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  • Discrimination et politiques anti-indigènes : des artistes expriment leur ras le bol

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    brasil,brésil,amazônia,amazonie,amazonas,autochtones,indigènes,povos indígenas,índios,getúlio vargas,abril indígena,funai,brasilia,urucum,alceu moreira,luis carlos heinze,quilombolas,gays,lesbicas,lesbiennes,survival,raciste de l'année,cabral,tamuaté-aki,leticia sabatella,toni garrido,indio cidadão,rodrigo siqueira,deborah duprat,ministério público federal,6ª câmara de coordenação e revisãoAu Brésil, le mois d'avril est traditionnellement l'occasion de rappeler l'existence des peuples indigènes. Le 19 avril est même la "Journée de l'Indien" selon une décision prise en 1943 par un décret-loi du président Getúlio Vargas. Diverses manifestations ont lieu dans le pays.

    Pour sa part, la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a lancé la campagne "Avril Indigène 2014" le 7 avril au Mémorial des Peuples indigènes de Brasilia sur le thème : "Les indiens sont la richesse du Brésil / Le Brésil de l'Urucum* – La différence est notre richesse". Une vidéo visible sur Youtube présente la campagne qui veut contribuer à la lutte contre la discrimination à l'égard des Indiens.

    Le slogan affirmant que les indiens sont la richesse du Brésil est loin de faire l'unanimité. En novembre et décembre 2013, deux députés fédéraux, Alceu Moreira et Luis Carlos Heinze ont publiquement manifesté leur hostilité à l'égard des indiens. Le premier a incité les producteurs ruraux à engager des sociétés privées de sécurité pour lutter contre les invasions de terres revendiquées par les peuples indigènes. Le second s'en est pris aux indiens, quilombolas, lesbiennes et gays les qualifiant de "tudo o que não presta", qui se traduit poliment en français par : "tout ce qui ne vaut rien". Une dizaine d'organisations ont demandé au Procureur général de la république d'enquêter afin de déterminer si ces propos constituent une infraction. Le 21 mars dernier, Journée internationale pour l'élimination de la discrimination, Survival International a décerné le prix du "Raciste de l'année" à Luis Carlos Heinze.

    Le 14 avril, Ministère public fédéral a présenté, en avant-première, un documentaire de Rodrigo Siqueira au titre évocateur : "Indien Citoyen ?" Le film retrace la situation des indigènes et leur mobilisation à la fin des années 80 au moment de l'adoption de la Constitution (1988) et la situation actuelle. L'auteur du film questionne : Combien de temps encore ce pays va nier son identité indigène ? La Sous-procureur général de la République, Deborah Duprat affirme que "le moment actuel est la période la plus dramatique de l'histoire indigène". Pour l'heure, seule la bande-annonce du film a été mis en ligne. Plusieurs leaders indigènes se sont exprimés à l'occasion de cette présentation.

    Le 22 avril, pour marquer le 514e anniversaire de l'arrivée de Cabral sur les côtes brésiliennes, une vingtaine d'artistes brésiliens ont lancé la campagne "Tamuaté-Aki"** dont l'objectif est de demander aux politiciens et aux autorités plus de respect pour les droits acquis par les peuples les plus anciens du pays. Dans la vidéo (voir ci-dessous) de lancement, l'actrice Leticia Sabatella pose la question : Pour vous, le Brésil a-t-il été découvert ou a-t-il été envahi ? Toni Garrido : Comment un indien répondrait-il à cette question ?

    Les artistes seront-ils entendus ?

    ***

    * L'Urucum est un arbre dont la graine est utilisée pour les peintures corporelles de couleur rouge.

    ** Néologisme dont l'origine est l'expression "Estamos até aqui" dont la traduction approchée en français signifie : "Nous en avons assez… ça suffit !"

    Traduction de l'affichette (cliquer sur la vignette pour l'agrandir):

    L'indien ne produit pas de richesse pour le Brésil / Les indiens sont la richesse du Brésil / Le Brésil de l'Urucum  -  La différence est notre richesse.

