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  • Du sang des Yanomami de retour sur la terre ancestrale

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas,Toototobi, Yanomami, james Neel, Patrick Tierney, Dakness in Eldorado, Davi Kopenawa, Dario Kopenawa, Rodrigo Janot, Deborah Duprat, Ministério Público Federal, MPF, Venezuela, Etats-Unis, Instituto Socioambiental, ISALe 3 avril, au cours d'une cérémonie, qui a eu lieu dans la communauté de Piaú, dans la région de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami, les Indiens ont pu enterrer les premiers échantillons de sang, collectés sans autorisation sur environ 3'000 Yanomami entre 1967 et 1970. Ils avaient été prélevés par le généticien américain James Neel et utilisés aux USA pour des recherches génétiques. L'affaire avait été révélée en 2000 par Patrick Tierney* dans un ouvrage "Darkness in Eldorado" qui, à l'époque, a suscité de vivres réactions.

    En novembre 2002 déjà, Davi Kopenawa, et la communauté de Paapiú, avaient demandé le retour de ce matériel génétique : "Notre coutume est de pleurer les morts, brûler les corps et tout ce qu'ils ont utilisé. Il ne peut rien rester, sinon nous restons avec la rage et notre pensée ne reste pas tranquille. Les Américains, eux, ne respectent pas notre coutume. Pour cela nous voulons le retour des échantillons de sang et de tout ce qu'ils ont tiré de notre sang pour étudier".

    Après des années de démarches, une partie de ces prélèvements vient enfin d'être rapatriée au Brésil*. Ils ont été remis à Davi Kopenawa et à son fils Dário, le 26 mars à Brasilia, par le Procureur général de la République, Rodrigo Janot et Deborah Duprat du Ministère public fédéral. Les deux Yanomami étaient dans la capitale brésilienne pour présenter la carte du "Territoire et communautés Yanomami  Brésil Venezuela" élaborée fin octobre – début novembre à l'occasion d'une rencontre binationale des Yanomami du Brésil et du Venezuela**. Pour les Yanomami, une bonne partie de ce sang est celui de membres des communautés maintenant décédés. Leur sang conservé aux Etats Unis n'avait pas reçu une sépulture correcte.

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    * Voir, sur ce blog, la note du 11 juin 2010

    ** Voir, sur ce blog, la note du 29 décembre 2014

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    Photos (cliquer sur la vignette pour agrandir l'image):

    - En haut à gauche : © Marcos Wesley (Instituto Socioambiental – ISA). Dario et Davi Kopenawa aux côtés de Rodrigo Janot, Procureur général de la république et de Deborah, Duprat Procureure de la 6e Chambre du Ministère public fédéral au moment de la restitution des échantillons en provenance des Etats Unis.

    - Au centre, en bas : © Estêvão Benfica (Instituto Socioambiental – ISA). Tout à gauche, Davi Kopenawa et d'autres indigènes enterrent les échantillons.

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    PS 1 : Une série de quatre vidéos intitulée "Napëpë" (d'environ 10 minutes chacune en portugais), évoque cette opération des scientifiques américains a été mise en ligne sur Youtube. Pour accéder à la première séquence, cliquer > ICI, les trois autres suivent.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La forêt amazonienne est malade

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    En mars dernier "Nature", la bien connue revue scientifique britannique a publié les résultats d'une étude* conduite depuis une trentaine d'années par de nombreux chercheurs : la forêt amazonienne absorbe de moins en moins le dioxyde de carbone (CO2) anthropique. Dans les années 90, chaque année, l'Amazonie retirait de l'atmosphère environ 2 milliards de tonnes de CO2. Aujourd'hui, elle n'en absorberait seulement que la moitié. Plusieurs medias ont relayé l'information.

    Parmi ceux-ci, le quotidien français Le Monde qui relève que le taux de mortalité des arbres a augmenté de 30% en trente ans. Entre 1990 et 2000, le surplus de gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère a favorisé la croissance de la forêt. C'est ce que souligne sur France tv info Jérôme Chave, spécialiste en évolution et diversité : "L'arbre d'Amazonie a plus de nourriture, il grandit plus vite, c'est le premier effet que l'on observe… Comme tous les gens qui mangent trop, les arbres ont une certaine capacité, puis ils saturent à un certain point et ils ne sont plus capables d'absorber aussi vite le dioxyde de carbone que l'on met dans l'atmosphère".

    À l'occasion de la conférence "Bonn Challenge" qui a eu lieu en mars dernier dans la ville allemande, sous les auspices de l'Allemagne, de la Norvège et de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature -  UICN, 15 pays se sont engagés à replanter, sur leur territoire, 60 millions d'ha de forêt d'ici 2020, l'équivalant de ce qui a été détruit ces dix dernières années en Amazonie. Le Brésil est dans la liste des six pays qui se sont engagés à restaurer moins d'un million d'hectares.

