10/06/2016

La Ville de Genève solidaire des Yanomami

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Totem, Genève, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, xapono, AYA, Ville de Genève, SECOYA, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, AIS, Agentes Indígenas de Saúde, Ecolágua, Délégation Genève Ville SolidaireEn mars déjà, le Conseil Administratif de la Ville de Genève a décidé de soutenir un projet - présenté par AYA - de promotion de la santé par des agents multiplicateurs Yanomami. Un projet élaboré par l'Association Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA de Manaus (Brésil), prévu pour un an à partir d'avril 2016.

Le groupe cible bénéficiaire du projet est composé des habitants de onze villages (xapono*) regroupant les 2'000 Yanomami établis le long du rio Marauiá, dans la Terre Indigène Yanomami – TIY. Il s'agit de réduire de 50% la dénutrition susceptible de toucher les 350 enfants de 0 à 5 ans de cette région de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro.

La Secoya compte atteindre son objectif de diverses façons. En formant la trentaine d'Agents Indigènes de Santé – AIS déjà sur le terrain pour qu'ils soient capables de suivre la population infantile. En impliquant un réseau de femmes "multiplicatrices", formées en matière d'équilibre nutritionnel et aux conditions d'hygiène nécessaires à la bonne croissance des enfants. En rendant l'accès à l'eau potable à une partie plus importante de la population, notamment par l'utilisation du système de purificateur d'eau** "Ecolágua". En formant la population à des pratiques d'hygiène sûres (hygiène du milieu, domestique et personnelle). En sensibilisant cette population à l'importance d'un apport quotidien en protéines, particulièrement en valorisant les ressources traditionnelles.

La participation de la Ville de Genève ne couvre pas l'entier du budget du projet. AYA recherche un complément de financement auprès d'autres collectivités publique et de particuliers. Les dons**** sont donc les bienvenus.

En 2011, la Ville de Genève*** a déjà soutenu le programme de santé de la Secoya, également présenté par AYA, en finançant des cours de formation pour les Agents Indigènes de Santé. Au nom de ses partenaires, AYA tient à exprimer sa vive gratitude à la Délégation Genève Ville Solidaire pour l'appui qu'elle apporte à ce programme de santé.

                                                                           ***

* Prononcer "Chapono" / ** Voir sur ce blog la note du 19 octobre 2015 / *** Voir la note du 28 octobre 2011 / **** AYA CCP No 17-55066-2

                                                                           ***

Rappel : Le Musée d'Ethnographie de Genève présente jusqu'au 8 janvier 2017 l'exposition "Le Chamane et la pensée de la forêt". Dans ce cadre, le musée organise des rencontres et des visites commentées. Le programme de ces animations peut être consulté sur son bulletin "Totem" No 71. Voir également sur ce blog les notes du 29 avril et du 20 mai derniers.

                                                                            ***

Carte : La Terre Indigène Yanomami et les xapono du rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour grandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

20/05/2016

MEG : L'Amazonie sans la chaleur ni l'humidité !

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Genève, Johnathan Watts, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, Paul Lambert, Fraternelle Amazonie, xapono, smartphone, FECONAT, Alto Tigre, Peru, Pérou, COIAB, Manaus, FGC, Fédération Genevoise de Coopération, DDC, FGC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Aurélien Stoll, Aurélien Fontanet, Claudia Andujar, Manaus, Terre des Hommes Suisse, AYAC'est dans la fraîcheur de l'air conditionné que le Musée d'Ethnographie de Genève - MEG présente, depuis ce 20 mai, une exposition temporaire* consacrée à l'Amazonie sous le titre évocateur : "Le chamane et la pensée de la forêt". Une immersion dans la culture et l'histoire des peuples amazoniens facilitée par la présentation attractive d'objets, d'images, d'enregistrements rapportés par des voyageurs, des ethnologues, des photographes au fil des ans. Un ensemble qui constitue la très riche collection du musée.

Emouvante, la vitrine consacrée à Paul Lambert, l'auteur du film "Fraternelle Amazonie", on y voit son sac à dos, sa machine à écrire, son enregistreur… alors que dans le "xabono" voisin, il est possible de visionner des vidéos enregistrées, par des indigènes eux-mêmes, à l'aide de smartphones… L'Amazonie du 21e siècle n'est pas oubliée.

