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  • Amazonie péruvienne : le pétrole tue encore !

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    Dans la soirée du 8 août dernier, un affrontement entre indigènes Kukama et forces de l’ordre ont fait trois morts et onze blessés parmi les « nativos », et cinq blessés chez les policiers. Les heurts ont eu lieu dans la localité de Bretaña, située dans la Province de Requena, Département de Loreto, en Amazonie péruvienne. Plus exactement à proximité des installations du « Lot 95 » exploité depuis plusieurs années par l’entreprise pétrolière nord-américaine PetroTal. Les indigènes étaient là pour exiger que l’entreprise et le gouvernement répondent à leurs demandes devenues pressantes en raison de la pandémie du Covid-19.

    Les revendications des communautés indigènes sont portées par l’Organisation Régionale des Peuples Indigènes de l’Orient – ORPIO. Celle-ci a dressé un tableau montrant les différences de conditions de vie sur la plateforme pétrolière et dans les communautés indigènes avoisinantes.

    Les travailleurs de l’entreprise disposent de l’électricité 24/24 h, de l’eau potable, d’une citerne et d’évacuation des eaux usées, mais aussi d’un service médical permanent et de diverses infrastructures. Ils ont pu travailler pendant la quarantaine en raison d’un décret d’urgence. (Ils n’ont arrêté le travail que le 10 août quand l’entreprise a suspendu son activité en raison des événements).

    De leur côté, les communautés ne disposent de l’électricité que 4 heures par jour, l’eau à laquelle elles ont accès est polluée. Il n’y a pas de service de santé. Les travaux relatifs aux infrastructures ne sont pas terminés. Elles ont respecté la quarantaine sans aide sociale, sans médicaments. (Elles ont connu un nombre élevé d’infectés par le covid-19). Elles veulent avoir l’électricité 24/24h, disposer d’un réseau d’eau potable, la réalisation d’un hôpital rural interculturel et la création d’un fonds économique de 10% de la valeur de la production de pétrole pour la mise en œuvre de projets de sécurité alimentaire et d’assainissement.

    L’affrontement de ce début août, même si - heureusement - le bilan est moins lourd, a rappelé le conflit de Bagua du 5 juin 2009 au cours duquel 33 personnes avaient trouvé la mort. Il avait opposé la Police Nationale et des membres des communautés indigènes. Cela concernait déjà l’exploitation des ressources locales et la consultation des autochtones qui veulent pouvoir bénéficier d’une partie au moins des retombées de cette activité.

    Les organisations indigènes l’Amazonie péruvienne ont maintes fois documenté la pollution des sols et des rivières causées par les fuites des oléoducs. Elles réclament une action gouvernementale décisive depuis plusieurs années*. Leurs démarches commencent à porter des fruits : le 27 août dernier un décret présidentiel a approuvé un très volumineux « Plan pour combler les lacunes » dont souffre la population du Département de Loreto, cela en raison de l’exploitation pétrolière. Y sont énumérées de nombreuses actions qui devraient être mises en œuvre dans les six prochaines années. Un plan évalué à 6 milliards de Soles (plus de 1,58 milliards de CHF). Les organisations indigènes devraient être associées à sa mise en œuvre… Elles souhaitaient être davantage impliquées lors de son élaboration… Compte tenu du passé, elles auront surtout à veiller de très près à son application !

                                                                              ***

    *Voir sur ce blog les notes du 20 janvier et 15 juin 2012, 10 mai 2013, 8 septembre 2014, 25 avril 2015, 1er mars 2017 et 13 mai 2019.

    PS 1 : Cette note a été rédigée avec le précieux concours d’Aurélien Stoll, Secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale / Genève – MCI. Il a vécu en Amazonie péruvienne et accompagne les projets de ce Mouvement en collaboration avec les organisations indigènes de cette région.

    PS 2 : L’activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d’en « savoir plus ».

    Cette note sera publiée dans le prochain « Aya Info » No 134, le bulletin de l’association « Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie » - AYA / 13 rue des Bossons – CH – 1213 Onex / Genève – CCP 17-55066-2

  • Pollution de l'Amazonie péruvienne : accord entre les organisations indigènes et le gouvernement

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Saramurillo, Norteperuano, Loreto, Lima, rio Corrientes, rio Pastaza, rio Tigre, rio Marañon, Comisión Multisectorial,FeconatLe 15 décembre 2016, des accords – appelés "Accords de Saramurillo" - ont été signés entre les leaders de communautés indigènes et le gouvernement péruvien au sujet de la contamination causée par la dizaine de fuites de pétrole de l'oléoduc Norteperuano de l'entreprise d'État Petroperú en 2016. Un conduit qui relie les champs pétroliers de l'Amazonie à la côte Pacifique. Ces fuites ont causé de graves pollutions des sols et des cours d'eau dans la région de Loreto. De telles catastrophes environnementales ont déjà eu lieu dans le passé. Elles concernaient les rios Corrientes, Pastaza et Tigre*.