    Les chiffres relatifs à la déforestation en Amazonie brésilienne montrent qu'entre août 2013 et juillet 2014 celle-ci était de l'ordre de 4'848 Km2, soit une réduction de 18 % par rapport à la même période 2012 – 2013 où elle avait été de 5'891 km2. Cependant l'Institut de l'Homme et du Milieu Ambiant de l'Amazonie – IMAZON n'a pas écarté la possibilité d'une forte augmentation de la déforestation qui doublerait pour la période 2014 – 2015. Dans son bulletin de mars 2015, l'organisation compare l'évolution de la déforestation de la période d'août 2013 à mars 2014 où elle avait été de 560 km2 et la même période (août 2014 à mars 2015) où elle a été de 1'761 km2, soit une augmentation de 214 %. Le 11 mars, les ministères brésiliens de l'Environnement et celui de la justice ont signé un accord avec la Banque Nationale de Développement Economique et Social – BNDES pour financer des opérations de lutte contre la déforestation illégale de la forêt amazonienne.

    Le réseau Globo, dans la série "Fantástico", sous le titre "Amazônia Sociedade Anônima" a diffusé, du 22 mars au 19 avril, cinq émissions d'une dizaine de minutes chacune, montrant les enjeux du développement actuel de l'Amazonie, ce qui doit être fait pour en garantir l'avenir.

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    * Revue "Nature" No 519 du 19 mars 2015 :

    http://www.nature.com/nature/journal/v519/n7543/full/nature14283.html

    - PS 1 : Voir sur ce blog les notes du 17 avril et 5 décembre 2014

    - PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "Sauver la planète" : un message-testament d'Almir Suruí, leader indigène

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Almir Narayamoga Suruí, Albin Michel,Sauver la planète, Corine Sombrun, Suruí, Sete de Setembro, Rondônia,, Aquaverde, Google, Plano Carbono, Metareilá, Açaí, Euterpe oleracea, jardin botanique, Genève, Salon du livre, Paris,Thomas Pizer, Madeleine Caboche, Nancy Ypsilantis, Détour, Babylone, Radio romande, RTS, radio télévision suisseLe prologue de l'ouvrage publié chez Albin Michel* rapporte un dialogue entre Almir Narayamoga Suruí et son garde du corps. Ce dernier confie à Almir avoir été réticent quand il a reçu la mission de le protéger en raison des menaces de mort qui pesaient sur lui, mais il ajoute : "… en fait, je n'ai jamais été traité avec autant de respect et je tiens à te le dire aujourd'hui, je suis honoré d'avoir pour mission de te protéger".

    Ce à quoi Almir répond : "Je te remercie pour ces mots Sergente, ils me font du bien. Je peux te confier quelque chose moi aussi ?" Almir lui remet une clé USB qu'il conservait toujours dans sa poche. "Pourrais-tu donner cette clé à mes enfants si jamais… Je ne sais pas si ce qu'elle contient participera à éveiller la conscience de ceux qui détruisent la forêt, mais ils sauront que notre peuple a fait sa part et qu'il est urgent pour eux de faire la leur."

    L'ouvrage, également signé par  Corine Sombrun, est effectivement le message–testament qu'Almir adresse à ses parents, à ses épouses, à ses enfants et à la forêt amazonienne. Dans la première partie, il rappelle comment le premier contact avec les blancs, au début des années 60, a réduit à quelques centaines d'individus, les cinq mille Suruí vivant sur une aire - la Terre Indigène Sete de Setembro - d'environ 20'000 km2, située dans l'État du Rondônia, dans l'ouest de l'Amazonie brésilienne. Almir explique son "apprentissage" de la forêt et les actions qu'il a entreprises pour la sauver, par exemple, les appuis apportés par l'ONG genevoise "Aquaverde" pour la reforestation, son partenariat avec Google qui, maintenant, signale son combat sur sa mappemonde électronique… Il rappelle les menaces de mort dont il est l'objet et les controverses que son action suscite chez certains de ses pairs, comme l'a été récemment, le "Plan carbone" de l'association Metareilá. La controverse principale est celle opposant partisans et adversaires des mécanismes permettant à des pollueurs d'acheter des droits de polluer.

    Dans un ouvrage comme celui-ci, il aurait été judicieux de consacrer quelques lignes à la lutte conduite par les organisations indigènes du pays pour le respect des droits territoriaux.

