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  • Brésil : un « Avril indigène » particulier

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    La 17e édition du « Campement Terre Libre »

    Depuis 1943 le Brésil célèbre le « Jour de l’Indien » le 19 avril. Une date proposée par le premier Congrès indigéniste interaméricain réuni à Mexico en 1940. Depuis 17 ans, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB organise – en avril - un « Campement Terre Libre ». Le dernier rassemblement en présentiel, celui de 2019, avait réuni, à Brasilia, plusieurs milliers d’indigènes représentant 300 peuples de tout le pays. En raison de la pandémie de la Covid-19, comme en 2020, cette 17e édition s’est déroulée en visioconférences.

    Au total 126 « Évènements » (Conférences, débats, diffusion de documentaires, etc.) ont été présentés du 5 au 30 avril par la demi-douzaine des principales organisations membres de l’APIB : La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes de la Région Sud - ARPIN SUL, Conseil Terena, etc. Chaque semaine a porté sur un thème : le droit d’exister, la vie des indigènes est importante, l’état d’urgence, et, pour les six derniers jours : « Nous décidons de ne pas mourir ».

    Á Manaus, dans l’État d’Amazonas, le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes – FAMDDI (auquel appartient l’association SECOYA « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami - le partenaire de AYA) a organisé les 29 et 30 avril un séminaire sur les différents aspects de la tragédie vécue par les peuples indigènes du Brésil et d’Amazonie en particulier. Le Front appelle à la mobilisation pour la défense des peuples originaires.

    Le 22 avril, il est question de l’Amazonie à Washington

    Le 22 avril, Journée de la Terre, le président des USA, Joe Biden, a convoqué une quarantaine de chefs d’État pour un sommet portant sur la lutte contre le réchauffement climatique. Les médias ont largement relayé l’événement qui a eu lieu en visioconférences. Le président brésilien était au nombre des invités. Dans son discours, repris pour l’essentiel d’une lettre envoyée à la Maison Blanche le 14 avril déjà, Jair Bolsonaro, rappelle les efforts du Brésil pour la préservation de l’environnement. Il a annoncé son engagement d’éliminer la déforestation illégale d’ici 2030… Il évoque la nécessité d’améliorer la vie des 23 millions de Brésiliens vivant en Amazonie… Il estime fondamental de pouvoir compter sur la contribution de pays, entreprises et entités disposées à agir de manière immédiate… De nombreux observateurs ont relevé que l’action gouvernementale actuelle n’allait pas dans le sens de la protection de l’environnement !

    Lors de ce sommet, le Département d’État américain avait organisé différentes séances parallèles. L’une de celles-ci avait pour thème « l’Action climatique à tous les niveaux ». Un débat animé par Michael S. Regan, administrateur de l’Agence (US) de protection de l’environnement. Les intervenantes : huit femmes, dont Anne Hidalgo, Maire de Paris. Les indigènes du Brésil se sont exprimés par la voix de Sineia Bezerra do Vale, une intervention de plus de six minutes prononcée depuis le siège du Conseil Indigène de Roraima – CIR à Boa Vista : « Le changement climatique ne va pas arriver ! Il est déjà arrivé dans les communautés indigènes…. Quand nous parlons du climat et de l’Accord de Paris, nous parlons aussi de la garantie des droits pour que la conservation des forêts du Brésil, en Amazonie ou dans un autre biome, soit effective dans les Unités de conservation et dans les Terres Indigènes ». Elle a demandé le respect des droits garantis par la Constitution fédérale de 1988, dont la démarcation des Territoires indigènes.

    La FUNAI tente de réduire au silence deux leaders indigènes

    Le 30 avril, Sônia Guajajara, leader de l’APIB, a été convoquée par la Police Fédérale à la demande de la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI. Cette dernière se plaint de la diffusion, en 2020 sur le site de l’Articulation, d’une série de huit vidéos sur la situation des peuples indigènes touchés par la pandémie de la Covid19. Pour la Fondation, il s’agit d’une campagne de diffamation et de calomnies contre le Gouvernement. Pour l’Articulation, « Le Gouvernement fédéral, une fois de plus, tente de criminaliser le mouvement indigène, intimider l’APIB et son réseau d’organisations de base et l’une de ses coordinatrices exécutives par un acte de persécution politique et raciste. » Plusieurs organisations ont manifesté leur soutien à Sônia. L’APIB a alerté la Commission Interaméricaine des Droits Humains et elle a fait recours auprès de la Justice fédérale. Celle-ci a estimé que la démarche de la FUNAI avait pour objet d’empêcher l’APIB de critiquer l’action du gouvernement. Elle ordonne le classement de la plainte.

