08/09/2017

À la rencontre des Yanomami

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Yanomami, Manaus, Bicho-Açu, Santa Isabel do Rio Negro, Amazonas, SECOYA, AYA, Rio Negro, Rio Marauiá, Terre des Hommes Suisse, TdH, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Silvio Cavuscens, AISCe mois de juillet, Luisa et Virginie, deux membres de AYA ont eu l'occasion de se rendre en Amazonie, à Bicho-Açu* (dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro, une municipalité de l'État d'Amazonas). Elles ont pu assister au début d'un cours d'une dizaine de jours, organisé par le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA (le partenaire d'AYA) destiné à une quarantaine d'enseignants, Agents Indigènes de Santé, leaders des communautés des villages Yanomami du Rio Marauiá. Le sujet du cours : leur "capacitation" (formation) comme ""Multiplicateurs interculturels" afin que les communautés yanomami puissent se situer dans leur environnement social et avoir, ainsi, un peu plus de pouvoir sur leur propre destin. Le cours était animé par Silvio Cavuscens, coordinateur de Secoya et Paulo, un indigéniste engagé de longue date en faveur de la cause indigène.

Luisa et Virginie ont été marquées par plusieurs choses.

Tout d'abord les distances. Santa Isabel do Rio Negro est à près de 850 km de Manaus, la capitale de l'État, soit près de trois jours de navigation sur le Rio Negro. Ensuite, il faut remonter le Rio Marauiá jusqu'à Bicho-Açu le lieu du cours, la rivière heureusement, est en période de hautes eaux à ce moment de l'année.

Bicho-Açu est un village de 35 familles, soit environ 200 personnes. Il n'est pas question de pouvoir s'approvisionner sur place. Il est nécessaire d'apporter la totalité du matériel et de la nourriture pour le bon déroulement du cours. Une contrainte non négligeable, relèvent les deux visiteuses.

La réunion d'accueil de l'équipe de la Secoya par Daniel, un des leaders de la communauté de Bicho-Açu a aussi constitué, pour elles, un temps fort de cette visite.

Elles ont aussi relevé la démarche pédagogique utilisée pour le cours. Par exemple, les participants ont été appelés à expliquer ce que signifie, pour eux le terme "capacitation". Ils ont eu à placer dans trois cercles les institutions ou services avec lesquels les communautés sont en relation. Virginie et Luisa ont été impressionnées par la facilité avec laquelle les participants s'expriment oralement. Ils prennent le temps de s'expliquer et de s'écouter longuement.

En d'autres termes, elles ont découvert la richesse d'une autre culture. Pour les participants au stage, le partenaire "AYA", de la lointaine Suisse, est moins anonyme. Il a maintenant au moins deux visages…

Ce cours organisé par la SECOYA est financé par Terre des Hommes Suisse et le Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI (Genève). Le poste de santé de Bicho-Açu a été construit avec l'appui de la commune d'Onex.

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* Voir la carte ci-dessous

Photo : © Le Jour se Lève – Un Yanomami tresse une corbeille. Cliquer sur la photo pour agrandir l'image.

                                                                

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 118, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

28/06/2017

Sylvie Petter : "La solidarité avec les Yanomami est essentielle"

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Yanomami, Rio Marauiá, malaria, paludisme, Sergio Ferrarri, DSEI, Amazonas, Sylvie Petter, E-Changer, Novo Movimento, ethnocentrisme, coopération, Le Jour se LèveDepuis plus de six ans, Sylvie Petter, infirmière (Suisse) de son état, responsable du programme d'éducation à la santé de SECOYA* à Manaus, passe de nombreux mois dans les communautés Yanomami du Rio Marauiá. Dans un entretien qu'elle a accordé à Sergio Ferrari**, elle parle de son travail et du contexte dans lequel elle agit. Elle rappelle la difficulté d'atteindre – par bateau et pirogue – la quinzaine de communautés Yanomami de cette région de l'État d'Amazonas. La situation économico-politique dans laquelle se trouve le Brésil est à l'origine d'une détérioration de l'état de santé des communautés indigènes, notamment une augmentation de la malaria. Les programmes de prévention développés dans les communautés doivent être complétés par le renforcement de la capacité de celles-ci à défendre leurs droits à la santé, à l'accès à l'eau potable entre autres.

