xikrin

  • Á Uni Mail : Populations autochtones et multinationales

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Peuples autochtones, Uni Mail, multinationales responsables, initiative fédérale, CUAE, Master TRANS, Haute école d’art et de design, Genève, HEAD, Cateté, Pará, Xikrin, Aurélien Fontanet, Aurélien Stoll, Loreto, Pérou, Marine Vasina, E-Changer, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, AYA, Fédération vaudoise de coopération, Fédération genevoise de coopération, Université de Genève

    C’est connu, la colonisation a eu des conséquences désastreuses, surtout en termes démographiques, pour les « peuples premiers » occupants de l’Amérique. Cependant, la résistance qu’ils ont opposée aux conquérants européens leur a permis de conserver – notamment en Amazonie – leur culture, leur mode de vie. Mais, les richesses minières du sous-sol amazonien excitent maintenant l’appétit des grandes entreprises nationales ou multinationales. Deux exemples : l’exploitation du nickel, dans l’État brésilien du Pará, et du pétrole dans la province péruvienne de Loreto portent atteinte à la santé des indigènes.

    Pour les peuples autochtones, empêcher la destruction de leur cadre de vie, la Terre-Mère est vital. Il sera question de la solidarité qu’il est possible de leur manifester lors de la rencontre de ce 15 novembre, organisée par plusieurs entités (voir ci-dessus). Cette table ronde a pour toile de fond l’initiative fédérale « Pour des multinationales responsables » toujours en attente de votation.

    Invitation à tous !

    PS : cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

  • Un médecin au service des indigènes depuis plus de cinquante ans

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, diabète mellitus de type 2, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-Prex, OIT, Convention 169, Pará, rio Cateté, rio Itacaiunas, métaux lourds, metais pesados, Fernando Henrique Cardoso, Complexo Eliezer Batista, Djudjê-Kô, Cateté, Oodjã, S11D, Aurélien Fontanet, René Fuerst João Paulo Botelho Vieira Filho (84 ans) est médecin, spécialiste en endocrinologie clinique, étudiant puis professeur à l’École de médecine de l’Université Fédérale de São Paulo. Son histoire de vie (1) est celle d’un véritable sacerdoce exercé depuis 1965 auprès d’une dizaine peuples de l’Amazonie brésilienne centrale et orientale. Il est l’auteur de nombreux articles et rapports scientifiques particulièrement consacrés au diabète mellitus de type 2 touchant les autochtones. Une épidémie pandémique causant obésité et surpoids, complications vasculaires, rénales, oculaires et nerveuses. Obligeant parfois à pratiquer des amputations. À l’origine : des facteurs génétiques ! Selon le médecin, les organismes des indigènes sont génétiquement marqués par des millénaires d’alimentation issue de la chasse, de la cueillette, de cultures de subsistance et d’activité physique. L’actuel abandon - par de nombreux peuples autochtones - de la diète traditionnelle pour passer à la diète « occidentale » hautement calorique avec une forte teneur en sucre et graisses et un mode de vie plus sédentaire est un désastre. Le docteur demande aux autorités de modifier le « panier de base » et les « goûters scolaires » qu’elles fournissent aux minorités génétiquement différentes.

    Le Dr Botelho a aussi été un pionnier pour la vaccination des indigènes contre plusieurs affections : tuberculose, diphtérie, tétanos, paralysie infantile, rougeole, coqueluche et variole. Plus récemment, il a vacciné des fillettes de 9 et 10 ans contre le papillomavirus.

    Son intervention chez les Xikrin (2) de la Terre Indigène (TI) Xikrin do Cateté a été essentielle pour la survie de ce peuple. Il a contribué à sa quasi renaissance démographique : d’à peine une centaine quand il les a connus en 1967, ils sont maintenant environ 1460.

    Son action est encore importante. Elle va au-delà du problème du diabète. La vie de ces Xikrin est encore menacée (3). Les sites de production de la multinationale Vale SA (4) polluent en métaux lourds les deux rios Cateté et Itacaiunas d’importance vitale pour les habitants des trois villages Xikrin construits sur leurs rives. Le Dr Botelho a maintes fois attiré l’attention des autorités sur cette situation. À plusieurs reprises ses rapports ont servi de base pour des actions en justice. En 2017, un tribunal a fait cesser l’activité du site « Onça Puma ». Le 13 septembre dernier, Vale SA a publié une information selon laquelle le président du Tribunal Suprême Fédéral avait autorisé la reprise de l’activité sur ce site. À suivre !

