maranhão

  • Brésil : les Indigènes sont plus nombreux dans les conseils municipaux

    Imprimer

    Dans la très grande majorité des 5'568 communes du Brésil, les citoyens ont eu connaissance de la composition de leurs autorités municipales au soir du 15 novembre. Il y a eu un second tour le 29 novembre dans 57 des 95 communes de plus de 200'000 habitants.

    À propos des résultats, une première remarque s’impose : les chiffres sont indicatifs, ils varient selon les sources et la date d’actualisation, y compris ceux - officiels - du Tribunal Supérieur Électoral – TSE. Ainsi, dans la ventilation selon le critère « Couleur ou Race » (1), celui-ci est « Sans information » pour 626 élus.

    Les élus indigènes

    Cette année, pour l’ensemble du Brésil, le Tribunal avait reçu 2'216 candidatures indigènes (2). 190 d’entre eux ont été élu-e-s, dont 8 dans la fonction de maires, 10 comme maires-adjoints et 172 comme conseillers municipaux.

    Pour rappel, en 2016 (3), le TSE avait reçu 1'715 candidatures indigènes, 184 avaient été élus, dont 6 comme maires, 10 maires-adjoints. Il y a vingt ans, aux élections municipales de l’an 2000 (4), environ 350 indigènes avaient été candidats. 83 avaient été élus, dont 1 comme maire, 6 comme maires-adjoints et 76 à la fonction de conseillers municipaux.

    Pour les élections de cette année l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, dans un relevé partiel du 23 novembre, annonce avoir pointé 236 élu-e-s indigènes originaires de 71 peuples dont 214 conseillers municipaux, 10 comme maires et 12 maires-adjoints. La différence avec les chiffres du TSE est particulièrement marquée. Mais d’élections en élections, le nombre de candidats et d’élus indigènes a toujours progressé.

    En Amazonie

    Dans les neuf États de l’Amazonie légale (5), selon le TSE, nonante-trois indigènes ont été élus, dont 4 comme maires, sept comme maires-adjoints et quatre-vingt-deux comme conseillers municipaux. Ces élus se sont présentés sur des listes de 21 partis différents (6).

    Toujours pour cette partie du Brésil, daté du 20 novembre et à partir de diverses sources, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a réalisé un pointage provisoire des élu(e)s indigènes. Elle en a compté 116 (dont 21 femmes) Et cela dans 55 des 808 communes de cette partie du pays. Ils, ou elles, représentent 45 peuples. Quatre ont été élus maires, neuf maires-adjoints, 103 conseiller-ère-s municipaux.

    Ces élu-e-s sont affiliés à une vingtaine de partis politiques différents, Seize sont inscrits au Mouvement Démocratique Brésilien – MDB, et autant au Parti Social Démocratique – PSD. Aucun élu n’est affilié au Parti Socialisme et Liberté – PSOL, étiquette sous laquelle Sônia Bone Guajajara s’est présentée à l’élection présidentielle de 2018. Dans l’État de Roraima, trois indigènes ont porté les couleurs du parti Rede Sustentabilidade – REDE (Réseau soutenable) sous lesquelles Joênia Wapichana a gagné son siège à la Chambre des Députés en 2018. Parmi eux, Mário Nicácio, membre de la Coordination Exécutive de la COIAB, a été élu maire-adjoint dans la commune de Bonfim.

    Dans la commune de São Gabriel da Cachoeira (État d’Amazonas) considérée comme la plus indigène du Brésil, 12 des 15 élus sont des indigènes. Clóvis Curubão a été réélu maire, et Eliane Falcão a été élue maire-adjointe. Déjà aux élections d’octobre 2008, un indigène avait été élu maire.

    Souvent minoritaires dans les exécutifs et législatifs communaux les élus indigènes ont un important défi à relever : celui de faire valoir les droits des peuples qu’ils représentent. Et maintenant dans un contexte plutôt hostile.

                                                                         ***

    (1)Il s’agit d’une auto-déclaration obligatoire - mais pas systématiquement contrôlée - des candidats qui se rangent dans l’une ou l’autre catégorie : Blanc, Métisse, Noir, Jaune, Indigène, ou ne donnent aucune indication et sont classés « Sans Information ».

    (2)Voir sur ce blog, la note du 2 novembre 2020

    (3)Voir sur ce blog, la note du 17 octobre 2016

    (4)«Povos Indígenas no Brasil 1996/2000» p. 215 / Instituto Socioambiental / ISA (São Paulo) / ISBN 85-994-09-6

    (5)L’Amazonie légale est composée de neuf États : Acre, Amazonas, Amapá, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins et une partie du Maranhão.