Après avoir évoqué le contexte culturel, notamment la conception du temps dans la culture yanomami où seul le présent existe, Sylvie est questionnée sur le rôle, les priorités de la coopération et de la solidarité. Sa réponse mérite attention : "La solidarité est essentielle, surtout dans ce moment politiquement si difficile. Dans le monde de la coopération, la tendance actuelle est d’exiger des partenaires au Sud des objectifs très clairs et la mesure des résultats, les impacts quantifiables, etc. Dans le travail avec les communautés indigènes, nous ne pouvons pas toujours répondre à ces exigences de mesure de l’impact. Raison pour laquelle on doit développer un paradigme de coopération réellement solidaire et compréhensive. Comprendre que notre rôle consiste à accompagner le chemin des Yanomami, selon leur rythme. Y compris accepter que les communautés puissent parfois prendre des décisions qui peuvent nous étonner et avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Nous devons accepter leur droit à faire des erreurs, leur droit à se chercher. Nous sommes avec eux en les accompagnant et nous devons leur répondre lorsqu’ils sollicitent de notre part une opinion ou une orientation. Mais il n’est pas acceptable d’imposer nos vues qui sont culturellement différentes. Il ne faut pas non plus élaborer des projets résultant de nos analyses. Pour être solidaires, nous devons nous approprier et vivre à fond la véritable essence de l’interculturalité. Et respecter profondément les différences conceptuelles dans la notion de temps…"

La réflexion de Sylvie interpelle sur la nature même de la solidarité que le "Nord" pratique avec le "Sud". Notre pratique de la coopération n'est-elle pas fortement influencée par un ethnocentrisme probablement inconscient ?

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* SECOYA : "Service et Coopération avec le peuple Yanomami"

** Sergio Ferrari est journaliste. Il collabore notamment avec les associations E-Changer et Novo Movimento.

 

Image : Capture d'écran du documentaire sur les 25 ans d'activité de Secoya réalisé par la Compagnie parisienne "Le Jour se Lève" montrant Sylvie se rendant dans les communautés Yanomami du Rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour agrandir la photo.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 117, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

18/11/2016

Quatre communes genevoises solidaires des Yanomami

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, AYA, Ville de Genève, SECOYA, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Délégation Genève Ville Solidaire, Bernex, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates, Fédération Genevoise de CoopérationAu mois de juin, sur ce blog*, une note annonçait que la Ville de Genève apportait son appui à un projet de "Promotion de la santé par les agents multiplicateurs Yanomami". Une action mise en œuvre par le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – Secoya de Manaus, le partenaire amazonien de l'association genevoise "Appui aux Indiens Yanomami - AYA". Il s'agit essentiellement, mais pas seulement, de réduire de manière pérenne la dénutrition susceptible de toucher 350 enfants dans les villages Yanomami établis le long du Rio Marauiá dans la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro dans l'État d'Amazonas. Selon la règle que la Ville s'est donnée, sa contribution ne couvre pas la totalité du budget. AYA a recherché d'autres appuis auprès de plusieurs communes genevoises. Les communes de Bernex, de Lancy et d'Onex ont répondu favorablement.

C'est la deuxième fois que la Ville d'Onex apporte son soutien à un projet de cette association. En décembre 2007 elle avait financé la construction de deux postes de santé dans la Terre Indigène Yanomami.

De son côté, la commune de Plan-les-Ouates a décidé de financer partiellement un projet de "Renforcement des capacités des Yanomami et de la Secoya dans la lutte contre la dénutrition infantile". Cette commune a déjà soutenu en 2014 – 2015 une première phase du projet de la Secoya de promotion de la santé maintenant appuyé par la Ville de Genève et les trois autres communes dont il est question ci-dessus.

Aucune loi n'oblige les communes genevoises à consacrer une part de leur budget à la solidarité internationale. Et pourtant toutes le font comme le montre la récente publication éditée par le Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Et cela depuis plusieurs dizaines d'années : Bernex depuis avant 1970; Lancy depuis 1972; Onex au moins depuis 1984 et Plan-les-Ouates depuis 1979. Ce geste librement consenti, cette solidarité collective fait, pour l'heure, consensus. Cette manière de procéder, permet aux associations de coopération comme AYA, d'avoir accès à des financements sans devoir organiser de chronophages et coûteuses opérations de collectes de dons, montants qui ne vont pas au soutien de projets. Les personnes qui, dans les ONG s'engagent, souvent bénévolement, à mettre en forme et à suivre les projets peuvent ainsi mieux se consacrer à cette tâche.

Au nom des bénéficiaires sur le terrain, AYA tient à exprimer sa vive gratitude aux autorités et aux habitants de ces communes pour leur geste de solidarité.