    Au Brésil, aujourd'hui vivent plus de 890'000 indigènes. Quasi un million de Brésiliens appartiennent à 305 ethnies différentes, parlant plus de 270 langues. Des Brésiliens comme moi, comme toi. Dans le pays il existe approximativement 70 peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire, sans aucun contact avec les non indiens. Les peuples indigènes luttent pour maintenir leur mode de vie traditionnel. Ils luttent pour reproduire leurs cultures. Ils luttent pour le droit de préserver leurs traditions. Respecter les différences, c'est vivre profondément un Brésil de diversité et de richesse.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Une version réduite de cette note a été publiée dans AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami des rios Marauiá et Preto créent l'association Kurikama

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Ye'kuana, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Rio Preto, xapono, Komixiwe, Rios Profundos, SECOYA, Kurikama, FUNAI, IMCbio, DSY, Pró Amazônia, Missão Salesiana, urucum, genipapoC'est par la fête traditionnelle du "Hearu" qu'a commencé la IIIe Assemblée générale des Yanomami des rios Marauiá et Preto. C'est une fête pour laquelle les Yanomami se peignent le corps avec de l'urucum et du genipapo, s'affrontent et dansent dans une forte démonstration culturelle. Cette rencontre a eu lieu entre le 1er et le 7 octobre dans le "xapono*" (le village) de Komixiwe**. Ils étaient 250 représentants de treize villages de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro, dans l'État d'Amazonas.

    L'objet central de cette réunion était la constitution d'une association susceptible de renforcer les liens entre les différents villages et de définir des stratégies collectives pour faire face aux politiques publiques inefficaces qui ne prennent pas en compte la réalité Yanomami de cet État. Les statuts de l'association ont été discutés de manière approfondie pour que tous en comprennent le fonctionnement. Il faut souligner l'institution du "Conseil Yanomami" formé par les leaders traditionnels de chaque village. Ce Conseil représente la plus haute instance de décision après l'Assemblée générale qui a encore élu une "Coordination générale" et un "Conseil de surveillance" après la présentation des candidats de chaque village.

    Quatre ONG étaient également représentées : le Service et Coopération avec le peuples Yanomami – SECOYA, Rios Profundos, la Mission salésienne et Pró Amazônia. Plusieurs administrations publiques avaient envoyé des représentants : le District Sanitaire spécial Yanomami et Ye'kuana - DSY, le Front ethno - environnemental Yanomami de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, l'Institut Chico Mendes de Conservation de la biodiversité – IMCbio et le Secrétariat de l'Education de Santa Isabel do Rio Negro.

    Le représentant de la FUNAI a eu à entendre les innombrables plaintes et revendications des Yanomami qui se sentent abandonnés depuis que la Fondation a supprimé les postes de surveillance en 2010. La délégation du DSY n'a pas échappé aux reproches. Selon les Yanomami, la population est en permanence dans une situation d'insécurité avec l'augmentation de la malaria et des maladies infectieuses, la précarité des infrastructures, le défaut d'équipements. Tout cela associé au manque de médecin dans la région et l'impréparation des professionnels de santé.

    Le nom de l'association - "Kurikama" - n'a pas été choisi au hasard. Il est celui d'un mythe et aussi celui d'une jeune Yanomami. Pour se protéger d'un déluge qui menaçait tout le peuple Yanomami, une jeune fille a été décorée avant d'être jetée dans les eaux. Son sacrifice a permis de sauver le peuple. Kurikama s'est alors transformée en esprit. Les Yanomami sont d'avis que le mythe est lié à leur vécu actuel. Le logo de l'association – une jeune fille au bord d'une rivière - est un hommage à cet esprit.

    La création de cette association marque la volonté des communautés yanomami de ces régions difficiles d'accès de mieux défendre leurs intérêts. Un progrès dans l'exercice de la citoyenneté. Il est utile de s'en réjouir ce 10 décembre qui est la Journée internationale des droits de l'homme.

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    * Prononcer "Chapono" et ** "Komichiwe"

    Photo © Associação Kurikama. C'est le logo de l'association. Il représente Kurikama qui a sauvé le peuple Yanomami / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans AYA Info (No 88) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2