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  • Brésil, l’élection de Lula ouvre de nouvelles perspectives pour les indigènes

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    « L’amour a vaincu la haine. Vive la démocratie ! » C’est par ces quelques mots que Joênia Wapichana, la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue à la Chambre des Députés (1), a manifesté sa satisfaction à l’annonce de la victoire de Lula à l’élection présidentielle de ce 30 octobre. « L’espérance a gagné ! Lula président ! Nous allons reconstruire le Brésil ! » a noté sur son compte Facebook Sônia Bone Guajajara, élue – le 2 octobre dernier - à la Chambre des Députés (2). Les organisations indigènes qui avaient appelé à voter en faveur de Lula lui ont également adressé leurs félicitations, tel le Conseil Indigène de Roraima – CIR : « Félicitations au nouveau Président du Brésil, Luiz Inaácio Lula da Silva. Nous espérons en des jours meilleurs, mais toujours nous resterons fermes et forts dans la lutte. »

    Lula a gagné de peu son élection avec 60’345’999 voix (50,9 %) (3) devançant de 2'139'645 voix le président sortant Jair Bolsonaro qui a obtenu 58'206'354 suffrages (49,10%). Il a été relevé 32'200'558 abstentions (20,58 %). Le score de Lula est plus net dans les trois communes de l’État d’Amazonas qui comptent de nombreuses communautés indigènes. À Barcelos, Lula arrive en tête avec 4'616 voix (65,02 %), Bolsonaro obtient 2’483 voix (34’98 %); il y a été décompté 4'292 abstentions (36,36 %). À Santa Isabel do Rio Negro, Lula a recueilli 3’703 voix (73,94 %), Bolsonaro 1'305 (26,06 %); les abstentions y sont très nombreuses 3.631 (40,72 %). À São Gabriel da Cachoeira, Lula a eu 17’090 partisans (80,64 %), Bolsonaro 4’103 (19,36 %); il y a eu aussi  beaucoup d’abstentions : l 10’089 (31,54 %).(4).

    Le 27 octobre, Lula a publié une « Lettre pour le Brésil de demain » dans laquelle il décrit - en treize points - son programme de gouvernement. La troisième partie est consacrée au développement soutenable et à la transition écologique : « Notre engagement stratégique est de chercher la déforestation zéro en Amazonie et le zéro en émission de gaz à effet de serre… Nous allons créer un Ministère des Peuples Originaires et révoquer les mesures contraires aux populations indigènes et peuples originaires. Nous allons reconstruire les organes de surveillance et de contrôle de la déforestation. Nous allons mettre un terme à l’orpaillage illégal dans les Terres indigènes. »

    Un « Cabinet de Transition Gouvernemental » a été institué par un Arrêté du 8 novembre. Il a pour objectif de préparer les actes (Décrets, etc…) qui seront signés par Lula immédiatement après sa prise de fonctions le 1er janvier 2023. Cette instance comprend trente-et-un groupes techniques. L’un d’entre eux est chargé de traiter des « Peuples Originaires ». Celui-ci est composé de dix membres dont Joênia Wapichana, Sônia Bone Guajajara et Davi Kopenawa Yanomami. Le programme de travail du futur gouvernement brésilien sera chargé, notamment en ce qui concerne l’écologie, de la protection des peuples indigènes et de la forêt.

    Le premier déplacement de Lula à l’étranger a été, après un arrêt à Lisbonne, de se rendre (5) à la conférence sur le climat (COP 27) qui se tient à Charm el-Cheikh en Égypte. Lula a proposé que la COP 30 (prévue en 2025) se tienne en Amazonie.

    Il dispose de peu de temps si, dans trois ans, il veut y présenter des résultats satisfaisants, en particulier pour les organisations et communautés indigènes locales qui lui ont apporté leur soutien !

    ***

    (1) Elle a échoué dans sa tentative de réélection le 2 octobre.

    (2) Voir sur ce blog, la note du 12 octobre 2022.

