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  • Covid-19 : le Congrès brésilien en faveur des Indigènes contre Bolsonaro

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    C’est un revers important qu’a essuyé le président Bolsonaro au Congrès brésilien ce 20 août. Les parlementaires ont annulé 16 des 22 veto que le Président avait opposés, le 7 juillet, à l’occasion de la promulgation de la loi relative aux mesures à prendre d’urgence en faveur des peuples indigènes et communautés traditionnelles pour les protéger du Covid-19*.

    Parmi les mesures rétablies par le Congrès, il y a celles ayant trait directement aux soins : l’accès à l’eau potable, la distribution gratuite de matériel d’hygiène, de nettoyage et de désinfection ; l’accès aux unités de thérapie intensive, l’acquisition et la mise à disposition de ventilateurs et de machines d’oxygénation… D’autres concernent particulièrement les peuples isolés ou de récent contact. Mais aussi les mécanismes d’information des communautés et leur participation à l’élaboration des plans de protection…

    Ont été maintenus des veto relatifs à la dotation budgétaire pour la réalisation de certaines actions prévues dans le projet ; la distribution de « paniers de base », semences et outils agricoles et un programme spécifique de crédit agricole.

    Malgré ces restrictions - que regrettent particulièrement les députées Rosa Neide, la principale auteure du projet, et Joênia Wapichana, rapporteure et aussi coordinatrice du Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes - il s’agit là d’une victoire pour les peuples indigènes et leurs soutiens.

    Les lenteurs du processus parlementaire font problème quand il s’agit d’adopter un plan d’urgence. Cette loi a été préparée par des membres de la Chambre des Députés dès le début de la pandémie en mars 2020. Le projet a été présenté aux députés le 27 mars et adopté le 21 mai. Transmis au Sénat, il y a été approuvé le 16 juin. Le Président de la République l’a sanctionné le 7 juillet avec ces nombreux veto. On l’a vu, le Congrès est revenu sur le sujet les 19 et 20 août. Il aura fallu plus de cinq mois pour l’adoption de ce plan. L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB regrette cette lenteur : « Malgré la victoire significative de l’annulation des veto de Bolsonaro au Congrès, l’inaction du gouvernement a coûté 698 vies indigènes. Le virus n’attend pas. La mise en œuvre effective d’un plan d’urgence au début de la pandémie, aurait pu sauver des vies… Combien de morts aurons-nous à regretter pour que le gouvernement comprenne la gravité de cette urgence indigène ? ». Pour Sônia Guajajara, la coordinatrice de l’APIB : « Nous devons continuer de faire pression pour que le gouvernement donne les conditions pour que le plan soit mis en pratique ! »

    Pour rappel, l’APIB a également demandé au Tribunal Suprême Fédéral qu’il oblige le gouvernement à mettre en œuvre un plan d’action en faveur des peuples indigènes pour lutter contre la propagation du Covid-1. Le 5 août, la Cour suprême a répondu favorablement à cette demande. (Voir note du 8 août 2020)

                                                                                 ***

    *Documents relatifs à cette législation (cliquer sur les textes en bleu) :

    A) Projet présenté aux députés / B) Projet adopté par la Chambre / C) Texte adopté par le Sénat / D) Texte sanctionné par le Président / E) Message du Président de la république relatif aux veto / F) Détail des décisions du Congrès.

    PS 1 :Voir également sur ce blog les notes du 13 juin, du 30 juin.

                                                                                  ***

                                                                               Notre peine

    Ce 23 août, le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA – le partenaire de AYA et du MCI - a annoncé le décès de Luiz Carlos Ehm Maia (43 ans) en charge de la logistique de la Secoya à Santa Isabel do Rio Negro. Atteint du Covid-19, il avait été hospitalisé il y a plus d’un mois dans l’Unité de soins intensifs de l’hôpital Delphina Aziz de Manaus. AYA et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI expriment leurs sincères condoléances à son épouse Railene et à ses deux filles Rita et Livia.

                                                                                     ***

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 133, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : face au Covid-19 les peuples indigènes ne désarment pas

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    Le Ministère brésilien de la santé, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, la Coordination des Organisation Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et d’autres organismes et entités publient régulièrement des chiffres sur l’inquiétante évolution de la pandémie du Covid-19. Pour plusieurs raisons, ces statistiques ont une valeur toute relative. Les spécialistes s’accordent à affirmer qu’elles sont inférieures à la réalité. La comparaison de l’évolution de la pandémie pour l’ensemble de la population brésilienne et dans les communautés indigènes s’avère très délicate. L’essentiel à retenir est la gravité de la situation, en particulier pour les peuples indigènes.

    La presse a rapporté la situation tragique des Xikrin du Cateté dans l’État du Pará qui, entre le 22 mai et le 17 juin, ont connu 270 cas positifs et la mort de 7 indigènes pour une population de moins de 2'000 personnes. En 24 heures, ces 28 et 29 juin, le peuple Xavante du Mato Grosso a eu à déplorer le décès de neuf de ses membres. Le cas de trois femmesYanomami a ému l’opinion publique. En mai, l’enfant de chacune d’elles présentant des symptômes de pneumonie, elles ont été conduites de leur communauté de Auaris à l’hôpital de Boa Vista la capitale de l’État de Roraima où les enfants sont décédés et ont été enterrés. Les mamans n’ont pas pu rentrer dans leur village avec le corps des enfants pour procéder au rite funéraire, – une incinération - en vigueur chez les Yanomami. L’incompréhension ajoute à leur souffrance. Le procureur de la République de Boa Vista a demandé des explications au District Sanitaire Spécial Indigène Yanomami.

    Le 26 juin, le Conseil Indigène de Roraima – CIR annonce que le Covid-19 a touché plusieurs communautés indigènes de l’État de Roraima (l’État brésilien qui compte la plus forte proportion d’indigènes dans sa population). En trois mois, plus de 440 autochtones ont été infectés par la maladie et 41 en sont morts. Parmi ces derniers, plusieurs leaders historiques connus pour être la mémoire vivante de leur communauté. Le CIR a renouvelé l’appel à l’aide lancé le 27 mars déjà pour combattre la pandémie… L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et ses partenaires vient, elle aussi, de lancer un plan « Urgence Indigène » pour combattre la propagation de la pandémie dans les communautés indigènes.

    La lutte se conduit aussi au parlement. Lors des élections législatives de 2018, les indigènes de Roraima ont réussi à élire une des leurs à la Chambre des Députés : Joênia Wapichana. Au début de la législature elle est devenue la coordinatrice du Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes. Dès le mois de mars, plusieurs membres de ce Front ont rédigé un projet de loi (No 1142/2020) portant sur la mise en œuvre d’un programme de lutte d’urgence contre le Covid-19. Le projet a été accepté par le Chambre le 21 mai et par le Sénat le 16 juin. Il est maintenant soumis à l’approbation - ou au veto - du Président de la république qui a jusqu’au 7 juillet pour se prononcer. Quelle sera l’attitude de Jair Bolsonaro ?

    Ce 30 juin, l’APIB et diverses entités s’est adressée au Tribunal Suprême Fédéral pour que celui-ci demande au gouvernement de mettre en œuvre un plan d’urgence pour protéger les peuples indigènes, spécialement les groupes en isolement volontaires. À suivre…

                                                                            ***

    *Voir sur ce blog, la note du 13 juin 2020

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 133, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le Brésil, le Covid-19 et la protection des peuples indigènes

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    Le Brésil, le plus vaste et le plus peuplé des pays d’Amérique du Sud, est devenu en quelques semaines l’un des épicentres mondiaux de la pandémie du Covid-19. L’ensemble du pays est atteint*. Au 12 juin, le Ministère de la Santé annonçait 828’810 cas confirmés et 41’828 décès. Chiffres sous-évalués selon l’avis de spécialistes. Compte tenu de la position du Président Jair Bolsonaro - il minimise la gravité de la maladie et menace de quitter l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), alors que de nombreux Gouverneurs d’États et Maires de grandes villes appliquent les mesures préconisées par celle-ci - la vie politique brésilienne connaît de vives tensions. Les médias s’en font régulièrement l’écho.

    La progression au sein de la population indigène

    Les peuples indigènes ne sont pas épargnés par la maladie. Au 12 juin, l’organe gouvernemental en charge du service de santé pour cette partie de la population, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène -SESAI annonçait 2’749 cas confirmés et 97 décès dus au Covid-19 dans les 34 Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes dont il a la responsabilité. Et ce Secrétariat ne prend pas en compte ce qui se passe pour les indigènes habitant dans les agglomérations. À partir de son propre réseau, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB établit sa propre statistique. Le 12 juin, elle dénombrait 3'166 indigènes contaminés, 269 décès dans 98 peuples. Au 8 juin, le Réseau Pró-Yanomami et Ye’kwana, créé récemment, annonce 82 cas confirmés et 4 décès chez ces deux peuples,.

    Une grande vulnérabilité

    Le dangereux Covid-19, de par sa nouveauté, semble mettre sur pied d’égalité indigènes et non-indigènes. Cependant, à y regarder de plus près, les autochtones sont plus vulnérables à l’épidémie en raison des conditions sociales, économiques et sanitaires dans lesquelles ils vivent. Par exemple les difficultés d’accès aux services de santé en raison des distances, de l’indisponibilité ou de l’insuffisance du personnel et du matériel pour répondre aux besoins. Le mode de vie est un autre facteur de risques : habiter des maisons collectives, le partage des ustensiles ; parfois l’absence d’eau potable en raison de la pollution de celle-ci par des métaux lourds dans les zones minières qui se retrouvent dans les organismes. Autre source de contamination, la présence d’envahisseurs comme les 20’000 garimpeiros (orpailleurs illégaux) qui sont présents sur plusieurs rivières de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y ou des madeireiros (marchands de bois illégaux) responsables de la déforestation qui a repris de l’ampleur.

    Autre danger, la pression exercée par les lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et de l’armée qui se manifeste par la présence de nombreux de leurs représentants au sein des administrations. À cela s’ajoute l’adoption de mesures législatives, ou réglementaires, qui vont à l’encontre des droits des peuples indigènes. Un sens voulu par le gouvernement. Ainsi, dans le cadre d’une enquête, la Cour Suprême a imposé la publication de l’enregistrement d’une réunion ministérielle tenue le 22 avril. On apprend, à cette occasion, que le Ministre de l’environnement, Ricardo Salles, est d’avis de profiter du temps pendant lequel la société et les médias sont préoccupés par le Covid-19 pour alléger les règles de protection de l’environnement (dont on sait l’importance pour les peuples indigènes). Lors de la même réunion, le Ministre de l’Éducation, Abraham Weintraub, a affirmé détester le terme « Peuples indigènes ». Un reflet de l’état d’esprit régnant dans les hautes sphères de l’État.

    Cette situation fait dire à Arthur Virgilio Neto, Maire de Manaus : « Je crains un génocide dans notre [État d’] Amazonas car nous avons un président qui ne se soucie pas des peuples indigènes et ne valorise pas cette culture. Je veux signaler ce crime contre l’humanité qui se produit dans ma région ».

    Il n’y a pas que les peuples du Brésil qui sont en danger. Le 4 juin 2020, les Secrétariats des Droits humains de l’ONU pour l’Amérique du Sud et de la Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH, ont adressé une note aux gouvernements de la région soulignant le besoin urgent de protéger les peuples autochtones du Covid-19. Pandémie qui met en cause leur existence même, dit le communiqué.

    Les organisations indigènes réagissent

    Les peuples indigènes et les organisations indigènes et indigénistes ne restent pas sans réagir. Parmi les réactions, il convient de citer l’action du Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes de la Chambre des Députés dont la Coordinatrice est une indigène, Joênia Wapichana. À la fin mars déjà, il a déposé un Projet de Loi (No 1142/2020) pour la mise en œuvre, en urgence, de mesures de protection sociale pour lutter contre la dissémination du Covid-19 dans les territoires indigènes. La Chambre l’a adopté le 21 mai et l’a transmis au Sénat. Au cours de la discussion, concernant les peuples isolés ou de récent contact, une disposition a été introduite dans le projet permettant aux missions religieuses déjà présentes dans ces communautés de pouvoir y rester avec l’aval du médecin responsable. Il s’agit - là d’une faveur faite aux missions évangéliques. La COIAB a très vite réagi à ce qu’elle considère comme une menace : « L’invasion des missionnaires a toujours apporté la tragédie et la mort de nos parents qui ont été forcés au contact et ce n’est pas maintenant que ce sera différent ». Elle demande la suppression de cette partie du texte et le retrait immédiat des missions religieuses des Terres Indigènes dans lesquelles se trouvent des peuples isolés. « Nous sommes en faveur de la création de ce plan d’urgence pour les peuples indigènes, mais nous n’accepterons jamais de négocier les droits de nos parents isolés et de récent contact. Nos vies et nos droits ne sont pas négociables ». À voir ce qui se passera au Sénat fédéral qui doit se prononcer le 16 juin sur ce projet.

    Appel à l’OMS

    Le 4 mai dernier, le même Front a été à l’initiative d’une « Lettre ouverte » adressée au Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé – OMS lui demandant d’intervenir auprès des pays de l’Amérique Latine pour qu’ils prennent rapidement des mesures spécifiques afin de garantir la protection des peuples indigènes qui sont parmi les groupes les plus vulnérables au Covid-19. Le document, signé par près de 200 entités et personnalités, évoque la situation dans plusieurs pays. Il est demandé que l’OMS favorise la création d’un Fonds d’urgence pour répondre aux demandes des communautés face à la pandémie. Les auteurs de la lettre n’ont pas indiqué s’ils avaient reçu une réponse particulière. Mais, lors de la 73e Assemblée Mondiale de la Santé, tenue en mode virtuel a minima, à Genève, du 17 au 21 mai, le Directeur Général aborde la question du Covid-19 : … « Il n’y a pas de solution miracle… Cependant, il existe de nombreux éléments que toute stratégie nationale devrait intégrer : une riposte mobilisant l’ensemble des pouvoirs publics et toute la société, consistant à appeler les personnes et les communautés à se protéger et à protéger les autres en leur en donnant les moyens… enfin, une attention particulière aux groupes vulnérables… ». Et le 19 mai, l’Assemblée a adopté une Résolution (WHA73.1) intitulée « Riposte à la COVID-19 ». Le point 7 appelle les États membres… 2) à appliquer des plans nationaux... en prêtant une attention particulière aux besoins des personnes vulnérables, en encourageant la cohésion sociale, en prenant les mesures nécessaires pour assurer la protection sociale et la protection contre les difficultés financières et en s’attachant à prévenir l’insécurité, la violence, la discrimination, la stigmatisation et la marginalisation. ».

    A signaler encore que des organisations nationales et internationales et des personnalités - dont Lélia et Sebastião Salgado - ont déjà apporté leur soutien aux peuples indigènes. Ces derniers par le biais d’une pétition.

    Appel des Yanomami

    On l’a vu, les Yanomami sont particulièrement en danger. Au début juin, le Forum des leaders Yanomami et Ye’kwana de la TI-Y a lancé une pétition sur les réseaux sociaux pour demander aux autorités d’agir sans tarder pour évacuer les garimpeiros présents dans leur territoire. Ce 9 juin, le texte a déjà reçu plus de 220'000 signatures. AYA vous invite à vous y associer.

    Ce paragraphe est l’occasion de rappeler la solidarité avec les Yanomami pratiquée par deux ONG genevoises, celle qui édite ce bulletin : Appui aux Yanomami d’Amazonie – AYA, et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Elles apportent, avec le soutien de plusieurs collectivités publiques genevoises, une aide concrète à travers les programmes du « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » dont le siège est à Manaus. Les actions sur le terrain sont momentanément suspendues en raison de la pandémie. Cette solidarité est certainement modeste, mais elle a le mérite d’exister dans la durée.

                                                                              ***

    *Voir sur ce blog la note du 22 mars 2020.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 133, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Brésil : Un « Front de défense des droits des peuples indigènes » est créé au parlement

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Joênia Batista de Carvalho, Joênia Wapichana, Frente parlamentar mista em defesa dos direitos dos povos indígenas, FPMDDPI, Acre, AC, Amapá, AP, Amazonas, AM, Maranhão, MA, Mato Grosso, MT, Pará, PA, Rondônia, RO, Roraima, RR, Tocantins, TO, Distrito Federal, Câmara dos Deputados, Senado, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Senador, senadora, deputado, deputada, agropecuáriaSous l’impulsion de la première femme indigène élue à la Chambre des députés, Joênia Wapichana (1) , un « Front Parlementaire Mixte (2) de Défense des Droits des Peuples Indigènes - FPMDDPI » a été créé le 28 mars, et lancé le 4 avril dernier à la Chambre des Députés à Brasilia (3).

    Il s’agit, pour son initiatrice, de défendre les droits des peuples indigènes garantis par la Constitution fédérale de 1988, d’améliorer la législation et les politiques publiques qui en découlent. Un véritable défi dans la conjoncture politique actuelle.

    Au parlement brésilien (4), la Chambre des Députés compte 513 membres et le Sénat 81 répartis dans une trentaine de partis politiques. Le Front pro-indigènes compte 210 Députés et Députées appartenant à 25 partis, représentant 26 États de l’Union et du District fédéral (Brasilia). Et les 27 Sénateurs et Sénatrices qui y ont adhéré sont de 12 partis différents et ils sont originaires de 16 États et du District fédéral.

    Minoritaire, le Front est cependant représentatif des différentes régions du Brésil. Mais il y a seulement 45 représentants des 9 États amazoniens (5). Le Parti des Travailleurs - PT, avec 51 députés et 3 sénateurs est le parti le plus représenté dans le Front. Il est suivi par le Parti Socialiste Brésilien – PSB avec 29 députés et 3 sénateurs.

    Les femmes y ont une place non négligeable. Parmi les 77 Députées élues en octobre dernier, 48 ont adhéré au « Front », dont 7 viennent d’Amazonie. Trois Sénatrices en sont membre, mais elles représentent d’autres États d’autres régions du pays que l’Amazonie.

    A titre indicatif, le Front parlementaire « Agropecuária – FPA » qui défend les intérêts de l’agrobusiness, souvent opposés à ceux des Indigènes, compte 225 Députés et 36 Sénateurs. À relever que des parlementaires s’inscrivent dans plusieurs « Fronts » dont les objectifs ne sont manifestement pas convergents.

    Dans les deux législatures précédentes 2011- 2015 et 2015 - 2019, il y a déjà eu un « Front parlementaire d’appui aux Peuples Indigènes » à la Chambre des Députés, mais leurs membres ont travaillé dans un contexte moins tendu qu’actuellement…

                                                                                     ***

    (1) Voir sur de blog les notes du 21 octobre et du 31 décembre 2018.

    (2) Mixte, parce qu’il est composé de membres de la Chambre des Députés et du Sénat

    (3) Il y a plus d’une centaine de ces « Fronts » constitués à la Chambre des Députés au début avril 2019.

    (4) La Chambre des Députés compte 513 élus pour 4 ans, et le Sénat 81 élus pour 8 ans.

    (5) États de l’Amazonie légale brésilienne : Acre – AC, Amapá – AP, Amazonas – AM, Maranhão – MA (partiellement), Mato Grosso – MT, Pará – PA, Rondônia – RO, Roraima – RR, Tocantins - TO

    Photo © Adilvane Spezia / CIMI : À gauche, Joênia Wapichana lors du lancement du « Front de défense des Droits des Peuples Indigènes ». Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2