    Aidé par le photographe et vidéaste genevois, Aurélien Fontanet (5), le docteur utilise maintenant les réseaux sociaux. Il s’exprime (en portugais) sur une chaîne YouTube.

    João Paulo Botelho Vieira Filho est, de longue date, un allié fidèle et précieux des peuples indigènes. Chapeau !

                                                                                     ***

    (1)Un livre (en portugais) : “Reminiscências de um médico na convivência com índios da Amazônia durante 53 anos (1965 – 2018)” / João Paulo Botelho Vieira Filho / Editora Kelps / Goiânia / 2018 / 180 p. ISBN : 978–85–400-2629-2 / (2) Prononcer « Chikrine » / (3) Voir sur ce blog les notes du 6 septembre 2018, 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / (4) Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève. / (5) Aurélien Fontanet a créé un site internet et formé des Xikrin permettant à ces derniers de s’exprimer.

    Photo : © Aurélien Fontanet. À gauche, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, à droite Aurélien Fontanet. Au fond, à gauche, le rio Cateté. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • René Fuerst : Amazonie, vingt belles années (1955 – 1975)

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Yanomami, Pará, Kayapó, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Hommes oiseaux, Père Caron, Curé d'Indiens, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, Carouge, Genève, Flux Laboratory, CICR, MEG, Musée d’Ethnographie, Genève« Qui brave la pluie se mouille ! » Ainsi commence l’ouvrage* que vient de publier René Fuerst, l’ethnologue genevois de 86 ans. C’en est aussi le titre du dernier chapitre où il raconte comment et pourquoi le troisième Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, le Général de Réserve, Ismarth Araújo de Oliveira, lui interdit, en juillet 1975, l’accès aux aires indigènes du pays. Il avait publiquement critiqué la politique indigéniste de l’État brésilien.

    Dès 1955, ce chercheur était allé à la rencontre de plusieurs peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne. Notamment chez le Xirin du Cateté et les Yanomami du rio Demini. Il l’a fait pour le Musée d’Ethnographie de Genève - MEG, mais aussi pour le Comité International de la Croix Rouge – CICR. Il avait perçu le risque d’un véritable génocide déjà couru par ces peuples.

    De son expérience amazonienne, l’ethnologue en fait le sous-titre de son livre : « Vingt belles années (1955 -1975) ». En 1998 déjà, dans son ouvrage « Adieu l’Amazonie », édité par le MEG, il avait qualifié les années passées dans cette partie du Brésil comme étant les plus belles de sa vie !**

    S’être ainsi fortement « mouillé » pour les autochtones, et s’en être vu sanctionné, se révèle être la satisfaction de sa riche existence. L’auteur a déjà largement partagé ses connaissances avec le public par ses précédents ouvrages, les nombreux objets rapportés au MEG et des expositions***.

    La publication de ce livre arrive au moment où les incendies qui ravagent la forêt amazonienne mettent en danger le cadre de vie des autochtones déjà menacé par le gouvernement brésilien. De nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Brésil et à l’étranger, dont deux à Genève !

                                                                                      ***

    *L’ouvrage : « Indiens d’Amazonie - Vingt belles années (1955 – 1975) » ISBN No 978-88-7439-870-6 / Edition : 5 Continents / Milan – 143 p. Texte et photographies (plus de soixante photos noir-blanc) de René Fuerst.

    **« Les plus belles années de ma vie », c’est aussi un chapitre du livre « Adieu l’Amazonie » publié en 1998 par le Musée d’Ethnographie de Genève – MEG.

     *** En 2014, à l’occasion d’une exposition « Cinquante ans après », les photos de René Fuerst prises chez les Xikrin en 1963 sont mises en regard avec celles faites par Aurélien Fontanet chez les mêmes Xikrin en 2013. Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014.

