21/01/2017

Carnaval de Rio : une samba pour la forêt

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Imperatriz Leopoldinense, Belo Monte, Xingu, Carnaval, Pará, ABCZ, CONFAEAB, Ronaldo Caiado, Senado, Luiz Pacheco Drumond« Beau monstre [Belo Monte] vole les terres de ses fils, dévore les forêts et sèche les rivières. Tant de richesse que l’avidité a détruite. Je suis le fils oublié du monde ». Il s’agit-là d’un extrait de la chanson que l’école de samba carioca « Imperatriz Leopoldinense » a choisi d’interpréter lors du prochain Carnaval. En effet, elle a saisi l’opportunité de son défilé sur le Sambodrome de Rio de Janeiro pour donner un écho aux graves conséquences humaines et écologiques causées par la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte, sur le rio Xingu*, dans l’État du Pará.

Ce choix a déplu à l’Association des éleveurs de zébus - ABCZ. Dans une note de protestation, après avoir rappelé l’apport de ses membres à l’économie brésilienne, elle estime « Inacceptable que la plus grande fête populaire brésilienne soit l’occasion d’un show de sensationnalisme et d’attaques infondées par l’école Imperatriz Leopoldinense. Le secteur productif et la société ne peuvent rester silencieux devant cette injustice.… ». La Confédération des ingénieurs agronomes du Brésil - CONFAEAB a également manifesté sa réprobation. Les médias ont annoncé, qu’en réponse à ce qu’il considère comme une attaque à ce secteur économique qu’il soutient, le Sénateur Ronaldo Caiado, a l’intention de proposer une Session thématique plénière du Sénat pour discuter, débattre et rechercher les motifs conduisent l’école de samba à dénigrer l’agrobusiness. Une session qu’il souhaite voir inscrite à l’ordre du jour du Sénat avant le Carnaval.

Sur le site de l’école, son président, Luiz Pacheco Drumond, a tenu à préciser : « Nous allons parler de la riche contribution des peuples indigènes du Xingu à la culture brésilienne et en même temps construire un message de préservation et de respect à l’égard de la nature et à la biodiversité… À aucun moment nous n’attaquons le secteur de l’agrobusiness et ses travailleurs. Le texte de notre chant peut être consulté par le public sur nos canaux officiels de communication… Notre message est [fait] de respect, de tolérance et de paix. Tous ceux qui croient en ces valeurs sont invités à [les] célébrer avec nous ».

L’invitation du président de l’école mérite d’être entendue.

                                                                                ***

* Prononcer « Chingu »

Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l’image

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 114 le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/08/2015

Grands barrages amazoniens : le gouvernement brésilien à nouveau dénoncé à l'ONU

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Rio Tapajós, Felício Pontes, Ademir Kaba, Munduruku,Palais des Nations, ONU, Ministério Público Federal, Ministère public fédéral, Belo Monte, Xingu, Conseil des droits de l'homme, Miguel Rossetto, France-Libertés, Planète Amazone, Amazon Watch, International Rivers, Convention 169, OITAdemir Kaba, un leader du peuple Munduruku était au Palais des Nations à Genève, le 24 juin, pour interpeller le Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur les violations des droits des peuples autochtones commises par le gouvernement brésilien en Amazonie, dans le cadre de la construction de barrages hydroélectriques sur les rivières amazoniennes, notamment celui de Belo Monte sur le rio Xingu et un ensemble d'ouvrages sur le rioTapajós et ses affluents. Ademir était accompagné de Felício Pontes, procureur au Ministère Public Fédéral.

Il est particulièrement reproché aux autorités de ne pas avoir respecté le droit des peuples autochtones à une consultation pour un "Consentement Préalable, Libre et Eclairé" avant le début des travaux. Est également dénoncée l'utilisation répétée d'un outil légal connu sous le nom de "Suspension de sécurité" : Quand un tribunal de rang inférieur dénonce une violation des droits des peuples autochtones et demande, par exemple, l'arrêt des travaux, un juge d'une instance supérieure, à la sollicitation du gouvernement fédéral, peut suspendre la première décision en se basant sur des menaces présumées à la sécurité nationale et à "l'ordre social et économique" du pays. Et cela jusqu'à la dernière phase du recours qui peut intervenir plusieurs années après. Cela laisse le temps à la construction des ouvrages de devenir un fait accompli !

Le collectif d'associations qui a remis un "Exposé écrit*" au Conseil des droits de l'homme, demande au gouvernement brésilien de respecter l'indépendance du système judiciaire, et de supprimer l'utilisation de la "Suspension de sécurité", cet instrument qui sape les décisions juridiques favorables aux droits des autochtones. Il lui demande aussi de respecter les engagements internationaux des droits de l'homme et d'appliquer un processus culturellement approprié de consultation préalable."

Ce processus approprié de consultation, les Munduruku en ont défini les modalités dans un "Protocole" élaboré en septembre 2014, approuvé par une assemblée extraordinaire réunie en décembre 2014 et remis à Miguel Rossetto, Secrétaire de la Présidence de la république en janvier 2015**.

Ademir Kaba et Felício Pontes ont encore tenu plusieurs rencontres à Paris. Des intérêts français sont engagés dans la construction des ouvrages faisant l'objet de contestations.

Une délégation brésilienne avait déjà dénoncé les violations des droits des autochtones en mars 2014.***

***

* Présenté notamment par France Libertés : Fondation Danielle Mitterrand et de nombreuses organisations indigènes, indigénistes, écologistes et de défense des droits de l'homme.

Pour accéder à l'exposé cliquer > ici puis consulter le document du 4 juin 2015, No A/HRC/29/NGO/24 . Pour la version française cliquer sur "F" (à droite).

** Voir sur ce blog, la note du 24 mars 2015.

*** Voir sur ce blog, la note du 21 mars 2014.

Photo Cimi & France Libertés : Felício Pontes et Ademir Munduruku lors de leur intervention, le 24 juin à Genève, au siège européen des Nations Unies. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 104, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

24/03/2015

Les barrages sur le Rio Tapajós, les Munduruku veulent être consultés

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicaLe 30 janvier dernier, des représentants du peuple Munduruku ont remis un "protocole" à Miguel Rossetto, le  nouveau Secrétaire Général de la présidence de la république. Ce document expose comment ils entendent être consultés à propos de la construction du complexe hydroélectrique prévu sur le rio Tapajós. Un ouvrage susceptible d'inonder leur territoire et qui les obligerait à le quitter. Ils ont préparé ce document au cours de trois réunions qui ont eu lieu en septembre et décembre 2014 dans leurs communautés. Ils ont été conseillés par le collectif "Consulta préavia, livre e informada" et par le Ministère public fédéral. Il s'agit pour eux d'appliquer les dispositions de l'article 6 de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT.

Dans le premier paragraphe, en guise de condition préalable à la consultation, ils exigent du gouvernement la démarcation de Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicala Terre Indigène Sawré Muybu (reconnue comme telle par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI) dont ils affirment que le processus n'avance pas à cause de ce projet de barrage. Ils expriment leur refus d'être déplacés. Ils demandent la protection des groupes isolés présents sur leur territoire. Ils veulent que les autres communautés riveraines soient aussi consultées.

Une deuxième partie du document traite d'abord de l'espace géographique sur lequel doit porter la consultation : tous les villages du Haut, Moyen et Bas Tapajós. Et les groupes de personnes à être consultés : les caciques, les leaders et guerriers, les femmes, les étudiants et enseignants. Les organisations indigènes doivent participer à la consultation, "mais jamais seules"… "Les décisions du peuple Munduruku sont collectives".

Une troisième partie décrit la manière de réaliser la consultation. Celle-ci doit avoir lieu dans les villages en tenant compte du calendrier des activités économiques et culturelles. Elles doivent se dérouler en langue Munduruku. Les indiens se réservent le choix des traducteurs. Ils souhaitent la présence du Ministère Public Fédéral et de partenaires non indiens choisis par eux. Pour que la consultation soit réellement libre, ils refusent la présence des corps armés de l'Etat : Police militaire, Police fédérale, armée… Pour leur sécurité, ils veulent filmer les réunions. Ils mettent des conditions aux partenaires et agents du gouvernement qui souhaitent prendre des photos ou filmer les rencontres : être autorisés par eux et leur remettre des copies. Ils refusent de voir leurs lieux sacrés filmés ou photographiés. Ils n'acceptent pas la divulgation et l'usage indu de leurs images.

Dans une quatrième partie, ils définissent les étapes de la consultation : 1.- Arriver à un accord avec le gouvernement sur les étapes de la consultation. 2.- Organiser des réunions d'information où le gouvernement explique ses intentions. 3.- Tenir, autant que nécessaire, des réunions internes au peuple Munduruku pour que tous soient informés de manière complète et définir une position. 4.- Avoir une réunion de négociation avec le gouvernement sur le territoire Munduruku : "Le gouvernement doit entendre et répondre à notre proposition, même si elle est différente de la sienne"… "Nous espérons que le gouvernement respecte notre décision. Nous avons un droit de veto!"

En décembre 2014, pour marquer leur détermination, les Munduruku ont symboliquement procédé à une auto-démarcation de leur territoire en faisant une trouée dans la forêt à la frontière de leur terre indigène.

Comme le barrage de Belo Monte sur le rio Xingu, le complexe hydroélectrique sur le rio Tapajós est controversé. En 2012 et 2013 ce projet a été la cause d'incidents (1). En mars 2014, le gouvernement brésilien a été dénoncé à l'ONU (2) pour le non respect de ses obligations envers les peuples indigènes du pays dans le dossier des grands barrages en construction ou en projets.

Selon Pedro Martins, conseiller juridique de l'ONG "Terra de Direitos" (Terre de Droits), "Un nouveau "cycle" [de développement] qui a comme "abre-alas" (3) le complexe hydroélectrique de Tapajos – est marqué par une série d'ouvrages d'infrastructures dont l'objectif est de viabiliser l'avancée de la culture de soja et l'accélération de l'exploitation de minerai... La "Sortie Nord" (4) devra diminuer de moitié le coût d'écoulement des grains, spécialement le soja…"

Les Munduruku sont confrontés à d'énormes intérêts…

***

(1) Voir, sur ce blog, les notes des 16 novembre 2012, 31 mai, 10 et 19 août 2013,

(2) Voir, sur ce blog, la note du 21 mars 2014

(3) "abre-alas" se traduit en français par panneau, étiquette; mais c'est aussi le nom donné à un char allégorique qui ouvre le défilé d'une entité carnavalesque.

(4) La "Sortie Nord", c'est le rio Tapajós et ses infrastructures portuaires notamment.

Cartes : Infographie de l'agence "A Pública". Image supérieure : les différents ouvrages prévus. Image inférieure : simulation des surfaces inondées. Cliquer sur les vignettes pour agrandir les images.

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 100, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/06/2014

Le cacique Babau empêché de rencontrer le pape François

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, papa. Pape, François, Francisco, Erwin Kräutler, Paulo Suess, encyclique, direitos indígenas, droits indigènes, Conselho Indigenista Missionário, CIMI, Xingu, demarcação, terras indígenas, Mato Grosso do Sul, Vale do Javari, Belo Monte, CNBB, Rosivaldo Ferreira da Silva, Cacique Babau, Tupinambá, ONU, José de Anchieta, jésuite, jesuítas, Porto Seguro, Nati, Pedro Álvares Cabral, Bahia, Nati, Mondial, Brasil 2014Le 4 avril au Vatican, Dom Erwin Kräutler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI et évêque du Xingu, accompagné par Paulo Suess, conseiller théologique de l'entité, ont été reçus par le pape François. Objet de l'audience : les violations des droits des indigènes. Les représentants du CIMI ont remis une note au pape dans laquelle ils dénoncent "les groupes politiques et économiques liés avec l'agro-industrie, les compagnies minières et de travaux publics qui, avec l'appui et la participation du gouvernement brésilien, tentent de révoquer les droits des peuples indigènes." Sont également évoqués : la paralysie de la démarcation des Terres indigènes; l'augmentation de la violence contre les personnes; le confinement, sur des aires restreintes, des peuples indigènes dans le Mato Grosso do Sul; la précarité de l'assistance sanitaire dans la Vallée du Javari et les dégâts causés par l'hépatite B; l'impact environnemental des entreprises des compagnies de développement comme dans le cas de la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte; le risque d'extermination des peuples isolés. La note rappelle également la rencontre avec un jeune indigène lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro en juillet 2013* et l'espoir exprimé par celui-ci de voir le pape les aider à protéger leurs terres.

Selon une information de source vaticane, le pape François a demandé à l'évêque de collaborer à la rédaction d'une encyclique sur l'écologie.

Le 17 avril, le CIMI a annoncé l'interdiction faite au leader Tupinambá, Rosivaldo Ferreira da Silva, connu sous le nom de Cacique Babau**, de quitter le pays alors qu'il avait reçu son passeport pour se rendre à Rome. Il était invité par la Conférence des Evêques du Brésil – CNBB à assister à une cérémonie liée à la récente canonisation - le 3 avril dernier - du Père José de Anchieta, un jésuite qui a vécu au Brésil au 16e siècle. Il était prévu que le cacique rencontre le Pape François et lui remette un document sur la question indigène au Brésil. Le 24 avril, après une audience publique à la Chambre des députés, le Cacique s'est présenté à la police fédérale. Une campagne a été lancée pour demander sa libération. Le 29 avril, le juge Sebastião Alves dos Reis, du Tribunal Supérieur de Justice a décidé sa mise en liberté. Mais son rendez-vous avec le pape François n'a pas eu lieu…

Le Cacique Babau est présenté comme l'un des défenseurs des droits humains dans une brochure "Dix visages de la lutte pour les droits humains au Brésil" éditée en décembre 2012 par l'ONU au Brésil, en partenariat avec diverses entités, parmi lesquelles le Secrétariat des Droits humains de la Présidence de la république. Un document consacré à la protection de ces défenseurs.

Le territoire des Tupinambá est situé dans le sud de l'État de la Bahia. Depuis le début de l'année, la tension est forte entre indigènes, qui réclament la démarcation de leur terre, et les fazendeiros. Le gouverneur de l'État de Bahia a demandé la présence de l'armée pour assurer le maintien de l'ordre.

Les ancêtres des Tupinambá peuplaient la bande côtière de la région de Porto Seguro quand le Portugais Pedro Álvares Cabral a accosté au Brésil le 22 avril 1500.

L'équipe suisse de football a choisi la localité de Porto Seguro pour y établir son camp de base pendant le Mondial. La "Nati" est donc dans l'un des hauts lieux de l'histoire brésilienne. Une histoire pas encore vraiment pacifiée…

***

* Voir sur ce blog la note du 27 août 2013 et ** la note du 8 avril 2014.

Photos (Cliquer sur la vignette pour l'agrandir),

En haut : ©Antono Cruz – Agência Brasil / Le Cacique Babau, le 24 avril 2014, lors de son audition devant la Commission des droits humains de la Chambre des députés.

Ci-dessous : © CIMI - Le pape François, Dom Erwin Kräutler et Paulo Suess

 

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, papa. Pape, François, Francisco, Erwin Kräutler, Paulo Suess, encyclique, direitos indígenas, droits indigènes, Conselho Indigenista Missionário, CIMI, Xingu, demarcação, terras indígenas, Mato Grosso do Sul, Vale do Javari, Belo Monte, CNBB, Rosivaldo Ferreira da Silva, Cacique Babau, Tupinambá, ONU, José de Anchieta, jésuite, jesuítas, Porto Seguro, Nati, Pedro Álvares Cabral, Bahia, Nati, Mondial, Brasil 2014

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

31/05/2013

Belo Monte : le chantier du barrage est occupé pour la deuxième fois en un mois

Le 2 mai, environ 200 indigènes ont occupé le chantier principal de construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte* à Vitória du Xingu. Les occupants sont de divers peuples, dont des Munduruku, touchés par la construction de barrages sur les rios Xingu, Tapajós et Teles Pires. Ils demandent l'organisation d'une véritable consultation préalable comme cela est prévu par la Convention 169 de l'OIT.

Le 7 mai, le ministre Gilberto Carvalho, chef du Secrétariat général de la présidence de la république, a adressé un courrier aux occupants leur proposant de les rencontrer à la condition qu'ils évacuent le chantier. Le 6 mai, son Secrétariat avait publié une note critiquant l'attitude des leaders Munduruku.

Pendant cette période d'occupation, les forces de l'ordre ont inquiété des journalistes qui couvraient l'événement. Elles ont également empêché le député fédéral Padre Ton de prendre contact avec les occupants.

La justice a ordonné leur évacuation après huit jours d'occupation. Ils ont quitté le chantier le 9 mai.

Le 27 mai à l'aube, les indigènes ont à nouveau occupé le chantier. Ils demandent la suspension des travaux et des études concernant les barrages prévus dans leurs territoires. Comme lors de la première occupation, ils veulent que la consultation préalable – avec droit de veto – soit réalisée. De plus, ils reprochent au gouvernement de ne pas être venu dialoguer avec eux alors qu'ils avaient quitté le chantier. Ils demandent que la présidente de la république, Dilma Rousseff, vienne les rencontrer. Le 28 mai, une nouvelle fois, la justice a autorisé les forces de l'ordre à procéder à l'évacuation du chantier.

Ce 30 mai, un représentant du Secrétariat de la présidence de la république est venu proposer aux occupants d'envoyer une petite délégation à Brasilia pour rencontrer Gilberto Carvalho le 4 juin. Cette rencontre est proposée à la condition que les indigènes évacuent le chantier et que les Munduruku retournent sur leur territoire. Cette proposition a été refusée. Les indigènes veulent que la rencontre ait lieu sur le chantier. À suivre…

***

* Belo Monte sur le rio Xingu sera le troisième grand barrage au monde après celui d'Iguaçu, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay et celui des Trois Gorges en Chine.

PS 1 : Cette note a été rédigée d'après les informations diffusées par les sites du "Movimento Xingu Vivo para Sempre" : http://www.xinguvivo.org.br/ , du Conseil Indigéniste Missionnaire http://www.cimi.org.br/site/pt-br/ et du Secrétariat de la présidence de la république : http://www.secretariageral.gov.br/noticias/ultimas_notici... (voir les notícias des 6, 7 et 29 mai)

PS 2 : Voir sur ce blog les notes des 27 et 31 août 2012.

Cette note sera publiée dans le prochain AYA Info (No 83), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

14/12/2012

Raoni ou la lutte du pot de terre contre le béton des barrages

Raoni,Bemoro,Megaron,Dilma Rousseff,François Hollande,Kayapó,Xingu,FUNAI,Avança Brasil,Programa de Aceleração do Cresimento,PAC,OIT,Mitterrand,Chirac,Sarkozy,Hollande,Elysée, Déclaration des peuples indigènes,Rio+20,Parc National du Xingu,Parque Nacional do Xingu,Kapot Nhinore,Belo Monte,Amazonie,Amazônia,forêt,Journée des Droits de l'homme,Club suisse de la presse,Palais Wilson,Navi Pillay,James Anaya,Planète Amazone,Société pour les Peuples Menacés,Davi Yanomami,Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme Le leader Kayapó se dit fatigué, et il est en droit de l'être ! Il se bat depuis des années pour protéger la forêt amazonienne, sa terre et le rio Xingu qui la traverse. La partie principale de la Terre Indigène des Kayapó – le Parc National du Xingu est protégé -  mais pas encore la Terre Indigène Kapot Nhinore pour laquelle, même la justice brésilienne en demande la démarcation à la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI.

Datant de 1975, le projet d'ouvrages hydroélectriques sur le Xingu est resté longtemps dans les tiroirs de l'administration brésilienne. À la fin des années 90, Fernando Henrique Cardoso l'avait inscrit dans son programme "Avança Brasil", mais sans autre suite. En 2007, Lula a repris le projet de construction du barrage de Belo Monte dans  son "Programme d'Accélération de la Croissance – PAC". Les travaux ont commencé sous l'ère de Dilma Rousseff malgré l'absence de consultation préalable des peuples indigènes concernés, comme le voudrait la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT, ratifiée par le Brésil.

Depuis 1989, constatant qu'il n'était pas entendu des autorités brésiliennes, Raoni a multiplié les voyages en Europe pour demander l'appui de nombreuses personnalités, notamment les anciens présidents français, Mitterrand, Chirac et Sarkozy.  Le 29 novembre, il a été reçu par F. Hollande au palais de l'Elysée. Pour le président français : "Ce qui se passe dans la forêt amazonienne nous concerne directement. Si la déforestation continue, si la forêt amazonienne est progressivement amputée, ce n'est pas un problème seulement pour les peuples autochtones, c'est un enjeu pour le monde !" Selon le communiqué publié par l'Elysée, le président "a souligné l'importance d'une participation des peuples autochtones aux débats et négociations qui engagent leur avenir." Raoni a remis au président la "Déclaration des peuples indigènes", adoptée en juin 2012, lors du campement "Terre Libre" tenu en parallèle à la Conférence Rio+20. Déclaration destinée aux chefs d'États. Raoni a demandé à F. Hollande de transmettre ce texte à Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, en visite officielle à Paris les 11 et 12 décembre.

Pour les observateurs, Dilma est évidemment bien informée de la position des organisations indigènes sur les infrastructures susceptibles d'avoir un impact sur leurs Terres et l'Amazonie en général. Pour mémoire rappelons que les indigènes représentent moins de 0,5% de la population brésilienne. Le taux de popularité de Dilma est à un niveau élevé : près de 76% d'avis favorables en août dernier.

Ce 10 décembre, Journée des Droits de l'homme, Le leader Kayapó était de nouveau à Genève pour demander l'aide de l'ONU. Après avoir été invité au Club suisse de la presse pour une rencontre avec les journalistes, il est allé au Palais Wilson où il a été reçu par Navi Pillay, la Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme. Le Haut Commissariat, comme l'OIT, comme James Anaya, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation de droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, tous connaissent la situation précaire des peuples indigènes au Brésil. Raoni est venu le leur rappeler.

Il s'est ensuite rendu à Strasbourg pour solliciter l'appui du Parlement européen.

Pour ce voyage en Europe, Raoni est accompagné de deux autres membres de sa famille, son neveu, le cacique Megaron Txucarramae, et de son petit-neveu, Bemoro Metuktire. Une nouvelle génération de leaders, une relève peut-être moins médiatisée (ils ne portent pas de labret), mais tout aussi engagée dans la défense des droits des indigènes.

Les associations – Planète Amazone et la Société pour les Peuples Menacés - qui ont organisé le séjour en Europe et en Suisse de la délégation Kayapó veulent également mettre la pression sur les entreprises européennes qui participent, ou qui sont susceptibles de participer, à "l'invasion industrielle" et à l'exploitation des matières premières de l'Amazonie. Une stratégie peu utilisée jusqu'à présent…

Raoni, comme Davi Yanomami, a largement contribué à faire connaître les dangers qui pèsent sur la forêt amazonienne. Son message mérite d'être entendu. À l'avenir, si ces menaces se renforcent, il ne sera pas possible de dire : On ne savait pas !

***

Photo © B.Comoli / De gauche à droite : Bemoro, Raoni et Megaron

Une version réduite de cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 78, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

31/08/2012

Belo Monte : le travail a repris sur le chantier*

Le 28 août au matin, le travail a repris sur les différents chantiers de construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. Cette reprise, annoncée par Norte Energia, a été autorisée, le 27 août, par le président du Tribunal Suprême Fédéral - STF, Carlos Ayres Britto. Il a fait droit au recours de l'Avocat Général de l'Union – AGU contre une décision du Tribunal Régional Fédéral–1 qui avait ordonné, quelques jours plus tôt, la suspension des travaux. Cela en attendant la consultation, par le Congrès, des populations indigènes concernées par la construction du barrage. Le Ministère Public Fédéral avait également demandé la suspension des travaux. Sur le fond, le jugement n'a pas encore été rendu par le STF.

Parce que les travaux avancent, le mouvement "Xingu vivant pour toujours" demande au STF ne pas transformer Belo Monte en "fait accompli" : "Belo Monte n'est pas et n'a jamais été un projet légal."

À suivre…

* Voir, sur ce blog, la note du 27 août.

27/08/2012

Barrage de Belo Monte : la justice suspend les travaux

 "Nous ne pouvons admettre, dans un État de droit démocratique, un acte du Congrès qui soit un acte de dictature." Cette phrase est tirée de "l'acordão", la décision prise le 13 août par les juges composant la 5e chambre du Tribunal Fédéral Régional – 1 (TRF1) de suspendre les travaux de construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte sur le rio Xingu. L'acte visé est le Décret législatif de 2005 et d'autres qui avaient autorisé les travaux. Le tribunal s'est prononcé en réponse à une demande du Ministère Public Fédéral qui avait sollicité l'annulation de l'autorisation de l'ouvrage.

Le motif principal avancé par le TRF1 est l'absence d'une consultation préalable, par le Congrès, des peuples affectés par l'ouvrage. Une telle consultation prévue par la Constitution brésilienne et la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT ratifiée par le Brésil.

Le 23 août, Norte Energia, l'entreprise responsable des travaux a fait savoir que toutes les activités liées à la construction de l'ouvrage ont été suspendues.

L'Avocat général de l'Union* a déposé un recours contre ce jugement auprès du Tribunal Suprême Fédéral.

Plusieurs organisations brésiliennes ont lacé une campagne pour demander au Président du Tribunal Suprême Fédéral de maintenir la décision du TRF1.

Pour rappel, les peuples indigènes du Xingu s'opposent à la construction de ce barrage depuis 1989. Récemment encore, en juin et juillet, il y a eu des manifestations et des incidents en lien avec le chantier. En mars de cette année, la Commission d'experts de l'OIT chargée de veiller à l'application des Conventions avait demandé au Brésil de respecter ses obligations**.

Cet ouvrage serait le troisième plus grand du monde après celui d'Itaipú sur le rio Paraná à la frontière du Brésil et du Paraguay et celui des Trois Gorges en Chine.

À suivre…

* Au Brésil, le service de l'Avocat général est l'organe de conseil le plus élevé du pouvoir exécutif, une institution prévue par la Constitution. L'Avocat général est nommé par la Présidence de la République

** Voir sur ce blog, la note du 7 mars 2012. D'autres notes ont traité de ce sujet :  9 octobre 2010, 5 mars 2011, 8 avril 2011, 3 juin 2011, 11 novembre 2011

 

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 74, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/03/2012

Belo Monte : le Brésil ne respecte pas la Convention 169 de l'OIT

"D'après la documentation et les informations transmises par le gouvernement (brésilien), la commission estime que, dans le cadre des procédures menées à ce jour, malgré leur caractère étendu, les conditions prévues aux articles 6 et 15 de la convention, telles qu'elles sont décrites plus haut, ne sont pas remplies, et que les peuples autochtones n'ont pas pu participer de manière effective à la détermination de leurs priorités, conformément à l'article 7 de la convention".

La commission prie le gouvernement de :

i) prendre les mesures nécessaires pour consulter les peuples autochtones concernés sur la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte, celle-ci risquant d'avoir des effets irréversibles (articles 6 et 15 de la convention) :

ii) en consultation avec les peuples autochtones, prendre les mesures pour déterminer si les priorités de ces peuples ont été respectées et déterminer si et dans quelle mesure leurs intérêts seront menacés afin d'adopter les mesures d'atténuation nécessaires et de prévoir l'indemnisation voulue; et

iii) transmettre les informations sur les résultats des procédures en cours devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme et devant le tribunal fédéral de Pará.

Telle est la conclusion du Rapport de la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations de l'Organisation Internationale du Travail - OIT publié ce début mars.

Sur le terrain les travaux continuent !

La convention 169 de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux a été adoptée en 1989 et ratifiée par le Brésil en 2002. Lula a promulgué la convention en avril 2004.

Les téléspectateurs de la RTS (TSR) qui regarderont le film de Daniel Schweizer "Indiens en sursis" diffusé, ce 8 mars, dans le cadre de "Temps Présent", pourront mesurer l'importance de la position des experts de l'OIT... "Indiens en sursis" a été présenté à Genève, dimanche 4 mars, dans le cadre du Festival et Forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il est encore à l'affiche du Festival samedi 10 mars.

***

Pour en savoir plus,

- En français :

- Le texte de la Convention 169 : http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C169

- Le rapport de la Commission d'experts de l'OIT : http://www.ilo.org/ilc/ILCSessions/101stSession/reports/r... Attention, c'est un "gros" document (13,9 Mo), voir les pages 1045 à 1050, mais numérotées de 1028 à 1033. La partie concernant Belo Monte est à la page numérotée 1030.

- Voir sur ce blog, les notes des 8 avril, 3 juin et 11 novembre 2011.

- Le site du FIFDH : http://www.fifdh.org/

- En portugais :

- La promulgation de la convention :

http://ccr6.pgr.mpf.gov.br/legislacao/legislacao-docs/con...

- Voir aussi le site du mouvement Xingu Vivo par Sempre :  http://www.xinguvivo.org.br/

 

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

08:47 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : belo monte, temps présent, fifdh, indiens en sursis, oit, ilo, c169, daniel schweizer, xingu | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/02/2012

Les Amazones du XXIe siècle

Au début de ce mois, la chaîne Euronews, dans une première édition de la série "Women and War" (1), Valérie Gauriat (2) a présenté brièvement trois femmes qui mènent un combat pour la défense des peuples indigènes de l'Amazonie brésilienne.

Ces Amazones-là ne sont pas les cruelles guerrières de la mythologie grecque. Mais elles sont peut-être de la descendance des indigènes qui, en juin 1542, ont attaqué l'expédition de Francisco de Orellana sur le fleuve jusque-là appelé El Dorado. Le chroniqueur de l'équipée, le dominicain Gaspar de Carvajal, a rapporté que les Espagnols avaient été attaqués par de farouches guerrières... Le fleuve avait trouvé son nom et une légende !

Sônia Boné de Sousa Silva Santos, plus couramment appelée Sônia Guajajara (le nom du peuple auquel elle appartient) est vice - coordinatrice de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, dont le siège est à Manaus. On la voit dans son village du Maranhão, mais aussi à Brasilia où elle défend les droits des peuples indigènes du Brésil : "Tous sont confrontés au grand problème de l'exploitation illégale des richesses naturelles... Aujourd'hui notre forêt est presque entièrement dévastée... Il n'y a plus autant de richesses naturelles qu'il y a une trentaine d'années".

Sheyla Yakarepi est Juruna, un peuple de la région du rio Xingu sur lequel se construit le barrage de Belo Monte. On la voit manifester, en mars 2011, devant le siège londonien de la très brésilienne Banque Nationale pour le Développement Economique et Social - BNDES. "Nous sommes ici pour réclamer la transparence et faire connaître le rôle que joue cette banque quand elle parle de développement durable et qu'en réalité, elle finance les grandes entreprises qui, en Amazonie, détruisent les populations sans respecter leurs droits !" Elle se bat contre la construction du barrage : "Le fleuve Xingu est notre maison. S'il meurt, notre culture et notre peuple mourront avec lui !"

Antônia Melo da Silva est coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo Para Sempre - MXVPS, qui rassemble les riverains du Xingu, indigènes, pêcheurs et petits agriculteurs luttant, eux aussi contre la construction du barrage. "Je reçois des messages d'intimidation, comme "tu vas mourir" si tu te mêles de nos affaires, si tu nous déranges"... "Ce sont des messages qui me sont envoyés par des hommes de main". Des petits agriculteurs sont aussi l'objet de séduction des promoteurs. Une agricultrice témoigne : "Ils ont déjà acheté une parcelle 600 ou 1'000 (Reais). Leur combine est la suivante : ils me paient bien, mais ça ne signifie pas que le voisin sera payé. Dans la pratique, ils paient deux ou trois lots, et le reste, rien du tout !" Antônia conduit les reporters chez un agriculteur à qui l'on demande d'abandonner sa terre parce qu'elle va être inondée...

Antônia exprime ses raisons de lutter : "Je suis certaine que je contribue avant tout, par mon travail, au bien-être des générations futures, c'est pour elles que nous luttons !"

Le reportage (3) montre bien la puissance des intérêts auxquels elles sont confrontées.

Sônia, Sheyla et Antônia sont des battantes. Il est à espérer que l'histoire retiendra leur leçon de courage.

***

(1) En français "Les femmes et la guerre"

(2)  Pour voir les reportages sur le site d'Euronews :

- La présentation de Valérie Gauriat (40'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/02/le-combat-de-trois-bres...

- Le portrait de Sônia Guajajara (5'27'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/sonia-guajajara-les-peu... et le site Internet de la COIAB : http://www.coiab.com.br/

- Le portrait de Sheyla Juruna (5'23") :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/sheyla-juruna-le-fleuve...

- Le portrait d'Antônia Melo (5'43'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/antnia-melo-notre-comba... et le site Internet du Mouvement Xingu Vivo Para Sempre : http://www.xinguvivo.org.br/

(3) On retrouve ces trois portraits dans un film de 46' de Bernard Robert-Charrue, produit par Dev.tv, sous le titre "Trois femmes en colère" avec l'appui de la Direction du Développement et de la Coopération - DDC/Berne. Ce film a été présenté, le 11 octobre 2011, au 27e Forum international médias nord - sud (Genève) : http://www.dev.tv/index.php/productions/documentary/3_fem...

 

Cette note sera également publiée dans le prochain "AYA Info" (No 69), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2