02/09/2013

Brésil : la violence contre les peuples indigènes a augmenté en 2012

Brasil,Brésil,Amazonia,Amazonie,Autochtones,indigènes,indígenas,CIMI,CNBB,Mato Grosso do Sul,Fernando Henrique Cardoso,Lula, Dilma Rousseff,Lucia Helena Rangel,Roberto Antonio Liegbott,violência,povos indígenas,violence,peuples indigènesEn 2012, par rapport à 2011, dans les trois catégories de violences traitées par le document publié le 27 juin par le Conseil Indigéniste Missionnaire* - CIMI, il y a  eu une augmentation du nombre de cas et de victimes. Les cas de "violence contre le patrimoine" passent de 99 à 125. La "violence par négligence des pouvoirs publics" touchent 106'801 personnes contre 61'801 en 2011. C'est dans la catégorie de "violence contre la personne" qui comprend les menaces de mort, les homicides, tentatives d'assassinats, racisme, lésions corporelles et violence sexuelle que l'augmentation est la plus marquée : 1'276 victimes (378 en 2011). Il y a eu 60 assassinats (51 en 2011).

Ces assassinats ont des causes diverses, quelques-uns pour des conflits de la terre, d'autres pour des disputes interpersonnelles où la consommation ou l'abus d'alcool a été un élément facilitateur. En 2012, 37 d'entre eux l'ont été dans l'État du Mato Grosso do Sul. Une situation malheureusement habituelle. En effet, depuis 2003, soit ces dix dernières années, sur les 563 assassinats dénombrés dans le pays, 317 (55%) l'ont été dans cet État.

À parcourir les différents rapports du CIMI, l'évolution est inquiétante : sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso, de 1995 à 2002, le Cimi a compté un total de 165 assassinats, soit une moyenne annuelle de l'ordre de 20,6. Sous la présidence de Lula, de 2003 à 2010, il en a dénombré 452, soit une moyenne annuelle de 56,5. Pour les deux premières années de la présidence de Dilma Rousseff, il y en a eu 111, soit une moyenne annuelle de 55,5.

Pour les auteurs du rapport**, cette violence trouve son origine dans plusieurs causes :

1.- Les conflits de la terre, accrus par l'indifférence du gouvernement vis-à-vis de ces conflits et sa position qui consiste à ne pas démarquer les terres indigènes, contribuant ainsi à l'augmentation des invasions et autres formes de violation des droits humains.

2.- Au confinement de peuples indigènes dans de petites réserves – notamment dans le Mato Grosso do Sul - qui sont de véritables camps de concentration.

3.- Aux campements sur les bords des routes où des dizaines de communautés indigènes sont abandonnées et exposées à d'innombrables dangers.

4.- La dégradation environnementale des Terres démarquées engendrée par l'exploitation du bois, des minerais, de l'énergie électrique.

5.- À la politique de développement du gouvernement qui transforme les droits indigènes en "obstacle au développement économique".

6.- À l'absence d'une politique indigéniste articulée avec les autres politiques [de l'État], ce qui fragilise les actions et services destinés aux communautés indigènes : santé, éducation, etc.

On retrouve là, les thèmes qui ont fait descendre de nombreux Brésiliens dans les rues ces dernières semaines.

***

* Le CIMI est l'organisme de la Conférence nationale des évêques du Brésil  - CNBB chargé des questions indigènes.

** Lucia Helena Rangel, anthropologue à l'Université Pontificale Catholique – PUC de São Paulo et Roberto Antonio Liegbott, missionnaire laïc rattaché au CIMI Régional Sud.

- Voir sur ce blog, sur le même sujet, les notes des 14/09/2012, 09/09/11 et du 03/08/10 ou "AYA Info" No 74 pour le précédent rapport.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 85) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

02/11/2012

Les Guarani Kaiowá de Pyelito Kue : mourir plutôt que quitter notre "tekoha" !

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Cette lettre répond à la décision rendue, le 17 septembre, par la Justice fédérale de Naviraí (MS), qui ordonne l'expulsion des indiens. Vivants, les Guarani ne veulent pas quitter leur terre.

La Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI) considère légitime la volonté des Guarani de rester sur ce territoire. Elle indique encore qu'elle a déposé un recours contre cette décision de la justice de Naviraí. Elle a obtenu gain de cause. Le 30 octobre, le Tribunal Régional Fédéral de la 3e région (São Paulo) a décidé que les Guarani peuvent continuer d'occuper deux hectares à l'intérieur de la fazenda Cambará jusqu'à ce que soient conclus les travaux d'identification de la Terre Indigène, engagés par la FUNAI.

