• Vaccination Covid : seule une partie des indigènes brésiliens est prioritaires / Bolsonaro est dénoncé à la CPI

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    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Ye’kwana, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, SESAI, Covid-19, Manaus, ANVISA, Agência Nacional de Vigilância Sanitária, Ministério da Saúde, vaccination, vacinação, aldeados, Terras Indígenas, demarcação, Terres Indigènes, démarcation, TI Yanomami, Amazonas, Roraima, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples indigènes du Brésil, APIB, Distritos Sanitários Especiais Indígenas, DSEI, Tribunal suprême Fédéral, STF, Supremo Tribunal Federal, Câmara dos Deputados, Raoni, Cour pénale internationale, William Bourdon, Fatou BensoudaLes médias ont largement fait écho à l’apparition d’une souche amazonienne de la Covid-19. Et aussi à l’état sanitaire catastrophique dans lequel se trouve Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas. Il y est particulièrement question des conséquences de la pénurie d’oxygène pour le traitement des malades. Le 17 janvier, l’Agence Nationale de Vigilance Sanitaire – ANVISA, a autorisé l’usage temporaire de deux vaccins. Très vite, les médias et réseaux sociaux ont publié les photos des premières personnes vaccinées.

    En décembre 2020, le gouvernent brésilien a publié un plan opérationnel de vaccination contre la Covid-19. La grande vulnérabilité des peuples indigènes et les difficultés de mise en œuvre des mesures de protection, notamment en raison des distances pour atteindre les communautés sont reconnus. Mais le plan classe prioritaires les seuls indigènes de plus de 18 ans « aldeados », c’est-à-dire habitant les villages situés à l’intérieur des Terres Indigènes (TI) démarquées. Les plans de vaccination des États d’Amazonas et de Roraima (sur lesquels s’étend la TI Yanomami) reprennent la même disposition.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a réagi à cette restriction. Elle rappelle que de nombreuses TI n’ont pas été démarquées*. En conséquence cela exclut de la campagne de vaccination un peu plus de 40 % des 900'000 indigènes du pays. Dans un manifeste, elle rappelle la position du Tribunal Suprême Fédéral et du Parlement fédéral qui ont demandé, en août 2020 déjà, la mise en œuvre d’un plan non restrictif de protection des peuples indigènes. Parallèlement, elle lance une campagne pour obtenir cette vaccination pour tous les indigènes et inciter ceux-ci à se faire vacciner.

    La situation au 21 janvier

    Les statistiques publiées par différents organismes sont généralement considérées par les spécialistes comme étant inférieures à la réalité. De plus, leurs modes de calcul ne sont pas identiques. Leur comparabilité a peu de sens. Pour l’ensemble du Brésil, au 21 janvier dernier, le Ministère de la santé annonçait 8'697’368 cas confirmés depuis le début du comptage (à fin février 2020) et 214'147 décès depuis la même période. En ce qui concerne les peuples indigènes, à la même date, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI (qui ne compte que les indigènes résidant dans les trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes) annonçait 40'611 cas confirmés et 531 décès, dont respectivement 1'218 cas et 10 décès dans le District Yanomami. Toujours au 21 janvier, le réseau d’organisations qui composent l’APIB annonce 46'508 cas confirmés et 929 décès au sein de 161 peuples indigènes. La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB annonce 33’202 cas confirmés et 749 décès au sein de 141 peuples dans cette partie du pays. Enfin, au 31 décembre 2020, le Réseau Pro-Yanomami et Ye’kwana qui ne concerne que ces deux peuples, annonce 1'607 cas confirmés et 14 décès depuis le début de ses relevés à fin mai 2020**.

    Raoni dénonce Bolsonaro devant la Cour pénale internationale

    Le 21 décembre 2020, au nom de l’APIB, des leaders Raoni Metuktire et Almir Suruí, l’avocat français William Bourdon a déposé une nouvelle demande d’investigation préliminaire contre le président brésilien Jair Bolsonaro devant la Cour Pénale Internationale – CPI de La Haye. La Cour est chargée de juger les individus responsables de génocides, de crime de guerre, de crime contre l’humanité et d’agression. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, va étudier la recevabilité de la plainte. À suivre…

                                                                                    ***

    *Le président Bolsonaro s’est déclaré hostile à toute nouvelle démarcation.

    **Voir sur ce blog la note du 4 décembre 2020 le document du Forum des leaders de la TI Yanomami.

                                                                                    ***

    Illustration : le logo de la campagne de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

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  • Brésil / Barcelone : La plateforme indigène « Mídia Índia » reçoit un prix

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    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Erisvan Bone Guajajara de Sousa Silva, Joan Alsina, Mídia Índia, Casa Amèrica Catalunya, Barcelona, Barcelone, Covid-19, Articulation des Peuples et Organisations Indigènes de l’État de l’Amapá et du Nord Pará, APOIANP, Articulação dos Povos e Organizações Indigenas do Estado do Amapá e Norte do Pará, Fondation Nationale de l’Indien, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Convention 169, Convenção 169, Organização Internacional do Trabalho, Organisation Internationale du Travail, Declaração da ONU sobre os Direitos dos Povos Indígenas, Esprit solidaire, Léman BleuFondée en 2017 par Erisvan Bone Guajajara, la plateforme indigène brésilienne « Mídia Índia » a reçu, le 17 décembre dernier, le Prix Joan Alsina (1) des Droits humains attribué chaque année par la Fondation Casa Amèrica Catalunya de Barcelone (2). La Fondation a voulu récompenser la plateforme pour sa précieuse contribution à la diffusion et à la connaissance des réalités des peuples originaires de l’Amazonie brésilienne. Cela au moment où leur survie est gravement menacée par la pandémie du Covid-19, le changement climatique, les incendies, l’exploitation, souvent violente et incontrôlée des ressources naturelles. Mais aussi par le déclin de la protection de leurs droits. Sur son site Facebook, au 7 janvier, Mídia Índia déclare compter 60'236 abonnés.

    À titre d’exemple, l’une des dernières informations qu’elle y a relayé le 5 janvier concerne la protestation que l’Articulation des Peuples et Organisations Indigènes de l’Amapá et du Nord Pará – APOIANP – a adressée au Gouvernement brésilien suite à la désignation d’un militaire comme Coordinateur régional de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Elle demande la révocation de l’arrêté de nomination du titulaire de ce poste ; le respect des traités internationaux signés par le Brésil (la Convention 169 de l’OIT, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones) et que soient prises en compte leurs propositions pour l’occupation de tels postes. Le 4 janvier dernier, sur YouTube, l’entité a publié une rétrospective de son activité.

    Si la simple radiophonie est encore utile pour les communications entre communautés, les nouveaux outils et réseaux de communication sont largement utilisés par les indigènes et leurs organisations depuis plusieurs années. Cela leur permet de diffuser à moindre coût l’information qu’ils produisent eux-mêmes, à destination de leurs propres communautés ou du grand public. Le cas échéant, elle sert à documenter des revendications particulières adressées aux autorités. Une pratique qui n’est pas propre aux organisations brésiliennes. Une précédente note a été consacrée à l’action des organisations indigènes péruviennes luttant contre les atteintes à l’environnement causées par les compagnies pétrolières. Un sujet repris actuellement dans l’émission « Esprit solidaire » de « Léman Bleu », la télévision locale genevoise.

    En distinguant « Midia India », la Fondation catalane a mis le projecteur sur l’effort des organisations indigènes pour faire entendre leur voix.

                                                                                       ***

    (1) Joan Alsina (1942 – 1973) est un prêtre catalan fusillé au Chili le 19 septembre 1973 lors du coup d’État militaire.

    (2) Entité rattachée aux autorités municipales de Barcelone.

    Illustration : Logo de la plateforme. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

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    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2