Une installation interactive montre comment des organisations indigènes de l'Amazonie péruvienne s'organisent pour la défense de leurs territoires affectés par l'extraction de bois, d'or et de pétrole. Des "observateurs" indigènes vont sur le terrain, prennent des photos géoréférencées qui alimentent une base de données leur permettant de dénoncer cette situation auprès des autorités politiques. La formation de ces observateurs est le résultat d'un partenariat entre la Fédération des Communautés Natives du Haut-Tigre – FECONAT et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, une ONG genevoise qui a reçu l'appui de la Confédération et de collectivités publiques genevoises par l'intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération – FGC**.

Toujours dans le "xabono", la série de vidéos "Donner la parole" est le résultat d'un projet participatif initié par le MEG et le MCI. Deux jeunes membres de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB (Manaus) ont interviewé dix-huit leaders indigènes brésiliennes et brésiliens et cinq péruviens qui font part de leurs préoccupations en rapport avec la destruction de leur environnement et le non respect de leurs droits.

Depuis l'enregistrement de ces témoignages, avec les récents événements politiques qui agitent le Brésil, les menaces qui pèsent sur les droits territoriaux des peuples indigènes, non seulement amazoniens, mais de l'ensemble du pays, se font plus précises.

L'exposition du MEG devrait rappeler cette actualité !

                                                                   ***

*Cette exposition a été réalisée sous le patronage de la Commission Suisse pour l'UNESCO. Elle est ouverte jusqu'au 8 janvier 2017. De nombreux "événements" sont prévus dans le cadre de cette exposition : voir "Totem" No 71, le bulletin du MEG sur son site Internet.

** Outre le MCI, Terre des Hommes Suisse (Genève), et bien sûr AYA entretiennent des partenariats avec organisations indigènes amazoniennes.

Photo : © B. Comoli - La présentation de l'exposition. Cliquer sur la vignette pour grandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/12/2013

Les Yanomami des rios Marauiá et Preto créent l'association Kurikama

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Ye'kuana, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Rio Preto, xapono, Komixiwe, Rios Profundos, SECOYA, Kurikama, FUNAI, IMCbio, DSY, Pró Amazônia, Missão Salesiana, urucum, genipapoC'est par la fête traditionnelle du "Hearu" qu'a commencé la IIIe Assemblée générale des Yanomami des rios Marauiá et Preto. C'est une fête pour laquelle les Yanomami se peignent le corps avec de l'urucum et du genipapo, s'affrontent et dansent dans une forte démonstration culturelle. Cette rencontre a eu lieu entre le 1er et le 7 octobre dans le "xapono*" (le village) de Komixiwe**. Ils étaient 250 représentants de treize villages de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro, dans l'État d'Amazonas.

L'objet central de cette réunion était la constitution d'une association susceptible de renforcer les liens entre les différents villages et de définir des stratégies collectives pour faire face aux politiques publiques inefficaces qui ne prennent pas en compte la réalité Yanomami de cet État. Les statuts de l'association ont été discutés de manière approfondie pour que tous en comprennent le fonctionnement. Il faut souligner l'institution du "Conseil Yanomami" formé par les leaders traditionnels de chaque village. Ce Conseil représente la plus haute instance de décision après l'Assemblée générale qui a encore élu une "Coordination générale" et un "Conseil de surveillance" après la présentation des candidats de chaque village.

Quatre ONG étaient également représentées : le Service et Coopération avec le peuples Yanomami – SECOYA, Rios Profundos, la Mission salésienne et Pró Amazônia. Plusieurs administrations publiques avaient envoyé des représentants : le District Sanitaire spécial Yanomami et Ye'kuana - DSY, le Front ethno - environnemental Yanomami de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, l'Institut Chico Mendes de Conservation de la biodiversité – IMCbio et le Secrétariat de l'Education de Santa Isabel do Rio Negro.

Le représentant de la FUNAI a eu à entendre les innombrables plaintes et revendications des Yanomami qui se sentent abandonnés depuis que la Fondation a supprimé les postes de surveillance en 2010. La délégation du DSY n'a pas échappé aux reproches. Selon les Yanomami, la population est en permanence dans une situation d'insécurité avec l'augmentation de la malaria et des maladies infectieuses, la précarité des infrastructures, le défaut d'équipements. Tout cela associé au manque de médecin dans la région et l'impréparation des professionnels de santé.