    Illustration : 1ère de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pou en agrandir la taille.

                                                                              ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : les Xikrin engagent une nouvelle action judiciaire contre Vale SA

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    Les Xikrin* engagent, une fois de plus**, une procédure judiciaire contre la multinationale Vale SA***. C’est ce qu’a révélé l’agence de presse A Pública le 30 juillet. Est particulièrement visé le site de Salobo d’où est extrait du cuivre. Une mine située au nord-est de leur Terre Indigène (TI), la TI Xikrin do Cateté  (Voir la carte ci-dessous). C’est une région où ce peuple va traditionnellement récolter la châtaigne du Pará. Les Xikrin reprochent à la société minière d’avoir abattu un nombre significatif de châtaigniers réduisant sensiblement leurs ressources. Selon l’agence, la licence d’exploitation de cette mine arrive à échéance et devrait être renouvelée. Les organisations indigènes locales veulent être consultées avant ce renouvellement, conformément à ce que prévoit la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail reconnue par le Brésil. Ils ont confié leur défense à un avocat, José Diogo de Oliveira Lima. Selon A Pública, Vale SA a déclaré ne pas avoir encore reçu de notification.

    Cette TI a été déclarée telle en 1977 pendant la dictature militaire, puis homologuée par F. Collor en 1991. Et cela dans des limites qui ne couvrent pas l’aire utilisée par ces Indiens pour leur vie économique et culturelle. La Terre des Xikrin intéresse les compagnies minières. En 2013, l’Institut Socio-environnemental – ISA a publié une étude dans laquelle il montre que cette TI fait l’objet de demandes de prospection couvrant quasiment la totalité de son étendue. En vertu d’un décret présidentiel de mars 1997, Vale SA doit indemniser les Xikrin pour les désagréments causés par l’exploitation minière. À ce moment-là, il n’était pas imaginé que l’impact serait aussi grave.

    Les Xikrin reprochent également à l’entreprise minière de polluer les rios Cateté et Itacaiunas. Deux rivières essentielles à leur vie quotidienne. Une pollution aux métaux lourds qui porte gravement atteinte à leur santé. Selon des observations en cours, le rio Cateté est pollué par les rejets du site minier de Onça Puma qui produit du nickel. Une exploitation située à l’ouest de la TI et qui affecte les Xikrin des deux villages Djudjê-Kô et Cateté. Le rio Itacaiunas étant vraisemblablement pollué, lui, par les rejets du complexe minier Eliezer Batista où est exploité du minerai de fer. Une mine implantée au sud-est de la TI. Ce sont les habitants de Oodjã qui en sont les victimes. Il est question de déplacer le village.

    Dans un rapport de juillet 2018, le professeur Reginaldo Saboia de Paiva, de l’Université fédérale du Sud et Sud-est du Pará, spécialiste des questions environnementales, montre comment Vale SA ne retient qu’une partie rejets dangereux d’Onça Puma et continue de polluer la rivière (voir photos ci-dessous).

    Parallèlement, dans son rapport, lui aussi de juillet dernier, le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, de l’École de médecine de Université de São Paulo, montre la dangerosité des métaux lourds. Depuis cinquante ans, il visite régulièrement les Xikrin. Il a pu constater l’évolution de la pollution des rivières et la détérioration de la santé de ces Indiens. Une situation qu’il dénonce régulièrement. Il attire aussi l’attention des communautés indigènes sur les risques - particulièrement le diabète - liés à leurs nouvelles habitudes alimentaires trop riches en denrées sucrées.

    Également en juillet dernier, le vidéaste genevois Aurélien Fontanet est allé, pour la quatrième fois, chez les Xikrin. Son premier voyage - en 2013 - était pour rapporter des photos de ce peuple cinquante ans après celles prises par René Fuerst, l’ethnologue genevois. Mais cette année, il a filmé des témoins et victimes de la pollution. Ces vidéos sont en ligne sur la chaîne YouTube du médecin.

    En 1967, les Xikrin étaient à peine une centaine. C’était un peuple alors en risque d’extinction en raison des maladies contractées à la suite des premiers contacts avec « les blancs », notamment les chasseurs de jaguars et l’absence d’assistance médicale. Ils sont maintenant environ 1'500. Cette évolution sur le long terme réjouit le Dr Bothelho. Dans son dernier rapport, il se veut optimiste. Il dit son admiration pour les Xikrin qui n’ont pas cessé le combat pour leur survie. Il rappelle que des rios de l’État de São Paulo, morts il y a quelques années, sont maintenant propres et dépollués. Et de conclure par ces deux phrases : « L’eau est un bien public et vital pour la santé et la vie ! »  « Le mal et la méchanceté seront toujours vaincus !»

    Sera-t-il entendu par Vale SA qui, de toute évidence, a les moyens d’éviter le désastre environnemental qu’elle cause, notamment en protégeant efficacement les rivières afin de ne pas mettre en danger la santé des Xikrin et des habitants de la région ?

                                                                         ***

    *Prononcer « Chikrine » / ** Voir sur ce blog les notes du 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / *** Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève.

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    Photos © Aurélien Fontanet et Reginaldo Saboia de Paiva. Du haut en bas : Un enfant Xikrin a les yeux rougis après avoir pris son bain dans le rio Itacaiunas pollué / À Oodjã, le rio Itacaiunas est aussi utilisé pour laver la vaisselle / Les enfants de Oodjã pêchent du poisson contaminé / Pollution du rio Cateté. Copie d’une photo publiée dans le rapport du Prof. R. Saboia de Paiva

    Illustrations : cliquer sur les images pour en agrandir le format.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    Carte indicative :

    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-Prex, A Pública, OIT, Convention 169, Pará, José Diogo de Oliveira Lima, rio Cateté, rio Itacaiunas, métaux lourds, Fernando Collor de Mello, Fernando Henrique Cardoso, ISA, Instituto Socioambiental, Complexo Eliezer Batista, Djudjê-Kô, Cateté, Oodjã, S11D, Reginaldo Saboia de Paiva, Aurélien Fontanet, René Fuerst, São Paulo, Castanha do Pará, Châtaigne du Pará, Noix du Brésil, Tocantins

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Versoix : Les peuples autochtones d'Amazonie brésilienne

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Versoix, Genève, Boléro, Emilie Barrucand, Mebêngôkre, Kayapó, Paresí, terras indígenas, terres indigènes, Mato Grosso, Pará, Wayanga, Raoni Metuktire, Belo Monte, Xingu, Xikrin, Rio Cateté, Flux Laboratory, René Fuerst, Aurélien FontanetDe nombreuses photos, une vidéo et quelques textes explicatifs sur les peuples autochtones de l'Amazonie brésilienne sont à voir jusqu'au 25 février au "Boléro", à Versoix/Genève (1). En fait, c'est une partie des travaux de l'anthropologue française Emilie Barrucand qui est exposée au Centre d'art et de culture. La scientifique rappelle le rôle des peuples autochtones comme protecteurs de la Planète et la sagesse dont ils font preuve et qui devrait nous inspirer. Elle évoque son engagement à leur côté. En fait, elle nous fait mieux connaître deux peuples : les Mebêngôkre, plus connus sous l'appellation de "Kayapó", et les Paresí. Ces derniers sont un peu plus de 2'000. On les trouve dans une dizaine de Terres Indigènes de l'État du Mato Grosso. L'association – Wayanga - que préside la Française, développe plusieurs projets en faveur de la préservation de leur culture.

    Les quelques 11'000 Kayapó, répartis en plusieurs groupes, vivent essentiellement dans neuf Terres Indigènes l'État du Pará. Emilie Barrucand évoque leur culture, leur vie sociale et leur activité économique. C'est surtout leur leader, Raoni Metuktire qui est connu au niveau international pour son engagement pour la défense de la forêt amazonienne et son opposition à la construction du barrage de Belo Monte sur le Xingu (2), inauguré en 2016 par l'ex-présidente Dilma Rousseff. Raoni est venu plusieurs fois à Genève (3) pour plaider la cause de son peuple devant les instances onusiennes, le Conseil des droits de l'homme en particulier.