    Almir était déjà à Genève en juin 2007. Il avait participé à la fête du développement durable. Au cours d'une cérémonie en présence des autorités de la Ville, il avait planté un Açaí (Euterpe oleracea) dans la serre tempérée du Jardin botanique. Le palmier n'a malheureusement pas survécu à ce "climat" trop frais. Depuis, il a été remplacé par plusieurs "congénères" qui prospèrent maintenant dans la serre chaude du jardin. En octobre 2008, au Victoria Hall, Almir a reçu le prix "Droits de l'homme" de la Société Internationale pour les droits de l'homme – SIDH**.

    En mars dernier, il était au Salon du livre de Paris où il a présenté son ouvrage. Récemment, il a fait un nouveau passage en Suisse. De nombreux médias ont consacré un article, ou une émission, à l'occasion de la publication de l'ouvrage. Parmi ceux-ci, la Radio Télévision Suisse – RTS. D'abord, Corine Sombrun a été interviewée par Madeleine Caboche, animatrice de l'émission "Détour" diffusée le 16 mars***. Puis Nancy Ypsilantis a reçu Almir, Corine Sombrun et Thomas Pizer, président d'Aquaverde, dans "Babylone" diffusée en avril dernier.

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    * Sauver la planète – Le message d'un chef indien d'Amazonie / Almir Narayamoga Suruí et Corine Sombrun / 192 pages / ISBN : 978-2-226-25705-5 / Editions Albin Michel – Paris / 18 euros

    ** Voir sur ce blog, la note du 12 avril 2013.

    *** Les émissions peuvent être écoutées sur le site de la radio romande pendant un mois après leur diffusion.

    >> Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brasilia : Une forte mobilisation indigène

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, APIB, Acampamento Terra Livre, APIB, mobilização nacional indígena, Portaria 303, Dilma Rousseff, Michel Rossetto, Eduardo Cunha, Câmara dos deputados, Senado, Dias Toffoli, STF, FUNAI, TI Limão Verde, Mato Grosso do Sul, Sônia Guajara, Raoni, PEC 215, Sarney Filho, Nilto Tatto, Vicentinho Júnior, Ivan Valente, João Capiberibe, Michel Tremer, Bahia, Paraíba, Rondônia, Maranhão, Rio Grande do Sul, Minas Gerais, Kaixana, Mura, Arara, Juruna, Belo Monte, Mapari, Setemã, Arara da Volta Grande do Xingu, Diario Oficial da UniãoVenus de tout le pays, ils étaient entre 1'200 et 1'500 indigènes présents à Brasilia du 13 au 16 avril pour la onzième édition du "Campement Terre Libre". L'appel lancé le 5 mars par l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a été entendu*.

    Une réunion plénière a permis de rappeler les principales revendications du mouvement indigène, en particulier celles qui touchent les droits territoriaux : l'annulation par le Tribunal Suprême Fédéral de l'homologation d'une Terre Indigène (TI) et la révision des arrêtés de deux autres TI; l'Arrêté 303 pris par l'Avocat Général de l'Union qui veut réglementer le processus de démarcation des TI; et la volonté d'une grande partie des membres du Congrès de réduire ces droits pour faciliter l'exploitation économique des TI. C'est bien au niveau des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire que les Indiens ont voulu se faire entendre. L'ensemble de ces revendications a été adressé dès le 26 mars dans une lettre à la présidente de la république, Dilma Rousseff.

    À la Présidence de la république, le 15 avril, une délégation a eu une entrevue avec Michel Rossetto, le Secrétaire général de la présidence de la république. Le même jour, c'est à Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés qu'une délégation a sollicité le classement de la Proposition d'amendement constitutionnel No 215 qui, si elle était adoptée, donnerait au congrès le pouvoir ultime de la démarcation des TI.

    Le 16 avril, une délégation a rencontré le ministre Dias Toffoli, du Tribunal Suprême Fédéral. Ce juge devra se prononcer sur le recours présenté par la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI à propos de l'annulation de l'homologation la TI Limão Verde située dans le Mato Grosso do Sul.

    Une session solennelle a eu lieu à la Chambre des députés au cours de laquelle plusieurs indigènes ont pris la parole : Sônia Guajara de l'APIB, le cacique Raoni. Ont également pris la parole plusieurs députés hostiles à l'adoption de la PEC 215 : Sarney Filho, Nilto Tatto, Vicentinho Júnior, Ivan Valente… Ce dernier a rappelé que la PEC 215 est anticonstitutionnelle.

    Le même jour, le Sénat était réuni pour un hommage aux peuples indigènes. Plusieurs sénateurs ont dit leur intention de défendre les droits des indigènes. Par exemple, le sénateur João Capiberibe, a rappelé la demande des peuples indigènes adressée à la présidente de la république de démarquer toutes les terres indigènes du Brésil.

    La Commission des Droits humains et des Minorités - CDHM de la Chambre des députés a également reçu une délégation indigène. Le président de la Commission s'est dit disposé à donner un maximum de visibilité à la cause des indigènes.

