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  • Bolsonaro à l’ONU : les indigènes protestent !

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    Le discours prononcé par Jair Bolsonaro, le 24 septembre à New-York devant l’Assemblée générale des Nations Unies a suscité de nombreuses réactions de la part d’organisations indigènes et indigénistes du Brésil. Le Président brésilien a consacré un tiers de son intervention à l’Amazonie et aux peuples indigènes brésiliens. À ce sujet, il s‘adresse particulièrement à Ysani Kalapalo, une indigène invitée dans la délégation officielle brésilienne.

    Quelques extraits : « Le Brésil est l’un des pays les plus riches en biodiversité et en minerais. Notre Amazonie est plus grande que toute l’Europe occidentale et reste pratiquement intouchée. Preuve que nous sommes un des pays qui protège le plus l’environnement. […] Dans cette période de l’année, le climat sec et les vents favorisent les feux spontanés et aussi les criminels. Il faut relever qu’il existe aussi des feux pratiqués par les indiens et les populations locales. […] Le Brésil ne va pas augmenter à 20% l’aire déjà démarquée comme terre indigène. […] La vision d’un leader indigène ne représente pas celle de tous les indiens brésiliens. De nombreuses fois, quelques-uns de ces leaders, comme le cacique Raoni, sont manipulés par des gouvernements étrangers dans leur guerre médiatique pour défendre leurs intérêts en Amazonie. […] Malheureusement quelques personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Brésil, appuyées par des ONGs, insistent à traiter et maintenir nos indiens comme de véritables hommes des cavernes. Le Brésil a maintenant un président qui se préoccupe de ceux qui étaient là avant l’arrivée des Portugais. […] L’indien ne veut pas être un latifundiste pauvre sur des terres riches. Spécialement des terres les plus riches du monde. C’est le cas des réserves Yanomami et Raposa Serra do Sol. Dans ces réserves existe une grande abondance d’or, de diamant, d’uranium, de niobium et terres rares entre autres. Et ces territoires sont énormes. La réserve Yanomami seule compte approximativement 95'000 km2, l’équivalent de la taille du Portugal ou de la Hongrie, cependant à peine 15'000 indiens vivent dans cette aire. Ceci démontre que ceux qui nous attaquent ne sont pas préoccupés de l’être humain qu’est l’indien, mais par les richesses en minerais et la biodiversité existantes dans ces aires. »

    Et pour montrer qu’il n’existe pas une autorité unique parmi les indiens, le Président lit une lettre rédigée par un « Groupe d’agriculteurs indigènes du Brésil ». Ce groupe soutient sans restriction la position d’Ysani Kalapalo qui, selon eux, peut expliquer la réalité vécue par les peuples indigènes du Brésil et répondre aux mensonges propagés par la presse nationale et internationale. « Une nouvelle politique indigéniste est nécessaire au Brésil. Le temps presse ! […] L’écologisme radical et l’indigénisme dépassé ne s’accordent pas avec ce que veulent les peuples indigènes. » […] Ysani Kalapalo est apte à représenter les ethnies signataires de cette lettre. Le monopole de monsieur Raoni est terminé. » Le président aborde ensuite d’autres sujets…

    Au Brésil même les organisations ont très vite réagi. D’abord, avant même la réunion de New York, une quinzaine de leaders des peuples indigènes du Xingu ont contesté la représentativité d’Ysani Kalapalo : « Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais que le gouvernement brésilien désigne lui-même de notre représentation sans nous consulter à travers nos organisations et dirigeants soutenus par nous. »

    Le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes (FAMDDI)* de Manaus a publié une lettre ouverte au Président signée par les représentants d’une dizaine d’associations : « C’est avec angoisse et honte que les leaders autochtones et non autochtones reçoivent le discours du président brésilien au sujet des indigènes brésiliens, et plus spécifiquement ceux de l’Amazonie, objets d’attaques sans précédent depuis la colonisation. » Les signataires reprochent au Président d’accuser les indigènes d’être les auteurs des incendies qui dévastent l’Amazonie et de les tromper en leur faisant croire qu’ils bénéficieront du pseudo développement promu par le gouvernement.

    Au terme de sa note de protestation, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, qui représente 180 peuples, 300 organisations et plus de 430’000 indigènes, demande l’application de pénalités et de sanctions à l’égard du gouvernement brésilien pour ses menaces à l’égard de la vie de l’humanité et de celle des peuples originaires du Brésil et de l’Amazonie.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB faîtière des peuples et organisations indigènes du pays a, elle aussi, publié une note de protestation. L’Articulation juge répugnant et ridicule le discours prononcé à l’ONU qu’elle estime être adressé par le Président à sa base électorale, forces économiques, politiques et militaires qui le soutiennent en raison d’intérêts pas toujours cachés. Elle estime qu’il a fait preuve de graves lacunes dans sa compréhension de l’histoire, de la réalité socioculturelle et de l’évolution de la législation nationale et internationale de son pays. Elle dénonce les accusations contre le cacique Raoni et les autres leaders qui défendent Mère Nature aux niveaux national et international. Elle qualifie de ridicule l’usage qui a été fait de la lettre des « Agriculteurs indigènes du Brésil » et la présence d’Ysani Kalapalo dans la délégation officielle. « Et nous blâmons M. Bolsonaro pour les conflits qui, alimentés par ses discours publiquement anti-indigènes sont susceptibles d’attenter à nos vies ». L’APIB demande à ses organisations de base et mouvements sociaux alliés « de ne pas se laisser intimider et de ne jamais reculer dans la défense des droits fondamentaux indigènes, principalement le droit à la vie, aux terres et territoires occupés traditionnellement. »

