articulation des peuples indigènes du brésil

  • Brasilia : des milliers d’indigènes réunis pour la défense de leurs droits

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Acampamento Terra Livre, ATL, Campement Terre Libre, Câmara dos Deputados, Senado, eleições, élections, Bancada do Cocar, Front parlementaire indigène, Janela partidária, Fenêtre partidaire, Jair Bolsonaro, Parti Libéral, Partido Liberal, PL, Sônia Bone Guajajara, Joênia Wapichana, Luiz Inácio Lula da Silva, Lula, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, PL 191/2020L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé ses organisations de base de tout le pays à se rassembler à Brasilia entre le 4 et le 14 avril pour la 18e édition du « Campement Terre Libre - ATL» sur le thème « Reprenons le Brésil : Démarquer les Territoires et  « villagiser (1) » la politique ». Une manifestation qui, selon les organisateurs, a réuni près de huit mille indigènes venus exprimer leur volonté de défendre leurs droits gravement menacés. Cette année, l’ATL se déroule dans un contexte particulier : 2022 est une année électorale et les droits des indigènes sont particulièrement menacés.

    En octobre prochain (les 2 et 30), il y aura les élections fédérales pour désigner le Président de la République, les membres de la Chambre des Députés, un tiers des Sénateurs, les Gouverneurs et les membres des Assemblées Législatives des 26 États et du District fédéral (Brasilia). Un processus qui a déjà commencé : entre le 3 mars et le 1er avril était ouverte une « Fenêtre partidaire », un mois pendant lequel les élus peuvent changer de parti politique sans perdre leur mandat. Au terme de cette opération, il s’avère que le Parti Libéral – PL a le plus de représentants à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres). Il est passé de 33 à 78 élus. Jair Bolsonaro, après avoir été membre de huit partis différents, a adhéré au PL à la fin novembre 2021. Lors de l’ATL, le sujet des prochaines élections a été abordé le 8 avril, jour où les femmes indigènes ont exprimé leur intention d’être davantage présentes dans les institutions politiques. Elles sont quatorze à être pré-candidates : sept pour représenter leur État à la Chambre des Députés ou au Sénat où elles veulent y créer une « Bancada do Cocar (2)» (un Front parlementaire indigène). Et sept pour siéger dans l’une ou l’autre Assemblée Législative d’un État. Sônia Bone Guajajara, la Coordinatrice de l’APIB se présente sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté - PSOL pour l’État de São Paulo. Aux élections de 2018, déjà pour ce même parti, elle avait été candidate à la Vice-présidence de la République (3). Joênia Wapichana, sera à nouveau candidate pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés.. En 2018, elle a été la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée.

    Le 12 avril, l’ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva – lui aussi pré-candidat à la présidence de la République - était présent à l’ATL. Les organisations indigènes lui ont annoncé soutenir sa candidature dans une Lettre ouverte. Mais ce document énumère les engagements sur lesquels devraient porter le programme de Lula : les droits territoriaux ; la réactivation des espaces de participation et de contrôle social indigènes ; la reconstruction des politiques institutionnelles indigènes ; l’interruption de l’agenda anti-indigènes en cours au Congrès fédéral et la mise en œuvre d’un programme de protection de l’environnement. Lula – au cas où il est élu - s’est engagé à révoquer les décrets anti-indigènes de Bolsonaro et à créer un Ministère des peuples originaires.

    Les organisateurs de la rencontre de Brasilia ont voulu sensibiliser la population sur les dangers de l’agenda anti-indigènes du gouvernement, des lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et des militaires. Le Projet de Loi n° 191/2020 ouvrant les Terres Indigènes à l’exploitation minière est particulièrement préoccupant (4). La majorité de la Chambre des Députés a décidé que ce texte devait être traité en urgence. Mais, récemment, le président de la Chambre a annoncé que le projet serait voté « encore en 2022 » et non pas dans les jours qui viennent. Cependant l’APIB ne relâche pas la pression. Elle a repris à son compte la « Lettre ouverte » publiée le 22 mars par le « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes - FPMDDI». Elle a lancé un appel au public en souhaitant recueillir un large appui populaire.

    Pendant l’ATL, l’APIB a publié un rapport – Yanomami sous attaque - édité par l’Hutukara Associação Yanomami sur l’impact de l’orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami et des propositions pour le combattre. Une illustration du danger que constitue le PL 191/2020 !

    Le document final de l’ATL se termine par un appel à l’union : « [Nous] réaffirmons que notre union est fondamentale pour que nous avancions, ensemble sur le chemin de notre projet de pays plurinational, de paix, de justice et en harmonie avec notre Mère Nature. C’est ainsi que nos ancêtres ont agi : il n’y a pas e place pour la division, le sectarisme et quelque type de violence entre nous. Sortons de cet ATL encore plus unis avec la certitude que c’est là notre plus grande force ! »

    En se mobilisant de la sorte les indigènes brésiliens agissent pour maintenir un cadre de vie utile à toute l’humanité…

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    (1) « Villagiser » > Traduction personnelle du portugais « aldear ». Ce que veut l’APIB est de faire en sorte que les communautés indigènes de base connaissent leurs droits et soient en mesure de les faire respecter. Comme exemple de « villagisation », il est possible de citer le projet soutenu par le MCI pour le « Renforcement des capacités des multiplicateurs interculturels pour la défense des droits et du territoire Yanomami en Amazonie brésilienne ».

    (2) Cocar : coiffe indigène faite essentiellement de plumes.