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* Voir la note du 10 juin 2016

Photo : © Secoya / Deux enfants Yanomami du Rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 112, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

20/01/2016

Yanomami d'Amazonas : la Kurikama tient sa deuxième assemblée générale

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Kurikama, rio Marauiá, rio Preto, Terre des Hommes Suisse, UFAM, Secoya, Rios Profundos, DSY, Distrito Sanitário Especial Indígena Yanomami, PGTA, Plano de Gestão Territorial e Ambiental das Terras Indígenas, PEC 215, Sylvie Petter, Ecolágua, Ministério Público Federal, Santa Isabel do Rio NegroC'est dans le Xapono*(village) de Bicho Açu que s'est tenue, du 20 au 26 octobre, la IIe Assemblée générale de l'association Yanomami Kurikama. Elle a compté avec la participation de 150 leaders originaires de treize villages du rio Marauiá et un du rio Preto**. Une manifestation qui s'est déroulée dans un climat de fête, mais aussi chargée de préoccupations. L'objectif de cette assemblée était de traiter des menaces pesant sur l'intégrité du peuple Yanomami, d'évaluer le travail réalisé par l'association et d'élire une nouvelle coordination.

Pendant la réunion, deux représentantes des Services de l'éducation scolaire indigène ont participé à la remise du diplôme de "Professeur indigène" à 29 Yanomami qui ont terminé leur maîtrise, reconnue par l'État, en éducation bilingue (yanomami et portugais), interculturelle et différenciée. Ils ont suivi un cours organisé par la SECOYA qui s'est étendu sur douze ans. Un programme d'éducation réalisé avec l'appui de Terre des Hommes Suisse, de l'Université Fédérale d'Amazonas – UFAM et d'autres entités. La 12e et dernière session de 30 jours a eu lieu en septembre 2014 à Puraquequara (Rio Marauiá). Pour la Secoya, la conclusion de cette formation est une victoire. Cela en raison des difficultés rencontrées et du manque d'appui des institutions officielles d'éducation tout au long du processus. Ce travail est un pas fondamental pour la reconnaissance de l'école yanomami, construite avec ce peuple, à partir de ses propres besoins. Pour la première fois, l'État va engager les professeurs et garantir l'appui à 4 écoles en partenariat avec la Secoya et l'association Rios Profundos.

Lors de l'assemblée, la discussion relative à la santé a été importante. Elle a eu lieu en présence de représentants du District Sanitaire Spécial Yanomami – DSY. Les critiques ont été sévères à l'égard des graves lacunes du service santé de base. Plusieurs femmes ont exprimé leur mécontentement en raison des ravages de la malaria, de la dénutrition des enfants et du taux élevé de mortalité infantile. Elles reprochent au DSY de se limiter à une assistance d'urgence et de mauvaise qualité. Cette situation a motivé l'assemblée à adresser un document au Ministère Public Fédéral pour demander la création d'un Sous-District de santé qui puisse vraiment répondre à la réalité spécifique des Yanomami de l'État d'Amazonas.

Les participants ont encore traité des menaces qui pèsent sur les droits indigènes au niveau national : la PEC 215 et autres projets de loi en discussion devant le Congrès national. En particulier ceux qui visent à ouvrir les Terres Indigènes à la logique du marché et à la spoliation des ressources naturelles.

En réponse, l'assemblée a travaillé sur la définition d'un "Plan de gestion territorial et environnemental"- PGTA qui, dans la Terre Indigène Yanomami, est dans une phase initiale.

Les participants ont encore traité du prosélytisme religieux et de son impact sur la culture et la conception de l'Univers des Yanomami.

Avant de clore l'Assemblée, les délégués des villages ont élu les nouveaux responsables de l'association.

Le progrès du processus organisationnel de cette partie du peuple Yanomami, dont cette assemblée témoigne, marque aussi la volonté de ce peuple d'être le sujet de sa propre histoire. Cette avancée est aussi le résultat de l'appui apporté depuis de nombreuses années par la Secoya, le partenaire de AYA qui a reçu l'aide de plusieurs collectivités publiques genevoises pour les différents programmes de son partenaire brésilien.

Sylvie Petter, la responsable du programme "Santé" de Secoya, était présente à cette Assemblée, mais son séjour en aire Yanomami s'est prolongé jusqu'à mi-décembre. Un séjour au cours duquel elle a eu le plaisir de contribuer à la mise en place, dans deux "xapono" d'un système "Ecolágua". Il s'agit d'un purificateur d'eau***. Un dispositif essentiel dans la lutte contre la dénutrition des enfants.

***

* Prononcer "Chapono" / ** Ces villages sont situés dans la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro (État brésilien d'Amazonas) / *** Voir sur ce blog, la note du 19 octobre 2015 et celle du 10 décembre 2013.