    Le Cacique Raoni était récemment à la Chambre des Députés où il a eu l’occasion de répondre aux attaques du Président : « Bolsonaro a dit que je ne suis pas un leader. C’est lui qui n’est pas un leader et il doit partir avant que quelque chose de très mauvais arrive. […] Mon esprit est tranquille mes pensées sont pour la paix. Ma parole est pour le Bien Vivre. Je ne veux offenser personne. » Raoni a été proposé « Prix Nobel de la Paix 2020 » par la Fondation Darcy Ribeiro de Rio de Janeiro.

                                                                                   ***

    *Document signé par le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » le partenaire de AYA.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Raoni en campagne en Europe

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Raoni, Kayapó, Kapôt Nhinore, Mon dernier voyage, Arthaud, Dutilleux, Élysée, Macron, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Eynard, Sami Kanaan, Guillaume Barazzone, Editions du Rocher, RTS, Darius Rochebin, Rome, Vatican, François, Bruxelles, Association Forêt Vierge, Conseil des droits de l’homme, Genève, Joênia Wapichana, Câmara dos Deputados, Chambre des députés« Après ma mort, j’aimerais que les Indiens vivent tranquilles dans la forêt, qu’ils puissent chasser, pêcher et aussi danser au village. C’est cela la vie des Kayapó. » C’est par ce vœu, que le vieux leader indigène brésilien conclue son testament. Un souhait qu’il exprime dans l’ouvrage – Mon dernier voyage - qui vient d’être édité chez Arthaud.* En tournée en Europe depuis le 13 mai, il est à la recherche d’appuis politiques et financiers. Il est accueilli sur les plateaux de télévision et par les hommes politiques. Le 16 mai à Paris, il a été reçu au Palais de l’Élysée par le Président Macron. Dans le passé il avait rencontré les présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Le 17 mai, à Bruxelles, il a participé à une « Marche pour le Climat ». Il était à Genève le 22 mai où il a rencontré les autorités de la Ville de Genève. Dans une librairie de la place, il a dédicacé le livre qu’il a signé avec J.P. Dutilleux. Le soir il était au « 19h30 » de la Télévision Suisse Romande. Il est prévu qu’il se rende à Rome pour rencontrer le pape François.

    Comme cela a déjà été le cas au début des années 2000, Raoni est à la recherche de fonds pour sécuriser la réserve du Xingu et protéger les peuples indigènes qui sont les gardiens de l’Amazonie. Voir la Terre Indigène Kapôt Nhinore être démarquée lui tient particulièrement à cœur, c’est là qu’il a vécu. Il veut aussi attirer l’attention de l’opinion publique et des leaders européens sur la déforestation qui a repris de l’ampleur ces derniers mois et sur la nouvelle politique des autorités brésiliennes hostile aux indigènes.

    Le dernier passage de Raoni à Genève date de décembre 2012. Il était venu plaider la cause des indigènes du Brésil au Conseil des droits de l’homme. Il s’était déclaré fatigué. Depuis, la situation des peuples indigènes ne s’est pas améliorée, mais il est heureux de constater que la relève est assurée. Pour ne prendre qu’un exemple, celui de Joênia Wapichana qui est la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue à la Chambre des Députés. Elle aussi, souhaite que les Indiens vivent tranquilles dans la forêt.

                                                                            ***

    *Mon dernier voyage / Raoni - Jean-Pierre Dutilleux / Ed. Arthaud / Mai 2019 / ISBN : 978-2-0813-9243-4  / Cet ouvrage n’est pas sans rappeler – certains chapitres ont le même titre – celui préfacé par Jacques Chirac « Mémoire d’un chef indien » / Raoni - Jean-Pierre Dutilleux / Editions du Rocher /Avril 2010 / ISBN : 978-2-268-06885-5

    Image : Première de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 127, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • Politique indigéniste : la « Mesure Provisoire » de Bolsonaro est inconstitutionnelle

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    Le 7 mars, le Ministère Public Fédéral - MPF brésilien a publié une Note technique déclarant inconstitutionnelle la Mesure Provisoire 870/2019 et deux décrets pris*, le 1er janvier dernier par le nouveau Président de la République, Jair Bolsonaro. Par ces textes, celui-ci transfère la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, du Ministère de la Justice au Ministère de la Femme, de la Famille et des Droits Humains - MMFDH. De plus, il enlève à la FUNAI la tâche d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes, opérations qu’il a placées sous la responsabilité du Ministère de de l’Agriculture de l’Élevage et de l’Approvisionnement-MAPA.

