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  • Brasilia : des milliers de femmes indigènes manifestent pour la vie

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    brasil,brésil,brasilia,anmiga,articulação dos povos indígenas do brasil,apib,articulation des peuples indigènes du brésil,supremo tribunal federal,stf,tribunal suprême fédéral,santa catarina,xokleng,terre indigène,ti,terra indígena,ibirama-la-klano,constituição,edson fachin,galdino de jesus dos santos,pataxo-hã-hã-hãe,bolsonaro,sônia bone guajajara,cerd,comité de l’onu contre la discrimination raciale,haut-commissaire des nations unies aux droits de l’homme,michelle bachelet,pdl no 1772021,alceu moreira,nunes marques,alexandre de moraes,articulação nacional de mulheres indígenas guerreiras da ancestr,articulation nationale des femmes indigènes guerrières de l’anceC’est la deuxième fois* que les femmes indigènes se donnent rendez-vous à Brasilia pour la défense de la vie. Cette IIe marche a eu lieu du 7 au 11 septembre, dans un contexte tendu en raison de la pandémie et de la situation politique. Elles étaient entre quatre et cinq mille de 172 peuples différents, originaires de tout le pays. Le thème de la rencontre : « Femmes originaires : reforestation des esprits pour la guérison de la Terre ». Dans un manifeste, elles en appellent à l’humanité pour une nouvelle relation avec la Mère Terre : « Il est nécessaire et urgent que nous nous reconnections avec la Mère Terre. C’est l’unique manière de maintenir nos corps vivants ….  S’inquiéter de la Mère Terre c’est fondamentalement s’inquiéter de nos propres corps et esprits… Ensemble nous allons construire le bien-vivre pour tous ! ». La marche a été organisée par l’Articulation Nationale des Femmes Indigènes Guerrières de l’Ancestralité - ANMIGA et de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. L’importance de cette mobilisation montre que les femmes indigènes sont maintenant une composante majeure du mouvement indigène brésilien.

    Alors qu’elles étaient dans la capitale fédérale, le 9 septembre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF poursuivait le jugement opposant un groupe de fazendeiros, soutenu par le gouvernement de l’État de Santa Catarina, au peuple Xokleng. Un conflit dit de la « Marque temporelle » relatif à la démarcation de la Terre Indigène (TI) Ibirama-La-Klano. Le STF - qui avait annoncé que sa décision aurait une portée générale - doit dire si la démarcation (la protection officielle) d’une TI est possible même si elle n’était pas occupée au moment de l’adoption de la Constitution en 1988. Ce jour-là le juge rapporteur de la cause, Edson Fachin, s’est prononcé contre cette limitation. Ce qui a réjoui les indigènes venus suivre les débats sur un écran géant.**

    La marche prévue le 9 septembre a été reportée au lendemain. Le cortège est passé par la place où, au matin du 20 avril 1997, un groupe de cinq jeunes à bouté le feu à un indigène - Galdino de Jesus dos Santos, 44 ans, Pataxo-hã-hã-hãe - qui dormait à un arrêt de bus. Le leader indigène n’a pas survécu à ses brûlures. Un mannequin à l’effigie de Bolsonaro y a été brûlé « Ensemble nous brûlons le racisme, la violence contre les femmes et pour que jamais plus un indigène soit brûlé vif dans ce pays. » dit Sônia Bone Guajajara, leader de l’APIB. Cette 2e marche des Femmes indigènes suit le Campement « Lutte pour la vie » qui a eu lieu également à Brasilia entre le 22 et le 28 août organisé par l’APIB**.

    Ces mobilisations ont une répercussion au niveau international. La situation des indigènes du Brésil préoccupe divers organes des Nations Unies. Le 25 août le Comité de l’ONU contre la Discrimination Raciale - CERD a questionné le Gouvernement brésilien sur sa politique en matière de non-discrimination, en particulier l’accès des peuples indigènes aux services de santé, y compris ceux qui vivent en dehors des Terres Indigènes. De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de l’ouverture – le 13 septembre - de la 48e session du Conseil des droits de l’homme s’est dite inquiète des attaques récentes effectuées par des garimpeiros contre les Yanomami et Munduruku***. Elle demande aux autorités brésiliennes de ne pas dénoncer la ratification de la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux comme le prévoit le Projet de Décret Législatif PDL No 177/2021 déposé le 27 avril 2021 par le député Alceu Moreira (MDB-RS).

    Comme jamais depuis de nombreuses années, les menaces qui pèsent sur l’avenir des peuples indigènes du Brésil ont été aussi graves. Mais ceux-ci sont décidés à défendre leurs droits.

    ***

    *La première fois c’était en 2019.Voir sur ce blog, la note du 19 août 2019

    **Voir sur ce blog, la note du 30 août 2021. L’examen du différend s’est poursuivi le 15 septembre par le vote du ministre Nunes Marques qui s’est déclaré favorable à la « Marque temporelle ». Un autre juge, Alexandre de Moraes, a demandé plus de temps pour se décider. Le jugement est remis à une date ultérieure non fixée. Le 16 septembre, 150 leaders indigènes de 13 peuples différents ont adresser un courrier à ce juge lui demandant de s’opposer à la « marque temporelle » et la reprise rapide du jugement.

    ***Voir sur ce blog, la note du 28 mai 2021

    ***

    Illustration : « 2e marche des femmes indigènes ».Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève – Attention : le No de CCP de AYA a changé, le nouveau no est le CCP 15-728614-8 et l’IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brasilia : six mille indigènes pour défendre leurs droits

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, STF, Marco Temporal, Supremo Tribunal Federal, povos indígenas, Nossa história não começa em 1988, Constituição federal, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Câmara dos Deputados, Advogado Geral da União, Procurador Geral da República, Advocacia-Geral da União, Xokleng, TI Ibirama-La Klano, Santa Catarina, Brasilia, Primavera indígenaL’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB - a lancé un appel à ses organisations régionales pour participer – du 22 au 28 août à Brasilia - à un campement intitulé « Lutte pour la vie ». Il s’agit de protester contre les attaques venant du Congrès, de l’Exécutif et de certains États visant surtout à réduire les droits territoriaux. Cet appel a été entendu : environ 6’000 indigènes représentant plus de 170 peuples de tout le pays ont fait le déplacement. Selon les observateurs, il s’agit de la plus importante manifestation indigène depuis l’adoption de la Constitution en 1988.