    (3) Voir sur ce blog la note du 21 octobre 2018

    (4)Voir sur ce blog la note du 13 mars 2022

    Illustration : Annonce de l’ATL. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil : Bolsonaro reçoit la médaille du Mérite Indigéniste !

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    « Incroyable !» « Cela ressemble même à une blague ! » « Une grande blague. De très mauvais goût ! »  « La médaille du mérite la plus absurde de l’histoire du Brésil ! » Voilà quelques réactions relevées dans la presse brésilienne après la décision du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Anderson Torres, de décerner la « Médaille du Mérite Indigéniste » au président Jair Bolsonaro et à vingt-cinq autres personnes, dont plusieurs ministres, hauts fonctionnaires et indigènes. Cela « en reconnaissance pour les services rendus pour le bien-être, la protection et la défense des communautés indigènes. » La politique anti-indigènes conduite par le Président et son gouvernement est largement connue de l’opinion publique.

    La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a publié une note de protestation : « Un tel honneur devrait être accordé aux personnes qui se distinguent par leurs actions de protection et de promotion des peuples indigènes brésiliens, et non à ceux qui attaquent nos droits et promeuvent des discours de haine contre nous ! » L’Articulation des Organisations Indigènes du Brésil – APIB rappelle que, dès les premiers jours du gouvernement de Jair Bolsonaro, elle a dénoncé les menaces et violations commises contre les peuples indigènes du Brésil. Elle affirme qu’il en va de même dans cette dernière année de la législature : « Á tout coup, et avec cynisme ils utilisent les armes médiatiques et institutionnelles pour dire qu’ils nous appuient. Notre liberté, notre culture, notre ancestralité, nos territoires et nos richesses naturelles ne sont pas à vendre et ne sont pas négociables ! » […] « L’indigénisme est une tradition sérieuse et ne doit pas être utilisée par ceux qui ne respectent pas notre culture et mode de vie. L’APIB va prendre des mesures légales pour annuler cet Arrêté du Ministère de la Justice. »

    Á la Chambre des Députés, le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes juge «… inacceptable que le Président de la République et ses ministres d’État soient décorés de la Médaille du Mérite Indigène alors que leurs positions et actions sont contraires à la défense des droits de peuples indigènes.» La leader du Front, Joênia Wapichana, a cosigné avec 13 autres députés, un Projet de Décret Législatif - PDL pour annuler la décision du Ministre de la Justice.

    Autre réaction significative, celle de l’indigéniste Sidney Possuelo : il a rendu au Ministère de la Justice sa médaille du Mérite Indigéniste qui lui avait été décernée en 1987 par le Ministre de l’Intérieur d’alors, João Alves Filho. Sidney Possuelo a consacré de nombreuses années de sa vie à la cause indigène. En 1991, il a été nommé Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI par le président Fernando Collor. Il y dirigeait déjà la Coordination des Indiens Isolés. Il a notamment œuvré à la démarcation de la Terre Indigène Yanomami. Il a été démis de la présidence de la FUNAI en mai 1993 par Itamar Franco alors Président de la République. Interrogé par l’agence UOL, il dit que cette décoration « a perdu sa raison d’être » et que c’est pour cela qu’il l’a rendue. « Cette médaille remise à qui que cela soit, transforme le bourreau en héros… »

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

  • Brésil : des menaces sur des indiens en situation d’isolement volontaire

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Ministério Público Federal, MPF, Terra Indígena, Ituna/Itatá, Jacareúba/Katawixi, Piripkura, Belo Monte, rio Xingu, Pará, Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact, Observatório dos Direitos Humanos dos Povos Indígenas Isolados e de Recente Contato, OPI, Zequinha MarinhoDes indices montrent que la Terre Indigène (TI) Ituna/Itatá* est occupée par des indiens en situation d’isolement volontaire. Le contact avec un groupe jusque-là isolé, se traduit souvent par un choc microbien susceptible de mettre en cause l’existence même de celui-ci. Cette TI se situe dans la zone touchée par la construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. Une région qui a vu l’arrivée massive de nouveaux habitants en recherche d’emploi. La déforestation y est importante, souvent conséquence de la présence de grileiros (occupants illégaux), venus surtout depuis la fin du chantier de l’usine hydro-électrique. 

    Pour protéger ces éventuels groupes indigènes isolés, la TI a fait l’objet d’une « restriction d’usage » par des arrêtés successifs de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI depuis janvier 2011. Cette protection a été renouvelée pour trois ans en janvier 2019… La prorogation devant ainsi intervenir en ce début 2022. Une démarche contestée.

    Déjà, en septembre 2019, le sénateur de l’État du Pará, Zequinha Marinho, a contesté la présence d’indiens sur cette terre protégée. Il l’a fait en plénière du Sénat et dans un courrier à la présidence de la République. La FUNAI a organisé une expédition dans la région en août-septembre 2021. Dans une note de fin janvier dernier, elle affirme ne pas y avoir pas décelé d’indices prouvant la présence d’indiens isolés pouvant justifier la prolongation de cette protection. Cependant, sur injonction de la justice, elle a prolongé de six mois la validité de la restriction d’usage.

    Ce résultat – provisoire – est le fruit de la pression des organisations indigènes et indigénistes qui se sont mobilisées pour maintenir cette protection. Le Conseil National des Droits Humains – CNDH, l’Observatoire des droits Humains des Peuples indigènes Isolés et de récent contact – OPI, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB ont publié des rapports, lettres ouvertes et pétition.

    L’issue de ce bras de fer est incertaine. D’autres groupes isolés sont également en danger !