    Le MPF affirme que ces mesures ne respectent pas le droit des Peuples indigènes à une consultation préalable, libre et informée sur les sujets les concernant. Démarche prévue dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiée par le Brésil. Il considère également que ces mesures violent le statut constitutionnel indigène ; quelles sont sources de conflits entre les intérêts des indigènes et la politique agricole, et celle conduite par le MMFDH. Le MPF relève également la convergence entre les intérêts indigènes et la préservation de l’environnement. En conclusion, il affirme que « la FUNAI et le processus de démarcation des Terres Indigènes doivent rester sous la supervision du Ministère de la Justice… La MP 870/19 est inconstitutionnelle et doit être rejetée ». Un avis qu’il adresse aux parlementaires** qui seront appelés à se prononcer sur les textes présidentiels. Le MPF répond ainsi à l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB qui, dès le 3 janvier, lui avait demandé de se prononcer sur la validité de ces transferts.

    Toujours sur le plan juridique, le 31 janvier, le Parti Socialiste Brésilien a adressé au président du Tribunal Suprême Fédéral -STF une « Action Directe d’Inconstitutionnalité - ADI » visant la MP 870 à laquelle s’associent d’autres entités.

    À la Chambre des Députés, le 27 février, en présence d’un nombreux public, le « Front parlementaire écologiste » a été relancé. Il devrait compter 200 parlementaires engagés notamment pour la défense de la forêt et de ses peuples. Deux leaders indigènes y ont pris la parole. D’abord, le cacique Raoni, parlant de Jair Bolsnaro, affirme « …n’avoir jamais entendu un Président de la République menacer autant les peuples indigènes… La FUNAI ne doit pas être démantelée, le Service de santé indigène – SESAI doit continuer… ». Ensuite, dans son intervention, Joênia Wapichana, la première députée indigène de l’histoire du Brésil a invité les parlementaires à rejoindre un « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes » dont elle propose la création.

    La politique indigéniste brésilienne est également débattue au niveau international. Dans un discours prononcé lors de la 40e session du Conseil des droits de l’homme qui s’est tenue à Genève du 25 février au 22 mars, la Ministre Damares Alves, à la tête du MMFDH a rappelé que «… le gouvernement brésilien est inébranlable dans le respect des normes les plus strictes en matière de droits de l’homme, de défense de la démocratie et du plein fonctionnement de l’état de droit… ». Dans les jours qui ont suivi, les inquiétudes des peuples indigènes du Brésil ont été portées devant ce même Conseil. D’abord, le 5 mars, c’est Avanilson Karajá qui s’est adressé à M. David Boyd, rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme et l’environnement : « La préservation de l’environnement est reconnue. Ce modèle de préservation n’est possible que grâce à une relation harmonieuse millénaire entre les peules autochtones et Mère Nature… Néanmoins la politique brésilienne actuelle met gravement en péril la forêt et ses protecteurs indigènes… ». Le 13 mars, c’est Glicéria Tupinamba qui a pris la parole devant le Conseil pour appeler la communauté internationale à redoubler d’attention par rapport aux droits des peuples autochtones mis en danger par le démantèlement des politiques indigénistes voulu par le gouvernement brésilien.

    Une autre forme de résistance est dans l’envoi d’une délégation indigène dans plusieurs villes européennes – dont Genève du 1er au 5 avril - pour attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation des autochtones brésiliens.

    Ces actions s’ajoutent aux manifestations de protestation déjà organisées au Brésil*** par les organisations indigènes.

                                                                                ***

    *Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019

    **Le nouveau parlement, issu des élections de l’automne 2019, est entré en fonction ce mois de février

    ***Voir sur e blog la note du 9 février 2019

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Deux Guarani Kaiowá présents au "Sommet des Consciences pour le climat"

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Guarani, Kaiowá, Sommet des consciences pour le climat, Paris, Mato Grosso do Sul, Valdelice Veron, Marcos Veron, Natanael Violharva Caceres, Nations Unies, Corruption, Raoni, COP 21, Commission Mondiale des barrages, Convention 169, OIT, Cour pénale internationale, Genève, Victoria Tauli-Corpuz, Nicolas Hulot, François HollandeInvités par les organisateurs du "Sommet des Consciences pour le climat" qui a eu lieu a Paris le 21 juillet*, deux représentants du peuple Guarani Kaiowá de l'État brésilien du Mato Grosso do Sul, Valdelice Veron et Natanael Violharva Caceres ont eu l'occasion de s'exprimer devant les participants de ce Sommet.

