. Son dernier rapport, publié en juillet, rappelle a quel point la pollution engendrée par l'usine de Onça Puma, exploitée par la multinationale Vale SA***, impacte le quotidien des 1'282 Xikrin habitant les trois villages Kateté, Djudjê-kô et Oodjã.

L'eau du Rio Cateté qu'ils boivent, dans laquelle ils se baignent, préparent les aliments qu'ils consomment, pêchent les poissons qui composent une bonne partie de leur nourriture est polluée. L'air qu'ils respirent est également pollué par les poussières toxiques relâchées dans l'atmosphère. Cette pollution atteint les animaux qu'ils chassent et l'ensemble de la végétation de la région. C'est bien tout l'environnement qui est atteint. Le médecin note quelques mesures déjà prises mais souligne que la pollution persiste. Il en appelle à Vale pour qu'elle y mette un terme. Récemment, à la demande des Xikrin, le vidéaste genevois Aurélien Fontanet a réalisé une vidéo de quelques minutes sur cette pollution. Elle a été mise en ligne sur Youtube au début de ce mois d'août (voir ci-dessous).

Le 9 août, les Xikrin, sous l'égide du Ministère Public Fédéral du Pará ont signé avec Vale un accord de compensation financière en vue d'atténuer les dommages causés aux communautés par l'exploitation minière de Onça Puma. Mais l'origine de la pollution, et les mesures à prendre pour y mettre un terme font encore l'objet d'une controverse.

Une autre préoccupation du docteur Botelho concerne le contenu des repas scolaires - en brésilien, le "Merenda escolar" servis aux enfants et étudiants Xikrin : il le juge inapproprié et préjudiciable à leur santé. Il a observé que les groupes indigènes qui ont abandonné la diète traditionnelle pour la diète industrielle ou "occidentale" présentent un taux élevé d'obésité et de diabète, sources de complications graves. Il recommande l'application de l'art. 12 du décret 6861/2009 qui précise que "L'alimentation scolaire destinée aux écoles indigènes doit respecter les habitudes alimentaires des communautés…" Plus concrètement, il demande que soient notamment bannis des repas scolaires les aliments contenant du sucre cristallisé. Il recommande aux collectivités publiques - municipalités et État du Pará - en charge de fournir les repas, de s'inspirer de pratiques en cours dans plusieurs Terres Indigènes de l'État de São Paulo qui utilisent des aliments issus de cultures traditionnelles des communautés indigènes. Pour le docteur, l'idéal serait que les indiens fournissent les aliments tirés de leurs propres cultures pour les repas scolaires. Produits achetés par les municipalités et gouvernements des États, ce qui aurait l'avantage de renforcer l'économie des villages et contribuerait à réduire la pauvreté.

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* Prononcer "Chikrine".

** Voir sur ce blog, les notes du 23 décembre 2014 et 11 septembre 2015

*** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud.

La vidéo ci-dessous (4'47") est en portugais:

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 111, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

19/02/2016

Après la catastrophe écologique, Samarco et Vale sous la pression des Indiens

Les médias ont largement diffusé l'information. Dans l'après-midi du 5 novembre 2015, un gigantesque torrent de boue a submergé la petite localité de Bento Rodrigues, située dans la municipalité de Mariana dans l'État brésilien du Minas Gerais (MG), provoquant la mort de 17 personnes et de graves dégâts à l'environnement. Un barrage retenant des millions de tonnes de déchets de minerai de fer d'une mine de la compagnie Samarco, filiale de BHP Biliton et de Vale, avait cédé. La boue s'est écoulée par le Rio Doce jusqu'à l'Atlantique dans l'État de Espírito Santo (ES). Le fleuve est considéré comme mort sur plus de 600 km. Vient maintenant l'heure du bilan chiffré, des responsabilités et du coût des réparations de ce qui est considéré comme la pire des catastrophes écologiques du pays.

Près d'une trentaine de localités ont été affectées par la catastrophe. Parmi les riverains touchés, les Indiens de la Terre Indigène Krenak sur les rives du rio Doce. Le 13 novembre, ils ont occupé, près de Resplendor, la voie ferrée de la compagnie "Estrada de Ferro Vitória a Minas - EFVM" qui appartient à Vale. Depuis le 5 novembre ils demandaient, en vain, de l'aide à la Compagnie, notamment la fourniture de nourriture et d'eau potable. Il a fallu l'intervention de la FUNAI pour que Vale apporte une aide d'urgence à 126 familles. Les Krenak ont levé leur occupation le 16 novembre.

Plus récemment, le 13 janvier, ce sont les Tupinikim et Guarani de Aracruz de l'État du Espírito Santo qui ont occupé la voie ferrée du EFVM à Comboios. Eux aussi demandent des mesures pour faire face aux dégâts causés par les rejets de minerai. Ils ont cessé leur occupation deux jours plus tard après une médiation du Ministère Public Fédéral. Dans la même région, près de la localité d'Aracruz, le 4 février, les indigènes ont établi des barrages filtrants sur deux routes du même État pour obliger Vale à apporter une compensation aux graves impacts qu'ils ont à subir du fait de la catastrophe. Là encore, c'est après une intervention des responsables locaux de la FUNAI que les Indiens ont levé leurs barrages le lendemain 5 février.