    ***

    *Située dans l’État du Pará, elle a une superficie d’environ 1’424 km2

    Illustration publiée par Amazônia Real: 04/02/2022 : les TI Jacareúba/Katawixi, Piripkura et Pirititi sont aussi potentiellement occupées par des groupes indigènes en situation d’isolement volontaire. Elles font également l’objet d’arrêtés de « restriction d’usage ». Elles sont dans la même situation que la TI Ituna/Itatá. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, la FUNAI veut réduire d’un tiers le nombre de Terres Indigènes qu’elle doit protéger

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    Brésil, Brasil, Brasilia, Manaus, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, APIB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Fondation Nationale de l’Indien, Fundação Nacional do Indio, FUNAI, Alcir Amaral Teixeira, ISA, Instituto Socioambiental, Ministério Público Federal, MPF, Ofício Circular No 18/2021/CGMT/DPT/FUNAI, Supremo Tribunal Federal, STF, Ato das disposições constitucionais transitóriasFin décembre 2021/début janvier 2022, les organisations indigènes brésiliennes ont eu connaissance d’une circulaire signée par Alcir Amaral Teixeira, le Coordinateur général de la surveillance territoriale (des Terres Indigènes - TI) à la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Dans ce document, le Coordinateur demande à ses services subordonnés, qu’à l’avenir, les plans de protection territoriale ne devront concerner que les TI « homologuées », c’est à dire celles dont le processus de protection est finalisé. Selon l’Institut Socio-Environnemental – ISA, sur les 726 TI que compte le Brésil, seulement 487 sont homologuées. Ainsi la FUNAI abandonnerait la protection d’un tiers des TI du pays. Les organisations indigènes n’ont pas tardé à réagir.

    Le 10 janvier, la COIAB* et l’APIB* se sont adressées au Ministère Public Fédéral, la première à Manaus et la deuxième à Brasilia, en demandant la suspension des effets de la circulaire et une enquête sur d’éventuels délits administratifs commis par Alcir Amaral Teixeira. L’APIB s’est également adressée au Tribunal Supérieur Fédéral pour demander que le gouvernement brésilien respecte les droits territoriaux constitutionnels des peuples indigènes. Ces derniers s’appliquent indépendamment du statut juridique des TI.

    L’article 67 de l’Acte des dispositions constitutionnelles transitoires, adopté en même temps que la Constitution de 1988, prévoit que l’Union doit conclure la démarcation des TI dans un délai de cinq ans, soit en octobre 1993 !

    L’actuel Président brésilien, en novembre 2018, avant même sa prise de pouvoir, avait annoncé qu’il n’y aurait plus de démarcation de Terres Indigènes ! 

    La volonté des Constituants est loin d’avoir été respectée.

    Á suivre !

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    *COIAB > Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne

    **APIB > Articulation des Peuples Indigènes du Brésil

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    Illustration : La carte des Terres indigènes du Brésil publiée par l’ISA. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

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    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 140, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, la violence contre les peuples indigènes en 2020

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    Brésil, Brasil, Conseil Indigéniste Missionnaire, Conselho Indigenista Missionário,  Cimi, Conferência Nacional dos Bispos do Brasil, CNBB, Violência contra os Povos Indígenas no Brasil, Covid-19, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Jair Bolsonaro, Dom Roque Paloschi, Terras Indígenas, TI, Munduruku, Rio Tapajós, Sinop, Mato Grosso, Miritituba, Pará, Convention 169, OIT, Société pour les Peuples Menacés, Suisse, SPM, Alessandra Korap, Juarez Saw Munduruku, Banque nationale, Secrétariat d’État aux questions Financières Internationales, SFI, Secrétariat d’État à l’économie, SECO, Autorité fédérale de surveillance des marchés financier, FINMA, Ferrogrão, EF-170Le rapport publié ce 28 octobre par le Conseil Indigéniste Missionnaire* (CIMI) sur la Violence contre les Peuples Indigènes du Brésil en 2020 est dédié à toutes les victimes indigènes de la pandémie de la Covid-19 du Brésil. Leur nombre est incertain. Les observateurs s’accordent pour affirmer que la sous-notification est générale pour le Brésil. Elle a tout lieu de l’être davantage pour les populations indigènes. Au 29 décembre 2020, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI, l’organe national en charge du service de santé auprès des peuples indigènes, annonçait 37'627 cas confirmés de Covid-19 et 507 décès dus à la pandémie parmi les 755'000 indigènes sous sa responsabilité dans les 34 Districts sanitaires spéciaux indigènes du pays. Et le SESAI ne prend pas en compte les indigènes vivant dans les agglomérations. Á la même date, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB recensait 43'524 cas confirmés et 901 décès au sein de 161 peuples.

    Dans son document, le CIMI** classe cette violence dans trois catégories : 1.- La violence contre le patrimoine. 2.- La violence contre les personnes et 3.- La violence par omission des pouvoirs publics.

