luiz inácio lula da silva

  • Brasilia : des milliers d’indigènes réunis pour la défense de leurs droits

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Acampamento Terra Livre, ATL, Campement Terre Libre, Câmara dos Deputados, Senado, eleições, élections, Bancada do Cocar, Front parlementaire indigène, Janela partidária, Fenêtre partidaire, Jair Bolsonaro, Parti Libéral, Partido Liberal, PL, Sônia Bone Guajajara, Joênia Wapichana, Luiz Inácio Lula da Silva, Lula, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, PL 191/2020L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a appelé ses organisations de base de tout le pays à se rassembler à Brasilia entre le 4 et le 14 avril pour la 18e édition du « Campement Terre Libre - ATL» sur le thème « Reprenons le Brésil : Démarquer les Territoires et  « villagiser (1) » la politique ». Une manifestation qui, selon les organisateurs, a réuni près de huit mille indigènes venus exprimer leur volonté de défendre leurs droits gravement menacés. Cette année, l’ATL se déroule dans un contexte particulier : 2022 est une année électorale et les droits des indigènes sont particulièrement menacés.

    En octobre prochain (les 2 et 30), il y aura les élections fédérales pour désigner le Président de la République, les membres de la Chambre des Députés, un tiers des Sénateurs, les Gouverneurs et les membres des Assemblées Législatives des 26 États et du District fédéral (Brasilia). Un processus qui a déjà commencé : entre le 3 mars et le 1er avril était ouverte une « Fenêtre partidaire », un mois pendant lequel les élus peuvent changer de parti politique sans perdre leur mandat. Au terme de cette opération, il s’avère que le Parti Libéral – PL a le plus de représentants à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres). Il est passé de 33 à 78 élus. Jair Bolsonaro, après avoir été membre de huit partis différents, a adhéré au PL à la fin novembre 2021. Lors de l’ATL, le sujet des prochaines élections a été abordé le 8 avril, jour où les femmes indigènes ont exprimé leur intention d’être davantage présentes dans les institutions politiques. Elles sont quatorze à être pré-candidates : sept pour représenter leur État à la Chambre des Députés ou au Sénat où elles veulent y créer une « Bancada do Cocar (2)» (un Front parlementaire indigène). Et sept pour siéger dans l’une ou l’autre Assemblée Législative d’un État. Sônia Bone Guajajara, la Coordinatrice de l’APIB se présente sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté - PSOL pour l’État de São Paulo. Aux élections de 2018, déjà pour ce même parti, elle avait été candidate à la Vice-présidence de la République (3). Joênia Wapichana, sera à nouveau candidate pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés.. En 2018, elle a été la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée.

    Le 12 avril, l’ancien Président Luiz Inácio Lula da Silva – lui aussi pré-candidat à la présidence de la République - était présent à l’ATL. Les organisations indigènes lui ont annoncé soutenir sa candidature dans une Lettre ouverte. Mais ce document énumère les engagements sur lesquels devraient porter le programme de Lula : les droits territoriaux ; la réactivation des espaces de participation et de contrôle social indigènes ; la reconstruction des politiques institutionnelles indigènes ; l’interruption de l’agenda anti-indigènes en cours au Congrès fédéral et la mise en œuvre d’un programme de protection de l’environnement. Lula – au cas où il est élu - s’est engagé à révoquer les décrets anti-indigènes de Bolsonaro et à créer un Ministère des peuples originaires.

    Les organisateurs de la rencontre de Brasilia ont voulu sensibiliser la population sur les dangers de l’agenda anti-indigènes du gouvernement, des lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et des militaires. Le Projet de Loi n° 191/2020 ouvrant les Terres Indigènes à l’exploitation minière est particulièrement préoccupant (4). La majorité de la Chambre des Députés a décidé que ce texte devait être traité en urgence. Mais, récemment, le président de la Chambre a annoncé que le projet serait voté « encore en 2022 » et non pas dans les jours qui viennent. Cependant l’APIB ne relâche pas la pression. Elle a repris à son compte la « Lettre ouverte » publiée le 22 mars par le « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes - FPMDDI». Elle a lancé un appel au public en souhaitant recueillir un large appui populaire.

    Pendant l’ATL, l’APIB a publié un rapport – Yanomami sous attaque - édité par l’Hutukara Associação Yanomami sur l’impact de l’orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami et des propositions pour le combattre. Une illustration du danger que constitue le PL 191/2020 !

    Le document final de l’ATL se termine par un appel à l’union : « [Nous] réaffirmons que notre union est fondamentale pour que nous avancions, ensemble sur le chemin de notre projet de pays plurinational, de paix, de justice et en harmonie avec notre Mère Nature. C’est ainsi que nos ancêtres ont agi : il n’y a pas e place pour la division, le sectarisme et quelque type de violence entre nous. Sortons de cet ATL encore plus unis avec la certitude que c’est là notre plus grande force ! »

    En se mobilisant de la sorte les indigènes brésiliens agissent pour maintenir un cadre de vie utile à toute l’humanité…

    ***

    (1) « Villagiser » > Traduction personnelle du portugais « aldear ». Ce que veut l’APIB est de faire en sorte que les communautés indigènes de base connaissent leurs droits et soient en mesure de les faire respecter. Comme exemple de « villagisation », il est possible de citer le projet soutenu par le MCI pour le « Renforcement des capacités des multiplicateurs interculturels pour la défense des droits et du territoire Yanomami en Amazonie brésilienne ».

    (2) Cocar : coiffe indigène faite essentiellement de plumes.

    (3) Voir sur ce blog la note du 21 octobre 2018

    (4)Voir sur ce blog la note du 13 mars 2022

    Illustration : Annonce de l’ATL. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Les Yanomami ont élaboré un plan de gestion territorial

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    Pour en faciliter la diffusion, il a été rédigé dans trois des neuf langues autochtones en usage dans la TI-Y : yanomami, yanomae, ye’kwana et, chaque fois, en portugais. Il se compose de plusieurs parties : une présentation de la TI-Y, ce qu’est le PGTA et la manière dont il a été élaboré. Suivent sept thèmes : la manière de prendre les décisions, de renforcer la protection de l’aire yanomami, de générer des revenus ; le maintien et la protection des connaissances traditionnelles, la protection de la forêt ; l’amélioration de la santé et de l’éducation scolaire indigène. Des propositions sont formulées pour chacun de ces thèmes. Un glossaire permet de mieux comprendre le document qui se termine par un protocole de consultation. Il s’agit de la procédure selon laquelle les Yanomami veulent que les autorités les écoutent avant que des projets les concernant soient décidés.

    Le TI Yanomami a été homologuée par un décret du 25 mai 1992 signé par Fernando Collor. Elle s’étend sur 96'649,548 km2, avec un périmètre de 3'370 km. Environ 40% de son territoire se situent sur trois municipalités de l’État d’Amazonas et à 60% sur cinq municipalités de l’État de Roraima. Elle est à la frontière du Venezuela au nord-ouest du Brésil. Elle compte environ 26'000 habitants répartis dans plus de 330 communautés villageoises. La TI-Y est l’une des plus importantes aires forestières continues du pays avec peu de zones déboisées ou dégradées.

    Mais c’est aussi une aire menacée. Elle l’est par des demandes de recherche et d’exploitation minières. Elle l’est par des chasseurs, pêcheurs, marchands de bois et, surtout, par des orpailleurs illégaux. Ces derniers sont particulièrement nombreux (environ 20'000 disent les leaders yanomami) sur les rios Mucajaí et Uraricoera dans le nord de la TI***.

    Un PGTA est un outil permettant aux peuples indigènes de mieux maîtriser leur destin. Celui-ci arrive dans un moment difficile pour tous les peuples indigènes du Brésil. Mais il est aussi le signe de la volonté des Yanomami de résister aux menaces qui pèsent sur eux.

                                                                              ***

    *Un tel plan est élaboré sur la base d’un décret du 5 juin 2012 signé par Dilma Rousseff. Il s’agit d’un texte d’application de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail – OIT relative aux peuples indigènes. Convention ratifiée par le Brésil en 2002 et promulguée par un décret du 19 avril 2004 signé par Luiz Inácio Lula da Silva.

    **Le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI /Genève

    ***Voir la carte ci-dessous (p. 23 ou 101 du  document) :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeiros

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Illustrations : Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2