Photo © Secoya : Cérémonie d'accueil au début de l'assemblée. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 107, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

28/08/2015

Plan-les-Ouates aide à réduire la dénutrition infantile chez les Yanomami

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Plan-les-Ouates, Yanomami, rio Marauiá, rio Negro, Santa Isabel do Rio Negro, Secoya, E-Changer, Sylvie Petter, Secoya, Os rios profundosEn juillet 2014, la commune genevoise de Plan-les-Ouates a accepté de soutenir un projet soumis par l'association "Appui aux Indiens Yanomami  d'Amazonie – AYA*. Globalement, le projet a pour objectif principal "La promotion de la santé par les agents multiplicateurs Yanomami". Il a pour cadre une douzaine de "xapono"** (villages) yanomami du rio Marauiá, un affluent du rio Negro, dans la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro (État brésilien d'Amazonas). Sur le terrain, il est réalisé avec le concours des membres de l'association "Service et coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA", le partenaire d'AYA. Il s'agit d'impliquer différents acteurs pour faire en sorte que tous les habitants connaissent et adoptent des mesures susceptibles d'améliorer l'état sanitaire de leur communauté.

Le financement obtenu auprès de la commune de Plan-les-Ouates a notamment permis de réaliser, dans le cadre de ce programme, un premier cours exclusivement destiné à des femmes sur le thème de la dénutrition infantile. Elles ont été 26 à y participer, originaires de six villages yanomami. Une première pour la Secoya. Le cours, réalisé en collaboration avec l'association "Os Rios Profundos" a eu lieu du 22 au 28 novembre 2014 dans le xapono de Pukima Beira. Le lieu primitivement proposé par la Secoya, le xapono de Poraquequara, situé à l'embouchure du rio Marauiá, n'a pas convenu aux communautés qui le trouvaient trop éloigné des autres villages en cas de problème dans les familles qui auraient nécessité le retour des femmes.

Le séminaire a commencé par diverses activités permettant aux participantes de se présenter, d'exprimer leurs attentes, mais aussi de définir des notions telles que les dénutritions aiguë et chronique avec leurs symptômes. Elles ont montré que le marasme – un état pathologique dû à un apport énergétique insuffisant – est bien une réalité présente dans les villages. Une partie du cours a porté sur les dangers des aliments industrialisés, les maladies telles que l'hypertension, le diabète, le cholestérol en augmentation dans la Terre Indigène Yanomami. Les intervenantes ont souligné l'importance d'une alimentation locale de qualité pour combattre la dénutrition et les problèmes de surpoids, signe de malnutrition.

Les problèmes de dénutrition des enfants peuvent avoir pour origine les carences nutritionnelles des femmes, transmises de génération en génération. Quelles mesures prendre pour couper ce cercle vicieux ? A aussi été abordée la question des maternités précoces fréquentes chez les Yanomami. Ont également été discutés les problèmes liés à l'allaitement maternel, mais aussi les dangers du lait en poudre et de l'usage récent des biberons quand les conditions d'hygiène ne peuvent pas être respectées. Les participantes ont réalisé un "Arbre de problèmes" afin d'approfondir les causes de la dénutrition infantile. Un autre "Arbre" relatif aux conséquences de la dénutrition, la plus grave étant la mortalité infantile. Un troisième "Arbre" étant celui des solutions qui touchent toute une palette d'actions possibles : l'amélioration du service de santé, la  lutte contre les causes de diarrhées, du paludisme, de pneumonies, mais aussi l'alimentation complémentaire, le manque d'aliments, l'allaitement maternel et les problèmes familiaux. Un cours où les participantes ont pu prendre consciente qu'elles peuvent vraiment être actives pour la promotion de la santé dans leurs communautés. Un cours porteur d'espoir.

AYA remercie la commune de Plan-les-Ouates pour l'appui apporté à son partenaire.

* Voir "AYA Info" No 95 du 28 août 2014

** Prononcer "Chapono"

Photo © Secoya : Une séquence du cours pour les femmes Yanomami. 3e à partir de la gauche, Sylvie Petter, infirmière, volontaire E-Changer (Fribourg) animatrice du cours. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

Ci-dessous : la carte de la Terre Indigène Yanomami et la localisation du Rio Marauiá

 

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 104, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

06/11/2014

Le Yanomami Carlito Iximauteri en visite à l'OMS

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, terras indígenas, OMS, Organisation Mondiale de la Santé, Organização Mundial da Saúde, World Health Organization, Marche de l'espoir, Yanomami, Terre des Hommes, Carlito Iximauteri, AIS, Pedro Albajar Viñas, AYA, Chagas, leishmaniose, onchocercose, Piaçaba, piassava, Onde não há médico, Bibliothèque bleue, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Rio Negro, Rio Marauiá,Lors de son séjour à Genève, invité pour la Marche de l'espoir organisée le 12 octobre par Terre des Hommes Suisse en faveur des enfants Yanomami, Carlito Iximauteri*, l'un des premiers Agents Indigènes de Santé – AIS dans le territoire Yanomami a été reçu, l'après-midi du 14 octobre, au siège de l'Organisation Mondiale de la Santé – OMS. Il était accompagné par Luisa Prado, membre de l'association genevoise "Appui aux Indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA, et par le docteur Pedro Albajar Viñas, spécialiste et coordinateur du programme de lutte contre la maladie de Chagas** à l'OMS, et accessoirement membre d'AYA. Carlito a rencontré le Directeur du département de contrôle des maladies tropicales négligées et les coordinateurs des programmes de lutte contre la leishmaniose et de l'onchocercose.