    Dans la première catégorie, 832 Terres indigènes (TI) sont en attente de régularisation, soit autant qu’en 2019 : 829. Les cas d’invasion de TI, d’exploitation illégale de ressources naturelles et dégâts divers au patrimoine sont restés nombreux : 263 (256 en 2019). Il en avait été dénombré « que » 109 en 2018. Dans la deuxième catégorie, il a été compté 304 cas de violence contre la personne (276 en 2019), dont 182 assassinats (133 en 2019). Dans la troisième catégorie, le CIMI a relevé 177 cas de violence par l’inaction des pouvoirs publics, moins que les 267 cas relevés en 2019. Une réduction particulièrement sensible dans le domaine de la scolarité indigène : 23 cas en 2020 pour 66 cas en 2019. En pleine pandémie, les invasions de TI et les assassinats d’indigènes ont été en augmentation au cours de cette deuxième année du mandat de Jair Bolsonaro. Le président du Cimi, Dom Roque Paloschi, le relève dans la présentation du rapport : « [La]Violence comme pratique de gouvernement : une douloureuse et dramatique réalité dans le Brésil de Bolsonaro » […..] «  Jamais avant, dans l’histoire de ce pays, un gouvernement n’a agi de manière aussi scandaleuse et préméditée pour stimuler la dévastation et la destruction de parcelles du patrimoine public, les terres indigènes et les aires environnementales »

    Dans le rapport du CIMI, le peuple Munduruku est l’un des peuples indigènes cité de nombreuses fois, en particulier dans le chapitre traitant de la violence contre le patrimoine. Plusieurs communautés s’inquiètent à propos de projets de construction de barrages hydro-électriques, de ports sur le Rio Tapajós, mais aussi - et surtout - de la construction d’une voie ferrée de 933 km - Appelée « Ferrogrão - EF-170 » pour faciliter l’exportation du soja et du maïs produits dans le Centre Ouest brésilien. Le projet est de relier la municipalité de Sinop dans l’État du Mato Grosso au port de Miritituba dans l’État du Pará. Un tracé parallèle à la route BR-163.

    Pour répondre aux exigences de la Convention 169 de l’OIT sur les droits des peuples indigènes, notamment le droit des communautés à un consentement préalable, libre et informé, les organes gouvernementaux ont choisi eux-mêmes un indigène pour obtenir l’approbation des Munduruku sur leur projet de voie ferrée. Pour les Munduruku  « … ces projets n’apportent que de la destruction ! ». Ils s’organisent pour défendre leurs territoires. Cette résistance, ils sont venus jusqu’en Suisse pour la manifester. En effet, des banques helvétiques ont une participation financière dans les entreprises intéressées par la construction de ces infrastructures. C’est ce que montre un rapport de la Société pour les Peuples Menacés /Suisse - SPM. Le 30 septembre dernier, la SPM a invité deux leaders Munduruku, Alessandra Korap et le cacique Juarez Saw Munduruku à Berne. Avec eux, elle a tenu une réunion à la Banque nationale avec des représentants du Secrétariat d’État aux questions Financières Internationales – SFI, du Secrétariat d’État à l’économie – SECO et de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financier- FINMA. Quelle sera l’attitude des banques suisses ? Répondront-elles aux demandes des communautés autochtones ? Respecteront-elles droit des communautés à un consentement préalable, libre et éclairé ? Seront-elles impliquées dans des actes de violence contre les peuples indigènes du Brésil ?

    ***

    *L’organisme de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB en charge des questions indigènes.

    **Une synthèse a été publiée en français.

    ***

    PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 9 octobre 2020, 17 octobre 2019, 17 novembre 2018, 16 novembre 2017, 4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010

    PS 2 : Couverture / Photo de Chico Batata /Greenpeace Brasil / Elle a été prise en mai 2020 lors d’un survol d’un site d’orpaillage illégal de la Terre Indigène Yanomami -TI-Y (dans la partie de l’État de Roraima). L’Hutukara Associação Yanomami – HAY estime à 20'000 le nombre de garimpeiros présents dans ce territoire. Cliquer sur l’illustration pour en agrandir la taille.

    PS 3 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brasilia : des milliers de femmes indigènes manifestent pour la vie

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    Alors qu’elles étaient dans la capitale fédérale, le 9 septembre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF poursuivait le jugement opposant un groupe de fazendeiros, soutenu par le gouvernement de l’État de Santa Catarina, au peuple Xokleng. Un conflit dit de la « Marque temporelle » relatif à la démarcation de la Terre Indigène (TI) Ibirama-La-Klano. Le STF - qui avait annoncé que sa décision aurait une portée générale - doit dire si la démarcation (la protection officielle) d’une TI est possible même si elle n’était pas occupée au moment de l’adoption de la Constitution en 1988. Ce jour-là le juge rapporteur de la cause, Edson Fachin, s’est prononcé contre cette limitation. Ce qui a réjoui les indigènes venus suivre les débats sur un écran géant.**

    La marche prévue le 9 septembre a été reportée au lendemain. Le cortège est passé par la place où, au matin du 20 avril 1997, un groupe de cinq jeunes à bouté le feu à un indigène - Galdino de Jesus dos Santos, 44 ans, Pataxo-hã-hã-hãe - qui dormait à un arrêt de bus. Le leader indigène n’a pas survécu à ses brûlures. Un mannequin à l’effigie de Bolsonaro y a été brûlé « Ensemble nous brûlons le racisme, la violence contre les femmes et pour que jamais plus un indigène soit brûlé vif dans ce pays. » dit Sônia Bone Guajajara, leader de l’APIB. Cette 2e marche des Femmes indigènes suit le Campement « Lutte pour la vie » qui a eu lieu également à Brasilia entre le 22 et le 28 août organisé par l’APIB**.

    Ces mobilisations ont une répercussion au niveau international. La situation des indigènes du Brésil préoccupe divers organes des Nations Unies. Le 25 août le Comité de l’ONU contre la Discrimination Raciale - CERD a questionné le Gouvernement brésilien sur sa politique en matière de non-discrimination, en particulier l’accès des peuples indigènes aux services de santé, y compris ceux qui vivent en dehors des Terres Indigènes. De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de l’ouverture – le 13 septembre - de la 48e session du Conseil des droits de l’homme s’est dite inquiète des attaques récentes effectuées par des garimpeiros contre les Yanomami et Munduruku***. Elle demande aux autorités brésiliennes de ne pas dénoncer la ratification de la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux comme le prévoit le Projet de Décret Législatif PDL No 177/2021 déposé le 27 avril 2021 par le député Alceu Moreira (MDB-RS).

