17/09/2017

Genève : NON à la réduction du crédit pour la coopération internationale

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Yanomami, Ville de Genève, MCG, PDC, PLR, UDC, AYA, Secoya, MEG, Aguinilson, Ticuna, Conseil municipal, Croix-Rouge, Coopération internationaleLe 24 septembre, les habitants de la Ville de Genève ayant le droit de vote sont appelés à se prononcer sur une décision prise par la majorité du Conseil municipal, le 28 avril dernier, de réduire plusieurs postes du budget pour augmenter le bonus attendu de l'exercice 2017.

Une de ces décisions, venue de quatre partis MCG, PDC, PLR et UDC consiste à baisser de CHF 340'000.- le crédit destiné à la Coopération Internationale. En contrepartie de cette réduction, ces groupes politiques ont voté un crédit équivalent en faveur de la Croix-Rouge genevoise pour financer un programme d'aide au retour de personnes souhaitant volontairement rentrer dans leur pays d'origine. Un référendum a été lancé contre cette coupe budgétaire (et trois autres), d'où la prochaine consultation populaire.

Par deux fois, l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA" a bénéficié d'un financement de la Ville de Genève pour ses activités en collaboration avec le Peuple Yanomami du Brésil. Un peuple qui vit dans une zone difficile d'accès, où la malnutrition et la mauvaise qualité de l'eau font des ravages, notamment chez les enfants. Un premier financement* a été accordé en 2011-2012 pour un projet de "Prévention et éducation en santé" pour un montant de CHF 32'970. Et une seconde fois, plus récemment, en 2016-2017, pour une action de "Promotion de la santé par des agents multiplicateurs Yanomami" pour un montant de CHF 40'000. Sur le terrain, ces projets sont mis en œuvre par l'association "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami" – Secoya dont le siège est à Manaus. La Coordination générale de Secoya est assurée par Silvio Cavuscens, un helvético- brésilien qui est présent en Amazonie depuis près de 40 ans. Le programme "Santé" de cette ONG est animé par Sylvie Petter, une infirmière de nationalité suisse.

Concrètement, le crédit supprimé représente huit à neuf projets comme ceux mis en œuvre par AYA et son partenaire amazonien. Lors de sa dernière réunion, cette association a décidé d'appeler les votants à refuser cette réduction.

En 2016, le Musée d'Ethnographie a présenté une exposition sur l'Amazonie qui a rencontré un vif succès. Dans l'une des salles, le public a pu voir des vidéos qui donnaient la parole à des leaders indigènes. Ils demandaient l'appui de Genève pour la défense de leurs droits.

La vidéo ci-dessous (2'20", sous-titrée français) concerne l'appel lancé par Aguinilson Ticuna, Cacique du peuple du même nom.

                                                                          

* Voir sur ce blog, les notes du 28 octobre 2011 et du 10 juin 2016.

Photo : © Secoya. Le système de purification d'eau (Ecolágua) que Secoya a installé – à titre expérimental - dans plusieurs communautés Yanomami grâce au financement du dernier "projet" et dont elle voudrait généraliser l'usage. L'achat et l'installation d'un tel système coûtent environ 4'700 CHF. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

18/11/2016

Quatre communes genevoises solidaires des Yanomami

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, AYA, Ville de Genève, SECOYA, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Délégation Genève Ville Solidaire, Bernex, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates, Fédération Genevoise de CoopérationAu mois de juin, sur ce blog*, une note annonçait que la Ville de Genève apportait son appui à un projet de "Promotion de la santé par les agents multiplicateurs Yanomami". Une action mise en œuvre par le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – Secoya de Manaus, le partenaire amazonien de l'association genevoise "Appui aux Indiens Yanomami - AYA". Il s'agit essentiellement, mais pas seulement, de réduire de manière pérenne la dénutrition susceptible de toucher 350 enfants dans les villages Yanomami établis le long du Rio Marauiá dans la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro dans l'État d'Amazonas. Selon la règle que la Ville s'est donnée, sa contribution ne couvre pas la totalité du budget. AYA a recherché d'autres appuis auprès de plusieurs communes genevoises. Les communes de Bernex, de Lancy et d'Onex ont répondu favorablement.

C'est la deuxième fois que la Ville d'Onex apporte son soutien à un projet de cette association. En décembre 2007 elle avait financé la construction de deux postes de santé dans la Terre Indigène Yanomami.

De son côté, la commune de Plan-les-Ouates a décidé de financer partiellement un projet de "Renforcement des capacités des Yanomami et de la Secoya dans la lutte contre la dénutrition infantile". Cette commune a déjà soutenu en 2014 – 2015 une première phase du projet de la Secoya de promotion de la santé maintenant appuyé par la Ville de Genève et les trois autres communes dont il est question ci-dessus.