    Après s'être présentée (menacée, elle est la fille du cacique Marcos Veron assassiné en 2003), Valdelice a mentionné le mode de vie des Guarani qui respecte la terre, la faune et la flore. Elle a rappelé que leurs territoires sont en train d'être détruits par des hommes avides, dont le seul but est de s'enrichir en approvisionnant le marché international du soja, de la viande et de la canne à sucre. Elle a qualifié l'éthanol de fléau "fait du sang qui jaillit de nos veines". Elle a réclamé l'application de la Convention des Nations Unies contre la corruption qui, selon elle, est à la base de l'exploitation illégale de bois. Elle a rappelé le lancement, en avril dernier à Brasilia par Raoni et plusieurs leaders indigènes, de "L'Alliance des gardiens de la mère nature" en vue de la COP 21. Elle a également abordé le problème des barrages hydroélectriques et demandé des lois réellement contraignantes avant la construction de ces ouvrages en conformité avec les recommandations du rapport final de la Commission Mondiale des barrages (adopté en 2000) et la Convention 169 de l'OIT. Elle demande aux instances internationales la reconnaissance de la notion de "crime contre les générations futures", notion qui devrait définir l'écocide, c'est à dire les crimes de destruction partielle ou totale des écosystèmes d'un territoire spécifique. Une telle mesure peut débuter par le changement du "Statut de Rome" (qui définit le fonctionnement de la Cour pénale internationale); une modification que n'importe quel chef d'Etat peut proposer. Valdelice termine son intervention par le rappel des dangers auxquels sont soumis les droits des peuples indigènes du Brésil.

    Plusieurs medias français ont interviewé Valdelice, qui, accompagnée de Natanael est venue à Genève le 23 juillet. Ils ont exposé la situation des Guarani à plusieurs personnes des organes Nations Unies responsables des questions touchant les droits des minorités, des droits des peuples autochtones. Á la suite de cette visite, Madame Victoria Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a fait part de sa préoccupation sur la situation des Guarani et demandé au gouvernement brésilien qu'il garantisse la protection et les droits des Guarani Kaiowá**.

     ***

    * Le Sommet, lancé par Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande, président de la république française, a réuni plus d'une quarantaine de personnalités morales et religieuses du monde entier pour répondre à la question : "Le climat, pourquoi je m'en préoccupe ?" Et de lancer un appel des Consciences pour le climat.

    ** Le site Raoni.com donne le détail du programme des deux Guarani venus en France et au siège européen des Nations Unies.

    ***

    Photo (CE) : Valdelice lors de son intervention au Sommet des consciences pour le climat. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brasilia : Une forte mobilisation indigène

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, APIB, Acampamento Terra Livre, APIB, mobilização nacional indígena, Portaria 303, Dilma Rousseff, Michel Rossetto, Eduardo Cunha, Câmara dos deputados, Senado, Dias Toffoli, STF, FUNAI, TI Limão Verde, Mato Grosso do Sul, Sônia Guajara, Raoni, PEC 215, Sarney Filho, Nilto Tatto, Vicentinho Júnior, Ivan Valente, João Capiberibe, Michel Tremer, Bahia, Paraíba, Rondônia, Maranhão, Rio Grande do Sul, Minas Gerais, Kaixana, Mura, Arara, Juruna, Belo Monte, Mapari, Setemã, Arara da Volta Grande do Xingu, Diario Oficial da UniãoVenus de tout le pays, ils étaient entre 1'200 et 1'500 indigènes présents à Brasilia du 13 au 16 avril pour la onzième édition du "Campement Terre Libre". L'appel lancé le 5 mars par l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a été entendu*.

    Une réunion plénière a permis de rappeler les principales revendications du mouvement indigène, en particulier celles qui touchent les droits territoriaux : l'annulation par le Tribunal Suprême Fédéral de l'homologation d'une Terre Indigène (TI) et la révision des arrêtés de deux autres TI; l'Arrêté 303 pris par l'Avocat Général de l'Union qui veut réglementer le processus de démarcation des TI; et la volonté d'une grande partie des membres du Congrès de réduire ces droits pour faciliter l'exploitation économique des TI. C'est bien au niveau des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire que les Indiens ont voulu se faire entendre. L'ensemble de ces revendications a été adressé dès le 26 mars dans une lettre à la présidente de la république, Dilma Rousseff.

    À la Présidence de la république, le 15 avril, une délégation a eu une entrevue avec Michel Rossetto, le Secrétaire général de la présidence de la république. Le même jour, c'est à Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés qu'une délégation a sollicité le classement de la Proposition d'amendement constitutionnel No 215 qui, si elle était adoptée, donnerait au congrès le pouvoir ultime de la démarcation des TI.

    Le 16 avril, une délégation a rencontré le ministre Dias Toffoli, du Tribunal Suprême Fédéral. Ce juge devra se prononcer sur le recours présenté par la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI à propos de l'annulation de l'homologation la TI Limão Verde située dans le Mato Grosso do Sul.

    Une session solennelle a eu lieu à la Chambre des députés au cours de laquelle plusieurs indigènes ont pris la parole : Sônia Guajara de l'APIB, le cacique Raoni. Ont également pris la parole plusieurs députés hostiles à l'adoption de la PEC 215 : Sarney Filho, Nilto Tatto, Vicentinho Júnior, Ivan Valente… Ce dernier a rappelé que la PEC 215 est anticonstitutionnelle.

    Le même jour, le Sénat était réuni pour un hommage aux peuples indigènes. Plusieurs sénateurs ont dit leur intention de défendre les droits des indigènes. Par exemple, le sénateur João Capiberibe, a rappelé la demande des peuples indigènes adressée à la présidente de la république de démarquer toutes les terres indigènes du Brésil.

    La Commission des Droits humains et des Minorités - CDHM de la Chambre des députés a également reçu une délégation indigène. Le président de la Commission s'est dit disposé à donner un maximum de visibilité à la cause des indigènes.