    Comme jamais depuis de nombreuses années, les menaces qui pèsent sur l’avenir des peuples indigènes du Brésil ont été aussi graves. Mais ceux-ci sont décidés à défendre leurs droits.

    ***

    *La première fois c’était en 2019.Voir sur ce blog, la note du 19 août 2019

    **Voir sur ce blog, la note du 30 août 2021. L’examen du différend s’est poursuivi le 15 septembre par le vote du ministre Nunes Marques qui s’est déclaré favorable à la « Marque temporelle ». Un autre juge, Alexandre de Moraes, a demandé plus de temps pour se décider. Le jugement est remis à une date ultérieure non fixée. Le 16 septembre, 150 leaders indigènes de 13 peuples différents ont adresser un courrier à ce juge lui demandant de s’opposer à la « marque temporelle » et la reprise rapide du jugement.

    ***Voir sur ce blog, la note du 28 mai 2021

    ***

    Illustration : « 2e marche des femmes indigènes ».Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève – Attention : le No de CCP de AYA a changé, le nouveau no est le CCP 15-728614-8 et l’IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brasilia : La police réprime une manifestation indigène

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Brasilia, Câmara dos Deputados, Polícia Militar, Jair Bolsonaro, balas de borracha, bombas de gás lacrimogêneo, Comissão de Constituição e Justiça, CCJ, PL 490/2007, Arthur Oliveira Maia, Joênia Wapichana, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Convention 169, Organisation Internationale du Travail, OIT, Convenção 169, Organização Internacional do Trabalho, génocide, genocídio, Levante pela Terra, PDL no 177/2021, STF, Supremo Tribunal Federal, demarcação, Terras Indígenas, démarcation, Presidente da RepúblicaÁ Brasilia, en fin de matinée du 22 juin, dans les environs de la Chambre des Députés, une manifestation pacifique d’indigènes a été violemment réprimée par la Police Militaire qui a utilisé des gaz lacrymogènes, balles de caoutchouc et sprays au poivre… Bilan : trois blessés légers et une dizaine de personnes souffrant de problèmes respiratoires. Un policier atteint d’une flèche a été soigné au Département médical de la Chambre.

    Les indigènes étaient là pour suivre la discussion du Projet de loi No 490/2007 (PL 490) par la Commission Constitution, Justice et Citoyenneté de la Chambre de Députés. La Commission examinait le rapport du Député Arthur Oliveira Maia. Il s’agit d’un texte qui porte gravement atteinte à leurs droits territoriaux. En particulier, il limite et remet en cause la démarcation des Terres Indigènes. Le 23 juin, la Commission a accepté ce projet par 40 voix contre 21. Il devrait être soumis en plénière de la Chambre à la fin de ce mois.

    Opposée à ce texte, la députée Joênia Wapichana, avocate, première femme indigène élue à la Chambre des députés a demandé un vote séparé. Elle relève la flagrante inconstitutionnalité du Projet de loi et l’absence de consultation des peuples indigènes. Elle trouve le moment totalement inopportun de soumettre ce projet au Congrès national alors que ce dernier devrait se consacrer à lutter contre la pandémie du covid-19 : « Il n’est pas concevable que la priorité soit de mobiliser le Congrès National pour retirer des droits à la partie la plus vulnérable de la population brésilienne ! »

    Pour l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Le PL 490 est un projet phare de Jair Bolsonaro et du groupe de pression qui dit représenter l’agrobusiness. Dans la pratique, s’il est approuvé par la Chambre, il va rendre impossible les nouvelles démarcations de Terres Indigènes, permettre l’annulation de la démarcation d’autres et en ouvrir à des activités prédatrices comme l’orpaillage, la construction de routes ou d’usines électriques. Selon notre évaluation, et celle de juristes, la proposition de loi est inconstitutionnelle ». Pour la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne - COIAB « Le PL 490 est la reprise du génocide dans ce pays. C’est une attaque à nos droits fondamentaux garantis dans l’article 231 de la Constitution Fédérale et dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. Une proposition complétement inconstitutionnelle prise sans consultation des populations affectées… »

    Plus de 170 organisations de la société civile ont signé une note de protestation : « Nous appuyons les Peuples indigènes dans leur lutte contre la destruction de la forêt, pour leur droit à leur terre ancestrale et, par-dessus tout leur droit constitutionnel de choisir leur mode de vie. »

    Depuis le 8 juin, à l’appel de l’Articulation des Peuples Indignes du Brésil – APIB, des représentants de nombreux peuples indigènes sont à Brasilia participent à un campement « Levante pela Terra » (Soulèvement pour la Terre) pour protester contre les nombreuses attaques dont ils sont l’objet, sous différentes formes dans les différentes parties du pays. Le 15 juin, l’APIB a publié un manifeste pour le droit des peuples autochtones à la vie et au territoire*. Une première partie demande l’interruption immédiate de toute mesure anti-autochtones au Congrès national, soit le classement de six projets de loi, dont le PL 490 et le Projet de Décret Législatif No 177/2021 qui autorise le Président de la république à dénoncer la Convention 169 de l’Organisation International du Travail. La deuxième partie s’adresse au Tribunal Suprême Fédéral qui doit se prononcer sur les conditions à respecter pour la démarcation des Terres Indigènes.

