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  • Les élections au Brésil : pas toujours facile de participer !

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    En Suisse, nous sommes appelés aux urnes plusieurs fois dans l’année. Le vote par correspondance et la proximité des locaux de vote facilitent l’expression des citoyen-es. Reste que malgré ces dispositions, les taux d’abstention sont élevés. Au Brésil, les électrices et électeurs sont appelés aux urnes tous les quatre ans pour les élections municipales (la dernière fois en 2020). Et aussi tous les quatre ans – c’est le cas cette année – pour l’élection des membres de la Chambre des Députés, d’une partie du Sénat, des Gouverneurs et des Assemblées législatives des vingt-sept États de l’Union et la Présidence de la République. C’est le deuxième tour qui a lieu ce 30 octobre. Il s’agit d’un vote au moyen d’urnes électroniques ce qui accélère le dépouillement. Mais du point de vue géographique, le Brésil n’est pas la Suisse. Il y a, certes, de grandes agglomérations (São Paulo, Rio de Janeiro…), mais aussi de grandes zones rurales à très faible densité démographique où, pour les citoyen-es, se déplacer pour aller voter prend du temps et peut réserver des surprises comme cela est arrivé récemment.

    Le 18 octobre, l’Association Conseil aux peuples de la Forêt – Aflora* de Manaus s’est adressée au Ministère Public Fédéral pour lui signaler qu’environ 400 Yanomami originaires du Haut Rio Demini étaient restés bloqués à Barcelos**(État d’Amazonas), chef-lieu de leur commune, où ils étaient « descendus » pour voter le 2 octobre. Il n’y avait pas de local de vote à proximité de leurs « xapono »*** (villages). Ils comptaient sur l’appui de la municipalité pour rentrer chez eux. Leurs villages les plus proches sont à environ 14 heures de pirogue du chef-lieu. Á Barcelos, le taux d’abstention a été de 35,97%. Un même taux d’abstention a été observé dans les deux communes un peu plus à l’ouest qui comptent, elles aussi, de nombreuses communautés indigènes : à Santa Isabel do Rio Negro, il a été de 37,5%  et à São Gabriel da Cachoeira 32,47%. Au niveau national il a été de 20,95 %.

    Ailleurs au Brésil, d’autres communautés indigènes ont eu des problèmes de participation. Le 21 octobre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a demandé au Tribunal Supérieur Électoral (TSE)  que des mesures soient prises pour garantir – sur tout le territoire national – le transport et la sécurité de la population indigène permettant à celle-ci d’exercer son droit de vote lors du 2ème tour ce 30 octobre. Dans son courrier, l’Articulation rapporte des cas d’absence de moyens de transport et des cas d’intimidations à l’origine d’un taux élevé d’abstention (27,8% dans une commune de l’État de Bahia).

    Le 19 octobre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF a autorisé les administrations communales à fournir des transports publics gratuits le jour des élections sans que cela constitue un crime électoral. Qu’en est-il pour les communautés indigènes éloignées des locaux de votes quand le déplacement s’étend au-delà du jour des élections ?

    ***

    *Aflora est un partenaire de la Secoya – Service et Coopération avec le peuple Yanomami dont l’action est soutenue par AYA.

    **Avec ses 122’476 km2, (soit quasiment trois fois la Suisse) la Commune de Barcelos est immense. Le préfet (le maire) Edson de Paula Rodrigues Mendes, est affilié au Mouvement Démocratique Brésilien (MDB), Selon un relevé de l’APIB, au Congrès national, ce parti a soutenu 91 % des projets du gouvernement.

    ***Prononcer « Chapono »

    ***

    PS 1 : Pour le premier tour, voir sur ce blog la note du 12 octobre 2022 et du 22 septembre 2022

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, 1er tour des élections : deux femmes Indigènes à la Chambre des Députés

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, eleições, élections, 2022, Lula, Bolsonaro, Genève, Zurich, Câmara dos Deputados, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Liberal, PL, Assembleia Legislativa, São Paulo, Bancada do Cocar, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Sônia Guajajara, PSOL, São Paulo, Célia Xakriaba, Minas Gerais, Paulo Guedes, Joênia Wapichana, Roraima, Silvia Waiãpi, Amapá, Juliana CardosoLes élections brésiliennes du 2 octobre, en particulier le scrutin concernant la présidence du pays, ont abondamment été commentées dans les médias. Pour rappel, Lula a obtenu 57'258'115 voix (48,43 %), Bolsonaro 51’071'277 voix, (43,20 %). Un deuxième tour aura lieu le 30 octobre. Á relever qu’à Genève, la police a dû intervenir pour éviter un affrontement physique entre les supporters de Lula et ceux de Bolsonaro. Selon Swissinfo, dans la cité du bout du lac, Lula a obtenu 1'981 voix et Bolsonaro 1'930. Á Zurich, Lula a obtenu 47 % des voix et Bolsonaro 39,4 %.