On trouve des victimes de la maladie de Chagas chez les personnes, dont des Yanomami, qui travaillent à l'exploitation des fibres de la Piaçaba (un palmier). Ces fibres sont utilisées pour la fabrication de brosses et balais notamment. La leishmaniose est aussi liée à l’extraction et commercialisation des produits de la forêt amazonienne ainsi qu'à des évolutions environnementales, telles que la déforestation, la construction de barrages, les systèmes d'irrigation et l'urbanisation. L'onchocercose, couramment appelée "cécité des rivières" est l'une des principales causes de déficiences visuelles.

Carlito a encore rencontré des responsables du réseau chargé de fournir de la documentation adaptée aux personnes et entités sanitaires exerçant sur le terrain. Ses interlocuteurs se sont engagés à lui faire parvenir une "Bibliothèque bleue". Il s'agit d'un ensemble d'ouvrages, en portugais, sur les maladies tropicales dont un exemplaire du très connu "Onde não há médico" (Où il n'y a pas de médecin). Ils ont également souhaité recevoir des informations sur l'état de santé de la population dans l'aire Yanomami. Le début d'une collaboration plus concrète est à entrevoir…

Lors de son séjour, Carlito a pris quelques moments de détente pour visiter la campagne genevoise : une exploitation d'arboriculture fruitière faisant de la vente directe, des cultures maraîchères en mode biologique, une exploitation viti-vinicole au moment de la vendange… Il a aussi fait quelques heures de navigation sur le lac.

Son retour dans son village a été quelque peu difficile. Le 21 octobre, le bateau qui l'emmenait de Manaus à Santa Isabel do Rio Negro a heurté violemment un banc de sable, cela en pleine nuit. Plus d'une vingtaine de personnes ont été blessées dont Carlito. Les victimes ont été conduites à l'hôpital de Barcelos, la localité la plus proche, pour y être soignées. Carlito, blessé à la tête et aux jambes, a pu poursuivre son voyage de retour. Il est maintenant dans sa communauté d'Ixima, sur le Rio Marauiá où il a retrouvé sa famille.

***

* Prononcer Ichimauteri

** Voir sur ce blog, les notes des 16 avril 2010 et du 26 avril 2013

- Photo WHO Press, de gauche à droite : Aldo Duarte Argolo (OMS), Carlito Iximauteri (Yanomami), Pedro Albajar Viñas (OMS & AYA), Stéphanie Jourdan (OMS), Luisa Pardo (AYA). Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Une version réduite de cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

06/10/2014

Carlito, un Indien Yanomami sera au départ de la "Marche de l'espoir"

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, terras indígenas, Marche de l'espoir, Terre des Hommes Suisse, Secoya, AYA, Carlito Ixima, Silvio Cavuscens, Yanomami, Rio Marauiá, periomi, xamatari, Roraima, AmazonasDimanche prochain 12 octobre, Carlito Iximauteri*, un Indien Yanomami, sera au départ de la 23e édition de la "Marche de l'espoir", organisée à Genève, sur les bords du lac Léman, par Terre des Hommes Suisse – TdH. L'objectif principal de la "Marche" de cette année est de soutenir le programme d'éducation du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" – SECOYA de Manaus (également partenaire de AYA)**. Comme il le fera cette semaine dans plusieurs établissements scolaires, au cours de la journée, Carlito sera appelé à témoigner du vécu et des problèmes des Yanomami de sa région.

Ce programme d'éducation de la SECOYA se veut différencié de celui en vigueur au Brésil. Il s'agit d'une dynamique qui, d'une part, intègre effectivement l'univers culturel et les connaissances traditionnelles des Yanomami et, d'autre part, soit utile à ces derniers pour leur relation avec la société nationale. L'éducation différenciée est également caractérisée par le fait que celle-ci est bilingue, le portugais étant enseigné dans un deuxième temps, après la langue yanomami. Elle l'est aussi parce que non obligatoire, avec un calendrier et un contenu différents de ceux de l'éducation nationale brésilienne. La formation des professeurs Yanomami fait l'objet d'un processus particulier. Par exemple, ils participent à l'élaboration du matériel didactique.