En Suisse, la catastrophe a eu un écho jusqu'au Grand Conseil vaudois. Le 8 décembre 2015, une résolution – non contraignante - du député Raphaël Mahaim est acceptée par 67 oui, 66 non et 3 abstentions. Après avoir exprimé son soutien aux victimes, le parlement cantonal souhaite "que les amendes et dédommagements payés par le groupe Vale dans le cadre de la réparation des préjudices environnementaux causés par la catastrophe ne soient d'aucune manière, par quelque montage que ce soit, déductibles fiscalement en terre vaudoise par l'intermédiaire de Vale International à Saint-Prex."

Ailleurs au Brésil, dans l'État du Pará, Vale est en conflit avec les Indiens Xikrin et Kayapó qui lui reprochent de polluer le rio Cateté sur le site minier de Onça Puma. Le 7 décembre 2015, ils ont manifesté à Ourilândia do Norte pour demander la suspension de l'exploitation minière jusqu'à ce que des mesures soient appliquées pour protéger la rivière. Cette pollution a de graves effets sur la santé de ces Indiens. Une situation dénoncée depuis des années par le Dr João Paulo Botelho Vieira Filho > Voir sur ce blog les notes des 11 septembre 2015 et du 23 décembre 2014.

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 108, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

11/09/2015

Vale SA met en danger la vie des Xikrin : la justice intervient

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale, TRF 1, Onça Puma, Reuters,Saint-Prex, Ouro Preto, Minas GeraisCe n'est pas la première fois que le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho tire la sonnette d'alarme* : le Rio Cateté est contaminé par des métaux lourds en provenance des déchets de minerai de nickel du site Onça Puma, une mine exploitée par la multinationale Vale dans l'État brésilien du Pará. Cette pollution provient des poussières provoquées par les machines de chantier, les explosions de la roche et surtout du ruissellement de la pluie sur les stériles amoncelés à proximité de la rivière.

Le rio Cateté est vital pour les populations indigènes riveraines, les Xikrin**. Elles y pêchent le poisson qui est une base de leur nourriture, s'y baignent. Elles en utilisent l'eau pour la préparation de leurs aliments.

Depuis plusieurs années le médecin a eu l'occasion de constater les effets de la pollution de la rivière sur la santé des Xikrin. En avril 2015, il a adressé un rapport au Ministère public fédéral pour dénoncer "La mort possible du rio Cateté, de la vie aquatique et sylvestre et les conséquences de la présence de métaux lourds toxiques pour les indiens Xikrin". Dans un rapport complémentaire de juin dernier, il détaille les dommages causés par le fer, le cuivre, le chrome et le nickel sur la santé de cette population : "Depuis 2013, et sans être entendu, j'ai demandé avec insistance à la compagnie Vale de prendre des mesures préventives pour la protection du rio Cateté et des indiens Xikrin. Nous arrivons à la triste situation que l'eau du rio Cateté est impropre à la consommation en raison de la présence de métaux lourds."

La section du Ministère public en charge de la défense des populations indigènes s'est saisie du problème. Le 6 août, le Tribunal Régional Fédéral (TRF1) a rendu une ordonnance demandant à Vale d'interrompre l'exploitation du site d'Onça Puma jusqu'à l'application de mesures visant à empêcher la pollution de la rivière. Décision contre laquelle Vale a fait recours. Le 2 septembre déjà, l'agence Reuters – Brésil a annoncé que Vale avait obtenu une suspension de la décision.

Vale International SA, dont le siège international est à Saint-Prex (Suisse), est une multinationale active sur les cinq continents. Les 13, 14 et 15 août, à Ouro Preto, une localité l'État brésilien du Minas Gerais, a eu lieu la 5e rencontre internationale d'organisations représentant des communautés atteintes par les activités de l'entreprise. Les participants, originaires du Brésil et de six pays ont eu l'occasion de parcourir plusieurs régions du Brésil où l'entreprise est active. De ces visites, il ressort qu'en d'autres endroits Vale est responsables de la contamination de l'air et de l'eau. En avril déjà, une manifestation a eu lieu devant le siège de la multinationale à Saint-Prex.

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* Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2014 (Une carte y est jointe)  

** Prononcer "Chikrin"

Photos © Dr J.P Botelho Vieira Filho,

En haut : le Rio Cateté pollué par des métaux lourds rejetés par d'usine Onça Puma de Vale SA (Municipalité de Parauapebas - État du Pará)

Ci-dessous : Les indigènes construisent un barrage végétal sur le rio Seco, un affluent du rio Cateté pour empêcher les poissons d'accéder aux eaux polluées du rio Cateté.

 

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale, TRF 1, Onça Puma, Reuters,Saint-Prex, Ouro Preto, Minas Gerais

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2