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  • Á Manaus, une manifestation pour le droit à la vie du peuple Yanomami

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    Brésil, Brasil, Manaus, Praça do Congresso, 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, 10 de dezembro, Dia Internacional dos Direitos Humanos, FAMDDI, Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes, Frente Amazônica de Mobilização em Defesa dos Direitos Indígenas, Fantástico, Amazonas, Roraima, Kurikama, Komixiwë, Santa Isabel do Rio Negro, rio Marauiá, rio Demeni, rio Preto, rio Cauaburis, Barcelos, São Gabriel da Cachoeira, Distrito Sanitário Especial Indígena, DSEI, CONDISI, Conselho de Saúde Indígena, Boa Vista, Yanomami, Ye’kuana, Ministère Public Fédéral, Ministério Público Federal, SECOYA, MCI, AYA, Lancy, Plan-les-Ouates, Carouge, Onex, Confignon, Ville de Genève, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Confédération, Canton de Genève, Ville de Genève, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Services Industriels de Genève, SIGCe 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits des Indigènes – FAMDDI a appelé à manifester, Place du Congrès, au centre de Manaus, pour le droit à la vie des Yanomami. Le but de cette mobilisation, qui a réuni des représentants des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami, est d’attirer l’attention de la société sur la politique génocidaire dont ce peuple est victime.

    Le 14 novembre, la chaîne Globo, dans son émission « Fantástico » a diffusé un reportage de 17 minutes sur les problèmes de santé des Yanomami, surtout ceux de l’État de Roraima. Une émission qui a eu un certain retentissement. Un mois avant cette émission, entre les 6 et 11 octobre, les Yanomami de l’État d’Amazonas, regroupés au sein de l’association Kurikama, ont tenu leur 5e assemblée ordinaire dans le village de Komixiwë dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro. Elle a réuni 206 représentants de 26 xapono* (villages) des rios Marauiá, Demeni. Preto et Cauaburis. Les délégués y ont fait un inventaire inquiétant des problèmes concernant la santé : « le service de santé est chaque fois plus précaire, désorganisé et inefficace. Il n’arrive pas à répondre aux besoins de la population. Il manque de médicaments de base dans les postes de santé… Il y a une réduction de la présence des professionnels de santé dans les villages où il n’y a pas de poste de santé… »  Suivent quatorze propositions dont la réunion d’urgence d’une commission interinstitutionnelle pour discuter de la création d’un sous-district sanitaire pour le service de santé des Yanomami des communes de Barcelos, Santa Isabel do Rio Negro et São Gabriel da Cachoeira**. Actuellement, le siège du District sanitaire est à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima, à près de 500 km. Ces propositions ont été adressées au Ministère Public Fédéral de l’État d’Amazonas et aux responsables de cinq institutions du service de santé, dont le président du Conseil du District Sanitaire Yanomami et Ye’kuana – CONDISI***.

    Le CONDISI Yanomami et Ye’kuana a tenu sa 31e réunion du 26 au 29 novembre à Boa Vista. Silvio Cavuscens, le coordinateur de l’association « Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA**** » y a présenté un rapport, résultat d’une enquête de terrain, réalisée de juin à novembre 2021, portant sur le service et l’état de santé des Yanomami de l’État d’Amazonas. Au final, la SECOYA apporte son soutien à la proposition de la Kurikama de constituer un groupe chargé d’étudier la création d’un Sous-district sanitaire pour les Yanomami de l’État d’Amazonas.

    Il importe de rappeler ici que l’action de la SECOYA auprès des Yanomami est soutenue par AYA (Appui aux indiens Yanomami de l’Amazonie), l’association genevoise éditrice de ce bulletin et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. AYA soutient un programme de formation de sages-femmes indigènes. Le MCI appuie  un projet de formation d’« Agents multiplicateurs interculturels » capables de renforcer la surveillance territoriale, l’éducation différenciée, l’organisation Kurikama et la mise en réseau des Yanomami des diverses régions de l’État d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC. Ces deux programmes de solidarité concrète sont financés par la Confédération (Direction du Développement et de la Coopération - DDC), le Canton et la Ville de Genève, les communes genevoises de Carouge, Confignon, Lancy, Onex, Plan-les-Ouates, les Services Industriels de Genève – SIG et les dons de particuliers. Une solidarité particulièrement bienvenue en ce moment critique pour le peuple Yanomami.

    ***

    *Prononcer « Chapono »

    **Une demande déjà formulée lors de la IIe Assemblée générale de la Kurikama en octobre 2015 ! Voir sur ce blog, la note du 20 janvier 2016.

    ***Le sous-système de santé indigène est composé de 34 Districts sanitaires spéciaux indigènes (DSEI), dont un pour les peuples Yanomami et Ye’kuana. Dans chaque District, il existe un organe de participation – un CONDISI - où sont représentés les peuples indigènes et aussi les ONG qui s’occupent de la santé.

    **** Partenaire de AYA et du MCI.

    Illustration : Appel à la manifestation du 10 décembre. Cliquer sur la l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : La SECOYA renforcé ses moyens d’information, soit, un site Internet, une page Facebook et d’une ligne YouTube

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Les Yanomami des rios Marauiá et Preto créent l'association Kurikama

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Yanomami, Ye'kuana, Santa Isabel do Rio Negro, Rio Marauiá, Rio Preto, xapono, Komixiwe, Rios Profundos, SECOYA, Kurikama, FUNAI, IMCbio, DSY, Pró Amazônia, Missão Salesiana, urucum, genipapoC'est par la fête traditionnelle du "Hearu" qu'a commencé la IIIe Assemblée générale des Yanomami des rios Marauiá et Preto. C'est une fête pour laquelle les Yanomami se peignent le corps avec de l'urucum et du genipapo, s'affrontent et dansent dans une forte démonstration culturelle. Cette rencontre a eu lieu entre le 1er et le 7 octobre dans le "xapono*" (le village) de Komixiwe**. Ils étaient 250 représentants de treize villages de la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro, dans l'État d'Amazonas.

    L'objet central de cette réunion était la constitution d'une association susceptible de renforcer les liens entre les différents villages et de définir des stratégies collectives pour faire face aux politiques publiques inefficaces qui ne prennent pas en compte la réalité Yanomami de cet État. Les statuts de l'association ont été discutés de manière approfondie pour que tous en comprennent le fonctionnement. Il faut souligner l'institution du "Conseil Yanomami" formé par les leaders traditionnels de chaque village. Ce Conseil représente la plus haute instance de décision après l'Assemblée générale qui a encore élu une "Coordination générale" et un "Conseil de surveillance" après la présentation des candidats de chaque village.

    Quatre ONG étaient également représentées : le Service et Coopération avec le peuples Yanomami – SECOYA, Rios Profundos, la Mission salésienne et Pró Amazônia. Plusieurs administrations publiques avaient envoyé des représentants : le District Sanitaire spécial Yanomami et Ye'kuana - DSY, le Front ethno - environnemental Yanomami de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, l'Institut Chico Mendes de Conservation de la biodiversité – IMCbio et le Secrétariat de l'Education de Santa Isabel do Rio Negro.

    Le représentant de la FUNAI a eu à entendre les innombrables plaintes et revendications des Yanomami qui se sentent abandonnés depuis que la Fondation a supprimé les postes de surveillance en 2010. La délégation du DSY n'a pas échappé aux reproches. Selon les Yanomami, la population est en permanence dans une situation d'insécurité avec l'augmentation de la malaria et des maladies infectieuses, la précarité des infrastructures, le défaut d'équipements. Tout cela associé au manque de médecin dans la région et l'impréparation des professionnels de santé.

    Le nom de l'association - "Kurikama" - n'a pas été choisi au hasard. Il est celui d'un mythe et aussi celui d'une jeune Yanomami. Pour se protéger d'un déluge qui menaçait tout le peuple Yanomami, une jeune fille a été décorée avant d'être jetée dans les eaux. Son sacrifice a permis de sauver le peuple. Kurikama s'est alors transformée en esprit. Les Yanomami sont d'avis que le mythe est lié à leur vécu actuel. Le logo de l'association – une jeune fille au bord d'une rivière - est un hommage à cet esprit.

    La création de cette association marque la volonté des communautés yanomami de ces régions difficiles d'accès de mieux défendre leurs intérêts. Un progrès dans l'exercice de la citoyenneté. Il est utile de s'en réjouir ce 10 décembre qui est la Journée internationale des droits de l'homme.

    ***

    * Prononcer "Chapono" et ** "Komichiwe"

    Photo © Associação Kurikama. C'est le logo de l'association. Il représente Kurikama qui a sauvé le peuple Yanomami / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans AYA Info (No 88) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2