    Un autre leader indigène, Almir Suruí, a lui aussi fait l’objet, d’une plainte de la FUNAI. Celle-ci lui reprocherait de l’avoir diffamée à l’occasion d’une campagne intitulée « Povos da floresta contra Covid-19 » conduite en septembre 2020 par l’association Metareilá du peuple Indigène Suruí. Le 7 mai, la Police Fédérale a classé la plainte…

    Pour l’APIB, la FUNAI mérite une nouvelle appellation : Fondation Nationale d’INTIMIDATION de l’Indien !

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

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  • « Mise au Point » : la Covid-19, son impact à Manaus et sur les peuples indigènes

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    Dimanche soir 7 février, dans son émission « Mise au Point », la Radio Télévision Suisse – RTS a diffusé une séquence consacrée à l’impact de la Covid-19 à Manaus et sur les communautés indigènes vivant dans la capitale de l’État d’Amazonas et bien au-delà. Les journalistes ont bénéficié des services de Silvio Cavuscens, un manauense* qui a passé une grande partie de sa jeunesse à Genève où il a gardé de nombreux liens. Silvio est co-fondateur et actuel coordinateur général de l’ONG brésilienne « Service et Coopération avec le peuple Yanomami » – SECOYA qui a des liens de solidarité anciens et réguliers avec les Yanomami du rio Marauiá.

    L’émission montre bien la solidarité animant les communautés indigènes entre elles et leur volonté de lutter contre la pandémie. Mais pour les téléspectateurs romands, en particulier les contribuables genevois et vaudois, il importe de savoir - cela n’est pas mentionné dans l’émission - que par l’intermédiaire des fédérations vaudoise et genevoise de coopération ils participent à cette solidarité avec le peuple Yanomami. A Genève, deux ONG, « Appui au peuple Yanomami d’Amazonie » – AYA et le Mouvement pour la Coopération Internationale –  MCI soutiennent les projets que la SECOYA a définis avec les Yanomami et leur association Kurikama.** Et le programme « Santé » de la SECOYA est sous la responsabilité de la Fribourgeoise Sylvie Petter, membre de l’ONG « E-Changer » dont le siège est à Lausanne. Cette solidarité internationale, même si elle reste modeste a le mérite d’exister.

    Les lecteurs de cette note qui le souhaitent peuvent apporter leur appui à l’une ou l’autre de ces ONGs (Voir ci-dessous)

                                                                                 ***

    *Un « manauense » est un habitant de Manaus.

    **Kurikama, association fondée en octobre 2013. Voir sur ce blog, les notes du 10 décembre 2013 et du 20 janvier 2016

                                                                                ***

    Pour apporter un appui :

    -Appui au peuple Yanomami d’Amazonie – AYA / CCP 17-55066-2

    -Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI / CCP 12-16911-9 / Mention SECOYA

    -E-Changer : CCP 14-331743-0 / Mention SECOYA

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Vaccination Covid : seule une partie des indigènes brésiliens est prioritaires / Bolsonaro est dénoncé à la CPI

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    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Ye’kwana, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, SESAI, Covid-19, Manaus, ANVISA, Agência Nacional de Vigilância Sanitária, Ministério da Saúde, vaccination, vacinação, aldeados, Terras Indígenas, demarcação, Terres Indigènes, démarcation, TI Yanomami, Amazonas, Roraima, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples indigènes du Brésil, APIB, Distritos Sanitários Especiais Indígenas, DSEI, Tribunal suprême Fédéral, STF, Supremo Tribunal Federal, Câmara dos Deputados, Raoni, Cour pénale internationale, William Bourdon, Fatou BensoudaLes médias ont largement fait écho à l’apparition d’une souche amazonienne de la Covid-19. Et aussi à l’état sanitaire catastrophique dans lequel se trouve Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas. Il y est particulièrement question des conséquences de la pénurie d’oxygène pour le traitement des malades. Le 17 janvier, l’Agence Nationale de Vigilance Sanitaire – ANVISA, a autorisé l’usage temporaire de deux vaccins. Très vite, les médias et réseaux sociaux ont publié les photos des premières personnes vaccinées.

    En décembre 2020, le gouvernent brésilien a publié un plan opérationnel de vaccination contre la Covid-19. La grande vulnérabilité des peuples indigènes et les difficultés de mise en œuvre des mesures de protection, notamment en raison des distances pour atteindre les communautés sont reconnus. Mais le plan classe prioritaires les seuls indigènes de plus de 18 ans « aldeados », c’est-à-dire habitant les villages situés à l’intérieur des Terres Indigènes (TI) démarquées. Les plans de vaccination des États d’Amazonas et de Roraima (sur lesquels s’étend la TI Yanomami) reprennent la même disposition.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a réagi à cette restriction. Elle rappelle que de nombreuses TI n’ont pas été démarquées*. En conséquence cela exclut de la campagne de vaccination un peu plus de 40 % des 900'000 indigènes du pays. Dans un manifeste, elle rappelle la position du Tribunal Suprême Fédéral et du Parlement fédéral qui ont demandé, en août 2020 déjà, la mise en œuvre d’un plan non restrictif de protection des peuples indigènes. Parallèlement, elle lance une campagne pour obtenir cette vaccination pour tous les indigènes et inciter ceux-ci à se faire vacciner.

    La situation au 21 janvier

    Les statistiques publiées par différents organismes sont généralement considérées par les spécialistes comme étant inférieures à la réalité. De plus, leurs modes de calcul ne sont pas identiques. Leur comparabilité a peu de sens. Pour l’ensemble du Brésil, au 21 janvier dernier, le Ministère de la santé annonçait 8'697’368 cas confirmés depuis le début du comptage (à fin février 2020) et 214'147 décès depuis la même période. En ce qui concerne les peuples indigènes, à la même date, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI (qui ne compte que les indigènes résidant dans les trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes) annonçait 40'611 cas confirmés et 531 décès, dont respectivement 1'218 cas et 10 décès dans le District Yanomami. Toujours au 21 janvier, le réseau d’organisations qui composent l’APIB annonce 46'508 cas confirmés et 929 décès au sein de 161 peuples indigènes. La Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB annonce 33’202 cas confirmés et 749 décès au sein de 141 peuples dans cette partie du pays. Enfin, au 31 décembre 2020, le Réseau Pro-Yanomami et Ye’kwana qui ne concerne que ces deux peuples, annonce 1'607 cas confirmés et 14 décès depuis le début de ses relevés à fin mai 2020**.

    Raoni dénonce Bolsonaro devant la Cour pénale internationale

    Le 21 décembre 2020, au nom de l’APIB, des leaders Raoni Metuktire et Almir Suruí, l’avocat français William Bourdon a déposé une nouvelle demande d’investigation préliminaire contre le président brésilien Jair Bolsonaro devant la Cour Pénale Internationale – CPI de La Haye. La Cour est chargée de juger les individus responsables de génocides, de crime de guerre, de crime contre l’humanité et d’agression. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, va étudier la recevabilité de la plainte. À suivre…

                                                                                    ***

    *Le président Bolsonaro s’est déclaré hostile à toute nouvelle démarcation.

    **Voir sur ce blog la note du 4 décembre 2020 le document du Forum des leaders de la TI Yanomami.

                                                                                    ***

    Illustration : le logo de la campagne de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

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  • Le Brésil, le Covid-19 et la protection des peuples indigènes

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    Le Brésil, le plus vaste et le plus peuplé des pays d’Amérique du Sud, est devenu en quelques semaines l’un des épicentres mondiaux de la pandémie du Covid-19. L’ensemble du pays est atteint*. Au 12 juin, le Ministère de la Santé annonçait 828’810 cas confirmés et 41’828 décès. Chiffres sous-évalués selon l’avis de spécialistes. Compte tenu de la position du Président Jair Bolsonaro - il minimise la gravité de la maladie et menace de quitter l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), alors que de nombreux Gouverneurs d’États et Maires de grandes villes appliquent les mesures préconisées par celle-ci - la vie politique brésilienne connaît de vives tensions. Les médias s’en font régulièrement l’écho.

    La progression au sein de la population indigène

    Les peuples indigènes ne sont pas épargnés par la maladie. Au 12 juin, l’organe gouvernemental en charge du service de santé pour cette partie de la population, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène -SESAI annonçait 2’749 cas confirmés et 97 décès dus au Covid-19 dans les 34 Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes dont il a la responsabilité. Et ce Secrétariat ne prend pas en compte ce qui se passe pour les indigènes habitant dans les agglomérations. À partir de son propre réseau, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB établit sa propre statistique. Le 12 juin, elle dénombrait 3'166 indigènes contaminés, 269 décès dans 98 peuples. Au 8 juin, le Réseau Pró-Yanomami et Ye’kwana, créé récemment, annonce 82 cas confirmés et 4 décès chez ces deux peuples,.

    Une grande vulnérabilité

    Le dangereux Covid-19, de par sa nouveauté, semble mettre sur pied d’égalité indigènes et non-indigènes. Cependant, à y regarder de plus près, les autochtones sont plus vulnérables à l’épidémie en raison des conditions sociales, économiques et sanitaires dans lesquelles ils vivent. Par exemple les difficultés d’accès aux services de santé en raison des distances, de l’indisponibilité ou de l’insuffisance du personnel et du matériel pour répondre aux besoins. Le mode de vie est un autre facteur de risques : habiter des maisons collectives, le partage des ustensiles ; parfois l’absence d’eau potable en raison de la pollution de celle-ci par des métaux lourds dans les zones minières qui se retrouvent dans les organismes. Autre source de contamination, la présence d’envahisseurs comme les 20’000 garimpeiros (orpailleurs illégaux) qui sont présents sur plusieurs rivières de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y ou des madeireiros (marchands de bois illégaux) responsables de la déforestation qui a repris de l’ampleur.

    Autre danger, la pression exercée par les lobbys de l’agrobusiness, des évangéliques et de l’armée qui se manifeste par la présence de nombreux de leurs représentants au sein des administrations. À cela s’ajoute l’adoption de mesures législatives, ou réglementaires, qui vont à l’encontre des droits des peuples indigènes. Un sens voulu par le gouvernement. Ainsi, dans le cadre d’une enquête, la Cour Suprême a imposé la publication de l’enregistrement d’une réunion ministérielle tenue le 22 avril. On apprend, à cette occasion, que le Ministre de l’environnement, Ricardo Salles, est d’avis de profiter du temps pendant lequel la société et les médias sont préoccupés par le Covid-19 pour alléger les règles de protection de l’environnement (dont on sait l’importance pour les peuples indigènes). Lors de la même réunion, le Ministre de l’Éducation, Abraham Weintraub, a affirmé détester le terme « Peuples indigènes ». Un reflet de l’état d’esprit régnant dans les hautes sphères de l’État.

    Cette situation fait dire à Arthur Virgilio Neto, Maire de Manaus : « Je crains un génocide dans notre [État d’] Amazonas car nous avons un président qui ne se soucie pas des peuples indigènes et ne valorise pas cette culture. Je veux signaler ce crime contre l’humanité qui se produit dans ma région ».

    Il n’y a pas que les peuples du Brésil qui sont en danger. Le 4 juin 2020, les Secrétariats des Droits humains de l’ONU pour l’Amérique du Sud et de la Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH, ont adressé une note aux gouvernements de la région soulignant le besoin urgent de protéger les peuples autochtones du Covid-19. Pandémie qui met en cause leur existence même, dit le communiqué.

    Les organisations indigènes réagissent

    Les peuples indigènes et les organisations indigènes et indigénistes ne restent pas sans réagir. Parmi les réactions, il convient de citer l’action du Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes de la Chambre des Députés dont la Coordinatrice est une indigène, Joênia Wapichana. À la fin mars déjà, il a déposé un Projet de Loi (No 1142/2020) pour la mise en œuvre, en urgence, de mesures de protection sociale pour lutter contre la dissémination du Covid-19 dans les territoires indigènes. La Chambre l’a adopté le 21 mai et l’a transmis au Sénat. Au cours de la discussion, concernant les peuples isolés ou de récent contact, une disposition a été introduite dans le projet permettant aux missions religieuses déjà présentes dans ces communautés de pouvoir y rester avec l’aval du médecin responsable. Il s’agit - là d’une faveur faite aux missions évangéliques. La COIAB a très vite réagi à ce qu’elle considère comme une menace : « L’invasion des missionnaires a toujours apporté la tragédie et la mort de nos parents qui ont été forcés au contact et ce n’est pas maintenant que ce sera différent ». Elle demande la suppression de cette partie du texte et le retrait immédiat des missions religieuses des Terres Indigènes dans lesquelles se trouvent des peuples isolés. « Nous sommes en faveur de la création de ce plan d’urgence pour les peuples indigènes, mais nous n’accepterons jamais de négocier les droits de nos parents isolés et de récent contact. Nos vies et nos droits ne sont pas négociables ». À voir ce qui se passera au Sénat fédéral qui doit se prononcer le 16 juin sur ce projet.

    Appel à l’OMS

    Le 4 mai dernier, le même Front a été à l’initiative d’une « Lettre ouverte » adressée au Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé – OMS lui demandant d’intervenir auprès des pays de l’Amérique Latine pour qu’ils prennent rapidement des mesures spécifiques afin de garantir la protection des peuples indigènes qui sont parmi les groupes les plus vulnérables au Covid-19. Le document, signé par près de 200 entités et personnalités, évoque la situation dans plusieurs pays. Il est demandé que l’OMS favorise la création d’un Fonds d’urgence pour répondre aux demandes des communautés face à la pandémie. Les auteurs de la lettre n’ont pas indiqué s’ils avaient reçu une réponse particulière. Mais, lors de la 73e Assemblée Mondiale de la Santé, tenue en mode virtuel a minima, à Genève, du 17 au 21 mai, le Directeur Général aborde la question du Covid-19 : … « Il n’y a pas de solution miracle… Cependant, il existe de nombreux éléments que toute stratégie nationale devrait intégrer : une riposte mobilisant l’ensemble des pouvoirs publics et toute la société, consistant à appeler les personnes et les communautés à se protéger et à protéger les autres en leur en donnant les moyens… enfin, une attention particulière aux groupes vulnérables… ». Et le 19 mai, l’Assemblée a adopté une Résolution (WHA73.1) intitulée « Riposte à la COVID-19 ». Le point 7 appelle les États membres… 2) à appliquer des plans nationaux... en prêtant une attention particulière aux besoins des personnes vulnérables, en encourageant la cohésion sociale, en prenant les mesures nécessaires pour assurer la protection sociale et la protection contre les difficultés financières et en s’attachant à prévenir l’insécurité, la violence, la discrimination, la stigmatisation et la marginalisation. ».

    A signaler encore que des organisations nationales et internationales et des personnalités - dont Lélia et Sebastião Salgado - ont déjà apporté leur soutien aux peuples indigènes. Ces derniers par le biais d’une pétition.

    Appel des Yanomami

    On l’a vu, les Yanomami sont particulièrement en danger. Au début juin, le Forum des leaders Yanomami et Ye’kwana de la TI-Y a lancé une pétition sur les réseaux sociaux pour demander aux autorités d’agir sans tarder pour évacuer les garimpeiros présents dans leur territoire. Ce 9 juin, le texte a déjà reçu plus de 220'000 signatures. AYA vous invite à vous y associer.

    Ce paragraphe est l’occasion de rappeler la solidarité avec les Yanomami pratiquée par deux ONG genevoises, celle qui édite ce bulletin : Appui aux Yanomami d’Amazonie – AYA, et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Elles apportent, avec le soutien de plusieurs collectivités publiques genevoises, une aide concrète à travers les programmes du « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » dont le siège est à Manaus. Les actions sur le terrain sont momentanément suspendues en raison de la pandémie. Cette solidarité est certainement modeste, mais elle a le mérite d’exister dans la durée.

                                                                              ***

    *Voir sur ce blog la note du 22 mars 2020.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 133, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Prévention de la mortalité maternelle et infantile chez les Yanomami

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, mortalité infantile, mortalidade na infância, mortalidade materna, frottis gynécologiques, planning familial, Yanomami, União das Mulheres Indígenas da Amazônia Brasileira, UMIAB, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, Manaus, Kurikama, rio Marauiá, sages-femmes, parteiras tradicionais, AYA, Ville de Genève, Délégation Genève Ville Solidaire, Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, Droits de l’enfant, ONUÀ plusieurs reprises, les femmes et les leaders Yanomami ont exprimé leur mécontentement et leurs doutes relatifs à certaines actions mises en place par le service officiel de santé indigène : frottis gynécologiques, planning familial, effets secondaires suite à l’application d’injections anticonceptionnelles… Des programmes appliqués sans accompagnement approprié, les Yanomami ont assimilé ces traitements à des empoisonnement. Les hommes, leaders des communautés, ont demandé l’arrêt de ces programmes sans consulter les femmes.

    Pour changer cet état de fait, celles-ci se sont adressées au Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA* de Manaus. En juin 2018 déjà, en partenariat avec l’Union des Femmes Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – UMIAB, la SECOYA a organisé une rencontre sur le thème du « Droit au consentement éclairé et santé de la femme ». Les participantes, dont certaines ont un rôle similaire aux sages-femmes traditionnelles, demandèrent une formation particulière. Il s’agit d’améliorer leur pratique pour réduire les taux de mortalité maternelle et infantile trop élevés dans les communautés, objectif final d’un tel projet. Il s’agit d’un programme qui se veut une action concrète au moment où est célébré le trentième anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, en particulier l’Art. 24.

    La SECOYA accepté de répondre à cette demande. Elle a d’abord défini qui seraient les bénéficiaires de cette action : une trentaine de femmes, des membres de l’association « Kurikama » qui regroupe les villages Yanomami du rio Marauiá et autres personnes représentant les communautés dans les structures officielles de santé. Il s’agit ensuite de définir une méthodologie : dresser un diagnostic préalable sur la situation exacte en matière de santé maternelle et infantile ; s’informer et tirer les enseignements sur les pratiques réalisées dans d’autres peuples amazoniens ; les prérequis pour commencer une formation ; la législation en vigueur concernant les sages-femmes traditionnelles, etc…

    Se voulant un projet participatif, il est indispensable de mettre en place une consultation préalable libre et informée des femmes et des communautés concernées. Enfin, il est nécessaire de prévoir comment assurer la pérennité d’un tel programme de formation.

    Cette activité à un coût, environ 60'000 CHF, SECOYA a sollicité AYA qui s’est adressée à la Ville de Genève. La Délégation Genève Ville Solidaire est entrée en matière pour soutenir une première phase de ce programme, mais sa contribution ne couvre que 80% des dépenses. AYA dispose de quelques ressources propres, mais il faut trouver le complément.

    Appel est lancé aux lecteurs de cette note. Une contribution peut être versée au CCP : Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" – AYA - 1213 ONEX / No 17-55066-2

    Par avance un chaleureux merci !

                                                                                     ***

    *Le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA est le partenaire de AYA.

    Illustrations : Ci-dessus, page 1 du Projet.

                          Ci-dessous : carte localisant le rio Marauiá.

    > Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

                                                                       

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • 13 avril : Lancy fête la solidarité internationale

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Lancy, Fête, Solidarité internationale, Espace Palettes, hôpital, Albert Schweitzer, Lambaréné, Gabon, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Déclaration de Berne, DB, Rio de Janeiro, 1992, Aalborg, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Mapuche, Argentine, Appui aux Yanomami d’Amazonie, AYA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, SECOYA, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, Manaus, Le jour se lève, Peuples premiers, povos indígenas, peuples indigènes Samedi prochain, 13 avril, et pour la première fois, Lancy va fêter la solidarité internationale à l’Espace Palettes*. En 2019, le montant alloué par la commune à la solidarité internationale en 2019 est de 820'000 CHF, y compris 20'000 CHF pour l’aide d’urgence. C’est le soutien accordé à plus de soixante projets dans une cinquantaine de pays. Les associations bénéficiaires y présenteront leurs actions sur le terrain.

    Lancy a une longue tradition de solidarité avec les pays du sud. En 1960 déjà, la commune a commencé à soutenir l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné au Gabon, cela à hauteur de 5'000 CHF. Dans l’inventaire de l’aide apportée par les communes genevoises - dressé par la Fédération Genevoise de Coopération - FGC en 1985 - Lancy annonce un budget de 298'500 pour cette année-là. Trente ans plus tard, en 2015, elle consacre 760'000 CHF à la solidarité internationale. Des montants proches des 0,7% du budget annuel de fonctionnement de la municipalité.

    Au fil des années, Lancy, comme d’autres collectivités publiques par un geste librement consenti, a rendu collective la solidarité internationale pour lutter conte le mal-développement. En ce qui concerne le montant et la nature des projets soutenus, les autorités communales se sont référées à diverses entités. Dans les années soixante, en répondant à l’appel de la « Déclaration de Berne » de 1968. Plus tard en se référant à la Déclaration finale de la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable tenue à Rio de Janeiro de 1992. Plus récemment à la Charte (1994), puis l’Engagement (2004) d’Aalborg des Villes européennes pour la durabilité. Elle confirme sa volonté d’octroyer un montant de 0,7% de ses dépenses de fonctionnement annuel en faveur de la solidarité internationale. En 2015, la Ville de Lancy s’est dotée d’une Charte en matière de solidarité internationale. La même année elle a signé une Convention-cadre avec la FGC.

    En ce qui concerne les peuples autochtones en 2018, Lancy, par l’intermédiaire de la FGC, a soutenu un projet du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI en faveur des Mapuche du sud de l’Argentine qui s’organisent pour récupérer leurs terres. En 2017, l’association genevoise « Appui aux Yanomami d’Amazonie -AYA, a reçu une subvention de Lancy en faveur de son partenaire le « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA de Manaus. AYA présentera le film réalisé par la compagnie parisienne « Le jour se lève » sur les 25 ans d’activité de SECOYA. Il est prévu de projeter ce documentaire (23 min). quatre fois dans la journée, à 10h, 11h45, 13h30 et 15h15.

    AYA et le MCI remercient la Ville de Lancy et ses habitants pour l’appui apporté leurs projets dont les destinataires sont des Peuples premiers qui luttent pour conserver leur cadre de vie. Un environnement dont l’utilité est planétaire.

    *73 Av. des Communes-Réunies / 1212 Grand Lancy

    Voir le programme ci-dessous :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Lancy, Fête, Solidarité internationale, Espace Palettes, hôpital, Albert Schweitzer, Lambaréné, Gabon, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Déclaration de Berne, DB, Rio de Janeiro, 1992, Aalborg, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Mapuche, Argentine, Appui aux Yanomami d’Amazonie, AYA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, SECOYA, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, Manaus, Le jour se lève, Peuples premiers, povos indígenas, peuples indigènes

    Illustrations : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le Peuple Yanomami sur « Léman Bleu »

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    Pendant le mois de février, à diverses reprises, la chaîne de TV genevoise « Léman Bleu » a diffusé un bref reportage dans lequel des Yanomami du Rio Marauiá s’expriment sur le contexte dans lequel ils vivent. Ils sont particulièrement conscients de l’importance de maintenir leur identité culturelle. L’un d’eux compare celle-ci à « La mère [qui] mastique la nourriture dans sa bouche. Elle donne cette bouillie à l’enfant pour qu’il puisse grandir… La langue transmet les noms des arbres, des rivières, des pierres… ».

    Les images ont été rapportées par Aurélien Stoll, le secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Ce documentaire est le reflet d’un projet porté* par cette ONG genevoise, en collaboration avec le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus, pour la formation de « Multiplicateurs interculturels ». Le rôle de ceux-ci est de permettre aux communautés yanomami de relever les défis découlant du contact avec la société environnante. Ce programme est soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC qui, pour cette action, a reçu un financement de plusieurs collectivités publiques genevoises.

    Le reportage est diffusé dans le cadre de l’émission « Esprit solidaire » animée, depuis fin août 2018, par la journaliste Priscilia Chacón. Cette série est le fruit d’un partenariat Léman Bleu/FGC, qui a reçu le soutien de la Direction du Développement et de la Coopération (Confédération), de dix-huit communes genevoises, du Canton et de la Ville de Genève. Chaque mois « Esprit solidaire » présente un projet d’une organisation membre de la FGC.

    *Voir sur ce blog la note du 18 décembre 2018.

    Voir l’émission (7’50’’) :

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Autochtones du Brésil : 26 février, une soirée d’information à Genève

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    Le collectif « Grito »*, composé essentiellement de Brésiliennes et de Brésiliens vivant en Suisse, organise une soirée d’information sur la situation des Peuples autochtones de leur pays d’origine.

    Au programme : plusieurs prises de parole, quelques brèves vidéos en provenance du Brésil et, surtout, un contact par vidéo-conférence avec Sônia Guajajara, la coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. L’Articulation a invité les Peuples et organisations indigènes du pays à manifester le 31 janvier dernier contre les mesures prises**, dès le 1er janvier dernier, par le Gouvernent de Jair Bolsonaro, le nouveau Président de la République.

    Cette soirée aura lieu : Mardi 26 janvier, 18h15 à Uni Mail, 40 Bd du Pont d’Arve, Genève, salle MR070 RDC

    * « Cri » en français / **Voir sur ce blog, les notes des 12 janvier, 30 janvier et 9 février 2019

    Ci-dessous, l'annonce publiée par "Grito". Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.                                                           

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Grito, Sônia Guajajara, Aline Pachamama, Tania Marino, Uni Mail, Genève, Léman Bleu, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com Povo Yanomami, SECOYA, Manaus, rio Marauiá, Amazonas, Fédération Genevoise de Coopération, FGC

     PS 1 : Sur la TV locale « Léman Bleu », l’émission « Esprit solidaire » de ce mois de février est consacrée à un projet que le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, en collaboration avec le « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus, développe auprès des Yanomami du Rio Marauiá, dans l’État brésilien d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération– FGC.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

  • Les Yanomami du rio Marauiá construisent leur avenir

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Rio Marauiá, Rio Negro, Amazonas, Tabuleiro, Xapono, Santa Isabel do Rio Negro, SIRN, Manaus, Rio Demini, Agente Indígena de Saúde, AIS, Agente Indígena de Saneamento, AISAN, Yanomami, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Terra Indígena Yanomami, TI-Y, Kurikama, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, Terre des Hommes Suisse, Canton de Genève, Ville de Genève, Ville de Carouge, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Confédération helvétique, Suisse, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Vandoeuvres, AYA, pirogueDifficile de trouver Tabuleiro sur la carte*. C’est un Xapono** (un village) yanomami, en pleine forêt amazonienne, sur la rive du rio Marauiá, un affluent du rio Negro, dans la commune brésilienne de Santa Isabel do Rio Negro - SIRN. C’est là qu’a eu lieu, du 29 octobre au 4 novembre, un cours auquel ont participé quarante-quatre « Multiplicateurs interculturels » venus de dix-sept xapono. Trois d’entre eux venaient du rio Demini, un autre affluent du rio Negro. Dans leurs communautés, les participants sont des leaders, hommes ou femmes, professeurs des écoles indigènes, Agents Indigènes de Santé (AIS) ou Agents Indigènes de l’Assainissement (AISAN).

    Le rôle des « Multiplicateurs interculturels » est double. D’une part, ils représentent leurs communautés dans diverses instances officielles comme le « Conseil de District de Santé Indigène - DSEI». Ou, encore, dans les réunions de préparation du « Plan de Gestion Territorial et Environnemental – PGTA » en cours d’élaboration pour l’ensemble de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y). Il s’agit d’un document, par lequel les Yanomami définissent la manière dont ils entendent conduire leur avenir et gérer leur territoire. Cela, maintenant, dans un contexte politique inquiétant. D’autre part, ils doivent restituer à leurs mandants les décisions prises dans ces structures. Ils ont besoin d’une double connaissance : celle de la culture Yanomami et celle du cadre culturel, social, économique et législatif plus large dans lequel ils vivent. Une société environnante qui a un impact sur leur quotidien, par exemple l’usage du téléphone portable, etc. Leur qualification donne plus de poids et plus d’autonomie à leur association, la Kurikama.***  Ces réunions sont également l’occasion d’aborder les problèmes liés aux relations entre les xapono : les territoires de chasse, les conséquences de la sédentarisation, etc...

