10/06/2017

Brésil : Les "Ruralistes" dévoilent leurs intentions à l'égard des Indigènes

En novembre 2015, le lobby des "Ruralistes" (de l'agrobusiness) de la Chambre des Députés a obtenu la création d'une Commission Parlementaire d'Enquête – CPI visant les activités de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI et de l'Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire – INCRA. Ces deux administrations, la première ayant pour objet la protection des peuples indigènes et de leurs territoires, et la seconde de distribuer des terres aux petits paysans. Tâches que le lobby considère contraires à ses intérêts. La Commission, dominée par des députés membres de la "Bancada ruralista" (Frente Parlamentar Mista da Agropecuária – FPA), n'a pas été en mesure de rendre ses travaux avant le délai imparti, soit en août 2016. Mais très vite, à la fin du même mois, une deuxième CPI Funai/Incra a été constituée. Cette dernière vient de rendre un volumineux rapport de 3'385 pages.

À propos de la FUNAI, le document passe en revue son action dans cinq États (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Pará, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul et Bahia) pour y énumérer des faits qui, aux yeux des Commissaires, constituent des actes illégaux, des fraudes et des conflits. Les textes internationaux protégeant les populations indigènes sont évoqués dans une quarantaine de pages; l'occasion de rappeler que le Brésil pourrait dénoncer son adhésion à la Convention 169 de l'OIT à partir de 2023. Un chapitre, "L'ombre de l'internationalisme et les ONG" traite de l'action d'ONGs brésiliennes et étrangères qui coopèrent avec les peuples indigènes du pays. Dans cette partie du texte, la CPI a utilisé plusieurs rapports de l'Agence Brésilienne de Renseignements – ABIN. Selon le rapporteur, les ONGs manipulent les peuples indigènes dans l'espoir de décrocher des contrats "à prix d'or" pour élaborer des études environnementales nécessaires à l'obtention de l'autorisation des ouvrages.

Le document cite le nom de dizaines de personnes soupçonnées de ne pas avoir respecté la loi, notamment dans le but de fausser la délimitation et la démarcation de Terres Indigènes. Dans une première version, le président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, Dom Roque Paloschi est mentionné quatre fois.

La Commission propose la création d'un "Groupe Technique" auprès du Ministère de la Justice pour étudier les Terres Indigènes encore à démarquer. Elle suggère la création d'un Secrétariat National de l'Indien, directement rattaché à l'administration publique chargé des tâches actuellement confiées à la FUNAI. Enfin, elle a élaboré un projet de loi d'application de l'article 231 de la Constitution fédérale de 1988 concernant les droits reconnus aux Peuples indigènes.

Le rapport contient encore une lettre à la représentation de l'OIT à Brasilia au sujet de l'application de la Convention 169. C'est l'attitude d'ONGs qui est visée. La CPI leur reproche de faire obstruction à la consultation des peuples indigènes souhaitée par le Gouvernement. Une autre lettre destinée à la représentation du Vatican (la Nonciature Apostolique) au Brésil. La Commission y dénonce "l'action contraire aux principes chrétiens et à la dignité humaine" de la part d'agents du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI.

Onze députés, dont Paulão, Président de la Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés, ont rédigé un "Rapport parallèle". Un texte exprimant leur désaccord sur la méthode de travail, le contenu et les conclusions du rapport de la majorité. Dans une note, le Ministère Public Fédéral affirme que le rapport est anticonstitutionnel et illégal.

Réunis dans une communauté de l'État de Santa Catarina, les leaders Guarani du Sud et du Sud-Est du pays ont adressé une lettre ouverte à la société nationale qu'ils concluent par un avertissement : "… S'il n'y a pas de terre pour les Guarani, pour tous les peuples indigènes, pour les quilombolas et ceux qui vivent de la terre, il n'y aura de terre pour personne!". Interrogés par "Amazônia Real" une demi-douzaine de leaders indigènes ont exprimé leur désapprobation au sujet de la proposition de suppression de la Funai. Parmi eux, Gersem Baniwa pour qui "… La Funai, avec toute la difficulté et les contradictions qu'elle a eu au cours de son histoire a toujours été un organe qui représente la volonté de l'État de respecter les droits des indigènes. Son démontage est le démontage de la politique indigéniste".

Le vote du rapport final a eu lieu le 30 mai. Un texte légèrement différent de la première version où, par exemple, le nom du Président du CIMI n'est plus dans la liste des personnes dénoncées.

