La lettre d'AYA

  • Brésil : L’annonce du viol et de l’assassinat d’une Yanomami de 12 ans par des garimpeiros suscite de nombreuses réactions

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    Le 25 avril, Júnior Hekurari Yanomami, président du Conseil du District de Santé Indigène Yanomami et Ye’kuana (Condisi YY) a annoncé avoir reçu une information de la communauté d’Arakaçá, dans la région de Waikás, dans la partie de l’État de Roraima de la Terre Indigène Yanomami (TIY) : celle-ci fait état du viol et de l’assassinat d’une jeune Yanomami de 12 ans par des orpailleurs illégaux. Des membres de la Police Fédérale, du Ministère Public Fédéral - MPF, de la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI et du Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI se sont rendus sur les lieux les 27 et 28 avril. Ils affirment ne pas avoir trouvé d’indices de pratiques de crimes d’homicide et de viol ou de décès par noyade. Interviewé le 29 avril par l’agence Amazônia Real, Júnior Hekurari dit être allé sur place avec son équipe. Les villageois auraient respecté le rite funèbre des Yanomami en incinérant le corps de la jeune fille, puis ils auraient bouté le feu à leur maison avant d’aller vers un autre lieu de résidence. Quelques habitants revenus rencontrer l’équipe de Júnior ont dit que les garimpeiros leur ont donné de l’or en échange de leur silence…

    Cet événement a suscité des réactions. D’abord au sein des organisations indigènes, mais aussi à la Chambre des Députés et au Tribunal Suprême Fédéral- STF. Dans un communiqué de presse du 27 avril, l‘Hutukara Associação Yanomami de Boa Vista (RR), rappelle que « s’il est confirmé, cet acte n’est pas un cas isolé. Malheureusement des épisodes de violence sexuelle contre les enfants, adolescentes et femmes Yanomami pratiqués par des garimpeiros ont déjà été constatés dans d’autres régions ». Le Conseil Indigène de Roraima – CIR demande le retrait immédiat de ces envahisseurs. La Coordination des Organisation Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB s‘est adressée au Ministère Public Fédéral pour que celui-ci ouvre une enquête sur ce cas et, plus généralement, sur l’application de mesures de protection des Yanomami. Le 5 mai, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB s’est adressée à Luís Barroso, juge au STF lui demandant une série de mesures visant l’évacuation des garimpeiros et l’application d’un plan pour empêcher leur retour.

    Lors de la session plénière du STF du 28 avril, La juge Cármen Lúcia, a sollicité l’ouverture d’une enquête rigoureuse sur la mort de la petite Yanomami. Le 5 mai, sur proposition d’Erika Kokay et de Joênia Wapichana, la Chambre des Députés a décidé de créer une Commission pour étudier la violation des droits des Yanomami.

    Le Conseil Indigéniste Missionnaire Nord1 - un organe rattaché à la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB - demande, lui aussi, l’adoption de mesures de protection du peuple Yanomami et de son territoire.

    Ce 6 mai, face à l’ampleur de la réaction, la Police Fédérale a tenu une Conférence de presse à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima (RR) : elle a fait état de l’évolution de son enquête et de son activité (la destruction de 17'000 litres de combustible). Les recherches continuent, mais sans avoir apporté, jusqu’à maintenant, des indices en rapport avec les crimes dénoncés. Le même jour, la FUNAI a également publié une note rappelant son activité dans cette région.

    Pour l’heure, les orpailleurs illégaux sont toujours présents dans la Terre Indigène Yanomami comme ils le sont depuis de nombreuses années !

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • La coopération avec les organisations indigènes : une table ronde

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    Dans quatre pays d’Amérique latine - Argentine, Brésil, Colombie, Pérou - le Mouvement pour la Coopération Internationale (MCI) soutient des organisations indigènes et indigénistes dans la défense des droits territoriaux et culturels des peuples autochtones. La première fois, c’était en 1975, en Colombie, en appuyant l’action du Conseil Régional des Indigènes du Cauca - CRIC.

    Le MCI, dans le cadre de son 60ème anniversaire, souhaite débattre des enjeux de cette coopération, faire connaître son expérience et les difficultés rencontrée et cela à l’occasion d’une table ronde :

    Peuples autochtones, Amérique latine, Argentine, Brésil, Colombie, Pérou, Conseil Régional des Indigènes du Cauca, CRIC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, SECOYA, AYA, Association d’Appui aux Yanomami d’Amazonie, Manaus, Kurikama, rio Marauiá, État d’Amazonas, E-Changer, Conférence Universitaire des Associations d’Étudiant.e.x.s de l’Université de Genève, CUAE, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Ville de Genève, Maurício Yanomami Iximaweteri, Silvio Cavuscens, Aurélien Stoll, Luisa Cruz Hefti, Maison Internationale des Associations

    Illustration : Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.