    Le cours a été animé par Samuel Kohito Yanomami, le Coordinateur de la Kurikama et par Silvio Cavuscens, le secrétaire du « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus. C’était le troisième module d’un projet porté par Terre des Hommes Suisse et le Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI. Ce dernier est appuyé financièrement par plusieurs collectivités publiques (Canton et Ville de Genève, Ville de Carouge et la Direction du Développement et de la Coopération de la Confédération), cela par l’intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération - FGC. Le MCI remercie chaleureusement ces entités.

    C’est la première fois qu’un membre du MCI – Aurélien Stoll – a eu la possibilité de participer à un tel événement. Outre le contenu du cours et la participation très active des leaders, il a particulièrement relevé les problèmes de logistique à résoudre - et qui ont un coût - pour organiser ce type de rencontre dans un tel lieu. Une petite partie de la nourriture est trouvée sur place (par des chasseurs), mais l’essentiel et le matériel nécessaire doivent être apportés par bateau de Manaus, ville située à près de 780 km en aval de SIRN, (souvent 3 jours de navigation). Puis, tout transborder sur une ou des pirogues**** pour remonter le cours du rio Marauiá. Pour rejoindre Tabuleiro (à une cinquantaine de km en amont), il faut compter, selon la saison et la puissance du moteur, environ 5 à 6 heures de navigation. "Détail" non négligeable : il y a quatre « cachoeiras » (rapides) à franchir. Pour chaque franchissement, il faut décharger le matériel et le carburant pour le retour, faire passer – parfois porter - les embarcations avant de les recharger en amont… La coopération peut recouvrir des réalités singulières !

                                                                                ***

    *Géolocalisation : 0°15’23.0 N, 65°02’52.0’’ W / **Prononcer « Chapono » / *** Fondée en octobre 2013 / **** Dont une offerte en 2013 par la commune de Vandoeuvres (GE) par l’intermédiaire de l’association AYA - Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie.

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Rio Marauiá, Rio Negro, Amazonas, Tabuleiro, Xapono, Santa Isabel do Rio Negro, SIRN, Manaus, Rio Demini, Agente Indígena de Saúde, AIS, Agente Indígena de Saneamento, AISAN, Yanomami, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Terra Indígena Yanomami, TI-Y, Kurikama, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, Terre des Hommes Suisse, Canton de Genève, Ville de Genève, Ville de Carouge, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Confédération helvétique, Suisse, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Vandoeuvres, AYA, pirogue

    Photos © Aurélien Stoll : Cliquer sur l’image pour agrandir la taille.

    En haut à gauche, Samuel Kohito Yanomami anime le cours.

    Ci-dessus, le passage d’une « cachoeira ».

    PS 1 : Note rédigée avec le concours d’Aurélien Stoll.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 124, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Être infirmière en Amazonie en 2018, pourquoi ?

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    Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brésil, Brasil, Yanomami, Indígenas, Manaus, Rio Marauiá, Santa Isabel do Rio Negro, Sylvie Petter, xapono, SECOYA, AYA, Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, Terre des Hommes Suisse, Silvio Cavuscens, Serviço e Cooperação como povo Yanomami, le Jour se Lève, Aurélien Stoll, Pierrette Birraux, Ville de Genève, Bernex, Lancy, Onex, Meyrin, Plan-les-Ouates, Vandœuvres, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, E-Changer, Maison des AssociationsVoilà huit ans que Sylvie Petter exerce son activité d’infirmière* auprès des communautés Yanomami de l’État d’Amazonas. En particulier dans les xapono** (villages) du rio Marauiá. Elle parlera de son engagement, jeudi 13 septembre à 19h à la Maison des associations (15, rue des Savoises – Genève).

    Un documentaire de 22 mn, réalisé par la compagnie parisienne « Le jour se Lève » introduira les propos de Sylvie. Ce film a été réalisé pour marquer les 25 ans d’activité du « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA dont le siège est à Manaus. Sylvie est responsable du programme « Santé » de cette ONG qui a pour Secrétaire général Silvio Cavuscens un helvético-brésilien qui vit en Amazonie depuis une quarantaine d’années.

    Lors de la rencontre de jeudi, parole sera également donnée à Aurélien Stoll, Secrétaire général du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI et à Pierrette Birraux, ethno-géographe.

    Ces dernières années, SECOYA, par l’intermédiaire de l’association « Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie – AYA » a reçu l’appui de plusieurs collectivités publiques genevoises : Ville de Genève, communes de Bernex, Lancy, Onex, Meyrin, Plan-les-Ouates et Vandœuvres en particulier. Terre des Hommes Genève, E-Changer (Sylvie est partie comme volontaire de cette ONG) et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI (par l’intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération) appuient également le travail de SECOYA. Cette rencontre de jeudi donne l’occasion aux contribuables genevois de prendre connaissance de l’utilisation des fonds versés au titre de la coopération au développement.

    Invitation à tous !

                                                                            ***

    *Voir sur ce blog les notes du 10 décembre 2010 et du 4 février 2011 /  ** Prononcer « Chapono »