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  • Les élections au Brésil : pas toujours facile de participer !

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    En Suisse, nous sommes appelés aux urnes plusieurs fois dans l’année. Le vote par correspondance et la proximité des locaux de vote facilitent l’expression des citoyen-es. Reste que malgré ces dispositions, les taux d’abstention sont élevés. Au Brésil, les électrices et électeurs sont appelés aux urnes tous les quatre ans pour les élections municipales (la dernière fois en 2020). Et aussi tous les quatre ans – c’est le cas cette année – pour l’élection des membres de la Chambre des Députés, d’une partie du Sénat, des Gouverneurs et des Assemblées législatives des vingt-sept États de l’Union et la Présidence de la République. C’est le deuxième tour qui a lieu ce 30 octobre. Il s’agit d’un vote au moyen d’urnes électroniques ce qui accélère le dépouillement. Mais du point de vue géographique, le Brésil n’est pas la Suisse. Il y a, certes, de grandes agglomérations (São Paulo, Rio de Janeiro…), mais aussi de grandes zones rurales à très faible densité démographique où, pour les citoyen-es, se déplacer pour aller voter prend du temps et peut réserver des surprises comme cela est arrivé récemment.

    Le 18 octobre, l’Association Conseil aux peuples de la Forêt – Aflora* de Manaus s’est adressée au Ministère Public Fédéral pour lui signaler qu’environ 400 Yanomami originaires du Haut Rio Demini étaient restés bloqués à Barcelos**(État d’Amazonas), chef-lieu de leur commune, où ils étaient « descendus » pour voter le 2 octobre. Il n’y avait pas de local de vote à proximité de leurs « xapono »*** (villages). Ils comptaient sur l’appui de la municipalité pour rentrer chez eux. Leurs villages les plus proches sont à environ 14 heures de pirogue du chef-lieu. Á Barcelos, le taux d’abstention a été de 35,97%. Un même taux d’abstention a été observé dans les deux communes un peu plus à l’ouest qui comptent, elles aussi, de nombreuses communautés indigènes : à Santa Isabel do Rio Negro, il a été de 37,5%  et à São Gabriel da Cachoeira 32,47%. Au niveau national il a été de 20,95 %.

    Ailleurs au Brésil, d’autres communautés indigènes ont eu des problèmes de participation. Le 21 octobre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a demandé au Tribunal Supérieur Électoral (TSE)  que des mesures soient prises pour garantir – sur tout le territoire national – le transport et la sécurité de la population indigène permettant à celle-ci d’exercer son droit de vote lors du 2ème tour ce 30 octobre. Dans son courrier, l’Articulation rapporte des cas d’absence de moyens de transport et des cas d’intimidations à l’origine d’un taux élevé d’abstention (27,8% dans une commune de l’État de Bahia).

    Le 19 octobre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF a autorisé les administrations communales à fournir des transports publics gratuits le jour des élections sans que cela constitue un crime électoral. Qu’en est-il pour les communautés indigènes éloignées des locaux de votes quand le déplacement s’étend au-delà du jour des élections ?

    ***

    *Aflora est un partenaire de la Secoya – Service et Coopération avec le peuple Yanomami dont l’action est soutenue par AYA.

    **Avec ses 122’476 km2, (soit quasiment trois fois la Suisse) la Commune de Barcelos est immense. Le préfet (le maire) Edson de Paula Rodrigues Mendes, est affilié au Mouvement Démocratique Brésilien (MDB), Selon un relevé de l’APIB, au Congrès national, ce parti a soutenu 91 % des projets du gouvernement.

    ***Prononcer « Chapono »

    ***

    PS 1 : Pour le premier tour, voir sur ce blog la note du 12 octobre 2022 et du 22 septembre 2022

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, 1er tour des élections : deux femmes Indigènes à la Chambre des Députés

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, eleições, élections, 2022, Lula, Bolsonaro, Genève, Zurich, Câmara dos Deputados, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Liberal, PL, Assembleia Legislativa, São Paulo, Bancada do Cocar, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Sônia Guajajara, PSOL, São Paulo, Célia Xakriaba, Minas Gerais, Paulo Guedes, Joênia Wapichana, Roraima, Silvia Waiãpi, Amapá, Juliana CardosoLes élections brésiliennes du 2 octobre, en particulier le scrutin concernant la présidence du pays, ont abondamment été commentées dans les médias. Pour rappel, Lula a obtenu 57'258'115 voix (48,43 %), Bolsonaro 51’071'277 voix, (43,20 %). Un deuxième tour aura lieu le 30 octobre. Á relever qu’à Genève, la police a dû intervenir pour éviter un affrontement physique entre les supporters de Lula et ceux de Bolsonaro. Selon Swissinfo, dans la cité du bout du lac, Lula a obtenu 1'981 voix et Bolsonaro 1'930. Á Zurich, Lula a obtenu 47 % des voix et Bolsonaro 39,4 %.