    Le 23 juin, des artistes, des juristes et personnalités diverses ont adressé une lettre ouverte au Tribunal Suprême Fédéral demandant la protection des droits des indigènes. Le public est appelé à signer cette lettre jusqu’au 29 juin.

    Les peuples indigènes brésiliens vivent un moment crucial de leur histoire !

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    *Voir la version française

    Illustration (Capture d’écran): PL 490 Mata > Le Projet de Loi 490 Tue. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

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  • Brésil : L’action violente de garimpeiros contre les indigènes Yanomami et Mundurucu

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Hutukara Associação Yanomami, HAY, garimpeiros, orpailleurs, rio Uraricoeira, Palimiú, Terra Indígena Yanomami, Terra Indígena Mundurucu, Terra Indígena Sai Cinza, Fondation Nationale de l’Indien, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Frente de Proteção Etnoambiental Yanomami, Polícia Federal, Armée, Exército, Ministério Público Federal, Roraima, Elayne Rodigues Maciel, Boa Vista, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, Câmara dos Deputados, ADPF 709 TPI /DF, Supremo Tribunal Federal, STF, Amazônia Real, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Premier Commando de la Capitale, Primeiro Comando da Capital, PCC, São Paulo, Operação Mundurukânia, Maria Leusa Kaba Munduruku, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Joênia Wapichana, FantásticoLe 10 mai, l’Hutukara Associação Yanomami – HAY annonce que, vers 11h30, des garimpeiros (orpailleurs illégaux), arrivés par le rio Uraricoeira sur sept barques, ont accosté à proximité de la communauté Yanomami de Palimiú* située dans le nord de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Ils ont attaqué les indigènes qui ont riposté. La fusillade aurait duré une demi-heure. L’HAY signale cinq blessés : quatre garimpeiros et un indigène. Elle demande l’intervention urgente de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, de la Police Fédérale, de l’Armée et du Ministère Public Fédéral de Roraima pour empêcher la poursuite de la violence et garantir la sécurité de la communauté. Les garimpeiros ont également tirés en direction d’agents de la Police Fédérale venus enquêter sur les événements.

    Le même jour, la Coordinatrice du Front de protection ethno-environnemental Yanomami – Ye’kwana de la FUNAI, Elayne Rodigues Maciel publie un rapport rappelant les faits qui lui ont été transmis par un indigène. Le 11 mai, par un communiqué de presse, le service de communication de la FUNAI informe, qu’avec les autorités policières, elle va suivre l’enquête sur le « supposé conflit » survenu le 10 mai. Elle indique également que le rapport dont il est question ci-dessus « ne reflète pas la position officielle de la Fondation… ».

    Le 15 mai, une délégation de leaders Yanomami a tenu une conférence de presse à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima. Dans une note, elle a rappelé comment, pour se protéger des tirs, les membres de la communauté, et parmi eux beaucoup d’enfants, se sont enfuis dans la forêt. Le 11 mai au matin, les adultes sont partis à leur recherche et les ont retrouvés sains et saufs. Mais deux fillettes, âgées d’un an et de 5 ans, ont été retrouvées sans vie dans le rio Uraricoeira. Dans la nuit du 14 mai les garimpeiros sont à nouveau entrés dans la communauté désertée par ses habitants partis se cacher dans la forêt.

    Les incidents se sont poursuivis les jours suivants. Le 17 mai l’HAY signale que la veille au soir, les garimpeiros sont revenus à bord de 15 barques. Ils ont tiré en direction de la communauté et lancé des gaz lacrymogènes. Elle réitère sa demande de protection. Une autre tentative d’invasion a eu lieu au soir du 19 mai, mais les garimpeiros seraient repartis quand ils ont vu les indigènes monter la garde.

    Les incidents survenus dans la communauté de Palimiú ont suscité l’intérêt de plusieurs médias. L’agence Amazônia Real a révélé que des garimpeiros seraient liés à un groupe de trafiquants de drogue, le Premier Commando de la Capitale – PCC de São Paulo. L’agence G1.globo a consacré une émission de Fantastico sur les événements.

    Plusieurs institutions demandent l’intervention des forces de sécurité. Le Ministère Public Fédéral, le 12 mai déjà, demande l’évacuation des garimpeiros dans un rayon de 100 km.

    Le 18 mai, la Commission des Droits Humains et des Minorités de la Chambre des Députés demande à se rendre sur place : « Nous sommes devant une situation extrême avec une grande possibilité d’extermination du peuple Yanomami. Devant ce cas tragique, nous proposons l’institution d’une délégation parlementaire pour tenter résoudre le conflit survenu dans cette Terre Indigène ». Avec le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes – FPMDDPI, la Commission a demandé au Tribunal Suprême Fédéral -STF de retirer les garimpeiros illégaux de la TI-Y et de protéger le peuple Yanomami.

    Ces incidents ont eu un écho au niveau international. Le 19 mai, la Commission Interaméricaine des Droits Humains - CIDH de l’Organisation des États américains et le Secrétariat d’Amérique du Sud du Haut-Commissariat de l’ONU des Droits humains exhortent l’État brésilien de protéger la vie, l’intégrité personnelle, les territoires et les ressources naturelles des peuples Yanomami et Munduruku.

    Le 19 mai, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et plusieurs entités ont également adressé une nouvelle demande au STF pour que ce dernier ordonne au Gouvernement de prendre immédiatement des mesures pour de mettre fin à l’orpaillage illégal et à la déforestation dans les TI-Y, TI-Mundurucu et plusieurs autres. Le 24 mai, Luis Roberto Barroso, ministre du STF a répondu favorablement à cette demande.