    (6)33 partis politiques sont enregistrés auprès du TSE au niveau national.

                                                                        ***

    PS 1 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 135, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    PS 2 - Aux lecteurs de ce blog : un grand merci de votre intérêt pour la cause des peuples autochtones. AYA et l’auteur de ces notes souhaitent que chacune et chacun d’entre vous vive ces prochaines fêtes et la nouvelle année au plus près de ses vœux.

  • Brésil : Les Indigènes plus nombreux à se présenter aux élections municipales

    Imprimer

    Les 15 et 29 novembre prochains les citoyens brésiliens sont appelés à élire, pour les quatre ans à venir (2021-2025), les membres des conseils municipaux, les maires et adjoints des 5'568 communes du pays. Le Tribunal Supérieur Électoral – TSE a déjà publié un état des candidatures. Au 30 octobre, il a été saisi de 557’345 demandes de candidatures, contre 496'927 lors du dernier scrutin de 2016*, soit une augmentation de 12 %.

    Au Brésil, les postulants déclarent eux-mêmes appartenir à l’une des cinq catégories (couleur/race) utilisées par le très officiel Institut Brésilien de Géographie et de Statistique – IBGE : jaune, blanc, indigène, mulâtre ou noir. Dans le pays, lors du recensement de 2010, les indigènes représentaient environ 0,4 % de la population totale.

    Pour ces prochaines élections, le TSE a reçu 2'215 candidatures « Indigènes », soit 0,40 % du total. (En 2016, il y en avait eu 1’715 soit 0,35%). En nombre absolus (+ 500), l’augmentation du nombre de candidatures indigènes est de 29 %.

    Parmi celles-ci, 729, soit un tiers, sont des femmes. Les tranches d’âge les plus représentées sont les 30-39 ans (674 ou 30,5 %), les 40-49 ans (752 ou 33,9 %). La moitié des candidatures (1'113) concerne des municipalités de l’Amazonie légale**. La grande majorité (2'099), postule pour un poste de Conseiller municipal. Une quarantaine vise une place de maire et 76 de maire-adjoint. Les candidats indigènes se présentent sur des listes de 32 partis politiques différents. La plus grande partie, 835, appartiennent à des partis connus pour soutenir le gouvernement. Les partis d’opposition sont choisis par 489 candidats ; dont le plus grand nombre, 264, sous l’étiquette du Parti des Travailleurs – PT. Le parti REDE de Joênia Wapichana – la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée - est choisi par 78 candidats. Et le Parti Socialisme et Liberté - PSOL, le parti sous lequel Sônia Guajajara avait présenté sa candidature à la Vice-présidence de la République est choisi par 46 candidats. À propos de cette diversité, dans le texte de lancement de la campagne, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB fait remarquer que « La réalité de la politique partidaire, surtout dans les milliers de municipalités distantes des centres urbains, est bien distincte des contextes des grandes capitales. Beaucoup d’alliances locales peuvent relever de contextes différents des visions politiques au niveau national. » Dans le Manifeste qu’elle adresse aux peuples, organisations et leaders indigènes, l’APIB affirme vouloir renforcer la démocratie : « Nous avons, nous peuples indigènes, à occuper ces espaces pour développer une véritable démocratie représentative, participative et populaire… » Plusieurs sites*** appuient déjà les candidatures indigènes. À suivre !

                                                                                  ***

    *Voir sur ce blog, la note du 17 octobre 2016

    **L’Amazonie légale est composée de neuf États : Acre, Amazonas, Amapá, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins et une partie du Maranhão.

    ***Voir Campanha indígena, Mídia Ninja, Midia India et Candidate-se

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 134, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : assassinat d’un leader Guajajara

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Zezico Rodrigues Guajajara, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Arame, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, APIB, Survival International, Elaíze Farias, MPF, Ministério Público Federal, Zutiwa, Zutiua, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Commission des Caciques et Leaders de la TI Araribóia, Comissão dos Caciques e Lideranças da TI Araribóia, Ccocalitia, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Centro de Trabalho Indigenista, CTI, Conselho Indigenista Missionário, CIMI, Instituto Socioambiental, ISA, Greenpeace Brasil, Awá-Guajá, Covid-19, Amazônia RealLe 31 mars le corps de Zezico Rodrigues a été retrouvé sur une route de la municipalité d’Arame dans la Terre Indigène – TI Araribóia (État du Maranhão). Il a été tué par balles. Zezico était professeur et directeur du Centre d’Éducation Scolaire Indigène Azuru dans le village de Zutiwa. Le 29 février, il avait été élu Coordinateur régional de la Commission des Caciques et Leaders de la TI Araribóia. Il était aussi engagé dans la lutte contre la destruction de la forêt par des « madeireiros » (trafiquants de bois).

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB rappelle que Zezico est le cinquième indigène Guajajara assassiné au cours de ces quatre derniers mois : « Ce grand leader était connu pour être courageux dans la lutte pour les droits des peuples indigènes et de son peuple » […] «Nous exigeons une enquête sérieuse de la Police Fédérale pour que ce brutal assassinat soit éclairci. Nous, de l’APIB, nous nous solidarisons avec toute la famille et les amis de Zezico et le peuple Guajajara dans ce moment de lutte.»

    Plusieurs organisations indigénistes *demandent aux organes compétents, comme le Ministère Public Fédéral, qu’ils actionnent la justice pour garantir le respect des droits des indigènes, surtout les droits territoriaux. La Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI dit sa disponibilité à collaborer avec les organes chargés de l’enquête.

    Selon une information parue dans la presse le 2 avril et confirmée par le Secrétaire des Droits humains du Maranhão, la Police civile a identifié des suspects et adressé un rapport à la Police Fédérale en charge de l’enquête.

    Cet assassinat arrive au moment où les peuples indigènes s’efforcent de se protéger de la pandémie du Covid-19. La TI Arariboia - qui a déjà souffert de graves incendies et de nombreuses invasions** - abrite un groupe d’Awá-Guajá qui a choisi de vivre en isolement volontaire. Les peuples isolés sont particulièrement menacés en cas de contact. L’action de leaders comme celle de Zezico est capitale.

                                                                     ***

    *Centre de Travail Indigéniste – CTI, Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, Greenpeace Brésil, et l’Institut Socio-environnemental – ISA

    **Voir sur ce blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016, 20 août 2018, 4 novembre 2019

    Photo : Zezico Rodrigues Guajajara © Elaíze Farias / Amazônia Real. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 132, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    Lien permanent Catégories : La lettre d'AYA 0 commentaire
  • Amazonie : En plus de la déforestation, la canne à sucre.

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Cerrado, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, INPE, Desmatamento, déforestation, Pará, Roraima, Maranhão, Acre, Mato Grosso, Rondônia, ISA, Instituto Socioambiental, BR-364, BR-163, BR-319, PPCDAm, Plano de Ação para Prevenção e Controle do Desmatamento, Jair Bolsonaro, Cana-de-açúcar, Canne à sucre, Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia, INPA, Lucas Ferrante, Ministério Público Federal, Comissão Pastoral da Terra, CPT, CNBB, Public Eye, Association Européenne de Libre Échange, AELE, Initiative fédérale Entreprises responsablesÀ mi-novembre 2019, l’Institut National (brésilien) d’Enquêtes Spatiales (INPE) a diffusé l’estimation du taux de déforestation en Amazonie légale pour la période allant d’août 2018 à juillet 2019 : 9’762 km2, soit une augmentation de 29,54% par rapport aux douze mois précédents où la déforestation avait été 7'536 km2. C’est l’État du Pará qui a perdu le plus de forêt : 3'862 km2. L’État de Roraima a connu la plus forte différence entre les deux périodes : 617 km2 en 2019 pour 195 km2 en 2018, soit une variation de 216,4 %.

    Une étude de l’Institut Socio-environnemental – ISA de São Paulo, publiée en décembre dernier, montre que les taux les plus élevés de déforestation forment un « arc de déforestation » qui va d’Est en Ouest, des États du Maranhão et du Pará jusqu’à l’État d’Acre en passant par les États du Mato Grosso et Rondônia. ISA relève l’importance de la déforestation à proximité de plusieurs routes fédérales, notamment les BR-364, BR-163 et BR-319. Il a calculé que 75% de la déforestation est observé sur le territoire de 256 municipalités. Dix-neuf d’entre-elles ne sont pas sur la liste du Ministère de l’environnement comme étant prioritaires dans la lutte contre la déforestation. ISA relève également l’augmentation de la taille moyenne des aires détruites, signe pour l’Institut que les auteurs de cette déforestation ont un pouvoir d’achat important. Toujours selon ISA, cette expansion correspond aux municipalités où des représentants du gouvernement ont promis des mesures d’allègement de la surveillance de l’environnement. Il reproche au gouvernement d’avoir abandonné le Plan d’action pour la Prévention et le Contrôle de la Déforestation en Amazonie légale – PPCDAm créé en 2004 dont il demande la reprise. Il note que le recours aux forces armées, en août 2019, a permis la réduction des incendies et de la déforestation.

    Mais une autre source d’inquiétude concernant l’Amazonie est née avec l’annulation, par Jair Bolsonaro le 5 novembre dernier, d’un décret de septembre 2009 qui y empêchait la culture de la canne à sucre. En 2011 déjà, au Sénat fédéral, un projet de loi voulait autoriser cette culture dans une partie du Cerrado et de l’Amazonie. Un projet classé en 2018. Le 11 novembre, un scientifique, Lucas Ferrante, doctorant à l’Institut National de Recherche de l’Amazonie – INPA, a dénoncé la décision présidentielle au Ministère Public Fédéral. Pour le chercheur cette décision « Est un crime de lèse-patrie qui affecte non seulement la plus grande forêt tropicale du monde et sa biodiversité, mais aussi les services environnementaux essentiels pour le maintien de l’approvisionnement humain et l’agriculture des régions Sud et Sud-Est du Brésil. L’impact affectera la capacité agricole du pays ». Dans un communiqué du 14 novembre 2019, la Commission Pastorale de la Terre – CPT liée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB, affirme que « Cette autorisation représente plus de violence, de mort et de destruction pour les peuples et les biomes atteints. Elle va aussi contribuer à la réduction des pluies fournies par les rivières volantes chargées de l’humidité du bassin amazonien vers les régions Ouest, Sud-est et Sud du Brésil ». Á suivre…

    La déforestation de l’Amazonie a trouvé un écho en Suisse. Notre pays est l’une des principales plateformes mondiales du négoce des matières premières. Plusieurs de ces acteurs ont des relations d’affaires importantes avec le Brésil et l’Amazonie. Une réalité que vient de rappeler « Public Eye » dans l’édition de janvier de son magazine (No 21). La Suisse, comme membre de l’Association Européenne de Libre Échange – AELE a négocié un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur dont le Brésil fait partie. Une coalition d’ONG suisses demande que cet accord contienne des garanties en matière de protection des droits humains et environnementaux. Elles envisagent de lancer un référendum si le traité est insatisfaisant. Est également en cours de discussion l’initiative «Multinationales responsables». Il y a là deux moyens de réduire les dangers pesant sur la forêt amazonienne et les peuples qui veulent la protéger. A voir comment notre pays va répondre à l’appel des peuples autochtones brésiliens venus solliciter la solidarité des Suisses en novembre dernier.

                                                                                  ***

    Illustration © ISA / source Inpe : La nouvelle frontière de la destruction. Le nouvel arc de déforestation en Amazonie met en danger la plus grande forêt tropicale de la planète. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Sur ce blog, plusieurs billets ont déjà publié les statistiques de l’INPE sur la déforestation. Voir les notes du 30 novembre 2012, 17 avril 2014, 5 décembre 2014, 14 mai 2015 , 10 décembre 2016  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Assassinat d’un gardien de la forêt

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, Victoria Tauli-Corpuz, APIB, Survival International Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara (26 ans), l’un des « Gardiens de la Forêt » de la Terre Indigène Araribóia TI (État du Maranhão) été tué lors d’une embuscade organisée - selon les témoignages recueillis par l’agence « Amazônia real » - par cinq « madeireiros » (forestiers illégaux) sur le territoire même de la TI. Paulo était accompagné par Laércio Guajajara qui a seulement été blessé et a pu s’enfuir. Ils étaient partis en forêt pour chasser le pecari. Le Ministre de la Justice, Sergio Moro, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cette TI, démarquée en 1990, est également occupée par des Awá Guajá en situation d’isolement volontaire.

    Dans une note du 2 novembre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB exprime sa tristesse et sa révolte : «…Le Gouvernement de Bolsonaro a du sang indigène sur les mains. L’augmentation de la violence dans les territoires indigènes est la conséquence directe de son discours de haine et des mesures contre les peuples indigènes du Brésil. Nos terres sont envahies, nos leaders sont assassinés, attaqués et criminalisés… » […] « Il est nécessaire de donner un coup d’arrêt à cette politique génocidaire contre les peuples indigènes du Brésil. C’est pour cela que nous sommes en campagne dans les pays européens* pour alerter le monde sur ce qui arrive au Brésil et demander un appui pour que plus une goutte de sang indigène ne soit versée ». De nombreuses organisations et entités et personnalités, dont Victoria Tauli-Corpuz la Rapporteure de l’ONU pour le droit des peuples indigènes, ont  condamné cet assassinat. Survival International a lancé une pétition à adresser au président Bolsonaro.