    Moins connus sont les résultats concernant les indigènes. Pour porter la défense des droits des indigènes à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres) ou dans les Assemblées Législatives des États de l’Union, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a constitué une « Bancada Indígena », dite aussi « Bancada do Cocar *», un groupe de pression d’une trentaine de membres désignés par ses associations de base. Douze candidat-es, de douze États différents, visant un siège à la Chambre des Députés, et dix-huit candidat-es pour siéger dans les Assemblées Législatives de seize des vingt-sept États de l’Union. Au total, les membres de cette « Bancada do Cocar » ont recueilli 446'885 voix (352'473 pour les candidat-es à la Chambre des Députés et 94'412 pour les candidat-es aux Assemblées Législatives). La « Bancada » n’a pas obtenu de siège dans ces dernières. Il en va autrement pour la Chambre des Députés. En effet, Sônia Guajajara (avec 156'966 voix) a été élue pour y représenter l’État de São Paulo et Célia Xakriaba** (avec 101'154 voix) le Minas Gerais. Malheureusement, l‘avocate Joênia Wapichana, qui avait été élue en 2018 avec 8’491 voix pour représenter l’État de Roraima a subi un échec. Malgré un score nettement supérieur – elle a recueilli 11'221 voix (+ 32,15 %) - le système de péréquation a joué en sa défaveur. Elle reste la première femme indigène de l’histoire du Brésil à avoir été élue à la Chambre des Députés.

    Hors « Bancada do Cocar», trois autres indigènes ont été élu-es à la Chambre des Députés. Paulo Guedes du Parti des Travailleurs – PT, était déjà député durant la législature qui se termine où il représentait l’État du Minas Gerais. Il s’était alors déclaré de race « Parda » (Métisse). Mais, pour le scrutin du 2 octobre, toujours sous l’étiquette du PT, il s’est déclaré « Indigène ». Il a été réélu avec 134'494 voix (en 12e position) pour représenter l’État de São Paulo. Toujours pour cet État, Juliana Cardoso, aussi du PT, a recueilli 125'517 voix (en 45e position). Ainsi, cet État compte trois indigènes parmi ses 70 députés. Les électeurs de l’Amapá – un État du Nord-Est - ont également élu une indigène parmi leurs huit représentants à la Chambre : Il s’agit de Silvia Waiãpi du Parti Libéral – PL, une militaire et « bolsonariste » affirmée. Sera-t-elle la voix discordante au sein de la minorité indigène ? Avec 99 représentants, le PL est le parti le plus important de la Chambre.  Selon l’APIB, le Parti Libéral est l’un de ceux qui – au Congrès National - a le plus voté (à 90%) en faveur des projets anti-indigènes du gouvernement !

    ***

    *Voir sur ce blog, la note du 22 septembre 2022

    **Prononcer «Chakriaba »

    Illustration : les deux nouvelles élues à la Chambre des Députés coiffées d’un « cocar ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Les chiffres sont tirés du dépouillement réalisé par le quotidien « O Estado de São Paulo » / Estadão et le Tribunal Supérieur Électoral / TSE

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 142, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil, les élections et les peuples indigènes

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    Le 2 octobre prochain les citoyens brésiliens sont appelés à élire le Président et le Vice-président de la République, les membres de la Chambre des Députés (513 sièges), un tiers du Sénat (27 sièges à pourvoir), les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des 26 États de l’Union et du District Fédéral (Brasilia). Un deuxième tour est prévu le 30 octobre. Les médias nationaux et internationaux s’intéressent principalement à l’élection présidentielle. Jair Bolsonaro* est candidat à sa propre succession. Mais pour l’heure, Luiz Inácio Lula da Silva, l’ancien président (entre 2003 et 2011) arrive en tête des sondages…

    Au 6 septembre, le Tribunal Supérieur Électoral – TSE avait reçu un total de 29'097 candidatures. Depuis 2014, il demande à chaque candidat de s’auto-déclarer appartenir à l’une ou l’autre de cinq « Couleur ou Race ». Pour ces prochaines élections, le tableau est le suivant : 14'061 se sont déclarés être de race Blanche; 10'496 Brune (Parda) ; 4'091 Noire; 185 Indigène (soit 0,63% des candidatures)**; 115 Jaune. Et 149 n’ont pas donné de réponse.

