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  • À voir : Dirty Gold War

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    "La guerre de l'or sale", c'est le titre que Daniel Schweizer a donné au film qu'il présentera*, le 7 mars, en première mondiale, à l'occasion du Festival du film et forum International sur les Droits Humains – FIFDH qui se déroule à Genève du 27 février au 8 mars.

    Il s'agit d'un documentaire sur la filière de l'or, de son exploitation en Amérique du sud, son lot de miséreux, les dégâts causés à la santé des populations indigènes et à l'environnement, jusqu'aux vitrines des commerces de luxe en Europe. Il évoque le combat des organisations indigènes, indigénistes et écologistes qui refusent de baisser les bras devant les réseaux souvent puissants et illégaux.

    Ce n'est pas la première fois que Daniel Schweizer aborde le problème de l'or sale. Son film** "Dirty Paradise" dont le cadre se situe en Guyane française abordait le même sujet. Ce documentaire avait également été présenté au FIFDH en 2010. Il avait reçu le Grand Prix de l'État de Genève. La pollution par le mercure de la population amérindienne de Guyane continue. Comme elle continue dans bien d'autres régions. C'est l'Amazonie, d'Est en Ouest qui est touchée…

    Notre pays doit s'interroger sur l'origine de ses importations d'or et prendre des mesures pour éviter que le métal précieux commercialisé sous forme de montres et de bijoux ne soit d'origine douteuse.

    Le problème de l'orpaillage illégal a maintes fois été évoqué sur ce blog…

    Daniel Schweizer rappelle notre responsabilité !

    * Samedi 7 mars à 20h30 – Salle du Théâtre Pitoëff, 52 rue de Carouge, 1205 Genève

    ** Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010

    Pour voir la bande annonce de "Dirty Gold War", cliquer > ICI

  • Un médecin demande à la multinationale Vale SA d'éviter la pollution du Rio Cateté

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, Kayapó, Kakarekré, Porekrô, Baypran ,FUNASA, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Père Caron, Dominicains, Toulouse, Curé d'Indiens, Pierre Clastres, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Fernando Collor, Carouge, Genève, Flux Laboratory, OMCT, Conseil des droits de l'homme, FIFDH, Djudjê – Kô, Kateté, Oodjã, F.H. Cardoso, Cesta básica, diabète, diabetes, uma visão da saúde dos xikrin, merenda escolar,Vale, Sesai, Funai, minstério públicoAu cours du mois de juillet dernier, le photographe et vidéaste genevois Aurélien Fontanet est retourné chez les Indiens Xikrin* du Cateté (dans l'Etat brésilien du Pará) qu'il avait déjà visité en 2013**. Il avait alors apporté l'ouvrage que leur a consacré l'ethnologue René Fuerst qui avait vécu avec ce peuple en 1963. Cette année, Aurélien a effectué son voyage en compagnie du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint à l'Ecole de médecine de São Paulo – UNIFESP. Ce médecin apporte son aide aux Xikrin depuis 1967. Il est le consultant médical des associations indigènes Xikrin, Kakarekré, Porekrô et Baypran. En juillet, il a publié un rapport intitulé "Vision de la santé des Xikrin de la Terre Indigène - TI Kateté", avec un sous-titre évocateur : "L'insensibilité  des personnes envers les proches malades et nécessiteux devrait être cataloguée comme pathologie psychique". De son voyage, Aurélien a rapporté cet intéressant document.

    En 2014 comme en 2013, le médecin a réalisé un relevé démographique des trois villages de la TI, Djudjê – Kô, Kateté et Oodjã où le nombre total d'habitants est quasiment resté stable, soit 1'313 en 2014 et 1'320 en 2013. Il faut rappeler que dans les années 60, les Xikrin du Cateté étaient un peu moins d'une centaine. Cette "renaissance" reste fragile. Les menaces qui pèsent actuellement sur les trois communautés sont bien réelles.

    Elles tiennent d'abord à la proximité de l'exploitation minière de la multinationale Vale*** qui a un impact sur les communautés. Un décret présidentiel de F.H. Cardoso de 1997 impose à cette compagnie de fournir une assistance aux habitants de la TI. Une assistance sous diverses formes : indemnité versée aux associations indigènes, transports des malades vers les hôpitaux, etc. Le médecin attire l'attention de Vale sur la pollution du rio Cateté causée par ses activités minières. La santé des habitants de la TI dépend de la qualité de l'eau de la rivière. Si le rio devait rester pollué par des déchets de minerai, des matières toxiques ou des métaux lourds, les indiens seront exposés à des cancers. Les poissons seront impropres à la consommation. Il demande la construction d'ouvrages pour empêcher cette pollution.

    Le rapport aborde également d'autres problèmes concernant les pouvoirs publics brésiliens : période de vaccination contre la grippe trop tardive, dépistages du cancer du col de l'utérus trop rares, manque de dentiste, nécessité d'un poste de santé dans le village de Kateté, comportements autoritaires des non indiens vis à vis des Xikrin. Compte tenu du nombre de diabétiques, le médecin rappelle l'importance de l'éducation alimentaire et la nécessité d'adapter le "Cesta basica" (le panier de base) remis à la population et les "Merendas escolares", les repas servis aux enfants des écoles des villages indigènes : ils sont trop riches en sucre. En raison de leur  patrimoine génétique, les populations indigènes sont celles qui, dans le monde, ont une plus grande prévalence et incidence du diabète.

    L'appel du médecin sera-t-il entendu ?

    ***

    * Prononcer "Chikrine"

    ** Voir sur ce blog la note du 12 mars 2014

    *** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud

    Photo © Aurélien Fontanet : Le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho avec l'une de ses patientes Xikrin / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    Ci-dessous : une carte (Instituto Socioambiental) pour situer la TI Xikrin - Cliquer sur le vignette pour agrandir l'image.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 98), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "Dom Tomás Balduino a fait sa Pâque"

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, ditadura, dictature, Dom Tomás Balduino, Dominicains, Dominicanos, Conceição do Araguaia, Pará, Xikrin, CIMI, Conselho Indigenista Missionário, Comissão Pastoral da Terra, CPT, CNBB, Comissão Nacional da Verdade, Multiwatch, COTMEC, FUNAI, Genève, Suisse, Goiás, Goiânia, Gercília Krahô, Antônio ApinajéC'est ainsi que la Commission Pastorale de la Terre – CPT* a annoncé le décès de son fondateur survenu dans la ville brésilienne de Goiânia au soir du 2 mai. Dom Tomás Balduino, souvent appelé l'évêque des Indiens et des Sans-terre était âgé de 91 ans. Il appartenait à l'Ordre des Dominicains. Il avait a été ordonné prêtre en 1948 et consacré évêque en 1967. Il a été à la tête du diocèse brésilien de Goiás pendant 31 ans jusqu'à sa retraite en 1999. Ayant fait une partie de ses études en France, il s'exprimait aisément en français.

    Il a eu à connaître la difficile réalité vécue par les indigènes à partir de 1957 quand il a été nommé supérieur de la mission des Dominicains de la prélature de Conceição do Araguaia dans l'État du Pará. À cette époque, cette mission accompagnait sept groupes indigènes, parmi eux, les Xikrin dont il apprit la langue. Afin de mieux connaître les peuples indigènes, il a étudié l'anthropologie et linguistique. Pour faciliter la desserte de l'immense territoire dont il avait la charge, Dom Tomás a appris à piloter les avions.

    En 1972, il était du groupe de religieux à l'origine de la création du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI.* Il en a été le deuxième président entre 1980 et 1984. En 1975, il a également été l'un des fondateurs de la CPT dont il a été le président entre 1999 et 2005. Les deux entités ont vu le jour pendant la dictature militaire. Elles publient régulièrement des rapports sur la violence faite aux peuples indigènes et sur celle qui sévit dans la campagne brésilienne contre les petits agriculteurs.

    Encore récemment, le 12 mars dernier, Dom Tomás été auditionné par la Commission Nationale de Vérité qui enquête sur les exactions commises par les militaires pendant la dictature :"Le Coup [d'État] a été fait par des stratèges. Ils n'étaient pas des bouffons. Ils ont attaqué des points névralgiques. En premier ils ont attaqué des travailleurs, mais aussi des leaders dans les Églises..." C'est certainement la dernière fois que l'évêque s'est exprimé publiquement au sujet de la dictature.

    Dom Tomás était aussi connu à l'extérieur du Brésil. Il était venu en Suisse en octobre 2005 à l'invitation de Multiwatch, un collectif d'associations helvétiques qui s'intéressait alors à la politique de Nestlé en Colombie. En mai 2008, il était à Genève pour parler de la transposition du rio São Francisco. Une rencontre organisée par la Commission Tiers-Monde de l'Eglise Catholique – COTMEC.

    Plusieurs entités ont rendu hommage à cet évêque hors du commun. Ainsi, la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a rappelé que Dom Balduino "S'est engagé fidèlement dans la lutte en faveur des Peuples Indigènes. Il a consacré sa vie à la construction d'une société juste et démocratique, militant sur le terrain des grandes causes humaines et sociales. Il a agi inlassablement pour la défense des doits des populations exclues, des pauvres, des travailleurs sans terre et des indigènes"… "La trajectoire de Dom Tomás laisse au pays un vaste héritage d'enseignements. Que son exemple de générosité et de ténacité reste vif en nous. Qu'il soit capable de conquérir beaucoup d'esprits et de cœurs. Qu'il puisse rallumer chaque jour notre courage de lutter et d'agir pour une société juste, fraternelle et solidaire".

    Une partie des célébrations funèbres ont eu lieu à Goiânia, la capitale de l'État brésilien de Goiás. La sépulture a eu lieu le 5 mai à 140 km de là, dans la cathédrale de la cité de Goiás. Ce sont des indiens qui ont alors porté le cercueil dans l'édifice. Une quarantaine d'entre eux, représentant une demi-douzaine d'ethnies ont réalisé un rituel conforme à leurs coutumes. Ils ont décoré le visage de Dom Tomás avec de l'urucum et placé une coiffe indigène à la tête du cercueil. Deux d'entre eux ont rendu hommage à Dom Tomás. Gercília Krahô a souligné son caractère : "Il aimait les personnes, il les respectait. Non seulement il nous défendait, mais il défendait aussi les paysans, les riverains, les quilombolas et les pêcheurs…" Et Antônio Apinajé a rappelé sa fidélité à la cause indigène : "Nous lui serons éternellement reconnaissants parce qu'il a toujours été avec nous dans nos luttes pour la défense de nos territoires. Il était avec nous dans la joie et dans la tristesse, dans la santé et dans la maladie, dans nos fêtes et dans nos luttes".

    L'une des caractéristiques de l'engagement de Dom Tomás Balduino est d'avoir contribué à la mise en place d'institutions comme la CPT et le CIMI qui donnent une dimension collective et pérenne à ses convictions profondes. Cet héritage est particulièrement précieux en ce moment où les Peuples indigènes du Brésil vivent une période difficile de leur histoire. Leurs droits constitutionnels sont remis en cause.

    ***

    * La CPT et le CIMI sont des entités liées à la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB

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    Photos :CIMI et CPT

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain AYA Info No 93, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Il y a 50 ans : l'instauration de la dictature militaire au Brésil

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    À Brasilia, le 1er avril, la confusion a dominé la séance de la Chambre des députés qui a dû être interrompue. À l'ordre du jour, le rappel du 50e anniversaire du coup d'état militaire de 1964 qui a instauré une dictature durant 21 ans. Le tumulte a commencé quand le député Jair Bolsonaro, un nostalgique du régime militaire, est monté à la tribune. Des députés et des invités ont alors tourné le dos à l'orateur et à la présidence de la Chambre en chantant l'hymne national et en brandissant les portraits de victimes du régime. En effet, ils ont été nombreux les exilés (dont Paulo Freire à Genève), les emprisonnés, torturés, assassinés ou disparus pendant ces "années de plomb".

    Après l'adoption de la loi d'amnistie de 1979, les recherches sur les exactions commises par les militaires ont été entreprises sous l'impulsion de l'avocate Eny Moreira, de Dom Paulo Evaristo Arns, cardinal de São Paulo, de Henry Sobel, rabbin de la Congrégation Israélite Pauliste et de Jaime Wright, pasteur presbytérien. Pendant six ans, de 1979 à 1985, un groupe une trentaine de personnes a photocopié les actes des procès intentés par les militaires à leurs opposants. Cette documentation, connue sous le nom de Projet "Brasil : Nunca Mais" (Brésil : Jamais Plus) a été sortie du Brésil, microfilmée, et conservée à Genève, au Conseil Œcuménique des Églises - COE. Rapatriée au Brésil en 2011, elle est consultable sur Internet depuis 2013. Déjà en 1985, sous le titre "Brasil : Nunca Mais", les éditions Vozes ont publié un ouvrage qui est le résumé de cette documentation. Ce travail est un premier bilan de la répression exercée par la dictature.

    En novembre 2011, une loi fédérale crée une "Commission Nationale de Vérité" – CNV installée en mai 2012. Elle est chargée d'enquêter sur les violations des droits humains commises entre 1946 et 1988. Elle doit rendre son rapport pour le 16 décembre 2014. En novembre 2012, dans le cadre de cette Commission, un Groupe de Travail a été institué pour enquêter sur les violations commises en relation avec la lutte pour la terre ou contre les peuples indigènes.

    Avant même 1964,  de nombreuses communautés indigènes ont eu à souffrir des graves dévoiements de fonctionnaires du Service de Protection de l'Indien – SPI. Service créé en 1910, supprimé et remplacé en 1967 par la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Devant les plaintes relatives au SPI, des Commissions d'Enquête Parlementaires – CPI ont été instituées dès 1962. Le résultat le plus important des enquêtes conduites au cours des années 60 est certainement le "Rapport Figueiredo". Un document de plus de 7'000 pages que l'on croyait perdu dans un incendie, mais retrouvé et rendu public récemment. Au seul domaine traitant des "crimes contre la personne et la propriété de l'indien", les enquêteurs ont eu à connaître des cas d'assassinats individuels et collectifs, de prostitution d'indiennes, de sévices, travail esclave, d'usurpation du travail de l'indien, d'appropriation, de détournement et de dilapidation du patrimoine indigène.

    Plus récemment, la 6e Chambre de Coordination et Révision - rattachée au Ministère Public Fédéral – spécialement chargée des questions relatives aux "Populations Indigènes et Communautés Traditionnelles" a, elle aussi créé, le 25 février 2014, un Groupe de travail sur la "Violation des droits des peuples indigènes et le régime militaire". Pour cette année, il concentre ses recherches sur quatre cas spécifiques : la violation des droits des Wamiri-Atroari dans l'État d'Amazonas; les violations des droits du peuple Guarani en raison de la construction de l'usine hydroélectrique d'Itaipu dans l'État du Paraná; les activités durant le fonctionnement du "Reformatório Krenak", centre de détention d'Indiens créé dans le Minas Gerais; et les activités de la Garde Rurale Indigène – GRIN, aussi dans le Minas Gerais, une troupe composée d'indigènes entraînés à sévir contre d'autres indigènes.

    De ce qui est déjà connu de ces travaux, il apparaît que, parmi les groupes visés par la dictature, les morts au sein des peuples indigènes se comptent par milliers. Cela surtout en conséquence des "chocs microbiens" survenus à l'occasion de la construction des infrastructures comme la BR-174, cette route qui va de Manaus à Boa Vista ou la Transamazonienne. La "colonisation" de l'Amazonie est une préoccupation récurrente pour les gouvernements brésiliens. Pendant la dictature, il y a eu notamment l"Operação Amazônia" dès 1966 et, en 1970, le "Plan d'Intégration Nationale". Ce sont ces programmes qui ont causé des ravages au sein des communautés indigènes.

    Les Indiens ne sont pas restés passifs pendant la dictature. Leur résistance a commencé en avril 1974 quand une quinzaine d'entre eux se sont retrouvés une première fois à Diamantino, une localité du Mato Grosso. De leurs réunions ultérieures est née l'Union des Nations Indigènes – UNI. Cette organisation a joué un rôle important pour l'inscription des droits indigènes dans la Constitution de 1988. Des entités d'appui aux peuples indigènes sont également nées pendant la dictature, par exemple le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, rattaché à la Conférence des Evêques du Brésil – CNBB créé en 1972.

    Plusieurs observateurs, dont l'un des fondateurs du CIMI font un parallèle avec la situation présente quand les autorités "passent en force" pour la construction du barrage de Belo Monte par exemple. Les projets d'exploitation minière en Terres indigènes suscitent également l'inquiétude.

    Dans quelques mois, il devrait être possible d'avoir une meilleure connaissance des conséquences de la période dictatoriale.

    Se pose dès maintenant la question des réparations…

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Grands barrages : le gouvernement brésilien dénoncé à l'ONU

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas,Belo Monte, rio Tapajós, Palais des Nations, Genève, France Libertés, Amazon Watch, International Rivers, Conseil des droits de l'homme, Sônia Guajajara, APIB, Alexandre Sampaio, Asociación Interamericana para la Defensa del Ambiente, Sophia Lakhdar, SherpaLe 10 mars, le gouvernement brésilien a été dénoncé à l'ONU pour son manque de consultation des peuples autochtones sur la construction des grands barrages comme Belo Monte sur le rio Xingu et maintenant sur les divers et nombreux ouvrages projetés sur le rio Tapajós et plusieurs de ses affluents. Ce jour-là, au Palais des Nations à Genève, France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand, en partenariat avec Amazon Watch et International Rivers a donné la parole à des acteurs brésiliens engagés dans la lutte pour le respect des droits humains et pour la protection de l'environnement au moment où se tient la 25e session du Conseil des Droits de l'Homme.

    Sônia Guajajara, représentante de l'Articulation des peuples Indigènes du Brésil – APIB, a rappelé comment le droit à la terre est la priorité des peuples indigènes alors que la priorité de l'État est celle du développement économique. Les nuisances causées par la construction des grands barrages sur les communautés indigènes sont connues. Même quand les projets sont contestés par le Ministère Public Fédéral brésilien, le pouvoir exécutif s'appuie sur une série de textes qui lui permettent de faire avancer ses projets. Sônia reproche au gouvernement de ne pas appliquer le droit à la consultation des peuples indigènes que lui imposent les textes qu'il a ratifiés, comme la Convention 169 de l'OIT.

    Alexandre Sampaio, représentant de l'Association Interaméricaine de Défense de l'Environnement – AIDA a traité de cet instrument juridique – la suspension de sécurité – qui permet la poursuite de projets alors même qu'ils sont déclarés illégaux par les tribunaux et par là de ne respecter les droits humains.

    Sophia Lakhdar, directrice de l'association Sherpa a évoqué la responsabilité des États face aux entreprises et leurs filiales qui réalisent de ces grands travaux en violations des droits humains. Son association espère la création d'une Cour pénale internationale pour juger les "crimes économiques".

    France Libertés, avec une trentaine d'autres ONG, dotées ou non, du statut consultatif a déposé au Conseil des droits de l'homme deux "Exposés écrits". Le premier (A/HRC/25/NGO/43) intitulé "Les grands barrages et les violations des droits des peuples autochtones en Amazonie brésilienne". Les auteurs font deux demandes. La première est de réaliser une étude pour montrer comment, l'utilisation de la "suspension de sécurité" par le gouvernement brésilien et les juges, constitue une entrave au respect des accords internationaux concernant les droits humains, y compris le droit à la consultation des peuples autochtones… La deuxième est un appel à organiser une conférence spéciale pour discuter de cette question urgente avec la participation des différentes parties. Le deuxième "Exposé" a pour titre "Le droit à la consultation des peuples autochtones face aux grands projets" (A/HRC/25/NGO/30) concerne non seulement au Brésil, mais également en Equateur et en Bolivie. La Fondation formule quatre demandes dont "la mise en place de véritables mécanismes de consultation afin de chercher à instaurer des rapports plus équitables entre sociétés transnationales et les peuples autochtones, permettant à ces derniers, le cas échéant, d'empêcher la réalisation de ces projets".

    Cette 25e session de Conseil des droits de l'homme aura été l'occasion de rappeler le droit des peuples autochtones à pouvoir se prononcer sur leur propre destin.

    Voir AYA Info No 83, 84 et 85

    ***

    Photo : © B. Comoli – Cliquer sur l'image pour l'agrandir - Débat du 10 mars 2014 au Palais des Nations à Genève. De gauche à droite : Sônia Guajajara (APIB), Louisa Crispe (FRANCE LIBERTÉS), Alexandre Sampaio (AIDA) et Sophia Lakhdar (SHERPA)

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans AYA Info (No 91), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Chez les Xikrin* du Cateté, cinquante ans après

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    À Carouge /Genève une exposition(1) est consacrée à ce peuple de l'État brésilien du Pará qui a failli disparaître. En 1967, les Xikrin do Cateté étaient moins d'une centaine, 98 exactement. En 2010, la Fondation Nationale de la Santé – FUNASA en a dénombré 1'818, dont  plus de 1'056 sont dans la Terre Indigène Xikrin do Cateté. Une "renaissance" qui ne doit rien au hasard. Elle est due à la résistance des indigènes eux-mêmes et à l'appui de quelques personnes qui ont épousé leur cause.

    L'ethnologue René Fuerst a connu ces Xikrin en 1963. Il leur a consacré un ouvrage(2). Et, en 2013, le photographe et vidéaste Aurélien Fontanet a passé quelques semaines dans leurs communautés. Il a remis aux Xikrin le livre de leur ancien visiteur. Il a évidemment rapporté de son séjour amazonien des photos et un court métrage. Les images prises à cinquante ans de distance illustrent les changements, mais aussi la continuité de la culture de ce peuple.

    Le 5 mars, lors du vernissage de l'exposition, le cinéaste Daniel Schweizer connu pour son engagement, notamment en faveur des peuples indigènes, a présenté le contexte dans lequel vit ce peuple. Les intervenants ont rappelé le rôle joué dans les années soixante par le Père Raymond Caron, un dominicain français qui a apporté son soutien aux Xikrin décimés par les maladies contractées au contact des "blancs". À son retour en France, avant son décès en 1975 au Couvent des Dominicains de Toulouse, le religieux a relaté son vécu brésilien dans un ouvrage "Curé d'Indiens", publié en 1971(3). Dans la recension qu'il fait de ce livre, l'anthropologue et ethnologue Pierre Clastres, commence ainsi son commentaire : "Le livre ne répond en rien au titre. "Curé d'Indiens" ne décrit pas, comme on pourrait le craindre, l'expérience d'un missionnaire cherchant à christianiser des Sauvages. C'est tout le contraire, puisque l'auteur, le Père Caron, narre au jour le jour les années (1966 – 1970) passées à tenter le sauvetage d'une petite tribu Kayapó du Brésil central, les Xikrin, menacés de disparition. "C'est cette lutte pour la vie, ce combat pour la justice, que j'ai raconté dans ce journal [dit-il]." Les termes ne sont pas excessifs, car il a fallu au P. Caron des ressources inépuisables de générosité et d'obstination pour parvenir à imposer son action.  On s'indigne au fil des pages, du cynisme et de la bassesse que l'auteur a dû affronter…"

    Rappel a aussi été fait d'une autre personnalité qui apporte son assistance aux Xikrin depuis plus de quarante ans. Il s'agit du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint de l'École  de médecine de l'Université fédérale de São Paulo. Encore récemment, dans un rapport de juillet 2013, il affirme que "Les Indiens doivent être informés des très grands risques qui doivent être évités pour leur survie physique, psychique et culturelle : le diabète, l'alcoolisme, la contamination par le virus HIV. Un risque majeur, toujours présent, est la perte des terres traditionnelles qui conduit à la mort, par le manque de volonté de vivre en raison des mauvaises conditions de vie. Un risque qui peut être évité dès que le gouvernement collabore."

    Au même lieu, Daniel Schweizer présente également le portrait d'une douzaine de personnalités – dont le Yanomami Davi Kopenawa et le Kayapó Raoni - engagées dans la défense des droits humains en lien avec l'industrie extractive; un secteur qui opère souvent dans des contextes déjà fragilisés. Il a également présenté un court métrage "Yanomami en sursis".

    L'événement, en fait une double exposition, a lieu alors qu'à Genève se tient la 25e Session du Conseil des Droits de l'Homme - CDH et que se déroule le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains – FIFDH. Parmi les partenaires officiels du festival on trouve l'Organisation Mondiale de lutte Contre la Torture – OMCT. Une ONG qui a un programme de défense des défenseurs des droits de l'homme. Flux Laboratory est également partenaire du Festival. L'exposition participe à ce temps fort de l'action pour le respect des droits humains.

     ***

    * Prononcer "Chikrine"

    (1) L'exposition a lieu dans les locaux de Flux Laboratory, 10 rue Jacques-Dalphin, 1227 Carouge / Genève. Elle est ouverte jusqu'au 20 mars 2014, du lundi au vendredi de 10h à 17h, ou sur rendez-vous. Entrée libre.

    (2) "Xikrin – Hommes oiseaux d'Amazonie" – Publié en 2006  - 5 Continents Editions -  ISBN 978-88-7439-317-6

    (3) "Curé d'Indiens", publié à l'Union générale d'Éditions en 1971 dans la collection 10/18

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Une version réduite de cette note sera publiée dans le prochain AYA Info (No 91), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • "La Terre des hommes rouges" est en deuil : Ambrósio Vilhalva (Nádio) a été assassiné

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, La terre des hommes rouges, Terra Vermelha, Birdwatchers, Ambrósio Vilhalva Nádio, Guarani Kaiowá, Caarapó, Mato Grosso do Sul, Guyraroká, Marco Bechis, FUNAI, Ministério da Justiça, Festival de Venise, Mostra internazionale d'arte cinematografica, Venezia, Filmar en America Latina, Genève, Survival, CIMIAmbrósio Vilhalva, le plus connu des leaders Guarani Kaiowá a été assassiné à coups de couteau au soir du 1er décembre sur le chemin de sa maison, dans le campement Guyraroká, sur la municipalité de Caarapó (État du Mato Grosso do Sul). Il avait tenu le rôle de Nádio dans le film* "Terra Vermelha" que Marco Bechis a consacré à la lutte des Guarani pour la récupération de leurs terres. Dans le film, Nádio est abattu par un "pistoleiro". Hélas, la réalité a rejoint la fiction !

    Les circonstances de l'agression d'Ambrósio ne sont pas encore éclaircies. Un membre de sa famille, un moment soupçonné, a été relaxé. Les leaders Guarani de l'Aty Guasu contre le génocide ont enquêté auprès de la famille du défunt. Selon la note qui a été publiée, les assassins ne sont pas des indigènes. Ils demandent que l'enquête soit confiée à la Police fédérale plutôt qu'à la Police civile.

    Ambrósio se savait menacé en raison de son combat pour la démarcation de la Terre Indigène (TI)  Guyraroká, la terre de ses ancêtres. C'est une TI de 114 km2, reconnue par le Ministère de la Justice depuis octobre 2009 comme étant traditionnellement occupée par les Guarani Kaiowá. Mais le processus de démarcation n'a pas été conduit à son terme. La communauté n'occupe que quelques dizaines d'hectares, la plus grande partie étant cultivée par des fazendeiros. Le conflit avec ces derniers a pris une tournure plus aigüe depuis 2004 après la publication des études de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI qui sont à la base de la reconnaissance du Ministère de la Justice.

    Comme beaucoup de Guarani, Ambrósio vivait mal la situation dans laquelle il se trouvait. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI fait une analyse de cette situation dans une note publiée le 2 décembre. Récemment, Survival - l'organisation indigéniste - a rendu hommage à ce leader de 53 ans.

    * "Terra Vermelha" en portugais ou "Birdwatchers" en anglais. Le film a été présenté au Festival de Venise en 2008, et à Genève, en novembre 2009 en ouverture du festival Filmar en America Latina. Ci-dessous une séquence du film (9:08) :

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain AYA Info (No 89), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : la formation d'enseignants et d'agents de santé chez les Yanomami

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    Brasil,Brésil,Amazonia,Amazonie,Autochtones,indigènes,indígenas,Yanomami,secoya,Terre des hommes suisse,Genève,Luxembourg,Caldes,E-Changer,Santa Isabel do rio Negro,BarcelosLe Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA a réalisé la onzième étape (qui en compte douze) du cours de formation de professeursYanomami. Ce cours vise la certification des enseignants par le Ministère de l'Éducation. Il a eu lieu du 10 juin au 12 juillet à Rio Preto da Eva, une municipalité située à près de 80 km de Manaus.

    Il y avait là dix-neuf professeurs et deux leaders traditionnels, originaires des communautés indigènes des rios Marauiá et Demini, localisés dans les communes de Santa Isabel do rio Negro et Barcelos. La très grande majorité d'entre – eux sont de fidèles participants à ces sessions de formation qui ont lieu une fois par année. La pratique et le rôle pédagogique de l'éducateur Yanomami étaient les thèmes centraux de cette étape. Les intervenants étaient venus du Secrétariat de l'Éducation et de l'Université de l'État d'Amazonas.

    Ce programme d'éducation différenciée de la Secoya est en grande partie soutenu par Terre des Hommes Suisse/Genève - TdH. Des représentants de l'ONG helvétique ont eu l'occasion d'assister à une partie du cours. Le compte-rendu de leur voyage est consultable sur le site de l'organisation.

    Le partenariat Secoya – Terre des Hommes Suisse et Luxembourg a permis de reprendre l'accompagnement des activités d'éducation différenciée dans les villages du rio Demini.

    Du 13 au 22 juin, à Bicho-Açu - une communauté du rio Marauiá - la SECOYA a organisé le deuxième cours de formation d'Agents indigènes (Yanomami) de Santé. Dix-neuf agents de santé ont suivi le cours, ainsi que six leaders des communautés de Kona, Pohoroá, Komixiwe et Bicho-Açu et un chaman de Ixima. Ce dernier a traité de la médecine traditionnelle. Un premier cours avait eu lieu en décembre 2012*.

    Le cours a été animé par Sylvie Petter et Judith Schnyder, toutes deux volontaires de E-Changer, une ONG suisse dont le siège est à Fribourg. Ce programme a pour objet de développer la prévention des maladies, la valorisation de la médecine traditionnelle et aussi le rôle des représentants indigènes dans les instances publiques liées à la santé. Le cours a particulièrement traité de la dénutrition qui affecte principalement les enfants jusqu'à 5 ans et les femmes. Il y a eu tout un débat sur l'importance de maintenir l'allaitement maternel alors que se développe l'usage du lait en poudre.

    Ce programme reçoit l'appui de la Ville de Genève par l'intermédiaire de AYA et par Caldes Solidària, une ONG catalane.

    * Voir sur ce blog, la note du 22/03/13

    Photo © Secoya : dans l'école de Raita, un village Yanomami (cliquer sur la vignette pour agrandir l'image).

    Voir "AYA Info" No 73 et No 80

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 85) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Avec l'appui de la Ville de Genève, des Yanomami se forment dans le domaine de la santé

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Amazonas,Yanomami,Secoya, Genève, E-Changer, DSEI-Y,Manaus, rio Marauiá, Bicho-Açu, Sylvie Petter, Judith Schnyder, SUS, Sodis, PET, helminthiases, ascaris, oxyure, oxiure, lixo,saúde indígena, Conferência Nacional de Saúde IndígenaEntre le 13 et le 20 décembre 2012, une vingtaine d'Agents Indigènes de Santé - AIS, de leaders et de professeurs, actifs dans les villages Yanomami du rio Marauiá, étaient réunis à Bicho-Açu* pour une formation en matière de santé. Le cours a été dispensé par les animateurs du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYAde Manaus. Le cours a porté sur deux thèmes centraux : le "contrôle social" et l'éducation en santé.

    Le terme de "contrôle social" est utilisé au Brésil pour désigner la démocratie participative. Il s'agit de la participation de représentants des populations concernées dans les instances prévues pour la mise en oeuvre de telle ou telle politique publique, l'éducation, l'emploi, la santé, etc.

    En guise d'introduction, les participants ont eu à s'exprimer sur le concept de santé en présentant des éléments symboliques, souvent des végétaux, trouvés dans la nature qui, selon chacun, illustrent le fait d'être en bonne santé. Au terme de ce travail, les animateurs ont présenté les objectifs et le programme du cours.

    L'étude de la thématique de contrôle social a commencé dans des groupes de travail par une réflexion – au moyen de dessins - sur le Système Unique de Santé – SUS national. En plénière, la vision de chaque groupe a été illustrée par des exemples concrets du fonctionnement du SUS, tant au niveau des centres urbains que dans les villages. À partir de cette réalité, les animateurs ont présenté un historique de l'organisation du service de santé brésilien replacé dans un contexte international. Deux jours ont été consacrés au SUS et au Sous - système de santé indigène, les principes fondamentaux sur lesquels il base son action : universalité (le droit à la santé pour tous); intégralité (la santé doit prendre l'être humain comme un tout); l'équité (respectant les personnes et leur mode de vie) et leur application. Le cours a également traité de la législation relative à la santé et les institutions chargées de sa mise en œuvre. Il a aussi été question de la préparation de la Ve Conférence nationale de santé indigène, prévue à Brasilia en novembre. Celle-ci doit être préparée par des rencontres locales et régionales prévues au cours du premier semestre 2013.

    La formation en santé a occupé trois journées. Ont été traités des aspects théoriques comme le concept de santé/maladie : le fait d'être en en bonne santé ne se limite pas à l'absence de maladie. Le concept et les actions de prévention, par exemple la propreté des villages, l'alimentation, l'hygiène personnelle. L'hygiène environnementale dans le contexte de la vie villageoise, par exemple les eaux stagnantes, la présence de nombreux cafards, la contamination de l'eau par les matières fécales, etc. a fait l'objet d'une étude spécifique.

    Les formateurs ont également abordé le cas des principales helminthiases, ces maladies dues à l'infestation des intestins par des vers : les ascaris, les oxyures, leurs cycles de transmission, les symptômes, les complications, la prévention et les traitements.

    Une journée entière avait pour sujet les traitements de l'eau et des ordures. Les différentes manières de purifier l'eau ont été abordées et discutées, y compris la méthode Sodis qui permet une purification de l'eau contenue dans des bouteilles de PET en les exposant aux rayons du soleil. En ce qui concerne les ordures, une partie du cours a été ouverte aux habitants de Bicho-Açu. L'évacuation des déchets vers les centres urbains n'est pas toujours possible. Il est alors nécessaire de les brûler sur place. Les participants ont demandé que les visiteurs repartent des villages en emportant leurs détritus.

    L'évaluation réalisée le dernier jour a porté sur la compréhension, par les participants, des contenus étudiés. Cela a donné l'occasion de remercier l'équipe de cuisine, les habitants et les leaders de Bicho-Açu pour la qualité de leur hospitalité.

    La Secoya a remarqué la très forte motivation des participants à acquérir de nouvelles connaissances. La présence de leaders a pour résultat la décision de ces derniers de susciter une réunion avec d'autres pour améliorer la participation dans les instances de contrôle social.

    AYA tient à remercier la Ville de Genève qui a accordé une subvention pour ce programme de santé de la SECOYA placé sous la responsabilité de Sylvie Petter , une volontaire de l'organisation E-Changer dont le siège est à Fribourg / CH. Sylvie est l'auteure du rapport qui a permis la rédaction de cette note.

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    * Un village situé dans l'État brésilien d'Amazonas et sur la Terre Indigène Yanomami

    Photo © Secoya : Le tri des ordures avec les habitants de Bicho-Açu à l'occasion du cours.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • 2012 n'a pas été une année de progrès pour les peuples indigènes du Brésil

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    Pour les peuples indigènes du Brésil, 2012 n'aura pas été une année de progrès. S'il est vrai qu'il est difficile de retenir tout ce qui a fait l'actualité indigène au cours de ces douze mois, il reste que c'est bien la conclusion à laquelle conduit l'examen de quelques domaines-clés de la politique indigéniste du pays.

    Pour les droits territoriaux, seulement sept Terres Indigènes – TI ont été démarquées le 5 juin, pour la journée mondiale de l'environnement. Et, en octobre, il y a eu la publication du rapport d'identification d'une TI dans l'État d'Amazonas. Au début décembre, les Xavante ont retrouvé leur terre ancestrale de Marãiwatsédé. Le lobby anti-indigène a été particulièrement actif au parlement. Au Sénat et à la Chambre des Députés, des élus ont mis à l'ordre du jour des Projets d'amendements constitutionnels visant à enlever au Gouvernement la responsabilité finale de la démarcation des TI. En juillet, l'Avocat général de l'Union a signé un arrêté relatif à la démarcation des TI qui a soulevé de nombreuses protestations de la part des organisations indigènes et indigénistes. L'application de ce texte a été suspendue. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI a relevé que seulement 37,66 % du budget alloué pour la "Délimitation, la Démarcation et la Régularisation des TI" a été utilisé, alors qu'il reste de nombreuses terres à protéger.

    Du point de vue institutionnel, en avril, la Présidente de la république, Dilma Rousseff a nommé Marta Maria do Amaral Azevedo à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste jusque - là toujours assumé par des hommes. À l'initiative de la nouvelle présidente, après une année d'inactivité, la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a repris ses travaux en juin. Elle a tenu deux autres réunions en août et décembre 2012. Des rencontres sont déjà programmées en 2013.

    L'accès aux services de santé reste problématique pour de nombreux peuples indigènes, notamment dans les zones difficiles d'accès comme la Vallée du Javari et la TI Yanomami. En décembre 2012, les carences du service de santé indigène ont amené le Ministère Public Fédéral à lancer un programme pour obliger divers services de santé à prendre des mesures concrètes en faveur des peuples indigènes dans une quinzaine d'États. Le CIMI a relevé qu'en 2012, seulement 8,17% (2,176 millions de R$ sur 26,650 millions de R$) du budget fédéral destiné à la "Structuration d'unités de santé pour le service à la population indigène" ont été utilisés.

    Des leaders indigènes brésiliens sont venus à Genève en 2012. Tout d'abord, au début mars, Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Association Yanomami – HAY, était présent au Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il a eu des contacts avec les organisations internationales. À mi-novembre, Manoel Uilton dos Santos de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rendu visite au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme pour demander l'appui de cette organisation pour le respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples indigènes conformément aux textes internationaux ratifiés par ce pays. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, c'est Raoni, le leader Kayapó qui a aussi été reçu au Palais Wilson, le siège du Haut - Commissariat. Les effets de cette pression internationale semblent limités. Le Brésil peine à reconnaître les droits des indigènes.

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    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2