    Plusieurs sujets ont été mis à l’ordre du jour : une analyse de conjoncture, le système de santé, les modes de vie et de production des peuples indigènes ; les prochaines élections législatives et présidentielles de 2022 ; les alliances avec les organisations indigénistes et mouvements sociaux, etc.

    Autre sujet important de mobilisation : le Tribunal Suprême Fédéral – STF avait fixé au 25 août un jugement concernant la démarcation des Terres Indigènes – TI. Concrètement, il s’agit de trancher un différend opposant le Peuple Xokleng* qui a fait recours contre un avis de l’Avocat Général de l’Union  - AGU émis en juillet 2017 ordonnant aux services publics concernés de ne procéder à la démarcation (la protection) d’une Terre Indigène – TI que si elle était occupée par tel ou tel peuple au moment de l’adoption de la Constitution, soit le 5 octobre 1988. C’est essentiellement contre cette condition, dite de la « Marque temporelle » qu’a fait recours le peuple Xokleng pour obtenir la démarcation définitive de la TI Ibirama-La Klãnõ (370 km2) qu’il occupe. Une TI située dans l’État de Santa Catarina – SC. Cette démarcation a été contestée par des agriculteurs en avril 2019.

    Le STF avait déjà décidé que ce jugement aurait une portée générale, c’est à dire que si le critère de la « Marque temporelle » était validé, il s’appliquerait à tous les processus de démarcation de TI en cours (il y en a plusieurs centaines). Il serait même susceptible d’entraîner la révision des TI déjà démarquées. L’enjeu est capital pour les peuples indigènes. Le jugement, déjà remis plusieurs fois, n’a commencé que le 26 août et doit se poursuivre à partir du 1er septembre.

    Le 27 août, au terme du Campement, sur l’Esplanade des Ministères, dans un acte symbolique dénonçant l’agenda anti-indigène du Gouvernement fédéral et du Congrès, les indigènes ont brûlé un grand cercueil symbolisant les différents projets de loi menaçant leurs droits déjà déposés au Congrès.

    Le même jour, les organisateurs ont publié un document « Printemps indigène : mobilisation pour la vie et la démocratie » portant cette conclusion : « Notre histoire ne commence pas en 1988. Nos luttes sont séculaires. Elles existent depuis que les Portugais et envahisseurs européens sont venus sur ces terres pour s’approprier nos territoires et leurs richesses. Pour cela nous continuerons à résister, à revendiquer le respect pour notre mode de voir, d’être, de penser, sentir et agir dans le monde. Sous l’égide du texte Constitutionnel, nous comptons que la Cour Suprême consacre notre droit originaire à la terre qui est indépendant d’une date spécifique prouvant son occupation. Par le moyen de la thèse de la « marque temporelle » les actuels colonisateurs veulent ignorer que nous étions déjà ici quand leurs ascendants ont décimé beaucoup de nos ancêtres, érigeant sur leurs cadavres l’actuel État national. »

    Une majorité de participant-e-s a quitté Brasilia le 28 août, mais environ un millier est resté sur place pour suivre les délibérations du STF.

    ***

    *Prononcer « Chokleng »

    Voir sur ce Blog la Note du 29 août 2017

    PS 1/ Illustration : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève – Attention : le No de CCP de AYA a changé, le nouveau no est le 15-728614-8 et l’IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brasilia : La police réprime une manifestation indigène

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Brasilia, Câmara dos Deputados, Polícia Militar, Jair Bolsonaro, balas de borracha, bombas de gás lacrimogêneo, Comissão de Constituição e Justiça, CCJ, PL 490/2007, Arthur Oliveira Maia, Joênia Wapichana, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Convention 169, Organisation Internationale du Travail, OIT, Convenção 169, Organização Internacional do Trabalho, génocide, genocídio, Levante pela Terra, PDL no 177/2021, STF, Supremo Tribunal Federal, demarcação, Terras Indígenas, démarcation, Presidente da RepúblicaÁ Brasilia, en fin de matinée du 22 juin, dans les environs de la Chambre des Députés, une manifestation pacifique d’indigènes a été violemment réprimée par la Police Militaire qui a utilisé des gaz lacrymogènes, balles de caoutchouc et sprays au poivre… Bilan : trois blessés légers et une dizaine de personnes souffrant de problèmes respiratoires. Un policier atteint d’une flèche a été soigné au Département médical de la Chambre.

    Les indigènes étaient là pour suivre la discussion du Projet de loi No 490/2007 (PL 490) par la Commission Constitution, Justice et Citoyenneté de la Chambre de Députés. La Commission examinait le rapport du Député Arthur Oliveira Maia. Il s’agit d’un texte qui porte gravement atteinte à leurs droits territoriaux. En particulier, il limite et remet en cause la démarcation des Terres Indigènes. Le 23 juin, la Commission a accepté ce projet par 40 voix contre 21. Il devrait être soumis en plénière de la Chambre à la fin de ce mois.

    Opposée à ce texte, la députée Joênia Wapichana, avocate, première femme indigène élue à la Chambre des députés a demandé un vote séparé. Elle relève la flagrante inconstitutionnalité du Projet de loi et l’absence de consultation des peuples indigènes. Elle trouve le moment totalement inopportun de soumettre ce projet au Congrès national alors que ce dernier devrait se consacrer à lutter contre la pandémie du covid-19 : « Il n’est pas concevable que la priorité soit de mobiliser le Congrès National pour retirer des droits à la partie la plus vulnérable de la population brésilienne ! »

    Pour l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Le PL 490 est un projet phare de Jair Bolsonaro et du groupe de pression qui dit représenter l’agrobusiness. Dans la pratique, s’il est approuvé par la Chambre, il va rendre impossible les nouvelles démarcations de Terres Indigènes, permettre l’annulation de la démarcation d’autres et en ouvrir à des activités prédatrices comme l’orpaillage, la construction de routes ou d’usines électriques. Selon notre évaluation, et celle de juristes, la proposition de loi est inconstitutionnelle ». Pour la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne - COIAB « Le PL 490 est la reprise du génocide dans ce pays. C’est une attaque à nos droits fondamentaux garantis dans l’article 231 de la Constitution Fédérale et dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. Une proposition complétement inconstitutionnelle prise sans consultation des populations affectées… »

    Plus de 170 organisations de la société civile ont signé une note de protestation : « Nous appuyons les Peuples indigènes dans leur lutte contre la destruction de la forêt, pour leur droit à leur terre ancestrale et, par-dessus tout leur droit constitutionnel de choisir leur mode de vie. »

    Depuis le 8 juin, à l’appel de l’Articulation des Peuples Indignes du Brésil – APIB, des représentants de nombreux peuples indigènes sont à Brasilia participent à un campement « Levante pela Terra » (Soulèvement pour la Terre) pour protester contre les nombreuses attaques dont ils sont l’objet, sous différentes formes dans les différentes parties du pays. Le 15 juin, l’APIB a publié un manifeste pour le droit des peuples autochtones à la vie et au territoire*. Une première partie demande l’interruption immédiate de toute mesure anti-autochtones au Congrès national, soit le classement de six projets de loi, dont le PL 490 et le Projet de Décret Législatif No 177/2021 qui autorise le Président de la république à dénoncer la Convention 169 de l’Organisation International du Travail. La deuxième partie s’adresse au Tribunal Suprême Fédéral qui doit se prononcer sur les conditions à respecter pour la démarcation des Terres Indigènes.

    Le 23 juin, des artistes, des juristes et personnalités diverses ont adressé une lettre ouverte au Tribunal Suprême Fédéral demandant la protection des droits des indigènes. Le public est appelé à signer cette lettre jusqu’au 29 juin.

    Les peuples indigènes brésiliens vivent un moment crucial de leur histoire !

    ***

    *Voir la version française

    Illustration (Capture d’écran): PL 490 Mata > Le Projet de Loi 490 Tue. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

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  • Brésil : L’action violente de garimpeiros contre les indigènes Yanomami et Mundurucu

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Hutukara Associação Yanomami, HAY, garimpeiros, orpailleurs, rio Uraricoeira, Palimiú, Terra Indígena Yanomami, Terra Indígena Mundurucu, Terra Indígena Sai Cinza, Fondation Nationale de l’Indien, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Frente de Proteção Etnoambiental Yanomami, Polícia Federal, Armée, Exército, Ministério Público Federal, Roraima, Elayne Rodigues Maciel, Boa Vista, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, Câmara dos Deputados, ADPF 709 TPI /DF, Supremo Tribunal Federal, STF, Amazônia Real, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Premier Commando de la Capitale, Primeiro Comando da Capital, PCC, São Paulo, Operação Mundurukânia, Maria Leusa Kaba Munduruku, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Joênia Wapichana, FantásticoLe 10 mai, l’Hutukara Associação Yanomami – HAY annonce que, vers 11h30, des garimpeiros (orpailleurs illégaux), arrivés par le rio Uraricoeira sur sept barques, ont accosté à proximité de la communauté Yanomami de Palimiú* située dans le nord de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Ils ont attaqué les indigènes qui ont riposté. La fusillade aurait duré une demi-heure. L’HAY signale cinq blessés : quatre garimpeiros et un indigène. Elle demande l’intervention urgente de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, de la Police Fédérale, de l’Armée et du Ministère Public Fédéral de Roraima pour empêcher la poursuite de la violence et garantir la sécurité de la communauté. Les garimpeiros ont également tirés en direction d’agents de la Police Fédérale venus enquêter sur les événements.

    Le même jour, la Coordinatrice du Front de protection ethno-environnemental Yanomami – Ye’kwana de la FUNAI, Elayne Rodigues Maciel publie un rapport rappelant les faits qui lui ont été transmis par un indigène. Le 11 mai, par un communiqué de presse, le service de communication de la FUNAI informe, qu’avec les autorités policières, elle va suivre l’enquête sur le « supposé conflit » survenu le 10 mai. Elle indique également que le rapport dont il est question ci-dessus « ne reflète pas la position officielle de la Fondation… ».

    Le 15 mai, une délégation de leaders Yanomami a tenu une conférence de presse à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima. Dans une note, elle a rappelé comment, pour se protéger des tirs, les membres de la communauté, et parmi eux beaucoup d’enfants, se sont enfuis dans la forêt. Le 11 mai au matin, les adultes sont partis à leur recherche et les ont retrouvés sains et saufs. Mais deux fillettes, âgées d’un an et de 5 ans, ont été retrouvées sans vie dans le rio Uraricoeira. Dans la nuit du 14 mai les garimpeiros sont à nouveau entrés dans la communauté désertée par ses habitants partis se cacher dans la forêt.

    Les incidents se sont poursuivis les jours suivants. Le 17 mai l’HAY signale que la veille au soir, les garimpeiros sont revenus à bord de 15 barques. Ils ont tiré en direction de la communauté et lancé des gaz lacrymogènes. Elle réitère sa demande de protection. Une autre tentative d’invasion a eu lieu au soir du 19 mai, mais les garimpeiros seraient repartis quand ils ont vu les indigènes monter la garde.

    Les incidents survenus dans la communauté de Palimiú ont suscité l’intérêt de plusieurs médias. L’agence Amazônia Real a révélé que des garimpeiros seraient liés à un groupe de trafiquants de drogue, le Premier Commando de la Capitale – PCC de São Paulo. L’agence G1.globo a consacré une émission de Fantastico sur les événements.

    Plusieurs institutions demandent l’intervention des forces de sécurité. Le Ministère Public Fédéral, le 12 mai déjà, demande l’évacuation des garimpeiros dans un rayon de 100 km.

