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  • La Ville de Genève solidaire des Yanomami

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Totem, Genève, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, xapono, AYA, Ville de Genève, SECOYA, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, AIS, Agentes Indígenas de Saúde, Ecolágua, Délégation Genève Ville SolidaireEn mars déjà, le Conseil Administratif de la Ville de Genève a décidé de soutenir un projet - présenté par AYA - de promotion de la santé par des agents multiplicateurs Yanomami. Un projet élaboré par l'Association Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA de Manaus (Brésil), prévu pour un an à partir d'avril 2016.

    Le groupe cible bénéficiaire du projet est composé des habitants de onze villages (xapono*) regroupant les 2'000 Yanomami établis le long du rio Marauiá, dans la Terre Indigène Yanomami – TIY. Il s'agit de réduire de 50% la dénutrition susceptible de toucher les 350 enfants de 0 à 5 ans de cette région de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro.

    La Secoya compte atteindre son objectif de diverses façons. En formant la trentaine d'Agents Indigènes de Santé – AIS déjà sur le terrain pour qu'ils soient capables de suivre la population infantile. En impliquant un réseau de femmes "multiplicatrices", formées en matière d'équilibre nutritionnel et aux conditions d'hygiène nécessaires à la bonne croissance des enfants. En rendant l'accès à l'eau potable à une partie plus importante de la population, notamment par l'utilisation du système de purificateur d'eau** "Ecolágua". En formant la population à des pratiques d'hygiène sûres (hygiène du milieu, domestique et personnelle). En sensibilisant cette population à l'importance d'un apport quotidien en protéines, particulièrement en valorisant les ressources traditionnelles.

    La participation de la Ville de Genève ne couvre pas l'entier du budget du projet. AYA recherche un complément de financement auprès d'autres collectivités publique et de particuliers. Les dons**** sont donc les bienvenus.

    En 2011, la Ville de Genève*** a déjà soutenu le programme de santé de la Secoya, également présenté par AYA, en finançant des cours de formation pour les Agents Indigènes de Santé. Au nom de ses partenaires, AYA tient à exprimer sa vive gratitude à la Délégation Genève Ville Solidaire pour l'appui qu'elle apporte à ce programme de santé.

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    * Prononcer "Chapono" / ** Voir sur ce blog la note du 19 octobre 2015 / *** Voir la note du 28 octobre 2011 / **** AYA CCP No 17-55066-2

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    Rappel : Le Musée d'Ethnographie de Genève présente jusqu'au 8 janvier 2017 l'exposition "Le Chamane et la pensée de la forêt". Dans ce cadre, le musée organise des rencontres et des visites commentées. Le programme de ces animations peut être consulté sur son bulletin "Totem" No 71. Voir également sur ce blog les notes du 29 avril et du 20 mai derniers.

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    Carte : La Terre Indigène Yanomami et les xapono du rio Marauiá. Cliquer sur la vignette pour grandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • MEG : L'Amazonie sans la chaleur ni l'humidité !

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Genève, Johnathan Watts, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, Paul Lambert, Fraternelle Amazonie, xapono, smartphone, FECONAT, Alto Tigre, Peru, Pérou, COIAB, Manaus, FGC, Fédération Genevoise de Coopération, DDC, FGC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Aurélien Stoll, Aurélien Fontanet, Claudia Andujar, Manaus, Terre des Hommes Suisse, AYAC'est dans la fraîcheur de l'air conditionné que le Musée d'Ethnographie de Genève - MEG présente, depuis ce 20 mai, une exposition temporaire* consacrée à l'Amazonie sous le titre évocateur : "Le chamane et la pensée de la forêt". Une immersion dans la culture et l'histoire des peuples amazoniens facilitée par la présentation attractive d'objets, d'images, d'enregistrements rapportés par des voyageurs, des ethnologues, des photographes au fil des ans. Un ensemble qui constitue la très riche collection du musée.

    Emouvante, la vitrine consacrée à Paul Lambert, l'auteur du film "Fraternelle Amazonie", on y voit son sac à dos, sa machine à écrire, son enregistreur… alors que dans le "xabono" voisin, il est possible de visionner des vidéos enregistrées, par des indigènes eux-mêmes, à l'aide de smartphones… L'Amazonie du 21e siècle n'est pas oubliée.

    Une installation interactive montre comment des organisations indigènes de l'Amazonie péruvienne s'organisent pour la défense de leurs territoires affectés par l'extraction de bois, d'or et de pétrole. Des "observateurs" indigènes vont sur le terrain, prennent des photos géoréférencées qui alimentent une base de données leur permettant de dénoncer cette situation auprès des autorités politiques. La formation de ces observateurs est le résultat d'un partenariat entre la Fédération des Communautés Natives du Haut-Tigre – FECONAT et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, une ONG genevoise qui a reçu l'appui de la Confédération et de collectivités publiques genevoises par l'intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération – FGC**.

    Toujours dans le "xabono", la série de vidéos "Donner la parole" est le résultat d'un projet participatif initié par le MEG et le MCI. Deux jeunes membres de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB (Manaus) ont interviewé dix-huit leaders indigènes brésiliennes et brésiliens et cinq péruviens qui font part de leurs préoccupations en rapport avec la destruction de leur environnement et le non respect de leurs droits.