Dans le cadre de la préparation de cette manifestation, au cours du mois de septembre, des présentations sont programmées dans plus de 180 écoles du canton de Genève et de France voisine. Ce sont près de 27'000 élèves à être informés sur les réalités de vie des Yanomami et plus largement sur les différentes problématiques "nord – sud". TdH a rédigé une fiche pédagogique et deux annexes destinées aux élèves. Les participants à la marche sont invités à rechercher des marraines et des parrains qui s'engagent à verser à leur filleule ou filleul une certaine somme par kilomètre parcouru. En 2013, 4'300 enfants et jeunes ont marché en faveur des enfants du sud de l'Inde. Ils ont récolté plus de 350'000 francs.

Carlito Ixima* - il est connue sous ce nom - est Agent Indigène de Santé. Il a été désigné "Periomi" (leader traditionnel) par les habitants d'Ixima son village d'origine, une communauté du rio Marauiá dans l'État d'Amazonas, dans la Terre Indigène Yanomami. Agé de 41 ans, il est marié, père de deux garçons, le premier a 11 ans et le deuxième est âgé de quelques mois. Sa langue maternelle est le Xamatari*, un dialecte yanomami. Il s'exprime également en portugais. Il a pris une part active dans la création, en octobre 2013, de l'association Kurikama***. Il accompagne les activités de la Secoya depuis le début des années 90.

Silvio Cavuscens, le coordinateur général de la Secoya, sera également à Genève. Silvio, sociologue helvético-brésilien a passé sa jeunesse dans le village genevois d'Avully. Il vit en Amazonie où il s'est engagé aux côtés des peuples indigènes depuis plus de 30 ans.

***

* Prononcer "Ichimauteri", "ichima", "chamatari"

** Pendant la Marche, AYA sera heureux d'accueillir le public à son stand d'information situé sur la Rotonde des Pâquis.

*** Voir sur ce blog, la note du 10 décembre 2013

- Photo © Secoya : Carlito lors de la fondation de l'association Kurikama en octobre 2013. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

- La carte ci-dessous permet de situer le village d'origine de Carlito. Là aussi, il faut cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

 

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 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/12/2013

Les Yanomami des rios Marauiá et Preto créent l'association Kurikama

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Ye'kuana, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Rio Preto, xapono, Komixiwe, Rios Profundos, SECOYA, Kurikama, FUNAI, IMCbio, DSY, Pró Amazônia, Missão Salesiana, urucum, genipapoC'est par la fête traditionnelle du "Hearu" qu'a commencé la IIIe Assemblée générale des Yanomami des rios Marauiá et Preto. C'est une fête pour laquelle les Yanomami se peignent le corps avec de l'urucum et du genipapo, s'affrontent et dansent dans une forte démonstration culturelle. Cette rencontre a eu lieu entre le 1er et le 7 octobre dans le "xapono*" (le village) de Komixiwe**. Ils étaient 250 représentants de treize villages de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro, dans l'État d'Amazonas.

L'objet central de cette réunion était la constitution d'une association susceptible de renforcer les liens entre les différents villages et de définir des stratégies collectives pour faire face aux politiques publiques inefficaces qui ne prennent pas en compte la réalité Yanomami de cet État. Les statuts de l'association ont été discutés de manière approfondie pour que tous en comprennent le fonctionnement. Il faut souligner l'institution du "Conseil Yanomami" formé par les leaders traditionnels de chaque village. Ce Conseil représente la plus haute instance de décision après l'Assemblée générale qui a encore élu une "Coordination générale" et un "Conseil de surveillance" après la présentation des candidats de chaque village.

Quatre ONG étaient également représentées : le Service et Coopération avec le peuples Yanomami – SECOYA, Rios Profundos, la Mission salésienne et Pró Amazônia. Plusieurs administrations publiques avaient envoyé des représentants : le District Sanitaire spécial Yanomami et Ye'kuana - DSY, le Front ethno - environnemental Yanomami de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, l'Institut Chico Mendes de Conservation de la biodiversité – IMCbio et le Secrétariat de l'Education de Santa Isabel do Rio Negro.

Le représentant de la FUNAI a eu à entendre les innombrables plaintes et revendications des Yanomami qui se sentent abandonnés depuis que la Fondation a supprimé les postes de surveillance en 2010. La délégation du DSY n'a pas échappé aux reproches. Selon les Yanomami, la population est en permanence dans une situation d'insécurité avec l'augmentation de la malaria et des maladies infectieuses, la précarité des infrastructures, le défaut d'équipements. Tout cela associé au manque de médecin dans la région et l'impréparation des professionnels de santé.

Le nom de l'association - "Kurikama" - n'a pas été choisi au hasard. Il est celui d'un mythe et aussi celui d'une jeune Yanomami. Pour se protéger d'un déluge qui menaçait tout le peuple Yanomami, une jeune fille a été décorée avant d'être jetée dans les eaux. Son sacrifice a permis de sauver le peuple. Kurikama s'est alors transformée en esprit. Les Yanomami sont d'avis que le mythe est lié à leur vécu actuel. Le logo de l'association – une jeune fille au bord d'une rivière - est un hommage à cet esprit.