Aucune loi n'oblige les communes genevoises à consacrer une part de leur budget à la solidarité internationale. Et pourtant toutes le font comme le montre la récente publication éditée par le Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Et cela depuis plusieurs dizaines d'années : Bernex depuis avant 1970; Lancy depuis 1972; Onex au moins depuis 1984 et Plan-les-Ouates depuis 1979. Ce geste librement consenti, cette solidarité collective fait, pour l'heure, consensus. Cette manière de procéder, permet aux associations de coopération comme AYA, d'avoir accès à des financements sans devoir organiser de chronophages et coûteuses opérations de collectes de dons, montants qui ne vont pas au soutien de projets. Les personnes qui, dans les ONG s'engagent, souvent bénévolement, à mettre en forme et à suivre les projets peuvent ainsi mieux se consacrer à cette tâche.

Au nom des bénéficiaires sur le terrain, AYA tient à exprimer sa vive gratitude aux autorités et aux habitants de ces communes pour leur geste de solidarité.

                                                                    ***

* Voir la note du 10 juin 2016

Photo : © Secoya / Deux enfants Yanomami du Rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 112, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/06/2016

La Ville de Genève solidaire des Yanomami

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Totem, Genève, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, xapono, AYA, Ville de Genève, SECOYA, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, AIS, Agentes Indígenas de Saúde, Ecolágua, Délégation Genève Ville SolidaireEn mars déjà, le Conseil Administratif de la Ville de Genève a décidé de soutenir un projet - présenté par AYA - de promotion de la santé par des agents multiplicateurs Yanomami. Un projet élaboré par l'Association Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA de Manaus (Brésil), prévu pour un an à partir d'avril 2016.

Le groupe cible bénéficiaire du projet est composé des habitants de onze villages (xapono*) regroupant les 2'000 Yanomami établis le long du rio Marauiá, dans la Terre Indigène Yanomami – TIY. Il s'agit de réduire de 50% la dénutrition susceptible de toucher les 350 enfants de 0 à 5 ans de cette région de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro.

La Secoya compte atteindre son objectif de diverses façons. En formant la trentaine d'Agents Indigènes de Santé – AIS déjà sur le terrain pour qu'ils soient capables de suivre la population infantile. En impliquant un réseau de femmes "multiplicatrices", formées en matière d'équilibre nutritionnel et aux conditions d'hygiène nécessaires à la bonne croissance des enfants. En rendant l'accès à l'eau potable à une partie plus importante de la population, notamment par l'utilisation du système de purificateur d'eau** "Ecolágua". En formant la population à des pratiques d'hygiène sûres (hygiène du milieu, domestique et personnelle). En sensibilisant cette population à l'importance d'un apport quotidien en protéines, particulièrement en valorisant les ressources traditionnelles.

La participation de la Ville de Genève ne couvre pas l'entier du budget du projet. AYA recherche un complément de financement auprès d'autres collectivités publique et de particuliers. Les dons**** sont donc les bienvenus.

En 2011, la Ville de Genève*** a déjà soutenu le programme de santé de la Secoya, également présenté par AYA, en finançant des cours de formation pour les Agents Indigènes de Santé. Au nom de ses partenaires, AYA tient à exprimer sa vive gratitude à la Délégation Genève Ville Solidaire pour l'appui qu'elle apporte à ce programme de santé.

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* Prononcer "Chapono" / ** Voir sur ce blog la note du 19 octobre 2015 / *** Voir la note du 28 octobre 2011 / **** AYA CCP No 17-55066-2

                                                                           ***

Rappel : Le Musée d'Ethnographie de Genève présente jusqu'au 8 janvier 2017 l'exposition "Le Chamane et la pensée de la forêt". Dans ce cadre, le musée organise des rencontres et des visites commentées. Le programme de ces animations peut être consulté sur son bulletin "Totem" No 71. Voir également sur ce blog les notes du 29 avril et du 20 mai derniers.

                                                                            ***

Carte : La Terre Indigène Yanomami et les xapono du rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour grandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

13/09/2013

Palais Eynard : la Ville de Genève reçoit une importante délégation autochtone

Brasil,Brésil,Amazonia,Amazonie,Autochtones,indigènes,indígenas,Palais Eynard,Ville de Genève,Sandrine Salerno, Palais des Nations, Pierre Maudet, Conseil d'Etat, James Anaya,ONU, Conseil des droits de l'homme,Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones,Mécanisme d'experts,Conférence mondialeCe vendredi 13 septembre, la Ville de Genève reçoit les participants au symposium organisé à l'initiative du doCip*. Une rencontre au titre évocateur : "Peuples autochtones aux Nations Unies : de l'expérience des pionniers à l' ''empowerment" des jeunes générations". Ils sont près d'une cinquantaine de représentants à avoir travaillé depuis mardi dernier au Palais des Nations. La réception au Palais Eynard est en quelque sorte la cérémonie de clôture de la rencontre. Madame la Maire de Genève, Sandrine Salerno, doit y prendre la parole ainsi que d'anciens et jeunes délégués. Lors de la cérémonie d'ouverture, le 10 septembre, au Palais des Nations, Monsieur Pierre Maudet, Conseiller d'État de la République et Canton de Genève avait souhaité la bienvenue aux délégués.