    PS : Lors de son 50e anniversaire, célébré en octobre 2012, le MCI a édité un cahier « Peuples Autochtones » qui est déjà une sorte de bilan de son expérience. Á cette occasion il a donné la parole aux représentants autochtones venus à Genève.

     

  • Les Yanomami en danger, une invitation !

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    Avec le soutien de la Fédération Genevoise de Coopération – FGC et de la Ville de Genève, le « Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA» de Manaus, l’association « Kurikama » des Yanomami du rio Marauiá de l’État d’Amazonas, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI / GE, l’association « Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie – AYA / GE, l’association E-changer / CH, la Conférence Universitaire des Associations d’Étudiant.e.x.s de l’Université de Genève – CUAE, vous invitent à assister à une conférence :

    Brésil, Brasil, Terra Indígena, Yanomami, garimpo, garimpeiros, Uni Mail, Genève, AYA, Association d’Appui aux Yanomami d’Amazonie, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, SECOYA, Manaus, Kurikama, rio Marauiá, État d’Amazonas, E-changer, Conférence Universitaire des Associations d’Étudiant.e.x.s de l’Université de Genève, CUAE, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Ville de Genève, Uni Mail, Maurício Yanomami Iximaweteri, Silvio Cavuscens

    Une carte pour localiser le sujet :

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    Pour en savoir plus, trois ouvrages en français :

    « La Chute du ciel, parole d’un chamane Yanomami » Davi Kopenawa et Bruce Albert, Édition Plon 2010, Collection Terre humaine / ISBN 978-2-259-2-21068-3

    « Les Yanomami du Brésil, géographie d’un territoire amérindien » François-Michel Le Tourneau / Éditions Belin 2010 / ISBN 978-2-7011-5316-2

    « L’Amazonie, histoire, géographie, environnement » François-Michel Le Tourneau / CNRS Editions 2019 / ISBN 978-2-271-11598-0

    Illustrations : Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

    PS : L’association Kurikama des Yanomami du rio Marauiá a été fondée en 2013. Voir sur ce blog la note du 10 décembre 2013.

  • Brasilia : des milliers d’indigènes réunis pour la défense de leurs droits

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Acampamento Terra Livre, ATL, Campement Terre Libre, Câmara dos Deputados, Senado, eleições, élections, Bancada do Cocar, Front parlementaire indigène, Janela partidária, Fenêtre partidaire, Jair Bolsonaro, Parti Libéral, Partido Liberal, PL, Sônia Bone Guajajara, Joênia Wapichana, Luiz Inácio Lula da Silva, Lula, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, PL 191/2020L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé ses organisations de base de tout le pays à se rassembler à Brasilia entre le 4 et le 14 avril pour la 18e édition du « Campement Terre Libre - ATL» sur le thème « Reprenons le Brésil : Démarquer les Territoires et  « villagiser (1) » la politique ». Une manifestation qui, selon les organisateurs, a réuni près de huit mille indigènes venus exprimer leur volonté de défendre leurs droits gravement menacés. Cette année, l’ATL se déroule dans un contexte particulier : 2022 est une année électorale et les droits des indigènes sont particulièrement menacés.

    En octobre prochain (les 2 et 30), il y aura les élections fédérales pour désigner le Président de la République, les membres de la Chambre des Députés, un tiers des Sénateurs, les Gouverneurs et les membres des Assemblées Législatives des 26 États et du District fédéral (Brasilia). Un processus qui a déjà commencé : entre le 3 mars et le 1er avril était ouverte une « Fenêtre partidaire », un mois pendant lequel les élus peuvent changer de parti politique sans perdre leur mandat. Au terme de cette opération, il s’avère que le Parti Libéral – PL a le plus de représentants à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres). Il est passé de 33 à 78 élus. Jair Bolsonaro, après avoir été membre de huit partis différents, a adhéré au PL à la fin novembre 2021. Lors de l’ATL, le sujet des prochaines élections a été abordé le 8 avril, jour où les femmes indigènes ont exprimé leur intention d’être davantage présentes dans les institutions politiques. Elles sont quatorze à être pré-candidates : sept pour représenter leur État à la Chambre des Députés ou au Sénat où elles veulent y créer une « Bancada do Cocar (2)» (un Front parlementaire indigène). Et sept pour siéger dans l’une ou l’autre Assemblée Législative d’un État. Sônia Bone Guajajara, la Coordinatrice de l’APIB se présente sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté - PSOL pour l’État de São Paulo. Aux élections de 2018, déjà pour ce même parti, elle avait été candidate à la Vice-présidence de la République (3). Joênia Wapichana, sera à nouveau candidate pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés.. En 2018, elle a été la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée.