La création de cette association marque la volonté des communautés yanomami de ces régions difficiles d'accès de mieux défendre leurs intérêts. Un progrès dans l'exercice de la citoyenneté. Il est utile de s'en réjouir ce 10 décembre qui est la Journée internationale des droits de l'homme.

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* Prononcer "Chapono" et ** "Komichiwe"

Photo © Associação Kurikama. C'est le logo de l'association. Il représente Kurikama qui a sauvé le peuple Yanomami / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans AYA Info (No 88) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

17/05/2013

Dans un contexte difficile, la SECOYA tient son Assemblée générale à Manaus

Amazonas,Amazonie,Brasil,Brésil,Brasilia,Manaus,SECOYA,Yanomami,rio Marauiá,Ministério Público Federal,Estado d'Amazonas,Julio José Araujo,DSEI,SESAI,Roraima,Boa Vista,Silvio CavuscensLe 31 mars, le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA (le partenaire de AYA) a tenu sa XIVe Assemblée générale à son siège de Manaus. L'équipe exécutive a dressé le tableau d'une conjoncture défavorable aux peuples indigènes et les menaces qui pèsent sur leurs territoires. Il s'agit des projets de réduction des droits indigènes inscrits dans la Constitution fédérale, notamment dans le domaine de la reconnaissance et la protection des Terres Indigènes.

Au cours de l'assemblée, il a été rappelé l'évaluation du programme de formation de professeurs Yanomami de la SECOYA faite par le Conseil d'éducation scolaire indigène de l'Etat d'Amazonas. L'appréciation a été très favorable et laisse espérer un appui technique et financier de la part de cet État. Cela permettrait de garantir la continuité des actions dans ce domaine.

Était également à l'ordre du jour la mise en œuvre par la SECOYA, avec la participation du peuple Yanomami, des nouvelles procédures de recrutement du personnel appelé à travailler dans les communautés. Il s'agit de prendre en compte non seulement la qualification professionnelle des candidats, mais également leur capacité d'adaptation à un contexte très particulier.

Quatre leaders Yanomami, membres de la SECOYA, représentants des communautés du rio Marauiá, avaient fait le déplacement, un voyage de plusieurs jours. Ils ont exprimé leurs préoccupations en raison des dysfonctionnements du Service de santé indigène et du mauvais état des postes de santé et du matériel, le manque de médicaments et l'insuffisance dans la formation des professionnels de santé.

Ils ont aussi annoncé la décision de créer une association des Yanomami de l'État d'Amazonas.

L'assemblée a également évoqué les difficultés de l'association pour augmenter les ressources* des programmes de formation en santé, du développement soutenable, de soutien au processus organisationnel yanomami et d'appui institutionnel de la Secoya. Elle procédé aux élections statutaires.

À l'occasion de leur présence à Manaus, les quatre leaders Yanomami, accompagnés du coordinateur de la Secoya, sont allés au siège du Ministère Public Fédéral pour rencontrer le Procureur de la République de l'État d'Amazonas Julio Araujo. Ils lui ont présenté les problèmes vécus par la population Yanomami de cet État. Ils ont évoqué des cas concrets où les déficiences du service de santé ont des conséquences graves. Ils ont rappelé la demande qu'ils avaient déjà formulée en novembre 2011 relative à la création d'un Sous-district de santé pour la population Yanomami de l'État d'Amazonas. En effet, le siège du District Sanitaire Indigène Yanomami – DSEI-Y est à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, bien trop éloigné des communautés Yanomami de l'État d'Amazonas. Jusque-là leur demande est restée sans réponse. Ils attendent du Procureur qu'il fasse pression sur les administrations concernées afin qu'elles assurent les services dont elles ont la charge auprès des populations indigènes.

Après l'assemblée, trois de ces leaders sont partis à Brasilia pour participer à la manifestation nationale "Avril indigène". Leur déplacement s'est fait en avion, leur baptême de l'air ! C'était la première fois que des Yanomami de l'État d'Amazonas participaient à une telle rencontre. L'occasion pour eux de découvrir l'ampleur et la diversité du mouvement indigène au niveau national et de voir, physiquement, les lieux du pouvoir fédéral où se prennent bon nombre de décisions les concernant.

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* Les lecteurs de cette note désireux de soutenir l'action de la SECOYA peuvent le faire en versant leur don à "AYA - Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" 1200 Genève - CCP 17-55066-2 qui transmettra. Merci d'avance.

Photo © Secoya : Quelques membres de la SECOYA pendant la XIVe Assemblée générale

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note écrite en collaboration avec Silvio Cavuscens, le Coordinateur de la Secoya.