    Moins connus sont les résultats concernant les indigènes. Pour porter la défense des droits des indigènes à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres) ou dans les Assemblées Législatives des États de l’Union, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a constitué une « Bancada Indígena », dite aussi « Bancada do Cocar *», un groupe de pression d’une trentaine de membres désignés par ses associations de base. Douze candidat-es, de douze États différents, visant un siège à la Chambre des Députés, et dix-huit candidat-es pour siéger dans les Assemblées Législatives de seize des vingt-sept États de l’Union. Au total, les membres de cette « Bancada do Cocar » ont recueilli 446'885 voix (352'473 pour les candidat-es à la Chambre des Députés et 94'412 pour les candidat-es aux Assemblées Législatives). La « Bancada » n’a pas obtenu de siège dans ces dernières. Il en va autrement pour la Chambre des Députés. En effet, Sônia Guajajara (avec 156'966 voix) a été élue pour y représenter l’État de São Paulo et Célia Xakriaba** (avec 101'154 voix) le Minas Gerais. Malheureusement, l‘avocate Joênia Wapichana, qui avait été élue en 2018 avec 8’491 voix pour représenter l’État de Roraima a subi un échec. Malgré un score nettement supérieur – elle a recueilli 11'221 voix (+ 32,15 %) - le système de péréquation a joué en sa défaveur. Elle reste la première femme indigène de l’histoire du Brésil à avoir été élue à la Chambre des Députés.

    Hors « Bancada do Cocar», trois autres indigènes ont été élu-es à la Chambre des Députés. Paulo Guedes du Parti des Travailleurs – PT, était déjà député durant la législature qui se termine où il représentait l’État du Minas Gerais. Il s’était alors déclaré de race « Parda » (Métisse). Mais, pour le scrutin du 2 octobre, toujours sous l’étiquette du PT, il s’est déclaré « Indigène ». Il a été réélu avec 134'494 voix (en 12e position) pour représenter l’État de São Paulo. Toujours pour cet État, Juliana Cardoso, aussi du PT, a recueilli 125'517 voix (en 45e position). Ainsi, cet État compte trois indigènes parmi ses 70 députés. Les électeurs de l’Amapá – un État du Nord-Est - ont également élu une indigène parmi leurs huit représentants à la Chambre : Il s’agit de Silvia Waiãpi du Parti Libéral – PL, une militaire et « bolsonariste » affirmée. Sera-t-elle la voix discordante au sein de la minorité indigène ? Avec 99 représentants, le PL est le parti le plus important de la Chambre.  Selon l’APIB, le Parti Libéral est l’un de ceux qui – au Congrès National - a le plus voté (à 90%) en faveur des projets anti-indigènes du gouvernement !

    ***

    *Voir sur ce blog, la note du 22 septembre 2022

    **Prononcer «Chakriaba »

    Illustration : les deux nouvelles élues à la Chambre des Députés coiffées d’un « cocar ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Les chiffres sont tirés du dépouillement réalisé par le quotidien « O Estado de São Paulo » / Estadão et le Tribunal Supérieur Électoral / TSE

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 142, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, les élections et les peuples indigènes

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    Le 2 octobre prochain les citoyens brésiliens sont appelés à élire le Président et le Vice-président de la République, les membres de la Chambre des Députés (513 sièges), un tiers du Sénat (27 sièges à pourvoir), les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des 26 États de l’Union et du District Fédéral (Brasilia). Un deuxième tour est prévu le 30 octobre. Les médias nationaux et internationaux s’intéressent principalement à l’élection présidentielle. Jair Bolsonaro* est candidat à sa propre succession. Mais pour l’heure, Luiz Inácio Lula da Silva, l’ancien président (entre 2003 et 2011) arrive en tête des sondages…

    Au 6 septembre, le Tribunal Supérieur Électoral – TSE avait reçu un total de 29'097 candidatures. Depuis 2014, il demande à chaque candidat de s’auto-déclarer appartenir à l’une ou l’autre de cinq « Couleur ou Race ». Pour ces prochaines élections, le tableau est le suivant : 14'061 se sont déclarés être de race Blanche; 10'496 Brune (Parda) ; 4'091 Noire; 185 Indigène (soit 0,63% des candidatures)**; 115 Jaune. Et 149 n’ont pas donné de réponse.

