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  • Des Yanomami contaminés au mercure

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Ye'kuna, garimpagem, garimpeiros, orpaillage, ISA, Instituto Socioambiental, Fiocruz, Fundação Oswaldo Cruz, Mucajaí, Uraricoera, Roraima, Aracaçá, Waikás, OMS, Organisation Mondiale de la Santé, IBAMA, FUNAI, SESAI, Rapporteuse Spéciale sur les Droits des Peuples autochtones, ONU, Victoria Tauli-Corpuz, Ministério Público Federal, Davi KopenwaEn utilisant du mercure (Hg), l'orpaillage illégal* pratiqué dans les cours d'eau de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) contamine les populations riveraines. C'est ce que montre une récente étude conduite par la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) et l'Instituto Socioambiental (ISA).

    Demandée par l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, l'enquête a porté sur les populations Yanomami et Ye'kuna vivant dans des communautés riveraines des rios Mucajaí et Uraricoera (voir la carte ci-dessous). Sur ces deux rivières de l'État de Roraima, l'orpaillage illégal y est pratiqué régulièrement et depuis longtemps.

    En novembre 2014, une équipe de chercheurs a visité 19 villages. Elle a collecté 239 échantillons de cheveux issus des groupes les plus vulnérables à la contamination : enfants, jeunes femmes, mais aussi des adultes ayant eu un contact direct avec l'activité d'orpaillage. Elle a également collecté 35 échantillons sur des poissons – surtout carnivores de grande taille - faisant partie de l'alimentation habituelle de cette population.

    Le cas le plus alarmant a été observé dans la communauté Yanomami de Aracaçá, dans la région de Waikás. Dans ce village, 92% des échantillons présentent un taux élevé de contamination. Il est de plus de deux fois au dessus de celui duquel l'Organisation Mondiale de la Santé considère qu'il peut avoir de sérieuses conséquences pour la santé.

    Ce mois de mars, une délégation de leaders indigènes, de la Fiocruz et de ISA est allée à Brasilia pour présenter les résultats de l'enquête aux responsables de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, de l'Institut Brésilien de l'Environnement – IBAMA, du Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI, du Ministère Public Fédéral et encore à la Rapporteuse Spéciale sur les Droits des Peuples autochtones de l'ONU en visite au Brésil.

    Les leaders indigènes ont demandé le retrait immédiat des garimpeiros (les orpailleurs) de la TI-Y et un service de santé particulier pour les personnes contaminées.

    Cette note est l'occasion de rappeler que la Suisse importe de l'or du Brésil**. Y a-t-il une part d'or "sale" dans ces importations ? Quand donc un système de traçabilité sera-t-il mis en place pour assainir ce marché ?

                                                                     ***

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    * Voir sur ce blog la note du 5 juin 2015

    ** En 2015, la Suisse a importé 22'283 kg pour un montant de 651'750'692 CHF, et 2'637 kg pour les mois de janvier et février 2016, pour un montant de 75'129'741 CHF. Ces chiffres sont encore provisoires.

    Photo © ISA Marcos Wesley : Davi Kopenwa remet l'étude de la Fiocruz et de ISA à Mme Victoria Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

    Carte : ISA

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 109, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Mondial 2014 : une troisième "mi-temps" en différé du match Suisse - Honduras

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Manaus, Embaixada, Suiça, Brasilia, Manaus, ASF, Association Suisse de Football, Nati, Secoya, André Regli, Mundial, Mondial, Copa 2014, Coupe 2014, Marauiá, Demini, Xherdan Shaqiri, Salvador, Os rios profundos, SESAIOn se le rappelle, la "Nati" – l'équipe suisse de football - a participé au Mondial de 2014. À cette occasion l'Association Suisse de Football – ASF a tenu à manifester sa solidarité à l'égard du peuple brésilien en soutenant un projet social dans chacune des villes du Brésil où elle a disputé un match du premier tour : Brasilia, Salvador et Manaus*. L'ASF a chargé l'ambassade de Suisse à Brasilia de suivre ces projets.

    À Manaus, la représentation helvétique a proposé de soutenir le programme de promotion de la santé chez les Yanomami de l'État d'Amazonas mis en œuvre par le "Service et Coopération avec le peuple Yanomami"- Secoya , le partenaire de l'ONG genevoise AYA.

    Trois cours ont été organisés dans le cadre de ce projet. Un module "santé" a été proposé dans un cours destiné à des enseignants Yanomami. Cours qui a eu lieu du 22 au 26 septembre 2014. Il réunissait 27 professeurs originaires de neuf xapono** des rios Marauiá et Demini. Deux autres cours destinés aux Agents Indigènes de Santé – AIS de la même région ont eu lieu du 2 au 12 décembre 2014 et du 19 avril au 7 mai 2015.

    Seize AIS ont participé à ce dernier cours. Ils venaient de sept villages différents. Trois thématiques étaient au programme : les signes vitaux, la dénutrition infantile et les mathématiques appliquées.

    La thématique "Signes vitaux" a été l'occasion de revoir ce qui concerne la température, la fréquence respiratoire, les pulsations cardiaques, la pression artérielle. Pour chacun de ces signes vitaux, les intervenants ont abordé les aspects théoriques et les apprenants ont eu l'occasion de pratiquer les mesures. Les stagiaires ont également revu ou appris la manière de remplir une fiche individuelle de consultation. Les AIS sont également appelés à transmettre par radio l'état de santé d'un patient. Certains ont de la difficulté à expliquer ces signes vitaux en portugais, d'où la nécessité pour les intervenants de rédiger un glossaire portugais – yanomami.

    Quatre jours ont été consacrés au thème de la dénutrition infantile, notamment les connaissances nécessaires pour réaliser une courbe de poids des enfants et être en mesure de déceler les cas à risque, la recherche des causes de la dénutrition et les mesures à prendre pour améliorer la situation.

    Chez les Yanomami, le système de numération est élémentaire : un, deux et beaucoup. Les heures sont déterminées par la position du soleil et de la lune, par les ombres sur le terrain. Mais le travail des AIS, lui, fait appel à des notions mathématiques du système décimal et un mélange complexe de plusieurs autres systèmes (duodécimal, sexagésimal…) notamment pour la mesure du temps. Cela représente une difficulté pour nombre d'agents quand ils doivent calculer l'âge des enfants ou des patients, la durée des traitements, mesurer les pulsations cardiaques par minute, la tension artérielle, etc. Pendant plusieurs jours, les participants ont bénéficié d'un cours de mathématiques appliquées avec de nombreux exercices pratiques.

    Ces cours ont été réalisés par la SECOYA en collaboration avec l'association "Os Rios Profundos" et le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI. Les cours ont été appréciés des participants. La mise en pratique des notions apprises doit contribuer à améliorer l'état de santé des communautés villageoises.

    Le match joué le 25 juin 2014 à Manaus a porté chance à la Nati. Elle a gagné 3 à 0 contre le Honduras (trois buts marqués par Xherdan Shaqiri). Cela lui a permis d'aller en 8e de finale du Mondial. Son passage à Manaus a encore des effets bénéfiques, loin de cette ville, dans une zone reculée d'Amazonie, au profit du peuple Yanomami. Une heureuse et singulière troisième "mi-temps" en différé du match !

    AYA tient à remercier vivement l'ASF pour son geste de solidarité en faveur de la promotion de la santé dans ces communautés indigènes souvent négligées.

    ***

    * Voir sur ce Blog, la note du 23 juin 2014 / ** Prononcer "Chapono" (village)

    Photo © Secoya : quelques participants au cours d'agents indigènes de santé. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les violences contre les peuples indigènes ont augmenté en 2014

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas,CIMI,Conselho Indígenista Missionário,CNBB,Conferência Nacional dos Bispos do Brasil, Mato Grosso do Sul, SESAI, DSEI, Cleber César Buzzato, Telmário Mota, Senado Federal, PEC 215/2000C'est une augmentation sensible des actes de violences et de violations des droits pratiqués, en 2014, contre les peuples indigènes du Brésil que le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI* a recensé dans le pays. Le traditionnel rapport annuel de l'entité a été présenté, le 19 juin à Brasilia, au siège de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB. Comme à l'ordinaire, les violences sont – la situation est - présentées en trois chapitres : Violence contre le patrimoine, Violence contre les personnes et Violence par négligence des pouvoirs publics.

    Il a été relevé 221 cas de "Violence contre le patrimoine" dans 17 États (97 cas dans 18 États en 2013). Parmi ceux-ci, il y a eu 19 cas de conflits relatifs aux "Droits territoriaux" dans 7 États (10 cas en 2013 dans 4 États).

    Dans la catégorie "Violence contre les personnes", il a été dénombré 70 assassinats dans 12 États, dont 25 dans le seul Mato Grosso do Sul. L'année précédente, le CIMI avait dénombré 53 assassinats dans 9 États, dont 33 dans le Mato Grosso do Sul). De son côté, en 2014, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI a compté 138 décès résultant d'agressions dans 20 Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes – DSEI, dont 41 dans le District du Mato Grosso do Sul. Dans cet État le niveau de violences est particulièrement élevé.

    En ce qui concerne la "Violence par négligence des pouvoirs publics", 206 des cas constatés l'ont été dans 21 États (dans 19 États en 2013). Le recensement de cette catégorie de violences n'avait pas été fait de la même manière en 2013. La comparaison avec l'année précédente est donc impossible. Ce troisième chapitre concerne les suicides, le manque d'assistance dans le domaine de la santé, la mortalité infantile, l'usage de boissons alcooliques et d'autres drogues et les déficiences de l'éducation scolaire indigène.

    Un quatrième chapitre est consacré aux peuples isolés ou de peu de contact. Le cinquième et dernier chapitre traite de la mémoire et de la non démarcation des terres indigènes génératrice de graves violences.

    Dans la présentation du rapport, Cleber César Buzzato, le Secrétaire Exécutif du CIMI relève que "L'année 2014 a été marquée par l'approfondissement du processus de violences et de violations contre les peuples indigènes et leurs droits au Brésil. En consonance avec "l'ordre" hégémonique répondant à la logique de l'accumulation, les trois pouvoirs de la république se sont associés dans la mise en oeuvre d'actions structurantes et systématiques contre ces peuples. Nous considérons que la tentative de retirer à ces peuples la condition de sujets de droits est la ligne directrice fondamentale qui guide ce processus."

    Le rapport a eu un écho, le 5 août, à la "Commission des droits humains et législation participative" du Sénat fédéral. Le sénateur Telmário Mota a présidé une audience publique pour discuter du document, mais aussi de la Proposition d'amendement Constitutionnel – PEC 215/2000. Le sénateur a relevé que les violences contre les peuples indigènes du pays sont terribles : "Les douleurs, les menaces, les invasions, les tortures, les agressions quotidiennes sont les conditions auxquelles les peuples indigènes sont soumis. Beaucoup de parlementaires liés aux secteurs qui considèrent que la terre est seulement source d'exploitation et de bénéfice, incitent, y compris dans des audiences publiques, la population à prendre position contre les droits des peuples indigènes quand les données collectées par le CIMI mettent en évidence des conflits extrêmement graves".

    ***

    * Le CIMI est l'organisme de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB en charge de la question des peuples indigènes.

    Gravure : 1ère de couverture du rapport. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS 1 : Pour l'année 2013, voir sur ce blog, la note du 17 septembre 2014

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 105, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Service de santé : des Yanomami manifestent leur mécontentement

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    Le 19 janvier, une cinquantaine d'Indiens Yanomami, Xirixana et Xiriana ont occupé l'immeuble du Secrétariat spécial de santé indigène – SESAI dans le centre de Boa Vista, la capitale de l'Etat de Roraima. Les Indiens se plaignent du manque de médicaments et plus généralement des lacunes du service de santé dans la Terre Indigène Yanomami. Ils demandent le départ de Maria de Nascimento, la coordinatrice du District Sanitaire Yanomami – DSEI-Y. Selon le leader Júnior Yanomami, "… l'état de santé dans l'aire Yanomami a empiré ces quatre dernières années. Nous sommes ici pour revendiquer des améliorations pour nos enfants". Le 27 janvier, les premiers manifestants ont été rejoints par d'autres Yanomami. Ils ont quitté les lieux onze jours plus tard sans avoir obtenu satisfaction.

    Selon Davi Kopenawa, le président de l'Hutukara Associação Yanomami, cette occupation n'a pas fait l'objet d'une concertation préalable avec les leaders des autres régions couvertes par le DSEI-Y : "Nous sommes en faveur du maintien de Maria Nascimento parce qu'elle n'a pas terminé son travail". Davi reproche aux leaders qui ont initié la protestation d'avoir agi pour des motifs personnels. Selon la "Folha de Boa Vista", l'association Kurikama qui rassemble les Yanomami de l'État d'Amazonas, elle aussi, n'est pas favorable au départ de la responsable. Elle regrette également de ne pas avoir été consultée au sujet de cette opération. Pour ces organisations indigènes, le problème de la santé dans les communautés indigènes est davantage lié au manque de moyens mis à disposition qu'à la personnalité des responsables du service de santé.

    Les déficiences du service de santé ont maintes fois été dénoncées. La "Folha de Boa Vista" a eu connaissance d'un rapport interne au Sesai faisant état, pour les huit derniers mois de 2014, de la mort de 117 Yanomami dans les unités de soins coordonnées par le Dsei-Y.

    En décembre 2013*, une manifestation organisée par les associations indigènes avait eu lieu pour demander le départ de Claudete Schuertz, qui était la titulaire du poste. Les manifestants avaient obtenu gain de cause en janvier 2014.

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    * Voir sur ce blog, la note du 24 février 2014

     - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note est une version mise à jour de la brève a été publiée dans  "AYA Info" No 100, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Un médecin demande à la multinationale Vale SA d'éviter la pollution du Rio Cateté

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, Kayapó, Kakarekré, Porekrô, Baypran ,FUNASA, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Père Caron, Dominicains, Toulouse, Curé d'Indiens, Pierre Clastres, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Fernando Collor, Carouge, Genève, Flux Laboratory, OMCT, Conseil des droits de l'homme, FIFDH, Djudjê – Kô, Kateté, Oodjã, F.H. Cardoso, Cesta básica, diabète, diabetes, uma visão da saúde dos xikrin, merenda escolar,Vale, Sesai, Funai, minstério públicoAu cours du mois de juillet dernier, le photographe et vidéaste genevois Aurélien Fontanet est retourné chez les Indiens Xikrin* du Cateté (dans l'Etat brésilien du Pará) qu'il avait déjà visité en 2013**. Il avait alors apporté l'ouvrage que leur a consacré l'ethnologue René Fuerst qui avait vécu avec ce peuple en 1963. Cette année, Aurélien a effectué son voyage en compagnie du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint à l'Ecole de médecine de São Paulo – UNIFESP. Ce médecin apporte son aide aux Xikrin depuis 1967. Il est le consultant médical des associations indigènes Xikrin, Kakarekré, Porekrô et Baypran. En juillet, il a publié un rapport intitulé "Vision de la santé des Xikrin de la Terre Indigène - TI Kateté", avec un sous-titre évocateur : "L'insensibilité  des personnes envers les proches malades et nécessiteux devrait être cataloguée comme pathologie psychique". De son voyage, Aurélien a rapporté cet intéressant document.

    En 2014 comme en 2013, le médecin a réalisé un relevé démographique des trois villages de la TI, Djudjê – Kô, Kateté et Oodjã où le nombre total d'habitants est quasiment resté stable, soit 1'313 en 2014 et 1'320 en 2013. Il faut rappeler que dans les années 60, les Xikrin du Cateté étaient un peu moins d'une centaine. Cette "renaissance" reste fragile. Les menaces qui pèsent actuellement sur les trois communautés sont bien réelles.

    Elles tiennent d'abord à la proximité de l'exploitation minière de la multinationale Vale*** qui a un impact sur les communautés. Un décret présidentiel de F.H. Cardoso de 1997 impose à cette compagnie de fournir une assistance aux habitants de la TI. Une assistance sous diverses formes : indemnité versée aux associations indigènes, transports des malades vers les hôpitaux, etc. Le médecin attire l'attention de Vale sur la pollution du rio Cateté causée par ses activités minières. La santé des habitants de la TI dépend de la qualité de l'eau de la rivière. Si le rio devait rester pollué par des déchets de minerai, des matières toxiques ou des métaux lourds, les indiens seront exposés à des cancers. Les poissons seront impropres à la consommation. Il demande la construction d'ouvrages pour empêcher cette pollution.

    Le rapport aborde également d'autres problèmes concernant les pouvoirs publics brésiliens : période de vaccination contre la grippe trop tardive, dépistages du cancer du col de l'utérus trop rares, manque de dentiste, nécessité d'un poste de santé dans le village de Kateté, comportements autoritaires des non indiens vis à vis des Xikrin. Compte tenu du nombre de diabétiques, le médecin rappelle l'importance de l'éducation alimentaire et la nécessité d'adapter le "Cesta basica" (le panier de base) remis à la population et les "Merendas escolares", les repas servis aux enfants des écoles des villages indigènes : ils sont trop riches en sucre. En raison de leur  patrimoine génétique, les populations indigènes sont celles qui, dans le monde, ont une plus grande prévalence et incidence du diabète.

    L'appel du médecin sera-t-il entendu ?

    ***

    * Prononcer "Chikrine"

    ** Voir sur ce blog la note du 12 mars 2014

    *** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud

    Photo © Aurélien Fontanet : Le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho avec l'une de ses patientes Xikrin / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    Ci-dessous : une carte (Instituto Socioambiental) pour situer la TI Xikrin - Cliquer sur le vignette pour agrandir l'image.

     Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, Kayapó, Kakarekré, Porekrô, Baypran ,FUNASA, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Père Caron, Dominicains, Toulouse, Curé d'Indiens, Pierre Clastres, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Fernando Collor, Carouge, Genève, Flux Laboratory, OMCT, Conseil des droits de l'homme, FIFDH, Djudjê – Kô, Kateté, Oodjã, F.H. Cardoso, Cesta básica, diabète, diabetes, uma visão da saúde dos xikrin, merenda escolar,Vale, Sesai, Funai, minstério público

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 98), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Le gouvernement veut privatiser le service de santé indigène

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    Au début du mois d'août, lors d'une réunion de la Commission Nationale de Politique Indigéniste – CNPI, le ministre de la Santé, Arthur Chioro, a présenté un nouveau projet de service de santé indigène, il propose la création d'un Institut National de Santé Indigène – INSI. La nouvelle entité, qui dépendrait toujours du SESAI, serait un organisme de droit privé responsable des actions de santé indigène dans les communautés. Selon le Ministère cela devrait faciliter le recrutement des professionnels qui agissent sur le terrain. Le projet doit faire l'objet d'une loi à soumettre au Congrès.

    La création de cet institut est controversée. De son côté, le ministère de la santé affirme que le projet a été discuté lors de la 5e Conférence nationale de santé indigène qui a eu lieu du 2 au 6 décembre 2013 et approuvé par 29 des 34 Conseils de Districts Santé Indigène – CONDISI. Cependant, l'annonce de la création de cet Institut a suscité de nombreuses réactions au sein des organisations indigènes et indigénistes.

    L'Articulation des Peuples Indigènes – APIB demande aux autorités de renoncer à cette proposition. Plus d'une dizaine d'organisations indigènes régionales ont également manifesté leur opposition à cette proposition. Parmi les organisations indigénistes, le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, a exprimé son hostilité au projet. Pour le Ministère Public Fédéral, ce transfert de tâche à une entité privée est contraire à la Constitution fédérale. À suivre !

    ***

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".


    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami obtiennent un changement à la tête du Service de santé de leur territoire

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    Le 3 janvier, le Ministre de la santé, Alexandre Padilha* a mis un terme à l'activité de Joana Claudete Schuertz, la Coordinatrice du District Sanitaire Spécial Indigène Yanomami – DSEI-Y**. Cette mise à l'écart répond partiellement à une pétition du 2 octobre 2013, signée par Davi Kopenawa et 70 représentants des communautés Yanomami, essentiellement de l'État de Roraima. Ils demandent également la démission du Conseiller de planification du DSEI-Y, Antônio Gonçalves. Deux jours plus tard, le 4 octobre, l'Hutukara Associação Yanomami – HAY reprend cette demande. Elle fait état d'indices de liens et d'influence d'un politicien local et des gestionnaires du DSEI-Y visant au maintien de la Mission Évangélique Caiuá*** comme sous-traitante pour le service de santé dans l'aire indigène Yanomami. L'HAY dénonce les dysfonctionnements du service de santé dans les communautés, le manque de médicaments et le mauvais état des infrastructures. Elle met en question le fait que le service de santé ne s'est pas amélioré malgré une augmentation du budget. En cette fin d'année 2013, le ministère de la santé doit publier un appel d'offre en vue de sélectionner les entités auxquelles il sous-traitera le service de santé dans les communautés indigènes. L'appel de candidatures a effectivement été publié le 18 octobre au Journal Officiel de l'Union - DOU. Au terme de la procédure, c'est à nouveau la Mission Évangélique Caiuá qui aura en charge le service de santé dans l'aire indigène Yanomami. Le Conseil indigéniste missionnaire – CIMI signale que cette sélection s'est faite sans la consultation des indigènes.

    Le 30 décembre 2013, de nombreux Yanomami ont occupé le siège du Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. Ils demandaient le départ de la coordinatrice. Le 3 janvier, après plusieurs heures de réunion avec les représentants du ministère de la santé, ils obtiennent gain de cause : la coordinatrice doit quitter sa fonction. Elle avait été nommée à ce poste en juin 2011 avec l'assentiment des leaders Yanomami. À l'époque, ils redoutaient déjà la nomination d'une personne sous influence de politiciens locaux hostiles aux indigènes.

    ***

    * Alexandre Padilha a quitté ses fonctions pour se présenter aux élections qui auront lieu les 5 et 26 octobre prochains. Il vise le poste de gouverneur de l'État de São Paulo. Le 31 janvier, Dilma Rousseff a nommé Arthur Chioro dos Reis au poste de Ministre de la santé. Jusque-là, il était Secrétaire municipal de la Santé de São Bernardo do Campo, une commune de l'État de São Paulo. Le 20 février, il a démissionné, le temps d'être nommé professeur à la faculté de médecine de l'Université fédérale de São Paulo – Unifesp. Il est revenu à la tête du Ministère le 21 février. Pour assurer un bref intérim, la présidence de la république avait nommé Mozart Júlio Tabosa Sales, Secrétaire de gestion du travail et de l'éducation en santé.

    ** Le DSEI-Y couvre également les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas où intervient notre partenaire, le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA. Il existe 34 DSEI dans l'ensemble du Brésil.

    *** La Mission Évangélique Caiuá a son siège à Dourados, dans le Mato Grosso do Sul. Elle est rattachée à l'Église presbytérienne du Brésil. Selon l'ONG "Contas Abertas", c'est l'une des Organisations de la Société Civile d'Intérêt Public – OSCIP qui reçoit le plus de subventions de l'État fédéral pour ses conventions de sous-traitance. Ces deux dernières années 2012 et 2013, ses diverses conventions – elle est présente dans près d'une vingtaine de DSEI - ont totalisé un montant supérieur à 200 millions de Réais (soit un peu plus de 61 millions d'Euros ou près de 75 millions de Francs suisses).

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note est une version actualisée de celle publiée dans le dernier AYA Info (No 90), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Dans un contexte difficile, la SECOYA tient son Assemblée générale à Manaus

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    Amazonas,Amazonie,Brasil,Brésil,Brasilia,Manaus,SECOYA,Yanomami,rio Marauiá,Ministério Público Federal,Estado d'Amazonas,Julio José Araujo,DSEI,SESAI,Roraima,Boa Vista,Silvio CavuscensLe 31 mars, le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA (le partenaire de AYA) a tenu sa XIVe Assemblée générale à son siège de Manaus. L'équipe exécutive a dressé le tableau d'une conjoncture défavorable aux peuples indigènes et les menaces qui pèsent sur leurs territoires. Il s'agit des projets de réduction des droits indigènes inscrits dans la Constitution fédérale, notamment dans le domaine de la reconnaissance et la protection des Terres Indigènes.

    Au cours de l'assemblée, il a été rappelé l'évaluation du programme de formation de professeurs Yanomami de la SECOYA faite par le Conseil d'éducation scolaire indigène de l'Etat d'Amazonas. L'appréciation a été très favorable et laisse espérer un appui technique et financier de la part de cet État. Cela permettrait de garantir la continuité des actions dans ce domaine.

    Était également à l'ordre du jour la mise en œuvre par la SECOYA, avec la participation du peuple Yanomami, des nouvelles procédures de recrutement du personnel appelé à travailler dans les communautés. Il s'agit de prendre en compte non seulement la qualification professionnelle des candidats, mais également leur capacité d'adaptation à un contexte très particulier.

    Quatre leaders Yanomami, membres de la SECOYA, représentants des communautés du rio Marauiá, avaient fait le déplacement, un voyage de plusieurs jours. Ils ont exprimé leurs préoccupations en raison des dysfonctionnements du Service de santé indigène et du mauvais état des postes de santé et du matériel, le manque de médicaments et l'insuffisance dans la formation des professionnels de santé.

    Ils ont aussi annoncé la décision de créer une association des Yanomami de l'État d'Amazonas.

    L'assemblée a également évoqué les difficultés de l'association pour augmenter les ressources* des programmes de formation en santé, du développement soutenable, de soutien au processus organisationnel yanomami et d'appui institutionnel de la Secoya. Elle procédé aux élections statutaires.

    À l'occasion de leur présence à Manaus, les quatre leaders Yanomami, accompagnés du coordinateur de la Secoya, sont allés au siège du Ministère Public Fédéral pour rencontrer le Procureur de la République de l'État d'Amazonas Julio Araujo. Ils lui ont présenté les problèmes vécus par la population Yanomami de cet État. Ils ont évoqué des cas concrets où les déficiences du service de santé ont des conséquences graves. Ils ont rappelé la demande qu'ils avaient déjà formulée en novembre 2011 relative à la création d'un Sous-district de santé pour la population Yanomami de l'État d'Amazonas. En effet, le siège du District Sanitaire Indigène Yanomami – DSEI-Y est à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, bien trop éloigné des communautés Yanomami de l'État d'Amazonas. Jusque-là leur demande est restée sans réponse. Ils attendent du Procureur qu'il fasse pression sur les administrations concernées afin qu'elles assurent les services dont elles ont la charge auprès des populations indigènes.

    Après l'assemblée, trois de ces leaders sont partis à Brasilia pour participer à la manifestation nationale "Avril indigène". Leur déplacement s'est fait en avion, leur baptême de l'air ! C'était la première fois que des Yanomami de l'État d'Amazonas participaient à une telle rencontre. L'occasion pour eux de découvrir l'ampleur et la diversité du mouvement indigène au niveau national et de voir, physiquement, les lieux du pouvoir fédéral où se prennent bon nombre de décisions les concernant.

    ***

    * Les lecteurs de cette note désireux de soutenir l'action de la SECOYA peuvent le faire en versant leur don à "AYA - Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" 1200 Genève - CCP 17-55066-2 qui transmettra. Merci d'avance.

    Photo © Secoya : Quelques membres de la SECOYA pendant la XIVe Assemblée générale

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note écrite en collaboration avec Silvio Cavuscens, le Coordinateur de la Secoya.

    Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 82), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Meyrin solidaire des Yanomami

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    Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brasil, Brésil, Manaus, Marauiá, Demini, Bicho-Açu, Yanomami, xapono, SECOYA, Meyrin, indigènes, indígenas, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Yarimu, SESAI, FUNAIDispersés dans des communautés, souvent installées à proximité ou sur les berges des rivières, loin des chefs-lieux de municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos, les Yanomami subissent malgré eux, les conséquences d'un système qui leur est étranger à bien des égards. Ils n'ont guère de prise sur leur propre destin. Mais la situation évolue positivement grâce, en partie, à l'appui de la  commune de Meyrin.

    En 2010, la municipalité a accordé une subvention pour la réalisation d'un projet porté par l'ONG genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA": une action en faveur du renforcement des compétences des leaders Yanomami et du processus organisationnel de ces indiens de l'État brésilien d'Amazonas. En fait, il s'agit d'un soutien à un programme de l'ONG brésilienne "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA". Cette association, dont le siège est à Manaus, travaille depuis de nombreuses années dans cette partie du Brésil.

    Le projet a été réalisé en plusieurs étapes. Une phase préparatoire a eu lieu en décembre 2010. Les animateurs de la Secoya ont visité plusieurs communautés pour une sorte de "mise à jour" des problèmes rencontrés par les habitants des villages dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement durable en particulier.

    Une deuxième phase a commencé en avril 2011. La Secoya a organisé des réunions de démocratie participative dans une dizaine de villages de la vallée du rio Marauiá. Il s'agissait surtout de préparer un premier cours plus formel, qui a eu lieu du 20 au 28 avril dans la communauté de Komixiwë. La plupart des 47 leaders présents venaient des xapono* (villages) du rio Marauiá, mais aussi de deux villages proches du rio Demini et l'un d'eux venait même d'une communauté vivant sur territoire vénézuélien. Le cours a été animé par quatre animateurs de la Secoya.

    Un deuxième cours a eu lieu à Bicho-Açu entre le 18 et le 27 octobre 2011. Près de cinquante leaders étaient présents, parmi lesquels des chefs traditionnels, des enseignants et des agents indigènes de santé. La communauté de Bicho-Açu a pris la responsabilité de la préparation des lieux et de la logistique du cours. Avec la participation de tous ses hôtes, elle a aussi organisé un "Yarimu", un cérémonial traditionnel, une guerre virtuelle entre les esprits, pour chasser ceux d'entre eux qui menacent l'équilibre et la tranquillité des communautés. Le cours a été organisé pour répondre à deux objectifs : permettre aux Yanomami d'améliorer la compréhension des situations dont ils devront assumer eux-mêmes le suivi, et de les accompagner dans une réflexion approfondie et respectueuse de leur processus organisationnel. Deux jours ont aussi été consacrés à la préparation d'une "IIe Assemblée générale des Yanomami de l'État d'Amazonas". Cette assemblée a eu lieu du 22 au 28 novembre 2011 à Bicho-Açu.

    En 2010, les animateurs avaient constaté un certain découragement au sein des communautés, ceci en raison de la dégradation des conditions de vie et de l'état d'abandon dans lequel elles se trouvaient. Depuis, elles se sont regroupées. Elles ont organisé plusieurs délégations auprès des responsables des services publics en charge de la santé ou de l'éducation. Ces initiatives témoignent de la renaissance d'un certain dynamisme auquel le projet n'est, bien sûr, pas étranger. Des nouvelles très récentes montrent que la volonté de s'organiser s'est encore accentuée ces derniers mois.

    En décembre dernier, AYA a remis les rapports technique et financier finals de ce projet à la mairie de Meyrin. Au nom des bénéficiaires directs du projet, les Yanomami de l'État d'Amazonas, de l'association Secoya de Manaus, AYA tient à remercier chaleureusement les autorités municipales de Meyrin d'avoir accepté de soutenir ce type de projet.

    En effet, il ne s'agit pas là d'un projet de réalisations concrètes, comme par exemple, l'aménagement de jardins potagers, la construction d'écoles ou de dispensaires, etc, dont les résultats sont immédiatement mesurables et contrôlables. Ce projet de formation de leaders tend à réduire les déficiences des services publics de santé et d'éducation notamment. Il va aux causes mêmes des problèmes. Et les effets attendus, en termes de politiques publiques, concernent toutes les communautés.

    Dans le même temps, en s'organisant, les habitants deviennent davantage les sujets de leur propre destin.

    ***

    * Prononcer "chapono"

    Photo © Secoya : avril 2011/Rencontre dans un village pour inviter les leaders au cours de formation

    PS 1 : Plusieurs fois il a été question de ce projet dans ce "blog", voir les notes des 02/04/2010, 01/07/2011 et 23/12/2011

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Sous une forme réduite, cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami s'opposent à l'exploitation minière sur leur territoire

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    Davi Kopenawa,Yanomami, Marta Maria Azevedo,Paulo Maldos,Antonio Alves de Souza,FUNAI,HAY,Hutukara Associação Yanomami,Watoriki,rio Demini,Ye'kuana,SESAI,demarcação,Terra Indígena,mineraçãoDepuis 20 ans, la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) est démarquée par un décret présidentiel du 25 mai 1992*. L'événement a été marqué à l'occasion de la VIIe Assemblée générale de l'association Hutukara Associação Yanomami – HAY présidée par Davi Kopenawa. Cette réunion, à laquelle ont participé plusieurs centaines d'indigènes a eu lieu du 15 au 20 octobre, dans la communauté de Watoriki, un village situé dans le bassin du Rio Demini.

    À l'ordre du jour, les sujets d'ordre institutionnels : Davi a été reconduit à la présidence de l'association pour une période de quatre ans (2013 – 2016). L'assemblée a traité des principales préoccupations des Yanomami et  Ye'kuana : rôle des organisations indigènes, le retrait des orpailleurs et les fermiers qui envahissent le territoire; l'avenir des écoles indigènes; les déficiences du service de santé et surtout leur opposition aux projets d'exploitation minière dont on connaît les répercussions sur la vie des communautés indigènes, notamment dans le domaine de la santé.

    Étaient également présents des membres de communautés Yanomami du Venezuela et des représentants des ONG qui appuient l'HAY. Le gouvernement était représenté par Marta Maria Azevedo, présidente de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), Paulo Maldos du Secrétariat de la présidence de la république et Antonio Alves de Souza, responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI).

    Les sujets traités lors de cette assemblée montrent bien qu'à elle seule la signature d'un décret, même présidentiel, ne suffit pas à protéger définitivement une Terre Indigène. Une protection effective, durable dans le temps, appelle la vigilance de ses habitants.

    Une telle réunion permet également aux membres des communautés Yanomami dispersées sur la TI-Y de faire connaissance et d'avoir une vision d'ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés. La vidéo ci-dessous retrace quelques séquences de l'assemblée.

    * Voir AYA Info No 72

     

    Photo : Marcos Wesley/ISA. De gauche à droite : Antonio Alves de Souza, Marta Maria Azevedo, et Davi Kopenawa.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2