    Pour ces élections, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a fait connaître ses intentions dans un manifeste publié en février déjà : « Jamais dans l’histoire démocratique de ces 34 dernières années, les droits de nos peuples furent autant vilipendés comme cela l’a été fait par l’actuel gouvernement de Jair Bolsonaro… Nous allons additionner nos forces par des candidatures en lien avec nos bases et aux luttes du mouvement indigène… ». Pour la première fois, elle a lancé une représentation indigène  coordonnée de trente candidatures, dont seize féminines et quatorze masculines. Douze visent un siège à la Chambre des Députés et dix-huit postulent pour siéger dans les Assemblées législatives des États.

    Aux dernières élections de 2018 deux candidatures féminines s’étaient distinguées. Joênia Wapichana a été, dans l’histoire du Brésil, la première femme indigène élue à la Chambre des Députés. Elle est à nouveau candidate pour y représenter l’État de Roraima. Et Sônia Guajajara, avait été candidate à la Vice-présidence du pays. Elle n’avait recueilli « que » 617'115 voix, soit 0,58% des suffrages. Cette année elle se présente à nouveau, mais comme députée de l’État de São Paulo à la Chambre des Députés. En mai dernier elle a été classée parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde par la revue américaine Time.***

    Ces élections se déroulent dans un climat de crises économique et environnementale notamment. La violence à l’égard des peuples indigènes est aussi une réalité !

    ***

    *Bruno Meyerfeld, le correspondant au Brésil du quotidien français « Le Monde » vient du publier aux Éditions Grasset/Paris un ouvrage intitulé « Cauchemar brésilien » consacré à Jair Bolsonaro. ISBN 978-2-246-82871-6

    **En 2018,131 candidats s’étaient déclarés « Indigène ». Voir sur ce blog la note du 4 octobre 2018

    ***Voir sur ce blog, la note du 31 mai 2022

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Brésil : La justice et la progression de l’orpaillage illégal chez les Yanomami

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    La justice semble avoir entendu l’appel au secours des Yanomami qui, en juin 2020 déjà, ont lancé la campagne « Fora Garimpo, Fora Covid »* demandant l’adoption immédiate d’un plan d’urgence pour contenir l’avance de la pandémie de la Covid-19 dans la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Un plan comprenant l’expulsion de la vingtaine de milliers de garimpeiros (orpailleurs illégaux) qui y sont quasiment aussi nombreux que les Yanomami. Leur présence et leur activité mettent cause l’existence même de ce peuple. La justice évoque la possibilité d’un génocide. Un crime relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale – CPI créée par le « Statut de Rome » ; approuvé et signé par le Brésil en 2002. Le crime de génocide y est traité à l’Art. 6 : un acte défini entre autres, par une « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe … soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle… ». La préoccupation de la justice est fondée. Ce n’est pas la première fois qu’elle intervient à ce sujet.

    Le 3 juillet 2020 déjà le Tribunal Régional Fédéral de la 1ère Région (TRF1/Brasilia) avait demandé le retrait des garimpeiros de la TI-Y, mais différents recours ont ajourné l’application de la décision. Á nouveau, le 16 mars dernier, considérant que la négligence de l’État pouvait aboutir à un génocide des peuples indigènes de la région, la justice est revenue à la charge. Elle a donné un délai de dix jours, au gouvernement et aux administrations concernées** pour présenter un chronogramme de retrait des garimpeiros de l’aire yanomami. Elle en a fixé les principales mesures : la création d’équipes interinstitutionnelles ; des effectifs suffisants, la mise à disposition des moyens matériels nécessaires ; la présentation d’un rapport tous les quinze jours ; le retrait de tous les garimpeiros non-indigènes et empêcher leur retour et l’application de mesures pour ne pas aggraver le risque de contamination des indigènes. Il est prévu une amende d’un million de Reais (env. 164'000 CHF) par jour de retard dans l’application des mesures. Á ce jour (6 avril) la réponse se fait attendre. Cependant, un communiqué de la police fédérale du 23 mars annonce qu’elle a déclenché « l’Opération Yanomami 709 », un numéro en référence à celui attribué par le Tribunal Suprême Fédéral - STF à une demande déposée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB (et six partis politiques) en juin 2020 et à laquelle il a répondu le 5 août suivant. Le STF demandait alors au gouvernement qu’il prenne des mesures pour protéger de la Covid-19 les peuples indigènes, en particulier les groupes vivant état d’isolement volontaire***. Des opérations de ce type ont déjà eu lieu en 2011, 2012, en février et novembre 2014 et en 2015. Mais les garimpeiros ont toujours repris leur activité peu de temps après…

    Autre intervention récente de la Justice : le 20 février 2021, le STF a suspendu la loi votée le 13 janvier précédent par l’Assemblée Législative de l’État de Roraima**** rendant possible l’autorisation de l’orpaillage et l’usage du mercure. Une partie de la TIY se situe dans cet État.

    Pour illustrer la progression de l’orpaillage dans le territoire Yanomami, ce 25 mars, l’Hutukara Associação Yanomami - HAY, l’Associação Wanasseduume Ye’kwana – Seduume et l’Institut Socio-environnemental - ISA ont publié un rapport d’une cinquantaine de pages sur les « Cicatrices dans la forêt – Évolution du garimpo illégal dans la Terre Indigène Yanomami en 2020 ». Il s’agit du résultat d’un relevé inédit pointant la prolifération des nouveaux lieux d’invasion proches des communautés indigènes et des groupes isolés. Un document montrant comment l’orpaillage illégal est passé d’une activité individuelle artisanale à une activité de dimension entrepreneuriale de vaste échelle, se donnant des moyens logistiques conséquents (ouverture de routes, de 35 pistes d’atterrissage) dont l’impact social et environnemental est très important. Ainsi, de janvier à décembre 2020 l’orpaillage illégal est responsable de la destruction de 500 hectares de forêt. La vidéo ci-dessous (2’46’’) est un résumé du rapport.

    Á suivre !

     

    * « Dehors l’orpaillage, Dehors la Covid »

    **La Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, l’Institut Brésilien de l’Environnement et des Ressources naturelles renouvelables – IBAMA et l’Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité - IMCBio

    ***Voir les notes des 8 août et 27 août 2020.

    ****Voir note du 21 février 2021

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Élections brésiliennes, l'Amazonie et les peuples indigènes*

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, terras indígenas, eleições, élections, Câmara dos Deputados, Senado, Presidente, Governador, Assembleia legislativa, Estados, 5 de otoubro, 26 de otoubro, Dilma Rousseff, Marina Silva, Aécio Neves, PT, Partido dos Trabalhadores, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Partido da Social Democracia Brasileira, PSDB, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, demarcação, Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins, Maranhão, Nilmário Miranda, Padre Ton, Bancada ruralista, Frente Parlamentar da Agropecuária, Katia AbreuC'est maintenant connu, au deuxième tour le 26 octobre, sur l'ensemble du Brésil, Dilma Rousseff l'a emporté en obtenant plus 54,50 millions de voix, soit 51,64 % des votes exprimés. Elle dirigera le pays pour un deuxième mandat de quatre ans à partir du 1er janvier 2015. En 2010, elle avait été élue avec 54 % des voix. Son concurrent, Aécio Neves, a recueilli 51,04 millions de votes, soit 48,36 %. Une différence de 3,46 millions de voix.

    En Amazonie légale**, au premier tour le 5 octobre, Dilma Rousseff est arrivée en tête dans cinq États de cette partie du Brésil : Amapá, Amazonas, Maranhão, Pará et Tocantins; elle a obtenu les voix de près de 6,86 millions d'électeurs. Aécio Neves est arrivé premier dans trois États : Mato Grosso, Rondônia et Roraima où il a recueilli un peu plus de 3,34 millions de suffrages. Marina Silva est arrivée en tête dans le seul État d'Acre d'où elle est originaire; elle a eu les faveurs de 2,27 millions d'électeurs.

    Au deuxième tour, Dilma y a obtenu près de 7,6 millions de voix, étant arrivée en tête dans les mêmes cinq États qu'au 1er tour. Aécio Neves y a recueilli 4,9 millions de voix. Lui aussi a obtenu la majorité des suffrages dans les mêmes trois États que lors du 1er tour, plus l'État d'Acre. Marina Silva avait choisi de soutenir Aécio.

    La Chambre des députés, où sont déposés de nombreux projets de lois concernant les peuples indigènes, se trouve modifiée par ces dernières élections. La coalition des neuf partis soutenant la candidature de Dilma Rousseff autour du Parti des Travailleurs - PT a placé 304 députés, soit 36 de moins que pendant la législature précédente. À lui seul, le PT a perdu 18 sièges, passant de 88 à 70 représentants. La coalition qui a appuyé la candidature d'Aécio Nevas autour du Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne - PSDB sera forte de 130 députés. Le PSDB a gagné dix sièges passant de 44 à 54 représentants.

    Les deux députés, Nilmário Miranda et Padre Ton, auteurs de la Proposition d'Amendement Constitutionnel – PEC No 320/2013, créant quatre places destinées à des représentants indigènes à la Chambre de députés ne sont plus membres de la Chambre. Nilmário, qui s'est présenté dans le Minas Gerais sur une liste du PT n'a pas été réélu. Padre Ton n'était pas candidat à la Chambre des députés, il a postulé pour le poste de Gouverneur de l'État de Rondônia sous l'étiquette du PT. Il n'est arrivé que quatrième. Les peuples indigènes ont perdu deux de leurs soutiens.

    La "Bancada ruralista", aussi désignée sous le terme de "Frente Parlamentar da Agropecuária" (Front parlementaire de l'agro-élevage) de la Chambre des députés, est le groupe de pression représentant les intérêts de l'agrobusiness. Il lutte contre les droits des indigènes, notamment leurs droits territoriaux. Très vite, après le premier tour, il a publié un relevé préliminaire, selon lequel des 191 députés membres du front, 139 ont été réélus, et 124 nouveaux députés ont des liens avec ce secteur économique. Ainsi le Front pourrait regrouper 263 (51%) des 513 députés de la Chambre et disposer ainsi de la majorité absolue. Situation à vérifier après la mise en place de la nouvelle Chambre en janvier 2015.

    Au Sénat, le fait à relever pour les membres de ce Front, c'est la réélection de Katia Abreu***, d'abord élue à la Chambre des députés en 2002, puis élue Sénatrice du Tocantins en 2006. Elle est la Présidente de la puissante Confédération de l'Agriculture et de l'Élevage du Brésil - CNA.

    Globalement, au vu des résultats de ces élections, le cadre dans lequel sont traités les droits des peuples indigènes s'est plutôt dégradé. Entre les deux tours, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB avait déjà annoncé que " nos peuples indigènes de tout le pays continueront la lutte pour la démarcation de nos terres, la santé, l'éducation différenciée et la défense de l'environnement".

    ***

    * Voir sur ce blog, les notes du 1er et du 21 octobre

    ** Soit les États d'Acre (AC), Amapá (AP), Amazonas (AM), Mato Grosso (MT), Pará (PA), Rondônia (RO), Roraima (RR), Tocantins (TO) et une partie du Maranhão (MA) (compté ici dans sa totalité). L'Amazonie légale, avec ses 5,2 millions km2 constitue 61 % du territoire national, mais l'électorat amazonien, de près de 17,5 millions de citoyens, ne représente que 12,2 % des 142,8 millions d'électeurs brésiliens. Elle abrite de nombreux peuples indigènes.

    *** Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2010.

    - Carte : Élection présidentielle 2014, le vote du 2e tour dans les États de la Fédération et en Amazonie légale. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image,

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 98, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Élections brésiliennes : le deuxième tour ce 26 octobre

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    Les médias l'ont largement évoqué, comme en 2010, il y a un second tour pour l'élection présidentielle avec les deux candidats arrivés en tête le 5 octobre : Dilma Rousseff  (PT*) a recueilli plus de 43 millions de voix soit 41,59 % des suffrages et Aécio Neves (PSDB*) près de 35 millions, soit 33,55 %. Dans les premiers "viennent ensuite", on trouve : Marina Silva (PSB*) avec plus de 22 millions de voix, soit 21,32 %. Elle avait été deuxième dans les sondages pendant plusieurs semaines. Loin derrière Luciana Genro (PSOL*) avec 1,6 millions de votes, soit 1,55 %. Pour le deuxième tour, Marina Silva soutient Aécio Neves.

    Pour ces élections, le Tribunal Supérieur Électoral a publié la liste des candidats selon leur origine ethnique, dont ceux qui se sont auto-déclarés "Indigènes". Dans l'État de Roraima**, la tentative de placer Mário Nicácio à l'Assemblée Législative de l'État et Aldenir Wapichana, à la Chambre des Députés a échoué. Le premier est arrivé en 40e position avec 2’064 voix. Le second arrive en 25e position avec 1’936 voix.

    Deux des candidats auto-déclarés "Indigènes" ont été élus. José Carlos Nunes da Silva, candidat député à l'Assemblée législative de l'État du Espirito Santo a été élu avec 26'749 voix, sur une liste du PT. C'est un leader du syndicat des employés de commerce de la Centrale Unique des Travailleurs – CUT. Ses liens avec l'un ou l'autre des peuples indigènes ne sont pas mentionnés. Le deuxième élu est Paulo Guedes, candidat député à l'Assemblée Législative du Minas Gerais également sur une liste du PT. Il a été élu avec 164'831 voix. C'est un enseignant. Il va assumer un 3e mandat dans cette Assemblée. Il affirme avoir des liens avec le peuple Xakriabá*** qui occupe plusieurs Terres Indigènes dans cet État.

    Globalement, la question de la représentation politique des peuples indigènes reste posée. Il n'y a toujours pas de représentant indigène à la Chambre des députés.

    Avant le deuxième tour, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a publié une lettre ouverte aux deux candidats à la présidentielle : "Le mouvement indigène, par l'APIB, manifeste son indignation sur la manière avec laquelle les grands partis qui contrôlent le pouvoir dans le pays déconsidèrent les droits constitutionnels de nos peuples originaires. Fait qui se reflète dans la manière dont ce thème a été systématiquement ignoré dans la campagne électorale". L'APIB rappelle qu'est public et notoire le mépris manifesté envers les peuples indigènes par le premier gouvernement de la présidente Dilma Rousseff… "elle a permis que son ministre de la justice paralyse complétement les démarcations des terres dans le pays". Quant au candidat Aécio Neves, l'APIB lui reproche notamment son appui à la Proposition d'Amendement Constitutionnel 215 – PEC 215 (qui veut transférer au Congrès le droit à la démarcation des Terres Indigènes). Dans ces conditions, l'APIB adresse à nouveau aux deux candidats la lettre envoyée aux présidentiables avant le premier tour. L'Articulation rappelle que les revendications historiques des indigènes sont toujours négligées. "Nous annonçons que nos peuples indigènes de tout le pays continueront la lutte pour la démarcation de nos terres, la santé, l'éducation différenciée et la défense de l'environnement".

    ***

    * PT – Parti des Travailleurs; PSDB – Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne; PSB – Parti Socialiste Brésilien; PSOL – Parti Socialisme et Liberté

    ** Voir sur ce blog, la note du 1er octobre 2014.

    *** Prononcer Chakriabá

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans "AYA Info"  No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Élections 2014 : Les candidatures indigènes

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    Pour ces très prochaines élections brésiliennes* le Tribunal Supérieur Électoral – TSE a publié une statistique relative à la couleur et à la race des candidats, selon qu'ils se sont déclarés appartenir à l'une ou l'autre de cinq catégories : blancs, indigènes (amérindiens)**, jaunes (d'origine asiatique), de noirs et de "pardos" (métis descendants de parents noirs et blancs; de blancs et d'amérindiens, et de noirs et amérindiens).

    Au 11 septembre, sur les 26'142 candidats, 86 (soit 0,33%) se déclarent indigènes. Parmi ceux-ci, les plus nombreux – 55 - sont candidats pour siéger comme Député "Estadual" (dans une Assemblée législative d'un État); 25 sont postulants à la Chambre des Députés à Brasilia; 3 le sont pour un poste de Sénateur; 2 comme Sénateurs-suppléants et un pour un poste de Vice-gouverneur. Le TSE a déclaré 5 candidatures "Indigènes" non valables. Parmi les candidatures indigènes 29 (34 %) sont des femmes. Du point de vue géographique, 34 candidatures émanent de huit des neuf États de l'Amazonie légale.