    Toujours le 16 avril, le Vice-Président de la république, Michel Tremer a accordé une audience à plusieurs leaders indigènes. Sônia Guajajara lui a rappelé les 12 processus de démarcation des TI bloqués au Ministère de la justice. Les leaders ont protesté contre l'avis exprimé par la Présidente de la république qui, dans une entrevue concédée le 14 avril aux représentants de la presse alternative, a affirmé que le mouvement indigène n'était pas unifié… À la question d'une journaliste de savoir si elle allait recevoir les indigènes, elle a répondu qu'elle en avait reçu plusieurs et qu'elle ne les recevrait pas tous…

    Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs États du Brésil : Bahia, Paraíba, Rondônia, Maranhão, Rio Grande do Sul et Minas Gerais. 

    Le 21 avril, l'APIB a qualifié de timide et insatisfaisante la réponse du Gouvernement aux demandes formulées lors de la rencontre avec le Vice-président de la république, à savoir l'homologation de la démarcation de trois TI dans la région nord du pays : la TI Mapari (1'572,46 km2), habitée par le peuple Kaixana et la TI Setemã (497,72 km2) occupée par le peuple Mura, les deux dans l'État d'Amazonas; la TI Arara da Volta Grande do Xingu (255,24 km2) habitée par les peuples Arara et Juruna, dans l'État du Pará, proche de l'usine hydroélectrique de Belo Monte. La démarcation de cette TI est une des exigences voulues par le Ministère public fédéral pour permettre l'autorisation de fonctionnement de l'usine. Les décrets d'homologation, datés du 17 avril, ont été publiés au Journal Officiel de l'Union - DOU le 20 avril.

    Le gouvernement a également autorisé la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI à mettre au concours 220 postes d'agents, ce qui renforcera son activité.

    Au nom de l'APIB, Sônia Guajajara a remercié les participants et partenaires qui ont participé et soutenu la manifestation de Brasilia.

    Une délégation indigène du Brésil est présente à la 14e session de l'Instance permanente sur les questions autochtones – IP (ONU), qui se tient actuellement à New York depuis le 20 avril jusqu'au 1er mai 2015. La délégation a dénoncé la politique indigène du gouvernement brésilien et a demandé le soutien de l'Instance.

    * Voir sur ce blog la note du 12 avril 2015

    Photo © Fábio Nascimento – ISA : Les leaders indigènes en discussion avec Eduardo Cunha (assis en bas à gauche), président de la Chambre des députés. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

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    PS 1 : Pour les précédentes mobilisations, voir sur ce blog, les notes des 3 mai, 28 septembre, 10 et 20 novembre 2013, 19 et 30 mai 2014.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "Partage de savoirs" entre autochtones de plusieurs pays d'Amérique du sud

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     Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Genève, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, FECONAT, Argentine, Chili, Colombie, Pérou, Consejo Asesor Indígena, CAI, Mapuche, Wampi, rio Pastaza, rio Tigre, rio Corrientes, rio Marañón, Loreto, Iquitos, rio Santiago, PluspetrolÀ Iquitos (Pérou), entre le 20 janvier et le 16 février, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI (Genève)* a organisé un séminaire de "Partage des savoirs" destiné à des représentants de différents peuples indigènes avec lesquels il est en contact depuis plusieurs années. Certains participants s'étaient déjà rencontrés, à Genève en octobre 2012, à l'occasion du séminaire organisé dans le cadre du 50e anniversaire du MCI. Le lieu de la rencontre ne doit rien au hasard : Iquitos abrite le siège de la Fédération  des Communautés Natives du Haut Tigre – FECONAT, qui est un des partenaires du MCI. Les participants venaient d'Argentine, du Chili, de Colombie et, bien sûr, du Pérou. En Argentine, le Consejo Asesor Indígena – CAI est engagé dans un processus de récupération de terres des Mapuche. La cartographie des terres revendiquées ou déjà récupérées est utile. Il existe également des projets de prospection et d'exploitation minière qu'il est utile de localiser. Toujours sur les terres des Mapuche, mais au Chili, il y a des projets d'ouvrages hydroélectriques, aussi des projets d'exploitations minières et des entreprises pratiquant la monoculture forestière. En Colombie, les organisations indigènes sont confrontées à la violence armée et à l'exploitation minière.

    Outre l'échange sur les pratiques des uns et des autres face aux réalités propres à chaque pays, une partie de la rencontre a été consacrée à un apprentissage plus technique. Les organisations péruviennes ont partagé leur savoir en matière de surveillance territoriale. Depuis plusieurs années, des indigènes ont été formés pour contrôler les installations pétrolières, notamment dans la région du rio Tigre. Ils ont révélé, aux autorités et à l'opinion publique, l'existence de dizaines de sites pollués suite à des fuites ou des ruptures d'oléoducs. Equipés de smartphones avec GPS et appareils de photos, des "observateurs" alimentent des bases de données qui permettent de préparer des dénonciations et exiger le nettoyage des terres et des rivières polluées.

