28/01/2018

Versoix : Les peuples autochtones d'Amazonie brésilienne

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Versoix, Genève, Boléro, Emilie Barrucand, Mebêngôkre, Kayapó, Paresí, terras indígenas, terres indigènes, Mato Grosso, Pará, Wayanga, Raoni Metuktire, Belo Monte, Xingu, Xikrin, Rio Cateté, Flux Laboratory, René Fuerst, Aurélien FontanetDe nombreuses photos, une vidéo et quelques textes explicatifs sur les peuples autochtones de l'Amazonie brésilienne sont à voir jusqu'au 25 février au "Boléro", à Versoix/Genève (1). En fait, c'est une partie des travaux de l'anthropologue française Emilie Barrucand qui est exposée au Centre d'art et de culture. La scientifique rappelle le rôle des peuples autochtones comme protecteurs de la Planète et la sagesse dont ils font preuve et qui devrait nous inspirer. Elle évoque son engagement à leur côté. En fait, elle nous fait mieux connaître deux peuples : les Mebêngôkre, plus connus sous l'appellation de "Kayapó", et les Paresí. Ces derniers sont un peu plus de 2'000. On les trouve dans une dizaine de Terres Indigènes de l'État du Mato Grosso. L'association – Wayanga - que préside la Française, développe plusieurs projets en faveur de la préservation de leur culture.

Les quelques 11'000 Kayapó, répartis en plusieurs groupes, vivent essentiellement dans neuf Terres Indigènes l'État du Pará. Emilie Barrucand évoque leur culture, leur vie sociale et leur activité économique. C'est surtout leur leader, Raoni Metuktire qui est connu au niveau international pour son engagement pour la défense de la forêt amazonienne et son opposition à la construction du barrage de Belo Monte sur le Xingu (2), inauguré en 2016 par l'ex-présidente Dilma Rousseff. Raoni est venu plusieurs fois à Genève (3) pour plaider la cause de son peuple devant les instances onusiennes, le Conseil des droits de l'homme en particulier.

L'exposition de Versoix n'est pas sans rappeler celle présentée par Flux Laboratory à Carouge, en mars 2014 (4). Elle était consacrée à un groupe Kayapó, les Xikrin (5) du rio Cateté, que l'ethnologue genevois, René Fuerst, a visité en 1963 et que le vidéaste Aurélien Fontanet est retourné voir cinquante ans après, en 2013.

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(1) Le "Boléro" 8, Chemin Jean-Baptiste Vandelle, 1290 Versoix/Genève (à proximité de la gare CFF) – Tél.: +41 (0)22 950 84 00 / https://www.loisirs.ch/loisirs/20963/bolero-versoix

Entrée libre du mardi au dimanche de 15h à 18h.

(2) Prononcer "Chingou" / (3) Voir sur ce blog, la note du 14 décembre 2012 / (4) Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014 / (5) Prononcer "Chikrine"

Image extraite de l'invitation au vernissage de l'exposition. Cliquer sur la vignette pour l'agrandir.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 121, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

26/11/2014

La 1ère Conférence mondiale sur les Peuples autochtones

Dans le monde on compte plus de 370 millions de personnes indigènes (soit plus de 5 % de la population mondiale), répartis dans environ cinq mille groupes distincts, dans près de 90 pays. Les 22 et 23 septembre, au siège des Nations Unies à New York a eu lieu la 1ère Conférence mondiale sur les peuples autochtones, un événement décidé par l'Assemblée générale en décembre 2010. À l'ordre du jour, trois tables rondes pour débattre des actions du système des Nations Unies pour la mise en œuvre des droits des peuples indigènes; de l'application des droits des peuples indigènes aux niveaux national et local, et enfin des ressources, territoires et terres des peuples indigènes. Le document final adopté par l'Assemblée générale avait fait l'objet de plusieurs versions travaillées au cours de diverses rencontres préparatoires. Il a été rédigé avant même le début de la Conférence. Il comprend une quarantaine de paragraphes où les chefs d'États et de gouvernements affirment leur appui à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en 2007. Ils affirment leur engagement à soutenir les droits économiques, sociaux et culturels de ces peuples qui sont relativement détaillés. Cependant, il ne contient pas de paragraphe spécifique sur le droit à l'autodétermination alors que ce droit figure bien aux articles 3 et 4 de la Déclaration de 2007. L'exercice de ce droit a été revendiqué dans les réunions continentales préparatoires réunissant les organisations indigènes. Il figure également dans le document adopté par les représentants d'organisations autochtones des sept régions géopolitiques mondiales réunis à Alta (Norvège) en juin 2013.

À New York, les représentants indigènes présents ont surtout été des spectateurs. Cette conférence a fait l'objet d'une critique de la part du professeur Glenn T. Morris, membre de l'American Indian Movement of Colorado. Il reproche notamment la non reconnaissance, par la Conférence, du droit à l'autodétermination, du droit des peuples indigènes à contrôler leurs territoires, leurs ressources naturelles et connaissances traditionnelles.

La délégation officielle du Brésil était composée de quatre indigènes : Tonico Benites (Guarani Kaiowá), Naiara Yusy Dolabella Sampaio (Tukano), Simone Eloy Amado (Terena), Francisca Navantino Pinto de Angelo (Paresí) et du Ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo. Celui-ci a affirmé la nécessité d'assurer le droit des peuples indigènes et garantir leurs territoires.

Lors de la 25e réunion de la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI qui a eu lieu le 16 octobre, Francisca Paresí, elle-même déléguée, a regretté la faiblesse de la représentation indigène brésilienne. La Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, qui n'était pas représentée à la Conférence, en a publié le document final.

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Le 21 mars 2012, dans le cadre du 50e anniversaire du Mouvement pour la Coopération Internationale- MCI, Pierrette Birraux du Centre de Documentation, de Recherche et d'Information des Peuples Autochtones - DOCIP (Genève) a mis en perspective l'action des Peuples et organisations autochtones au sein de l'ONU. On peut visionner la contribution de Pierrette Birraux ci-dessous (8:37).

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2