28/03/2017

Guyane : les Amérindiens s'adressent à F. Hollande

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Amérindiens, Guyane, François Hollande, Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, ONAG, Ségolène Royal, Cayenne, Convention de Carthagène, Alexandre Sommer-Schaechtelé, Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé, CCPAB, Convention 169, Organisation Internationale du Travail, OIT, Colombus, Northgold, Maroni, Oyapock, Grand Conseil CoutumierHonteux ! C'est ainsi que l'Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, l'ONAG, qualifie le comportement de Ségolène Royal, la Ministre (française) de l'environnement. Le 16 mars, à l'occasion de sa présence à Cayenne où elle présidait une réunion des représentants des pays signataires de la Convention de Carthagène, la Ministre a reçu les représentants des peuples Amérindiens et Bushinengé de ce département ultramarin. Lors de cette rencontre, le secrétaire de l'ONAG, Alexandre Sommer-Schaechtelé lui a remis une pétition munie de 85'000 signatures, qui demande la "Reconnaissance des Droits des peuples Amérindiens de Guyane". Mais le 17 mars, et selon l'ONAG, sans avoir évoqué le sujet avec ses représentants, la ministre a signé un protocole d'accord avec la Collectivité Territoriale de Guyane – CTG, par lequel "L'Etat cédera sur son domaine privé en Guyane de 200'000 hectares dont 100'000 hectares à la Collectivité territoriale, à la demande des élus de Guyane, afin de pouvoir y développer des projets". C'est l'absence de consultation sur l'usage de terres qu'ils estiment être les leurs que réprouvent les Amérindiens.

Ils se sont adressés une première fois au Président de la République le 18 mars : "Nous prenons acte de l’annonce faite en votre nom par Madame la Ministre de l’énergie, de la mer et de l’environnement de la décision de rétrocéder 200 000 ha de forêts primaires pour la biomasse en Guyane.

Vous avez volontairement omis d’indiquer [à votre ministre] que nous devrions être consultés en tant que peuples autochtones de ce territoire et ce, en violation de notre droit au consentement préalable en connaissance de cause.

Nos peuples préservent les forêts en qualité et quantité, mais nous sommes spoliés de nos droits territoriaux. Les forêts que nous avons en gestion ne sont pas décimées, mais l’administration de l’Etat ne nous reconnait aucune garantie imprescriptible liée à la terre.

Par contre, les spéculateurs, de toutes sortes qui détruisent les forêts et qui contaminent nos sources d’eau douce, ont droit à d’importantes terres pour déforester définitivement…"

Ces jours derniers, et encore aujourd'hui, les médias ont donné écho à la situation sociale et à l'insécurité qui règne en Guyane.

Dans ce contexte, le 25 mars, pour la deuxième fois en quelques jours, le Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé – CCPAB s'est adressé à François Hollande pour lui rappeler, ainsi qu'à son successeur, les revendications des Amérindiens.

Ce document aborde plusieurs sujets. Dans le domaine institutionnel : la ratification par la France de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et la reconnaissance de l'Institution coutumière et des chefs coutumiers de Guyane.

- En matière de droits territoriaux : la rétrocession de 400'000 hectares de forêts et la garantie d'une redistribution chiffrée et équitable aux Autochtones.

- Au sujet de l'industrie minière : un moratoire sur la méga-exploitation des sociétés Colombus et Northgold, ainsi que l'arrêt immédiat de tous les projets de ce type déjà engagés et l'éradication totale de l'orpaillage illégal.

- Plusieurs points concernent la culture amérindienne, par exemple : l'enseignement des langues autochtones ouvert de la maternelle à l'Université.

- Dans le domaine de la santé, à relever la demande de création de Centres délocalisés de prévention et de soins dans chaque village autochtone du Haut-Maroni et du Haut-Oyapock…

Pris dans une campagne électorale singulière, les responsables politique de la métropole seront-ils enclins à prêter une oreille attentive aux revendications des peuples premiers du lointain département d'outre-mer ?

Pour l'heure, les organisations amérindiennes ont appelé leurs membres à se joindre au mouvement de protestation que connaît la Guyane.

À suivre !