    Cette documentation est également utilisée pour informer les communautés sur les risques encourus. Par l'intermédiaire des réseaux sociaux, elle pourra être aussi échangée entre les organisations indigènes. Plus récemment, l'organisation indigène des Wampis a utilisé ces techniques pour dénoncer l'orpaillage illégal sur le rio Santiago. Lors de la rencontre, un des leaders de cette communauté a présenté une brève vidéo (mise en ligne sur YouTube) enregistrée lors d'une manifestation contre la présence des orpailleurs. Le recours à ces techniques a grandement facilité la mise en place de politiques publiques pour l'ensemble de l'Amazonie péruvienne.

    Au début de ce mois de mars, le gouvernement péruvien a signé un accord – dit accord de Lima -  avec les organisations indigènes des bassins des rios Pastaza, Tigre, Corrientes et Marañón de la région de Loreto. Les autorités ont créé un fonds de 45 millions de "Nuevo Soles" (environ 16,3 millions de US$ ou 15,6 millions de CHF) pour réduire les problèmes environnementaux. Cet accord, qualifié d'historique, est le résultat des pressions exercées par les organisations indigènes depuis des années pour la préservation de leur cadre de vie.

    Pour rappel, en 2006, les indigènes avaient occupé les installations pétrolières de la compagnie Pluspetrol. Depuis il y a eu d'autres mobilisations comme en  2009 et 2012. En 2013, le gouvernement a dû déclarer l'état d'urgence environnemental dans la région de Loreto**. Une commission officielle intersectorielle alors mise en place a abouti à l'accord du 10 mars dernier.

    Le patient travail de documentation et de dénonciation entrepris par les organisations indigènes a fini par "payer". Reste encore à veiller à l'application du récent accord.

    Il est souhaitable que toutes les organisations indigènes présentes au séminaire d'Iquitos obtiennent, elles aussi, des résultats conformes à leurs vœux.

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    Photo © MCI – De gauche à droite : Aurélien Stoll, Secrétaire du MCI et animateur de la rencontre en compagnie de deux participants et d'une participante / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    * Le MCI est membre de la Fédération Genevoise de Coopération – FGC qui a financé ce projet.

    ** Voir sur ce blog, les notes des 20 janvier et 25 juin 2012, et celle du 10 mai 2013

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les peuples indigènes sont invités à manifester à Brasilia et dans tout le pays

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, APIB, Acampamento Terra Livre, APIB, mobilização nacional indígenaLe 27 mars, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a adressé une convocation à tous les peuples, organisations, leaders indigènes, à leurs alliés et partenaires les invitant à participer au "Campement Terre Libre" prévu à Brasilia du 13 au 16 avril. Pour la même période, l'APIB demande aux organisations indigènes régionales d'organiser des manifestations dans les différentes régions du pays. Cette mobilisation est appuyée par de nombreuses organisations de la société civile et mouvements sociaux.

    En cause les attaques contre les droits indigènes : "Après 26ans sous le règne de la Constitution Fédérale qui consacre les droits fondamentaux des peuples indigènes à la différence et aux terres qu'ils occupent traditionnellement, l'État brésilien, au lieu de garantir ces droits, aussi protégés par le droit international, semble au contraire déterminé à les supprimer. Cela au détriment de l'intégrité physique et culturelle des premiers habitants de cette terre appelée Brésil."

    "L'attaque systématique des droits des peuples indigènes est inadmissible dans une société démocratique et plurielle. Ces droits sont utilisés aujourd'hui comme monnaie d'échange et objets du jeu politique. Mais les peuples indigènes ont déjà donné des preuves suffisantes qu'ils ne céderont pas à cette nouvelle offensive chargée de haine, de discrimination, de racisme et d'incitation à la violence, promue par les propriétaires ou représentants du pouvoir politique et économique."

    Et l'APIB de rappeler que des Terres indigènes pourraient être homologuées immédiatement par la Présidente de la république. Elle dresse la longue liste des projets de lois ou actes juridiques qui portent atteinte aux droits des peuples indigènes.

    Les organisations et peuples indigènes se sont déjà mobilisés ces dernières années*, notamment pour la défense de leurs droits territoriaux.

    Il est vraisemblable que l'appel de l'APIB sera entendu.

    * Voir sur ce blog, les notes des 3 mai, 28 septembre, 10 et 20 novembre 2013, 19 et 30 mai 2014.