                                                                        ***

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

09/02/2016

Odieux assassinat d'un enfant Kaingang de 2 ans

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Kaingang, Imbituba, Santa Catarina, Vitor Pinto, Aldeia Kondá, Chapecó, Funai, Cimi, MinCLe 30 décembre, aux alentours de midi, la gare routière d'Imbituba, une localité située sur le littoral sud de l'État brésilien de Santa Catarina, a été le théâtre d'un crime particulièrement odieux : installée sous un arbre, Sônia da Silva, la maman du petit Vitor Pinto, âgé de deux ans, nourrissait son fils quand un jeune homme s'est approché, a caressé le visage de l'enfant avant de lui trancher la gorge et de s'enfuir. L'incident n'a duré que quelques secondes. Vitor est mort avant son arrivée à l'hôpital. Les cameras de surveillance ont permis d'identifier le criminel de 23 ans qui a été arrêté le lendemain de son forfait. Il a avoué, et dit avoir agi inspiré par des esprits et non par haine des Indiens. Le 26 janvier, au terme de l'enquête de police, il est accusé d'homicide doublement qualifié, c'est à dire commis pour un motif futile sur un être sans défense. L'avocat de la défense souhaite que son client soit soumis à une expertise médicale. S'il est condamné, il risque entre 12 et 30 ans de prison. La famille de Vitor s'était déplacée à Imbituba pour vendre l'artisanat de sa fabrication aux nombreux touristes qui fréquent les plages de l'Atlantique en cette période de fêtes.

La sépulture de Vitor a eu lieu dans sa communauté située dans la Terre Indigène Aldeia Kondá, dans la municipalité de Chapecó. Une semaine plus tard, deux manifestations ont eu lieu à Imbituba et Chapecó pour demander que justice soit faite.

La Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI et le Ministère de la Culture – MinC ont exprimé leur indignation. Pour le Ministère, "Ce crime terrible est une attaque de plus contre les peuples indigènes qui souffrent de violences, persécutions et tout type d'irrespects à leurs droits constitutionnels, comme le droit à la terre, à la santé et à l'éducation entre autres".

                                                                               ***

Photo © Cimi – Regional Sul - Jacson Santana & Marina Olivera : La manifestation du 6 janvier 2016 à Chapecó (SC). Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 108, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

13/02/2015

Les langues indigènes sont menacées de disparition

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, línguas indígenas, José Carlos Levino, Museu do Indio, Rio de Janeiro, José Ribamar Bessa Freire, Universidade federal do Rio de Janeiro, URFJ, Bonfim, Estado de Roraima, Macuxi, Wapichana, Serra da Lua, Insikiran, OPIRR, UFRR, São Gabriel da Cachoeira, Nheengatu, Tukano, Baniwa, Tacuru, Guarani, talian, Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Asurini, Tocantins, Pará, Espírito Santo, Argentinne, Paraguay, Bolivie, INDL, IPHAN, Foz d'Iguaçu, CEEI, SEDUC, Depp, Secoya, Terre des Hommes Suisse, Terre des Hommes Luxembourg, rio Tacutu, Guyana, Boa Vista,Convention 169, OITAu Brésil, les langues indigènes sont en danger. Selon José Carlos Levino , le directeur du Musée de l'Indien de Rio de Janeiro, dans les 15 ans à venir, le pays court le risque de perdre jusqu'à 60 langues indigènes sur les 150 à 200 parlées actuellement. À l'occasion de la rencontre de Foz d'Iguaçu dont il est question ci-dessous, José Ribamar Bessa Freire, professeur à l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, a publié un article dans lequel il rappelle qu'en cinq siècles, soit depuis le début de la colonisation, plus de 1'100 langues indigènes ont disparu de la carte du Brésil… Des initiatives sont prises pour tenter de limiter la perte culturelle que constitue la mort de ces langues. En voici quelques exemples.

Le 2 décembre 2014, le Conseil municipal de Bonfim * (dans l'État de Roraima) a approuvé une loi municipale (No 21/2014) qui reconnaît les langues Macuxi et Wapichana comme langues co-officielles de la municipalité au même titre que le portugais. La proposition de loi avait été discutée entre leaders et professeurs de langues indigènes de la région de Serra da Lua depuis 2012. Elle a été présentée au Conseil municipal en février 2013 par les élèves de l'Institut Insikiran et des représentants de l'Organisation des Professeurs Indigènes de Roraima – OPIRR. Tous les conseillers ont appuyé le projet. Le processus a été suivi par les membres de cet Institut de formation supérieure indigène rattaché à l'Université Fédérale de Roraima - UFRR. Celui-ci développe un programme de revitalisation et de valorisation des langues Wapichana et Macuxi. La municipalité a maintenant cinq ans pour mettre en œuvre la loi, engager des traducteurs et interprètes indigènes pour traduire des documents, les panneaux de signalisation et financer la publication de livres pour l'enseignement.

Dans l'État d'Amazonas, en 2002 déjà, la municipalité de São Gabriel da Cachoeira a officialisé trois langues indigènes indigènes : le Nheengatu, le Tukano et Baniwa. En 2010, dans le Mato Grosso do Sul, la municipalité de Tacuru a reconnu le Guarani comme seconde langue officielle.

En septembre 2014, trois langues ont reçu le titre de "Référence culturelle brésilienne": le Talian parlé par les descendants d'émigrés italiens dans le sud du Brésil, surtout dans les États du Rio Grande do Sul et de Santa Catarina; l'Asurini do Trocará ou Asurini du Tocantins, langue parlée par le peuple indigène Asurini qui vit sur les rives du rio Tocantins, dans la municipalité de Tucuruí (État du Pará) et le Guarani Mbya qui est une des trois variétés de la langue Guarani. Ce Guarani est parlé dans une bande du littoral qui va de l'État de l'Espírito Santo au Rio Grande do Sul, et au-delà de la frontière, en Argentine, au Paraguay et en Bolivie. Ces langues sont les premières à être inscrites à l'Inventaire National de la Diversité Linguistique - INDL par l'Institut du Patrimoine Historique et Artistique National – IPHAN. Cet "Inventaire" a été  créé par décret présidentiel (No 7.387) du 10 décembre 2010. La cérémonie officielle de certification a eu lieu lors du Séminaire Ibéro-Américain de Linguistique qui s'est tenu à Foz d'Iguaçu en novembre 2014.

La reconnaissance officielle des langues indigènes est capitale pour leur sauvegarde. L'enseignement de ces langues, notamment dans les écoles indigènes du pays est un instrument essentiel pour leur préservation. Cela suppose la mise en œuvre de politiques publiques en faveur du développement et de la consolidation de l'éducation scolaire indigène différenciée bilingue. Une différenciation prenant en compte, notamment, la culture, l'organisation sociale, l'histoire, la philosophie, les croyances, les connaissances traditionnelles de chaque peuple dont la langue est porteuse. Quand cela n'a pas été fait, la consolidation demande le passage de la langue orale à la langue écrite. C'est un travail conséquent, généralement réalisé avec le concours de linguistes. La participation des représentants des peuples concernés est indispensable.

Dans l'État d'Amazonas, le Conseil de l'Éducation Scolaire Indigène – CEEI rattaché au Secrétariat de l'Éducation – SEDUC travaille dans ce sens. En août 2014, sous l'égide du Département de politiques et programmes éducationnels - Deppe , il a publié un "Modèle de référence" pour les écoles de l'enseignement fondamental et moyen. Notre partenaire, le Service de Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA a participé à la démarche du CEEI. Au sein de son secteur "éducation", la SECOYA a développé un programme de formation de professeurs indigènes Yanomami soutenu par Terre des Hommes Suisse** et Luxembourg.

Ces diverses initiatives seront-elles suffisantes pour enrayer la constante disparition des langues indigènes ? Sont-elles suffisantes en regard de l'application de l'article 28 de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT qui prévoit que "Des dispositions doivent être prises pour sauvegarder les langues indigènes des peuples intéressés et en promouvoir le développement et la pratique" ? Cette Convention a force de loi au Brésil.

***

Illustration : Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image. Il s'agit de la première page du bulletin bilingue "Wanowano" (No 32 mars 2014) édité par des Yanomami de l'État d'Amazonas. La colonne de gauche est en portugais et celle de droite est en langue yanomami. À remarquer les trémas et les i barrés. "Wano wano", ce sont les nouvelles qui se transmettent – souvent oralement - de villages en villages.

* La municipalité de Bonfim, d'une superficie de 8'000 km2, compte environ 11'600 habitants dont 44 % sont des indigènes. Elle est située au nord est de l'État de Roraima à la frontière avec la Guyana dont elle est séparée par le Rio Tacutu. La localité de Bonfim est à 125 km de Boa Vista, la capitale de l'État.

** Voir sur ce blog, les notes des 24 février 2014, 20 septembre 2013 et 10 août 2012

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans  le prochain "AYA Info" No 100, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/11/2013

Les Indiens du Brésil se mobilisent pour défendre leurs droits constitutionnels / 1