    Les candidates et candidats indigènes se présentent au corps électoral sur les listes de 23 partis différents. Les plus nombreux : 37 (dont 16 pour le seul Parti des Travailleurs - PT) sont inscrits dans les partis de la coalition de Dilma Rousseff. Celle de Marina Silva en compte 17. Et celle d'Aécio Neves 9. Il y en 12 sur les listes du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, et encore 11 dans divers partis. Il faut noter que les coalitions de partis sont variables selon les différentes instances, les États et les postes dont il s'agit.

    Dans l'histoire récente du Brésil, il n'y a eu qu'un Indien ayant siégé à la Chambre des Députés : il s'agit de Mário Juruna, élu de Rio de Janeiro entre 1983 et 1987. Le système de désignation des 513 membres de la Chambre des Députés, où chaque État a droit à un certain nombre de représentants en fonction de son nombre d'habitants, rend difficile une représentation indigène.

    Des organisations indigènes s'inquiètent de cette absence de représentation. Au mois de mars dernier déjà, le Conseil Indigène de Roraima - CIR, avait mis la question de la politique des partis et du vote "propre" à l'ordre du jour de sa 43e Assemblée générale. En mai, le Conseil des Tuxauas des neuf ethnies de Roraima a voulu que le vote des Indiens soit en faveur de candidats Indiens. Ils ont proposé que deux dirigeants du CIR soient candidats : Mário Nicácio comme Député "Estadual" et Aldenir Wapichana pour la Chambre des Députés. Dans cet État, près de 12% des 497'000 habitants sont des indigènes, une candidature indigène a un mince espoir d'aboutir.

    Il faut rappeler que la représentation politique dans cet État est particulièrement anti-indigène. Par exemple, Paulo Cesar Quartiero, député fédéral dans la législature qui se termine, et maintenant candidat au poste de Vice-gouverneur de l'État, a été l'un des plus farouches opposants à la démarcation de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol.

    À la fin septembre – début octobre 2013, au moment de la mobilisation indigène pour célébrer le 25e anniversaire de la Constitution, deux députés du PT, Nilmário Miranda et Padre Ton, ont déposé une Proposition d'Amendement Constitutionnel – PEC (No 320/2013) créant quatre sièges pour des représentants indigènes à la Chambre des Députés. Selon les auteurs, la proposition "renforce la démocratie brésilienne qui passe non seulement par la reconnaissance de l'importance politique des peuples indigènes brésiliens, mais consolide un modèle démocratique voulant une véritable inclusion sociale et politique". La proposition est toujours en examen…

    Ces élections s'inscrivent dans un moment où les droits des peuples indigènes sont remis en cause.

    ***

    * Voir sur ce blog, la note du 26 septembre.

    ** En 2010, la population auto-déclarée "Indigène" (818'000 personnes) représentait 0,44% des habitants du pays.

    ***

    - PS 1 : Plusieurs notes ont été publiées sur ce blog, en octobre, novembre et décembre 2010 à l'occasion des élections de 2010.

    - PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Élections 2014 : La question indigène dans les programmes de gouvernement

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    Le 5 octobre prochain, les 143 millions de citoyens brésiliens sont appelés aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle, mais aussi pour élire leurs représentants à la Chambre des Députés, un tiers des membres du Sénat, les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des États. Le deuxième tour aura lieu le 26 octobre.

    À ce jour, trois candidatures pour la présidence de la république arrivent en tête des sondages, celle de Dilma Rousseff, l'actuelle présidente qui se représente pour une coalition constituée autour du Parti des Travailleurs (PT). Celle de Marina Silva, ancienne ministre de l'Environnement – elle avait été membre du gouvernement de Lula entre 2003 et 2008 - qui se présente pour la coalition constituée autour du Parti Socialiste Brésilien (PSB). Et celle d'Aécio Neves, de la coalition constituée autour du Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne (PSDB).

    Malgré leur caractère relatif, les programmes de gouvernement des candidats permettent, à l'aide de quelques mots-clefs : "Indigènes", "Démarcation", et [Communautés] "Traditionnelles", de connaître leurs intentions à l'égard des peuples indigènes du pays.

    Dans le programme de Dilma Rousseff, les termes "Indigènes" et "Démarcation" n'y figurent pas. Le terme de populations "traditionnelles" est mentionné dans la partie "Un nouveau cycle historique" où il est question de renforcer l'usage de procédés productifs faibles en émission de gaz à effets de serre. Présidente sortante, son bilan en matière de politique indigéniste est critiqué par les organisations indigènes. Par exemple, ces dernières lui reprochent de n'avoir démarqué que quelques Terres Indigènes au cours de ses années à la tête de la république.

    Dans celui de Marina Silva, le terme "Indigènes" revient trois fois. Tout d'abord dans la description des axes de son action gouvernementale en faveur d'un nouveau cycle de développement soutenable… par la construction d'un État et d'une démocratie de haute intensité. Ensuite, en matière d'éducation, où est affirmé le droit à la diversité. Enfin, en matière de culture, d'activités artistiques, communautaires et entrepreneuriales : "Créer des formes adéquates pour le soutien (l'encouragement) des activités économiques des groupes indigènes et des populations traditionnelles".

    Le terme "[communautés] traditionnelles" revient trois autres fois. Tout d'abord en rapport avec l'axe 2 de son programme : "Economie pour le développement durable" à propos des "Regroupements productifs locaux" : ... appui à l'organisation sociale des producteurs locaux et des communautés traditionnelles… Ensuite à propos du "Développement rural et agropastoral" : établir des synergies entre les universités rurales et écoles techniques agricoles pour répondre aux demandes des  communautés et populations traditionnelles. Le terme "démarcation" est cité une fois dans la partie "identités et reconnaissance des diversités culturelles" : garantir les processus de démarcation et d'homologation des terres indigènes et les possibilités de développement et d'autonomie des peuples indigènes.

    Dans le programme d'Aécio Neves, le terme "indigènes" revient six fois au chapitre des Droits humains. Il est mentionné la volonté de donner une priorité aux politiques en relation avec les secteurs les plus vulnérables de notre société (dont les peuples indigènes). Le terme "démarcation" est cité une fois au chapitre du "Développement soutenable de l'agriculture familiale alimentaire" : "accélération de la régularisation foncière des territoires, accélération des processus de démarcation en garantissant leur protection physique… Au chapitre traitant de l'environnement et de la citoyenneté planétaire, est inscrite la "Reconnaissance du rôle des populations traditionnelles dans la conservation de la biodiversité" et "Valorisation des connaissances de ces populations moyennant une politique et une législation spécifiques."

    Compte tenu du fait que plusieurs candidats indigènes se présentent sous l'étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, il est intéressant d'examiner le programme de gouvernement de Luciana Genro, la candidate de ce parti, même si les sondages ne la placent qu'en 5e position avec environ 1% des intentions de vote. Les termes "[communautés] traditionnelles" et "démarcation" n'y figurent pas. Et "indigènes" est cité une fois pour rappeler la mobilisation des peuples indigènes de mai dernier à Brasilia. L'intérêt des indigènes pour ce parti vient probablement du fait que ce dernier veut un autre développement économique : …"Le Brésil a besoin de conquérir sa véritable souveraineté. Aujourd'hui la situation [du pays] est la soumission aux intérêts du capital  financier et monopolistique…"

    Comme on peut le constater, la question indigène est relativement peu présente dans les programmes de gouvernement. Ce thème ne fait l'objet d'un chapitre spécifique dans aucun de ces documents.

    Le 15 septembre, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a publié une lettre ouverte aux candidates et candidats à la présidence de la république. L'articulation dénonce d'abord les attaques contre les droits indigènes émanant des pouvoirs publics et des grands médias. Elle leur demande de s'engager à respecter les droits inscrits dans la Constitution fédérale, la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et autres traités internationaux signés par le Brésil. L'APIB détaille en onze points l'essentiel de ses revendications. Les premières concernant les droits territoriaux : la démarcation et la protection de toutes les Terres Indigènes. Il y est aussi question de la représentation des peuples indigènes dans diverses instances, le service de santé et l'éducation indigène. "L'engagement des gouvernants à mettre en œuvre ce programme sera la manifestation d'une volonté de dépasser les plaies et atrocités commises contre nos peuples, jusqu'à aujourd'hui depuis les 514 ans de l'invasion européenne. L'application de ce programme donnera une réalité au modèle constitutionnel [de 1988] qui a mis fin à l'indigénisme "intégrationiste", ethnocentrique, autoritaire, paternaliste, tutélaire et "assistancialiste". Il permettra de restituer l'autonomie de nos peuples, sujets politiques, ethniquement et culturellement différenciés. Cela en faveur de la fin de l'État colonial et d'une société réellement démocratique, juste et plurielle."

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2