    Une première réponse au STF est venue de la Police Fédérale. Le 25 mai, elle a déclenché l’ « Opération Mundurukânia » dans la municipalité de Jacareacanga (État du Pará) pour mettre un terme à l’activité des garimpeiros dans les TI Munduruku et Sai Cinza. Le lendemain, elle a dû faire front aux manifestants garimpeiros décidés à occuper le siège de l’opération. Mais cela n’a pas empêché ceux-ci d’incendier la maison de Maria Leusa Kaba Munduruku, coordinatrice de l’Association des femmes Munduruku Wakoborün, organisation opposée à l’orpaillage. L’APIB, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, plusieurs organisations locales et la députée Joênia Wapichana ont dénoncé cette violence et demandé la protection des peuples indigènes.

    ***

    *Le Centre de santé indigène (le Polo base) de Palimiu est au service d’environ 850 Yanomami.

    Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS 1: Sur e blog, la note du 6 avril dernier a déjà traité du recours à la justice.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

     

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  • Brésil : un « Avril indigène » particulier

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    La 17e édition du « Campement Terre Libre »

    Depuis 1943 le Brésil célèbre le « Jour de l’Indien » le 19 avril. Une date proposée par le premier Congrès indigéniste interaméricain réuni à Mexico en 1940. Depuis 17 ans, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB organise – en avril - un « Campement Terre Libre ». Le dernier rassemblement en présentiel, celui de 2019, avait réuni, à Brasilia, plusieurs milliers d’indigènes représentant 300 peuples de tout le pays. En raison de la pandémie de la Covid-19, comme en 2020, cette 17e édition s’est déroulée en visioconférences.

    Au total 126 « Évènements » (Conférences, débats, diffusion de documentaires, etc.) ont été présentés du 5 au 30 avril par la demi-douzaine des principales organisations membres de l’APIB : La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes de la Région Sud - ARPIN SUL, Conseil Terena, etc. Chaque semaine a porté sur un thème : le droit d’exister, la vie des indigènes est importante, l’état d’urgence, et, pour les six derniers jours : « Nous décidons de ne pas mourir ».

    Á Manaus, dans l’État d’Amazonas, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes – FAMDDI (auquel appartient l’association SECOYA « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami - le partenaire de AYA) a organisé les 29 et 30 avril un séminaire sur les différents aspects de la tragédie vécue par les peuples indigènes du Brésil et d’Amazonie en particulier. Le Front appelle à la mobilisation pour la défense des peuples originaires.

    Le 22 avril, il est question de l’Amazonie à Washington

    Le 22 avril, Journée de la Terre, le président des USA, Joe Biden, a convoqué une quarantaine de chefs d’État pour un sommet portant sur la lutte contre le réchauffement climatique. Les médias ont largement relayé l’événement qui a eu lieu en visioconférences. Le président brésilien était au nombre des invités. Dans son discours, repris pour l’essentiel d’une lettre envoyée à la Maison Blanche le 14 avril déjà, Jair Bolsonaro, rappelle les efforts du Brésil pour la préservation de l’environnement. Il a annoncé son engagement d’éliminer la déforestation illégale d’ici 2030… Il évoque la nécessité d’améliorer la vie des 23 millions de Brésiliens vivant en Amazonie… Il estime fondamental de pouvoir compter sur la contribution de pays, entreprises et entités disposées à agir de manière immédiate… De nombreux observateurs ont relevé que l’action gouvernementale actuelle n’allait pas dans le sens de la protection de l’environnement !

    Lors de ce sommet, le Département d’État américain avait organisé différentes séances parallèles. L’une de celles-ci avait pour thème « l’Action climatique à tous les niveaux ». Un débat animé par Michael S. Regan, administrateur de l’Agence (US) de protection de l’environnement. Les intervenantes : huit femmes, dont Anne Hidalgo, Maire de Paris. Les indigènes du Brésil se sont exprimés par la voix de Sineia Bezerra do Vale, une intervention de plus de six minutes prononcée depuis le siège du Conseil Indigène de Roraima – CIR à Boa Vista : « Le changement climatique ne va pas arriver ! Il est déjà arrivé dans les communautés indigènes…. Quand nous parlons du climat et de l’Accord de Paris, nous parlons aussi de la garantie des droits pour que la conservation des forêts du Brésil, en Amazonie ou dans un autre biome, soit effective dans les Unités de conservation et dans les Terres Indigènes ». Elle a demandé le respect des droits garantis par la Constitution fédérale de 1988, dont la démarcation des Territoires indigènes.

    La FUNAI tente de réduire au silence deux leaders indigènes

    Le 30 avril, Sônia Guajajara, leader de l’APIB, a été convoquée par la Police Fédérale à la demande de la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI. Cette dernière se plaint de la diffusion, en 2020 sur le site de l’Articulation, d’une série de huit vidéos sur la situation des peuples indigènes touchés par la pandémie de la Covid19. Pour la Fondation, il s’agit d’une campagne de diffamation et de calomnies contre le Gouvernement. Pour l’Articulation, « Le Gouvernement fédéral, une fois de plus, tente de criminaliser le mouvement indigène, intimider l’APIB et son réseau d’organisations de base et l’une de ses coordinatrices exécutives par un acte de persécution politique et raciste. » Plusieurs organisations ont manifesté leur soutien à Sônia. L’APIB a alerté la Commission Interaméricaine des Droits Humains et elle a fait recours auprès de la Justice fédérale. Celle-ci a estimé que la démarche de la FUNAI avait pour objet d’empêcher l’APIB de critiquer l’action du gouvernement. Elle ordonne le classement de la plainte.