    L’histoire de cette Terre Indigène est hélas marquée par de nombreux épisodes violents, des morts, des incendies, des invasions**

                                                                                         ***

    *L’APIB a effectivement organisé une délégation qui visite une douzaine de pays européens, dont la Suisse. Une rencontre ouverte au public est prévue à Genève le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève. Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    **Voir sur cc blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016

    Photo : Paulo Paulino Guajajara./ © Sarah Shenker / Survival International / Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Un « Front de défense des droits des peuples indigènes » est créé au parlement

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Joênia Batista de Carvalho, Joênia Wapichana, Frente parlamentar mista em defesa dos direitos dos povos indígenas, FPMDDPI, Acre, AC, Amapá, AP, Amazonas, AM, Maranhão, MA, Mato Grosso, MT, Pará, PA, Rondônia, RO, Roraima, RR, Tocantins, TO, Distrito Federal, Câmara dos Deputados, Senado, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Senador, senadora, deputado, deputada, agropecuáriaSous l’impulsion de la première femme indigène élue à la Chambre des députés, Joênia Wapichana (1) , un « Front Parlementaire Mixte (2) de Défense des Droits des Peuples Indigènes - FPMDDPI » a été créé le 28 mars, et lancé le 4 avril dernier à la Chambre des Députés à Brasilia (3).

    Il s’agit, pour son initiatrice, de défendre les droits des peuples indigènes garantis par la Constitution fédérale de 1988, d’améliorer la législation et les politiques publiques qui en découlent. Un véritable défi dans la conjoncture politique actuelle.

    Au parlement brésilien (4), la Chambre des Députés compte 513 membres et le Sénat 81 répartis dans une trentaine de partis politiques. Le Front pro-indigènes compte 210 Députés et Députées appartenant à 25 partis, représentant 26 États de l’Union et du District fédéral (Brasilia). Et les 27 Sénateurs et Sénatrices qui y ont adhéré sont de 12 partis différents et ils sont originaires de 16 États et du District fédéral.

    Minoritaire, le Front est cependant représentatif des différentes régions du Brésil. Mais il y a seulement 45 représentants des 9 États amazoniens (5). Le Parti des Travailleurs - PT, avec 51 députés et 3 sénateurs est le parti le plus représenté dans le Front. Il est suivi par le Parti Socialiste Brésilien – PSB avec 29 députés et 3 sénateurs.

    Les femmes y ont une place non négligeable. Parmi les 77 Députées élues en octobre dernier, 48 ont adhéré au « Front », dont 7 viennent d’Amazonie. Trois Sénatrices en sont membre, mais elles représentent d’autres États d’autres régions du pays que l’Amazonie.

    A titre indicatif, le Front parlementaire « Agropecuária – FPA » qui défend les intérêts de l’agrobusiness, souvent opposés à ceux des Indigènes, compte 225 Députés et 36 Sénateurs. À relever que des parlementaires s’inscrivent dans plusieurs « Fronts » dont les objectifs ne sont manifestement pas convergents.

    Dans les deux législatures précédentes 2011- 2015 et 2015 - 2019, il y a déjà eu un « Front parlementaire d’appui aux Peuples Indigènes » à la Chambre des Députés, mais leurs membres ont travaillé dans un contexte moins tendu qu’actuellement…

                                                                                     ***

    (1) Voir sur de blog les notes du 21 octobre et du 31 décembre 2018.

    (2) Mixte, parce qu’il est composé de membres de la Chambre des Députés et du Sénat

    (3) Il y a plus d’une centaine de ces « Fronts » constitués à la Chambre des Députés au début avril 2019.

    (4) La Chambre des Députés compte 513 élus pour 4 ans, et le Sénat 81 élus pour 8 ans.

    (5) États de l’Amazonie légale brésilienne : Acre – AC, Amapá – AP, Amazonas – AM, Maranhão – MA (partiellement), Mato Grosso – MT, Pará – PA, Rondônia – RO, Roraima – RR, Tocantins - TO

    Photo © Adilvane Spezia / CIMI : À gauche, Joênia Wapichana lors du lancement du « Front de défense des Droits des Peuples Indigènes ». Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : un défenseur de la forêt est retrouvé sans vie

    Imprimer

    Le corps - sans vie - de Jorginho Guajajara a été retrouvé le 12 août près d’une rivière, à la limite de la Terre Indigène (TI) Araribóia, dans la région d’Arame, une localité de l’État du Maranhão. Ce leader indigène était connu pour être un défenseur de la forêt amazonienne. Selon les premiers éléments de l’enquête dévoilés par la presse Jorginho est mort par noyade. Son corps ne présenterait pas de traces de violences. Son épouse aurait déclaré aux enquêteurs que son mari avait consommé de l’alcool la veille de son décès.

    Pour ses proches et plusieurs organisations, dont Survival-Brésil et l’Institut Socio-environnemental - ISA, Jorginho est une victime du conflit opposant les défenseurs de la forêt aux « madeireiros » constants et violents pilleurs de bois, y compris dans les aires protégées comme les Terres Indigènes. À plusieurs reprises, la TI Araribóia a également été dévastée par des incendies qui ont mis en danger les groupes indigènes qui y vivent en état d’isolement volontaire*.

    Pour combattre l’invasion de leurs territoires et la dégradation de leurs forêts, les Guajajara se sont organisés en groupes de protection territoriale appelés « Gardiens de la forêt ». Une forme de résistance.

    Pour Sônia Guajajara**, Coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Ce qui est arrivé est le portrait journalier du Brésil. La violence augmente chaque jour. Notre peuple est en train de mourir à l’intérieur de sa propre terre. Ce n’est pas une mort isolée, il s’agit d’un génocide programmé. Jorginho n’est pas le premier et ne sera pas le dernier avec l’absence de l’État. La mise en œuvre d’une politique publique sociale, environnementale et territoriale est une urgente nécessité ».

    À suivre !

                                                                            ****

    *Voir sur ce blog, les notes du 11 novembre 2015 et du 10 décembre 2016

    **Voir sa note du 15 août sur Facebook. Sônia est candidate à la vice-présidence de la République aux prochaines élections.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Paradise Papers : de l'Amazonie à Genève…

    Imprimer

    Le 7 novembre dernier, la chaîne de télévision France 2 a diffusé un reportage sur les "Paradise Papers"*. Une partie de l'émission "Cash Investigation" est consacrée aux liens qui unissent une société brésilienne, Amaggi, dans laquelle l'actuel Ministre brésilien de l'Agriculture Blairo Maggi et sa famille ont des intérêts et la société de négoce de produits agricoles, Louis Dreyfus Comodities – LDC. Cette dernière a été fondée en 1851. Son siège est en Hollande. Elle est présente au Brésil depuis 1942. Mais elle a son centre névralgique à Genève. Les deux entités ont créé, en 2010, un joint-venture avec une filiale domiciliée au Cabinet d'avocats Appleby aux Iles Caïmans, territoire où la fiscalité sur les sociétés est nulle. Cela dans le but "d'optimisation" fiscale. L'enquête de France 2 est conduite et présentée par Elise Lucet et Edouard Perrin.

    Le 23 octobre dernier, alors qu'il était à Campinas (État de São Paulo) pour l'inauguration du 24e Congrès International de l'Industrie du Blé, le Ministre a été interpellé par les journalistes. Questionné sur la société domiciliée aux Iles Caïmans, il les a renvoyés aux administrateurs en charge de la société. Sur les liens avec LDC, il a rappelé que ceux-ci sont anciens. Sur l'appui (250'000 RS – environ 100'000 Euros) reçu de LDC pour sa campagne électorale en vue de son élection au Sénat en 2010, il a répondu qu'il n'y a là rien d'illégal. En guise de conclusion, il déclare : "Je n'ai pas de compte bancaire hors du Brésil. Je n'ai pas de compte offshore !"

    Après avoir vainement sollicité des renseignements par courrier électronique, les deux journalistes ont fait le déplacement à Genève pour tenter d'interviewer la chargée de communication de LDC au niveau international. Il leur a été poliment demandé d'attendre une réponse donnée par écrit une heure plus tard. Ils n'ont rien appris de nouveau si ce n'est qu'en 2016, la société, maintenant appelée "Amaggi Louis Dreyfus Zen-Noh Grãos SA (ALZ Grãos) seule et unique propriétaire d'ALZ International, a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 174 millions de dollars. Accessoirement, on apprend que 400 personnes travaillent pour LDC à Genève. Une question concerne la société partenaire Amaggi à qui Greenpeace a attribué la "Tronçonneuse d'or" en 2005 pour dénoncer les déforestations provoquées par cette entreprise : "Considérez-vous la société Amaggi comme une société présentant un risque judiciaire ?" La réponse : "LDC sélectionne ses partenaires avec la plus grande attention, cependant toute question relative aux activités d'Amaggi devrait leur être posée directement."

    Blairo Maggi est l'un des plus grands producteurs mondiaux de Soja. Il a été Gouverneur de l'État du Mato Grosso de 2003 à 2010. Il en devient l'un des Sénateurs en 2011. Au Parlement brésilien, il est membre du "Front parlementaire mixte de l'agriculture et de l'élevage", la "Bancada ruralista", le puissant lobby de l'agrobusiness connu pour ses positions anti-indigènes. En mai 2016, après "l'impeachment" de Dilma Rousseff auquel il s'est déclaré favorable, il est devenu Ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de Michel Temer. Il a succédé à Katia Abreu qui avait voté contre la destitution. Mais, elle aussi, avait reçu la "Tronçonneuse d'or" en 2010**.

    Au Brésil, le 5 novembre, c'est le média de Brasilia "Poder360"*** (partenaire de ICIJ), sous le titre "Blairo Maggi est bénéficiaire d'une entreprise aux Cayman, mais nie des irrégularités" qui a repris et détaillé les relations et les implications du Ministre de l'agriculture avec LDC. L'article, signé par cinq journalistes, contient l'organigramme des liens entre les deux sociétés. Il renseigne sur les filiales ou participation dans les sociétés qui contrôlent des infrastructures comme le très moderne "Terminal de Grains du Maranhão – TEGRAM (qui a exporté 726,5 tonnes de grains en avril 2017) du port d'Itaqui à São Luis, la capitale de l'État du Maranhão. Le média publie également la réaction des deux sociétés qui affirment agir en conformité avec les lois des Iles Cayman et celles du Brésil.

    Elise Lucet, a interviewé Olivier Longchamp de l'ONG suisse "Public Eye" sur les pratiques de ces grands groupes internationaux: C'est la jungle ? "Non, je ne dirai pas que c'est la jungle, mais c'est un espace extrêmement libéralisé, peut-être un des espaces les plus libéralisés à échelle mondiale aujourd'hui, bien davantage que le secteur financier... C'est un monde extrêmement opaque, pratiquement entièrement exempt de régulation !"

    Les révélations des "Paradise Papers" vont-elles entraîner un changement dans les pratiques de ces grands groupes ? Les États vont-ils prendre des mesures pour y mettre un terme ?

                                                                       ***

    * "Paradise Papers" > Ensemble des documents révélés début novembre 2017 par l'International Consortium of Investigative Journalists – ICIJ basé à Washington, aux USA. Lien : https://www.icij.org

    ** Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2010

    *** Lien : https://www.poder360.com.br

    Ci-dessous l'organigramme des liens Amaggi/LDC publié par Poder360 - Cliquer sur le document pour l'agrandir:

    brasil,brésil,amazonie,france 2,paradise papers,france télévision,cash investigation,amaggi,blairo maggi,louis dreyfus,appleby,iles caïmans,cayman,elise lucet,edouard perrin,campinas,são paulo,congrès international de l'industrie du blé,congresso interncional da indústria do trigo,zen-noh grãos sa,alz grãos,tronçonneuse d'or,motoserra de ouro,greenpeace,genève,soja,governador,mato grosso,senador,bancada ruralista,frente parlamentar mista da agropecuária,fpa,câmara,senado,agrobusiness,impeachment,destitution,dilma rousseff,michel temer,katia abreu,poder360,tegram,itaqui,são luis,maranhão,olivier longchamp,public eye,icij

    PS 1 : Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, l'émission n'a pu être vue que pendant sept jours.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 120, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Un militaire est confirmé à la tête de la FUNAI

    Imprimer

    Au cours de l'été, le 11 juillet, Eliseu Lemos Padilha, le chef de la "Maison civile" de la Présidence de la République (équivalent à un Premier Ministre) a signé un arrêté confirmant Franklimberg Ribeiro de Freitas à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Dès le 9 mai dernier*, ce militaire (il est général de réserve) avait assuré l'intérim à la tête de la Fondation après le départ d'Antonio Fernandes Toninho Costa en place depuis janvier 2017. Peu après cette nomination, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB avait manifesté son opposition à cette militarisation de l'organe brésilien chargé de leur protection. En juin 2016, l'Articulation avait obtenu du Gouvernement qu'il renonce à nommer un autre militaire, le général Roberto Sebastião Peternelli, à la tête de la Funai. Ces militaires sont proposés par le Parti Social Chrétien, un parti évangélique soutenant Michel Temer, le président de la République.

    Cette forte réticence à l'égard des militaires date de la période de la dictature pendant laquelle les Indiens ont eu à subir de nombreuses violences de la part de l'armée.

    De plus, la Funai a fait l'objet de coupes budgétaires qui ont entraîné la suppression de dizaines de postes, en particulier dans les Coordinations techniques régionales. Le rôle de protection des communautés indigènes que doit assumer la Fondation est fortement réduit. Ces mesures budgétaires s'ajoutent à d'autres comme le souligne l'Institut d'Etudes Socioéconomiques – INESC. Pour ce dernier, elles font partie d'un agenda anti-indigène voulu par le pouvoir exécutif et le Congrès national.

    Récemment, le 26 septembre, le président de la Funai était en réunion avec les leaders de la Terre Indigène Waimiri Atroari (États d'Amazonas et de Roraima) pour les consulter à propos d'un projet de construction de ligne à haute tension qui devrait traverser la TI pour relier Manaus à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. Une grande partie de l'électricité consommée dans cet État est fournie par le Venezuela. Il s'agit d'une négociation qui dure depuis plusieurs mois. Les leaders indigènes vont consulter les différentes communautés avant de donner leur réponse. Dans le passé les Wamiri Atroari ont subi des violences, notamment lors de la construction de la BR 174 qui traverse leur territoire. À voir comment ces Indiens seront écoutés.

                                                                        ***

    * Voir sur ce blog, la note du 2 juin 2017

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Une version abrégée de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 118, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : La FUNAI change de président

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Funai, Fundação Nacional do Indio, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, terra indígena, MPF, Ministério Público Federal, Eliseu Lemos Padilha, Antônio Costa, São Paulo, Rio de Janeiro et du Pernambuco, Maranhão, Franklimberg Ribeiro de FreitasLe 5 mai, le journal officiel de l'Union a publié un arrêté, pris le 4 mai par le Ministre d'État, Chef de la Maison civile de la présidence de la République, Eliseu Lemos Padilha, exonérant Antônio Costa de la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Sa nomination datait du 13 janvier dernier. Avant son éviction, il avait publié les rapports d'identification et de délimitation de cinq Terres Indigènes situées dans les États de São Paulo, Rio de Janeiro et du Pernambuco.

    Pasteur et membre du Parti Social Chrétien – PSC, sa nomination avait inquiété les organisations indigènes. Le 20 avril déjà, dans les medias, il était question de son départ pour n'avoir pas nommé d'autres membres du PSC à des postes-clé de la FUNAI.

    Son éviction intervient après le drame survenu le 30 avril dans l'État du Maranhão où vingt-deux indigènes ont été blessés*. Dans une conférence de presse, Antônio Costa confirme les pressions politiques dont il a été l'objet, mais il évoque aussi les coupes budgétaires voulues par le gouvernement pour "vider" la Funai et enterrer les démarcations des terres des peuples traditionnels. Une manière de répondre au Ministre de la justice qui, de son côté, reproche à la Fondation de ne pas agir de manière efficiente.

    Le 9 mai, Eliseu Lemos Padilha a nommé un président intérimaire en la personne de l'ancien général Franklimberg Ribeiro de Freitas, déjà fonctionnaire de la FUNAI en charge de la Promotion du développement durable. Ce choix est critiqué par les organisations indigènes. L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB réprouve cette décision : "Avec cette nomination, le Gouvernement Temer promeut, la militarisation de la FUNAI comme au temps de la dictature militaire, la fragilisation totale de la Fondation dans la perspective de changer les procédures de démarcation des terres Indigènes… Non à la militarisation de la FUNAI !"

    Pour appel, la FUNAI a été fondée en 1967, il y a 50 ans. Ce nouveau titulaire en est le 40e, soit une durée moyenne de mandat de un an et trois mois ! Depuis ce 1er janvier 2017, la Funai en est à son 3e président, dont deux l'ont été par intérim. Elle en est à son 4e Ministre de tutelle (Ministère de la Justice et de la Sécurité publique). Une instabilité qui n'est que l'une des facettes de la grave crise que traverse le pays.

    * Voir sur ce blog, la note du 19 mai.

    Photo : © Cimi Hegon Heck. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera reprise dans le dernier "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2