Habituellement peu sensible à la situation des peuples indigènes, mais face à ce drame, l'opinion publique brésilienne a manifesté son émotion sur les réseaux sociaux. Une récolte de signature a été lancée sur Avaaz pour demander à Dilma Roussef, la Présidente de la république, et à André Puccinelli, le Gouverneur de l'État du Mato Grosso do Sul, d'intervenir.

Plusieurs médias ont assimilé cette volonté de résister comme étant l'expression d'une intention de suicide collectif, ce que contestent les intéressés. Le leader de la communauté, Apykaa Rendy, décrit la situation de la communauté dans une vidéo diffusée sur Youtube : voir la vidéo ci-dessous. Le Secrétariat de la présidence de la république a publié un communiqué pour faire le point de la situation et mentionner les mesures prises, entre autres, pour assurer la sécurité des indigènes.

Le Mato Grosso do Sul est connu pour être un État où les violences à l'encontre des peuples indigènes sont nombreuses*. Il est bon de rappeler que lors de l'adoption de la Constitution en 1988, l'article 67 des "Dispositions constitutionnelles transitoires" donne un délai de cinq ans pour la démarcation des Terres indigènes du pays… C'était il y a 24 ans !

* Voir sur ce blog, la note du 14 septembre 2012.

 

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

13/04/2012

Convention 169 de l'OIT, le gouvernement brésilien organise un séminaire

Les organisations indigènes, quilombolas* ont maintes fois reproché au gouvernement brésilien de ne pas respecter la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail. Le cas de Belo Monte dont il a souvent été question sur ce blog, montre que le reproche est justifié. En septembre 2011, James Anaya, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones avait participé à un séminaire organisé par la FUNAI sur le processus de consultation préalable, libre et informé voulu par la convention.

Probablement pour donner une suite à ce séminaire, la présidence de la république a initié un processus pour donner corps à ses obligations découlant de la ratification de ladite convention et autres instruments internationaux auxquels il a souscrit.

Le 27 janvier 2012, un Arrêté cosigné par le Secrétariat général de la présidence de la république et le Ministère des relations extérieures, a créé un groupe de travail composé des différents ministères et organes gouvernementaux concernés pour étudier, évaluer et présenter des propositions de réglementation de ce processus.

Les 8 et 9 mars, le Secrétariat et le Ministère des affaires étrangères ont organisé un séminaire "Convention 169 de l'OIT, expériences et perspectives" auquel ont participé environ 160 dirigeants indigènes, quilombolas et de communautés traditionnelles.

Un  "Atelier préparatoire" avait été  organisé par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, les 23, 24 et 25 février. Peu après cette réunion, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a rédigé un texte qui exprime sa vision du processus de consultation, et d'une manière plus large, le cadre dans lequel elle souhaite voir se développer la relation des organisations indigènes avec le gouvernement. Le document porte sur cinq points : 1.- La participation de tous les organes publics concernés par la politique indigéniste. 2.- La constitution d'un groupe de travail indigène pour garantir l'autonomie et l'intervention qualifiée des peuples indigènes. 3.- L'organisation de rencontres d'information et de consultation régionales. 4.- L'approbation du projet de loi de mise en place du Conseil National de Politique Indigéniste, du Statut des peuples indigènes et la signature du décret qui institue la Politique nationale de gestion environnementale et territoriale dans les Terres indigènes. 5.- Les signataires du texte demandent à être reçus par la présidente Dilma Rousseff.

Les conclusions du séminaire n'ont pas été publiées. Est-ce le début du règlement de l'un des contentieux qui affectent les relations du gouvernement avec les organisations indigènes du pays ?

***

* Communauté composées de descendants d'esclaves fugitifs.

Pour en savoir plus,

En français :

- La Convention 169 de l'OIT : http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C169

- Voir "AYA Info" Nos 64 et 65 pour les précédentes rencontres sur le sujet.

En portugais :

- L'arrêté interministériel du 27 janvier 2012 : http://www.in.gov.br/imprensa/visualiza/index.jsp?jornal=...

- Le document de l'APIB : http://crocodoc.com/Oh05yFE

- L'information donnée le dernier jour du séminaire par le Secrétariat de la présidence de la république :  http://www.secretariageral.gov.br/noticias/ultimas_notici...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07/04/2012

Brésil : Des députés attaquent les droits territoriaux des peuples indigènes

Photo EM:Cimi:2103:2012:PEC 215:DSC01832.JPGLes dispositions constitutionnelles relatives à la protection des Terres indigènes viennent de faire l'objet d'une nouvelle attaque de la part des députés partisans de l'agrobusiness. Il s'agit de transférer du Gouvernement au Congrès national la compétence de l'approbation de la démarcation des terres indigènes et la ratification des démarcations déjà homologuées. Au goût des "ruralistes", il y a trop de terres réservées pour les Peuples indigènes.

En novembre 2011, des parlementaires, membres de la Commission "Constitution, Justice et Citoyenneté - CCJ" de la Chambre des députés, ont demandé la mise en votation de la  proposition d'amendement constitutionnel (PEC 215/2000) qui demande ce transfert de compétence, formulée le 28 mars 2000 déjà, par Almir Sá, un député de l'État de Roraima.

À cette époque, une bonne partie de la classe politique de cet État s'opposait à la démarcation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, homologuée par Lula en avril 2005. À relire la documentation du printemps 2000, la proposition de ce député est passée inaperçue. Les peuples indigènes commémoraient alors le 500e anniversaire de l'arrivée des Portugais au Brésil... Cinq siècles de résistance, et l'actualité montre que cette résistance a encore sa raison d'être.

Venant de plusieurs régions du Brésil, une trentaine de leaders indigènes étaient présents à Brasilia, le 21 mars dernier pour suivre, à la Chambre des députés, les travaux de la CCJ qui délibérait sur ledit amendement 215. Ils ont manifesté leur hostilité par des chants de protestation. Cela n'a pas empêché la Commission d'approuver la proposition par 38 voix contre 2. Le texte doit maintenant suivre la procédure parlementaire.

Pour l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, la décision de la Commission est contraire à la Constitution qui, dans son article 231,  reconnaît les droits des peuples indigènes sur les terres qu'ils occupent traditionnellement. Pour elle, le fait que les ruralistes soient majoritaires à la CCJ et au parlement, a pour conséquence de livrer le destin des peuples indigènes au pouvoir des tenants de l'agrobusiness et des corporations capitalistes intéressées par les richesses que contiennent les Terres indigènes. Elle rappelle qu'il appartient au gouvernement d'intervenir pour modifier cette situation. Sinon, devant l'histoire, il passera pour être co-responsable de l'intention des élites de ce pays de rendre possible l'extinction progressive des peuples indigènes. L'APIB appelle l'opinion publique nationale et internationale à intervenir pour exiger de l'État brésilien l'application de la Constitution et des instruments internationaux de protection des droits indigènes signés par le Brésil.

En janvier dernier, l'agence d'information du Sénat a annoncé la prochaine discussion d'un amendement constitutionnel demandant de  contrôle de la démarcation des Terres indigènes par le Sénat*.

Les constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour protéger toutes les terres indigènes du pays : une tâche qui est loin d'être terminée...

***

Photo : © Eden Magalhães / Cimi / Des leaders indigènes lors de la réunion de la Commission CCJ

* Voir sur ce blog la note du 17 février dernier.

Pour en savoir plus  (en portugais) :

- La législation indigéniste : http://www.funai.gov.br/ > Legislação > os índios na constituição federal de 1988

- Le texte et la procédure parlementaire de la PEC 215/200 : http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao...

- Un reflet des travaux de la CCJ : http://funaiceara.blogspot.com/2012/03/aprovacao-da-pec-2...

- La position de l'APIB : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&action...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

06/01/2012

Les peuples indigènes à la COP-17 de Durban

Au niveau international, les organisations indigènes sont bien conscientes des enjeux et des menaces que les changements climatiques font peser sur leur existence. Pour l'organisation Survival International, "Les peuples indigènes sont les premiers experts en changement climatique".

De nombreuses organisations indigènes étaient présentes à la 17e Conférence des parties à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques qui a eu lieu à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011. Une réunion plus généralement désignée par le sigle COP-17.

En prévision de cette rencontre, les organisations indigènes des neuf pays du bassin amazonien, groupées au sein de la Coordination des  Organisations Indigènes du Bassin Amazonien - COICA, avaient déjà fixé leur position lors d'une rencontre tenue à Manaus en août dernier*. La COICA recommandait la prudence vis-à-vis du mécanisme onusien de Réduction des Emissions de gaz à effets de serre en raison de la Déforestation et la Dégradation des forêts - REDD +. L'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales a demandé l'instauration d'un moratoire sur ce mécanisme.

De leur côté, les organisations indigènes du Brésil ont envoyé cinq représentants à Durban. Pendant la conférence, la délégation a tenu à rappeler ses préoccupations en rapport avec la politique indigéniste du gouvernement brésilien :

1.- Les retards pris pour la démarcation des Terres Indigènes, en particulier celles des Guarani dans l'État du Mato Grosso do Sul; la mauvaise protection contre les envahisseurs, notamment dans la Vallée du Javari ou l'aire indigène Yanomami;  la volonté du Congrès de politiser le processus même de démarcation.

2.- La construction programmée de nombreux ouvrages hydroélectriques dans la région amazonienne. 3.- La réduction de l'émission des gaz à effet de serre compromise par la réforme du Code forestier en cours de discussion devant le Congrès.