Illustration : extraite du compte Facebook de l'ONAG. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

Ci-dessous : la participation des Amérindiens à la manifestation de Cayenne de ce 28 mars

                                                                   
les amerindiens dans la marche

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

20/03/2017

L’Amazonie, de Genève à Montréal

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Amérindiens, Chamane, Genève, Montréal, Suisse, Canada, Musée, ethnographie, forêt,Filmar en America Latina, Sônia Bone Guajajara, APIB, Victoria Tauli-Corpuz, ONU, droits des peuples autochtones, MCI, Terre des Hommes, AYA, Pointe-à-Caillère, Canada"Amazonie. Le Chamane et la pensée de la forêt", l'exposition organisée par le Musée d'Ethnographie de Genève – MEG entre le 20 mai 2016 et le 8 janvier 2017 a connu un franc succès : près de 83'000 visites sur la durée totale de la manifestation. Le public a pu participer à de nombreux événements liés au thème de l'exposition, tels des rencontres avec des leaders indigènes, la projection de films, dont plusieurs en partenariat avec le Festival "Filmar en América Latina".

Le 22 septembre, l'exposition a reçu la visite de Sônia Bone Guajajara, la coordinatrice de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Sônia est l'une des femmes qui, depuis quelques années, animent le mouvement indigène brésilien. Elle était à Genève à l'occasion de la présentation, devant le Conseil des droits de l'homme, du rapport rédigé par Mme Victoria Tauli-Corpuz, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits des peuples indigènes. Un document consacré à la situation vécue par ces peuples au Brésil*.

Dans le cadre d'un "Grand Bazar", le 6 novembre 2016, lors d'un "Rallye des familles", une activité participative, les associations genevoises Aquaverde et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, ont eu l'opportunité de présenter leur activité en Amazonie. Une occasion de sensibiliser le public aux préoccupations actuelles des Amérindiens. C'était aussi le moment de rappeler que plusieurs collectivités publiques, dont la Ville de Genève, apportent leur appui à des organisations indigènes de l'Amazonie. Cela par l'intermédiaire de plusieurs ONG de coopération : Terre des Hommes Genève, Le MCI et l'Association d'appui aux Yanomami d'Amazonie – AYA.

L'exposition du Musée d'Ethnographie sera présentée au Musée de Pointe-à-Caillère de Montréal (Canada) du 17 avril au 22 octobre 2017.

* Voir sur ce blog, la note du 23 septembre 2016

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Photo © B. Comoli : Sônia Guajajara, leader indigène de l’APIB lors de sa visite de l’exposition, le 22 septembre 2016. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/03/2017

"Trading Paradise", un film de Daniel Schweizer

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Daniel Schweizer, Trading paradise, Dirty Paradise, Dirty Gold War, Swissaid, Grand-Saconnex, Scala, FIFDH, Genève, Festival du Film Vert, FFV, Salle Communale des Délices, SuisseOn sait que la Suisse est l'une des principales places mondiales du commerce des matières premières. Une activité qui s'exerce généralement en toute discrétion. Le cinéaste Daniel Schweizer veut aller à contre-courant de cette discrétion. Son dernier film sur le sujet, "Trading Paradise", sort sur les écrans romands ce mois de mars. Il s'agit d'un documentaire par lequel le producteur veut poursuivre son travail portant sur la responsabilité de la Suisse dont certaines entreprises, parmi les plus puissantes au monde, ont des comportements à risque à l'étranger. Il a voulu combler un vide sur la problématique du commerce et des entreprises extractives.

Ce film, avec "Dirty Paradise " de 2010* et "Dirty Gold War" de 2015**, clôt une forme de trilogie sur l'impact de l'exploitation minière sur les communautés proches des sites.

Questionné sur la capacité des films documentaires à changer le monde, Daniel Schweizer est d'avis que : "Des films qui défendent un parti pris fort, dévoilant des réalités peu connues et travaillant en immersion avec leurs protagonistes peuvent permettre de changer la perception de ce qui se joue dans le monde. En préparant sur de longues périodes des films documentaires, en filmant de l’intérieur et en empathie, en accompagnant ses personnages, recueillant leurs confidences, en étant proche d’eux, plutôt que d’adopter une posture de voyeur ou d’observateur indifférent, je suis persuadé que le cinéma documentaire a une force et une raison d’être. Le documentaire indépendant doit s’éloigner du reportage afin de poser un autre regard sur le monde et sa complexité."

À Genève, "Trading Paradise" sera présenté par l'ONG Swissaid dans le cadre du Festival du Film Vert - FFV, ce jeudi 9 mars, à la Salle Communale des Délices du Grand-Saconnex et le 16 mars en ville de Genève, au cinéma Scala, en collaboration avec le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains – FIFDH 2017.