    Le 12 avril, l’ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva – lui aussi pré-candidat à la présidence de la République - était présent à l’ATL. Les organisations indigènes lui ont annoncé soutenir sa candidature dans une Lettre ouverte. Mais ce document énumère les engagements sur lesquels devraient porter le programme de Lula : les droits territoriaux ; la réactivation des espaces de participation et de contrôle social indigènes ; la reconstruction des politiques institutionnelles indigènes ; l’interruption de l’agenda anti-indigènes en cours au Congrès fédéral et la mise en œuvre d’un programme de protection de l’environnement. Lula – au cas où il est élu - s’est engagé à révoquer les décrets anti-indigènes de Bolsonaro et à créer un Ministère des peuples originaires.

    Les organisateurs de la rencontre de Brasilia ont voulu sensibiliser la population sur les dangers de l’agenda anti-indigènes du gouvernement, des lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et des militaires. Le Projet de Loi n° 191/2020 ouvrant les Terres Indigènes à l’exploitation minière est particulièrement préoccupant (4). La majorité de la Chambre des Députés a décidé que ce texte devait être traité en urgence. Mais, récemment, le président de la Chambre a annoncé que le projet serait voté « encore en 2022 » et non pas dans les jours qui viennent. Cependant l’APIB ne relâche pas la pression. Elle a repris à son compte la « Lettre ouverte » publiée le 22 mars par le « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes - FPMDDI». Elle a lancé un appel au public en souhaitant recueillir un large appui populaire.

    Pendant l’ATL, l’APIB a publié un rapport – Yanomami sous attaque - édité par l’Hutukara Associação Yanomami sur l’impact de l’orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami et des propositions pour le combattre. Une illustration du danger que constitue le PL 191/2020 !

    Le document final de l’ATL se termine par un appel à l’union : « [Nous] réaffirmons que notre union est fondamentale pour que nous avancions, ensemble sur le chemin de notre projet de pays plurinational, de paix, de justice et en harmonie avec notre Mère Nature. C’est ainsi que nos ancêtres ont agi : il n’y a pas e place pour la division, le sectarisme et quelque type de violence entre nous. Sortons de cet ATL encore plus unis avec la certitude que c’est là notre plus grande force ! »

    En se mobilisant de la sorte les indigènes brésiliens agissent pour maintenir un cadre de vie utile à toute l’humanité…

    ***

    (1) « Villagiser » > Traduction personnelle du portugais « aldear ». Ce que veut l’APIB est de faire en sorte que les communautés indigènes de base connaissent leurs droits et soient en mesure de les faire respecter. Comme exemple de « villagisation », il est possible de citer le projet soutenu par le MCI pour le « Renforcement des capacités des multiplicateurs interculturels pour la défense des droits et du territoire Yanomami en Amazonie brésilienne ».

    (2) Cocar : coiffe indigène faite essentiellement de plumes.

    (3) Voir sur ce blog la note du 21 octobre 2018

    (4)Voir sur ce blog la note du 13 mars 2022

    Illustration : Annonce de l’ATL. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

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  • Brésil : Bolsonaro reçoit la médaille du Mérite Indigéniste !

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    « Incroyable !» « Cela ressemble même à une blague ! » « Une grande blague. De très mauvais goût ! »  « La médaille du mérite la plus absurde de l’histoire du Brésil ! » Voilà quelques réactions relevées dans la presse brésilienne après la décision du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Anderson Torres, de décerner la « Médaille du Mérite Indigéniste » au président Jair Bolsonaro et à vingt-cinq autres personnes, dont plusieurs ministres, hauts fonctionnaires et indigènes. Cela « en reconnaissance pour les services rendus pour le bien-être, la protection et la défense des communautés indigènes. » La politique anti-indigènes conduite par le Président et son gouvernement est largement connue de l’opinion publique.

    La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a publié une note de protestation : « Un tel honneur devrait être accordé aux personnes qui se distinguent par leurs actions de protection et de promotion des peuples indigènes brésiliens, et non à ceux qui attaquent nos droits et promeuvent des discours de haine contre nous ! » L’Articulation des Organisations Indigènes du Brésil – APIB rappelle que, dès les premiers jours du gouvernement de Jair Bolsonaro, elle a dénoncé les menaces et violations commises contre les peuples indigènes du Brésil. Elle affirme qu’il en va de même dans cette dernière année de la législature : « Á tout coup, et avec cynisme ils utilisent les armes médiatiques et institutionnelles pour dire qu’ils nous appuient. Notre liberté, notre culture, notre ancestralité, nos territoires et nos richesses naturelles ne sont pas à vendre et ne sont pas négociables ! » […] « L’indigénisme est une tradition sérieuse et ne doit pas être utilisée par ceux qui ne respectent pas notre culture et mode de vie. L’APIB va prendre des mesures légales pour annuler cet Arrêté du Ministère de la Justice. »

    Á la Chambre des Députés, le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes juge «… inacceptable que le Président de la République et ses ministres d’État soient décorés de la Médaille du Mérite Indigène alors que leurs positions et actions sont contraires à la défense des droits de peuples indigènes.» La leader du Front, Joênia Wapichana, a cosigné avec 13 autres députés, un Projet de Décret Législatif - PDL pour annuler la décision du Ministre de la Justice.

    Autre réaction significative, celle de l’indigéniste Sidney Possuelo : il a rendu au Ministère de la Justice sa médaille du Mérite Indigéniste qui lui avait été décernée en 1987 par le Ministre de l’Intérieur d’alors, João Alves Filho. Sidney Possuelo a consacré de nombreuses années de sa vie à la cause indigène. En 1991, il a été nommé Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI par le président Fernando Collor. Il y dirigeait déjà la Coordination des Indiens Isolés. Il a notamment œuvré à la démarcation de la Terre Indigène Yanomami. Il a été démis de la présidence de la FUNAI en mai 1993 par Itamar Franco alors Président de la République. Interrogé par l’agence UOL, il dit que cette décoration « a perdu sa raison d’être » et que c’est pour cela qu’il l’a rendue. « Cette médaille remise à qui que cela soit, transforme le bourreau en héros… »

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

  • Brésil : la guerre en Ukraine, raison supplémentaire de Bolsonaro pour ouvrir les Terres Indigènes à l’exploitation minière !

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Jair Bolsonaro, decreto, N° 10.996, de 11 de fevereiro de 2022, mineração, programa de Apoio ao desenvolvimento da mineração Artesanal e em Pequena Escala, Pró-Mape, Ministério de Minas e Energia, Secretaria-Geral da Presidência da República, Câmara, Deputados, Projeto de Decreto Legislativo, Joênia Wapichana, Portaria N° 667, de 9 de fevereiro de 2022, Ukraine, Ucrania, fertilizantes, engrais, PL 91/2020, Ciro Nogueira Lima Filho, Ricardo Barros, Ato pela Terra, MPF, Quem e Quem, Cumplicidade na destruição, Arthur Lira, Acampamento Terra LivreAvant même le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 11 février dernier, le Président brésilien a signé un décret instituant un programme d’appui au développement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. L’Amazonie légale* est désignée région prioritaire pour la mise en œuvre de cette action. Il est prévu de simplifier et d’accélérer les procédures d’autorisations d’ouverture des chantiers.

    Les premières réactions hostiles à ce décret sont venues de l’opposition au sein de la Chambre des Députés. Une demi-douzaine de Projets de Décrets Législatifs** (PDL) ont été déposés par des Députés. Ils ont tous pour objet de suspendre les effets du décret présidentiel. Joênia Wapichana – première femme indigène élue députée de l’histoire du Brésil – a déposé l’un de ces PDL. Elle y relève l’absence de définition de la notion « d’exploitation minière artisanale et à petite échelle. » Pour elle : « Ce Décret va renforcer les activités extractives tant à l’intérieur des Terres Indigènes de l’Amazonie que dans leur voisinage. Il pourra avoir des impacts irréversibles pour l’environnement et pour la vie des communautés traditionnelles. En résumé il pourra indirectement légaliser l’exploitation minière illégale ! » Ces textes doivent être discutés et adoptés par le parlement majoritairement défavorable aux peuples indigènes…

    La pression du gouvernement pour favoriser l’exploitation minière en Terres Indigènes s’était déjà manifestée dans un Arrêté du 9 février, signé par le chef de la Maison civile de la Présidence de la République, Ciro Nogueira Lima Filho. Ce dernier y a dressé une liste de 45 projets de lois à être traités prioritairement par le parlement en 2022, dernière année de la législature. Parmi ceux-ci, le Projet de Loi N° 191/2020 qui ouvre les Terres Indigènes à l’exploitation minière. Un texte à propos duquel les organisations indigènes*** ont maintes fois manifesté leur hostilité, notamment à cause de la déforestation, de la pollution des rivières et de la violence accompagnant cette activité.

    En raison de la guerre en Ukraine, les – peut-être – nécessaires changements de fournisseurs en engrais des agriculteurs brésiliens, ont donné l’occasion au Président Bolsonaro (par deux fois, le 2 mars, sur son compte Twitter) d’affirmer que l’approbation de ce Projet de Loi résoudra le problème. Le député Ricardo Barros, de la base gouvernementale à la Chambre des Députés a réuni le nombre de soutiens nécessaire pour engager le vote de cette loi en procédure d’urgence. Ce vote a eu lieu ce 9 mars par 279 oui, 180 non et 3 abstentions. Le président de la Chambre, Arthur Lira, annonce la création d’un groupe de travail avant que le projet soit traité en plénière dans la première quinzaine d’avril.

    Le Ministère Public Fédéral a publié une note le 8 mars rappelant, une fois de plus, l’inconstitutionnalité du projet de loi.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB (faîtière des organisations indigènes du pays) demande la fin du programme anti-indigène au Congrès national : « L’actuelle crise en Europe ne peut être utilisés comme excuse pour massacrer les droits des peuples indigènes et menacer le futur de la planète ».

    Á Brasilia, ce 9 mars après-midi, de nombreux artistes, en collaboration avec de nombreuses entités de la société civile, ont organisé un « Acte pour la Terre » auquel ont assisté des milliers de personnes. Il s’agissait de protester contre les projets de lois qui mettent en danger l’environnement et les droits des minorités.

    Une autre manifestation, le « Campement Terre Libre » est convoquée à Brasilia par l’APIB du 4 – 8 avril. Y sont attendus des délégations de tous les peuples et organisations indigènes du pays.

    Récemment, le « Comité National de Défense des Territoires face à l’exploitation Minière », en lien avec l’APIB a publié un rapport « QUI EST QUI dans le débat sur l’exploitation minière dans les Terres Indigènes ». Il s’agit d’une étude détaillant les forces en faveur ou opposées au PL 191/2020. Sont passées en revue la position du Gouvernement, des fronts parlementaires au Congrès, des associations économiques, des organisations indigènes, du Ministère Public Fédéral et de la presse.

    Toujours concernant l’exploitation minière, en collaboration avec Amazon Watch, l’APIB a publié en février dernier une quatrième version du rapport « Complicité dans la destruction » sur les entreprises minières et les investisseurs internationaux impliqués dans l’exploitation de l’Amazonie. Le Crédit Suisse, l’Union de Banques Suisses, Glencore, Vale, sont des noms qui apparaissent dans cette étude…

    Les ressources minières du Brésil sont l’objet de nombreuses convoitises !

    ***

    *L’Amazonie légale comprend neuf États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins et une partie du Maranhão.

    **Un Projet de Décret Législatif - PDL peut être présenté par un député ou un sénateur, une Commission de la Chambre des députés, du Sénat ou du Congrès et par un message présidentiel. Il suit l’habituelle procédure parlementaire.

    ***Voir sur ce blog, la note du 17 février 2020.

    Photo : © Tiago Miotto /CIMI Des représentants des organisations indigènes du Sud du Brésil manifestent contre le projet de loi à Brasilia le 12 février 2020. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

  • Brésil : des menaces sur des indiens en situation d’isolement volontaire

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Ministério Público Federal, MPF, Terra Indígena, Ituna/Itatá, Jacareúba/Katawixi, Piripkura, Belo Monte, rio Xingu, Pará, Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact, Observatório dos Direitos Humanos dos Povos Indígenas Isolados e de Recente Contato, OPI, Zequinha MarinhoDes indices montrent que la Terre Indigène (TI) Ituna/Itatá* est occupée par des indiens en situation d’isolement volontaire. Le contact avec un groupe jusque-là isolé, se traduit souvent par un choc microbien susceptible de mettre en cause l’existence même de celui-ci. Cette TI se situe dans la zone touchée par la construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. Une région qui a vu l’arrivée massive de nouveaux habitants en recherche d’emploi. La déforestation y est importante, souvent conséquence de la présence de grileiros (occupants illégaux), venus surtout depuis la fin du chantier de l’usine hydro-électrique. 

    Pour protéger ces éventuels groupes indigènes isolés, la TI a fait l’objet d’une « restriction d’usage » par des arrêtés successifs de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI depuis janvier 2011. Cette protection a été renouvelée pour trois ans en janvier 2019… La prorogation devant ainsi intervenir en ce début 2022. Une démarche contestée.

    Déjà, en septembre 2019, le sénateur de l’État du Pará, Zequinha Marinho, a contesté la présence d’indiens sur cette terre protégée. Il l’a fait en plénière du Sénat et dans un courrier à la présidence de la République. La FUNAI a organisé une expédition dans la région en août-septembre 2021. Dans une note de fin janvier dernier, elle affirme ne pas y avoir pas décelé d’indices prouvant la présence d’indiens isolés pouvant justifier la prolongation de cette protection. Cependant, sur injonction de la justice, elle a prolongé de six mois la validité de la restriction d’usage.

    Ce résultat – provisoire – est le fruit de la pression des organisations indigènes et indigénistes qui se sont mobilisées pour maintenir cette protection. Le Conseil National des Droits Humains – CNDH, l’Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact – OPI, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB ont publié des rapports, lettres ouvertes et pétition.