    Toujours le 16 avril, le Vice-Président de la république, Michel Tremer a accordé une audience à plusieurs leaders indigènes. Sônia Guajajara lui a rappelé les 12 processus de démarcation des TI bloqués au Ministère de la justice. Les leaders ont protesté contre l'avis exprimé par la Présidente de la république qui, dans une entrevue concédée le 14 avril aux représentants de la presse alternative, a affirmé que le mouvement indigène n'était pas unifié… À la question d'une journaliste de savoir si elle allait recevoir les indigènes, elle a répondu qu'elle en avait reçu plusieurs et qu'elle ne les recevrait pas tous…

    Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs États du Brésil : Bahia, Paraíba, Rondônia, Maranhão, Rio Grande do Sul et Minas Gerais. 

    Le 21 avril, l'APIB a qualifié de timide et insatisfaisante la réponse du Gouvernement aux demandes formulées lors de la rencontre avec le Vice-président de la république, à savoir l'homologation de la démarcation de trois TI dans la région nord du pays : la TI Mapari (1'572,46 km2), habitée par le peuple Kaixana et la TI Setemã (497,72 km2) occupée par le peuple Mura, les deux dans l'État d'Amazonas; la TI Arara da Volta Grande do Xingu (255,24 km2) habitée par les peuples Arara et Juruna, dans l'État du Pará, proche de l'usine hydroélectrique de Belo Monte. La démarcation de cette TI est une des exigences voulues par le Ministère public fédéral pour permettre l'autorisation de fonctionnement de l'usine. Les décrets d'homologation, datés du 17 avril, ont été publiés au Journal Officiel de l'Union - DOU le 20 avril.

    Le gouvernement a également autorisé la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI à mettre au concours 220 postes d'agents, ce qui renforcera son activité.

    Au nom de l'APIB, Sônia Guajajara a remercié les participants et partenaires qui ont participé et soutenu la manifestation de Brasilia.

    Une délégation indigène du Brésil est présente à la 14e session de l'Instance permanente sur les questions autochtones – IP (ONU), qui se tient actuellement à New York depuis le 20 avril jusqu'au 1er mai 2015. La délégation a dénoncé la politique indigène du gouvernement brésilien et a demandé le soutien de l'Instance.

    * Voir sur ce blog la note du 12 avril 2015

    Photo © Fábio Nascimento – ISA : Les leaders indigènes en discussion avec Eduardo Cunha (assis en bas à gauche), président de la Chambre des députés. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    ***

    PS 1 : Pour les précédentes mobilisations, voir sur ce blog, les notes des 3 mai, 28 septembre, 10 et 20 novembre 2013, 19 et 30 mai 2014.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • 2012 n'a pas été une année de progrès pour les peuples indigènes du Brésil

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    Pour les peuples indigènes du Brésil, 2012 n'aura pas été une année de progrès. S'il est vrai qu'il est difficile de retenir tout ce qui a fait l'actualité indigène au cours de ces douze mois, il reste que c'est bien la conclusion à laquelle conduit l'examen de quelques domaines-clés de la politique indigéniste du pays.

    Pour les droits territoriaux, seulement sept Terres Indigènes – TI ont été démarquées le 5 juin, pour la journée mondiale de l'environnement. Et, en octobre, il y a eu la publication du rapport d'identification d'une TI dans l'État d'Amazonas. Au début décembre, les Xavante ont retrouvé leur terre ancestrale de Marãiwatsédé. Le lobby anti-indigène a été particulièrement actif au parlement. Au Sénat et à la Chambre des Députés, des élus ont mis à l'ordre du jour des Projets d'amendements constitutionnels visant à enlever au Gouvernement la responsabilité finale de la démarcation des TI. En juillet, l'Avocat général de l'Union a signé un arrêté relatif à la démarcation des TI qui a soulevé de nombreuses protestations de la part des organisations indigènes et indigénistes. L'application de ce texte a été suspendue. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI a relevé que seulement 37,66 % du budget alloué pour la "Délimitation, la Démarcation et la Régularisation des TI" a été utilisé, alors qu'il reste de nombreuses terres à protéger.

    Du point de vue institutionnel, en avril, la Présidente de la république, Dilma Rousseff a nommé Marta Maria do Amaral Azevedo à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste jusque - là toujours assumé par des hommes. À l'initiative de la nouvelle présidente, après une année d'inactivité, la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a repris ses travaux en juin. Elle a tenu deux autres réunions en août et décembre 2012. Des rencontres sont déjà programmées en 2013.

    L'accès aux services de santé reste problématique pour de nombreux peuples indigènes, notamment dans les zones difficiles d'accès comme la Vallée du Javari et la TI Yanomami. En décembre 2012, les carences du service de santé indigène ont amené le Ministère Public Fédéral à lancer un programme pour obliger divers services de santé à prendre des mesures concrètes en faveur des peuples indigènes dans une quinzaine d'États. Le CIMI a relevé qu'en 2012, seulement 8,17% (2,176 millions de R$ sur 26,650 millions de R$) du budget fédéral destiné à la "Structuration d'unités de santé pour le service à la population indigène" ont été utilisés.

    Des leaders indigènes brésiliens sont venus à Genève en 2012. Tout d'abord, au début mars, Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Association Yanomami – HAY, était présent au Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il a eu des contacts avec les organisations internationales. À mi-novembre, Manoel Uilton dos Santos de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rendu visite au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme pour demander l'appui de cette organisation pour le respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples indigènes conformément aux textes internationaux ratifiés par ce pays. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, c'est Raoni, le leader Kayapó qui a aussi été reçu au Palais Wilson, le siège du Haut - Commissariat. Les effets de cette pression internationale semblent limités. Le Brésil peine à reconnaître les droits des indigènes.

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les organisations indigènes du Brésil demandent l'aide de l'ONU

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    Brasil,Brésil,APIB,Articulação dos Povos Indígenas do Brasil,Articulação dos Povos Indígenas da Região Sul,ARPINSUL,Articulação dos Povos Indigenas do Pantanal e Região,ARPIPAN,Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira,COIAB,Articulação dos Povos Indígenas da Região Sudeste,ARPINSUDESTE,Aty Guassu,Grande Assembléia Guarani,Articulação dos Povos Indígenas do Nordeste, Minas Gerais e Espírito Santo,APOINME,ONU,Uilton Tuxá,Raoni,Guarani Kaiowá,Examen Périodique Universel,Conseil des droits de l'homme,Belo Monte,Rio São Francisco,Decreto No 1775/96,Haut-Commissariat aux droits de l'homme,Conseil des droits de l'homme,OIT,Convention 169,Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtonesMoins médiatisé que Raoni*, mais représentant la grande majorité des organisations indigènes brésiliennes, Manoel Uilton dos Santos, couramment appelé Uilton Tuxá, membre de la direction de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil** – APIB était à Genève, à mi-novembre, pour demander l'appui du Haut - Commissariat aux Droits de l'homme.

    Uilton a demandé l'intervention du système des Nations Unies auprès de l'État brésilien pour que celui-ci respecte les droits des peuples indigènes en vertu des textes internationaux qu'il a ratifiés, notamment la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le texte remis au Palais Wilson, le siège du Haut – Commissariat, est un état des lieux des questions qui opposent les peuples indigènes au gouvernement, au parlement et aux entités chargées de l'application de leurs droits.

    La première partie du document est consacrée aux droits sociaux. L'Articulation relève que les droits reconnus dans la Constitution de 1988 sont loin d'être acquis. Il manque une loi d'application de l'article - No 231 - qui définit l'essentiel de ces droits.

    La deuxième traite des Terres indigènes qui ne sont pas toutes démarquées. L'APIB mentionne le cas des Guarani Kaiowá relégués sur des aires extrêmement réduites, victimes de discrimination et d'un ethnocide.

    La troisième traite des mégaprojets de développement des infrastructures voulu par le gouvernement. Selon l'organisation, 434 d'entre eux doivent affecter les territoires indigènes, comme la construction du barrage de Belo Monte et la transposition du Rio São Francisco.

    Les violences faites aux peuples indigènes et les déficiences du Service de santé (le SESAI) et de la FUNAI sont traités dans la quatrième partie.

    La cinquième rappelle que le Statut des peuples indigènes et la loi sur la création d'un  Conseil National de Politique Indigéniste restent dans les tiroirs du parlement.

    La sixième évoque les projets d'amendements constitutionnels anti-indigènes et le projet de loi sur l'exploitation minière dans les terres indigènes.

    Dans la septième partie, l'Articulation dresse la liste des mesures administratives et juridiques qui portent atteinte aux droits indigènes comme l'arrêté 303/2012 de l'Avocat Général de l'Union qui veut modifier les processus de démarcation des terres indigènes. L'APIB rappelle l'existence du décret présidentiel No 1775/96 qui définit le processus de démarcation et garantit la manifestation des avis contraires à telle ou telle démarcation.

    Enfin, elle suggère aux Nations Unies de créer un système de traduction en ligne pour permettre à ceux qui ne parlent pas les langues officielles de l'Organisation de pouvoir adresser leurs dénonciations dans leur langue maternelle.

    Pour rappel, en septembre dernier, devant le Conseil des droits de l'homme, le Brésil a répondu aux interrogations et propositions du Conseil dans le cadre de l'Examen Périodique Universel***.

    Avec la récente visite - le 10 décembre dernier - de Raoni au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, les instances onusiennes ont à leur disposition un état des lieux assez fourni de la situation des peuples indigènes au Brésil. Comment vont-elles répondre à ces appels ?

    ***

    Photo FUNAI/ Manoel Uilton dos Santos

    * Voir sur ce blog, la note du 14/12/12

    ** L'APIB regroupe les six principales organisations régionales indigènes du Brésil : l'Articulação dos Povos Indígenas da Região Sul (ARPINSUL); l'Articulação dos Povos Indigenas do Pantanal e Região (ARPIPAN); la Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira (COIAB); l'Articulação dos Povos Indígenas da Região Sudeste (ARPINSUDESTE); Aty Guassu (Grande Assembléia Guarani) et l'Articulação dos Povos Indígenas do Nordeste, Minas Gerais e Espírito Santo (APOINME).

    *** Voir sur ce blog, la note du 20/09/12.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Raoni ou la lutte du pot de terre contre le béton des barrages

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    Raoni,Bemoro,Megaron,Dilma Rousseff,François Hollande,Kayapó,Xingu,FUNAI,Avança Brasil,Programa de Aceleração do Cresimento,PAC,OIT,Mitterrand,Chirac,Sarkozy,Hollande,Elysée, Déclaration des peuples indigènes,Rio+20,Parc National du Xingu,Parque Nacional do Xingu,Kapot Nhinore,Belo Monte,Amazonie,Amazônia,forêt,Journée des Droits de l'homme,Club suisse de la presse,Palais Wilson,Navi Pillay,James Anaya,Planète Amazone,Société pour les Peuples Menacés,Davi Yanomami,Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme Le leader Kayapó se dit fatigué, et il est en droit de l'être ! Il se bat depuis des années pour protéger la forêt amazonienne, sa terre et le rio Xingu qui la traverse. La partie principale de la Terre Indigène des Kayapó – le Parc National du Xingu est protégé -  mais pas encore la Terre Indigène Kapot Nhinore pour laquelle, même la justice brésilienne en demande la démarcation à la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI.

    Datant de 1975, le projet d'ouvrages hydroélectriques sur le Xingu est resté longtemps dans les tiroirs de l'administration brésilienne. À la fin des années 90, Fernando Henrique Cardoso l'avait inscrit dans son programme "Avança Brasil", mais sans autre suite. En 2007, Lula a repris le projet de construction du barrage de Belo Monte dans  son "Programme d'Accélération de la Croissance – PAC". Les travaux ont commencé sous l'ère de Dilma Rousseff malgré l'absence de consultation préalable des peuples indigènes concernés, comme le voudrait la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT, ratifiée par le Brésil.

    Depuis 1989, constatant qu'il n'était pas entendu des autorités brésiliennes, Raoni a multiplié les voyages en Europe pour demander l'appui de nombreuses personnalités, notamment les anciens présidents français, Mitterrand, Chirac et Sarkozy.  Le 29 novembre, il a été reçu par F. Hollande au palais de l'Elysée. Pour le président français : "Ce qui se passe dans la forêt amazonienne nous concerne directement. Si la déforestation continue, si la forêt amazonienne est progressivement amputée, ce n'est pas un problème seulement pour les peuples autochtones, c'est un enjeu pour le monde !" Selon le communiqué publié par l'Elysée, le président "a souligné l'importance d'une participation des peuples autochtones aux débats et négociations qui engagent leur avenir." Raoni a remis au président la "Déclaration des peuples indigènes", adoptée en juin 2012, lors du campement "Terre Libre" tenu en parallèle à la Conférence Rio+20. Déclaration destinée aux chefs d'États. Raoni a demandé à F. Hollande de transmettre ce texte à Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, en visite officielle à Paris les 11 et 12 décembre.

    Pour les observateurs, Dilma est évidemment bien informée de la position des organisations indigènes sur les infrastructures susceptibles d'avoir un impact sur leurs Terres et l'Amazonie en général. Pour mémoire rappelons que les indigènes représentent moins de 0,5% de la population brésilienne. Le taux de popularité de Dilma est à un niveau élevé : près de 76% d'avis favorables en août dernier.

    Ce 10 décembre, Journée des Droits de l'homme, Le leader Kayapó était de nouveau à Genève pour demander l'aide de l'ONU. Après avoir été invité au Club suisse de la presse pour une rencontre avec les journalistes, il est allé au Palais Wilson où il a été reçu par Navi Pillay, la Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme. Le Haut Commissariat, comme l'OIT, comme James Anaya, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation de droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, tous connaissent la situation précaire des peuples indigènes au Brésil. Raoni est venu le leur rappeler.

    Il s'est ensuite rendu à Strasbourg pour solliciter l'appui du Parlement européen.

    Pour ce voyage en Europe, Raoni est accompagné de deux autres membres de sa famille, son neveu, le cacique Megaron Txucarramae, et de son petit-neveu, Bemoro Metuktire. Une nouvelle génération de leaders, une relève peut-être moins médiatisée (ils ne portent pas de labret), mais tout aussi engagée dans la défense des droits des indigènes.

    Les associations – Planète Amazone et la Société pour les Peuples Menacés - qui ont organisé le séjour en Europe et en Suisse de la délégation Kayapó veulent également mettre la pression sur les entreprises européennes qui participent, ou qui sont susceptibles de participer, à "l'invasion industrielle" et à l'exploitation des matières premières de l'Amazonie. Une stratégie peu utilisée jusqu'à présent…

    Raoni, comme Davi Yanomami, a largement contribué à faire connaître les dangers qui pèsent sur la forêt amazonienne. Son message mérite d'être entendu. À l'avenir, si ces menaces se renforcent, il ne sera pas possible de dire : On ne savait pas !

