28/10/2017

Un quart de siècle de coopération avec les Yanomami

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Yanomami, Manaus, Bicho-Açu, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Amazonas, SECOYA, AYA, Rio Marauiá, Rio Demini, Kurikama, Terre des Hommes Suisse, TdH, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Silvio Cavuscens, Sylvie Petter, AIS, Agentes indígenas de Saúde, Marche de l'espoir, Le Jour se Lève, Genève, Suisse, AvullyPendant plusieurs jours, du 18 au 22 septembre, le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA (le partenaire de AYA), a célébré son 25e anniversaire à Manaus. Une manifestation à laquelle ont participé une dizaine de leaders Yanomami, dont deux femmes, venus de diverses communautés des Rios Demini et Marauiá (État brésilien d'Amazonas). Parmi eux, des dirigeants de l'association yanomami "Kurikama" fondée en 2013.

Au programme : la projection de documentaires suivies de discussions; des débats sur les menaces qui pèsent actuellement sur les peuples indigènes, les services de santé et d'éducation qui leur sont destinés. Des rencontres avec des représentants du Ministère Public Fédéral et des Municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et de Barcelos. Mais aussi, une réunion avec des représentants de mouvements sociaux en vue de la constitution de liens plus étroits, voire d'alliances. Le dernier jour a été consacré à une réunion entre représentants du mouvement indigène et la délégation Yanomami. Réunion consacrée à l'actuelle politique indigéniste du gouvernement.

L'histoire de Secoya n'est pas celle d'un long fleuve tranquille. Un quart de siècle bien rempli d'abord pour coopérer avec les communautés yanomami afin que celles-ci disposent d'un peu plus de pouvoir sur leur propre destin. Un appui essentiellement donné par la formation de plusieurs acteurs sur le terrain. Celle des agents indigènes de santé où la médecine traditionnelle est prise en compte. La qualification de professeurs Yanomami où l'éducation se veut différenciée par la valorisation de la culture particulière de ce peuple. En matière de développement durable aussi, en tenant compte du savoir-faire des Yanomami en matière de préservation de l'environnement. Sans négliger la formation à la citoyenneté, tant le contexte politique est susceptible d'influencer le vécu et le devenir des communautés indigènes. Cela sur un espace géographique étendu, difficile d'accès. Dans ses domaines d'activité, l'expertise de la Secoya est reconnue.

Pour réaliser cette coopération, les responsables de la Secoya, sont à la recherche incessante de financements pour la réalisation des cours, moyens jamais assurés sur le long terme. À plusieurs reprises, AYA et plusieurs communes genevoises* lui ont apporté leur soutien. Terre des Hommes Suisse/Genève appuie également SECOYA. En 2014, la 23e "Marche de l'espoir", avec ses milliers de participants, a été l'occasion de sensibiliser le public genevois à la réalité vécue par ce peuple et à récolter des fonds pour le soutien à des projets dans le domaine de l'éducation mis en œuvre par la Secoya. Depuis peu, une autre ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI appuie également la Secoya. La Compagnie parisienne "Le jour se Lève" prépare un documentaire pour faire connaître le travail de la Secoya dont le coordinateur est un Helvetico-brésilien, Silvio Cavuscens. Silvio a passé sa jeunesse à Avully, un village de la campagne genevoise. Le programme "Santé" de l'institution est sous la responsabilité de Sylvie Petter, une infirmière - Fribourgeoise - qui passe de nombreux mois dans les communautés Yanomami. Des Suisses qui s'impliquent…

Bravo pour le travail accompli au cours de ce quart de siècle ! Meilleurs vœux pour les années à venir!

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*Voir sur ce blog, les notes du 8 septembre et 28 juin 2017; 18 novembre et 10 juin 2016.

Photo © Le Jour se Lève : Silvio Cavusens, le Coordinateur de Secoya. Cliquer sur la vignette pour agrandir la photo.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 119, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

14/06/2013

Le roi de Norvège en visite chez les Yanomami

Le roi de Norvège, Harald V, répondant à une invitation de Davi Kopenawa, a passé quatre jours, du 22 au 25 avril, dans la communauté Watoriki, un village yanomami du bassin du rio Demini situé à 150 km de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. Initialement, Davi avait invité le souverain à participer, en octobre 2012, à la commémoration des 20 ans de la démarcation de la Terre Indigène Yanomami.

De son côté, le roi souhaitait connaître le quotidien d'une communauté indigène de la forêt. Il n'a pas hésité à dormir sur place, dans un hamac. Il était accompagné d'une délégation réduite. Les Yanomami lui ont fait part de leurs craintes devant l'ambition des "blancs" de pratiquer l'exploitation minière dans les Terres Indigènes. Ils ont réaffirmé que pour eux, la forêt n'a de sens que "sur pied". Le roi a fait part de ses impressions sur le vécu de ses hôtes : "J'ai l'impression qu'ils sont bien avec la vie qu'ils ont. Cela a été fascinant de les écouter imiter le cri des animaux qu'ils attirent pour les chasser et ainsi obtenir leur nourriture". L'interview peut être vue dans la vidéo ci-dessous.

Cette visite s'explique en raison de l'appui donné depuis plusieurs années par la Norvège au programme d'éducation des Yanomami.

Au début du mois de mai, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI a commencé le retrait des six fazendeiros qui s'étaient installés illégalement sur la terre des Yanomami dans la région du rio Ajarani dans la municipalité de  Caracaraí, une commune de l'État de Roraima, aux abords de la route BR-210, appelée "Perimetral Norte". La Fondation a remis ces propriétés à Dário Vitório Kopenawa, membre de l'Hutukara Associação Yanomami – HAY. Voilà de nombreuses années que les Yanomami se plaignent de l'invasion des fazendeiros et en demandent l'évacuation*.

Plus récemment, les 25 et 26 mai, une piste clandestine d'atterrissage utilisée par les garimpeiros (orpailleurs) a été détruite dans la région de Surucucus, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière du Venezuela, à l'intérieur de la Terre Indigène Yanomami, dans l'État de Roraima. Cette action est le résultat d'une collaboration de la FUNAI, du Front de Protection Ethno - environnemental Yanomami et Ye`kuana – FPEYY et de l'armée. Cette dernière conduit une opération de contrôle – Ágata 7 – de l'ensemble de la frontière brésilienne. Son objectif est de combattre les crimes transfrontaliers comme le narcotrafic, la contrebande, le trafic d'armes, l'immigration et l'orpaillage illégal. Les opérations réalisées par l'armée dans les Terres Indigènes sont accompagnées par la FUNAI.

* Voir AYA Info No 77 et, sur ce blog, la note du 11 janvier 2013.

PS : L'activation des liens hypertextes (en gris) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d'en "savoir plus".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 83), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

09/11/2012

Les Yanomami s'opposent à l'exploitation minière sur leur territoire

Davi Kopenawa,Yanomami, Marta Maria Azevedo,Paulo Maldos,Antonio Alves de Souza,FUNAI,HAY,Hutukara Associação Yanomami,Watoriki,rio Demini,Ye'kuana,SESAI,demarcação,Terra Indígena,mineraçãoDepuis 20 ans, la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) est démarquée par un décret présidentiel du 25 mai 1992*. L'événement a été marqué à l'occasion de la VIIe Assemblée générale de l'association Hutukara Associação Yanomami – HAY présidée par Davi Kopenawa. Cette réunion, à laquelle ont participé plusieurs centaines d'indigènes a eu lieu du 15 au 20 octobre, dans la communauté de Watoriki, un village situé dans le bassin du Rio Demini.

À l'ordre du jour, les sujets d'ordre institutionnels : Davi a été reconduit à la présidence de l'association pour une période de quatre ans (2013 – 2016). L'assemblée a traité des principales préoccupations des Yanomami et  Ye'kuana : rôle des organisations indigènes, le retrait des orpailleurs et les fermiers qui envahissent le territoire; l'avenir des écoles indigènes; les déficiences du service de santé et surtout leur opposition aux projets d'exploitation minière dont on connaît les répercussions sur la vie des communautés indigènes, notamment dans le domaine de la santé.

Étaient également présents des membres de communautés Yanomami du Venezuela et des représentants des ONG qui appuient l'HAY. Le gouvernement était représenté par Marta Maria Azevedo, présidente de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), Paulo Maldos du Secrétariat de la présidence de la république et Antonio Alves de Souza, responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI).

Les sujets traités lors de cette assemblée montrent bien qu'à elle seule la signature d'un décret, même présidentiel, ne suffit pas à protéger définitivement une Terre Indigène. Une protection effective, durable dans le temps, appelle la vigilance de ses habitants.

Une telle réunion permet également aux membres des communautés Yanomami dispersées sur la TI-Y de faire connaissance et d'avoir une vision d'ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés. La vidéo ci-dessous retrace quelques séquences de l'assemblée.

* Voir AYA Info No 72

 

Photo : Marcos Wesley/ISA. De gauche à droite : Antonio Alves de Souza, Marta Maria Azevedo, et Davi Kopenawa.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2