    L’issue de ce bras de fer est incertaine. D’autres groupes isolés sont également en danger !

    ***

    *Située dans l’État du Pará, elle a une superficie d’environ 1’424 km2

    Illustration publiée par Amazônia Real: 04/02/2022 : les TI Jacareúba/Katawixi, Piripkura et Pirititi sont aussi potentiellement occupées par des groupes indigènes en situation d’isolement volontaire. Elles font également l’objet d’arrêtés de « restriction d’usage ». Elles sont dans la même situation que la TI Ituna/Itatá. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, la FUNAI veut réduire d’un tiers le nombre de Terres Indigènes qu’elle doit protéger

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Alcir Amaral Teixeira, ISA, Instituto Socioambiental, Ministério Público Federal, MPF, Ofício Circular No 18/2021/CGMT/DPT/FUNAI, Supremo Tribunal Federal, STF, Ato das disposições constitucionais transitóriasFin décembre 2021/début janvier 2022, les organisations indigènes brésiliennes ont eu connaissance d’une circulaire signée par Alcir Amaral Teixeira, le Coordinateur général de la surveillance territoriale (des Terres Indigènes - TI) à la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Dans ce document, le Coordinateur demande à ses services subordonnés, qu’à l’avenir, les plans de protection territoriale ne devront concerner que les TI « homologuées », c’est à dire celles dont le processus de protection est finalisé. Selon l’Institut Socio-Environnemental – ISA, sur les 726 TI que compte le Brésil, seulement 487 sont homologuées. Ainsi la FUNAI abandonnerait la protection d’un tiers des TI du pays. Les organisations indigènes n’ont pas tardé à réagir.

    Le 10 janvier, la COIAB* et l’APIB* se sont adressées au Ministère Public Fédéral, la première à Manaus et la deuxième à Brasilia, en demandant la suspension des effets de la circulaire et une enquête sur d’éventuels délits administratifs commis par Alcir Amaral Teixeira. L’APIB s’est également adressée au Tribunal Supérieur Fédéral pour demander que le gouvernement brésilien respecte les droits territoriaux constitutionnels des peuples indigènes. Ces derniers s’appliquent indépendamment du statut juridique des TI.

    L’article 67 de l’Acte des dispositions constitutionnelles transitoires, adopté en même temps que la Constitution de 1988, prévoit que l’Union doit conclure la démarcation des TI dans un délai de cinq ans, soit en octobre 1993 !

    L’actuel Président brésilien, en novembre 2018, avant même sa prise de pouvoir, avait annoncé qu’il n’y aurait plus de démarcation de Terres Indigènes ! 

    La volonté des Constituants est loin d’avoir été respectée.

    Á suivre !

    ***

    *COIAB > Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne

    **APIB > Articulation des Peuples Indigènes du Brésil

    ***

    Illustration : La carte des Terres indigènes du Brésil publiée par l’ISA. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Á Manaus, une manifestation pour le droit à la vie du peuple Yanomami

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    Brésil, Brasil, Manaus, Praça do Congresso, 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, 10 de dezembro, Dia Internacional dos Direitos Humanos, FAMDDI, Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes, Frente Amazônica de Mobilização em Defesa dos Direitos Indígenas, Fantástico, Amazonas, Roraima, Kurikama, Komixiwë, Santa Isabel do Rio Negro, rio Marauiá, rio Demeni, rio Preto, rio Cauaburis, Barcelos, São Gabriel da Cachoeira, Distrito Sanitário Especial Indígena, DSEI, CONDISI, Conselho de Saúde Indígena, Boa Vista, Yanomami, Ye’kuana, Ministère Public Fédéral, Ministério Público Federal, SECOYA, MCI, AYA, Lancy, Plan-les-Ouates, Carouge, Onex, Confignon, Ville de Genève, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Confédération, Canton de Genève, Ville de Genève, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Services Industriels de Genève, SIGCe 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes – FAMDDI a appelé à manifester, Place du Congrès, au centre de Manaus, pour le droit à la vie des Yanomami. Le but de cette mobilisation, qui a réuni des représentants des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami, est d’attirer l’attention de la société sur la politique génocidaire dont ce peuple est victime.

    Le 14 novembre, la chaîne Globo, dans son émission « Fantástico » a diffusé un reportage de 17 minutes sur les problèmes de santé des Yanomami, surtout ceux de l’État de Roraima. Une émission qui a eu un certain retentissement. Un mois avant cette émission, entre les 6 et 11 octobre, les Yanomami de l’État d’Amazonas, regroupés au sein de l’association Kurikama, ont tenu leur 5e assemblée ordinaire dans le village de Komixiwë dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro. Elle a réuni 206 représentants de 26 xapono* (villages) des rios Marauiá, Demeni. Preto et Cauaburis. Les délégués y ont fait un inventaire inquiétant des problèmes concernant la santé : « le service de santé est chaque fois plus précaire, désorganisé et inefficace. Il n’arrive pas à répondre aux besoins de la population. Il manque de médicaments de base dans les postes de santé… Il y a une réduction de la présence des professionnels de santé dans les villages où il n’y a pas de poste de santé… »  Suivent quatorze propositions dont la réunion d’urgence d’une commission interinstitutionnelle pour discuter de la création d’un sous-district sanitaire pour le service de santé des Yanomami des communes de Barcelos, Santa Isabel do Rio Negro et São Gabriel da Cachoeira**. Actuellement, le siège du District sanitaire est à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima, à près de 500 km. Ces propositions ont été adressées au Ministère Public Fédéral de l’État d’Amazonas et aux responsables de cinq institutions du service de santé, dont le président du Conseil du District Sanitaire Yanomami et Ye’kuana – CONDISI***.

    Le CONDISI Yanomami et Ye’kuana a tenu sa 31e réunion du 26 au 29 novembre à Boa Vista. Silvio Cavuscens, le coordinateur de l’association « Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA**** » y a présenté un rapport, résultat d’une enquête de terrain, réalisée de juin à novembre 2021, portant sur le service et l’état de santé des Yanomami de l’État d’Amazonas. Au final, la SECOYA apporte son soutien à la proposition de la Kurikama de constituer un groupe chargé d’étudier la création d’un Sous-district sanitaire pour les Yanomami de l’État d’Amazonas.

    Il importe de rappeler ici que l’action de la SECOYA auprès des Yanomami est soutenue par AYA (Appui aux indiens Yanomami de l’Amazonie), l’association genevoise éditrice de ce bulletin et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. AYA soutient un programme de formation de sages-femmes indigènes. Le MCI appuie  un projet de formation d’« Agents multiplicateurs interculturels » capables de renforcer la surveillance territoriale, l’éducation différenciée, l’organisation Kurikama et la mise en réseau des Yanomami des diverses régions de l’État d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Ces deux programmes de solidarité concrète sont financés par la Confédération (Direction du Développement et de la Coopération - DDC), le Canton et la Ville de Genève, les communes genevoises de Carouge, Confignon, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates, les Services Industriels de Genève – SIG et les dons de particuliers. Une solidarité particulièrement bienvenue en ce moment critique pour le peuple Yanomami.

    ***

    *Prononcer « Chapono »

    **Une demande déjà formulée lors de la IIe Assemblée générale de la Kurikama en octobre 2015 ! Voir sur ce blog, la note du 20 janvier 2016.

    ***Le sous-système de santé indigène est composé de 34 Districts sanitaires spéciaux indigènes (DSEI), dont un pour les peuples Yanomami et Ye’kuana. Dans chaque District, il existe un organe de participation – un CONDISI - où sont représentés les peuples indigènes et aussi les ONG qui s’occupent de la santé.

    **** Partenaire de AYA et du MCI.

    Illustration : Appel à la manifestation du 10 décembre. Cliquer sur la l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : La SECOYA renforcé ses moyens d’information, soit, un site Internet, une page Facebook et d’une ligne YouTube

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brésil, la violence contre les peuples indigènes en 2020

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    Brésil, Brasil, Conseil Indigéniste Missionnaire, Conselho Indigenista Missionário,  Cimi, Conferência Nacional dos Bispos do Brasil, CNBB, Violência contra os Povos Indígenas no Brasil, Covid-19, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Jair Bolsonaro, Dom Roque Paloschi, Terras Indígenas, TI, Munduruku, Rio Tapajós, Sinop, Mato Grosso, Miritituba, Pará, Convention 169, OIT, Société pour les Peuples Menacés, Suisse, SPM, Alessandra Korap, Juarez Saw Munduruku, Banque nationale, Secrétariat d’État aux questions Financières Internationales, SFI, Secrétariat d’État à l’économie, SECO, Autorité fédérale de surveillance des marchés financier, FINMA, Ferrogrão, EF-170Le rapport publié ce 28 octobre par le Conseil Indigéniste Missionnaire* (CIMI) sur la Violence contre les Peuples Indigènes du Brésil en 2020 est dédié à toutes les victimes indigènes de la pandémie de la Covid-19 du Brésil. Leur nombre est incertain. Les observateurs s’accordent pour affirmer que la sous-notification est générale pour le Brésil. Elle a tout lieu de l’être davantage pour les populations indigènes. Au 29 décembre 2020, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI, l’organe national en charge du service de santé auprès des peuples indigènes, annonçait 37'627 cas confirmés de Covid-19 et 507 décès dus à la pandémie parmi les 755'000 indigènes sous sa responsabilité dans les 34 Districts sanitaires spéciaux indigènes du pays. Et le SESAI ne prend pas en compte les indigènes vivant dans les agglomérations. Á la même date, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB recensait 43'524 cas confirmés et 901 décès au sein de 161 peuples.

    Dans son document, le CIMI** classe cette violence dans trois catégories : 1.- La violence contre le patrimoine. 2.- La violence contre les personnes et 3.- La violence par omission des pouvoirs publics.

    Dans la première catégorie, 832 Terres indigènes (TI) sont en attente de régularisation, soit autant qu’en 2019 : 829. Les cas d’invasion de TI, d’exploitation illégale de ressources naturelles et dégâts divers au patrimoine sont restés nombreux : 263 (256 en 2019). Il en avait été dénombré « que » 109 en 2018. Dans la deuxième catégorie, il a été compté 304 cas de violence contre la personne (276 en 2019), dont 182 assassinats (133 en 2019). Dans la troisième catégorie, le CIMI a relevé 177 cas de violence par l’inaction des pouvoirs publics, moins que les 267 cas relevés en 2019. Une réduction particulièrement sensible dans le domaine de la scolarité indigène : 23 cas en 2020 pour 66 cas en 2019. En pleine pandémie, les invasions de TI et les assassinats d’indigènes ont été en augmentation au cours de cette deuxième année du mandat de Jair Bolsonaro. Le président du Cimi, Dom Roque Paloschi, le relève dans la présentation du rapport : « [La]Violence comme pratique de gouvernement : une douloureuse et dramatique réalité dans le Brésil de Bolsonaro » […..] «  Jamais avant, dans l’histoire de ce pays, un gouvernement n’a agi de manière aussi scandaleuse et préméditée pour stimuler la dévastation et la destruction de parcelles du patrimoine public, les terres indigènes et les aires environnementales »

    Dans le rapport du CIMI, le peuple Munduruku est l’un des peuples indigènes cité de nombreuses fois, en particulier dans le chapitre traitant de la violence contre le patrimoine. Plusieurs communautés s’inquiètent à propos de projets de construction de barrages hydro-électriques, de ports sur le Rio Tapajós, mais aussi - et surtout - de la construction d’une voie ferrée de 933 km - Appelée « Ferrogrão - EF-170 » pour faciliter l’exportation du soja et du maïs produits dans le Centre Ouest brésilien. Le projet est de relier la municipalité de Sinop dans l’État du Mato Grosso au port de Miritituba dans l’État du Pará. Un tracé parallèle à la route BR-163.

    Pour répondre aux exigences de la Convention 169 de l’OIT sur les droits des peuples indigènes, notamment le droit des communautés à un consentement préalable, libre et informé, les organes gouvernementaux ont choisi eux-mêmes un indigène pour obtenir l’approbation des Munduruku sur leur projet de voie ferrée. Pour les Munduruku  « … ces projets n’apportent que de la destruction ! ». Ils s’organisent pour défendre leurs territoires. Cette résistance, ils sont venus jusqu’en Suisse pour la manifester. En effet, des banques helvétiques ont une participation financière dans les entreprises intéressées par la construction de ces infrastructures. C’est ce que montre un rapport de la Société pour les Peuples Menacés /Suisse - SPM. Le 30 septembre dernier, la SPM a invité deux leaders Munduruku, Alessandra Korap et le cacique Juarez Saw Munduruku à Berne. Avec eux, elle a tenu une réunion à la Banque nationale avec des représentants du Secrétariat d’État aux questions Financières Internationales – SFI, du Secrétariat d’État à l’économie – SECO et de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financier- FINMA. Quelle sera l’attitude des banques suisses ? Répondront-elles aux demandes des communautés autochtones ? Respecteront-elles droit des communautés à un consentement préalable, libre et éclairé ? Seront-elles impliquées dans des actes de violence contre les peuples indigènes du Brésil ?

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    *L’organisme de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB en charge des questions indigènes.

    **Une synthèse a été publiée en français.

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    PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 9 octobre 2020, 17 octobre 2019, 17 novembre 2018, 16 novembre 2017, 4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010

    PS 2 : Couverture / Photo de Chico Batata /Greenpeace Brasil / Elle a été prise en mai 2020 lors d’un survol d’un site d’orpaillage illégal de la Terre Indigène Yanomami -TI-Y (dans la partie de l’État de Roraima). L’Hutukara Associação Yanomami – HAY estime à 20'000 le nombre de garimpeiros présents dans ce territoire. Cliquer sur l’illustration pour en agrandir la taille.

    PS 3 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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