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Autochtones, indigènes, indígenas, Brasilia, constitution, Constituição, APIB, FUNAI, CIR, APOINME, União, mobilização, bancada ruralista, PEC 215, BR-101, BR-070, BR-316, BR-174, Rio Grande do Norte, Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Maranhão, Minas Gerais, Espírito Santo, Alagoas, Pernambuco, Roraima, Bahia, Pataxó, Tupinamba, Pataxó Hã-Hã-Hãe, Guarani, Xavante, Gujajara, Terena, São Paulo, Rio de Janeiro, Ana Maria Antunes Machado, José Ribamar Bessa Freire, Avenida Paulista, Rio Branco, PetrobrasLes peuples et organisations indigènes du Brésil ont répondu à l'appel lancé à la fin du mois d'août par l'Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Brésil - APIB* pour la "Défense de la Constitution et du droit des peuples à la terre". Une mobilisation organisée à l'occasion du 25e anniversaire de l'adoption, le 5 octobre 1988, de l'actuelle Constitution du Brésil. Les Constituants avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour protéger toutes les Terres indigènes du pays. Un quart de siècle a passé et toutes les terres ne sont pas démarquées. Alors que l'État fédéral n'a pas satisfait à ses obligations, le puissant lobby de l'agrobusiness fait maintenant pression au parlement pour réduire les droits territoriaux des peuples indigènes. Cette protestation des indigènes vise non seulement la Proposition d'amendement constitutionnel, la PEC 215/00, qui veut transférer du gouvernement au parlement le pouvoir de démarquer les Terres Indigènes, mais aussi bien d'autres textes.

Entre le 30 septembre et le 5 octobre, il y a eu de nombreux "événements" dans les différentes régions du Brésil. Cette campagne a certainement été la plus importante depuis 1988. Elle a eu des échos, non seulement sur les réseaux sociaux, dans les médias nationaux, sur YouTube, mais également au niveau international. Ainsi, le quotidien français "Le Monde" a publié plusieurs articles relatifs à cette mobilisation, notamment dans son édition des 6 et 7 octobre. Selon une évaluation de l'Instituto Socioambiental – ISA ce sont environ 13'000 personnes qui ont participé à des manifestations. La présente note veut donner un reflet de cette campagne sans prétendre en dresser un tableau exhaustif.

Dans le courant de cette semaine de revendications, des barrages ont été dressés sur plusieurs routes. La BR-101, cette longue route de plus de 4'700 km, qui suit la côte atlantique entre l'État du Rio Grande do Norte et celui du Rio Grande do Sul, a été barrée par les Indiens Pataxó, Tupinamba et Pataxó Hã-Hã-Hãe près de Itamaraju, au sud de l'État de la Bahia. Sur la même route, mais beaucoup plus au sud, ce sont des Indiens Guarani qui ont établi un barrage au lieu dit Morro dos Cavalos, dans la municipalité de Palhoça (État de Santa Catarina). Des Indiens Xavante ont également barré la BR-070 près de la localité de Primavera do Leste, dans l'État du Mato Grosso. Des Indiens Guajajara ont occupé la BR-316 dans l'État du Maranhão. Dans le Nordeste, sous l'impulsion de l'Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo - APOINME, des barrages ont été signalés dans le Nordeste, dans les États de l'Alagoas et du Pernambuco. Au nord du pays, à l'invitation du Conseil Indigène de Roraima - CIR, les peuples indigènes de cet État ont organisé un rassemblement qui a eu lieu le 2 octobre sur la BR-174, près de la communauté indigène Sabia, dans la Terre Indigène São Marcos (municipalité de Pacaraima).

Pendant quelques heures, le 3 octobre, des Indiens Terena ont occupé la fazenda São Pedro do Paratudal, dans la municipalité de Miranda (État du Mato Grosso do Sul). Les Terena revendiquent une portion de la propriété comme faisant partie de la Terre Indigène Cachoeirinha.

Des manifestations ont eu lieu aussi dans les centres urbains. Ainsi, à São Paulo, le 2 octobre en fin d'après-midi, un cortège a eu lieu sur une partie de l'Avenida Paulista. ISA a filmé la manifestation et interviewé plusieurs leaders indigènes et sympathisants de leur cause. Parmi eux, Ana Maria Antunes Machado a adressé un message de solidarité aux Yanomami, dans leur propre langue. Le professeur José Ribamar Bessa Freire, de l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, a participé à cette manifestation. Le 6 octobre, sur son site Internet, il a publié une note intitulée "Contre le beuglement des vaches" dans laquelle il répond aux attaques dont sont l'objet les droits indigènes. À Rio de Janeiro, le 4 octobre, des indigènes de plusieurs ethnies et, là aussi, des sympathisants de leur cause, ont organisé un rassemblement devant l'immeuble de la Petrobras, puis sont partis en cortège sur l'avenue Rio Branco.

Dans une prochaine note, il sera fait écho des manifestations qui ont eu lieu à Brasilia où étaient rassemblés plus d'un millier de leaders indigènes venus de tout le Brésil.

***

*Voir sur ce blog les notes du 07/10/2013 et du 28/09/2013

Photo © Conseil Indigène de Roraima – CIR / Une vue du la manifestation à Sabia / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est un extrait d'une "brève" publiée dans AYA Info (No 87), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2