    Les communautés indigènes se sont mobilisées pendant plus de trois mois, organisant diverses manifestations, notamment en empêchant la navigation sur le rio Marañon, un affluent important de l'Amazone. Leur protestation a été très médiatisée. Elles ont dressé une liste de revendications qu'une forte délégation est allée défendre pendant plusieurs jours à Lima, la capitale de l'État.

    Les accords concernent la surveillance de l'oléoduc, les compensations à servir aux communautés, les réparations des dommages causés pour lesquelles un fonds de 15 millions de dollars a été créé.

    Une "Commission Multisectorielle" va suivre la mise en œuvre des accords qui a commencé ce mois de janvier 2017. Ils concernent cinquante mille personnes.

                                                                 ***

    * Voir sur ce Blog, les notes des 10 mai 2013, 25 juin et 20 janvier 2012.

    Photo © Feconat : Le 21 novembre 2016, sur le tarmac de l'aéroport de Lima, les Ministres de la culture et de la défense accompagnent la délégation indigène qui retourne en Amazonie après avoir discuté les conditions de la négociation de l'accord de Saramurillo.

    Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS 1 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    PS 2 : Note rédigée avec le précieux concours d'Aurélien Stoll, Secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI / Genève.

    Cette note a été publiée dans « AYA Info » No 114, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Pérou : Une nouvelle loi menace l’environnement

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    Amazônia, Amazônia peruana, Pérou, Perú, Luis Miguel Castilla, Ollanta Humala, Ley No 30230, MINAM, OFEA, Pacto de Unidade Perú, Loreto, rio Pastaza, rio Tigre, FECONAT, Lima, COP 20, Petroperú, Cuninico, Iquitos, manto negro, derrame, vazamentoLe 3 juillet dernier, la Commission permanente du Congrès péruvien a donné son feu vert au projet de loi No 3627, annoncé en urgence par le Ministre de l’Economie Louis Castilla pour favoriser les investissements privés et relancer la croissance économique. Ce texte a été adopté par le congrès et signé par le président de la république le 11 juillet.

    Sous prétexte de promouvoir les investissements, cette loi affaiblit considérablement les compétences du Ministère de l’Environnement péruvien (MINAM). C’est notamment le cas dans le domaine de la surveillance des activités extractives (minerais, pétrole) qui sont particulièrement étendues au Pérou. À titre d’exemple, cette loi affecte les compétences de l’Organisme (du MINAM) d’Évaluation et de Surveillance Environnemental - OEFA, en matière de sanction des délits environnementaux. Elle prévoit que durant trois ans les activités de l’OEFA soient orientées vers la prévention et la correction des infractions laissant les sanctions seulement pour des cas exceptionnels. De la même manière, elle réduit les compétences du MINAM dans l’approbation de zones de réserves naturelles en proposant que les décisions dans ce domaine ne soient plus uniquement du ressort du MINAM mais soient prises par décret suprême avec un vote du Conseil des Ministres. Cette modification augmente la bureaucratisation des procédures et donne un caractère politique à ces prises de décisions.

    Près de cent organisations internationales ont écrit au Président Ollanta Humala pour exprimer leur grande préoccupation quant à l’approbation de cette loi. Le Pacte d'Unité des Organisations Indigènes du Pérou avait également exprimé son rejet de la décision du Congrès et demandé au Président de ne pas promulguer la loi.

    Cette annonce intervient alors que l’environnement péruvien est déjà considérablement affecté par la pollution occasionnée par l’industrie extractive. Par exemple, en juin dernier, la rupture d'un oléoduc dans la région amazonienne du Loreto, a occasionné une fuite (voir ci-dessous) de pétrole dans l’environnement, de plus de 400 barils, affectant la faune, la flore et la santé de près de 550 personnes.

    Dans un contexte de crise climatique globale où il paraît urgent de prendre des mesures concrètes, cette loi représente un grave retour en arrière pour le Pérou dans le domaine de l’environnement. Elle constitue aussi un très mauvais signal à la veille de la prochaine conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP 20 qui aura lieu à Lima en décembre prochain.

    Photo© Feconaco : un moniteur indigène chargé de la surveillance territoriale constate la pollution

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    La vidéo (en espagnol) de 19 mn ci-dessous a été diffusée le 20 juillet 2014. Il s'agit d'un reportage relatif à la pollution, suite à une fuite de pétrole, survenue dans la dernière semaine de juin, près de la localité de Cuninico, au cœur de la forêt de Loreto au Pérou.

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    - Voir sur ce blog les notes des 20 janvier et 25 juin 2012, et 10 mai 2013

    - Cette note a été rédigée par Aurélien Stoll, Secrétaire de l'ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, également chargé du suivi d'un projet de surveillance territoriale mis en œuvre par des organisations et communautés indigènes en Amazonie péruvienne.

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, mais ici en espagnol, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 95), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2