En 2010, la violence contre les peuples indigènes du Brésil n'a pas faibli (09/09/2011)

CIMI Relatório 2010 p1.jpg"En 2010, le gouvernement [brésilien] a ignoré constamment les peuples indigènes, leurs appels, leurs protestations, leurs projets de vie. Il a foulé aux pieds leurs droits et a failli dans la protection de leurs communautés. Belo Monte*, établi dans l'illégalité, la force et la négation du dialogue avec les peuples atteints, est peut-être le plus emblématique, mais il est seulement un parmi tant d'autres cas". C'est ainsi qu'est présenté le rapport 2010 sur la "Violence contre les peuples indigènes au Brésil" publié par le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB chargé des questions indigènes. Le rapport a été présenté le 30 juin, à Brasilia, au siège de la CNBB.

Dans le domaine de la "violence contre la personne", les enquêteurs ont relevé 60 assassinats d'indigènes, soit le même nombre qu'en 2009 et 2008. Dans celui de la "violence par omission des pouvoirs publics", il y a eu 92 cas de mortalité infantile (16 cas en 2009). Ils ont noté également 92 cas de "violence contre le patrimoine" : invasions, l'exploitation illégale de ressources de Terres indigènes (87 cas en 2009).

Les deux États du Mato Grosso et Mato Grosso do Sul concentrent une part importante de la violence : 25% des cas de "violence contre le patrimoine"; 95 % des 1'705 cas de "violence contre la personne" et 35% des 42'958 victimes de la "violence par omission des pouvoirs publics".

L'enquête a été coordonnée par Lúcia Helena Rangel, anthropologue à la Faculté des sciences sociales de l'Université Pontificale Catholique de São Paulo.

Le président du CIMI, Dom Erwin Kräutler, a signé la préface du document. Pour lui, la situation faite aux peuples indigènes "... Est l'institution d'un nouvel "apartheid", une violation préméditée de la Constitution du Brésil". Le vice-président, Roberto Antonio Liebgott fait un bilan des années Lula en matière de politique indigéniste : "Le gouvernement a choisi comme alliés les secteurs de la politique et de l'économie qui, historiquement, se sont positionnés comme ennemis des peuples indigènes...".

Trois articles abordent des aspects particuliers de la situation des peuples indigènes :

Le rapport du CIMI a le mérite de mettre en perspective les violences contre les peuples indigènes observées en 2010.

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* L'ouvrage hydroélectrique sur le rio Xingu.

Pour en savoir plus (en portugais), les rapports du CIMI depuis 2003 : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=publicacoes&... > Relatório de Violência

 

La page de couverture du rapport présentée ci-dessus est un photomontage de deux photos d'Egon Heck (archives du CIMI) : un enfant Guarani Kaiowa durant la manifestation de reprise de la Terre Indigène Kursu Ambá dans le Mato Grosso do Sul -MS et enfant de la communauté Ita'y Ka'Aguyrusu (MS). Communauté qui attend la démarcation de sa terre traditionnelle en campant sur le bord d'une route.

 

La première partie de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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