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    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le projet de loi sur les ressources génétiques est contesté par les organisations indigènes

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    Le 10 février à Brasilia, la Chambre des députés a adopté un projet de loi (No 7.735/2014) du gouvernement relatif à l'application de la Convention sur la diversité biologique promulguée par Décret (No 2.519 du 16 mars 1998). Cette convention traite de l'accès au patrimoine génétique; de la protection et l'accès aux connaissances traditionnelles associées; de la répartition des bénéfices; de la conservation et l'usage soutenable de la biodiversité; et d'autres mesures. Le Sénat est maintenant saisi du même sujet au travers du Projet de loi PLC No 2/2015. Plusieurs Commissions ont travaillé sur ce texte important. Le gouvernement a demandé au parlement d'examiner son projet en urgence. Celui-ci devrait avoir terminé son travail le 10 avril.

    Le 27 février, près de 80 organisations indigènes, indigénistes, communautés traditionnelles et d'agriculture familiale – de fait représentant les détenteurs de ce patrimoine et de ce savoir - ont publié une lettre ouverte pour exprimer leur mécontentement à l'égard du contenu de ce projet. Ce texte a été remis au Ministère de l'environnement à l'occasion d'une rencontre qui a eu lieu fin février.

    Elles reprochent au pouvoir exécutif d'être lié à une coalition d'intérêts économiques qui leur sont contraires; de les avoir délibérément exclues du processus d'élaboration de la loi et de ne pas les avoir consultées préalablement, cela en violation de Traités internationaux approuvés par le Brésil (Convention 169 de l'OIT entre autres). Les signataires soulignent le manque de contrôle sur les entreprises nationales et internationales qui veulent accéder à ces ressources et les exploiter. La répartition des bénéfices est également contestée. Globalement, elles reprochent au projet de loi de vendre et détruire la biodiversité nationale et de porter gravement atteinte à leur avenir.

    Le 5 mars, le Conseil National de Sécurité Alimentaire – CONSEA a demandé à la Présidente de la république de retirer le projet de loi et de reprendre un processus de négociation permettant à toutes les parties de faire valoir leurs droits.

    Quatre commissions permanentes du Sénat, celles de l'Agriculture et de la Réforme agraire – CNA, de la Science et de la technologie - CCT, des Affaires économiques – CAE et du Milieu ambiant - CMA ont déjà examiné le projet de loi en adoptant ou non des amendements.

    À l'occasion d'une audience publique, Jorge Viana, rapporteur du projet devant la CMA a affirmé son intention d'entendre les peuples indigènes et les communautés traditionnelles. Effectivement, plusieurs amendements leur étant favorables ont été adoptés lors de l'examen du projet par la Commission. Qu'en restera-t-il après la délibération en plénière ?

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    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Avant le match de la Nati à Manaus, la Suisse manifeste sa solidarité avec les Yanomami

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    Le programme d'éducation en santé mis sur pied par le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA1 de Manaus a reçu l'appui de l'ambassade de Suisse à Brasilia, elle-même en partenariat avec l'Association Suisse de Football – ASF.

    Les bénéficiaires directs du projet sont les 350 enfants, de 0 à 5 ans, des villages yanomami du rio Marauiá2 et des ses affluents. Le projet, prévu pour durer 12 mois, doit commencer dans les prochaines semaines. L'objectif est de diminuer de moitié, en trois ans, le taux de dénutrition infantile qui est actuellement de 44%. Pour atteindre ce résultat, la Secoya a prévu d'organiser d'abord deux cours de dix jours destinés à 25 Agents Indigènes de Santé – AIS. Ces cours porteront sur la valorisation des aliments traditionnels susceptibles d'améliorer l'équilibre nutritionnel des enfants. Il s'agit de réduire les facteurs à l'origine de la perte de poids, notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires, les parasitoses…

    Parallèlement aux cours, d'autres actions de prévention sont prévues dans les villages : activités pratiques de purification de l'eau de consommation, hygiène personnelle et de l'habitation, élimination des ordures, etc. Pour assurer la viabilité et la durabilité de ces actions sur le long terme, la Secoya veut progressivement confier la responsabilité de ces actions à des agents multiplicateurs. Ceux-ci agiront pour favoriser des changements sociaux tout en étant de défenseurs de la culture traditionnelle des Yanomami.

    La signature du partenariat Ambassade de Suisse – Secoya aura lieu, ce mercredi 25 juin à 11h à Manaus, au siège même de la Secoya, en présence de l'ambassadeur André Regli et de ses invités.

    Le jour choisi pour cette cérémonie ne doit rien au hasard : le 25 juin, la Nati rencontre l'équipe du Honduras dans la capitale amazonienne, dans le cadre du Mondial de football.

    Trois personnes engagées dans ce projet : le coordinateur de la Secoya, Silvio Cavuscens et deux volontaires de l'association E-Changer, Sylvie Petter (infirmière) et Judith Schnyder (anthropologue) sont de nationalité suisse. Il y a là une double solidarité bien sympathique !