    Pour ces élections, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a fait connaître ses intentions dans un manifeste publié en février déjà : « Jamais dans l’histoire démocratique de ces 34 dernières années, les droits de nos peuples furent autant vilipendés comme cela l’a été fait par l’actuel gouvernement de Jair Bolsonaro… Nous allons additionner nos forces par des candidatures en lien avec nos bases et aux luttes du mouvement indigène… ». Pour la première fois, elle a lancé une représentation indigène  coordonnée de trente candidatures, dont seize féminines et quatorze masculines. Douze visent un siège à la Chambre des Députés et dix-huit postulent pour siéger dans les Assemblées législatives des États.

    Aux dernières élections de 2018 deux candidatures féminines s’étaient distinguées. Joênia Wapichana a été, dans l’histoire du Brésil, la première femme indigène élue à la Chambre des Députés. Elle est à nouveau candidate pour y représenter l’État de Roraima. Et Sônia Guajajara, avait été candidate à la Vice-présidence du pays. Elle n’avait recueilli « que » 617'115 voix, soit 0,58% des suffrages. Cette année elle se présente à nouveau, mais comme députée de l’État de São Paulo à la Chambre des Députés. En mai dernier elle a été classée parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde par la revue américaine Time.***

    Ces élections se déroulent dans un climat de crises économique et environnementale notamment. La violence à l’égard des peuples indigènes est aussi une réalité !

    ***

    *Bruno Meyerfeld, le correspondant au Brésil du quotidien français « Le Monde » vient du publier aux Éditions Grasset/Paris un ouvrage intitulé « Cauchemar brésilien » consacré à Jair Bolsonaro. ISBN 978-2-246-82871-6

    **En 2018,131 candidats s’étaient déclarés « Indigène ». Voir sur ce blog la note du 4 octobre 2018

    ***Voir sur ce blog, la note du 31 mai 2022

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Amazonie brésilienne : l’assassinat de deux défenseurs des peuples indigènes.

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazonas, Dom Phillips, Bruno Araújo Pereira, The Guardian, Atalaia do Norte, Union des organisations Indigènes de la Vallée du Javari, União dos povos indigenas Vale do Javari, UNIVAJA, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Observatoire des Droits Humains des Peuples Indigènes Isolés et de Récent Contact, Observatório dos Direitos Humanos dos Povos Indígenas Isolados e de Recente Contato, OPI, Police Fédérale, Polícia Federal, Président de la République, Presidente da República, Jair Bolsonaro, Fundação Nacional do Índio, FUNAI, Instituto de Estudos Socioeconômicos, INESC, Indigenistas Associados, Vale do Javari, Fernando Henrique Cardoso, Terre des Hommes Suisse/Genève, Silvio Cavuscens, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço et Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYADom Phillips, un britannique collaborateur de plusieurs journaux anglophones notamment The Guardian et Bruno Araújo Pereira, un indigéniste brésilien, ont été vus vivants pour la dernière fois le matin du dimanche 5 juin à proximité de la cité d’Atalaia do Norte, dans le nord-ouest de l’État d’Amazonas. C’est l’Union des organisations Indigènes de la Vallée du Javari – UNIVAJA qui a signalé leur disparition, donné l’alerte, commencé leur recherche et demandé - par voie de justice - l’intervention rapide des services officiels. Une démarche soutenue par la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et l’Observatoire des Droits Humains des Peuples Indigènes Isolés et de Récent Contact - OPI

    Ce 18 juin, la Police Fédérale a annoncé que les restes humains retrouvés sur le terrain et analysés à Brasilia appartiennent bien à Dom Phillips et à Bruno Pereira. Les deux hommes sont décédés après avoir essuyé des tirs de fusils de chasse. Ce sont les aveux de deux frères auteurs du double homicide qui ont indiqué aux enquêteurs le lieu où les corps avaient été dissimulés. L’enquête se poursuit…

    La notoriété et l’engagement des deux victimes est certainement à l’origine de la vague d’indignation observée au Brésil et à l’étranger par ce double assassinat. Ce grave incident a aussi suscité la polémique au Brésil. Le Président de la République a reproché aux deux hommes d’avoir entrepris une aventure non recommandable. Á diverses reprises, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI a défendu son action face aux reproches concernant l’insuffisance sa présence dans la région. Récemment, Dom et Bruno ont signé conjointement un dossier « Fondation Anti-indigène - Un portrait de la Funai sous le gouvernement Bolsnaro » publié par l’Institut d’Études Socio-économiques – INESC et l’association Indigénistes Associés – INA (Association des fonctionnaires de la Funai). Le document – qui constitue un testament - se veut aussi un appel aux candidats aux élections d’octobre prochain.

    La Vallée du Javari est une immense région isolée où sévissent pêcheurs et chasseurs illégaux. Et, plus récemment, elle est devenue un lieu de passage des trafiquants de cocaïne en provenance du Pérou ou de Colombie. Les actes de violence y sont courants*.

    La municipalité d’Atalaia do Norte est occupée à plus de 75% par la Terre Indigène (TI) de la Vallée du Javari d’une superficie 85'444 km2. Elle est habitée par 26 peuples dont 19 en situation d’isolement volontaire. C’est le président Fernando Henrique Cardoso qui en a signé le Décret de démarcation le 30 avril 2001. Cette protection a été obtenue après une vingtaine d’années de pressions, déjà ponctuées de moments de fortes tensions. Dans les années 80, Terre des Hommes Suisse/Genève a soutenu la campagne de démarcation de cette TI dans laquelle était engagé Silvio Cavuscens, l’actuel coordinateur de l’association « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA, le partenaire de AYA.

    ***

    *Voir sur ce blog, la note du 17 septembre 2019

    Illustration : la carte date de 2012. Elle permet de situer la TI Vallée du Javari. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

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  • L’indigène brésilienne Sônia Guajajara, l’une des 100 personnes les plus influentes du monde

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    Brésil, Brasil, Sônia Guajajara, Volodymyr Zelensky, Xi Jinping, Joe Biden, Vladimir Poutine, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, 16e COP, Cancún, Mexique, Mexico, COP 26, Glasgow, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Brasil, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Genève, Conseil des droits de l’homme, Acampamento Terra Livre, ATL, Guilherme Boulos, PSOL, Brasilia, Câmara dos Deputados, Senado, São Paulo, Maranhão, Txai Suruí, Raoni, Davi Kopenawa, Joênia Wapichana, MEG, Musée d’EthnographieChaque année, la revue américaine TIME publie une liste des 100 personnalités les plus influentes du monde. Dans son édition du 23 mai dernier, Volodymyr Zelensky, Xi Jinping, Joe Biden, Vladimir Poutine sont évidemment cités parmi les « Leaders ».

    Moins attendue, dans la catégorie « Pionniers », figure Sônia Bone Guajajara, la coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB connue pour son engagement au sein des organisations indigènes. L’une des premières fois où son nom est apparu dans la presse ce fût lors de la 16e COP qui s’est tenue à Cancún, au Mexique, en 2010. Elle y représentait la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB. Elle avait tenté de remettre une « tronçonneuse d’or » à Katia Abreu, Sénatrice brésilienne et présidente de la Confédération Nationale de l’Agriculture – CNA favorable à une moindre protection des forêts brésiliennes (1). Sônia était à Genève en 2012 où elle a représenté la COIAB au 50ème anniversaire du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI qui a soutenu cette Coordination pendant 17 ans, de 1989 à 2006. Á diverses reprises, elle est revenue au siège européen des Nations Unies pour participer à des rencontres du Conseil des droits de l’homme. En 2018, elle a été candidate à la Vice-présidence de la République du Brésil accompagnant Guilherme Boulos, candidat à la Présidence, et cela sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL. Lors du « Campement Terre Libre » qui s’est tenu à Brasilia en avril dernier (2), en vue des élections législatives et exécutives qui auront lieu en octobre prochain, plusieurs femmes ont annoncé leur intention de se porter candidates pour des sièges à la Chambre des Députés ou dans les Assemblées législatives des États. Sônia y a fait part de sa pré-candidature pour représenter l’État de São Paulo à la Chambre des Députés.

    Interviewée par G1 Maranhão au sujet de sa nomination par le Time, Sônia affirme qu’elle se sent heureuse au nom de la communauté qu’elle représente et pour la cause qu’elle défend. « Une valorisation bien significative pour notre lutte des peuples indigènes et ceci est le résultat de plusieurs actions collectives que nous avons organisées au long des années pour la défense de nos droits, des territoires. Je me sens très heureuse, non pour le mérite, mais pour être le porte-parole de cette collectivité…. Nous sommes dans un moment dangereux de notre histoire. Nous avons besoin d’être ensemble avec d’autres segments de la société pour le renforcement de la démocratie et la souveraineté nationale. Ceci va seulement arriver quand nos droits et mode de vie seront respectés par l’État brésilien… »

    S’agissant des leaders des populations indigènes, ce sont souvent les hommes qui sont cités (3). Le fait qu’une dirigeante soit distinguée est significatif d’une évolution positive : les femmes sont maintenant nombreuses à s’engager dans le mouvement indigène et à en être des porte-parole. Et Sônia n’est pas seule ! En 2018, pour la première fois dans l’histoire du Brésil, une indigène, Joênia Wapichana a été élue députée fédérale (elle a l’intention de se présenter à nouveau en octobre). Et la jeune génération répond déjà présente : lors de la cérémonie d’ouverture de la COP26, à Glasgow en novembre 2021, un bref temps de parole a été donné à Txai Suruí - jeune indigène brésilienne de 24 ans (4) - pour exprimer le point de vue des peuples indigènes sur le changement climatique…

    ***

    (1) Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2010

    (2)Voir sur ce blog, la note du 16 avril 2022

    (3) Parmi les plus connus, Raoni ou Davi Kopenawa

    (4) Voir sur ce blog, la note du 17 novembre 2021

    ***

    Photo © Bernard Comoli – Sônia en 2016 devant l’entrée du Musée d’Ethnographie de Genève quand elle a visité l’exposition «Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt » > Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil : L’annonce du viol et de l’assassinat d’une Yanomami de 12 ans par des garimpeiros suscite de nombreuses réactions

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    Le 25 avril, Júnior Hekurari Yanomami, président du Conseil du District de Santé Indigène Yanomami et Ye’kuana (Condisi YY) a annoncé avoir reçu une information de la communauté d’Arakaçá, dans la région de Waikás, dans la partie de l’État de Roraima de la Terre Indigène Yanomami (TIY) : celle-ci fait état du viol et de l’assassinat d’une jeune Yanomami de 12 ans par des orpailleurs illégaux. Des membres de la Police Fédérale, du Ministère Public Fédéral - MPF, de la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI et du Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI se sont rendus sur les lieux les 27 et 28 avril. Ils affirment ne pas avoir trouvé d’indices de pratiques de crimes d’homicide et de viol ou de décès par noyade. Interviewé le 29 avril par l’agence Amazônia Real, Júnior Hekurari dit être allé sur place avec son équipe. Les villageois auraient respecté le rite funèbre des Yanomami en incinérant le corps de la jeune fille, puis ils auraient bouté le feu à leur maison avant d’aller vers un autre lieu de résidence. Quelques habitants revenus rencontrer l’équipe de Júnior ont dit que les garimpeiros leur ont donné de l’or en échange de leur silence…

    Cet événement a suscité des réactions. D’abord au sein des organisations indigènes, mais aussi à la Chambre des Députés et au Tribunal Suprême Fédéral- STF. Dans un communiqué de presse du 27 avril, l‘Hutukara Associação Yanomami de Boa Vista (RR), rappelle que « s’il est confirmé, cet acte n’est pas un cas isolé. Malheureusement des épisodes de violence sexuelle contre les enfants, adolescentes et femmes Yanomami pratiqués par des garimpeiros ont déjà été constatés dans d’autres régions ». Le Conseil Indigène de Roraima – CIR demande le retrait immédiat de ces envahisseurs. La Coordination des Organisation Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB s‘est adressée au Ministère Public Fédéral pour que celui-ci ouvre une enquête sur ce cas et, plus généralement, sur l’application de mesures de protection des Yanomami. Le 5 mai, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB s’est adressée à Luís Barroso, juge au STF lui demandant une série de mesures visant l’évacuation des garimpeiros et l’application d’un plan pour empêcher leur retour.

    Lors de la session plénière du STF du 28 avril, La juge Cármen Lúcia, a sollicité l’ouverture d’une enquête rigoureuse sur la mort de la petite Yanomami. Le 5 mai, sur proposition d’Erika Kokay et de Joênia Wapichana, la Chambre des Députés a décidé de créer une Commission pour étudier la violation des droits des Yanomami.

    Le Conseil Indigéniste Missionnaire Nord1 - un organe rattaché à la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB - demande, lui aussi, l’adoption de mesures de protection du peuple Yanomami et de son territoire.

    Ce 6 mai, face à l’ampleur de la réaction, la Police Fédérale a tenu une Conférence de presse à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima (RR) : elle a fait état de l’évolution de son enquête et de son activité (la destruction de 17'000 litres de combustible). Les recherches continuent, mais sans avoir apporté, jusqu’à maintenant, des indices en rapport avec les crimes dénoncés. Le même jour, la FUNAI a également publié une note rappelant son activité dans cette région.

    Pour l’heure, les orpailleurs illégaux sont toujours présents dans la Terre Indigène Yanomami comme ils le sont depuis de nombreuses années !

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brasilia : des milliers d’indigènes réunis pour la défense de leurs droits

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Acampamento Terra Livre, ATL, Campement Terre Libre, Câmara dos Deputados, Senado, eleições, élections, Bancada do Cocar, Front parlementaire indigène, Janela partidária, Fenêtre partidaire, Jair Bolsonaro, Parti Libéral, Partido Liberal, PL, Sônia Bone Guajajara, Joênia Wapichana, Luiz Inácio Lula da Silva, Lula, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, PL 191/2020L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé ses organisations de base de tout le pays à se rassembler à Brasilia entre le 4 et le 14 avril pour la 18e édition du « Campement Terre Libre - ATL» sur le thème « Reprenons le Brésil : Démarquer les Territoires et  « villagiser (1) » la politique ». Une manifestation qui, selon les organisateurs, a réuni près de huit mille indigènes venus exprimer leur volonté de défendre leurs droits gravement menacés. Cette année, l’ATL se déroule dans un contexte particulier : 2022 est une année électorale et les droits des indigènes sont particulièrement menacés.

    En octobre prochain (les 2 et 30), il y aura les élections fédérales pour désigner le Président de la République, les membres de la Chambre des Députés, un tiers des Sénateurs, les Gouverneurs et les membres des Assemblées Législatives des 26 États et du District fédéral (Brasilia). Un processus qui a déjà commencé : entre le 3 mars et le 1er avril était ouverte une « Fenêtre partidaire », un mois pendant lequel les élus peuvent changer de parti politique sans perdre leur mandat. Au terme de cette opération, il s’avère que le Parti Libéral – PL a le plus de représentants à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres). Il est passé de 33 à 78 élus. Jair Bolsonaro, après avoir été membre de huit partis différents, a adhéré au PL à la fin novembre 2021. Lors de l’ATL, le sujet des prochaines élections a été abordé le 8 avril, jour où les femmes indigènes ont exprimé leur intention d’être davantage présentes dans les institutions politiques. Elles sont quatorze à être pré-candidates : sept pour représenter leur État à la Chambre des Députés ou au Sénat où elles veulent y créer une « Bancada do Cocar (2)» (un Front parlementaire indigène). Et sept pour siéger dans l’une ou l’autre Assemblée Législative d’un État. Sônia Bone Guajajara, la Coordinatrice de l’APIB se présente sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté - PSOL pour l’État de São Paulo. Aux élections de 2018, déjà pour ce même parti, elle avait été candidate à la Vice-présidence de la République (3). Joênia Wapichana, sera à nouveau candidate pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés.. En 2018, elle a été la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée.

    Le 12 avril, l’ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva – lui aussi pré-candidat à la présidence de la République - était présent à l’ATL. Les organisations indigènes lui ont annoncé soutenir sa candidature dans une Lettre ouverte. Mais ce document énumère les engagements sur lesquels devraient porter le programme de Lula : les droits territoriaux ; la réactivation des espaces de participation et de contrôle social indigènes ; la reconstruction des politiques institutionnelles indigènes ; l’interruption de l’agenda anti-indigènes en cours au Congrès fédéral et la mise en œuvre d’un programme de protection de l’environnement. Lula – au cas où il est élu - s’est engagé à révoquer les décrets anti-indigènes de Bolsonaro et à créer un Ministère des peuples originaires.

    Les organisateurs de la rencontre de Brasilia ont voulu sensibiliser la population sur les dangers de l’agenda anti-indigènes du gouvernement, des lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et des militaires. Le Projet de Loi n° 191/2020 ouvrant les Terres Indigènes à l’exploitation minière est particulièrement préoccupant (4). La majorité de la Chambre des Députés a décidé que ce texte devait être traité en urgence. Mais, récemment, le président de la Chambre a annoncé que le projet serait voté « encore en 2022 » et non pas dans les jours qui viennent. Cependant l’APIB ne relâche pas la pression. Elle a repris à son compte la « Lettre ouverte » publiée le 22 mars par le « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes - FPMDDI». Elle a lancé un appel au public en souhaitant recueillir un large appui populaire.

    Pendant l’ATL, l’APIB a publié un rapport – Yanomami sous attaque - édité par l’Hutukara Associação Yanomami sur l’impact de l’orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami et des propositions pour le combattre. Une illustration du danger que constitue le PL 191/2020 !

    Le document final de l’ATL se termine par un appel à l’union : « [Nous] réaffirmons que notre union est fondamentale pour que nous avancions, ensemble sur le chemin de notre projet de pays plurinational, de paix, de justice et en harmonie avec notre Mère Nature. C’est ainsi que nos ancêtres ont agi : il n’y a pas e place pour la division, le sectarisme et quelque type de violence entre nous. Sortons de cet ATL encore plus unis avec la certitude que c’est là notre plus grande force ! »

    En se mobilisant de la sorte les indigènes brésiliens agissent pour maintenir un cadre de vie utile à toute l’humanité…

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    (1) « Villagiser » > Traduction personnelle du portugais « aldear ». Ce que veut l’APIB est de faire en sorte que les communautés indigènes de base connaissent leurs droits et soient en mesure de les faire respecter. Comme exemple de « villagisation », il est possible de citer le projet soutenu par le MCI pour le « Renforcement des capacités des multiplicateurs interculturels pour la défense des droits et du territoire Yanomami en Amazonie brésilienne ».

    (2) Cocar : coiffe indigène faite essentiellement de plumes.

    (3) Voir sur ce blog la note du 21 octobre 2018

    (4)Voir sur ce blog la note du 13 mars 2022

    Illustration : Annonce de l’ATL. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil : Bolsonaro reçoit la médaille du Mérite Indigéniste !

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    « Incroyable !» « Cela ressemble même à une blague ! » « Une grande blague. De très mauvais goût ! »  « La médaille du mérite la plus absurde de l’histoire du Brésil ! » Voilà quelques réactions relevées dans la presse brésilienne après la décision du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Anderson Torres, de décerner la « Médaille du Mérite Indigéniste » au président Jair Bolsonaro et à vingt-cinq autres personnes, dont plusieurs ministres, hauts fonctionnaires et indigènes. Cela « en reconnaissance pour les services rendus pour le bien-être, la protection et la défense des communautés indigènes. » La politique anti-indigènes conduite par le Président et son gouvernement est largement connue de l’opinion publique.

    La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a publié une note de protestation : « Un tel honneur devrait être accordé aux personnes qui se distinguent par leurs actions de protection et de promotion des peuples indigènes brésiliens, et non à ceux qui attaquent nos droits et promeuvent des discours de haine contre nous ! » L’Articulation des Organisations Indigènes du Brésil – APIB rappelle que, dès les premiers jours du gouvernement de Jair Bolsonaro, elle a dénoncé les menaces et violations commises contre les peuples indigènes du Brésil. Elle affirme qu’il en va de même dans cette dernière année de la législature : « Á tout coup, et avec cynisme ils utilisent les armes médiatiques et institutionnelles pour dire qu’ils nous appuient. Notre liberté, notre culture, notre ancestralité, nos territoires et nos richesses naturelles ne sont pas à vendre et ne sont pas négociables ! » […] « L’indigénisme est une tradition sérieuse et ne doit pas être utilisée par ceux qui ne respectent pas notre culture et mode de vie. L’APIB va prendre des mesures légales pour annuler cet Arrêté du Ministère de la Justice. »

    Á la Chambre des Députés, le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes juge «… inacceptable que le Président de la République et ses ministres d’État soient décorés de la Médaille du Mérite Indigène alors que leurs positions et actions sont contraires à la défense des droits de peuples indigènes.» La leader du Front, Joênia Wapichana, a cosigné avec 13 autres députés, un Projet de Décret Législatif - PDL pour annuler la décision du Ministre de la Justice.

    Autre réaction significative, celle de l’indigéniste Sidney Possuelo : il a rendu au Ministère de la Justice sa médaille du Mérite Indigéniste qui lui avait été décernée en 1987 par le Ministre de l’Intérieur d’alors, João Alves Filho. Sidney Possuelo a consacré de nombreuses années de sa vie à la cause indigène. En 1991, il a été nommé Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI par le président Fernando Collor. Il y dirigeait déjà la Coordination des Indiens Isolés. Il a notamment œuvré à la démarcation de la Terre Indigène Yanomami. Il a été démis de la présidence de la FUNAI en mai 1993 par Itamar Franco alors Président de la République. Interrogé par l’agence UOL, il dit que cette décoration « a perdu sa raison d’être » et que c’est pour cela qu’il l’a rendue. « Cette médaille remise à qui que cela soit, transforme le bourreau en héros… »

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

  • Brésil : des menaces sur des indiens en situation d’isolement volontaire

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Ministério Público Federal, MPF, Terra Indígena, Ituna/Itatá, Jacareúba/Katawixi, Piripkura, Belo Monte, rio Xingu, Pará, Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact, Observatório dos Direitos Humanos dos Povos Indígenas Isolados e de Recente Contato, OPI, Zequinha MarinhoDes indices montrent que la Terre Indigène (TI) Ituna/Itatá* est occupée par des indiens en situation d’isolement volontaire. Le contact avec un groupe jusque-là isolé, se traduit souvent par un choc microbien susceptible de mettre en cause l’existence même de celui-ci. Cette TI se situe dans la zone touchée par la construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. Une région qui a vu l’arrivée massive de nouveaux habitants en recherche d’emploi. La déforestation y est importante, souvent conséquence de la présence de grileiros (occupants illégaux), venus surtout depuis la fin du chantier de l’usine hydro-électrique. 

    Pour protéger ces éventuels groupes indigènes isolés, la TI a fait l’objet d’une « restriction d’usage » par des arrêtés successifs de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI depuis janvier 2011. Cette protection a été renouvelée pour trois ans en janvier 2019… La prorogation devant ainsi intervenir en ce début 2022. Une démarche contestée.

    Déjà, en septembre 2019, le sénateur de l’État du Pará, Zequinha Marinho, a contesté la présence d’indiens sur cette terre protégée. Il l’a fait en plénière du Sénat et dans un courrier à la présidence de la République. La FUNAI a organisé une expédition dans la région en août-septembre 2021. Dans une note de fin janvier dernier, elle affirme ne pas y avoir pas décelé d’indices prouvant la présence d’indiens isolés pouvant justifier la prolongation de cette protection. Cependant, sur injonction de la justice, elle a prolongé de six mois la validité de la restriction d’usage.

    Ce résultat – provisoire – est le fruit de la pression des organisations indigènes et indigénistes qui se sont mobilisées pour maintenir cette protection. Le Conseil National des Droits Humains – CNDH, l’Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact – OPI, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB ont publié des rapports, lettres ouvertes et pétition.

    L’issue de ce bras de fer est incertaine. D’autres groupes isolés sont également en danger !

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    *Située dans l’État du Pará, elle a une superficie d’environ 1’424 km2

    Illustration publiée par Amazônia Real: 04/02/2022 : les TI Jacareúba/Katawixi, Piripkura et Pirititi sont aussi potentiellement occupées par des groupes indigènes en situation d’isolement volontaire. Elles font également l’objet d’arrêtés de « restriction d’usage ». Elles sont dans la même situation que la TI Ituna/Itatá. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

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  • Brésil, la FUNAI veut réduire d’un tiers le nombre de Terres Indigènes qu’elle doit protéger

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Alcir Amaral Teixeira, ISA, Instituto Socioambiental, Ministério Público Federal, MPF, Ofício Circular No 18/2021/CGMT/DPT/FUNAI, Supremo Tribunal Federal, STF, Ato das disposições constitucionais transitóriasFin décembre 2021/début janvier 2022, les organisations indigènes brésiliennes ont eu connaissance d’une circulaire signée par Alcir Amaral Teixeira, le Coordinateur général de la surveillance territoriale (des Terres Indigènes - TI) à la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Dans ce document, le Coordinateur demande à ses services subordonnés, qu’à l’avenir, les plans de protection territoriale ne devront concerner que les TI « homologuées », c’est à dire celles dont le processus de protection est finalisé. Selon l’Institut Socio-Environnemental – ISA, sur les 726 TI que compte le Brésil, seulement 487 sont homologuées. Ainsi la FUNAI abandonnerait la protection d’un tiers des TI du pays. Les organisations indigènes n’ont pas tardé à réagir.

    Le 10 janvier, la COIAB* et l’APIB* se sont adressées au Ministère Public Fédéral, la première à Manaus et la deuxième à Brasilia, en demandant la suspension des effets de la circulaire et une enquête sur d’éventuels délits administratifs commis par Alcir Amaral Teixeira. L’APIB s’est également adressée au Tribunal Supérieur Fédéral pour demander que le gouvernement brésilien respecte les droits territoriaux constitutionnels des peuples indigènes. Ces derniers s’appliquent indépendamment du statut juridique des TI.

    L’article 67 de l’Acte des dispositions constitutionnelles transitoires, adopté en même temps que la Constitution de 1988, prévoit que l’Union doit conclure la démarcation des TI dans un délai de cinq ans, soit en octobre 1993 !

    L’actuel Président brésilien, en novembre 2018, avant même sa prise de pouvoir, avait annoncé qu’il n’y aurait plus de démarcation de Terres Indigènes ! 

    La volonté des Constituants est loin d’avoir été respectée.

    Á suivre !

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    *COIAB > Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne

    **APIB > Articulation des Peuples Indigènes du Brésil

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    Illustration : La carte des Terres indigènes du Brésil publiée par l’ISA. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

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