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* Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010. **Voir la note du 5 mars 2015

Le dossier de presse du film peut être consulté à cette adresse :

https://www.swissaid.ch/sites/default/files/TP_Presskit_FR-3.pdf

Illustration : l'affiche du film. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

La bande de lancement du film :

 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/03/2017

Pollution de l'Amazonie péruvienne : accord entre les organisations indigènes et le gouvernement

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Saramurillo, Norteperuano, Loreto, Lima, rio Corrientes, rio Pastaza, rio Tigre, rio Marañon, Comisión Multisectorial,FeconatLe 15 décembre 2016, des accords – appelés "Accords de Saramurillo" - ont été signés entre les leaders de communautés indigènes et le gouvernement péruvien au sujet de la contamination causée par la dizaine de fuites de pétrole de l'oléoduc Norteperuano de l'entreprise d'État Petroperú en 2016. Un conduit qui relie les champs pétroliers de l'Amazonie à la côte Pacifique. Ces fuites ont causé de graves pollutions des sols et des cours d'eau dans la région de Loreto. De telles catastrophes environnementales ont déjà eu lieu dans le passé. Elles concernaient les rios Corrientes, Pastaza et Tigre*.

Les communautés indigènes se sont mobilisées pendant plus de trois mois, organisant diverses manifestations, notamment en empêchant la navigation sur le rio Marañon, un affluent important de l'Amazone. Leur protestation a été très médiatisée. Elles ont dressé une liste de revendications qu'une forte délégation est allée défendre pendant plusieurs jours à Lima, la capitale de l'État.

Les accords concernent la surveillance de l'oléoduc, les compensations à servir aux communautés, les réparations des dommages causés pour lesquelles un fonds de 15 millions de dollars a été créé.

Une "Commission Multisectorielle" va suivre la mise en œuvre des accords qui a commencé ce mois de janvier 2017. Ils concernent cinquante mille personnes.

                                                             ***

* Voir sur ce Blog, les notes des 10 mai 2013, 25 juin et 20 janvier 2012.

Photo © Feconat : Le 21 novembre 2016, sur le tarmac de l'aéroport de Lima, les Ministres de la culture et de la défense accompagnent la délégation indigène qui retourne en Amazonie après avoir discuté les conditions de la négociation de l'accord de Saramurillo.

Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS 1 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

PS 2 : Note rédigée avec le précieux concours d'Aurélien Stoll, Secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI / Genève.

Cette note a été publiée dans « AYA Info » No 114, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

22/02/2017

Plan-les-Ouates : La solidarité dans tous ses états

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Plan-les-Ouates, Forum, Solidarité, Espace Vélodrome, AYA, Yanomami, Secoya, FGC« La solidarité dans tous ses états! Soutenir là-bas - Accueillir ici » Les 24 et 25 février, la commune de Plan-les-Ouates organise pour la troisième fois une manifestation * pour rendre compte à ses habitants, et au public en général, de l’usage qui est fait des crédits qu’elle consacre à la solidarité. Au programme : une exposition, des débats, un film et diverses animations. Les associations bénéficiaires des subventions communales – près d'une trentaine - seront présentes.

À deux reprises, cette municipalité a marqué son soutien au peuple Yanomami** par l'intermédiaire de l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'AmazonieAYA" et son partenaire brésilien, l'ONG "Service et Coopération avec le peuple YanomamiSECOYA" de Manaus. AYA tiendra un stand lors de ce rendez-vous et, samedi après-midi, participera au rallye organisé à l'intention des familles. Les projets soutenus par Plan-les-Ouates concernent la promotion de la santé, en particulier celle des enfants Yanomami trop souvent atteints de dénutrition.

Aucune loi n'oblige les communes genevoises à consacrer une part de leur budget à la coopération internationale. Et pourtant toutes le font, comme le montre la récente publication éditée par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Plan-les-Ouates depuis 1979. Ce geste librement consenti, cette solidarité collective fait consensus. Cette manière de procéder, permet aux associations de coopération comme AYA, d'avoir accès à des financements sans devoir organiser de chronophages et coûteuses opérations de collectes de dons. Frais annexes qui ne vont pas aux réalisations sur le terrain. Les personnes qui, dans les ONG s'engagent, souvent bénévolement, à mettre en forme et à suivre les projets peuvent ainsi mieux se consacrer à cette tâche.

Au nom des jeunes - et moins jeunes - bénéficiaires amazoniens de ces soutiens, AYA tient à exprimer sa vive gratitude aux autorités et aux habitants de Plan-les-Ouates pour leur geste de solidarité.

                                                                     ***

* Cliquer sur le lien hypertexte pour accéder au programme complet. Il est possible de suivre la préparation du Forum sur Facebook. La manifestation aura lieu à "l'Espace Vélodrome", 60 Ch. de la Mère Voie, 1228 Plan-les-Ouates, dès 17h vendredi 24 février. Elle se terminera samedi 25 février à 16h.

** Voir sur ce blog, les notes du 18 novembre 2016 et du 28 août 2015.

Illustration : Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise sous un autre forme dans le prochain « AYA Info » No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2