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  • Brésil / Barcelone : La plateforme indigène « Mídia Índia » reçoit un prix

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    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Erisvan Bone Guajajara de Sousa Silva, Joan Alsina, Mídia Índia, Casa Amèrica Catalunya, Barcelona, Barcelone, Covid-19, Articulation des Peuples et Organisations Indigènes de l’État de l’Amapá et du Nord Pará, APOIANP, Articulação dos Povos e Organizações Indigenas do Estado do Amapá e Norte do Pará, Fondation Nationale de l’Indien, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Convention 169, Convenção 169, Organização Internacional do Trabalho, Organisation Internationale du Travail, Declaração da ONU sobre os Direitos dos Povos Indígenas, Esprit solidaire, Léman BleuFondée en 2017 par Erisvan Bone Guajajara, la plateforme indigène brésilienne « Mídia Índia » a reçu, le 17 décembre dernier, le Prix Joan Alsina (1) des Droits humains attribué chaque année par la Fondation Casa Amèrica Catalunya de Barcelone (2). La Fondation a voulu récompenser la plateforme pour sa précieuse contribution à la diffusion et à la connaissance des réalités des peuples originaires de l’Amazonie brésilienne. Cela au moment où leur survie est gravement menacée par la pandémie du Covid-19, le changement climatique, les incendies, l’exploitation, souvent violente et incontrôlée des ressources naturelles. Mais aussi par le déclin de la protection de leurs droits. Sur son site Facebook, au 7 janvier, Mídia Índia déclare compter 60'236 abonnés.

    À titre d’exemple, l’une des dernières informations qu’elle y a relayé le 5 janvier concerne la protestation que l’Articulation des Peuples et Organisations Indigènes de l’Amapá et du Nord Pará – APOIANP – a adressée au Gouvernement brésilien suite à la désignation d’un militaire comme Coordinateur régional de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Elle demande la révocation de l’arrêté de nomination du titulaire de ce poste ; le respect des traités internationaux signés par le Brésil (la Convention 169 de l’OIT, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones) et que soient prises en compte leurs propositions pour l’occupation de tels postes. Le 4 janvier dernier, sur YouTube, l’entité a publié une rétrospective de son activité.

    Si la simple radiophonie est encore utile pour les communications entre communautés, les nouveaux outils et réseaux de communication sont largement utilisés par les indigènes et leurs organisations depuis plusieurs années. Cela leur permet de diffuser à moindre coût l’information qu’ils produisent eux-mêmes, à destination de leurs propres communautés ou du grand public. Le cas échéant, elle sert à documenter des revendications particulières adressées aux autorités. Une pratique qui n’est pas propre aux organisations brésiliennes. Une précédente note a été consacrée à l’action des organisations indigènes péruviennes luttant contre les atteintes à l’environnement causées par les compagnies pétrolières. Un sujet repris actuellement dans l’émission « Esprit solidaire » de « Léman Bleu », la télévision locale genevoise.

    En distinguant « Midia India », la Fondation catalane a mis le projecteur sur l’effort des organisations indigènes pour faire entendre leur voix.

                                                                                       ***

    (1) Joan Alsina (1942 – 1973) est un prêtre catalan fusillé au Chili le 19 septembre 1973 lors du coup d’État militaire.

    (2) Entité rattachée aux autorités municipales de Barcelone.

    Illustration : Logo de la plateforme. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 136, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Guyane : les Amérindiens s'adressent à F. Hollande

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Amérindiens, Guyane, François Hollande, Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, ONAG, Ségolène Royal, Cayenne, Convention de Carthagène, Alexandre Sommer-Schaechtelé, Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé, CCPAB, Convention 169, Organisation Internationale du Travail, OIT, Colombus, Northgold, Maroni, Oyapock, Grand Conseil CoutumierHonteux ! C'est ainsi que l'Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane, l'ONAG, qualifie le comportement de Ségolène Royal, la Ministre (française) de l'environnement. Le 16 mars, à l'occasion de sa présence à Cayenne où elle présidait une réunion des représentants des pays signataires de la Convention de Carthagène, la Ministre a reçu les représentants des peuples Amérindiens et Bushinengé de ce département ultramarin. Lors de cette rencontre, le secrétaire de l'ONAG, Alexandre Sommer-Schaechtelé lui a remis une pétition munie de 85'000 signatures, qui demande la "Reconnaissance des Droits des peuples Amérindiens de Guyane". Mais le 17 mars, et selon l'ONAG, sans avoir évoqué le sujet avec ses représentants, la ministre a signé un protocole d'accord avec la Collectivité Territoriale de Guyane – CTG, par lequel "L'Etat cédera sur son domaine privé en Guyane de 200'000 hectares dont 100'000 hectares à la Collectivité territoriale, à la demande des élus de Guyane, afin de pouvoir y développer des projets". C'est l'absence de consultation sur l'usage de terres qu'ils estiment être les leurs que réprouvent les Amérindiens.

    Ils se sont adressés une première fois au Président de la République le 18 mars : "Nous prenons acte de l’annonce faite en votre nom par Madame la Ministre de l’énergie, de la mer et de l’environnement de la décision de rétrocéder 200 000 ha de forêts primaires pour la biomasse en Guyane.

    Vous avez volontairement omis d’indiquer [à votre ministre] que nous devrions être consultés en tant que peuples autochtones de ce territoire et ce, en violation de notre droit au consentement préalable en connaissance de cause.

    Nos peuples préservent les forêts en qualité et quantité, mais nous sommes spoliés de nos droits territoriaux. Les forêts que nous avons en gestion ne sont pas décimées, mais l’administration de l’Etat ne nous reconnait aucune garantie imprescriptible liée à la terre.

    Par contre, les spéculateurs, de toutes sortes qui détruisent les forêts et qui contaminent nos sources d’eau douce, ont droit à d’importantes terres pour déforester définitivement…"

    Ces jours derniers, et encore aujourd'hui, les médias ont donné écho à la situation sociale et à l'insécurité qui règne en Guyane.

    Dans ce contexte, le 25 mars, pour la deuxième fois en quelques jours, le Conseil Consultatif des Populations Autochtones et Bushinengé – CCPAB s'est adressé à François Hollande pour lui rappeler, ainsi qu'à son successeur, les revendications des Amérindiens.

    Ce document aborde plusieurs sujets. Dans le domaine institutionnel : la ratification par la France de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et la reconnaissance de l'Institution coutumière et des chefs coutumiers de Guyane.

    - En matière de droits territoriaux : la rétrocession de 400'000 hectares de forêts et la garantie d'une redistribution chiffrée et équitable aux Autochtones.

    - Au sujet de l'industrie minière : un moratoire sur la méga-exploitation des sociétés Colombus et Northgold, ainsi que l'arrêt immédiat de tous les projets de ce type déjà engagés et l'éradication totale de l'orpaillage illégal.

    - Plusieurs points concernent la culture amérindienne, par exemple : l'enseignement des langues autochtones ouvert de la maternelle à l'Université.

    - Dans le domaine de la santé, à relever la demande de création de Centres délocalisés de prévention et de soins dans chaque village autochtone du Haut-Maroni et du Haut-Oyapock…

    Pris dans une campagne électorale singulière, les responsables politique de la métropole seront-ils enclins à prêter une oreille attentive aux revendications des peuples premiers du lointain département d'outre-mer ?

    Pour l'heure, les organisations amérindiennes ont appelé leurs membres à se joindre au mouvement de protestation que connaît la Guyane.

    À suivre !

    Illustration : extraite du compte Facebook de l'ONAG. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    Ci-dessous : la participation des Amérindiens à la manifestation de Cayenne de ce 28 mars

                                                                       
    les amerindiens dans la marche

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2