    La Secoya n'est par la seule ONG brésilienne à recevoir une aide helvétique. L'ambassade et l'ASF appuient des projets dans les villes ou régions où la Nati a joué les matches du premier tour de la Coupe : à Brasilia et à Salvador.

    À Brasilia, un partenariat a été signé le 14 juin avec l'association Rede Urbana de Ações Socioculturais – RUAS3 et le Programa Jovem de Expressão4. L'appui a été donné pour la réalisation d'un film sur l'histoire de Sol Nascente5, l'une des plus grandes favelas du Brésil. Le documentaire sera réalisé par des jeunes de la favela.

    À Salvador, le partenariat a été conclu avec l'association "Junta Salvador Pernambues em Ação6". Pernambues est un quartier défavorisé de Salvador. L'objectif est de créer des sources de revenus pour des jeunes et des femmes sans emploi. L'appui servira à l'acquisition des infrastructure et matériel nécessaires à la réalisation de cours de formation dans les domaines de la couture et d'artisanat de cuir. Les produits fabriqués seront mis en vente.

    Ces actions laisseront des traces positives du passage de la Nati au Brésil hors du champ footballistique !

     ***

    Notes :

    1) Le partenaire de AYA

    2) Une rivière située dans la partie de l'État d'Amazonas de la Terre Indigène Yanomami

    En français :

    3) Réseau Urbain d'Action Socioculturelles / 4) Programme d'Expression Jeune / 5) Soleil Naissant / 6) Ensemble Salvador Pernambues en Action

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info No 93, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Droits territoriaux des indigènes : des heurts à Brasilia

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, Brasilia, Mobilização Nacional Indígena, APIB, Comitê popular da Copa, Copa do Mundo, Movimento dos Trabalhadores Sem Teto, MTST, Luiz Carlos Heinze, Alceu Moreira, FIFA, Taça, Coupe, José Eduardo Cadozo, Raoni Metuktire, mobilisationÀ Brasilia, dans l'après-midi du 27 mai, les forces de l'ordre ont violemment bloqué le cortège composé d'indigènes, de membres du "Mouvement des Travailleurs Sans Toit"- MTST  et du "Comité populaire de la Coupe" de Brasilia qui se dirigeait vers le stade de la capitale fédérale où, ce jour-là, était exposée la coupe du prochain mondial de football. Le Comité populaire avait organisé un "Tribunal" pour juger les violations et crimes de la Coupe commis par la FIFA, les gouvernements fédéral et du district fédéral.

    À l'appel de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, plusieurs centaines de leaders représentant les peuples et organisations indigènes de tout le Brésil, sont réunis à Brasilia entre le 26 et le 29 mai pour la défense de leurs droits territoriaux*.

    Le 27 mai, une délégation s'est rendue au siège du Tribunal Suprême Fédéral – STF pour demander à celui-ci d'examiner le cas de deux députés fédéraux - Luiz Carlos Heinze et Alceu Moreira - auteurs de propos racistes. Le 29 mai au matin, les indigènes ont bloqué l'entrée du Ministère de la justice  pour protester contre la paralysie de toutes les procédures de démarcation des terres indigènes dans tout le pays. Ils ont demandé une audience au ministre José Eduardo Cadozo, rencontre qu'ils ont obtenue hier en fin d'après midi. Ils lui ont remis une lettre exposant leurs différentes demandes. Selon "Agência Brasil" les leaders indigènes sont sortis insatisfaits de la rencontre.

    En fait, cette mobilisation a commencé en avril 2013 quand la Chambre des députés avait été occupée quelques instants. Il y a eu également les nombreuses manifestations qui ont marqué le 25e anniversaire de l'adoption de la Constitution de 1988 fin septembre – début octobre 2013.

    Les indigènes veulent empêcher l'approbation d'une série de textes, projets de lois, arrêtés et projets d'amendements constitutionnels qui tendent à réduire leurs droits territoriaux. Ils protestent également contre la construction et projets de construction d'infrastructures (barrages, routes, etc.), et les nombreuses demandes de recherche et d'exploitation minière sur les Terres indigènes. Celles qui sont reconnues et celles qui devraient l'être.

    Les peuples indigènes du Brésil font face à nouvelle vague de colonisation intérieure qui met en cause leur existence. La mobilisation a laquelle on assiste actuellement traduit leur volonté de résistance.