Le but du symposium est de renforcer, au sein des peuples autochtones, et par le dialogue intergénérationnel, les capacités d'agir des jeunes générations, notamment féminines, pour la mise en œuvre, aux niveaux local et des nations, des droits reconnus maintenant au niveau international. Plusieurs de ceux qui étaient présents à Genève, en septembre 1977, à la "Conférence internationale contre la discrimination à l'encontre des populations autochtones des Amériques" sont venus témoigner de la lutte qu'ils ont menée ces trente-six dernières années pour faire progresser leur cause et pour présenter résultats obtenus. Il s'agit en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007 et la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT adoptée en 1989.

Outre ces textes, dans le système onusien, les peuples autochtones** disposent maintenant de plusieurs entités pour faire connaître leurs problèmes revendications, notamment :

- L'"Instance permanente de l'ONU sur les questions autochtones" – UNPFII est le résultat de décennies de travail pour promouvoir la visibilité des questions autochtones au sein de la communauté internationale. Sa séance inaugurale a eu lieu en mai 2002. Elle est composée d'experts indépendants. Elle est appelée à faire part de ses conseils et recommandations sur les questions autochtones au système des Nations Unies.

- Le "Mécanisme d'Experts sur les droits des peuples autochtones" - MEDPA a été créé par une résolution du Conseil des droits de l'homme – CoDH en décembre 2007. Il a remplacé le Groupe de travail sur les populations autochtones – GTPA de l'ancienne Sous - Commission de promotion et de protection des droits de l'homme. C'est un organe subsidiaire du CoDH. Il a pour mandat de lui fournir une expertise thématique, notamment par la réalisation d'études et de recherche. Il peut lui présenter des propositions. Le MEDPA est composé de cinq experts indépendants nommés pour une période de trois ans, renouvelables une fois. Il se réunit une fois par an. Des personnalités, représentants d'États, divers organismes et des institutions, notamment des ONG, peuvent y participer en tant qu'observateurs.

- Le poste de "Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones" a été  créé en 2001. Sa tâche principale est de formuler des recommandations et des propositions sur des mesures et des activités appropriées destinées à prévenir et réparer les violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones. Le titulaire actuel est le professeur James Anaya. Il est nommé par le Conseil des droits de l'homme.

- Par rapport à un proche avenir, les peuples autochtones préparent déjà la Conférence mondiale sur les populations autochtones qui se tiendra les 22 et 23 septembre 2014 au siège des Nations Unies à New York. En juin dernier, ils se sont réunis en Norvège pour se mettre d'accord sur les thèmes à faire figurer dans la déclaration finale de cette Conférence : terre des populations autochtones; territoires et ressources; action des Nations Unies pour la mise en oeuvre des droits des peuples autochtones; priorités des peuples autochtones pour le développement, y compris le droit à un consentement préalable libre et éclairé.

Ces textes, ces instances et ces rencontres sont le résultat du travail entrepris par les peuples et organisations autochtones de nombreux pays depuis plusieurs dizaines d'années. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les droits reconnus au niveau international trouvent leur pleine application dans les différents pays. Les notes publiées sur ce blog montrent bien la difficulté des peuples indigènes du Brésil à faire respecter leurs droits. Et ce pays n'est qu'un exemple parmi d'autres !

***

* Le Centre de Documentation, de Recherche et d'Information des Peuples Autochtones – doCip est une fondation de droit suisse, créée en 1978, pour répondre a vœu des organisations autochtones présentes à la Conférence de 1977. Celles-ci souhaitaient pouvoir disposer d'un point d'appui lors de leur venue aux rencontres onusiennes. Pour l'organisation de ce symposium le doCip a reçu l'appui de plusieurs collectivités publiques : la Confédération, le Canton et la Ville de Genève.

** On compte près de 5'000 peuples autochtones dans le monde, représentant 370 millions de personnes, soit 5% de la population mondiale.

Photo : les délégués autochtones présents à la conférence de 1977 (publiée par le doCip et jointe à l'invitation pour la cérémonie d'ouverture du symposium).

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles permettent d'en "savoir plus".

Voir ci-dessous l'intervention (8'38'') de Mme Pierrette Birraux – ancienne directrice et actuelle Conseillère scientifique du doCip -  à l'occasion d'un débat, organisé le 21 mars 2012, par le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Mme Birraux traite de la place prise par les peuples autochtones au sein de l'ONU.