    Le 18 mai, la Commission des Droits Humains et des Minorités de la Chambre des Députés demande à se rendre sur place : « Nous sommes devant une situation extrême avec une grande possibilité d’extermination du peuple Yanomami. Devant ce cas tragique, nous proposons l’institution d’une délégation parlementaire pour tenter résoudre le conflit survenu dans cette Terre Indigène ». Avec le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes – FPMDDPI, la Commission a demandé au Tribunal Suprême Fédéral -STF de retirer les garimpeiros illégaux de la TI-Y et de protéger le peuple Yanomami.

    Ces incidents ont eu un écho au niveau international. Le 19 mai, la Commission Interaméricaine des Droits Humains - CIDH de l’Organisation des États américains et le Secrétariat d’Amérique du Sud du Haut-Commissariat de l’ONU des Droits humains exhortent l’État brésilien de protéger la vie, l’intégrité personnelle, les territoires et les ressources naturelles des peuples Yanomami et Munduruku.

    Le 19 mai, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et plusieurs entités ont également adressé une nouvelle demande au STF pour que ce dernier ordonne au Gouvernement de prendre immédiatement des mesures pour de mettre fin à l’orpaillage illégal et à la déforestation dans les TI-Y, TI-Mundurucu et plusieurs autres. Le 24 mai, Luis Roberto Barroso, ministre du STF a répondu favorablement à cette demande.

    Une première réponse au STF est venue de la Police Fédérale. Le 25 mai, elle a déclenché l’ « Opération Mundurukânia » dans la municipalité de Jacareacanga (État du Pará) pour mettre un terme à l’activité des garimpeiros dans les TI Munduruku et Sai Cinza. Le lendemain, elle a dû faire front aux manifestants garimpeiros décidés à occuper le siège de l’opération. Mais cela n’a pas empêché ceux-ci d’incendier la maison de Maria Leusa Kaba Munduruku, coordinatrice de l’Association des femmes Munduruku Wakoborün, organisation opposée à l’orpaillage. L’APIB, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, plusieurs organisations locales et la députée Joênia Wapichana ont dénoncé cette violence et demandé la protection des peuples indigènes.

    ***

    *Le Centre de santé indigène (le Polo base) de Palimiu est au service d’environ 850 Yanomami.

    Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS 1: Sur e blog, la note du 6 avril dernier a déjà traité du recours à la justice.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

     

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  • Brésil : un « Avril indigène » particulier

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    La 17e édition du « Campement Terre Libre »

    Depuis 1943 le Brésil célèbre le « Jour de l’Indien » le 19 avril. Une date proposée par le premier Congrès indigéniste interaméricain réuni à Mexico en 1940. Depuis 17 ans, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB organise – en avril - un « Campement Terre Libre ». Le dernier rassemblement en présentiel, celui de 2019, avait réuni, à Brasilia, plusieurs milliers d’indigènes représentant 300 peuples de tout le pays. En raison de la pandémie de la Covid-19, comme en 2020, cette 17e édition s’est déroulée en visioconférences.

    Au total 126 « Évènements » (Conférences, débats, diffusion de documentaires, etc.) ont été présentés du 5 au 30 avril par la demi-douzaine des principales organisations membres de l’APIB : La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes de la Région Sud - ARPIN SUL, Conseil Terena, etc. Chaque semaine a porté sur un thème : le droit d’exister, la vie des indigènes est importante, l’état d’urgence, et, pour les six derniers jours : « Nous décidons de ne pas mourir ».

    Á Manaus, dans l’État d’Amazonas, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes – FAMDDI (auquel appartient l’association SECOYA « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami - le partenaire de AYA) a organisé les 29 et 30 avril un séminaire sur les différents aspects de la tragédie vécue par les peuples indigènes du Brésil et d’Amazonie en particulier. Le Front appelle à la mobilisation pour la défense des peuples originaires.

    Le 22 avril, il est question de l’Amazonie à Washington

    Le 22 avril, Journée de la Terre, le président des USA, Joe Biden, a convoqué une quarantaine de chefs d’État pour un sommet portant sur la lutte contre le réchauffement climatique. Les médias ont largement relayé l’événement qui a eu lieu en visioconférences. Le président brésilien était au nombre des invités. Dans son discours, repris pour l’essentiel d’une lettre envoyée à la Maison Blanche le 14 avril déjà, Jair Bolsonaro, rappelle les efforts du Brésil pour la préservation de l’environnement. Il a annoncé son engagement d’éliminer la déforestation illégale d’ici 2030… Il évoque la nécessité d’améliorer la vie des 23 millions de Brésiliens vivant en Amazonie… Il estime fondamental de pouvoir compter sur la contribution de pays, entreprises et entités disposées à agir de manière immédiate… De nombreux observateurs ont relevé que l’action gouvernementale actuelle n’allait pas dans le sens de la protection de l’environnement !

    Lors de ce sommet, le Département d’État américain avait organisé différentes séances parallèles. L’une de celles-ci avait pour thème « l’Action climatique à tous les niveaux ». Un débat animé par Michael S. Regan, administrateur de l’Agence (US) de protection de l’environnement. Les intervenantes : huit femmes, dont Anne Hidalgo, Maire de Paris. Les indigènes du Brésil se sont exprimés par la voix de Sineia Bezerra do Vale, une intervention de plus de six minutes prononcée depuis le siège du Conseil Indigène de Roraima – CIR à Boa Vista : « Le changement climatique ne va pas arriver ! Il est déjà arrivé dans les communautés indigènes…. Quand nous parlons du climat et de l’Accord de Paris, nous parlons aussi de la garantie des droits pour que la conservation des forêts du Brésil, en Amazonie ou dans un autre biome, soit effective dans les Unités de conservation et dans les Terres Indigènes ». Elle a demandé le respect des droits garantis par la Constitution fédérale de 1988, dont la démarcation des Territoires indigènes.

    La FUNAI tente de réduire au silence deux leaders indigènes

    Le 30 avril, Sônia Guajajara, leader de l’APIB, a été convoquée par la Police Fédérale à la demande de la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI. Cette dernière se plaint de la diffusion, en 2020 sur le site de l’Articulation, d’une série de huit vidéos sur la situation des peuples indigènes touchés par la pandémie de la Covid19. Pour la Fondation, il s’agit d’une campagne de diffamation et de calomnies contre le Gouvernement. Pour l’Articulation, « Le Gouvernement fédéral, une fois de plus, tente de criminaliser le mouvement indigène, intimider l’APIB et son réseau d’organisations de base et l’une de ses coordinatrices exécutives par un acte de persécution politique et raciste. » Plusieurs organisations ont manifesté leur soutien à Sônia. L’APIB a alerté la Commission Interaméricaine des Droits Humains et elle a fait recours auprès de la Justice fédérale. Celle-ci a estimé que la démarche de la FUNAI avait pour objet d’empêcher l’APIB de critiquer l’action du gouvernement. Elle ordonne le classement de la plainte.

    Un autre leader indigène, Almir Suruí, a lui aussi fait l’objet, d’une plainte de la FUNAI. Celle-ci lui reprocherait de l’avoir diffamée à l’occasion d’une campagne intitulée « Povos da floresta contra Covid-19 » conduite en septembre 2020 par l’association Metareilá du peuple Indigène Suruí. Le 7 mai, la Police Fédérale a classé la plainte…

    Pour l’APIB, la FUNAI mérite une nouvelle appellation : Fondation Nationale d’INTIMIDATION de l’Indien !

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

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  • Brésil : La FUNAI favorise la division des indigènes

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    Brasil, Brésil, Funai, Fundação Nacional do Índio, Fondation Nationale de l’Indien, Sônia Guajajara, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Union Européenne, Mercosur, Mercosul, Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, decreto No 7.747 de 5 de junho de 2012, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Dilma Rousseff, Joe Biden, USASur son site, le 29 mars, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI publie la copie d’une lettre, adressée à plusieurs institutions européennes* par trois porte-paroles d’un « Groupe d’agriculteurs et producteurs indigènes ». Dès le premier paragraphe, les auteurs attaquent Sônia Guajajara leader de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Ils affirment que l’Articulation est une organisation inconnue de la majorité des peuples indigènes du Brésil. Ils contestent la représentativité de Sônia qu’ils accusent de faire de la politique contre le gouvernement : « Une usurpatrice qui peut mentir sans gêne et demander, par exemple, la non-signature de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur… Pour nous, il est clair qu’il s’agit d’une trahison à la Patrie de la part d’une personne qui répète les phrases imposées par les ennemis du Brésil.»

    Parlant de leur Groupe, qu’ils affirment représenter approximativement 70 peuples indigènes, qui, tout en conservant leurs traditions et coutumes, ont choisi d’entreprendre, de produire et commercialiser comme n’importe quel autre producteur du Brésil et du monde : « Nous ne voulons plus vivre de l’assistance, ni de la charité de personne…  Nous habitons sur environ 35 millions d’hectares où il est possible de d’exercer tout type d’activité productive pouvant apporter le développement des Peuples indigènes dans les régions où ils sont insérés et aussi du Brésil… Nous sommes des indigènes brésiliens fiers de notre drapeau… Au contraire de cette femme qui n’aime pas le Brésil, nous du groupe d’agriculteurs de producteurs indigènes, jamais nous nous soulèverons contre notre patrie aimée, le Brésil.».

    L’APIB a réagi dès le 31 mars. Sous le titre « Le gouvernement Bolsonaro et ses alliés du parlement promeuvent divisions et conflits entre indigènes pour massacrer nos droits fondamentaux » : « La stratégie est ancienne et continue depuis l’invasion européenne, utilisée pour affaiblir, disqualifier et démobiliser le mouvement indigène et anéantir nos droits fondamentaux… L’usage de la communication du gouvernement pour alimenter les divergences, rivalités et conflits entre indigènes cache l’incompétence de l’actuelle gestion et dévie les regards de son projet génocide et écocide… Nos leaders et dirigeants de l’APIB comme Sônia Guajajara ont gagné leur légitimité au sein des bases du mouvement et la reconnaissance internationale pour avoir consacré leur vie à la protection et la promotion des droits des peuples indigènes du Brésil… »

    Dans les jours qui ont suivi, une dizaine d’organisations et de fédérations indigènes de différentes régions du pays ont manifesté leur soutien à l’APIB et à Sônia. Au parlement fédéral, le Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes – FPMDDPI qui regroupe des Députés et des Sénateurs fédéraux a également manifesté sa solidarité à l’égard de l’APIB et de Sônia. Il exprime sa désapprobation à l’égard de cette tentative de criminalisation des organisations qui luttent pour les droits des peuples indigènes.

    Le 5 avril, la FUNAI a encore publié une lettre que le même groupe d’agriculteurs a adressée au président des USA, Joe Biden, dans laquelle il dénonce l’APIB. Cette dernière, le 9 mars, avait écrit au président américain pour lui demander d’inclure les peuples indigènes dans les débats en vue de l’élaboration du plan de protection de l’Amazonie, un élément de sa stratégie de combat contre le changement climatique. L’APIB redoute des négociations secrètes entre le Brésil et les USA… Un dossier important !

    Pour rappel, la FUNAI, actuellement présidée par Marcelo Augusto Xavier da Silva** a été créée en 1967. Sa mission institutionnelle d’origine est de protéger et de promouvoir les droits des peuples indigènes… En matière de gestion territoriale et environnementale des Terres Indigènes, un décret de juin 2012 signé par Dilma Rousseff, qui, dans son art. 4 (axe 5) prévoit de promouvoir les initiatives productives indigènes. Ce décret sert de base à l’élaboration et au suivi de « Plans de gestion territoriale et environnementales – PGTA pour lesquels la FUNAI est sensée s’impliquer

    ***

    *Parlement européen / Conseil européen / Conseil de l’Union européenne / Commission Européenne / Cour de Justice de l’Union européenne / Cour des comptes européenne / Banque Centrale européenne 

    **Voir sur ce blog, la note du 6 août 2019

    Illustration, traduction : « DIVISER POUR DEVASTER / Le gouvernement stimule les conflits entre indigènes pour massacrer (leurs) droits / Note de l’APIB contre la criminalisation du mouvement indigène et en appui à Sônia Guajajara ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Brésil : La justice et la progression de l’orpaillage illégal chez les Yanomami

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    La justice semble avoir entendu l’appel au secours des Yanomami qui, en juin 2020 déjà, ont lancé la campagne « Fora Garimpo, Fora Covid »* demandant l’adoption immédiate d’un plan d’urgence pour contenir l’avance de la pandémie de la Covid-19 dans la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Un plan comprenant l’expulsion de la vingtaine de milliers de garimpeiros (orpailleurs illégaux) qui y sont quasiment aussi nombreux que les Yanomami. Leur présence et leur activité mettent cause l’existence même de ce peuple. La justice évoque la possibilité d’un génocide. Un crime relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale – CPI créée par le « Statut de Rome » ; approuvé et signé par le Brésil en 2002. Le crime de génocide y est traité à l’Art. 6 : un acte défini entre autres, par une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe … soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle… ». La préoccupation de la justice est fondée. Ce n’est pas la première fois qu’elle intervient à ce sujet.

    Le 3 juillet 2020 déjà le Tribunal Régional Fédéral de la 1ère Région (TRF1/Brasilia) avait demandé le retrait des garimpeiros de la TI-Y, mais différents recours ont ajourné l’application de la décision. Á nouveau, le 16 mars dernier, considérant que la négligence de l’État pouvait aboutir à un génocide des peuples indigènes de la région, la justice est revenue à la charge. Elle a donné un délai de dix jours, au gouvernement et aux administrations concernées** pour présenter un chronogramme de retrait des garimpeiros de l’aire yanomami. Elle en a fixé les principales mesures : la création d’équipes interinstitutionnelles ; des effectifs suffisants, la mise à disposition des moyens matériels nécessaires ; la présentation d’un rapport tous les quinze jours ; le retrait de tous les garimpeiros non-indigènes et empêcher leur retour et l’application de mesures pour ne pas aggraver le risque de contamination des indigènes. Il est prévu une amende d’un million de Reais (env. 164'000 CHF) par jour de retard dans l’application des mesures. Á ce jour (6 avril) la réponse se fait attendre. Cependant, un communiqué de la police fédérale du 23 mars annonce qu’elle a déclenché « l’Opération Yanomami 709 », un numéro en référence à celui attribué par le Tribunal Suprême Fédéral - STF à une demande déposée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB (et six partis politiques) en juin 2020 et à laquelle il a répondu le 5 août suivant. Le STF demandait alors au gouvernement qu’il prenne des mesures pour protéger de la Covid-19 les peuples indigènes, en particulier les groupes vivant état d’isolement volontaire***. Des opérations de ce type ont déjà eu lieu en 2011, 2012, en février et novembre 2014 et en 2015. Mais les garimpeiros ont toujours repris leur activité peu de temps après…

    Autre intervention récente de la Justice : le 20 février 2021, le STF a suspendu la loi votée le 13 janvier précédent par l’Assemblée Législative de l’État de Roraima**** rendant possible l’autorisation de l’orpaillage et l’usage du mercure. Une partie de la TIY se situe dans cet État.

    Pour illustrer la progression de l’orpaillage dans le territoire Yanomami, ce 25 mars, l’Hutukara Associação Yanomami - HAY, l’Associação Wanasseduume Ye’kwana – Seduume et l’Institut Socio-environnemental - ISA ont publié un rapport d’une cinquantaine de pages sur les « Cicatrices dans la forêt – Évolution du garimpo illégal dans la Terre Indigène Yanomami en 2020 ». Il s’agit du résultat d’un relevé inédit pointant la prolifération des nouveaux lieux d’invasion proches des communautés indigènes et des groupes isolés. Un document montrant comment l’orpaillage illégal est passé d’une activité individuelle artisanale à une activité de dimension entrepreneuriale de vaste échelle, se donnant des moyens logistiques conséquents (ouverture de routes, de 35 pistes d’atterrissage) dont l’impact social et environnemental est très important. Ainsi, de janvier à décembre 2020 l’orpaillage illégal est responsable de la destruction de 500 hectares de forêt. La vidéo ci-dessous (2’46’’) est un résumé du rapport.

    Á suivre !

     

    * « Dehors l’orpaillage, Dehors la Covid »

    **La Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, l’Institut Brésilien de l’Environnement et des Ressources naturelles renouvelables – IBAMA et l’Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité - IMCBio

    ***Voir les notes des 8 août et 27 août 2020.

    ****Voir note du 21 février 2021

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Le Brésil conduit une politique indigéniste à laquelle s’opposent les principaux intéressés

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    En ce début d’année, par deux fois déjà, la Fondation Nationale de l’Indien* - FUNAI a édicté des dispositions concernant les peuples indigènes sans procéder à la consultation « libre, préalable et informée » de ces derniers. Une consultation en application de la Constitution et des traités internationaux signés par le Brésil, en particulier la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail - OIT. Les principaux intéressés sont opposés à ces nouvelles prescriptions.

    Au sujet de l’identité indigène

    Le 22 janvier, la Fondation a adopté des « Critères complémentaires » pour standardiser et donner une sécurité juridique à l’autodéclaration indigène : Une résolution  publiée au Journal officiel de l’Union. La Fondation dit vouloir protéger l’identité indigène et éviter les fraudes dans l’obtention d’avantages sociaux destinés à cette partie de la population brésilienne. Elle définit quatre critères : 1) Lien historique et traditionnel d’occupation ou d’habitation entre l’ethnie et le territoire brésilien ; 2) Conscience intime déclarée sur le fait d’être indien ; 3) Origine et ascendance pré-colombiennes ; 4) Identification de la personne par un groupe ethnique existant et avec des caractéristiques culturelles distinctes de celles présentes dans la société non-indienne.

    Pour l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil** – APIB, ce texte signifie que désormais, la FUNAI a le droit de dire qui est, ou qui n’est pas indigène. Un droit qui, jusque-là appartient aux indigènes eux-mêmes et cela en vertu des textes évoqués ci-dessus. L’APIB « exprime sa profonde indignation et son refus total des tentatives de ce gouvernement de régresser dans le temps, voulant le retour de l’autoritarisme colonial et dictatorial pour mettre les peuples indigènes sous tutelle. Nous ne pouvons admettre la violence, la discrimination et le racisme institutionnel contre nous par des moyens inconstitutionnels. Nous exigeons l’immédiate annulation de cette résolution de la FUNAI et nous demandons que le gouvernement fédéral respecte la Constitution et le droit des peuples. » Le Conseil juridique de l’Articulation a adressé une note technique au Ministère Public Fédéral demandant que cette résolution soit suspendue et déclarée nulle. Celui-ci, dans une Note publique du 4 février se dit fermement opposé au texte de la FUNAI. Il en demande la révocation.

    La libéralisation de l’activité économique dans les Terres Indigènes

    Le 22 février, les présidents de la FUNAI et de l’Institut Brésilien de l’Environnement et des ressources renouvelables - IBAMA ont signé une « Instruction normative » réglementant l’octroi d’autorisations environnementales concernant les activités économiques développées sur les Terres Indigènes (TI)  par le biais d’organisations indigènes ou – c’est la nouveauté -  de composition mixte, indigènes et non indigènes. Cette libéralisation va à l’encontre de la Constitution (art 231 §2) stipulant que les indigènes sont les usufruitiers exclusifs des richesses du sol, des rivières et des lacs dans les TI qu’ils occupent.

    Sur son site, par deux fois, la FUNAI a signalé avoir reçu l’appui de leaders indigènes. Tout d’abord une lettre du 25 février signée de Felisberto Cupudunepá, porte-parole du « Groupe d’agriculteurs et producteurs indigènes » qui soutient cette « Instruction » souhaitée par son groupe. La FUNAI indique que cette entité est formée par des représentants de 70 peuples de toutes les régions du pays. Cette lettre exprime également son opposition à la note publiée par le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI*** qui a fait connaître son hostilité à ce texte. Ensuite, le 1er mars, la Fondation publie une vidéo sur Youtube dans laquelle, outre Felisberto, deux autres leaders s’expriment en faveur de cette Instruction.

    L’APIB a publié une note **(non reproduite par la FUNAI !) à destination de ses organisations membres. Elle rappelle que la décision gouvernementale a été prise sans avoir consulté les peuples indigènes.

    Le 8 mars, au parlement fédéral, les membres du Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes**** (FPMDDPI) ont déposé dix Projets de Décrets Législatifs – PDLs, dont quatre contre la « Résolution » No 4 du 22 janvier et six contre l’« Instruction Normative » du 22 février. À voir comment ces propositions seront traitées par le parlement ?

    Pour rappel

    En mai 2020, la FUNAI a publié une note affirmant qu’avec l’élection du Président de la République, Jair Messias Bolsonaro, le peuple brésilien avait choisi une nouvelle politique indigéniste : « …dans le respect de ce choix, nous devons donner un vote de confiance aux nouvelles idées et projets pour l’ethno-développement des indigènes brésiliens… » Quand elles se concrétisent par les exemples ci-dessus, ces « nouvelles idées » de la FUNAI, vont à l’encontre de la mission qui lui a été définie dans la législation brésilienne encore en vigueur !

                                                                               ****

    *Administration brésilienne chargée (en principe) de la protection des peuples indigènes.

    **L’APIB est la faîtière des organisations indigènes du Brésil.

    ***Le CIMI est une institution rattachée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB, chargée des questions indigènes.

    ****Composé de Députés et de Sénateurs. La Coordinatrice du Front est Joênia Wapichana, députée de l’État de Roraima, première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue parlementaire.

    ***

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  • Brésil : de nouvelles pressions pour autoriser l’orpaillage dans les Terres Indigènes

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    Récemment, les deux États amazoniens de Roraima et de Rondônia ont adopté des textes pour autoriser l’orpaillage sur leur territoire. Et, au niveau fédéral, à la reprise des travaux parlementaires (le 3 février), le Président Bolsonaro, a demandé à la Chambre des Députés de se saisir d’un projet de loi (PL 191/2020) qu’il y avait déposé en février 2020 déjà*. Le but de ce texte étant de réglementer les conditions spécifiques à suivre pour l’extraction des ressources minières et l’exploitation du potentiel de l’énergie hydraulique des rios dans les Terres Indigènes (TI).

    Le 29 janvier, le Gouverneur de l’État de Rondônia, le colonel Marcos Rocha, a signé un décret (No 25.780) visant à autoriser l’orpaillage.

    Peu avant, le 13 janvier, l’Assemblée Législative de Roraima (ALE-RR) a adopté une loi proposée par le Gouverneur de l’État, Antonio Denarium, pour combler l’absence de normes légales concernant l’orpaillage. Selon lui, cela permettra de rendre cette activité sûre et responsable. Mais aussi de créer des emplois et d’augmenter les recettes fiscales. Les députés ont introduit des amendements portant la taille des concessions de 50 à 200 ha pour les coopératives et autorisant l’usage du mercure. Dans l’État de Roraima deux TI sont connues pour connaître une invasion de garimpeiros : la TI Raposa Serra do Sol et la TI Yanomami. Dans première il y en aurait environ 2'000 et dix fois plus dans la deuxième.

    Les organisations indigènes et indigénistes ont manifesté leur hostilité à ce texte. Le 12 janvier, avant même son adoption par l’ALE-RR, le Conseil Indigène de Roraima – CIR a publié une note déclarant : « Défendre la « Mère Terre » n’est pas une question idéologique de gauche ou de droite, mais de protéger la vie de toute la population. Ceci est une responsabilité de tous, indigènes, urbains, riverains, pêcheurs, etc. Approuver ce projet de loi c’est légaliser la destruction des forêts, la pollution des rivières, des lacs, des champs qui sont l’habitat de milliers d’animaux, d’oiseaux, de poissons et de toute espèces d’êtres vivants… Le CIR exprime son opposition à ce texte et appelle la société roraimense à défendre son environnement. »

    Le 11 février, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a publié une « Note technique » rappelant la législation en vigueur. Il y est souligné qu’en vertu de la Constitution fédérale, il s’agit d’un domaine relevant de la législation nationale et non de celle des États : « L’approbation de cette loi viole les droits des peuples originaires… L’exploitation agressive des ressources naturelles par ces activités d’orpaillage est extrêmement dangereuse en raison de l’utilisation du mercure. Le Brésil a ratifié la Convention de Minamata mise en œuvre sous les auspices de l’ONU pour contrôler l’usage du mercure dans le but de protéger la santé humaine et l’environnement, mais les cas de contamination dans le pays continuent. »

    L’APIB rejoint ainsi la position du Ministère Public Fédéral** dans l’État de Roraima qui a ouvert une procédure le 15 janvier déjà pour déterminer la constitutionnalité de ce projet de loi. Dans ses premières observations, il relève qu’en vertu de la Constitution (Art. 20), les ressources minières, y compris celles du sous-sol, sont des biens de l’Union. Il en va de même pour les terres traditionnellement occupées par les indiens…

    La pression pour faire des Terres Indigènes des aires d’exploitation minière se renforce.

                                                                               ***

    *Voir sur ce blog, la note du 17 février 2020

    **En février 2020, la 4e Chambre de Coordination et de Révision – 4CCR du Ministère Public Fédéral a publié un Manuel d’action : « Orpaillage illégal en Amazonie : marques juridiques et questions controversées ». Il s’agit d’un document de référence sur le sujet.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Vaccination Covid : seule une partie des indigènes brésiliens est prioritaires / Bolsonaro est dénoncé à la CPI

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    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Ye’kwana, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, SESAI, Covid-19, Manaus, ANVISA, Agência Nacional de Vigilância Sanitária, Ministério da Saúde, vaccination, vacinação, aldeados, Terras Indígenas, demarcação, Terres Indigènes, démarcation, TI Yanomami, Amazonas, Roraima, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples indigènes du Brésil, APIB, Distritos Sanitários Especiais Indígenas, DSEI, Tribunal suprême Fédéral, STF, Supremo Tribunal Federal, Câmara dos Deputados, Raoni, Cour pénale internationale, William Bourdon, Fatou BensoudaLes médias ont largement fait écho à l’apparition d’une souche amazonienne de la Covid-19. Et aussi à l’état sanitaire catastrophique dans lequel se trouve Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas. Il y est particulièrement question des conséquences de la pénurie d’oxygène pour le traitement des malades. Le 17 janvier, l’Agence Nationale de Vigilance Sanitaire – ANVISA, a autorisé l’usage temporaire de deux vaccins. Très vite, les médias et réseaux sociaux ont publié les photos des premières personnes vaccinées.

    En décembre 2020, le gouvernent brésilien a publié un plan opérationnel de vaccination contre la Covid-19. La grande vulnérabilité des peuples indigènes et les difficultés de mise en œuvre des mesures de protection, notamment en raison des distances pour atteindre les communautés sont reconnus. Mais le plan classe prioritaires les seuls indigènes de plus de 18 ans « aldeados », c’est-à-dire habitant les villages situés à l’intérieur des Terres Indigènes (TI) démarquées. Les plans de vaccination des États d’Amazonas et de Roraima (sur lesquels s’étend la TI Yanomami) reprennent la même disposition.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a réagi à cette restriction. Elle rappelle que de nombreuses TI n’ont pas été démarquées*. En conséquence cela exclut de la campagne de vaccination un peu plus de 40 % des 900'000 indigènes du pays. Dans un manifeste, elle rappelle la position du Tribunal Suprême Fédéral et du Parlement fédéral qui ont demandé, en août 2020 déjà, la mise en œuvre d’un plan non restrictif de protection des peuples indigènes. Parallèlement, elle lance une campagne pour obtenir cette vaccination pour tous les indigènes et inciter ceux-ci à se faire vacciner.

    La situation au 21 janvier

    Les statistiques publiées par différents organismes sont généralement considérées par les spécialistes comme étant inférieures à la réalité. De plus, leurs modes de calcul ne sont pas identiques. Leur comparabilité a peu de sens. Pour l’ensemble du Brésil, au 21 janvier dernier, le Ministère de la santé annonçait 8'697’368 cas confirmés depuis le début du comptage (à fin février 2020) et 214'147 décès depuis la même période. En ce qui concerne les peuples indigènes, à la même date, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI (qui ne compte que les indigènes résidant dans les trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes) annonçait 40'611 cas confirmés et 531 décès, dont respectivement 1'218 cas et 10 décès dans le District Yanomami. Toujours au 21 janvier, le réseau d’organisations qui composent l’APIB annonce 46'508 cas confirmés et 929 décès au sein de 161 peuples indigènes. La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB annonce 33’202 cas confirmés et 749 décès au sein de 141 peuples dans cette partie du pays. Enfin, au 31 décembre 2020, le Réseau Pro-Yanomami et Ye’kwana qui ne concerne que ces deux peuples, annonce 1'607 cas confirmés et 14 décès depuis le début de ses relevés à fin mai 2020**.

    Raoni dénonce Bolsonaro devant la Cour pénale internationale

    Le 21 décembre 2020, au nom de l’APIB, des leaders Raoni Metuktire et Almir Suruí, l’avocat français William Bourdon a déposé une nouvelle demande d’investigation préliminaire contre le président brésilien Jair Bolsonaro devant la Cour Pénale Internationale – CPI de La Haye. La Cour est chargée de juger les individus responsables de génocides, de crime de guerre, de crime contre l’humanité et d’agression. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, va étudier la recevabilité de la plainte. À suivre…

                                                                                    ***

    *Le président Bolsonaro s’est déclaré hostile à toute nouvelle démarcation.

    **Voir sur ce blog la note du 4 décembre 2020 le document du Forum des leaders de la TI Yanomami.

                                                                                    ***

    Illustration : le logo de la campagne de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

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