    L'exposition de Versoix n'est pas sans rappeler celle présentée par Flux Laboratory à Carouge, en mars 2014 (4). Elle était consacrée à un groupe Kayapó, les Xikrin (5) du rio Cateté, que l'ethnologue genevois, René Fuerst, a visité en 1963 et que le vidéaste Aurélien Fontanet est retourné voir cinquante ans après, en 2013.

                                                                           ***

    (1) Le "Boléro" 8, Chemin Jean-Baptiste Vandelle, 1290 Versoix/Genève (à proximité de la gare CFF) – Tél.: +41 (0)22 950 84 00 / https://www.loisirs.ch/loisirs/20963/bolero-versoix

    Entrée libre du mardi au dimanche de 15h à 18h.

    (2) Prononcer "Chingou" / (3) Voir sur ce blog, la note du 14 décembre 2012 / (4) Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014 / (5) Prononcer "Chikrine"

    Image extraite de l'invitation au vernissage de l'exposition. Cliquer sur la vignette pour l'agrandir.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 121, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Vale SA : son site minier "Onça Puma" paralysé par la justice

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-PrexDéjà en 2015*, la justice brésilienne avait ordonné à la multinationale Vale SA d'interrompre ses activités sur son site d'exploitation de nickel "Onça Puma" dans l'État brésilien du Pará. Le 13 septembre dernier, l'entreprise est une nouvelle fois l'objet d'une telle décision prise par le Tribunal Régional Fédéral –TRF1. Il est reproché à l'entreprise de ne pas avoir mis en œuvre un plan de gestion économique et environnemental en faveur des communautés indigènes Xikrin** affectées par son activité. Vale SA a fait savoir qu'elle fera recours contre cette décision. Elle rappelle qu'elle subventionne les activités des communautés Xikrin et qu'elle est ouverte au dialogue.

    Par ses rapports, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, au service des communautés Xirin depuis de nombreuses années, attire régulièrement l'attention sur la pollution du Rio Cateté par les métaux lourds libérés par l'usine Onça Puma. Dans son dernier rapport de juillet 2017, il affirme que si la pollution continue, se seront les localités de Parauapebas et Marabá, situées en aval, qui seront touchées. En avril dernier, il a dénoncé cette pollution sur Youtube.

    Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex dans le canton de Vaud, à quelques kilomètres de Genève.

    * Voir sur ce blog, la note du 11 septembre 2015.

    ** Prononcer "Chikrin"

    Carte : La localisation de la Terre Indigène Xikrin du Cateté. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 119, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Vale SA met toujours en danger la santé des Xikrin*

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    Inlassablement**, le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho attire l'attention sur l'état de santé du peuple Xikrin de la Terre Indigène Kateté. Son dernier rapport, publié en juillet, rappelle a quel point la pollution engendrée par l'usine de Onça Puma, exploitée par la multinationale Vale SA***, impacte le quotidien des 1'282 Xikrin habitant les trois villages Kateté, Djudjê-kô et Oodjã.

    L'eau du Rio Cateté qu'ils boivent, dans laquelle ils se baignent, préparent les aliments qu'ils consomment, pêchent les poissons qui composent une bonne partie de leur nourriture est polluée. L'air qu'ils respirent est également pollué par les poussières toxiques relâchées dans l'atmosphère. Cette pollution atteint les animaux qu'ils chassent et l'ensemble de la végétation de la région. C'est bien tout l'environnement qui est atteint. Le médecin note quelques mesures déjà prises mais souligne que la pollution persiste. Il en appelle à Vale pour qu'elle y mette un terme. Récemment, à la demande des Xikrin, le vidéaste genevois Aurélien Fontanet a réalisé une vidéo de quelques minutes sur cette pollution. Elle a été mise en ligne sur Youtube au début de ce mois d'août (voir ci-dessous).

    Le 9 août, les Xikrin, sous l'égide du Ministère Public Fédéral du Pará ont signé avec Vale un accord de compensation financière en vue d'atténuer les dommages causés aux communautés par l'exploitation minière de Onça Puma. Mais l'origine de la pollution, et les mesures à prendre pour y mettre un terme font encore l'objet d'une controverse.

    Une autre préoccupation du docteur Botelho concerne le contenu des repas scolaires - en brésilien, le "Merenda escolar" servis aux enfants et étudiants Xikrin : il le juge inapproprié et préjudiciable à leur santé. Il a observé que les groupes indigènes qui ont abandonné la diète traditionnelle pour la diète industrielle ou "occidentale" présentent un taux élevé d'obésité et de diabète, sources de complications graves. Il recommande l'application de l'art. 12 du décret 6861/2009 qui précise que "L'alimentation scolaire destinée aux écoles indigènes doit respecter les habitudes alimentaires des communautés…" Plus concrètement, il demande que soient notamment bannis des repas scolaires les aliments contenant du sucre cristallisé. Il recommande aux collectivités publiques - municipalités et État du Pará - en charge de fournir les repas, de s'inspirer de pratiques en cours dans plusieurs Terres Indigènes de l'État de São Paulo qui utilisent des aliments issus de cultures traditionnelles des communautés indigènes. Pour le docteur, l'idéal serait que les indiens fournissent les aliments tirés de leurs propres cultures pour les repas scolaires. Produits achetés par les municipalités et gouvernements des États, ce qui aurait l'avantage de renforcer l'économie des villages et contribuerait à réduire la pauvreté.

                                                                         ***

    * Prononcer "Chikrine".

    ** Voir sur ce blog, les notes du 23 décembre 2014 et 11 septembre 2015

    *** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud.

    La vidéo ci-dessous (4'47") est en portugais:

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 111, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Après la catastrophe écologique, Samarco et Vale sous la pression des Indiens

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    Les médias ont largement diffusé l'information. Dans l'après-midi du 5 novembre 2015, un gigantesque torrent de boue a submergé la petite localité de Bento Rodrigues, située dans la municipalité de Mariana dans l'État brésilien du Minas Gerais (MG), provoquant la mort de 17 personnes et de graves dégâts à l'environnement. Un barrage retenant des millions de tonnes de déchets de minerai de fer d'une mine de la compagnie Samarco, filiale de BHP Biliton et de Vale, avait cédé. La boue s'est écoulée par le Rio Doce jusqu'à l'Atlantique dans l'État de Espírito Santo (ES). Le fleuve est considéré comme mort sur plus de 600 km. Vient maintenant l'heure du bilan chiffré, des responsabilités et du coût des réparations de ce qui est considéré comme la pire des catastrophes écologiques du pays.

    Près d'une trentaine de localités ont été affectées par la catastrophe. Parmi les riverains touchés, les Indiens de la Terre Indigène Krenak sur les rives du rio Doce. Le 13 novembre, ils ont occupé, près de Resplendor, la voie ferrée de la compagnie "Estrada de Ferro Vitória a Minas - EFVM" qui appartient à Vale. Depuis le 5 novembre ils demandaient, en vain, de l'aide à la Compagnie, notamment la fourniture de nourriture et d'eau potable. Il a fallu l'intervention de la FUNAI pour que Vale apporte une aide d'urgence à 126 familles. Les Krenak ont levé leur occupation le 16 novembre.

    Plus récemment, le 13 janvier, ce sont les Tupinikim et Guarani de Aracruz de l'État du Espírito Santo qui ont occupé la voie ferrée du EFVM à Comboios. Eux aussi demandent des mesures pour faire face aux dégâts causés par les rejets de minerai. Ils ont cessé leur occupation deux jours plus tard après une médiation du Ministère Public Fédéral. Dans la même région, près de la localité d'Aracruz, le 4 février, les indigènes ont établi des barrages filtrants sur deux routes du même État pour obliger Vale à apporter une compensation aux graves impacts qu'ils ont à subir du fait de la catastrophe. Là encore, c'est après une intervention des responsables locaux de la FUNAI que les Indiens ont levé leurs barrages le lendemain 5 février.

    En Suisse, la catastrophe a eu un écho jusqu'au Grand Conseil vaudois. Le 8 décembre 2015, une résolution – non contraignante - du député Raphaël Mahaim est acceptée par 67 oui, 66 non et 3 abstentions. Après avoir exprimé son soutien aux victimes, le parlement cantonal souhaite "que les amendes et dédommagements payés par le groupe Vale dans le cadre de la réparation des préjudices environnementaux causés par la catastrophe ne soient d'aucune manière, par quelque montage que ce soit, déductibles fiscalement en terre vaudoise par l'intermédiaire de Vale International à Saint-Prex."

    Ailleurs au Brésil, dans l'État du Pará, Vale est en conflit avec les Indiens Xikrin et Kayapó qui lui reprochent de polluer le rio Cateté sur le site minier de Onça Puma. Le 7 décembre 2015, ils ont manifesté à Ourilândia do Norte pour demander la suspension de l'exploitation minière jusqu'à ce que des mesures soient appliquées pour protéger la rivière. Cette pollution a de graves effets sur la santé de ces Indiens. Une situation dénoncée depuis des années par le Dr João Paulo Botelho Vieira Filho > Voir sur ce blog les notes des 11 septembre 2015 et du 23 décembre 2014.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 108, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Vale SA met en danger la vie des Xikrin : la justice intervient

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Vale, TRF 1, Onça Puma, Reuters,Saint-Prex, Ouro Preto, Minas GeraisCe n'est pas la première fois que le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho tire la sonnette d'alarme* : le Rio Cateté est contaminé par des métaux lourds en provenance des déchets de minerai de nickel du site Onça Puma, une mine exploitée par la multinationale Vale dans l'État brésilien du Pará. Cette pollution provient des poussières provoquées par les machines de chantier, les explosions de la roche et surtout du ruissellement de la pluie sur les stériles amoncelés à proximité de la rivière.

    Le rio Cateté est vital pour les populations indigènes riveraines, les Xikrin**. Elles y pêchent le poisson qui est une base de leur nourriture, s'y baignent. Elles en utilisent l'eau pour la préparation de leurs aliments.

    Depuis plusieurs années le médecin a eu l'occasion de constater les effets de la pollution de la rivière sur la santé des Xikrin. En avril 2015, il a adressé un rapport au Ministère public fédéral pour dénoncer "La mort possible du rio Cateté, de la vie aquatique et sylvestre et les conséquences de la présence de métaux lourds toxiques pour les indiens Xikrin". Dans un rapport complémentaire de juin dernier, il détaille les dommages causés par le fer, le cuivre, le chrome et le nickel sur la santé de cette population : "Depuis 2013, et sans être entendu, j'ai demandé avec insistance à la compagnie Vale de prendre des mesures préventives pour la protection du rio Cateté et des indiens Xikrin. Nous arrivons à la triste situation que l'eau du rio Cateté est impropre à la consommation en raison de la présence de métaux lourds."

    La section du Ministère public en charge de la défense des populations indigènes s'est saisie du problème. Le 6 août, le Tribunal Régional Fédéral (TRF1) a rendu une ordonnance demandant à Vale d'interrompre l'exploitation du site d'Onça Puma jusqu'à l'application de mesures visant à empêcher la pollution de la rivière. Décision contre laquelle Vale a fait recours. Le 2 septembre déjà, l'agence Reuters – Brésil a annoncé que Vale avait obtenu une suspension de la décision.

    Vale International SA, dont le siège international est à Saint-Prex (Suisse), est une multinationale active sur les cinq continents. Les 13, 14 et 15 août, à Ouro Preto, une localité l'État brésilien du Minas Gerais, a eu lieu la 5e rencontre internationale d'organisations représentant des communautés atteintes par les activités de l'entreprise. Les participants, originaires du Brésil et de six pays ont eu l'occasion de parcourir plusieurs régions du Brésil où l'entreprise est active. De ces visites, il ressort qu'en d'autres endroits Vale est responsables de la contamination de l'air et de l'eau. En avril déjà, une manifestation a eu lieu devant le siège de la multinationale à Saint-Prex.

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    * Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2014 (Une carte y est jointe)  

    ** Prononcer "Chikrin"

    Photos © Dr J.P Botelho Vieira Filho,

    En haut : le Rio Cateté pollué par des métaux lourds rejetés par d'usine Onça Puma de Vale SA (Municipalité de Parauapebas - État du Pará)

    Ci-dessous : Les indigènes construisent un barrage végétal sur le rio Seco, un affluent du rio Cateté pour empêcher les poissons d'accéder aux eaux polluées du rio Cateté.

     

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Un médecin demande à la multinationale Vale SA d'éviter la pollution du Rio Cateté

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, Kayapó, Kakarekré, Porekrô, Baypran ,FUNASA, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Père Caron, Dominicains, Toulouse, Curé d'Indiens, Pierre Clastres, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Fernando Collor, Carouge, Genève, Flux Laboratory, OMCT, Conseil des droits de l'homme, FIFDH, Djudjê – Kô, Kateté, Oodjã, F.H. Cardoso, Cesta básica, diabète, diabetes, uma visão da saúde dos xikrin, merenda escolar,Vale, Sesai, Funai, minstério públicoAu cours du mois de juillet dernier, le photographe et vidéaste genevois Aurélien Fontanet est retourné chez les Indiens Xikrin* du Cateté (dans l'Etat brésilien du Pará) qu'il avait déjà visité en 2013**. Il avait alors apporté l'ouvrage que leur a consacré l'ethnologue René Fuerst qui avait vécu avec ce peuple en 1963. Cette année, Aurélien a effectué son voyage en compagnie du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint à l'Ecole de médecine de São Paulo – UNIFESP. Ce médecin apporte son aide aux Xikrin depuis 1967. Il est le consultant médical des associations indigènes Xikrin, Kakarekré, Porekrô et Baypran. En juillet, il a publié un rapport intitulé "Vision de la santé des Xikrin de la Terre Indigène - TI Kateté", avec un sous-titre évocateur : "L'insensibilité  des personnes envers les proches malades et nécessiteux devrait être cataloguée comme pathologie psychique". De son voyage, Aurélien a rapporté cet intéressant document.

    En 2014 comme en 2013, le médecin a réalisé un relevé démographique des trois villages de la TI, Djudjê – Kô, Kateté et Oodjã où le nombre total d'habitants est quasiment resté stable, soit 1'313 en 2014 et 1'320 en 2013. Il faut rappeler que dans les années 60, les Xikrin du Cateté étaient un peu moins d'une centaine. Cette "renaissance" reste fragile. Les menaces qui pèsent actuellement sur les trois communautés sont bien réelles.

    Elles tiennent d'abord à la proximité de l'exploitation minière de la multinationale Vale*** qui a un impact sur les communautés. Un décret présidentiel de F.H. Cardoso de 1997 impose à cette compagnie de fournir une assistance aux habitants de la TI. Une assistance sous diverses formes : indemnité versée aux associations indigènes, transports des malades vers les hôpitaux, etc. Le médecin attire l'attention de Vale sur la pollution du rio Cateté causée par ses activités minières. La santé des habitants de la TI dépend de la qualité de l'eau de la rivière. Si le rio devait rester pollué par des déchets de minerai, des matières toxiques ou des métaux lourds, les indiens seront exposés à des cancers. Les poissons seront impropres à la consommation. Il demande la construction d'ouvrages pour empêcher cette pollution.

    Le rapport aborde également d'autres problèmes concernant les pouvoirs publics brésiliens : période de vaccination contre la grippe trop tardive, dépistages du cancer du col de l'utérus trop rares, manque de dentiste, nécessité d'un poste de santé dans le village de Kateté, comportements autoritaires des non indiens vis à vis des Xikrin. Compte tenu du nombre de diabétiques, le médecin rappelle l'importance de l'éducation alimentaire et la nécessité d'adapter le "Cesta basica" (le panier de base) remis à la population et les "Merendas escolares", les repas servis aux enfants des écoles des villages indigènes : ils sont trop riches en sucre. En raison de leur  patrimoine génétique, les populations indigènes sont celles qui, dans le monde, ont une plus grande prévalence et incidence du diabète.

    L'appel du médecin sera-t-il entendu ?

    ***

    * Prononcer "Chikrine"

    ** Voir sur ce blog la note du 12 mars 2014

    *** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud

    Photo © Aurélien Fontanet : Le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho avec l'une de ses patientes Xikrin / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    Ci-dessous : une carte (Instituto Socioambiental) pour situer la TI Xikrin - Cliquer sur le vignette pour agrandir l'image.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 98), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2