Le nom de l'association - "Kurikama" - n'a pas été choisi au hasard. Il est celui d'un mythe et aussi celui d'une jeune Yanomami. Pour se protéger d'un déluge qui menaçait tout le peuple Yanomami, une jeune fille a été décorée avant d'être jetée dans les eaux. Son sacrifice a permis de sauver le peuple. Kurikama s'est alors transformée en esprit. Les Yanomami sont d'avis que le mythe est lié à leur vécu actuel. Le logo de l'association – une jeune fille au bord d'une rivière - est un hommage à cet esprit.

La création de cette association marque la volonté des communautés yanomami de ces régions difficiles d'accès de mieux défendre leurs intérêts. Un progrès dans l'exercice de la citoyenneté. Il est utile de s'en réjouir ce 10 décembre qui est la Journée internationale des droits de l'homme.

***

* Prononcer "Chapono" et ** "Komichiwe"

Photo © Associação Kurikama. C'est le logo de l'association. Il représente Kurikama qui a sauvé le peuple Yanomami / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans AYA Info (No 88) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

25/01/2013

Meyrin solidaire des Yanomami

Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brasil, Brésil, Manaus, Marauiá, Demini, Bicho-Açu, Yanomami, xapono, SECOYA, Meyrin, indigènes, indígenas, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Yarimu, SESAI, FUNAIDispersés dans des communautés, souvent installées à proximité ou sur les berges des rivières, loin des chefs-lieux de municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos, les Yanomami subissent malgré eux, les conséquences d'un système qui leur est étranger à bien des égards. Ils n'ont guère de prise sur leur propre destin. Mais la situation évolue positivement grâce, en partie, à l'appui de la  commune de Meyrin.

En 2010, la municipalité a accordé une subvention pour la réalisation d'un projet porté par l'ONG genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA": une action en faveur du renforcement des compétences des leaders Yanomami et du processus organisationnel de ces indiens de l'État brésilien d'Amazonas. En fait, il s'agit d'un soutien à un programme de l'ONG brésilienne "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA". Cette association, dont le siège est à Manaus, travaille depuis de nombreuses années dans cette partie du Brésil.

Le projet a été réalisé en plusieurs étapes. Une phase préparatoire a eu lieu en décembre 2010. Les animateurs de la Secoya ont visité plusieurs communautés pour une sorte de "mise à jour" des problèmes rencontrés par les habitants des villages dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement durable en particulier.

Une deuxième phase a commencé en avril 2011. La Secoya a organisé des réunions de démocratie participative dans une dizaine de villages de la vallée du rio Marauiá. Il s'agissait surtout de préparer un premier cours plus formel, qui a eu lieu du 20 au 28 avril dans la communauté de Komixiwë. La plupart des 47 leaders présents venaient des xapono* (villages) du rio Marauiá, mais aussi de deux villages proches du rio Demini et l'un d'eux venait même d'une communauté vivant sur territoire vénézuélien. Le cours a été animé par quatre animateurs de la Secoya.

Un deuxième cours a eu lieu à Bicho-Açu entre le 18 et le 27 octobre 2011. Près de cinquante leaders étaient présents, parmi lesquels des chefs traditionnels, des enseignants et des agents indigènes de santé. La communauté de Bicho-Açu a pris la responsabilité de la préparation des lieux et de la logistique du cours. Avec la participation de tous ses hôtes, elle a aussi organisé un "Yarimu", un cérémonial traditionnel, une guerre virtuelle entre les esprits, pour chasser ceux d'entre eux qui menacent l'équilibre et la tranquillité des communautés. Le cours a été organisé pour répondre à deux objectifs : permettre aux Yanomami d'améliorer la compréhension des situations dont ils devront assumer eux-mêmes le suivi, et de les accompagner dans une réflexion approfondie et respectueuse de leur processus organisationnel. Deux jours ont aussi été consacrés à la préparation d'une "IIe Assemblée générale des Yanomami de l'État d'Amazonas". Cette assemblée a eu lieu du 22 au 28 novembre 2011 à Bicho-Açu.

En 2010, les animateurs avaient constaté un certain découragement au sein des communautés, ceci en raison de la dégradation des conditions de vie et de l'état d'abandon dans lequel elles se trouvaient. Depuis, elles se sont regroupées. Elles ont organisé plusieurs délégations auprès des responsables des services publics en charge de la santé ou de l'éducation. Ces initiatives témoignent de la renaissance d'un certain dynamisme auquel le projet n'est, bien sûr, pas étranger. Des nouvelles très récentes montrent que la volonté de s'organiser s'est encore accentuée ces derniers mois.