    Depuis l'enregistrement de ces témoignages, avec les récents événements politiques qui agitent le Brésil, les menaces qui pèsent sur les droits territoriaux des peuples indigènes, non seulement amazoniens, mais de l'ensemble du pays, se font plus précises.

    L'exposition du MEG devrait rappeler cette actualité !

                                                                       ***

    *Cette exposition a été réalisée sous le patronage de la Commission Suisse pour l'UNESCO. Elle est ouverte jusqu'au 8 janvier 2017. De nombreux "événements" sont prévus dans le cadre de cette exposition : voir "Totem" No 71, le bulletin du MEG sur son site Internet.

    ** Outre le MCI, Terre des Hommes Suisse (Genève), et bien sûr AYA entretiennent des partenariats avec organisations indigènes amazoniennes.

    Photo : © B. Comoli - La présentation de l'exposition. Cliquer sur la vignette pour grandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • L'Amazonie dans la rue

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Musée d'ethnographie, Genève, Johnathan Watts, Couleurs d'Amazonie, Chamane, la pensée de la forêt, APIB, Sônia Guajajara, Acampamento Terra Livre, Conselho Nacional de Política IndígenistaCe 28 avril, le Musée d'Ethnographie de Genève - MEG a présenté "Couleurs d'Amazonie", l'exposition "hors murs" qu'il consacre à cette immense région : Il s'agit essentiellement de photos "macro" de Johnathan Watts, le photographe du Musée. Il montre quelques uns des objets constituant l'une des plus importantes collections ethnographiques amazoniennes d'Europe. Dans la présentation qu'il a faite de son travail lors du vernissage, il s'est dit admiratif du savoir-faire des Peuples indigènes et, pour lui, ces images sont une manière de leur donner la parole.

    L'exposition, inaugurée hier au Quai Général Guisan, sera déplacée dans six autres lieux de la ville jusqu'au 15 décembre prochain. Elle veut aller à la rencontre du public qui ne se rend jamais au musée. Elle est aussi une invitation à visiter l'exposition "Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt" qui sera ouverte au MEG du 20 mai prochain au 8 janvier 2017.

    Ces deux manifestations, outre qu'elles illustrent les relations anciennes de Genève avec l'ensemble du bassin amazonien, sont aussi le fruit d'une collaboration du musée avec les ONGs qui travaillent actuellement sur le terrain en apportant un soutien aux Peuples indigènes. Ceux-ci ont de plus en plus de mal à défendre leurs territoires et leur cadre de vie.

    L'Amazonie vit une véritable deuxième colonisation.

    Au Brésil même, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, par la voix de sa leader, Sônia Guajajara, vient d'appeler les représentants des peuples de tout le Brésil à être présents au "Campement Terre Libre" qui aura lieu à Brasilia entre le 10 et le 13 mai prochain. L'Articulation demande une mobilisation à tous les niveaux, local, régional et national. Elle dénonce le processus de destitution de la Présidente de la république par ceux qui, à travers de nombreuses initiatives législatives, veulent réduire ou supprimer, les droits qui garantissent l'existence même des Peuples indigènes. "Nous voulons montrer au pays et au monde que nous n'allons pas permettre l'aboutissement de ces attaques. La démocratie véritable sera seulement possible quand nos droits seront pleinement respectés : notre droit à la vie, à la mère terre, à la dignité et à notre condition de peuples culturellement différenciés."

    Il est important que les Genevois entendent l'appel des peuples indigènes amazoniens.

    Puissent, les manifestations du MEG y faire écho !

                                                                           

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    Photo (à gauche en haut) © Bernard Comoli : L'exposition "Couleurs d'Amazonie" sur le Quai Général Guisan / Genève. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    Image (capture d'écran) ci-dessus : Sônia Guajajara lors de le récente installation du Conseil National de Politique Indigéniste – CNPI, le 27 avril 2016 à Brasilia.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 110, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Désormais vous êtes Genevois !

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    Genevois, Communes réunies, 1792, 1798, 1813, 1815, 1816, Traité de Turin, Pictet de Rochemont, Département du Léman, Genève, Royaume de Sardaigne, Lullin d'Evordes, Charles-Jean-Marc Lullin de Châteauvieux, Drize, ruisseau des Fins, Constitution genevoise, 2012, Napoléon, Celtes, Bardonnex, Plan-les-Ouates, Grand Genève, Viet-Nam, Algérie, 1939 – 1945, 1914 - 1918C'est, en très résumé, le message que Charles Pictet de Rochemont a tenu aux habitants des communes sardes, rattachées à Genève par le Traité qu'il venait de conclure avec le Royaume de Sardaigne. Un acte signé à Turin, le 16 mars 1816. Pour ces habitants, un nouvel avenir s'ouvrait à eux.

    Ils venaient de vivre un quart de siècle mouvementé. En 1792, les armées révolutionnaires françaises ont envahi la Savoie, les voilà sous domination française. De nouveaux droits, de nouvelles obligations et de nouvelles institutions entrent en vigueur. En 1798, c'est au tour de Genève de devenir française. Les communes sardes sont incorporées au Département du Léman dont Genève est le chef-lieu. Pendant quinze ans, ces communes rurales partagent leur destin avec la cité de Calvin, cela jusqu'au moment de la Restauration genevoise à la fin de 1813. Après la défaite de Waterloo, les troupes napoléoniennes sont chassées de la région par les Autrichiens.* Ces communes retournent dans le Royaume de Sardaigne pour quelques temps. En 1815, elles apprennent qu'elles seront rattachées au futur canton de Genève destiné à incorporer la Confédération helvétique. Ce qui est fait en 1816.