    ***

    Photo © B.Comoli / De gauche à droite : Bemoro, Raoni et Megaron

    Une version réduite de cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 78, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Belo Monte : batailles juridiques et autres protestations en cours

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    Les medias ont donné un large écho à la décision de la justice fédérale du 27 septembre, ordonnant de suspendre les travaux de construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte* sur le rio Xingu. Cette suspension ne concerne pas les travaux d'installation du chantier, ni la construction de logement des travailleurs. La justice interdit au consortium Norte Energie SA, tout ouvrage susceptible d'altérer le lit du rio Xingu comme l'implantation de port, de barrages, explosions, creusement de canaux et quelque ouvrage que soit qui puisse entraîner une altération de la piscifaune. La plainte émane de l'Association des éleveurs et exportateurs de poissons ornementaux d'Altamira - ACEPOAT.

    Une deuxième décision de justice était attendue le 17 octobre. Il s'agissait de traiter un recours du Ministère public fédéral - MPF qui conteste le décret autorisant la construction de l'ouvrage. Le MPF reproche aux autorités de n'avoir pas procédé à la "Consultation préalable, libre et informée" des communautés indigènes avant de donner l'autorisation de commencer les travaux. La juge chargée du rapport s'est déclarée favorable à l'annulation du décret. Un deuxième juge a fait usage de son "Droit de regard" ce qui a entraîné un ajournement du procès au 26 octobre. Ce jour-là, ce juge, a défendu la validité du décret. Lors de l'audience, une troisième juge, nouvellement nommée au tribunal, a fait, elle aussi, usage de son "Droit de regard", la décision avait été renvoyée à ce 9 novembre. Cette juge a, elle aussi, défendu la validité du décret. Par deux voix contre une, le tribunal a ainsi tranché dans ce sens. Le Ministère Public Fédéral a déjà annoncé son intention de faire recours devant le Tribunal Suprême Fédéral.

    Au plan international, le 27 octobre à Washington, la Commission Interaméricaine des Droits Humains - CIDH, de l'Organisation des États Américains - OEA a tenu audience pour traiter la plainte de plusieurs organisations brésiliennes relatives aux mesures de précaution devant être prises avant le début des travaux. Invité à faire valoir ses arguments, le gouvernement brésilien ne s'est pas présenté à l'audience. La présidence de la république a précisé que cette absence ne signifie pas une rupture avec la Commission. La décision de la Commission est attendue par les plaignants.

    Toujours au niveau international, pour faire connaître son opposition à la construction du barrage, Raoni Metuktire, le leader Kayapó, un peuple du Xingu était reçu le 30 septembre à Genève, au siège du Haut Commissariat aux Droits de l'homme.

    Sur le terrain de nombreuses manifestations ont eu lieu ces dernières semaines. Une des plus récentes étant l'occupation du chantier et d'une route d'accès, une partie de la journée du 27 octobre, par plusieurs centaines d'indigènes, de pêcheurs, de riverains et d'agriculteurs. Très vite une décision de justice a ordonné le départ des occupants.

    Le 25 octobre, de nombreuses organisations  de la société civile ont adressé une note aux banques  intéressées par le financement de l'ouvrage les alertant sur les risques qu'elles encourent.

    Le 31 octobre, Megaron Txucarramãe, un indien Kayapó, coordinateur régional de la FUNAI à Colider (Mato Grosso) a été démis de sa fonction, un poste qu'il occupait depuis 1995. Megaron affirme que son éviction est due à son opposition à la construction d'usines hydroélectriques programmées par le gouvernement, dont celle de Belo Monte. Questionné par la "Folha de São Paulo", le directeur de la FUNAI n'a pas souhaité commenter la décision qui, selon la Fondation, n'est pas liée à Belo Monte.

    L'ouvrage de Belo Monte n'a pas fini de faire parler de lui...

    ***

    * L'ouvrage est prévu pour avoir une puissance de 11'233 mégawatts ce qui en fera le 3e plus grand du monde après Itaipu, à la frontière du Brésil et du Paraguay, et celui des Trois Gorges en Chine.

    Pour en savoir plus (en portugais) :

    - Les actions en justice :

    Le jugement du 27 septembre : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3417 et http://www.jfpa.jus.br/noticias/ver.php?id=1008

    Le jugement du 26 octobre : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3442

    Le jugement du 9 novembre : http://www.trf1.jus.br/sitetrf1/conteudo/detalharConteudo.do?conteudo=96211&canal=2

    - Devant la CIDH : http://global.org.br/programas/belo-monte-apos-boicotar-audiencia-brasil-e-cobrado-na-cidhoea/ et http://correiodobrasil.com.br/apos-ausencia-do-brasil-na-oea-ativistas-esperam-nova-sentenca-sobre-belo-monte/320334/

    - Interview sous-titrée anglais de Raoni - par Rebecca Sommer - lors de son passage à Genève : http://www.youtube.com/watch?v=zGOEUhMo-r0

    - La note envoyée aux banques :

    http://www.xinguvivo.org.br/2011/11/07/bancos-recebem-notificacao-sobre-riscos-de-envolvimento-com-belo-monte/

    - Pour suivre ce qui se passe sur le terrain : http://www.xinguvivo.org.br/

     

    Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 65, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

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