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  • Les peuples autochtones, la dernière barrière à abattre !

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    Le modèle dominant de développement "met en cause l'existence même de nombreux peuples autochtones, particulièrement quand leurs territoires recèlent des matières premières ou des sources d'énergie présentant un intérêt économique. Pour ce modèle dominant, les peuples autochtones et les populations traditionnelles représentent la dernière barrière à abattre". C'est l'une des conclusions que des représentants de peuples et d'organisations autochtones d'Argentine, du Brésil, de Colombie et du Pérou ont tenu à rappeler lors du séminaire organisé à Genève, du 15 au 19 octobre, par le Mouvement pour la Coopération Internationale* (MCI). Une manifestation réalisée par cette ONG genevoise dans le cadre de son 50eanniversaire.

    Le MCI a soutenu des projets en faveur des peuples autochtones dès les années 70. La présence de dirigeants d'organisations indigènes avec lesquelles il a travaillé, et travaille encore, allait de soi lors de cet anniversaire. Vivant dans des pays et contextes différents, les échanges qu'ont eus ces leaders pendant plusieurs demi-journées, ont très vite mis en évidence la similitude de leur lutte pour la survie de leurs peuples, de leurs cultures et de leurs modes de vie. Ensemble, et avec les autres participants à cette rencontre, ils ont tenu à dresser ce constat : "Dans leur grande majorité, les peuples autochtones ont une relation pleine de respect, d’harmonie et d’équilibre avec la terre­mère. Le renforcement des identités ethniques et culturelles est très important. Les territoires indigènes sont de véritables sanctuaires de vie dans leur diversité spirituelle et biologique. Mais les peuples autochtones sont touchés de plein fouet par le modèle dominant de développement. Ce modèle porte atteinte à leurs territoires ancestraux : les montagnes, les glaciers, les forêts, les fleuves et rivières. Pourtant l’existence de ces peuples constitue un signal fort pour l'humanité toute entière".

    À propos de la situation qui est faite aux peuples autochtones, ils ont tenu à rappeler comment "On leur reproche d'empêcher le développement, on criminalise leur protestation, on militarise leurs territoires, on réduit leurs droits. Ces derniers, bien que reconnus par des lois et des instruments juridiques nationaux et internationaux, sont insuffisamment appliqués". Ils soulignent encore que "Le soutien à leurs revendications est d'importance capitale".

    Lors de ce séminaire, qui comptait également avec la présence de représentants d'Haïti, du Timor-Leste et d'Uruguay, deux autres ateliers ont traité de la "Formation" et de "l'Économie solidaire" qui sont également des axes de travail du MCI. La déclaration finale adoptée par les participants appelle les ONG et les collectivités publiques du Nord à soutenir les associations du Sud, non seulement pour les aspects concrets de leurs programmes, mais aussi pour leur vie démocratique, leurs besoins en personnel et en matériel.

    Le MCI est l'un des membres fondateurs de la Fédération Genevoise de Coopération - FGC.

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    * Mouvement pour la Coopération Internationale ; c/o Maison des Associations, 15, rue des Savoises CH – 1205 Genève; Tél.: 022 320 29 02; Courriel : mci.fgc@gmail.com

    PS 1 : Ce dimanche 25 novembre est une journée particulièrement consacrée aux populations autochtones dans le cadre du Festival "Filmar en América Latina" qui se déroule à Genève et sa région. Voir le programme sur le site : http://www.filmaramlat.ch/

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2