    Le destin de ces "Communes réunies" s'est décidé à Vienne, à Paris et à Turin à une époque où les droits d'initiative et de référendum étaient impensables. Les habitants n'ont pas eu grand-chose à dire, leur pouvoir sur leur propre destin était plus que limité.

    Il y a eu au moins une exception, celle d'un notable genevois, Charles-Jean-Marc Lullin de Châteauvieux, dit "Lullin d'Évordes". Il a obtenu que la frontière soit repoussée au-delà de la Drize pour que l'entier de sa propriété soit "sur Suisse". C'est sur la rive droite de cette rivière qu'il a érigé un monument pour célébrer la victoire des Alliés contre Napoléon et la Restauration de l'indépendance de Genève. Il était connu pour ses engagements militaires et politiques. Il a aussi servi Compesières, l'une des Communes réunies - maintenant Bardonnex et Plan-les-Ouates - dans laquelle était située sa propriété. Il y fût maire et conseiller municipal. Il était membre de la Classe d'agriculture de la Société des Arts de Genève. À ce titre il a écrit plusieurs ouvrages sur des problèmes agricoles.

    L'intégration des nouvelles communes, majoritairement catholiques, dans un territoire protestant ne s'est pas faite sans tiraillements. Les historiens rappellent que les Carougeois ont plutôt boudé Pictet de Rochemont quand il est venu leur annoncer les résultats de l'accord de Turin. Plus tard, le Kulturkampf a encore tendu les rapports entre les catholiques et les autorités genevoises.

    S'il faut chercher des motifs pour célébrer ce rattachement, c'est plutôt au 20e siècle qu'on les trouve. Contrairement aux citoyens français (la Savoie est devenue française en 1860), le fait d'être Suisses, a évité aux habitants des communes réunies de subir deux conflits majeurs, 1914 – 1918 et 1939 – 1945, mais également les guerres coloniales, du Viet-Nam et d'Algérie. Toutes ont causé beaucoup de malheurs. Le développement économique de Genève dont ils sont parties prenantes aujourd'hui est aussi un motif de satisfaction.

    En 1815 – 1816, Pictet de Rochemont avait dans l'idée de créer un canton plus étendu que celui dont il a défini les contours. Il aurait préféré que les frontières soient plutôt sur les crêtes des montagnes qui entourent Genève. Mais la majorité des membres des autorités genevoises de l'époque craignaient l'incorporation de nombreux catholiques au sein de la population. Il a fallu trouver une solution minimale pour avoir une frontière terrestre avec la Suisse et désenclaver les territoires qui appartenaient déjà à Genève. C'est un canton de 282 km2 qui a vu le jour. Il lui a été joint deux "Zones franches" côté Pays de Gex et côté Savoie pour faciliter l'approvisionnement de la ville. Leur superficie (540 km2) est plus du double de celle du canton. Dès sa naissance Genève a besoin de ses voisins ! Pour la constitution de ce "Petit Genève", des communes frontalières ont été partagées sur deux pays. De même pour de nombreuses exploitations agricoles.

    Les déchirures et les coutures sont inscrites dans l'ADN même de cet espace géographique qui est notre bassin de vie. Les cartes publiées, en 2014,** dans "l'Atlas historique du pays de Genève" couvrant la région, depuis la période des Celtes jusqu' à celle de l'actuel Grand Genève, sont explicites : les habitants d'un même lieu ont pu, tour à tour, devenir étrangers ou compatriotes de leurs voisins. Mais ceux qui ont tracé ou modifié les frontières dans ce territoire n'ont pas pu déplacer les montagnes. Pas plus qu'ils n'ont pu empêcher l'Arve d'entrer dans le canton pour rejoindre le Rhône. Et celui-ci de filer vers la Méditerranée…

    Maintenant, l'exiguïté du canton est source de difficultés. Le Grand Genève est un outil pour réduire l'effet frontière pour le bien de tous. Encore faut-il une forte volonté politique pour trouver les solutions adéquates et résister aux chants des sirènes appelant au repli du chacun chez soi.

    En 2012, les Genevois ont adopté une nouvelle Constitution, dont un article*** concerne la région proche : "La politique régionale vise le développement durable, équilibré et solidaire de la région franco-valdo-genevoise. Le canton promeut une collaboration transfrontalière permanente, cohérente et démocratique, avec la participation des collectivités publiques et des milieux économiques et associatifs". Il y a là tout un programme !

    Le rappel des événements de 1816 peut être l'occasion de s'interroger sur le devenir du Pays de Genève dont la caractéristique est d'être transfrontalier.

    Ce 16 mars, la commune de Bardonnex commence, à Évordes, une série des manifestations pour célébrer le Traité de Turin. Elles vont s'échelonner jusqu'en septembre. Il est souhaitable que cela soit aussi une invitation à construire l'avenir. La nouvelle Constitution cantonale peut servir de base à la réflexion et à l'action !

                                                                                 ****

    * Les chroniques nous apprennent que ceux-ci n'ont pas été des modèles de douceur dans leurs rapports avec la population.

    ** "Atlas historique du Pays de Genève" Claude Barbier et Pierre François Schwarz, Edition La Salévienne, 2014, ISBN 978-2-905-922-33-5

    *** Constitution genevoise, Art. 145

    Photos : © Bernard Comoli. En haut à gauche : Le monument érigé par "Lullin d'Évordes" dans sa propriété. Au fond Collonges-sous-Salève. Ci-dessous : La jonction du Ruisseau des Fins (le ruisseau d'Archamps, dans le Traité de Turin) avec la Drize. Un lieu peu connu de la frontière entre Bardonnex et Collonges-sous-Salève. Cliquer sur les photos pour en agrandir le format.

                                                                       Genevois, Communes réunies, 1792, 1798, 1813, 1815, 1816, Traité de Turin, Pictet de Rochemont, Département du Léman, Genève, Royaume de Sardaigne, Lullin d'Evordes, Charles-Jean-Marc Lullin de Châteauvieux, Drize, ruisseau des Fins, Constitution genevoise, 2012, Napoléon, Celtes, Bardonnex, Plan-les-Ouates, Grand Genève, Viet-Nam, Algérie, 1939 – 1945, 1914 - 1918

  • La "Compensation Financière Genevoise" a perdu l'un de ses fondateurs

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    Lucien Vindret, ancien maire de Collonges-sous-Salève, est décédé à Viry le 25 octobre dernier après plusieurs années de maladie. Il a été l'un des principaux artisans de la création de la "Compensation financière genevoise", cette somme que le Canton de Genève verse annuellement à ses voisins, les Communes et Départements de l'Ain et de la Haute-Savoie en dédommagement des frais occasionnées par la présence des travailleurs frontaliers qu'ils hébergent. Il était né à Evires le 31 mars 1929.

    Encore jeune, au début des années 50, il a travaillé comme forgeron chez un artisan de Landecy (Genève), tout en habitant à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie). Il était donc l'un des premiers frontaliers à travailler à Genève (ils étaient un peu plus du millier en 1955). Il était membre de la Jeunesse Agricole Catholique – JAC française. Ce mouvement lui avait confié la responsabilité de la région Sud-Est. Avant d'ouvrir son entreprise d'auto-école en 1960, il a occupé un poste au secrétariat de la Fédération départementale de Haute-Savoie du Mouvement Républicain Populaire – MRP (Démocratie chrétienne).

    Comme nombre de membres de la J.A.C. il s'est engagé dans la politique communale. Il a été maire de Collonges-sous-Salève pendant une vingtaine d'années, de 1959 à 1977 et de 1983 à 1985. Il a connu la forte augmentation de la population de cette commune frontalière. Le nombre de ses habitants a pratiquement doublé en vingt ans, passant de 1'343 en 1962 à 2'519 en 1982. Une progression démographique due à l'arrivée de migrants – essentiellement originaires d'autres régions de l'Hexagone - attirés par l'espoir, généralement concrétisé, de trouver un emploi "sur Suisse".

    Ainsi, à Collonges, comme  dans les autres communes frontalières, une part croissante de la population va travailler à Genève où le salaire des non résidants fait l'objet d'une imposition "à la source". Ces travailleurs frontaliers contribuent à la prospérité et aux finances du canton sans que celui-ci n'ait à assumer la totalité des services occasionnés par la présence de cette main d'œuvre sur son territoire. Dans le même temps, les municipalités frontalières françaises sont à la peine pour assurer le financement des infrastructures et services nécessaires à tous leurs habitants. Cette situation conduit les maires de ces communes à fonder, en 1970, l'Association des Communes frontalières. L'objectif est d'obtenir un dédommagement de la part de Genève pour les frontaliers qu'elles logent. Lucien Vindret a été le premier président de cette intercommunalité particulière.

    Le Conseil d'État et le Grand Conseil genevois ont facilement reconnu la légitimité de la demande de leurs interlocuteurs français. Ils se sont montrés favorables à un accord qui, en quelque sorte, étend aux communes frontalières françaises ce que la canton verse aux communes genevoises.

    Côté français, il a fallu convaincre les autorités départementales, et surtout nationales, de conclure un accord international primitivement négocié par une association de communes, une entité hors du cadre des collectivités publiques reconnues par la République (les communes et les départements) et qui, plus est, a pris l'initiative de traiter avec un État étranger !

    Ces discussions ont abouti, en 1973, à la signature d'un accord franco-suisse, par lequel Genève verse à ses voisins une compensation financière à hauteur de 3,5 % de la masse salariale gagnée par les frontaliers travaillant dans le canton.

    Dans la foulée, un second accord est conclu la même année qui crée une "Commission mixte" franco-suisse et le Comité Régional Franco-Genevois – CRFG pour traiter des questions de voisinage entre Genève et les deux Départements de l'Ain et de la Haute-Savoie : aménagement du territoire; environnement et protection de la nature; énergie, transports et communications; enseignement, formation professionnelle et recherche, etc…

    Mis à part ce qui se pratique dans la région de Bâle, cette volonté de traiter des problèmes de voisinage est particulière. En effet, les accords de double imposition, conclus par la Suisse avec ses autres voisins immédiats, ne comportent pas la constitution d'un tel organisme. D'une certaine manière, cet accord reconnaît l'existence d'un bassin de vie, même s'il est transfrontalier.

    Homme de caractère, Lucien Vindret n'a pas ménagé sa peine pour réduire concrètement "l'effet frontière" qui affecte cette région. Il a été, avec d'autres, l'un des précurseurs du Grand Genève. Les départements et les communes de l'Ain et de la Haute-Savoie, mais aussi tout l'espace franco-valdo-genevois, lui doivent beaucoup.

    Que sa famille soit assurée de toute notre sympathie.

                                                                           ***

    PS : Cette note a partiellement été rédigée à partir de témoignages de proches. Elle est donc susceptible d'ajustements, voire de corrections. Une documentation relativement complète concernant les "Fonds frontaliers" est consultable sur le site Internet de la Coordination Economique et Sociale Transfrontalière – CEST :

    http://www.coordination-transfrontaliere.org/institutions/compensation-financière/

  • Deux Guarani Kaiowá présents au "Sommet des Consciences pour le climat"

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Guarani, Kaiowá, Sommet des consciences pour le climat, Paris, Mato Grosso do Sul, Valdelice Veron, Marcos Veron, Natanael Violharva Caceres, Nations Unies, Corruption, Raoni, COP 21, Commission Mondiale des barrages, Convention 169, OIT, Cour pénale internationale, Genève, Victoria Tauli-Corpuz, Nicolas Hulot, François HollandeInvités par les organisateurs du "Sommet des Consciences pour le climat" qui a eu lieu a Paris le 21 juillet*, deux représentants du peuple Guarani Kaiowá de l'État brésilien du Mato Grosso do Sul, Valdelice Veron et Natanael Violharva Caceres ont eu l'occasion de s'exprimer devant les participants de ce Sommet.

    Après s'être présentée (menacée, elle est la fille du cacique Marcos Veron assassiné en 2003), Valdelice a mentionné le mode de vie des Guarani qui respecte la terre, la faune et la flore. Elle a rappelé que leurs territoires sont en train d'être détruits par des hommes avides, dont le seul but est de s'enrichir en approvisionnant le marché international du soja, de la viande et de la canne à sucre. Elle a qualifié l'éthanol de fléau "fait du sang qui jaillit de nos veines". Elle a réclamé l'application de la Convention des Nations Unies contre la corruption qui, selon elle, est à la base de l'exploitation illégale de bois. Elle a rappelé le lancement, en avril dernier à Brasilia par Raoni et plusieurs leaders indigènes, de "L'Alliance des gardiens de la mère nature" en vue de la COP 21. Elle a également abordé le problème des barrages hydroélectriques et demandé des lois réellement contraignantes avant la construction de ces ouvrages en conformité avec les recommandations du rapport final de la Commission Mondiale des barrages (adopté en 2000) et la Convention 169 de l'OIT. Elle demande aux instances internationales la reconnaissance de la notion de "crime contre les générations futures", notion qui devrait définir l'écocide, c'est à dire les crimes de destruction partielle ou totale des écosystèmes d'un territoire spécifique. Une telle mesure peut débuter par le changement du "Statut de Rome" (qui définit le fonctionnement de la Cour pénale internationale); une modification que n'importe quel chef d'Etat peut proposer. Valdelice termine son intervention par le rappel des dangers auxquels sont soumis les droits des peuples indigènes du Brésil.

    Plusieurs medias français ont interviewé Valdelice, qui, accompagnée de Natanael est venue à Genève le 23 juillet. Ils ont exposé la situation des Guarani à plusieurs personnes des organes Nations Unies responsables des questions touchant les droits des minorités, des droits des peuples autochtones. Á la suite de cette visite, Madame Victoria Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a fait part de sa préoccupation sur la situation des Guarani et demandé au gouvernement brésilien qu'il garantisse la protection et les droits des Guarani Kaiowá**.

     ***

    * Le Sommet, lancé par Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande, président de la république française, a réuni plus d'une quarantaine de personnalités morales et religieuses du monde entier pour répondre à la question : "Le climat, pourquoi je m'en préoccupe ?" Et de lancer un appel des Consciences pour le climat.

    ** Le site Raoni.com donne le détail du programme des deux Guarani venus en France et au siège européen des Nations Unies.

    ***

    Photo (CE) : Valdelice lors de son intervention au Sommet des consciences pour le climat. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Trafic d'or dans la TI Yanomami : un réseau démantelé

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    Le matin  du 7 mai, la Police fédérale et l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant – IBAMA ont réalisé une importante opération appelée "Warari Koxi" (esprit de porc en yanomami) pour mettre un terme aux agissements d'une organisation criminelle d'extraction illégale d'or et de diamants sur la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) avec, à la clé, du blanchiment d'argent.

    Outre les dégâts considérables causés à l'environnement, notamment par l'usage de mercure et autres métaux lourds, les préjudices sont estimés à 17 millions de réais par mois (environ 5,4 millions de US$) pour un total portant sur un milliard de réais (environ 316,5 millions de US$) pendant ces deux dernières années 2013 et 2014.

    L'opération a été conduite par près de 150 policiers fédéraux agissant simultanément dans plusieurs États du pays : Roraima, Amazonas, Rondônia, Pará et São Paulo.

    L'organisation était composée d'entrepreneurs, de fonctionnaires publics, d'une institution financière spécialisée dans la distribution de titres et valeurs mobilières, de propriétaires de "garimpos" (de lieux d'extraction d'or ou de diamants), de commerces de vente et d'achat d'or, de bijoutiers-joailliers et même de pilotes d'avions. Pour l'extraction de l'or, elle agissait dans la région de Boqueirão et Uraricoera, dans la TI-Y, à l'extrême nord de l'État de Roraima. La police estime que se sont environ 160 kg d'or qui, mensuellement, ont été retirés illégalement de ces zones.

    L'enquête de la police porte sur plusieurs chefs d'accusation : association criminelle, extraction illégale de ressources naturelles, usage de mercure, usurpation du patrimoine de l'Union, recel de biens provenant de crimes, corruption massive, violation du secret de fonction, contrebande, blanchiment d'argent et opérations financières non autorisées par la Banque centrale.

    Selon "Amazônia Real", au cours de la première semaine de l'intervention, une centaine de garimpeiros ont été évacués, 30 barges ont été saisies et 20 campements détruits qui, chacun pouvait accueillir une trentaine de garimpeiros. L'agence a questionné l'un des agents de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI mis en cause par la police. C'est un fonctionnaire connu pour son action contre l'orpaillage illégal dans la TI-Y. Il dit être victime d'une dénonciation par ceux auxquels il a causé un préjudice…

    Depuis plusieurs années des opérations* de police sont réalisées pour mettre un terme à l'orpaillage illégal dans la TI-Y. Mais, à peine évacués, les "garimpeiros" retournaient sur les lieux d'orpaillage sans que les réseaux qui les engagent ne soient inquiétés. Maintes fois les Yanomami ont regretté cet état de fait. Le leader Yanomami, Davi Kopenawa, est menacé de mort pour son opposition à l'orpaillage illégal.

    Il sera intéressant de suivre l'enquête et d'en connaître les conclusions. Jusqu'où l'or sale a-t-il été écoulé ? Rappelons ici que la Suisse achète de l'or au Brésil.

    * Voir sur ce blog, les notes du 10 janvier 2015, 29 août et 28 mars 2014, et des 2 et 30 mars 2012.

    ***

    PS 1 : La note du 28 mai dernier, publiée sur ce blog, signale que le film "Dirty Gold War" (La guerre de l'or sale) de Daniel Schweizer qui traite des impacts de l'extraction de l'or passe sur les écrans romands. Une séquence du film traite de l'orpaillage illégal chez les Yanomami.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - L'essentiel de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 103, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le film "Dirty Gold War" est présenté en salle

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Dirty Gold War, guerre de l'or sale, FIFDH, Scala, Peru, Pérou, Madre de Dios, Yanacocha, Suisse, Dirty Paradise, Guyane, Genève, Aldo Bearzatto, Daily Movies,Rita production, Lausanne, Vevey, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, Fribourg, Sion"La guerre de l'or sale", c'est le titre que Daniel Schweizer a donné au film qu'il présentera le 3 juin prochain au cinéma "Scala"*. Il l'a déjà présenté, en première mondiale, le 7 mars dernier à Genève, à l'occasion du Festival du film et forum International sur les Droits Humains – FIFDH. Dans le dossier de presse du film, l'auteur explique ainsi les raisons pour lesquelles il a réalisé ce film : "Convoité et recherché, évoquant le glamour, la pureté et l’opulence, il [l'or] dissimule toutefois une part sombre où des dimensions humaines et écologiques sont dangereusement menacées. C’est ce scandale de l’or sale que je veux faire voir au travers de ce documentaire, car la majorité des gens semblent aujourd’hui l’ignorer. J’ai envie de rompre le silence et de faire mon travail de cinéaste, c’est-à-dire regarder là où l’on ne regarde pas, être présent là où on ne peut plus l’être et mettre sur le devant de la scène cette réalité peu médiatisées. En outre, le fait que je vive en Suisse, une des plaques tournantes du marché de l’or, a contribué d’autant plus à nourrir ma détermination à réaliser ce film.

    Il signale des initiatives porteuses d'espoir : "En Amérique du Sud, au Brésil et au Pérou, les projets miniers menacent les populations locales. Le pire est en train de se passer à Madre De Dios ou à Yanacocha, tandis que dans d’autres régions des productions labellisées « green gold » ou « commerce équitable » tentent de se mettre en place. C’est au fond, là, une petite révolution qui est en marche, souvent modeste, mais qui révèle que d’autres pistes, viables, peuvent être empruntées. Un or « vert » ou « propre » serait donc généralisable pour demain ?"

    En mars, lors de la présentation du film destinée au public de collégiens et d'apprentis, ces derniers ont particulièrement questionné Daniel Schweizer sur les possibilités d'action en Suisse : Que pouvons nous faire ? Le cinéaste a rappelé comment, pour beaucoup d'autres produits, les consommateurs demandent aux distributeurs de les informer sur la provenance et le mode de production des biens mis en vente. Mais c'est, selon lui, une question trop rarement posée à ceux qui sont actifs dans le commerce de l'or. Revendiquer et appliquer la traçabilité permettraient aux consommateurs de pouvoir choisir un produit propre.

    Notre pays doit s'interroger sur l'origine de ses importations d'or et prendre des mesures pour éviter que le métal précieux, stocké sous forme de lingots, ou commercialisé sous forme de montres et de bijoux, ne soit pas d'origine douteuse. Ce serait-là notre contribution et notre soutien aux organisations indigènes, indigénistes et écologistes qui refusent de baisser les bras devant les réseaux souvent puissants et illégaux.

    Ce n'est pas la première fois que Daniel Schweizer aborde le problème de l'or sale. Son film** "Dirty Paradise" dont le cadre se situe en Guyane française abordait le même sujet. Ce documentaire avait également été présenté au FIFDH en 2010. Il avait reçu le Grand Prix de l'État de Genève.

    ***

    * Cinéma Scala, 23 rue des Eaux-Vives, 1207 Genève, le 3 juin à 20h. Lors de la présentation, outre le réalisateur, il est prévu une intervention de Jean-Luc Pittet, Secrétaire général de Terre des Hommes Suisse/Genève, une ONG qui soutient des projets au en Amazonie péruvienne et brésilienne. Le film produit par "RITA Production" devrait rester à l'affiche deux semaines.

    ** Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010

    Pour visionner la bande annonce de "Dirty Gold War", cliquer > ICI  / Voir également l'interview du réalisateur par Aldo Bearzatto, publiée en mars 2015 sur le site de "Daily Movies" .

    En Suisse romande, les séances spéciales de présentation auront lieu selon le programme suivant :

    Lausanne – Pathé Les Galeries – jeudi 4 juin 2015 à 19h00

    Vevey – Cinéma Rex 4 ou Astor – vendredi 5 juin 2015 à 18h45

    La Chaux-de-Fonds – Cinéma Scala – samedi 6 juin 2015 à 18h00

    Neuchâtel – Cinéma Bio – samedi 6 juin 2015 à 20h00

    Fribourg – Cinéma Rex – dimanche 7 juin 2015 à 11h00

    Sion – Cinéma – lundi 8 juin 2015 à 18h00

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    PS 1 : En lien avec le sujet, voir sur ce blog, les notes des 5 mars 2015, 17 décembre 2014, 28 mars 2014 et 30 décembre 2013

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - L'essentiel de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "Sauver la planète" : un message-testament d'Almir Suruí, leader indigène

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Almir Narayamoga Suruí, Albin Michel,Sauver la planète, Corine Sombrun, Suruí, Sete de Setembro, Rondônia,, Aquaverde, Google, Plano Carbono, Metareilá, Açaí, Euterpe oleracea, jardin botanique, Genève, Salon du livre, Paris,Thomas Pizer, Madeleine Caboche, Nancy Ypsilantis, Détour, Babylone, Radio romande, RTS, radio télévision suisseLe prologue de l'ouvrage publié chez Albin Michel* rapporte un dialogue entre Almir Narayamoga Suruí et son garde du corps. Ce dernier confie à Almir avoir été réticent quand il a reçu la mission de le protéger en raison des menaces de mort qui pesaient sur lui, mais il ajoute : "… en fait, je n'ai jamais été traité avec autant de respect et je tiens à te le dire aujourd'hui, je suis honoré d'avoir pour mission de te protéger".

    Ce à quoi Almir répond : "Je te remercie pour ces mots Sergente, ils me font du bien. Je peux te confier quelque chose moi aussi ?" Almir lui remet une clé USB qu'il conservait toujours dans sa poche. "Pourrais-tu donner cette clé à mes enfants si jamais… Je ne sais pas si ce qu'elle contient participera à éveiller la conscience de ceux qui détruisent la forêt, mais ils sauront que notre peuple a fait sa part et qu'il est urgent pour eux de faire la leur."

    L'ouvrage, également signé par  Corine Sombrun, est effectivement le message–testament qu'Almir adresse à ses parents, à ses épouses, à ses enfants et à la forêt amazonienne. Dans la première partie, il rappelle comment le premier contact avec les blancs, au début des années 60, a réduit à quelques centaines d'individus, les cinq mille Suruí vivant sur une aire - la Terre Indigène Sete de Setembro - d'environ 20'000 km2, située dans l'État du Rondônia, dans l'ouest de l'Amazonie brésilienne. Almir explique son "apprentissage" de la forêt et les actions qu'il a entreprises pour la sauver, par exemple, les appuis apportés par l'ONG genevoise "Aquaverde" pour la reforestation, son partenariat avec Google qui, maintenant, signale son combat sur sa mappemonde électronique… Il rappelle les menaces de mort dont il est l'objet et les controverses que son action suscite chez certains de ses pairs, comme l'a été récemment, le "Plan carbone" de l'association Metareilá. La controverse principale est celle opposant partisans et adversaires des mécanismes permettant à des pollueurs d'acheter des droits de polluer.

    Dans un ouvrage comme celui-ci, il aurait été judicieux de consacrer quelques lignes à la lutte conduite par les organisations indigènes du pays pour le respect des droits territoriaux.

    Almir était déjà à Genève en juin 2007. Il avait participé à la fête du développement durable. Au cours d'une cérémonie en présence des autorités de la Ville, il avait planté un Açaí (Euterpe oleracea) dans la serre tempérée du Jardin botanique. Le palmier n'a malheureusement pas survécu à ce "climat" trop frais. Depuis, il a été remplacé par plusieurs "congénères" qui prospèrent maintenant dans la serre chaude du jardin. En octobre 2008, au Victoria Hall, Almir a reçu le prix "Droits de l'homme" de la Société Internationale pour les droits de l'homme – SIDH**.