En décembre dernier, AYA a remis les rapports technique et financier finals de ce projet à la mairie de Meyrin. Au nom des bénéficiaires directs du projet, les Yanomami de l'État d'Amazonas, de l'association Secoya de Manaus, AYA tient à remercier chaleureusement les autorités municipales de Meyrin d'avoir accepté de soutenir ce type de projet.

En effet, il ne s'agit pas là d'un projet de réalisations concrètes, comme par exemple, l'aménagement de jardins potagers, la construction d'écoles ou de dispensaires, etc, dont les résultats sont immédiatement mesurables et contrôlables. Ce projet de formation de leaders tend à réduire les déficiences des services publics de santé et d'éducation notamment. Il va aux causes mêmes des problèmes. Et les effets attendus, en termes de politiques publiques, concernent toutes les communautés.

Dans le même temps, en s'organisant, les habitants deviennent davantage les sujets de leur propre destin.

***

* Prononcer "chapono"

Photo © Secoya : avril 2011/Rencontre dans un village pour inviter les leaders au cours de formation

PS 1 : Plusieurs fois il a été question de ce projet dans ce "blog", voir les notes des 02/04/2010, 01/07/2011 et 23/12/2011

PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Sous une forme réduite, cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

23/12/2011

La IIe Assemblée Yanomami : un succès !

Secoya:assemblia Yano2.pngLa IIe Assemblée* des Yanomami de l'État d'Amazonas a eu lieu du 22 au 28 novembre au xapono** (un village circulaire) de Bicho-Açu, situé dans la partie inférieure du rio Marauiá, dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro Elle a réuni plus d'une centaine de leaders représentant vingt-quatre communautés proches, ou riveraines des rios Cauaburis, Demini, Marauiá, Maya et Padauiri sur les trois communes de Barcelos, São Gabriel da Cachoeira et Santa Isabel do Rio Negro.

Étaient également présents : Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, des représentants de l'Association Yanomami du rio Cauaburis - AYRKA, de la Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro - FOIRN. Les principales entités et services publics qui agissent dans cette partie de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) avaient aussi envoyé des délégués.

Tous ces visiteurs ont été accueillis selon les traditionnels rituels de bienvenue. Les débats ont porté sur cinq thèmes qui reflètent les principales préoccupations des leaders : le service de santé, l'éducation différenciée, l'environnement, la surveillance du territoire par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, et la présence des forces armées.

La santé est certainement le plus important des thèmes abordés par l'Assemblée. Les dirigeants ont souligné les graves déficiences du service de santé dans les communautés. Cela a pour conséquence une péjoration marquée de l'état de santé de la population. Ils ont formulé une dizaine de propositions visant à répondre aux besoins des communautés.

L'Assemblée a également proposé une demi-douzaine de mesures en faveur de l'éducation différenciée devant être mise en œuvre par les institutions chargées de l'éducation dans les villages.

Les leaders ont relevé l'état d'abandon dans lequel la FUNAI laisse les communautés. Ils ont souligné l'augmentation de l'insécurité due à l'invasion de pêcheurs et marchands de bois en particulier. Ils ont formulé six revendications à l'adresse de la Fondation, notamment de garantir la surveillance du territoire. En matière d'environnement, les leaders ont demandé le gel du processus de constitution du comité de gestion de la "Forêt nationale de l'Amazonas"*** qui se superpose avec la TI-Y. Cela en attendant que soit résolue l'incompatibilité des statuts réglementant les "Terres indigènes" et les "Forêts nationales".

En raison de l'impact culturel causé par de la présence de militaires dans les communautés, ils refusent l'implantation de nouveaux pelotons de surveillance de la frontière. Ils demandent le déplacement de ceux qui existent vers des zones non habitées.

Les délégués ont encore désigné les représentants des communautés dans les différentes instances de gestion participative.

Cette Assemblée a été un succès à plus d'un titre, mais surtout en raison du fait que des leaders, souvent isolés, ont pu prendre conscience des mêmes problèmes qu'ils affrontent au quotidien.

***

* La première a eu lieu en 2007

** En français, prononcer "chapono"

*** Voir "AYA Info" Nos 63 & 64

Photo © Secoya : une vue de l'Assemblée

Pour en savoir plus (en portugais) : http://www.secoya.org.br/ > II Assembléia Yanomami do Amazonas...

Cette note sera publiée  dans le prochain "AYA Info" No 67, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07:42 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : yanomami, flona amazonas, secoya, funai, saúde indígena, assembleia yanomami, xapono | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |