pollution

  • "Ecolágua", un purificateur d'eau pour les communautés Yanomami

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Manaus, INPA, Secoya, Ecolágua, Roland Vetter, Eschericha coli, choléra, ultraviolets, Povo Deni, Walter Sass, COMIN, Morada Nova, Marauiá, pollution, bactériologique, Sylvie Petter, Silvio CavuscensIl y a une année, le 12 octobre 2014, à l'occasion de la "Semaine Nationale de la Science et de la Technologie", l'Institut National de Recherche de l'Amazonie – INPA de Manaus a présenté une technologie  maintenant commercialisée, appelée "Ecolágua". Elle permet de lutter contre la pollution bactériologique de l'eau et de la rendre potable. Elle n'a pas la capacité d'éliminer la présence de métaux lourds. Elle a été mise au point par Roland Vetter, un chercheur de cet Institut.

    Le cœur du système pèse moins de 15 kilos. Il fonctionne intégralement à l'énergie solaire. L'eau d'une rivière, d'un étang, d'un lac ou d'un puits est pompée dans un réservoir surélevé d'où, par gravitation, elle passe dans un cylindre métallique équipé d'une lampe à rayons ultraviolets. Cette dernière détruit les germes à 99,99 %. Ceux-ci sont à l'origine de maladies la dénutritions, causées par des bactéries comme, par exemple, celles du groupe "Escherichia coli". Ces affections ont un tableau clinique ressemblant à celui du choléra, sans en avoir la gravité. Les enfants y sont particulièrement sensibles.

    Le procédé peut purifier jusqu'à 400 litres d'eau par heure. La lampe a une durée de vie de 10'000 heures. La batterie proposée a une durée de vie de cinq ans. Cet équipement est plus efficace que la méthode "Sodis" qui nécessite l'utilisation de bouteilles en PET ou en verre, éventuellement des pochettes, exposées pendant environ 6 heures en plein soleil.

    Roland Vetter a commencé sa recherche pour répondre à une demande des Indiens Deni, un peuple de l'État d'Amazonas qui, en 2005, a vu mourir onze des siens, victimes de ce type de maladies. En 2008, le premier ensemble a été installé dans le village Morada Nova avec l'aide de Walter Sass, pasteur réformé qui, à l'époque, travaillait pour le Conseil de Mission parmi les Indiens – COMIN de l'Église luthérienne.

    Aux yeux de son inventeur, ce système est encore trop peu utilisé. Mais il a retenu l'attention des responsables de la SECOYA – Service et Coopération avec le Peuple Yanomami, le partenaire de AYA. Son utilisation est susceptible de réduire sensiblement la dénutrition qui compromet la croissance des enfants dans les communautés Yanomami. L'intention de SECOYA est de mettre en place, à titre d'essai, un tel système dans deux villages du Rio Marauiá. L'usage de ce matériel entre dans le cadre plus général de son programme "Santé".

    Le coût d'un modèle d'Ecolágua est d'environ 3'700 CHF, auquel il faut ajouter les frais de transport, d'installation, d'entretien et de formation des utilisateurs. Ceux de nos lecteurs qui voudraient participer financièrement à ce projet de promotion de la santé peuvent verser leur contribution au CCP de AYA No 17-55066-2, mention "Ecolágua". Merci d'avance.

    La vidéo ci-dessous (de 4 min en portugais) publiée en juin 2015, sur YouTube par TV A Crítca (Manaus) décrit le système : S'y expriment notamment : le pasteur Walter Sass, le chercheur Roland Vetter et Sylvie Petter, responsable du "Programme Santé" de la Secoya.

    ***

    Photo © INPA : Deux membres de Secoya, Sylvie Petter, responsable du programme "Santé", et Silvio Cavuscens, coordinateur général écoutent les explications de Roland Vetter (de dos), le chercheur de l'INPA. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 106, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • L'encyclique "Laudato Si'", l'Amazonie et les peuples indigènes

    Imprimer

    L'encyclique "Laudato Si'" (Loué sois – tu) du pape François sur "La sauvegarde de la maison commune" publiée ce 18 juin devrait trouver un écho particulier au Brésil pour deux raisons au moins. Premièrement, c'est un pays où la majorité de la population est catholique. Deuxièmement, il y est question de l'Amazonie, de la déforestation, de l'accès à l'eau potable et des peuples indigènes; des sujets d'actualité bien brésilienne.

    Les lignes qui suivent n'ont d'autre prétention que de rappeler quelques passages de la lettre de François susceptibles d'être illustrés par des situations souvent développées dans les notes de ce blog.

    L'Amazonie et les forêts tropicales.

    À propos de la perte de biodiversité: (§ 37)* "Certains endroits requièrent une protection particulière à cause de leur énorme importance pour l'écosystème mondial, ou parce qu'ils constituent d'énormes réserves d'eau et assurent ainsi d'autres formes de vie. (§ 38) "Mentionnons, par exemple, ces poumons de la planète pleins de diversité que sont l'Amazonie et le bassin du fleuve Congo ou bien les grandes surfaces aquifères et les glaciers. On n'ignore pas l'importance de ces lieux pour toute la planète et pour l'avenir de l'humanité. Les écosystèmes des forêts tropicales ont une biodiversité d'une énorme complexité, presque impossible à répertorier intégralement, mais quand ces forêts sont brûlées ou rasées pour développer des cultures, d'innombrables espèces disparaissent en peu d'années, quand elles ne se transforment pas en déserts arides. Cependant un équilibre délicat s'impose, quand on parle de ces endroits, on ne peut pas non plus ignorer les énormes intérêts économiques internationaux qui, sous prétexte de les sauvegarder, peuvent porter atteinte aux souverainetés nationales. De fait, il existe "des propositions d'internationalisation de l'Amazonie, qui servent uniquement les intérêts économiques des corporations transnationales". Elle est louable la tâche des organismes internationaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent de façon critique, en utilisant des mécanismes de pression légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre et intransférable devoir de préserver l'environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des intérêts illégitimes locaux ou internationaux."

    La pollution.

    Elle est bien sûr mentionnée à de nombreuses reprises, par exemple, quand le pape parle de la "Dette écologique" du Nord à l'égard du Sud : (§ 51) "Les exportations de diverses matières premières pour satisfaire les marchés du nord industrialisé ont causé des dommages locaux, comme la pollution par le mercure dans l'exploitation de l'or ou par le dioxyde de soufre dans l'exploitation du cuivre".

    Les peuples indigènes.

    Au quatrième chapitre de son document, François prône une écologie intégrale (§ 137), aux dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle (§ 143), il parle de l'attention à porter aux peuples indigènes : "(§ 145) Beaucoup de formes hautement concentrées d’exploitation et de dégradation de l’environnement peuvent non seulement épuiser les ressources de subsistance locales, mais épuiser aussi les capacités sociales qui ont permis un mode de vie ayant donné, pendant longtemps, une identité culturelle ainsi qu’un sens de l’existence et de la cohabitation. La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale. L’imposition d’un style de vie hégémonique lié à un mode de production peut être autant nuisible que l’altération des écosystèmes."

    "(§146) Dans ce sens, il est indispensable d’accorder une attention spéciale aux communautés aborigènes** et à leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorité parmi d’autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu’on développe les grands projets qui affectent leurs espaces. En effet, la terre n’est pas pour ces communautés un bien économique, mais un don de Dieu et des ancêtres qui y reposent, un espace sacré avec lequel elles ont besoin d’interagir pour soutenir leur identité et leurs valeurs. Quand elles restent sur leurs territoires, ce sont précisément elles qui les préservent le mieux. Cependant, en diverses parties du monde, elles font l’objet de pressions pour abandonner leurs terres afin de laisser libres pour des projets d’extraction ainsi que pour des projets agricoles et de la pêche, qui ne prêtent pas attention à la dégradation de la nature et de la culture."

    Au cinquième chapitre, le pape donne "(§163) Quelques lignes d'orientation et d'action". (§ 176) Il parle du dialogue en vue de nouvelles politiques nationales et locales.

    Parmi les réponses envisageables, François rappelle qu'au niveau local, il est possible de prendre des initiatives : "(§179)… l'instance locale peut faire la différence alors que l'ordre mondial existant se révèle incapable de prendre ses responsabilités. En effet, on peut à ce niveau susciter une plus grande responsabilité, un fort sentiment communautaire, une capacité spéciale de protection et une créativité plus généreuse, un amour profond pour sa terre ; là aussi, on pense à ce qu’on laisse aux enfants et aux petits-enfants. Ces valeurs ont un enracinement notable dans les populations aborigènes…"

    Et de poursuivre sur le rôle des organisations de la société civile

    (§ 179) "Étant donné que le droit se montre parfois insuffisant en raison de la corruption, il faut que la décision politique soit incitée par la pression de la population. La société, à travers des organismes non gouvernementaux et des associations intermédiaires, doit obliger les gouvernements à développer des normes, des procédures et des contrôles plus rigoureux. Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique – national, régional et municipal – un contrôle des dommages sur l’environnement n’est pas possible non plus."

    Plusieurs organisations brésiliennes ont très vite réagi positivement à la publication de l'encyclique, par exemple Greenpeace Brésil, le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre – MST et le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI.

    À voir, dans l'avenir, la réponse qui sera apportée au pape François !

    ***

    * Ces parenthèses renvoient aux paragraphes de l'encyclique.

    ** "aborigène" est à prendre dans sa première définition: "Qui est originaire du pays où il vit". "Aborigène" – avec une majuscule - est utilisé pour les autochtones d'Australie (Larousse). En Amérique latine, c'est le terme "Indigènes" qui est le plus couramment utilisé et, dans une moindre mesure, on parle "d'Indiens". Au niveau international, il est le plus souvent question "d'autochtones". Certains utilisent également le terme de "Peuples premiers".

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 104, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2