    (3) Lors de sa première élection en 2002 Lula avait été élu avec 61,27 % des voix et, en 2006, pour son deuxième mandat 60,83%. Voir Wikipedia.

    (4) Voir sur ce blog la note du 29 octobre 2022

    (5) Il a fait le voyage en jet privé, un moyen de transport particulièrement polluant… Ce qui a engendré une polémique.

    ***

    PS 1 : Les chiffres sont ceux publiés par l’agence g1.globo

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 142, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

  • Les élections au Brésil : pas toujours facile de participer !

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    En Suisse, nous sommes appelés aux urnes plusieurs fois dans l’année. Le vote par correspondance et la proximité des locaux de vote facilitent l’expression des citoyen-es. Reste que malgré ces dispositions, les taux d’abstention sont élevés. Au Brésil, les électrices et électeurs sont appelés aux urnes tous les quatre ans pour les élections municipales (la dernière fois en 2020). Et aussi tous les quatre ans – c’est le cas cette année – pour l’élection des membres de la Chambre des Députés, d’une partie du Sénat, des Gouverneurs et des Assemblées législatives des vingt-sept États de l’Union et la Présidence de la République. C’est le deuxième tour qui a lieu ce 30 octobre. Il s’agit d’un vote au moyen d’urnes électroniques ce qui accélère le dépouillement. Mais du point de vue géographique, le Brésil n’est pas la Suisse. Il y a, certes, de grandes agglomérations (São Paulo, Rio de Janeiro…), mais aussi de grandes zones rurales à très faible densité démographique où, pour les citoyen-es, se déplacer pour aller voter prend du temps et peut réserver des surprises comme cela est arrivé récemment.

    Le 18 octobre, l’Association Conseil aux peuples de la Forêt – Aflora* de Manaus s’est adressée au Ministère Public Fédéral pour lui signaler qu’environ 400 Yanomami originaires du Haut Rio Demini étaient restés bloqués à Barcelos**(État d’Amazonas), chef-lieu de leur commune, où ils étaient « descendus » pour voter le 2 octobre. Il n’y avait pas de local de vote à proximité de leurs « xapono »*** (villages). Ils comptaient sur l’appui de la municipalité pour rentrer chez eux. Leurs villages les plus proches sont à environ 14 heures de pirogue du chef-lieu. Á Barcelos, le taux d’abstention a été de 35,97%. Un même taux d’abstention a été observé dans les deux communes un peu plus à l’ouest qui comptent, elles aussi, de nombreuses communautés indigènes : à Santa Isabel do Rio Negro, il a été de 37,5%  et à São Gabriel da Cachoeira 32,47%. Au niveau national il a été de 20,95 %.

    Ailleurs au Brésil, d’autres communautés indigènes ont eu des problèmes de participation. Le 21 octobre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a demandé au Tribunal Supérieur Électoral (TSE)  que des mesures soient prises pour garantir – sur tout le territoire national – le transport et la sécurité de la population indigène permettant à celle-ci d’exercer son droit de vote lors du 2ème tour ce 30 octobre. Dans son courrier, l’Articulation rapporte des cas d’absence de moyens de transport et des cas d’intimidations à l’origine d’un taux élevé d’abstention (27,8% dans une commune de l’État de Bahia).

    Le 19 octobre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF a autorisé les administrations communales à fournir des transports publics gratuits le jour des élections sans que cela constitue un crime électoral. Qu’en est-il pour les communautés indigènes éloignées des locaux de votes quand le déplacement s’étend au-delà du jour des élections ?

    ***

    *Aflora est un partenaire de la Secoya – Service et Coopération avec le peuple Yanomami dont l’action est soutenue par AYA.

    **Avec ses 122’476 km2, (soit quasiment trois fois la Suisse) la Commune de Barcelos est immense. Le préfet (le maire) Edson de Paula Rodrigues Mendes, est affilié au Mouvement Démocratique Brésilien (MDB), Selon un relevé de l’APIB, au Congrès national, ce parti a soutenu 91 % des projets du gouvernement.

    ***Prononcer « Chapono »

    ***

    PS 1 : Pour le premier tour, voir sur ce blog la note du 12 octobre 2022 et du 22 septembre 2022

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Á Manaus, une manifestation pour le droit à la vie du peuple Yanomami

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    Brésil, Brasil, Manaus, Praça do Congresso, 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, 10 de dezembro, Dia Internacional dos Direitos Humanos, FAMDDI, Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes, Frente Amazônica de Mobilização em Defesa dos Direitos Indígenas, Fantástico, Amazonas, Roraima, Kurikama, Komixiwë, Santa Isabel do Rio Negro, rio Marauiá, rio Demeni, rio Preto, rio Cauaburis, Barcelos, São Gabriel da Cachoeira, Distrito Sanitário Especial Indígena, DSEI, CONDISI, Conselho de Saúde Indígena, Boa Vista, Yanomami, Ye’kuana, Ministère Public Fédéral, Ministério Público Federal, SECOYA, MCI, AYA, Lancy, Plan-les-Ouates, Carouge, Onex, Confignon, Ville de Genève, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Confédération, Canton de Genève, Ville de Genève, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Services Industriels de Genève, SIGCe 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes – FAMDDI a appelé à manifester, Place du Congrès, au centre de Manaus, pour le droit à la vie des Yanomami. Le but de cette mobilisation, qui a réuni des représentants des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami, est d’attirer l’attention de la société sur la politique génocidaire dont ce peuple est victime.

    Le 14 novembre, la chaîne Globo, dans son émission « Fantástico » a diffusé un reportage de 17 minutes sur les problèmes de santé des Yanomami, surtout ceux de l’État de Roraima. Une émission qui a eu un certain retentissement. Un mois avant cette émission, entre les 6 et 11 octobre, les Yanomami de l’État d’Amazonas, regroupés au sein de l’association Kurikama, ont tenu leur 5e assemblée ordinaire dans le village de Komixiwë dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro. Elle a réuni 206 représentants de 26 xapono* (villages) des rios Marauiá, Demeni. Preto et Cauaburis. Les délégués y ont fait un inventaire inquiétant des problèmes concernant la santé : « le service de santé est chaque fois plus précaire, désorganisé et inefficace. Il n’arrive pas à répondre aux besoins de la population. Il manque de médicaments de base dans les postes de santé… Il y a une réduction de la présence des professionnels de santé dans les villages où il n’y a pas de poste de santé… »  Suivent quatorze propositions dont la réunion d’urgence d’une commission interinstitutionnelle pour discuter de la création d’un sous-district sanitaire pour le service de santé des Yanomami des communes de Barcelos, Santa Isabel do Rio Negro et São Gabriel da Cachoeira**. Actuellement, le siège du District sanitaire est à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima, à près de 500 km. Ces propositions ont été adressées au Ministère Public Fédéral de l’État d’Amazonas et aux responsables de cinq institutions du service de santé, dont le président du Conseil du District Sanitaire Yanomami et Ye’kuana – CONDISI***.

    Le CONDISI Yanomami et Ye’kuana a tenu sa 31e réunion du 26 au 29 novembre à Boa Vista. Silvio Cavuscens, le coordinateur de l’association « Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA**** » y a présenté un rapport, résultat d’une enquête de terrain, réalisée de juin à novembre 2021, portant sur le service et l’état de santé des Yanomami de l’État d’Amazonas. Au final, la SECOYA apporte son soutien à la proposition de la Kurikama de constituer un groupe chargé d’étudier la création d’un Sous-district sanitaire pour les Yanomami de l’État d’Amazonas.

    Il importe de rappeler ici que l’action de la SECOYA auprès des Yanomami est soutenue par AYA (Appui aux indiens Yanomami de l’Amazonie), l’association genevoise éditrice de ce bulletin et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. AYA soutient un programme de formation de sages-femmes indigènes. Le MCI appuie  un projet de formation d’« Agents multiplicateurs interculturels » capables de renforcer la surveillance territoriale, l’éducation différenciée, l’organisation Kurikama et la mise en réseau des Yanomami des diverses régions de l’État d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Ces deux programmes de solidarité concrète sont financés par la Confédération (Direction du Développement et de la Coopération - DDC), le Canton et la Ville de Genève, les communes genevoises de Carouge, Confignon, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates, les Services Industriels de Genève – SIG et les dons de particuliers. Une solidarité particulièrement bienvenue en ce moment critique pour le peuple Yanomami.

    ***

    *Prononcer « Chapono »

    **Une demande déjà formulée lors de la IIe Assemblée générale de la Kurikama en octobre 2015 ! Voir sur ce blog, la note du 20 janvier 2016.

    ***Le sous-système de santé indigène est composé de 34 Districts sanitaires spéciaux indigènes (DSEI), dont un pour les peuples Yanomami et Ye’kuana. Dans chaque District, il existe un organe de participation – un CONDISI - où sont représentés les peuples indigènes et aussi les ONG qui s’occupent de la santé.

    **** Partenaire de AYA et du MCI.

    Illustration : Appel à la manifestation du 10 décembre. Cliquer sur la l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : La SECOYA renforcé ses moyens d’information, soit, un site Internet, une page Facebook et d’une ligne YouTube

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Un quart de siècle de coopération avec les Yanomami

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Yanomami, Manaus, Bicho-Açu, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Amazonas, SECOYA, AYA, Rio Marauiá, Rio Demini, Kurikama, Terre des Hommes Suisse, TdH, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Silvio Cavuscens, Sylvie Petter, AIS, Agentes indígenas de Saúde, Marche de l'espoir, Le Jour se Lève, Genève, Suisse, AvullyPendant plusieurs jours, du 18 au 22 septembre, le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA (le partenaire de AYA), a célébré son 25e anniversaire à Manaus. Une manifestation à laquelle ont participé une dizaine de leaders Yanomami, dont deux femmes, venus de diverses communautés des Rios Demini et Marauiá (État brésilien d'Amazonas). Parmi eux, des dirigeants de l'association yanomami "Kurikama" fondée en 2013.

    Au programme : la projection de documentaires suivies de discussions; des débats sur les menaces qui pèsent actuellement sur les peuples indigènes, les services de santé et d'éducation qui leur sont destinés. Des rencontres avec des représentants du Ministère Public Fédéral et des Municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et de Barcelos. Mais aussi, une réunion avec des représentants de mouvements sociaux en vue de la constitution de liens plus étroits, voire d'alliances. Le dernier jour a été consacré à une réunion entre représentants du mouvement indigène et la délégation Yanomami. Réunion consacrée à l'actuelle politique indigéniste du gouvernement.

    L'histoire de Secoya n'est pas celle d'un long fleuve tranquille. Un quart de siècle bien rempli d'abord pour coopérer avec les communautés yanomami afin que celles-ci disposent d'un peu plus de pouvoir sur leur propre destin. Un appui essentiellement donné par la formation de plusieurs acteurs sur le terrain. Celle des agents indigènes de santé où la médecine traditionnelle est prise en compte. La qualification de professeurs Yanomami où l'éducation se veut différenciée par la valorisation de la culture particulière de ce peuple. En matière de développement durable aussi, en tenant compte du savoir-faire des Yanomami en matière de préservation de l'environnement. Sans négliger la formation à la citoyenneté, tant le contexte politique est susceptible d'influencer le vécu et le devenir des communautés indigènes. Cela sur un espace géographique étendu, difficile d'accès. Dans ses domaines d'activité, l'expertise de la Secoya est reconnue.

    Pour réaliser cette coopération, les responsables de la Secoya, sont à la recherche incessante de financements pour la réalisation des cours, moyens jamais assurés sur le long terme. À plusieurs reprises, AYA et plusieurs communes genevoises* lui ont apporté leur soutien. Terre des Hommes Suisse/Genève appuie également SECOYA. En 2014, la 23e "Marche de l'espoir", avec ses milliers de participants, a été l'occasion de sensibiliser le public genevois à la réalité vécue par ce peuple et à récolter des fonds pour le soutien à des projets dans le domaine de l'éducation mis en œuvre par la Secoya. Depuis peu, une autre ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI appuie également la Secoya. La Compagnie parisienne "Le jour se Lève" prépare un documentaire pour faire connaître le travail de la Secoya dont le coordinateur est un Helvetico-brésilien, Silvio Cavuscens. Silvio a passé sa jeunesse à Avully, un village de la campagne genevoise. Le programme "Santé" de l'institution est sous la responsabilité de Sylvie Petter, une infirmière - Fribourgeoise - qui passe de nombreux mois dans les communautés Yanomami. Des Suisses qui s'impliquent…

    Bravo pour le travail accompli au cours de ce quart de siècle ! Meilleurs vœux pour les années à venir!

                                                                                ***

    *Voir sur ce blog, les notes du 8 septembre et 28 juin 2017; 18 novembre et 10 juin 2016.

    Photo © Le Jour se Lève : Silvio Cavusens, le Coordinateur de Secoya. Cliquer sur la vignette pour agrandir la photo.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 119, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le Yanomami Carlito Iximauteri en visite à l'OMS

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, terras indígenas, OMS, Organisation Mondiale de la Santé, Organização Mundial da Saúde, World Health Organization, Marche de l'espoir, Yanomami, Terre des Hommes, Carlito Iximauteri, AIS, Pedro Albajar Viñas, AYA, Chagas, leishmaniose, onchocercose, Piaçaba, piassava, Onde não há médico, Bibliothèque bleue, Manaus, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Rio Negro, Rio Marauiá,Lors de son séjour à Genève, invité pour la Marche de l'espoir organisée le 12 octobre par Terre des Hommes Suisse en faveur des enfants Yanomami, Carlito Iximauteri*, l'un des premiers Agents Indigènes de Santé – AIS dans le territoire Yanomami a été reçu, l'après-midi du 14 octobre, au siège de l'Organisation Mondiale de la Santé – OMS. Il était accompagné par Luisa Prado, membre de l'association genevoise "Appui aux Indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA, et par le docteur Pedro Albajar Viñas, spécialiste et coordinateur du programme de lutte contre la maladie de Chagas** à l'OMS, et accessoirement membre d'AYA. Carlito a rencontré le Directeur du département de contrôle des maladies tropicales négligées et les coordinateurs des programmes de lutte contre la leishmaniose et de l'onchocercose.

    On trouve des victimes de la maladie de Chagas chez les personnes, dont des Yanomami, qui travaillent à l'exploitation des fibres de la Piaçaba (un palmier). Ces fibres sont utilisées pour la fabrication de brosses et balais notamment. La leishmaniose est aussi liée à l’extraction et commercialisation des produits de la forêt amazonienne ainsi qu'à des évolutions environnementales, telles que la déforestation, la construction de barrages, les systèmes d'irrigation et l'urbanisation. L'onchocercose, couramment appelée "cécité des rivières" est l'une des principales causes de déficiences visuelles.

    Carlito a encore rencontré des responsables du réseau chargé de fournir de la documentation adaptée aux personnes et entités sanitaires exerçant sur le terrain. Ses interlocuteurs se sont engagés à lui faire parvenir une "Bibliothèque bleue". Il s'agit d'un ensemble d'ouvrages, en portugais, sur les maladies tropicales dont un exemplaire du très connu "Onde não há médico" (Où il n'y a pas de médecin). Ils ont également souhaité recevoir des informations sur l'état de santé de la population dans l'aire Yanomami. Le début d'une collaboration plus concrète est à entrevoir…

    Lors de son séjour, Carlito a pris quelques moments de détente pour visiter la campagne genevoise : une exploitation d'arboriculture fruitière faisant de la vente directe, des cultures maraîchères en mode biologique, une exploitation viti-vinicole au moment de la vendange… Il a aussi fait quelques heures de navigation sur le lac.

    Son retour dans son village a été quelque peu difficile. Le 21 octobre, le bateau qui l'emmenait de Manaus à Santa Isabel do Rio Negro a heurté violemment un banc de sable, cela en pleine nuit. Plus d'une vingtaine de personnes ont été blessées dont Carlito. Les victimes ont été conduites à l'hôpital de Barcelos, la localité la plus proche, pour y être soignées. Carlito, blessé à la tête et aux jambes, a pu poursuivre son voyage de retour. Il est maintenant dans sa communauté d'Ixima, sur le Rio Marauiá où il a retrouvé sa famille.

    ***

    * Prononcer Ichimauteri

    ** Voir sur ce blog, les notes des 16 avril 2010 et du 26 avril 2013

    - Photo WHO Press, de gauche à droite : Aldo Duarte Argolo (OMS), Carlito Iximauteri (Yanomami), Pedro Albajar Viñas (OMS & AYA), Stéphanie Jourdan (OMS), Luisa Pardo (AYA). Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Une version réduite de cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : la formation d'enseignants et d'agents de santé chez les Yanomami

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    Brasil,Brésil,Amazonia,Amazonie,Autochtones,indigènes,indígenas,Yanomami,secoya,Terre des hommes suisse,Genève,Luxembourg,Caldes,E-Changer,Santa Isabel do rio Negro,BarcelosLe Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA a réalisé la onzième étape (qui en compte douze) du cours de formation de professeursYanomami. Ce cours vise la certification des enseignants par le Ministère de l'Éducation. Il a eu lieu du 10 juin au 12 juillet à Rio Preto da Eva, une municipalité située à près de 80 km de Manaus.

    Il y avait là dix-neuf professeurs et deux leaders traditionnels, originaires des communautés indigènes des rios Marauiá et Demini, localisés dans les communes de Santa Isabel do rio Negro et Barcelos. La très grande majorité d'entre – eux sont de fidèles participants à ces sessions de formation qui ont lieu une fois par année. La pratique et le rôle pédagogique de l'éducateur Yanomami étaient les thèmes centraux de cette étape. Les intervenants étaient venus du Secrétariat de l'Éducation et de l'Université de l'État d'Amazonas.

    Ce programme d'éducation différenciée de la Secoya est en grande partie soutenu par Terre des Hommes Suisse/Genève - TdH. Des représentants de l'ONG helvétique ont eu l'occasion d'assister à une partie du cours. Le compte-rendu de leur voyage est consultable sur le site de l'organisation.

    Le partenariat Secoya – Terre des Hommes Suisse et Luxembourg a permis de reprendre l'accompagnement des activités d'éducation différenciée dans les villages du rio Demini.

    Du 13 au 22 juin, à Bicho-Açu - une communauté du rio Marauiá - la SECOYA a organisé le deuxième cours de formation d'Agents indigènes (Yanomami) de Santé. Dix-neuf agents de santé ont suivi le cours, ainsi que six leaders des communautés de Kona, Pohoroá, Komixiwe et Bicho-Açu et un chaman de Ixima. Ce dernier a traité de la médecine traditionnelle. Un premier cours avait eu lieu en décembre 2012*.

    Le cours a été animé par Sylvie Petter et Judith Schnyder, toutes deux volontaires de E-Changer, une ONG suisse dont le siège est à Fribourg. Ce programme a pour objet de développer la prévention des maladies, la valorisation de la médecine traditionnelle et aussi le rôle des représentants indigènes dans les instances publiques liées à la santé. Le cours a particulièrement traité de la dénutrition qui affecte principalement les enfants jusqu'à 5 ans et les femmes. Il y a eu tout un débat sur l'importance de maintenir l'allaitement maternel alors que se développe l'usage du lait en poudre.

    Ce programme reçoit l'appui de la Ville de Genève par l'intermédiaire de AYA et par Caldes Solidària, une ONG catalane.

    * Voir sur ce blog, la note du 22/03/13

    Photo © Secoya : dans l'école de Raita, un village Yanomami (cliquer sur la vignette pour agrandir l'image).

    Voir "AYA Info" No 73 et No 80

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 85) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La maladie de Chagas heureusement moins négligée

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    Être "chagastique" sans le savoir, en souffrir, voire en mourir, et peut-être transmettre l'affection, a été pendant longtemps un risque négligé, parce qu'elle-même, la maladie de Chagas était négligée. La vectrice est une punaise hématophage, la Triatomine quand elle-même est infectée par un parasite pathogène, le Trypanosome cruzi. Les habitats préférés de ces  insectes sont certaines variétés de palmiers, notamment les Piaçava, leurs fibres, et leurs feuilles quand ces dernières sont utilisées pour la couverture des habitations.

    Généralement, la maladie se transmet à l'être humain d'abord par les piqûres de l'insecte ou par absorption de boissons ou d'aliments infectés. Elle se répand ensuite de différentes manières : par une mère infectée à son enfant pendant la grossesse ou l'accouchement, par transfusion de sang et transplantation d'organes de donneurs infectés. Dans sa phase aiguë, accompagnée de fièvre, elle peut provoquer des furoncles ou des œdèmes. Dans sa phase chronique, de durée variable, elle peut être à l'origine d'atteintes cardiaques, digestives ou neurologiques.

    À l'origine, limitée à l'Amérique centrale et du sud, la maladie s'est progressivement mondialisée avec les voyages et les migrations. En particulier sous l'influence de l'Organisation Mondiale de la Santé – OMS et d'autres institutions, davantage de mesures sont prises maintenant pour dépister la pathologie, en limiter l'extension et soigner les personnes atteintes.

    Par exemple, en Suisse, où les experts estiment entre 2'000 et 4'000 le nombre de porteurs potentiels de cette maladie, depuis le début de cette année, les centres de transfusion sanguine ont introduit une question supplémentaire (No 12) au questionnaire médical que doivent remplir les donneurs de sang.

    En Amazonie brésilienne, la Fondation Oswaldo Cruz – Fiocruz est un acteur de longue date dans la lutte contre la maladie. En juin 2012, elle a édité un manuel de formation destiné aux techniciens – "microscopistes" et laborantins - chargés de la détection de la maladie de Chagas. L'objectif est de pouvoir détecter chaque année des dizaines de cas de phases aiguës de la maladie. La Fiocruz a également financé deux cours pour les Agents Indigènes de Santé présents dans les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas.

    Il y a là une population à risque. En effet, bon nombre de Yanomami récoltent la Piaçava dont les fibres sont utilisées pour la fabrication de balais, de brosses et autres objets. En 2012, un premier cours a été organisé à São Gabriel da Cachoeira. Un second a eu lieu en décembre 2012 à Barcelos, mais malheureusement avec peu de participants, ce qu'a vivement regretté la Fondation.

    Ces deux exemples montrent que le front de lutte contre cette maladie s'est élargi. Elle est maintenant moins négligée.

    ***

    Voir aussi "AYA Info" No 49 du 30/04/2010 et sur ce blog, la note du 16/04/2010

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 81), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Meyrin solidaire des Yanomami

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    Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brasil, Brésil, Manaus, Marauiá, Demini, Bicho-Açu, Yanomami, xapono, SECOYA, Meyrin, indigènes, indígenas, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Yarimu, SESAI, FUNAIDispersés dans des communautés, souvent installées à proximité ou sur les berges des rivières, loin des chefs-lieux de municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos, les Yanomami subissent malgré eux, les conséquences d'un système qui leur est étranger à bien des égards. Ils n'ont guère de prise sur leur propre destin. Mais la situation évolue positivement grâce, en partie, à l'appui de la  commune de Meyrin.

    En 2010, la municipalité a accordé une subvention pour la réalisation d'un projet porté par l'ONG genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA": une action en faveur du renforcement des compétences des leaders Yanomami et du processus organisationnel de ces indiens de l'État brésilien d'Amazonas. En fait, il s'agit d'un soutien à un programme de l'ONG brésilienne "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA". Cette association, dont le siège est à Manaus, travaille depuis de nombreuses années dans cette partie du Brésil.

    Le projet a été réalisé en plusieurs étapes. Une phase préparatoire a eu lieu en décembre 2010. Les animateurs de la Secoya ont visité plusieurs communautés pour une sorte de "mise à jour" des problèmes rencontrés par les habitants des villages dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement durable en particulier.

    Une deuxième phase a commencé en avril 2011. La Secoya a organisé des réunions de démocratie participative dans une dizaine de villages de la vallée du rio Marauiá. Il s'agissait surtout de préparer un premier cours plus formel, qui a eu lieu du 20 au 28 avril dans la communauté de Komixiwë. La plupart des 47 leaders présents venaient des xapono* (villages) du rio Marauiá, mais aussi de deux villages proches du rio Demini et l'un d'eux venait même d'une communauté vivant sur territoire vénézuélien. Le cours a été animé par quatre animateurs de la Secoya.

    Un deuxième cours a eu lieu à Bicho-Açu entre le 18 et le 27 octobre 2011. Près de cinquante leaders étaient présents, parmi lesquels des chefs traditionnels, des enseignants et des agents indigènes de santé. La communauté de Bicho-Açu a pris la responsabilité de la préparation des lieux et de la logistique du cours. Avec la participation de tous ses hôtes, elle a aussi organisé un "Yarimu", un cérémonial traditionnel, une guerre virtuelle entre les esprits, pour chasser ceux d'entre eux qui menacent l'équilibre et la tranquillité des communautés. Le cours a été organisé pour répondre à deux objectifs : permettre aux Yanomami d'améliorer la compréhension des situations dont ils devront assumer eux-mêmes le suivi, et de les accompagner dans une réflexion approfondie et respectueuse de leur processus organisationnel. Deux jours ont aussi été consacrés à la préparation d'une "IIe Assemblée générale des Yanomami de l'État d'Amazonas". Cette assemblée a eu lieu du 22 au 28 novembre 2011 à Bicho-Açu.

    En 2010, les animateurs avaient constaté un certain découragement au sein des communautés, ceci en raison de la dégradation des conditions de vie et de l'état d'abandon dans lequel elles se trouvaient. Depuis, elles se sont regroupées. Elles ont organisé plusieurs délégations auprès des responsables des services publics en charge de la santé ou de l'éducation. Ces initiatives témoignent de la renaissance d'un certain dynamisme auquel le projet n'est, bien sûr, pas étranger. Des nouvelles très récentes montrent que la volonté de s'organiser s'est encore accentuée ces derniers mois.

    En décembre dernier, AYA a remis les rapports technique et financier finals de ce projet à la mairie de Meyrin. Au nom des bénéficiaires directs du projet, les Yanomami de l'État d'Amazonas, de l'association Secoya de Manaus, AYA tient à remercier chaleureusement les autorités municipales de Meyrin d'avoir accepté de soutenir ce type de projet.

    En effet, il ne s'agit pas là d'un projet de réalisations concrètes, comme par exemple, l'aménagement de jardins potagers, la construction d'écoles ou de dispensaires, etc, dont les résultats sont immédiatement mesurables et contrôlables. Ce projet de formation de leaders tend à réduire les déficiences des services publics de santé et d'éducation notamment. Il va aux causes mêmes des problèmes. Et les effets attendus, en termes de politiques publiques, concernent toutes les communautés.

    Dans le même temps, en s'organisant, les habitants deviennent davantage les sujets de leur propre destin.

    ***

    * Prononcer "chapono"

    Photo © Secoya : avril 2011/Rencontre dans un village pour inviter les leaders au cours de formation

    PS 1 : Plusieurs fois il a été question de ce projet dans ce "blog", voir les notes des 02/04/2010, 01/07/2011 et 23/12/2011

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Sous une forme réduite, cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2