    Un autre leader indigène, Almir Suruí, a lui aussi fait l’objet, d’une plainte de la FUNAI. Celle-ci lui reprocherait de l’avoir diffamée à l’occasion d’une campagne intitulée « Povos da floresta contra Covid-19 » conduite en septembre 2020 par l’association Metareilá du peuple Indigène Suruí. Le 7 mai, la Police Fédérale a classé la plainte…

    Pour l’APIB, la FUNAI mérite une nouvelle appellation : Fondation Nationale d’INTIMIDATION de l’Indien !

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

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  • Brésil : La FUNAI favorise la division des indigènes

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    Brasil, Brésil, Funai, Fundação Nacional do Índio, Fondation Nationale de l’Indien, Sônia Guajajara, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Union Européenne, Mercosur, Mercosul, Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, decreto No 7.747 de 5 de junho de 2012, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Dilma Rousseff, Joe Biden, USASur son site, le 29 mars, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI publie la copie d’une lettre, adressée à plusieurs institutions européennes* par trois porte-paroles d’un « Groupe d’agriculteurs et producteurs indigènes ». Dès le premier paragraphe, les auteurs attaquent Sônia Guajajara leader de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Ils affirment que l’Articulation est une organisation inconnue de la majorité des peuples indigènes du Brésil. Ils contestent la représentativité de Sônia qu’ils accusent de faire de la politique contre le gouvernement : « Une usurpatrice qui peut mentir sans gêne et demander, par exemple, la non-signature de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur… Pour nous, il est clair qu’il s’agit d’une trahison à la Patrie de la part d’une personne qui répète les phrases imposées par les ennemis du Brésil.»

    Parlant de leur Groupe, qu’ils affirment représenter approximativement 70 peuples indigènes, qui, tout en conservant leurs traditions et coutumes, ont choisi d’entreprendre, de produire et commercialiser comme n’importe quel autre producteur du Brésil et du monde : « Nous ne voulons plus vivre de l’assistance, ni de la charité de personne…  Nous habitons sur environ 35 millions d’hectares où il est possible de d’exercer tout type d’activité productive pouvant apporter le développement des Peuples indigènes dans les régions où ils sont insérés et aussi du Brésil… Nous sommes des indigènes brésiliens fiers de notre drapeau… Au contraire de cette femme qui n’aime pas le Brésil, nous du groupe d’agriculteurs de producteurs indigènes, jamais nous nous soulèverons contre notre patrie aimée, le Brésil.».

    L’APIB a réagi dès le 31 mars. Sous le titre « Le gouvernement Bolsonaro et ses alliés du parlement promeuvent divisions et conflits entre indigènes pour massacrer nos droits fondamentaux » : « La stratégie est ancienne et continue depuis l’invasion européenne, utilisée pour affaiblir, disqualifier et démobiliser le mouvement indigène et anéantir nos droits fondamentaux… L’usage de la communication du gouvernement pour alimenter les divergences, rivalités et conflits entre indigènes cache l’incompétence de l’actuelle gestion et dévie les regards de son projet génocide et écocide… Nos leaders et dirigeants de l’APIB comme Sônia Guajajara ont gagné leur légitimité au sein des bases du mouvement et la reconnaissance internationale pour avoir consacré leur vie à la protection et la promotion des droits des peuples indigènes du Brésil… »

    Dans les jours qui ont suivi, une dizaine d’organisations et de fédérations indigènes de différentes régions du pays ont manifesté leur soutien à l’APIB et à Sônia. Au parlement fédéral, le Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes – FPMDDPI qui regroupe des Députés et des Sénateurs fédéraux a également manifesté sa solidarité à l’égard de l’APIB et de Sônia. Il exprime sa désapprobation à l’égard de cette tentative de criminalisation des organisations qui luttent pour les droits des peuples indigènes.

    Le 5 avril, la FUNAI a encore publié une lettre que le même groupe d’agriculteurs a adressée au président des USA, Joe Biden, dans laquelle il dénonce l’APIB. Cette dernière, le 9 mars, avait écrit au président américain pour lui demander d’inclure les peuples indigènes dans les débats en vue de l’élaboration du plan de protection de l’Amazonie, un élément de sa stratégie de combat contre le changement climatique. L’APIB redoute des négociations secrètes entre le Brésil et les USA… Un dossier important !

    Pour rappel, la FUNAI, actuellement présidée par Marcelo Augusto Xavier da Silva** a été créée en 1967. Sa mission institutionnelle d’origine est de protéger et de promouvoir les droits des peuples indigènes… En matière de gestion territoriale et environnementale des Terres Indigènes, un décret de juin 2012 signé par Dilma Rousseff, qui, dans son art. 4 (axe 5) prévoit de promouvoir les initiatives productives indigènes. Ce décret sert de base à l’élaboration et au suivi de « Plans de gestion territoriale et environnementales – PGTA pour lesquels la FUNAI est sensée s’impliquer

    ***

    *Parlement européen / Conseil européen / Conseil de l’Union européenne / Commission Européenne / Cour de Justice de l’Union européenne / Cour des comptes européenne / Banque Centrale européenne 

    **Voir sur ce blog, la note du 6 août 2019

    Illustration, traduction : « DIVISER POUR DEVASTER / Le gouvernement stimule les conflits entre indigènes pour massacrer (leurs) droits / Note de l’APIB contre la criminalisation du mouvement indigène et en appui à Sônia Guajajara ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève