marche des femmes indigènes

  • Brésil : en 2021 la violence contre les peuples indigènes a augmenté

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    L’année dernière, les cas d’invasion de Terres Indigènes, d’exploitation illégale des ressources naturelles et les dommages divers au patrimoine ont encore augmenté : 305 qui ont touché 226 Terres Indigènes dans 22 États. Une progression sensible remarquée déjà ces dernières années : 263 en 2020, 256 en 2019. Cela sous la présidence de Jair Bolsonaro. Mais seulement 96 en 2017 et 109 en 2018 sous la présidence de Michel Temer. Le CIMI rappelle l’estimation selon laquelle il y aurait plus de 20’000 garimpeiros (chercheurs d’or illégaux) dans la TI Yanomami, le climat de violence qu’ils y créent et comment leur présence est vectrice de maladies, de pollution des eaux notamment.

    Une annexe de trois pages du rapport est consacrée à la pandémie de la Covid-19 parmi les peuples indigènes en 2021. Le CIMI a eu recours à deux sources. La première concerne les chiffres du Système d’Information sur la Mortalité (SIM) qui prend en compte la totalité de la population indigène du pays au sein de laquelle il a été dénombré 847 décès (972 en 2020). La deuxième est le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI qui ne prend en compte que la population indigène prise en charge par les 34 Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes : il y a été dénombré 315 décès dus à la Coronavirus-19 en 2021 (564 en 2020).

    Dans une première introduction du rapport, le secrétaire exécutif du CIMI, Antônio Eduardo Cerqueira de Oliveira, rappelle que malgré la progression de la crise qui touche le Brésil, et particulièrement les peuples indigènes, ceux-ci ont donné des signes d’espoir, par exemple en se mobilisant comme cela s’est fait à Brasilia lors de la 18ème édition du « Campement Terre Libre » qui a réuni - en avril 2021- près de huit mille participants venus de tout le Brésil. Et la Deuxième Marche des femmes indigènes qui a eu lieu également à Brasilia, en septembre 2021, où elles étaient plusieurs milliers à manifester contre les violences faites aux femmes. Et de conclure : « Les peuples indigènes sont résilients. Ils ont des exemples de courage et d’incitation à la lutte pour que toute la société brésilienne se lève pour défendre ses droits et la démocratie. »

    ***

    *Organisme de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB en charge des questions indigènes.

    **Une synthèse a été publiée en français

    Illustration, 1ère de couverture du rapport : photo Giulianne Martins prise lors du Campement Terre Libre / Brasilia/ Avril 2022. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 29 novembre 2021, 9 octobre 2020, 17 octobre 2019, 17 novembre 2018, 16 novembre 2017, 4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8