    ***

    * Voir sur ce blog, les notes des 3 mai, 28 septembre, 10 et 20 novembre 2013, des 11 et 22 janvier et 19 mai 2014

    Photo © Maira Irigaray - Amazon Watch – Le leader Raoni Metuktire pendant la répression policière près du stade Mané Garrincha de Brasilia le 27 mai – Cliquer sur la vignette pour l'agrandir

    PS : Cette note sera reprise dans AYA Info No 93, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Discrimination et politiques anti-indigènes : des artistes expriment leur ras le bol

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    brasil,brésil,amazônia,amazonie,amazonas,autochtones,indigènes,povos indígenas,índios,getúlio vargas,abril indígena,funai,brasilia,urucum,alceu moreira,luis carlos heinze,quilombolas,gays,lesbicas,lesbiennes,survival,raciste de l'année,cabral,tamuaté-aki,leticia sabatella,toni garrido,indio cidadão,rodrigo siqueira,deborah duprat,ministério público federal,6ª câmara de coordenação e revisãoAu Brésil, le mois d'avril est traditionnellement l'occasion de rappeler l'existence des peuples indigènes. Le 19 avril est même la "Journée de l'Indien" selon une décision prise en 1943 par un décret-loi du président Getúlio Vargas. Diverses manifestations ont lieu dans le pays.

    Pour sa part, la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a lancé la campagne "Avril Indigène 2014" le 7 avril au Mémorial des Peuples indigènes de Brasilia sur le thème : "Les indiens sont la richesse du Brésil / Le Brésil de l'Urucum* – La différence est notre richesse". Une vidéo visible sur Youtube présente la campagne qui veut contribuer à la lutte contre la discrimination à l'égard des Indiens.

    Le slogan affirmant que les indiens sont la richesse du Brésil est loin de faire l'unanimité. En novembre et décembre 2013, deux députés fédéraux, Alceu Moreira et Luis Carlos Heinze ont publiquement manifesté leur hostilité à l'égard des indiens. Le premier a incité les producteurs ruraux à engager des sociétés privées de sécurité pour lutter contre les invasions de terres revendiquées par les peuples indigènes. Le second s'en est pris aux indiens, quilombolas, lesbiennes et gays les qualifiant de "tudo o que não presta", qui se traduit poliment en français par : "tout ce qui ne vaut rien". Une dizaine d'organisations ont demandé au Procureur général de la république d'enquêter afin de déterminer si ces propos constituent une infraction. Le 21 mars dernier, Journée internationale pour l'élimination de la discrimination, Survival International a décerné le prix du "Raciste de l'année" à Luis Carlos Heinze.

    Le 14 avril, Ministère public fédéral a présenté, en avant-première, un documentaire de Rodrigo Siqueira au titre évocateur : "Indien Citoyen ?" Le film retrace la situation des indigènes et leur mobilisation à la fin des années 80 au moment de l'adoption de la Constitution (1988) et la situation actuelle. L'auteur du film questionne : Combien de temps encore ce pays va nier son identité indigène ? La Sous-procureur général de la République, Deborah Duprat affirme que "le moment actuel est la période la plus dramatique de l'histoire indigène". Pour l'heure, seule la bande-annonce du film a été mis en ligne. Plusieurs leaders indigènes se sont exprimés à l'occasion de cette présentation.

    Le 22 avril, pour marquer le 514e anniversaire de l'arrivée de Cabral sur les côtes brésiliennes, une vingtaine d'artistes brésiliens ont lancé la campagne "Tamuaté-Aki"** dont l'objectif est de demander aux politiciens et aux autorités plus de respect pour les droits acquis par les peuples les plus anciens du pays. Dans la vidéo (voir ci-dessous) de lancement, l'actrice Leticia Sabatella pose la question : Pour vous, le Brésil a-t-il été découvert ou a-t-il été envahi ? Toni Garrido : Comment un indien répondrait-il à cette question ?

    Les artistes seront-ils entendus ?

    ***

    * L'Urucum est un arbre dont la graine est utilisée pour les peintures corporelles de couleur rouge.

    ** Néologisme dont l'origine est l'expression "Estamos até aqui" dont la traduction approchée en français signifie : "Nous en avons assez… ça suffit !"

    Traduction de l'affichette (cliquer sur la vignette pour l'agrandir):

    L'indien ne produit pas de richesse pour le Brésil / Les indiens sont la richesse du Brésil / Le Brésil de l'Urucum  -  La différence est notre richesse.

    Au Brésil, aujourd'hui vivent plus de 890'000 indigènes. Quasi un million de Brésiliens appartiennent à 305 ethnies différentes, parlant plus de 270 langues. Des Brésiliens comme moi, comme toi. Dans le pays il existe approximativement 70 peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire, sans aucun contact avec les non indiens. Les peuples indigènes luttent pour maintenir leur mode de vie traditionnel. Ils luttent pour reproduire leurs cultures. Ils luttent pour le droit de préserver leurs traditions. Respecter les différences, c'est vivre profondément un Brésil de diversité et de richesse.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Une version réduite de cette note a été publiée dans AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2