    En mars dernier, il était au Salon du livre de Paris où il a présenté son ouvrage. Récemment, il a fait un nouveau passage en Suisse. De nombreux médias ont consacré un article, ou une émission, à l'occasion de la publication de l'ouvrage. Parmi ceux-ci, la Radio Télévision Suisse – RTS. D'abord, Corine Sombrun a été interviewée par Madeleine Caboche, animatrice de l'émission "Détour" diffusée le 16 mars***. Puis Nancy Ypsilantis a reçu Almir, Corine Sombrun et Thomas Pizer, président d'Aquaverde, dans "Babylone" diffusée en avril dernier.

    ***

    * Sauver la planète – Le message d'un chef indien d'Amazonie / Almir Narayamoga Suruí et Corine Sombrun / 192 pages / ISBN : 978-2-226-25705-5 / Editions Albin Michel – Paris / 18 euros

    ** Voir sur ce blog, la note du 12 avril 2013.

    *** Les émissions peuvent être écoutées sur le site de la radio romande pendant un mois après leur diffusion.

    >> Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "Partage de savoirs" entre autochtones de plusieurs pays d'Amérique du sud

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     Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Genève, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, FECONAT, Argentine, Chili, Colombie, Pérou, Consejo Asesor Indígena, CAI, Mapuche, Wampi, rio Pastaza, rio Tigre, rio Corrientes, rio Marañón, Loreto, Iquitos, rio Santiago, PluspetrolÀ Iquitos (Pérou), entre le 20 janvier et le 16 février, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI (Genève)* a organisé un séminaire de "Partage des savoirs" destiné à des représentants de différents peuples indigènes avec lesquels il est en contact depuis plusieurs années. Certains participants s'étaient déjà rencontrés, à Genève en octobre 2012, à l'occasion du séminaire organisé dans le cadre du 50e anniversaire du MCI. Le lieu de la rencontre ne doit rien au hasard : Iquitos abrite le siège de la Fédération  des Communautés Natives du Haut Tigre – FECONAT, qui est un des partenaires du MCI. Les participants venaient d'Argentine, du Chili, de Colombie et, bien sûr, du Pérou. En Argentine, le Consejo Asesor Indígena – CAI est engagé dans un processus de récupération de terres des Mapuche. La cartographie des terres revendiquées ou déjà récupérées est utile. Il existe également des projets de prospection et d'exploitation minière qu'il est utile de localiser. Toujours sur les terres des Mapuche, mais au Chili, il y a des projets d'ouvrages hydroélectriques, aussi des projets d'exploitations minières et des entreprises pratiquant la monoculture forestière. En Colombie, les organisations indigènes sont confrontées à la violence armée et à l'exploitation minière.

    Outre l'échange sur les pratiques des uns et des autres face aux réalités propres à chaque pays, une partie de la rencontre a été consacrée à un apprentissage plus technique. Les organisations péruviennes ont partagé leur savoir en matière de surveillance territoriale. Depuis plusieurs années, des indigènes ont été formés pour contrôler les installations pétrolières, notamment dans la région du rio Tigre. Ils ont révélé, aux autorités et à l'opinion publique, l'existence de dizaines de sites pollués suite à des fuites ou des ruptures d'oléoducs. Equipés de smartphones avec GPS et appareils de photos, des "observateurs" alimentent des bases de données qui permettent de préparer des dénonciations et exiger le nettoyage des terres et des rivières polluées.

    Cette documentation est également utilisée pour informer les communautés sur les risques encourus. Par l'intermédiaire des réseaux sociaux, elle pourra être aussi échangée entre les organisations indigènes. Plus récemment, l'organisation indigène des Wampis a utilisé ces techniques pour dénoncer l'orpaillage illégal sur le rio Santiago. Lors de la rencontre, un des leaders de cette communauté a présenté une brève vidéo (mise en ligne sur YouTube) enregistrée lors d'une manifestation contre la présence des orpailleurs. Le recours à ces techniques a grandement facilité la mise en place de politiques publiques pour l'ensemble de l'Amazonie péruvienne.

    Au début de ce mois de mars, le gouvernement péruvien a signé un accord – dit accord de Lima -  avec les organisations indigènes des bassins des rios Pastaza, Tigre, Corrientes et Marañón de la région de Loreto. Les autorités ont créé un fonds de 45 millions de "Nuevo Soles" (environ 16,3 millions de US$ ou 15,6 millions de CHF) pour réduire les problèmes environnementaux. Cet accord, qualifié d'historique, est le résultat des pressions exercées par les organisations indigènes depuis des années pour la préservation de leur cadre de vie.

    Pour rappel, en 2006, les indigènes avaient occupé les installations pétrolières de la compagnie Pluspetrol. Depuis il y a eu d'autres mobilisations comme en  2009 et 2012. En 2013, le gouvernement a dû déclarer l'état d'urgence environnemental dans la région de Loreto**. Une commission officielle intersectorielle alors mise en place a abouti à l'accord du 10 mars dernier.

    Le patient travail de documentation et de dénonciation entrepris par les organisations indigènes a fini par "payer". Reste encore à veiller à l'application du récent accord.

    Il est souhaitable que toutes les organisations indigènes présentes au séminaire d'Iquitos obtiennent, elles aussi, des résultats conformes à leurs vœux.

    ***

    Photo © MCI – De gauche à droite : Aurélien Stoll, Secrétaire du MCI et animateur de la rencontre en compagnie de deux participants et d'une participante / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    * Le MCI est membre de la Fédération Genevoise de Coopération – FGC qui a financé ce projet.

    ** Voir sur ce blog, les notes des 20 janvier et 25 juin 2012, et celle du 10 mai 2013

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2