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 82), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

22/03/2013

Avec l'appui de la Ville de Genève, des Yanomami se forment dans le domaine de la santé

Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Amazonas,Yanomami,Secoya, Genève, E-Changer, DSEI-Y,Manaus, rio Marauiá, Bicho-Açu, Sylvie Petter, Judith Schnyder, SUS, Sodis, PET, helminthiases, ascaris, oxyure, oxiure, lixo,saúde indígena, Conferência Nacional de Saúde IndígenaEntre le 13 et le 20 décembre 2012, une vingtaine d'Agents Indigènes de Santé - AIS, de leaders et de professeurs, actifs dans les villages Yanomami du rio Marauiá, étaient réunis à Bicho-Açu* pour une formation en matière de santé. Le cours a été dispensé par les animateurs du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYAde Manaus. Le cours a porté sur deux thèmes centraux : le "contrôle social" et l'éducation en santé.

Le terme de "contrôle social" est utilisé au Brésil pour désigner la démocratie participative. Il s'agit de la participation de représentants des populations concernées dans les instances prévues pour la mise en oeuvre de telle ou telle politique publique, l'éducation, l'emploi, la santé, etc.

En guise d'introduction, les participants ont eu à s'exprimer sur le concept de santé en présentant des éléments symboliques, souvent des végétaux, trouvés dans la nature qui, selon chacun, illustrent le fait d'être en bonne santé. Au terme de ce travail, les animateurs ont présenté les objectifs et le programme du cours.

L'étude de la thématique de contrôle social a commencé dans des groupes de travail par une réflexion – au moyen de dessins - sur le Système Unique de Santé – SUS national. En plénière, la vision de chaque groupe a été illustrée par des exemples concrets du fonctionnement du SUS, tant au niveau des centres urbains que dans les villages. À partir de cette réalité, les animateurs ont présenté un historique de l'organisation du service de santé brésilien replacé dans un contexte international. Deux jours ont été consacrés au SUS et au Sous - système de santé indigène, les principes fondamentaux sur lesquels il base son action : universalité (le droit à la santé pour tous); intégralité (la santé doit prendre l'être humain comme un tout); l'équité (respectant les personnes et leur mode de vie) et leur application. Le cours a également traité de la législation relative à la santé et les institutions chargées de sa mise en œuvre. Il a aussi été question de la préparation de la Ve Conférence nationale de santé indigène, prévue à Brasilia en novembre. Celle-ci doit être préparée par des rencontres locales et régionales prévues au cours du premier semestre 2013.

La formation en santé a occupé trois journées. Ont été traités des aspects théoriques comme le concept de santé/maladie : le fait d'être en en bonne santé ne se limite pas à l'absence de maladie. Le concept et les actions de prévention, par exemple la propreté des villages, l'alimentation, l'hygiène personnelle. L'hygiène environnementale dans le contexte de la vie villageoise, par exemple les eaux stagnantes, la présence de nombreux cafards, la contamination de l'eau par les matières fécales, etc. a fait l'objet d'une étude spécifique.

Les formateurs ont également abordé le cas des principales helminthiases, ces maladies dues à l'infestation des intestins par des vers : les ascaris, les oxyures, leurs cycles de transmission, les symptômes, les complications, la prévention et les traitements.

Une journée entière avait pour sujet les traitements de l'eau et des ordures. Les différentes manières de purifier l'eau ont été abordées et discutées, y compris la méthode Sodis qui permet une purification de l'eau contenue dans des bouteilles de PET en les exposant aux rayons du soleil. En ce qui concerne les ordures, une partie du cours a été ouverte aux habitants de Bicho-Açu. L'évacuation des déchets vers les centres urbains n'est pas toujours possible. Il est alors nécessaire de les brûler sur place. Les participants ont demandé que les visiteurs repartent des villages en emportant leurs détritus.

L'évaluation réalisée le dernier jour a porté sur la compréhension, par les participants, des contenus étudiés. Cela a donné l'occasion de remercier l'équipe de cuisine, les habitants et les leaders de Bicho-Açu pour la qualité de leur hospitalité.

La Secoya a remarqué la très forte motivation des participants à acquérir de nouvelles connaissances. La présence de leaders a pour résultat la décision de ces derniers de susciter une réunion avec d'autres pour améliorer la participation dans les instances de contrôle social.

AYA tient à remercier la Ville de Genève qui a accordé une subvention pour ce programme de santé de la SECOYA placé sous la responsabilité de Sylvie Petter , une volontaire de l'organisation E-Changer dont le siège est à Fribourg / CH. Sylvie est l'auteure du rapport qui a permis la rédaction de cette note.

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* Un village situé dans l'État brésilien d'Amazonas et sur la Terre Indigène Yanomami

Photo © Secoya : Le tri des ordures avec les habitants de Bicho-Açu à l'occasion du cours.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2