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  • Brésil : Assassinat d’un gardien de la forêt

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, Victoria Tauli-Corpuz, APIB, Survival International Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara (26 ans), l’un des « Gardiens de la Forêt » de la Terre Indigène Araribóia TI (État du Maranhão) été tué lors d’une embuscade organisée - selon les témoignages recueillis par l’agence « Amazônia real » - par cinq « madeireiros » (forestiers illégaux) sur le territoire même de la TI. Paulo était accompagné par Laércio Guajajara qui a seulement été blessé et a pu s’enfuir. Ils étaient partis en forêt pour chasser le pecari. Le Ministre de la Justice, Sergio Moro, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cette TI, démarquée en 1990, est également occupée par des Awá Guajá en situation d’isolement volontaire.

    Dans une note du 2 novembre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB exprime sa tristesse et sa révolte : «…Le Gouvernement de Bolsonaro a du sang indigène sur les mains. L’augmentation de la violence dans les territoires indigènes est la conséquence directe de son discours de haine et des mesures contre les peuples indigènes du Brésil. Nos terres sont envahies, nos leaders sont assassinés, attaqués et criminalisés… » […] « Il est nécessaire de donner un coup d’arrêt à cette politique génocidaire contre les peuples indigènes du Brésil. C’est pour cela que nous sommes en campagne dans les pays européens* pour alerter le monde sur ce qui arrive au Brésil et demander un appui pour que plus une goutte de sang indigène ne soit versée ». De nombreuses organisations et entités et personnalités, dont Victoria Tauli-Corpuz la Rapporteure de l’ONU pour le droit des peuples indigènes, ont  condamné cet assassinat. Survival International a lancé une pétition à adresser au président Bolsonaro.

    L’histoire de cette Terre Indigène est hélas marquée par de nombreux épisodes violents, des morts, des incendies, des invasions**

                                                                                         ***

    *L’APIB a effectivement organisé une délégation qui visite une douzaine de pays européens, dont la Suisse. Une rencontre ouverte au public est prévue à Genève le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève. Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    **Voir sur cc blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016

    Photo : Paulo Paulino Guajajara./ © Sarah Shenker / Survival International / Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Une Indigène candidate à la Vice-présidence de la République

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Sônia Guajajara, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Mário Juruna, Xavante, Rio de Janeiro, Parti Socialisme et Liberté, PSOL, Partido SOcialismo e Liberdade, Movimento dos Trabalhadores Sem Teto, MTST, Terra Indígena Araribóia, Ordem do Mérito Cultural, Cancún, Katia Abreu, Motosserra de ouro, Tronçonneuse d’or, Bancada ruralista, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Conseil des droits de l’homme, Conselho dos direitos humanos, Genève, Genebra, Alicia Keys, Rock in Rio, Lula, Câmara dos Deputados, Plínio de Arruda Sampaio, Luciana GenroSônia Bone Guajajara, Indigène originaire de l’État du Maranhão, membre de la coordination exécutive de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB) est candidate à la Vice-présidence de la République aux prochaines élections d’octobre 2018.

    C’est la première fois dans l’histoire du Brésil qu’une femme indigène est candidate à un tel poste.

    Dans le passé, les indigènes n’ont eu qu’un représentant au parlement fédéral, un Xavante*, Mário Juruna, député de Rio de Janeiro de février 1983 fin janvier 1987.

    Sônia se présente sur la liste du Parti SOcialisme et Liberté (PSOL)** dont elle est membre depuis 2011. Guilherme Boulos, leader du Mouvement des Travailleurs Sans Toit (MTST) est le candidat du même parti pour la Présidence.

    Dans une lettre aux adhérents, ses soutiens à l’intérieur de son parti expliquent le sens de la candidature de Sônia :  "Nous vivons des temps de destruction inédite de la Nature de laquelle nous faisons partie et qui nous donne la Vie… [des] Temps dans lesquels chaque hectare déboisé, chaque puits de pétrole creusé se traduit – dans le langage du réchauffement global – en sécheresses plus sévères, ouragans plus intenses et vagues de chaleur mortifères… Une sensation de fin du monde !

    Les peuples indigènes ont été à l'avant-garde de la lutte contre ce modèle de mort insoutenable et puante. Et il est juste que nous reconnaissions ce rôle sous la forme d'une candidature présidentielle née de la plus profonde racine de ce territoire. Cela afin de défendre un programme de justice, d'égalité, de défense de chacun et chacune, chaque peuple, chaque espèce ; droits à l'eau et à la terre. Des droits de l'eau, de la terre et de la Terre. "Il n'y a pas de plan B !"

    Sônia , originaire de la Terre Indigène Arariboia, a terminé sa formation en Lettres et  en Éducation spéciale. En 2015, elle a reçu le prix l’Ordre du Mérite Culturel. Son engagement pour la protection de l’environnement n’est pas nouveau. Par exemple, en décembre 2010, à Cancún, lors de la 16e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, elle avait tenté de remettre une « Tronçonneuse d’or » à la Sénatrice Katia Abreu, membre du puissant lobby de l’agrobusiness agissant au parlement brésilien pour une moindre protection des forêts.

    Sônia est venue plusieurs fois à Genève : déjà en 2012 pour représenter la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne - COIAB au 50e anniversaire du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Puis, plus tard, au Palais des Nations pour des réunions au Conseil des droits de l’homme.

    En septembre 2017, devant environ cent mille fans venus l’écouter au festival « Rock in Rio », la star nord-américaine Alicia Keys a cédé pour quelques instants le micro à Sônia qui a pu décrire la situation des Peuples indigènes du Brésil…

    Pour l’heure, il apparaît qu’une vingtaine de candidats et de candidates d’autant de partis politiques ont annoncé leur intention de participer à l’élection présidentielle du mois d’octobre prochain. Le défi de Sônia et de son colistier sera de faire entendre leur voix…

                                                                             ***

    * Prononcer « Chavante »

    **Le PSOL a été fondé en 2003/2004 par des dissidents du Parti des Travailleurs en désaccord avec la politique conduite par le gouvernement de Lula. Actuellement, il a six représentants à la Chambre des Députés (sur 513). Pour rappel, au premier tour de l’élection présidentielle de 2010, son candidat, Plínio de Arruda Sampaio avait obtenu 886'816 voix, soit 0.87% des suffrages. Toujours au premier tour de celle de 2014, sa candidate, Luciana Genro, a obtenu 1'609'982 voix, soit 1,55 % des suffrages. Il s’agit donc d’un parti minoritaire.

    Photo © B. Comoli : Sônia devant le Musée d’Ethnographie de Genève.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 122, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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