La délégation a souligné le nécessaire respect des Conventions et Traités internationaux, la nécessité d'un plan de gestion des Terres Indigènes et le soutien aux initiatives des peuples indigènes pour la protection de leur environnement.

 

***

* AYA Info No 63

Pour en savoir plus (en français),

- Le rapport de Survival International (2009) : http://www.survivalfrance.org/actu/7911 > Télécharger le rapport

- L'appel au moratoire publié par Attac International :  http://www.france.attac.org/articles/les-indigenes-contre...

- L'appel de l'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales (en anglais):

http://climate-connections.org/2011/12/06/indigenous-peop...

- La position de la délégation indigène brésilienne (n portugais) :

http://blogapib.blogspot.com/2011/12/movimento-indigena-p...

 

Cette note a été publiée  dans "AYA Info" No 67, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:31 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : cop-17, peuples indigènes, redd+, coica, manaus, déforestation, durban | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/12/2011

Deux nouveaux sites Internet relatifs aux Peuples autochtones

Genève semble avoir un lien particulier avec l'Amazonie et les Peuples indigènes. Et Dieu sait pourquoi ? Pas seulement au niveau des réunions et groupes de travail indigènes qui se tiennent au siège européen des Nation Unies, mais aussi au niveau plus local, parmi les habitants du Canton.

Pour mémoire, et pour donner un exemple du passé, rappelons ici comment Paul Lambert, ce natif de Châtelaine/Genève décédé en 2004, a sensibilisé dès les années 60, l'opinion publique aux problèmes des peuples autochtones, notamment avec son film "Fraternelle Amazonie".

Pour être dans le présent, il convient de citer le sociologue Silvio Cavuscens. Il a fait toute sa jeunesse à Avully/Genève. Il a un engagement très fort depuis plus de trente ans aux côtés des indigènes de l'Amazonie brésilienne. Il est maintenant coordinateur de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA" dont le siège est à Manaus.

Le lien avec les peuples autochtones, c'est aussi l'appui financier donné par les collectivités publiques, la Confédération, le Canton, la Ville de Genève et les Communes, aux projets soutenus par les associations genevoises qui travaillent avec des organisations et des peuples indigènes des différents continents. Un geste apprécié.

Dans un autre registre, et pour rester dans l'actualité, signalons la récente initiative prise par José Parra et David Matthey-Doret, de convier les représentants de plusieurs ONGs genevoises, actives dans le domaine "Peuples autochtones", à une rencontre informelle qui a eu lieu le 17 novembre dernier.

Les participants ont présenté l'action des organisations dans lesquelles ils sont engagés : l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA"; le "Centre de conseil et d'appui pour les jeunes en matière de droits de l'homme - CODAP/Genève"; le "Centre de Documentation, de Recherche et d'Information des Peuples Autochtones - DOCIP"; l'association "Jwawika"; le "Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI".

Il s'agissait d'évaluer l'utilité de mettre en réseau ces organisations pour, dans un premier temps, s'informer mutuellement de l'activité propre à chaque entité, puis informer l'opinion publique sur la problématique "Peuples indigènes". Les initiateurs de cette plateforme ont présenté l'ébauche d'un site Internet (1). Au terme de la rencontre, il a été convenu de retourner vers les instances des organisations représentées afin qu'elles prennent la décision formelle d'intégrer ou non un tel réseau. D'autres associations sont intéressées par cette initiative.

De son côté, depuis le Brésil, Pascal Angst, déjà gérant du site "Terra Brasilis", qui abrite la collection complète de "AYA Info", signe le mot de bienvenue à son réseau de connaissances sur un nouveau site Internet (2), encore en construction, dédié aux "Droits humains et Peuples indigènes". Un site prévu pour être multilingue. Pascal est membre de AYA - Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie/Genève. Il collabore au DOCIP. Il a été volontaire de "E-Changer" au Brésil pendant une dizaine d'années, dont une partie auprès de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA" de Manaus.

Bien qu'ils se connaissent, les initiateurs de ces deux nouveaux sites Internet ne se sont pas concertés avant de se lancer.

Pour en savoir plus sur :

(1) La nouvelle plateforme suisse : http://plateforme-autochtones.ifaway.net/

(2) L'Observatoire de droits humains et peuples indigènes : http://www.observatorioindigena.org/

- Le DOCIP : http://www.docip.org/

- Le CODAP  : http://codap.ifaway.net/

- L'association Jwawika : http://jwawika.wordpress.com/

- Le MCI : http://mci.fgc.ch/mci/

- La SECOYA (en portugais) : http://www.secoya.org.br/

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 66, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:26 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : amazonie, peuples indigènes, peuples autochtones, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |