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  • La maladie de Chagas heureusement moins négligée

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    Être "chagastique" sans le savoir, en souffrir, voire en mourir, et peut-être transmettre l'affection, a été pendant longtemps un risque négligé, parce qu'elle-même, la maladie de Chagas était négligée. La vectrice est une punaise hématophage, la Triatomine quand elle-même est infectée par un parasite pathogène, le Trypanosome cruzi. Les habitats préférés de ces  insectes sont certaines variétés de palmiers, notamment les Piaçava, leurs fibres, et leurs feuilles quand ces dernières sont utilisées pour la couverture des habitations.

    Généralement, la maladie se transmet à l'être humain d'abord par les piqûres de l'insecte ou par absorption de boissons ou d'aliments infectés. Elle se répand ensuite de différentes manières : par une mère infectée à son enfant pendant la grossesse ou l'accouchement, par transfusion de sang et transplantation d'organes de donneurs infectés. Dans sa phase aiguë, accompagnée de fièvre, elle peut provoquer des furoncles ou des œdèmes. Dans sa phase chronique, de durée variable, elle peut être à l'origine d'atteintes cardiaques, digestives ou neurologiques.

    À l'origine, limitée à l'Amérique centrale et du sud, la maladie s'est progressivement mondialisée avec les voyages et les migrations. En particulier sous l'influence de l'Organisation Mondiale de la Santé – OMS et d'autres institutions, davantage de mesures sont prises maintenant pour dépister la pathologie, en limiter l'extension et soigner les personnes atteintes.

    Par exemple, en Suisse, où les experts estiment entre 2'000 et 4'000 le nombre de porteurs potentiels de cette maladie, depuis le début de cette année, les centres de transfusion sanguine ont introduit une question supplémentaire (No 12) au questionnaire médical que doivent remplir les donneurs de sang.

    En Amazonie brésilienne, la Fondation Oswaldo Cruz – Fiocruz est un acteur de longue date dans la lutte contre la maladie. En juin 2012, elle a édité un manuel de formation destiné aux techniciens – "microscopistes" et laborantins - chargés de la détection de la maladie de Chagas. L'objectif est de pouvoir détecter chaque année des dizaines de cas de phases aiguës de la maladie. La Fiocruz a également financé deux cours pour les Agents Indigènes de Santé présents dans les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas.

    Il y a là une population à risque. En effet, bon nombre de Yanomami récoltent la Piaçava dont les fibres sont utilisées pour la fabrication de balais, de brosses et autres objets. En 2012, un premier cours a été organisé à São Gabriel da Cachoeira. Un second a eu lieu en décembre 2012 à Barcelos, mais malheureusement avec peu de participants, ce qu'a vivement regretté la Fondation.

    Ces deux exemples montrent que le front de lutte contre cette maladie s'est élargi. Elle est maintenant moins négligée.

    ***

    Voir aussi "AYA Info" No 49 du 30/04/2010 et sur ce blog, la note du 16/04/2010

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 81), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Avec l'appui de la Ville de Genève, des Yanomami se forment dans le domaine de la santé

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Amazonas,Yanomami,Secoya, Genève, E-Changer, DSEI-Y,Manaus, rio Marauiá, Bicho-Açu, Sylvie Petter, Judith Schnyder, SUS, Sodis, PET, helminthiases, ascaris, oxyure, oxiure, lixo,saúde indígena, Conferência Nacional de Saúde IndígenaEntre le 13 et le 20 décembre 2012, une vingtaine d'Agents Indigènes de Santé - AIS, de leaders et de professeurs, actifs dans les villages Yanomami du rio Marauiá, étaient réunis à Bicho-Açu* pour une formation en matière de santé. Le cours a été dispensé par les animateurs du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYAde Manaus. Le cours a porté sur deux thèmes centraux : le "contrôle social" et l'éducation en santé.

    Le terme de "contrôle social" est utilisé au Brésil pour désigner la démocratie participative. Il s'agit de la participation de représentants des populations concernées dans les instances prévues pour la mise en oeuvre de telle ou telle politique publique, l'éducation, l'emploi, la santé, etc.

    En guise d'introduction, les participants ont eu à s'exprimer sur le concept de santé en présentant des éléments symboliques, souvent des végétaux, trouvés dans la nature qui, selon chacun, illustrent le fait d'être en bonne santé. Au terme de ce travail, les animateurs ont présenté les objectifs et le programme du cours.

    L'étude de la thématique de contrôle social a commencé dans des groupes de travail par une réflexion – au moyen de dessins - sur le Système Unique de Santé – SUS national. En plénière, la vision de chaque groupe a été illustrée par des exemples concrets du fonctionnement du SUS, tant au niveau des centres urbains que dans les villages. À partir de cette réalité, les animateurs ont présenté un historique de l'organisation du service de santé brésilien replacé dans un contexte international. Deux jours ont été consacrés au SUS et au Sous - système de santé indigène, les principes fondamentaux sur lesquels il base son action : universalité (le droit à la santé pour tous); intégralité (la santé doit prendre l'être humain comme un tout); l'équité (respectant les personnes et leur mode de vie) et leur application. Le cours a également traité de la législation relative à la santé et les institutions chargées de sa mise en œuvre. Il a aussi été question de la préparation de la Ve Conférence nationale de santé indigène, prévue à Brasilia en novembre. Celle-ci doit être préparée par des rencontres locales et régionales prévues au cours du premier semestre 2013.

    La formation en santé a occupé trois journées. Ont été traités des aspects théoriques comme le concept de santé/maladie : le fait d'être en en bonne santé ne se limite pas à l'absence de maladie. Le concept et les actions de prévention, par exemple la propreté des villages, l'alimentation, l'hygiène personnelle. L'hygiène environnementale dans le contexte de la vie villageoise, par exemple les eaux stagnantes, la présence de nombreux cafards, la contamination de l'eau par les matières fécales, etc. a fait l'objet d'une étude spécifique.

    Les formateurs ont également abordé le cas des principales helminthiases, ces maladies dues à l'infestation des intestins par des vers : les ascaris, les oxyures, leurs cycles de transmission, les symptômes, les complications, la prévention et les traitements.

    Une journée entière avait pour sujet les traitements de l'eau et des ordures. Les différentes manières de purifier l'eau ont été abordées et discutées, y compris la méthode Sodis qui permet une purification de l'eau contenue dans des bouteilles de PET en les exposant aux rayons du soleil. En ce qui concerne les ordures, une partie du cours a été ouverte aux habitants de Bicho-Açu. L'évacuation des déchets vers les centres urbains n'est pas toujours possible. Il est alors nécessaire de les brûler sur place. Les participants ont demandé que les visiteurs repartent des villages en emportant leurs détritus.

    L'évaluation réalisée le dernier jour a porté sur la compréhension, par les participants, des contenus étudiés. Cela a donné l'occasion de remercier l'équipe de cuisine, les habitants et les leaders de Bicho-Açu pour la qualité de leur hospitalité.

    La Secoya a remarqué la très forte motivation des participants à acquérir de nouvelles connaissances. La présence de leaders a pour résultat la décision de ces derniers de susciter une réunion avec d'autres pour améliorer la participation dans les instances de contrôle social.

    AYA tient à remercier la Ville de Genève qui a accordé une subvention pour ce programme de santé de la SECOYA placé sous la responsabilité de Sylvie Petter , une volontaire de l'organisation E-Changer dont le siège est à Fribourg / CH. Sylvie est l'auteure du rapport qui a permis la rédaction de cette note.

    ***

    * Un village situé dans l'État brésilien d'Amazonas et sur la Terre Indigène Yanomami

    Photo © Secoya : Le tri des ordures avec les habitants de Bicho-Açu à l'occasion du cours.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Meyrin solidaire des Yanomami

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    Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brasil, Brésil, Manaus, Marauiá, Demini, Bicho-Açu, Yanomami, xapono, SECOYA, Meyrin, indigènes, indígenas, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Yarimu, SESAI, FUNAIDispersés dans des communautés, souvent installées à proximité ou sur les berges des rivières, loin des chefs-lieux de municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos, les Yanomami subissent malgré eux, les conséquences d'un système qui leur est étranger à bien des égards. Ils n'ont guère de prise sur leur propre destin. Mais la situation évolue positivement grâce, en partie, à l'appui de la  commune de Meyrin.

    En 2010, la municipalité a accordé une subvention pour la réalisation d'un projet porté par l'ONG genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA": une action en faveur du renforcement des compétences des leaders Yanomami et du processus organisationnel de ces indiens de l'État brésilien d'Amazonas. En fait, il s'agit d'un soutien à un programme de l'ONG brésilienne "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA". Cette association, dont le siège est à Manaus, travaille depuis de nombreuses années dans cette partie du Brésil.

    Le projet a été réalisé en plusieurs étapes. Une phase préparatoire a eu lieu en décembre 2010. Les animateurs de la Secoya ont visité plusieurs communautés pour une sorte de "mise à jour" des problèmes rencontrés par les habitants des villages dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement durable en particulier.

    Une deuxième phase a commencé en avril 2011. La Secoya a organisé des réunions de démocratie participative dans une dizaine de villages de la vallée du rio Marauiá. Il s'agissait surtout de préparer un premier cours plus formel, qui a eu lieu du 20 au 28 avril dans la communauté de Komixiwë. La plupart des 47 leaders présents venaient des xapono* (villages) du rio Marauiá, mais aussi de deux villages proches du rio Demini et l'un d'eux venait même d'une communauté vivant sur territoire vénézuélien. Le cours a été animé par quatre animateurs de la Secoya.

    Un deuxième cours a eu lieu à Bicho-Açu entre le 18 et le 27 octobre 2011. Près de cinquante leaders étaient présents, parmi lesquels des chefs traditionnels, des enseignants et des agents indigènes de santé. La communauté de Bicho-Açu a pris la responsabilité de la préparation des lieux et de la logistique du cours. Avec la participation de tous ses hôtes, elle a aussi organisé un "Yarimu", un cérémonial traditionnel, une guerre virtuelle entre les esprits, pour chasser ceux d'entre eux qui menacent l'équilibre et la tranquillité des communautés. Le cours a été organisé pour répondre à deux objectifs : permettre aux Yanomami d'améliorer la compréhension des situations dont ils devront assumer eux-mêmes le suivi, et de les accompagner dans une réflexion approfondie et respectueuse de leur processus organisationnel. Deux jours ont aussi été consacrés à la préparation d'une "IIe Assemblée générale des Yanomami de l'État d'Amazonas". Cette assemblée a eu lieu du 22 au 28 novembre 2011 à Bicho-Açu.

    En 2010, les animateurs avaient constaté un certain découragement au sein des communautés, ceci en raison de la dégradation des conditions de vie et de l'état d'abandon dans lequel elles se trouvaient. Depuis, elles se sont regroupées. Elles ont organisé plusieurs délégations auprès des responsables des services publics en charge de la santé ou de l'éducation. Ces initiatives témoignent de la renaissance d'un certain dynamisme auquel le projet n'est, bien sûr, pas étranger. Des nouvelles très récentes montrent que la volonté de s'organiser s'est encore accentuée ces derniers mois.

    En décembre dernier, AYA a remis les rapports technique et financier finals de ce projet à la mairie de Meyrin. Au nom des bénéficiaires directs du projet, les Yanomami de l'État d'Amazonas, de l'association Secoya de Manaus, AYA tient à remercier chaleureusement les autorités municipales de Meyrin d'avoir accepté de soutenir ce type de projet.

    En effet, il ne s'agit pas là d'un projet de réalisations concrètes, comme par exemple, l'aménagement de jardins potagers, la construction d'écoles ou de dispensaires, etc, dont les résultats sont immédiatement mesurables et contrôlables. Ce projet de formation de leaders tend à réduire les déficiences des services publics de santé et d'éducation notamment. Il va aux causes mêmes des problèmes. Et les effets attendus, en termes de politiques publiques, concernent toutes les communautés.

    Dans le même temps, en s'organisant, les habitants deviennent davantage les sujets de leur propre destin.

    ***

    * Prononcer "chapono"

    Photo © Secoya : avril 2011/Rencontre dans un village pour inviter les leaders au cours de formation

    PS 1 : Plusieurs fois il a été question de ce projet dans ce "blog", voir les notes des 02/04/2010, 01/07/2011 et 23/12/2011

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Sous une forme réduite, cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Meilleurs vœux d'Amazonie

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    Amazonie,Amazônia,Brasil,Brésil,SECOYA,YanomamiDe Manaus, l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" – SECOYA* souhaite une année 2013 pleine de succès et de réalisations à ses membres, partenaires, collaborateurs et amis des Yanomami. À cette occasion, elle nous dit que la "lutte au côté des Yanomami a été difficile en 2012. Mais elle ne diffère pas des autres luttes collectives pour un monde plus juste, équitable et respectueux de l'environnement dans lequel nous vivons, ni des luttes individuelles de ceux qui cherchent à assumer des attitudes plus cohérentes dans une perspective de justice sociale, de consommation plus consciente et de responsabilité solidaire jusque dans les plus petits gestes."

    C'est bien volontiers que l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA", se joint aux vœux de sa partenaire amazonienne et les transmet aux lecteurs réguliers ou occasionnels de ce blog qu'elle remercie de leur fidélité et de leur intérêt.

    Sur la quarantaine de notes publiées sur ce blog en 2012, une dizaine ont été consacrées aux problèmes spécifiques auxquels ce peuple est confronté : présence d'envahisseurs, orpaillage illégal, déficiences du service de santé indigène, etc. Ces informations donnent un sens à la difficulté de la lutte au côté des Yanomami évoquée par la Secoya.

    Les leaders indigènes souhaitent que leurs luttes et la situation de leurs peuples soient connues. C'est la raison de ce blog. L'écho en retour de cette diffusion est difficile à évaluer. Il est perçu de manière approximative dans les statistiques que "La Tribune de Genève" met à disposition de chacun de ses "blogueurs". En effet, chaque jour, mois après mois, le quotidien dresse une statistique indiquant le nombre de "visites uniques", de "visites" et de "pages" (vues).

    Le nombre de "visites uniques" est établi à partir des adresses IP différentes s'étant connectées sur ce blog et ayant vu au moins une page. Celui des "visites" est le total de chaque nouveau visiteur, consultant une page, qui ne s'est pas connecté dans les 60 dernières minutes. La somme des "pages" correspond au nombre de fois qu'une page du site est vue (cumul de tout visiteur, de toute visite).

    Ainsi, en 2012, ce blog a reçu 21'287 "visites uniques" (12'029 en 2011); 61'926 "visites" (31'423 en 2011) et 168'109 "pages" ouvertes (72'297 en 2011).

    En 2012, la moyenne  journalière, la situation est la suivante : 58 visites uniques (32 en 2011), 169 visites (85 en 2011), 459 pages ouvertes (197 en 2011). Encore une fois, ces statistiques ont leurs limites : elles comptent des "clics" répétés ou non, des pages "vues", mais pas forcément "lues". Cependant, à la lecture de ces chiffres, il est possible d'affirmer que la fréquentation du blog a sensiblement progressé en 2012.

    Encore une fois, merci à tous ceux qui s'intéressent à la cause indigène au Brésil !

    ***

    * La SECOYA est partenaire de l'Association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    Photo  © SECOYA : dans une école Yanomami

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

  • TI Yanomami : des "violations de domicile" à répétition

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    Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,FUNAI,Fundação Nacional do Indio,Hutukara,HAY,rio Ajarani,Roraima,Yanomami,CNRS,François Michel Le Tourneau,Instituto SocioAmbiental,ISA, garimpeiros,orpaillage,orpailleurs,Rainforest,Boa Vista,AYA,Polícia federal,Caracaraí,Davi Kopenawa,Yekuna,João Batista CatalanoL'Est de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) - la partie qui se trouve dans l'État de Roraima - est particulièrement exposé aux invasions et incursions d'orpailleurs, pêcheurs, petits paysans, exploitants forestiers. Cette situation a été rappelée en octobre dernier, lors de la VIIe Assemblée générale de l'Hutukara Associação Yanomami*

    Une expédition a été organisée pour établir un "état des lieux" de ces occupations illégales. Le 27 octobre, elle a commencé à parcourir les 280 km de cette portion de frontière de la TI-Y, à partir du rio Ajarani en remontant vers le Nord. Elle est composée de membres de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, de l'Hutukara Associação Yanomami – HAY, de l'Instituto SocioAmbiental – ISA. Un chercheur du Centre National de la Recherche Scientifique – CNRS (France), François Michel Le Tourneau, a rejoint le groupe le 3 novembre. C'est une initiative soutenue par la Fondation Rainforest de Norvège.

    Dans les premiers rapports publiés par ISA le 6  et le 14 novembre, le groupe a pu constater que certains panneaux qui interdisent l'accès à la TY-Y sont illisibles ou à terre. Il a retrouvé des filets de pêche, des traces de campements. La progression de l'expédition est ralentie par la sécheresse qui sévit en Amazonie et qui rend la navigation difficile.

    Un bilan de l'expédition a été présenté le 24 novembre dans la communauté Serrinha située dans la municipalité de Caracaraí. Les leaders ont dénoncé le fait que la Funai n'a pas terminé l'évacuation de tous les envahisseurs. L'expédition a pu constater qu'il existe encore des zones où la forêt a été préservée. Mais elle relève aussi que le front de colonisation agricole se rapproche des limites de la TI-Y. Il a été décidé de donner une formation à une cinquantaine d'indigènes pour qu'ils soient en mesure de surveiller cette partie du territoire Yanomami.

    Pour Davi Kopenawa Yanomami, présent pour ce bilan : "Cette terre est démarquée par le gouvernement fédéral, mais même ainsi, les fazendeiros n'en sont jamais sortis. Ils sont ici parce qu'ils sont protégés par le gouvernement de (l'État) de Roraima. Mais notre heure va arriver pour qu'ils sortent. Nous avons de la patience".

    Encore une opération contre l'orpaillage illégal**

    Par ailleurs, le 14 novembre dernier, des agents de la FUNAI, accompagnés de six Yanomami, ont arrêté 52 garimpeiros (orpailleurs) qui pratiquaient illégalement l'orpaillage dans la région du rio Apiaú, une zone difficile d'accès. En infériorité numérique, les agents de la FUNAI, n'ont pas pu empêcher la fuite de 27 orpailleurs. Seulement 25 d'entre eux ont pu être conduits au siège de la Police Fédérale de Boa Vista – la capitale de l'Etat - pour y être entendus et enregistrés. L'orpaillage étant considéré comme un délit mineur, ils ont été remis en liberté… Selon João Batista Catalano, coordinateur du front de protection ethno-environnemental Yanomami /Yekuna, il y aurait 1'200 garimpeiros dans la TI-Y.

    En guise de rappel : en 2011, peu après la diffusion, sur le réseau de télévision Globo, le 9 octobre, d'un reportage sur l'orpaillage illégal dans la TI Yanomami. Et une audience publique, sur le même sujet, à la Chambre des Députés le 27 octobre suivant, une opération de police avait permis la destruction de plusieurs points d'orpaillage et l'inculpation de près d'une trentaine de garimpeiros.

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    * Voir sur ce blog, la note du 09/11/2012

    ** Voir sur ce blog, les notes des 18/11/2011, 21/10/2011 et  07/10/2011

    Carte : Instituto Socioambiental (ISA) – La frontière Est de la Terre Indigène Yanomami.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La Secoya reçoit le renfort d'une volontaire E-Changer

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    Judith Schnyder, volontaire de l'organisation helvétique E-Changer basée à Fribourg, a rejoint, à Manaus, l'équipe du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami* – SECOYA  qui déploie son  activité dans l'État d'Amazonas. Actuellement, Judith fait son premier séjour en terre Yanomami en compagnie de Sylvie** l'infirmière, également volontaire de la même organisation.

    Originaire du Haut-Valais, Judith est anthropologue et homéopathe. Elle a eu un engagement au sein de la section suisse de l'organisation "Homéopathes autour du monde - HMS", une association qui se mobilise pour que l'homéopathie classique soit intégrée dans le système de santé de pays touchés par la pauvreté, la guerre ou les catastrophes. Avant de rejoindre le Brésil, elle travaillait à la section suisse de Peace Brigades International – PBI, une association qui promeut la résolution des conflits. PBI met en place des équipes internationales de volontaires qui, par leur présence, dissuadent les actes de violence et permettent la création d’un espace de dialogue politique.

    À la SECOYA, Judith est chargée de conseiller l'institution dans son action avec le peuple Yanomami et d'aider les leaders indigènes de l'État d'Amazonas dans leur processus organisationnel. Plus concrètement, il lui est demandé de collaborer à la réalisation de cours de formation de leaders, de les suivre dans leurs tâches de "contrôle social" – leur participation – dans les instances où ils sont appelés à siéger. La SECOYA compte également sur sa formation d'anthropologue pour consolider son expérience en matière d'école différenciée et de valorisation de la santé traditionnelle.

    Comme tous les volontaires E-Changer, Judith a un groupe de soutien "Amigos dos Yanomami" à qui elle a adressé une première lettre circulaire (en allemand). Elle a également un blog sur lequel elle a déjà publié plusieurs notes (en anglais).

    AYA se réjouit de l'appui apporté par Judith à son partenaire. Nous lui souhaitons plein succès dans ses activités.

    * Le partenaire qu'appuie AYA

    ** Voir sur ce blog, les notes des 10 décembre 2010 et 4 février 2011.  

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    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami s'opposent à l'exploitation minière sur leur territoire

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    Davi Kopenawa,Yanomami, Marta Maria Azevedo,Paulo Maldos,Antonio Alves de Souza,FUNAI,HAY,Hutukara Associação Yanomami,Watoriki,rio Demini,Ye'kuana,SESAI,demarcação,Terra Indígena,mineraçãoDepuis 20 ans, la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) est démarquée par un décret présidentiel du 25 mai 1992*. L'événement a été marqué à l'occasion de la VIIe Assemblée générale de l'association Hutukara Associação Yanomami – HAY présidée par Davi Kopenawa. Cette réunion, à laquelle ont participé plusieurs centaines d'indigènes a eu lieu du 15 au 20 octobre, dans la communauté de Watoriki, un village situé dans le bassin du Rio Demini.

    À l'ordre du jour, les sujets d'ordre institutionnels : Davi a été reconduit à la présidence de l'association pour une période de quatre ans (2013 – 2016). L'assemblée a traité des principales préoccupations des Yanomami et  Ye'kuana : rôle des organisations indigènes, le retrait des orpailleurs et les fermiers qui envahissent le territoire; l'avenir des écoles indigènes; les déficiences du service de santé et surtout leur opposition aux projets d'exploitation minière dont on connaît les répercussions sur la vie des communautés indigènes, notamment dans le domaine de la santé.

    Étaient également présents des membres de communautés Yanomami du Venezuela et des représentants des ONG qui appuient l'HAY. Le gouvernement était représenté par Marta Maria Azevedo, présidente de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), Paulo Maldos du Secrétariat de la présidence de la république et Antonio Alves de Souza, responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI).

    Les sujets traités lors de cette assemblée montrent bien qu'à elle seule la signature d'un décret, même présidentiel, ne suffit pas à protéger définitivement une Terre Indigène. Une protection effective, durable dans le temps, appelle la vigilance de ses habitants.

    Une telle réunion permet également aux membres des communautés Yanomami dispersées sur la TI-Y de faire connaissance et d'avoir une vision d'ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés. La vidéo ci-dessous retrace quelques séquences de l'assemblée.

    * Voir AYA Info No 72

     

    Photo : Marcos Wesley/ISA. De gauche à droite : Antonio Alves de Souza, Marta Maria Azevedo, et Davi Kopenawa.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami refusent la superposition d'Unités de conservation avec leur Terre Indigène

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     Yanomami,ICMBIO,UC,Flona Amazonas,HAY,Hutukara, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami,SECOYA,Amazonas,Pico da Neblina,Rede Rio Negro,Parque Serra do Aracá,Centro de Unidades de Conservação,CEUC,Hutukara Associação Yanomami,Davi Kopenawa,Silvio Cavuscens,ISACe n'est pas la première fois que les Yanomami expriment leur refus de voir se créer des Unités de Conservation (UC) sur la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Ce problème avait déjà fait l'objet de discussions en juillet 2011* quand l'Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité – ICMBIO, l'organe du gouvernement en charge de l'environnement a décidé de réactiver la Forêt nationale de l'Amazonas, dite "Flona Amazonas".

    Au Brésil, il existe deux groupes d'UC, celui de "protection intégrale" comme les réserves biologiques, les parcs nationaux, et celui à "usage soutenable" comme les forêts nationales, les réserves de faune, etc.

    Trois de ces UC se superposent à la TI-Y : le parc "Serra do Aracá" qui dépend du Centre des Unités de Conservation de l'État d'Amazonas, le CEUC; le Parc national Pico da Neblina (nom du plus haut sommet du Brésil – 2'994 mètres) et la "Flona Amazonas" qui, eux, dépendent de l'ICMBIO. Ces UC représentent environ 85% de la TI-Y de l'État d'Amazonas, ce qui réduit considérablement l'autonomie du peuple Yanomami sur sa propre Terre. Le statut de "Terre Indigène" apporte davantage de protection que les UC.

    Le matin du 22 août, les dirigeants des associations membres du "Réseau Rio Negro" (dont l'Hutukara Associação Yanomami – HAY et le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA) se sont réunis avec les représentants de l'ICMBIO. Ils ont remis une lettre au président de l'Institut lui demandant la révocation du décret qui a créé la Flona Amazonas. L'après-midi du même jour, ces mêmes représentants ont rencontré des membres du CEUC. Ils ont demandé la révision des limites du Parc Serra do Aracá.

    L'HAY envisage une action en justice pour faire valoir le droit des Yanomami sur l'entier de leur territoire. Ce problème était l'un des points inscrits à l'ordre du jour de la VIIe Assemblée générale de l'Hutukara tenue du 9 au 14 octobre, dans la communauté Watoriki proche du rio Demini, en présence de la présidente de la Fondation Nationale de l'Indien.

    *Voir sur ce blog la note du 02/09/2011 et AYA Info Nos 63 et 64

    Photo : Wilde Haborahy/ISA. Sur la gauche, on reconnaît – debout - Davi Kopenawa de l'HAY et, assis à côté de lui, Silvio Cavuscens de la Secoya.

     

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 75, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Violence contre les peuples indigènes

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     Au Venezuela, le soulagement…

    Tout d'abord cette information publiée par "Survival International" : "Selon des témoignages émanant de sources confidentielles, Survival estime aujourd'hui (le 11/09) qu'il n'y a pas eu d'attaque d'orpailleurs contre la communauté yanomami d'Irotatheri au Venezuela…  Nous ne savons pas, à ce jour, si cette histoire a été ou non déclenchée par un violent incident, ce qui pourrait être l'explication la plus probable, mais les tensions demeurent vives dans la région… Les autorités vénézuéliennes devraient continuer à enquêter sur cet incident et, plus important, évincer les envahisseurs du territoire yanomami et de tous les territoires indigènes du pays."

    Cette information vient en complément de la note publiée le 7 septembre dernier sur ce blog.

    Brésil : Rapport du CIMI sur la violence contre les peuples indigènes en 2011

    "Déjà ils m'ont battu sur le bord de la route quand je suis venu la nuit. J'ai peur, mais je ne vais pas arrêter (la lutte pour la terre), si je meurs, je serai de nouveau mélangé à la terre !". C'est ce qu'avait déclaré à Agência Brasil en 2009, Nísio Gomes, cacique Guarani Kaiowá, assassiné en novembre 2011, victime d'un conflit de la terre dans le Mato Grosso do Sul. C'est à ce leader indigène qu'est dédié le rapport annuel 2011 (4.1 Mo) du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI*, consacré à la "Violence contre les peuples indigènes". Il a été publié en juin dernier.

    Ce document se divise en deux parties. La première est composée d'une préface de Dom Erwin Kräutler, le président du CIMI, d'une présentation du Secrétaire exécutif de l'entité, d'une introduction par l'anthropologue qui a conduit l'enquête et de six articles sur des sujets spécifiques, par exemple les déficiences du service de santé dans la Vallée du Javari.

    La deuxième est consacrée à l'énumération des différents cas relevés par les enquêteurs. Ils sont classés selon plusieurs types : "violence contre le patrimoine (invasions de terres indigènes, exploitation illégale de ressources…); contre la personne (menaces, tentatives d'assassinat, assassinats…) et par omission des pouvoirs publics (manque d'assistance, mortalité infantile…). Un chapitre est également consacré aux peuples isolés et de peu de contact.

    Les enquêteurs ont relevé 99 cas de violence contre le patrimoine (92 en 2010), 378 victimes de violence contre la personne dont 51 assassinats (60 en 2010). Dans la troisième catégorie (omission des pouvoirs publics), ils ont relevé 126 cas de mortalité infantile (92 en 2010).

    Rares sont les États de l'Union qui ne sont pas mentionnés dans le rapport : cinq sur vingt-sept. Et ce sont des États où, selon le dernier recensement de 2010, le nombre d'indigènes vivant en zone rurale est particulièrement réduit comme au Rio Grande do Norte, Piauí et Sergipe au Nordeste.

    Dans sa présentation, Cleber C. Buzzato, le Secrétaire exécutif du CIMI tire la sonnette d'alarme : "Le discours idéologique, fondé sur une vision insoutenable de développement économique, est utilisé comme élément théorique absolu pour justifier la violation des droits et la pratique de violences contre les peuples indigènes au Brésil. Un tel discours montre que nous sommes dans un moment des plus complexes et dangereux de ces 40 dernières années pour les peuples indigènes."

    Pour en savoir plus, en français : Voir AYA Info No 63 /août 2011, et les Nos 28, 35, 39, 52

    * Le CIMI est l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB pour les peuples indigènes.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

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    La deuxième partie de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 74, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Massacre de Yanomami au Venezuela, un démenti prématuré

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    yanomami,irotatheri,ocamo,orénoque,venezuela,hutukara associaçãoyanomami,hay,chavez,rafael zambrano,nicia maldonado,survival international,cidh,coiam,haximu,massacre,matançaLes medias ont largement diffusé l'information selon laquelle des indiens Yanomami de la communauté Irotatheri auraient été massacrés par des garimpeiros, des orpailleurs venus du Brésil. L'incident aurait eu lieu au début du mois de juillet. Cette communauté, d'environ 80 personnes, vit sur le territoire vénézuélien, dans la région des sources du rio Ocamo, un affluent de l'Orénoque.

    Les premiers témoignages viennent de trois survivants, membres de la communauté qui, alors qu'ils étaient à la chasse, ont entendu un hélicoptère, des tirs d'armes à feu et des explosions. À leur retour au village, ils ont constaté que la maison collective avait été incendiée. Ils ont retrouvé des ossements. C'est le récit qu'ils ont donné à des membres d'une association indigène qui a diffusé l'information et demandé une enquête. L'existence d'un conflit entre les garimpeiros et une partie au moins de la communauté semble bien réelle.

    Le 2 septembre, Nicia Maldonado, la ministre vénézuélienne en charge des peuples indigènes, et responsable de l'enquête, affirme n'avoir trouvé aucun indice permettant d'affirmer qu'il y a eu des morts et des maisons incendiées. Le général Rafael Zambrano, commandant de la 52e brigade d'infanterie de forêt a d'abord nuancé ces propos avant d'affirmer, lui aussi, que le survol de la zone ne confirmait pas le massacre. Le 5 septembre, le président Chavez a également affirmé l'absence d'indices d'un massacre. Survival International dénonce cette attitude et demande une enquête immédiate.

    Le 3 septembre, les organisations indigènes regroupées au sein de la Coordination des Organisations Indigènes de l'État (vénézuélien) d'Amazonas – COIAM demandent la poursuite de l'enquête. Même demande de la part de l'Hutukara AssociaçãoYanomami – HAY, la principale organisation Yanomami dont le siège est à Boa Vista, la capitale de l'État brésilien de Roraima.. HAY demande que les enquêteurs se rendent en urgence à la communauté d'Irotatheri pour y rechercher des survivants et les communautés affectées. Elle demande également que le Brésil et le Venezuela prennent des mesures pour contrôler, déplacer les garimpeiros et surveiller de manière permanente la frontière dans la zone du Haut Orénoque. La Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH demande également une enquête rapide. À Brasilia, la Commission des relations extérieures et de la défense nationale de la Chambre des députés veut aussi davantage de renseignements de la part des autorités vénézuéliennes.

    L'expérience a montré* que la reconstitution des faits n'est pas chose facile. Les trois indiens qui ont rapporté les faits n'étaient pas présents dans la communauté au moment de l'agression. Il serait heureux que d'autres membres de la communauté aient pu sauver leur vie en s'échappant dans la forêt. Il serait important de les retrouver. Recueillir leur témoignage n'est pas simple, compte tenu de la culture et des traditions Yanomami. La coutume veut qu'après leur décès, on ne parle plus des morts, on ne cite plus leur nom. Les morts sont incinérés, les objets leur appartenant sont détruits. Autre difficulté potentielle, le décompte des victimes si les témoins ne connaissent pas la numération décimale. En effet, les Yanomami sont l'un des peuples utilisant un système de numération limité : "un", "deux" et "beaucoup". Une enquête sérieuse doit donc être conduite avec le concours d'un ou plusieurs bons connaisseurs de la culture Yanomami.

    Les deux États brésilien et vénézuélien doivent coopérer pour mener une enquête approfondie, le cas échéant punir les responsables, et mettre un terme à l'orpaillage dans les Terres Indigènes.

     

    * À l'occasion de l'enquête sur le génocide de Haximu, perpétré en 1993, par des garimpeiros. Il y a eu 16 morts dans ce village Yanomami.

    Carte : Instituto Socioambiental - ISA

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

     

    Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 75, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2