pará

  • Amazonie, la déforestation bat des records en 2020

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    En 2020, à chaque heure, l’Amazonie brésilienne a perdu 96 hectares de sa forêt, soit une perte journalière moyenne d’environ 23 km2, ou un total annuel de 8’429,83 km2. Une augmentation de 9,4% par rapport à 2019 quand elle avait perdu 7'704,52 km2. La déforestation en Amazonie représente 61% de celle constatée dans tout le Brésil (13'853,43 km2). Le taux de progression y a été 14% en 12 mois. En effet, en 2019, le pays avait perdu 12'191,58 km2 de forêt. Tel est le constat dressé par MapBiomas Alerta (1) dans un rapport publié le 11 juin concernant la déforestation dans les six biomes (2) du pays. Un document semblable avait été rédigé en 2019.

    Le phénomène varie selon la période de l’année. Au niveau national, la plus importante déforestation a été constatée le 31 juillet : 49,68 km2. Et la moindre, cinq mois plus tard, le 31 décembre : 10,48 km2. Pour l’Amazonie, le pic a été observé le 30 juillet : 37,84 km2.

    En Amazonie, comme dans les autres biomes du pays, le déboisement est variable d’un territoire à l’autre. La municipalité amazonienne d’Altamira (dans l’État du Pará), la plus grande commune du Brésil (159'533 km2 ou presque 4 fois la Suisse) est celle qui a connu la plus importante déforestation en 2020 : 606,08 km2. Elle occupait également ce premier rang en 2019 en perdant 541,58 km2 de forêt. Selon l’agence Metrópoles, reprenant une information de l’Institut National d’Enquêtes Spatiales - INPE, de 2013 à 2018 elle en déjà  perdu 1'943 km2.

    Les Terres Indigènes (TI) ne sont pas épargnées. Dans État du Pará, la TI Apyterewa, qui s’étend sur 7'730 km2, est la TI du Brésil où a été détectée la plus grande zone de déforestation en 2020 : 74,31 km2. Elle avait perdu 83,39 km2 de forêt en 2019. Cette TI est historiquement marquée par la présence de nombreux madeireiros (exploitants forestiers illégaux). La TI Yanomami, située dans les deux État d’Amazonas et de Roraima, est la septième des vingt-cinq TI les plus touchées par la déforestation. Sa forêt a été réduite de 7,97 km2 en 2020. Elle en avait déjà perdu 3,89 km2 en 2019. Le déboisement, qui a plus que doublé en un an, est lié à l’activité des garimpeiros (orpailleurs illégaux). Á la déforestation, ceux-ci ajoutent la pollution des eaux et la violence contre les populations dans les zones qu’ils ont envahies.

    Cette déforestation, souvent exercée avec violence, est en grande partie illégale. En 2020, pour l’ensemble du Brésil, les auteurs de l’étude ont identifié 74'246 alertes de déforestation dont 74’098 (99,84%) avec des indices d’irrégularité ou d’illégalité. Cela concerne 13’706,45 km2 (98,94 %) des 13’853,29 km2 déboisés. Pour l’Amazonie, 58'878 (98,88%) des 58'949 alertes reçues comportent des indices d’irrégularité ou d’illégalité. Cela concerne 8’381,89 km2 des 8'429,94 km2 déboisés. Les terres devenues libres de forêt suscitent l’intérêt de l’agro-industrie, un secteur très puissant au parlement. Les coupes de bois alimentent un important commerce international en grande partie illégal (3), impliquant de nombreux acteurs… Un commerce auquel Jair Bolsonaro a fait allusion à l’occasion de la rencontre des leaders BRICS (4) en novembre 2020. Plus largement, l’importance de la déforestation, notamment celle de l’Amazonie et son influence sur le climat mondial, porte atteinte à la réputation du Brésil, premier responsable de cette situation. Elle interroge les États et groupes d’États négociant les accords de libre-échange avec le Mercosur. Elle provoque des oppositions pour l’entrée de ce pays dans l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques – OCDE. En avril dernier, à l’occasion du sommet sur le climat convoqué par Joe Biden, Jair Bolsonaro avait annoncé son intention de mettre un terme à la déforestation illégale en 2030 (5). En 2020, il avait déjà autorisé le recours à l’armée pour lutter contre les incendies en Amazonie. Autorisation renouvelée cette année par un décret du 28 juin. De son côté, le Vice-président de la république, Hamilton Mourão qui est à la tête du Conseil national de l’Amazonie légale a signé – aussi en avril 2021 - une résolution créant un « Plan Amazônie 2021/2022 ». L’objectif est de réduire d’ici à la fin 2022, à la moyenne historique des années 2016 à 2020, les actes illicites, particulièrement les incendies et le déboisement illégal. Cela en priorité dans onze communes de quatre États amazoniens. Il s’agit également d’assurer l’engagement fédéral dans les actions de protection, de préservation et de développement soutenable en Amazonie légale. Cela dans un contexte de restrictions budgétaires qui touchent les organes de surveillance des forêts.

    Les dernières nouvelles sur le front de la déforestation ne sont pas bonnes : en ce début juillet, l’INPE a publié ses observations pour le premier semestre 2021 : en Amazonie les alertes à la déforestation concernent 3'325,41 km2, ce qui en fait le record de ces six dernières années !

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    (1) MapaBiomas est une initiative du Système d’évaluation des émissions de gaz à effets de serre du Brésil – SEEG de l’Observatoire du climat. Le rapport est produit par un réseau collaboratif composé d’ONGs, d’Universités et autres entités. Plus d’une dizaine d’institutions apportent leur appui financier. Site : https://mapbiomas.org/quem-somos

    (2) Les six biomes du Brésil : Amazonie, Caatinga, Cerrado, Mata Atlantica, Pampa et Pantanal.

    (3) Dénoncé par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et Amazon Watch. Voir sur ce blog la note du 15 novembre 2020

    (4) BRICS > Groupe d’États formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud.

     (5) Voir sur ce blog, les notes du 9 mai 2021 et du 31 janvier 2020

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

  • Brésil : Bolsonaro sur les Terres Indigènes Yanomami et Balaio

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    Les 27 et 28 mai derniers, le Président de la République, Jair Bolsonaro était en déplacement dans l’Ouest de l’Amazonie, plus exactement dans la municipalité de São Gabriel de Cachoeira. Au programme : l’inauguration d’un pont et une rencontre avec des Yanomami de Maturacá.

    Le pont mis en service est de taille modeste : un ouvrage en bois de 18 mètres de long et 6 mètres de large. Il a été réalisé par l’armée en remplacement d’un pont - également en bois - devenu inutilisable. Il enjambe un igarapé (une petite rivière). Il facilite grandement la liaison routière entre la communauté indigène de Balaio et un poste de l’armée situé à Maturacá au chef-lieu de la Commune de São Gabriel da Cachoeira, à 91 kilomètres de là. C’est la localité la plus proche où trouver de nombreux commerces et services. Un communiqué du Ministère de la défense fait écho à l’événement : Le Président a relevé que « l’ouvrage est petit par sa taille, mais qu’il est grand par son impact social ». Le Ministre de la défense, Walter Braga Netto a souligné que « … la construction de ce pont apporte le développement à une population oubliée dans le Brésil. Il est nécessaire d‘apporter l’État brésilien dans cette zone reculée du pays ».

    La rencontre du Président avec les Yanomami a eu lieu à Maturacá, dans les locaux du 5e Peloton Spécial de Frontière de l’armée – 5e PEF qui est en Terre Yanomami. Une courte vidéo (3’41’’), publiée sur Facebook le 30 mai, montre le Président écouter trois leaders des communautés Yanomami locales, mais aussi un représentant de l’Association Yanomami du Rio Cauaburis et affluents – AYRCA et une représentante l’Association des Femmes Yanomami Kumirayoma – AMYK. Dans une courte allocution (1’32’’), le Président a affirmé son intention de respecter la volonté des communautés : « … Si vous ne voulez pas d’exploitation minière, il n’y aura pas d’exploitation minière !». La vidéo se termine par ces mots : « Nous respectons les communautés indigènes »

    La Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro – FOIRN a manifesté son insatisfaction. Elle reproche notamment au Président de ne pas avoir rencontré les institutions qui ont le plus aidé à combattre la pandémie de la Covid-19 et de ne pas avoir fait mention au combat contre les orpailleurs illégaux, le narcotrafic et autres problèmes graves qui dévastent les terres indigènes.

    En effet, le Président ne peut ignorer les récents événements survenus à quelques centaines de kilomètres dans la communauté Yanomami de Palimiú menacée par des garimpeiros (orpailleurs illégaux). Il est sans doute informé des violences commises - également par des garimpeiros - contre les indigènes Munduruku (dans l’État du Pará). Dans les deux cas, les garimpeiros n’ont pas été évacués malgré les demandes de la justice et des organisations indigènes*.

    Selon la FOIRN, Jair Bolsonaro prépare sa campagne électorale de 2022 !

    *Voir sur ce blog, la note du 28 mai dernier.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

  • Brésil : les Indigènes sont plus nombreux dans les conseils municipaux

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    Dans la très grande majorité des 5'568 communes du Brésil, les citoyens ont eu connaissance de la composition de leurs autorités municipales au soir du 15 novembre. Il y a eu un second tour le 29 novembre dans 57 des 95 communes de plus de 200'000 habitants.

    À propos des résultats, une première remarque s’impose : les chiffres sont indicatifs, ils varient selon les sources et la date d’actualisation, y compris ceux - officiels - du Tribunal Supérieur Électoral – TSE. Ainsi, dans la ventilation selon le critère « Couleur ou Race » (1), celui-ci est « Sans information » pour 626 élus.

    Les élus indigènes

    Cette année, pour l’ensemble du Brésil, le Tribunal avait reçu 2'216 candidatures indigènes (2). 190 d’entre eux ont été élu-e-s, dont 8 dans la fonction de maires, 10 comme maires-adjoints et 172 comme conseillers municipaux.

    Pour rappel, en 2016 (3), le TSE avait reçu 1'715 candidatures indigènes, 184 avaient été élus, dont 6 comme maires, 10 maires-adjoints. Il y a vingt ans, aux élections municipales de l’an 2000 (4), environ 350 indigènes avaient été candidats. 83 avaient été élus, dont 1 comme maire, 6 comme maires-adjoints et 76 à la fonction de conseillers municipaux.

    Pour les élections de cette année l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, dans un relevé partiel du 23 novembre, annonce avoir pointé 236 élu-e-s indigènes originaires de 71 peuples dont 214 conseillers municipaux, 10 comme maires et 12 maires-adjoints. La différence avec les chiffres du TSE est particulièrement marquée. Mais d’élections en élections, le nombre de candidats et d’élus indigènes a toujours progressé.

    En Amazonie

    Dans les neuf États de l’Amazonie légale (5), selon le TSE, nonante-trois indigènes ont été élus, dont 4 comme maires, sept comme maires-adjoints et quatre-vingt-deux comme conseillers municipaux. Ces élus se sont présentés sur des listes de 21 partis différents (6).

    Toujours pour cette partie du Brésil, daté du 20 novembre et à partir de diverses sources, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a réalisé un pointage provisoire des élu(e)s indigènes. Elle en a compté 116 (dont 21 femmes) Et cela dans 55 des 808 communes de cette partie du pays. Ils, ou elles, représentent 45 peuples. Quatre ont été élus maires, neuf maires-adjoints, 103 conseiller-ère-s municipaux.

    Ces élu-e-s sont affiliés à une vingtaine de partis politiques différents, Seize sont inscrits au Mouvement Démocratique Brésilien – MDB, et autant au Parti Social Démocratique – PSD. Aucun élu n’est affilié au Parti Socialisme et Liberté – PSOL, étiquette sous laquelle Sônia Bone Guajajara s’est présentée à l’élection présidentielle de 2018. Dans l’État de Roraima, trois indigènes ont porté les couleurs du parti Rede Sustentabilidade – REDE (Réseau soutenable) sous lesquelles Joênia Wapichana a gagné son siège à la Chambre des Députés en 2018. Parmi eux, Mário Nicácio, membre de la Coordination Exécutive de la COIAB, a été élu maire-adjoint dans la commune de Bonfim.

    Dans la commune de São Gabriel da Cachoeira (État d’Amazonas) considérée comme la plus indigène du Brésil, 12 des 15 élus sont des indigènes. Clóvis Curubão a été réélu maire, et Eliane Falcão a été élue maire-adjointe. Déjà aux élections d’octobre 2008, un indigène avait été élu maire.

    Souvent minoritaires dans les exécutifs et législatifs communaux les élus indigènes ont un important défi à relever : celui de faire valoir les droits des peuples qu’ils représentent. Et maintenant dans un contexte plutôt hostile.

                                                                         ***

    (1)Il s’agit d’une auto-déclaration obligatoire - mais pas systématiquement contrôlée - des candidats qui se rangent dans l’une ou l’autre catégorie : Blanc, Métisse, Noir, Jaune, Indigène, ou ne donnent aucune indication et sont classés « Sans Information ».

    (2)Voir sur ce blog, la note du 2 novembre 2020

    (3)Voir sur ce blog, la note du 17 octobre 2016

    (4)«Povos Indígenas no Brasil 1996/2000» p. 215 / Instituto Socioambiental / ISA (São Paulo) / ISBN 85-994-09-6

    (5)L’Amazonie légale est composée de neuf États : Acre, Amazonas, Amapá, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins et une partie du Maranhão.

    (6)33 partis politiques sont enregistrés auprès du TSE au niveau national.

                                                                        ***

    PS 1 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 135, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    PS 2 - Aux lecteurs de ce blog : un grand merci de votre intérêt pour la cause des peuples autochtones. AYA et l’auteur de ces notes souhaitent que chacune et chacun d’entre vous vive ces prochaines fêtes et la nouvelle année au plus près de ses vœux.

  • Brésil : Les Indigènes plus nombreux à se présenter aux élections municipales

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    Les 15 et 29 novembre prochains les citoyens brésiliens sont appelés à élire, pour les quatre ans à venir (2021-2025), les membres des conseils municipaux, les maires et adjoints des 5'568 communes du pays. Le Tribunal Supérieur Électoral – TSE a déjà publié un état des candidatures. Au 30 octobre, il a été saisi de 557’345 demandes de candidatures, contre 496'927 lors du dernier scrutin de 2016*, soit une augmentation de 12 %.

    Au Brésil, les postulants déclarent eux-mêmes appartenir à l’une des cinq catégories (couleur/race) utilisées par le très officiel Institut Brésilien de Géographie et de Statistique – IBGE : jaune, blanc, indigène, mulâtre ou noir. Dans le pays, lors du recensement de 2010, les indigènes représentaient environ 0,4 % de la population totale.

    Pour ces prochaines élections, le TSE a reçu 2'215 candidatures « Indigènes », soit 0,40 % du total. (En 2016, il y en avait eu 1’715 soit 0,35%). En nombre absolus (+ 500), l’augmentation du nombre de candidatures indigènes est de 29 %.

    Parmi celles-ci, 729, soit un tiers, sont des femmes. Les tranches d’âge les plus représentées sont les 30-39 ans (674 ou 30,5 %), les 40-49 ans (752 ou 33,9 %). La moitié des candidatures (1'113) concerne des municipalités de l’Amazonie légale**. La grande majorité (2'099), postule pour un poste de Conseiller municipal. Une quarantaine vise une place de maire et 76 de maire-adjoint. Les candidats indigènes se présentent sur des listes de 32 partis politiques différents. La plus grande partie, 835, appartiennent à des partis connus pour soutenir le gouvernement. Les partis d’opposition sont choisis par 489 candidats ; dont le plus grand nombre, 264, sous l’étiquette du Parti des Travailleurs – PT. Le parti REDE de Joênia Wapichana – la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue députée - est choisi par 78 candidats. Et le Parti Socialisme et Liberté - PSOL, le parti sous lequel Sônia Guajajara avait présenté sa candidature à la Vice-présidence de la République est choisi par 46 candidats. À propos de cette diversité, dans le texte de lancement de la campagne, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB fait remarquer que « La réalité de la politique partidaire, surtout dans les milliers de municipalités distantes des centres urbains, est bien distincte des contextes des grandes capitales. Beaucoup d’alliances locales peuvent relever de contextes différents des visions politiques au niveau national. » Dans le Manifeste qu’elle adresse aux peuples, organisations et leaders indigènes, l’APIB affirme vouloir renforcer la démocratie : « Nous avons, nous peuples indigènes, à occuper ces espaces pour développer une véritable démocratie représentative, participative et populaire… » Plusieurs sites*** appuient déjà les candidatures indigènes. À suivre !

                                                                                  ***

    *Voir sur ce blog, la note du 17 octobre 2016

    **L’Amazonie légale est composée de neuf États : Acre, Amazonas, Amapá, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins et une partie du Maranhão.

    ***Voir Campanha indígena, Mídia Ninja, Midia India et Candidate-se

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 134, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Amazonie : En plus de la déforestation, la canne à sucre.

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Cerrado, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, INPE, Desmatamento, déforestation, Pará, Roraima, Maranhão, Acre, Mato Grosso, Rondônia, ISA, Instituto Socioambiental, BR-364, BR-163, BR-319, PPCDAm, Plano de Ação para Prevenção e Controle do Desmatamento, Jair Bolsonaro, Cana-de-açúcar, Canne à sucre, Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia, INPA, Lucas Ferrante, Ministério Público Federal, Comissão Pastoral da Terra, CPT, CNBB, Public Eye, Association Européenne de Libre Échange, AELE, Initiative fédérale Entreprises responsablesÀ mi-novembre 2019, l’Institut National (brésilien) d’Enquêtes Spatiales (INPE) a diffusé l’estimation du taux de déforestation en Amazonie légale pour la période allant d’août 2018 à juillet 2019 : 9’762 km2, soit une augmentation de 29,54% par rapport aux douze mois précédents où la déforestation avait été 7'536 km2. C’est l’État du Pará qui a perdu le plus de forêt : 3'862 km2. L’État de Roraima a connu la plus forte différence entre les deux périodes : 617 km2 en 2019 pour 195 km2 en 2018, soit une variation de 216,4 %.

    Une étude de l’Institut Socio-environnemental – ISA de São Paulo, publiée en décembre dernier, montre que les taux les plus élevés de déforestation forment un « arc de déforestation » qui va d’Est en Ouest, des États du Maranhão et du Pará jusqu’à l’État d’Acre en passant par les États du Mato Grosso et Rondônia. ISA relève l’importance de la déforestation à proximité de plusieurs routes fédérales, notamment les BR-364, BR-163 et BR-319. Il a calculé que 75% de la déforestation est observé sur le territoire de 256 municipalités. Dix-neuf d’entre-elles ne sont pas sur la liste du Ministère de l’environnement comme étant prioritaires dans la lutte contre la déforestation. ISA relève également l’augmentation de la taille moyenne des aires détruites, signe pour l’Institut que les auteurs de cette déforestation ont un pouvoir d’achat important. Toujours selon ISA, cette expansion correspond aux municipalités où des représentants du gouvernement ont promis des mesures d’allègement de la surveillance de l’environnement. Il reproche au gouvernement d’avoir abandonné le Plan d’action pour la Prévention et le Contrôle de la Déforestation en Amazonie légale – PPCDAm créé en 2004 dont il demande la reprise. Il note que le recours aux forces armées, en août 2019, a permis la réduction des incendies et de la déforestation.

    Mais une autre source d’inquiétude concernant l’Amazonie est née avec l’annulation, par Jair Bolsonaro le 5 novembre dernier, d’un décret de septembre 2009 qui y empêchait la culture de la canne à sucre. En 2011 déjà, au Sénat fédéral, un projet de loi voulait autoriser cette culture dans une partie du Cerrado et de l’Amazonie. Un projet classé en 2018. Le 11 novembre, un scientifique, Lucas Ferrante, doctorant à l’Institut National de Recherche de l’Amazonie – INPA, a dénoncé la décision présidentielle au Ministère Public Fédéral. Pour le chercheur cette décision « Est un crime de lèse-patrie qui affecte non seulement la plus grande forêt tropicale du monde et sa biodiversité, mais aussi les services environnementaux essentiels pour le maintien de l’approvisionnement humain et l’agriculture des régions Sud et Sud-Est du Brésil. L’impact affectera la capacité agricole du pays ». Dans un communiqué du 14 novembre 2019, la Commission Pastorale de la Terre – CPT liée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB, affirme que « Cette autorisation représente plus de violence, de mort et de destruction pour les peuples et les biomes atteints. Elle va aussi contribuer à la réduction des pluies fournies par les rivières volantes chargées de l’humidité du bassin amazonien vers les régions Ouest, Sud-est et Sud du Brésil ». Á suivre…

    La déforestation de l’Amazonie a trouvé un écho en Suisse. Notre pays est l’une des principales plateformes mondiales du négoce des matières premières. Plusieurs de ces acteurs ont des relations d’affaires importantes avec le Brésil et l’Amazonie. Une réalité que vient de rappeler « Public Eye » dans l’édition de janvier de son magazine (No 21). La Suisse, comme membre de l’Association Européenne de Libre Échange – AELE a négocié un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur dont le Brésil fait partie. Une coalition d’ONG suisses demande que cet accord contienne des garanties en matière de protection des droits humains et environnementaux. Elles envisagent de lancer un référendum si le traité est insatisfaisant. Est également en cours de discussion l’initiative «Multinationales responsables». Il y a là deux moyens de réduire les dangers pesant sur la forêt amazonienne et les peuples qui veulent la protéger. A voir comment notre pays va répondre à l’appel des peuples autochtones brésiliens venus solliciter la solidarité des Suisses en novembre dernier.

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    Illustration © ISA / source Inpe : La nouvelle frontière de la destruction. Le nouvel arc de déforestation en Amazonie met en danger la plus grande forêt tropicale de la planète. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Sur ce blog, plusieurs billets ont déjà publié les statistiques de l’INPE sur la déforestation. Voir les notes du 30 novembre 2012, 17 avril 2014, 5 décembre 2014, 14 mai 2015 , 10 décembre 2016  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Les peuples indigènes en résistance

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    Mais les peuples indigènes ne sont pas restés inactifs. Ils ont multiplié les moments de protestation, les rencontres avec les autorités et les autres mouvements sociaux du pays ; envoyé des délégations dans les pays européens, y compris en Suisse et à la dernière COP 25 à Madrid pour faire connaître leur situation et demander des gestes de solidarité. À relever deux rencontres qui ont été organisées dans des zones particulièrement sensibles de l’Amazonie.

    D’abord celle qui a eu lieu sur le campus d’Altamira de l’Université Fédérale de l’État du Pará les 17, 18 et 19 novembre. La région subit les conséquences de la centrale hydroélectrique de Belo Monte construite sur le rio Xingu. Les habitants y redoutent encore le projet d’une entreprise canadienne d’exploiter « Belo Sun », une mine d’or à ciel ouvert. Cette inquiétante réalité a incité un collectif de vingt-cinq organisations (associations de femmes, de riverains, de pêcheurs, de défenseurs des droits humains, d’écologistes, de membres de l’Église catholique, de leaders indigènes, de scientifiques et autres personnalités à s’unir et à manifester leur volonté de défendre la forêt amazonienne et ses habitants. La réunion, intitulée « Amazonie, Centre du Monde »  a vu la participation d’environ trois cents personnes. Les débats ont abouti à l’adoption d’un texte, un « Manifeste » devant harmoniser l’action de défense de l’Amazonie. Le document commence par rappeler le rôle de la forêt amazonienne : « Sans maintenir vivante la plus grande forêt tropicale de la planète, il n’y a pas la possibilité de contrôler le super réchauffement global. L’évaporation produite par la forêt libère dans l’atmosphère 20 milliards de tonnes d’eau chaque 24 heures. La forêt crée des rivières volantes  au-dessus de nos têtes plus importantes que l’Amazone. La sueur de la forêt sauve la planète tous les jours. Mais cette forêt est en train d'être rapidement détruite par un développement prédateur et risque d'atteindre un point de non-retour dans quelques années. » Face à la catastrophe en cours, les signataires affirment avoir surmonté les barrières et les obstacles pour unir leurs voix autour d'un objectif commun : « Sauver la forêt et combattre l'extinction des vies sur la planète. » […] Nous savons que la forêt n’existera que si les peuples de la forêt existent. Nous serons ensemble dans les luttes de toutes les Amazonies. Nous serons là où la forêt saigne. Nous lutterons contre toutes les formes de mort. » Pour conclure, les auteurs résument ainsi leur axe de travail : « Nous voulons « amazoniser » le monde et nous « amazoniser » nous-mêmes. Orientés par les peuples de la forêt, nous voulons refonder l’humain et imaginer un futur où nous puissions vivre. »

    Quelques jours plus tard, au début décembre, à Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas, plusieurs centaines d’indigènes représentant 42 peuples et 39 organisations étaient réunis pour la « 5e Marche des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Une manifestation organisée par le Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA. Deux textes, reflétant leurs préoccupations, ont été approuvés par les participants.

    Le premier est une « Déclaration de principes des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Ils rappellent six caractéristiques qui les distinguent collectivement et individuellement : 1.- Le Bien vivre entre les personnes, marqué par la coexistence avec les autres êtres de la nature, dans le profond respect pour la terre, son usage collectif et les projets de vie de chaque peuple. 2.- L’autodétermination et la liberté de chaque peuple de décider de sa forme d’organisation, de ses droits économiques sociaux et culturels. 3.- Le droit pour chaque peuple d’être le protagoniste de ses transformations. 4.- Le caractère sacré et inviolable du Territoire, indispensable pour la reproduction physique et culturelle, la sécurité présente et future de nos peuples. 5.- Le droit, comme peuples originaires, à avoir une identité et une diversité propres. Chaque membre d’un peuple est reconnu par celui-ci parce qu’il maintient avec lui des liens historico-culturels, territoriaux et linguistiques. En retour, cette appartenance est aussi faite de la loyauté envers le peuple qui vous reconnaît comme l’un des siens. 6.- Le fait d’être sur une unique planète et dans un monde où tout est interconnecté, le Bien Vivre de tous passe par la construction d’alliances basées sur le respect et dans le dialogue interculturel. L’unité, la capacité de mobilisation du mouvement indigène et la constitution d’alliances sont indispensables pour forger la force politique pour la concrétisation de nos droits comme peuples et dans le dialogue avec l’État.

    Le deuxième texte est une « Lettre ouverte » au début de laquelle il est rappelé qu’ils viennent des différents rios de cet immense État pour se joindre aux indigènes de la cité afin d’exprimer leur insatisfaction en raison des orientations anti-indigènes des politiques adoptées par le Gouvernement fédéral et celui de l’État d’Amazonas : « Nous sommes dans la capitale pour dénoncer cette politique qui a pour principe la violation des droits des peuples indigènes… » Et d’énumérer différents exemples de promesses non tenues, d’absence de dialogue, de restrictions budgétaires… De dénoncer l’action de personnes se disant du mouvement indigène, mais qui soutiennent propositions avec lesquelles celui-ci n’est pas d’accord…. Les signataires déclarent en avoir assez de la violence à leur encontre, de la persécution, de la criminalisation et l’assassinat de leaders. Ils réitèrent leur volonté de maintenir leur autonomie sur leurs terres, leur refus de l’exploitation minière et de l’orpaillage qui détruisent la forêt, polluent les rivières. Ils réclament la protection des peuples isolés, mais aussi des politiques publiques spécifiques pour les indigènes vivant dans les villes. À l’État d’Amazonas, ils demandent à participer à l’élaboration d’un plan – doté d’un budget - qui réponde aux demandes des communautés. Ils terminent leur lettre en affirmant leur disposition à se joindre aux autres secteurs de la société qui luttent pour la garantie des droits humains, sociaux et économiques, pour un projet de Bien Vivre en Amazonie, respectant la Mère Terre et la Maison Commune. « En continuant de lutter et rêver. Résister est nécessaire ! »

    Les Yanomami du rio Marauiaá, représentant leur association - Kurikama - étaient à Manaus pour participer à cette marche. Ils ont pu se réunir au siège de la SECOYA (le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI). Ils demandent une amélioration du Service de santé. D’autres Yanomami protestent contre l’invasion des garimpeiros (orpailleurs illégaux)

    Que sera 2020 pour la forêt amazonienne et les peuples qui l’habitent ? Déjà l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a fait savoir qu’au début 2020 elle allait se mobiliser pour défendre le service de santé indigène…

                                                                                ***

    Photos : En haut : Resistir é preciso > Résister est nécessaire. Ci-dessous, supérieure : Nós Yanomami não queremos o garimpo no nosso território > Nous Yanomami, nous ne voulons pas l’orpaillage dans notre territoire. Ci-dessous, inférieure : Exigimos melhora na assistência de saúde dos povos indígenas > Nous exigeons un meilleur service de santé pour les peuples indigènes. Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Association Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, AYA, rio Marauiá, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, COP 25, Madrid, Madri, Altamira, Université Fédérale, Universidade Federal, Pará, Estado, État, Belo Monte, rio Xingu, Belo Sun, Centre du Monde, Amazônia Centro do Mundo, rivières volantes, Rios Voadores, Amazonas, Marcha dos Povos Indígenas do Amazonas, Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA, Fórum de Educação Escolar Indígena do Amazonas, Carta aberta, Bem Viver, Mère Terre, Mãe Terra, Casa Comun, Maison commune

     

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Á Uni Mail : Populations autochtones et multinationales

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Peuples autochtones, Uni Mail, multinationales responsables, initiative fédérale, CUAE, Master TRANS, Haute école d’art et de design, Genève, HEAD, Cateté, Pará, Xikrin, Aurélien Fontanet, Aurélien Stoll, Loreto, Pérou, Marine Vasina, E-Changer, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, AYA, Fédération vaudoise de coopération, Fédération genevoise de coopération, Université de Genève

    C’est connu, la colonisation a eu des conséquences désastreuses, surtout en termes démographiques, pour les « peuples premiers » occupants de l’Amérique. Cependant, la résistance qu’ils ont opposée aux conquérants européens leur a permis de conserver – notamment en Amazonie – leur culture, leur mode de vie. Mais, les richesses minières du sous-sol amazonien excitent maintenant l’appétit des grandes entreprises nationales ou multinationales. Deux exemples : l’exploitation du nickel, dans l’État brésilien du Pará, et du pétrole dans la province péruvienne de Loreto portent atteinte à la santé des indigènes.

    Pour les peuples autochtones, empêcher la destruction de leur cadre de vie, la Terre-Mère est vital. Il sera question de la solidarité qu’il est possible de leur manifester lors de la rencontre de ce 15 novembre, organisée par plusieurs entités (voir ci-dessus). Cette table ronde a pour toile de fond l’initiative fédérale « Pour des multinationales responsables » toujours en attente de votation.

    Invitation à tous !

    PS : cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

  • Un médecin au service des indigènes depuis plus de cinquante ans

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, diabète mellitus de type 2, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-Prex, OIT, Convention 169, Pará, rio Cateté, rio Itacaiunas, métaux lourds, metais pesados, Fernando Henrique Cardoso, Complexo Eliezer Batista, Djudjê-Kô, Cateté, Oodjã, S11D, Aurélien Fontanet, René Fuerst João Paulo Botelho Vieira Filho (84 ans) est médecin, spécialiste en endocrinologie clinique, étudiant puis professeur à l’École de médecine de l’Université Fédérale de São Paulo. Son histoire de vie (1) est celle d’un véritable sacerdoce exercé depuis 1965 auprès d’une dizaine peuples de l’Amazonie brésilienne centrale et orientale. Il est l’auteur de nombreux articles et rapports scientifiques particulièrement consacrés au diabète mellitus de type 2 touchant les autochtones. Une épidémie pandémique causant obésité et surpoids, complications vasculaires, rénales, oculaires et nerveuses. Obligeant parfois à pratiquer des amputations. À l’origine : des facteurs génétiques ! Selon le médecin, les organismes des indigènes sont génétiquement marqués par des millénaires d’alimentation issue de la chasse, de la cueillette, de cultures de subsistance et d’activité physique. L’actuel abandon - par de nombreux peuples autochtones - de la diète traditionnelle pour passer à la diète « occidentale » hautement calorique avec une forte teneur en sucre et graisses et un mode de vie plus sédentaire est un désastre. Le docteur demande aux autorités de modifier le « panier de base » et les « goûters scolaires » qu’elles fournissent aux minorités génétiquement différentes.

    Le Dr Botelho a aussi été un pionnier pour la vaccination des indigènes contre plusieurs affections : tuberculose, diphtérie, tétanos, paralysie infantile, rougeole, coqueluche et variole. Plus récemment, il a vacciné des fillettes de 9 et 10 ans contre le papillomavirus.

    Son intervention chez les Xikrin (2) de la Terre Indigène (TI) Xikrin do Cateté a été essentielle pour la survie de ce peuple. Il a contribué à sa quasi renaissance démographique : d’à peine une centaine quand il les a connus en 1967, ils sont maintenant environ 1460.

    Son action est encore importante. Elle va au-delà du problème du diabète. La vie de ces Xikrin est encore menacée (3). Les sites de production de la multinationale Vale SA (4) polluent en métaux lourds les deux rios Cateté et Itacaiunas d’importance vitale pour les habitants des trois villages Xikrin construits sur leurs rives. Le Dr Botelho a maintes fois attiré l’attention des autorités sur cette situation. À plusieurs reprises ses rapports ont servi de base pour des actions en justice. En 2017, un tribunal a fait cesser l’activité du site « Onça Puma ». Le 13 septembre dernier, Vale SA a publié une information selon laquelle le président du Tribunal Suprême Fédéral avait autorisé la reprise de l’activité sur ce site. À suivre !

    Aidé par le photographe et vidéaste genevois, Aurélien Fontanet (5), le docteur utilise maintenant les réseaux sociaux. Il s’exprime (en portugais) sur une chaîne YouTube.

    João Paulo Botelho Vieira Filho est, de longue date, un allié fidèle et précieux des peuples indigènes. Chapeau !

                                                                                     ***

    (1)Un livre (en portugais) : “Reminiscências de um médico na convivência com índios da Amazônia durante 53 anos (1965 – 2018)” / João Paulo Botelho Vieira Filho / Editora Kelps / Goiânia / 2018 / 180 p. ISBN : 978–85–400-2629-2 / (2) Prononcer « Chikrine » / (3) Voir sur ce blog les notes du 6 septembre 2018, 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / (4) Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève. / (5) Aurélien Fontanet a créé un site internet et formé des Xikrin permettant à ces derniers de s’exprimer.

    Photo : © Aurélien Fontanet. À gauche, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, à droite Aurélien Fontanet. Au fond, à gauche, le rio Cateté. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • René Fuerst : Amazonie, vingt belles années (1955 – 1975)

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Yanomami, Pará, Kayapó, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Hommes oiseaux, Père Caron, Curé d'Indiens, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, Carouge, Genève, Flux Laboratory, CICR, MEG, Musée d’Ethnographie, Genève« Qui brave la pluie se mouille ! » Ainsi commence l’ouvrage* que vient de publier René Fuerst, l’ethnologue genevois de 86 ans. C’en est aussi le titre du dernier chapitre où il raconte comment et pourquoi le troisième Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, le Général de Réserve, Ismarth Araújo de Oliveira, lui interdit, en juillet 1975, l’accès aux aires indigènes du pays. Il avait publiquement critiqué la politique indigéniste de l’État brésilien.

    Dès 1955, ce chercheur était allé à la rencontre de plusieurs peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne. Notamment chez le Xirin du Cateté et les Yanomami du rio Demini. Il l’a fait pour le Musée d’Ethnographie de Genève - MEG, mais aussi pour le Comité International de la Croix Rouge – CICR. Il avait perçu le risque d’un véritable génocide déjà couru par ces peuples.

    De son expérience amazonienne, l’ethnologue en fait le sous-titre de son livre : « Vingt belles années (1955 -1975) ». En 1998 déjà, dans son ouvrage « Adieu l’Amazonie », édité par le MEG, il avait qualifié les années passées dans cette partie du Brésil comme étant les plus belles de sa vie !**

    S’être ainsi fortement « mouillé » pour les autochtones, et s’en être vu sanctionné, se révèle être la satisfaction de sa riche existence. L’auteur a déjà largement partagé ses connaissances avec le public par ses précédents ouvrages, les nombreux objets rapportés au MEG et des expositions***.

    La publication de ce livre arrive au moment où les incendies qui ravagent la forêt amazonienne mettent en danger le cadre de vie des autochtones déjà menacé par le gouvernement brésilien. De nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Brésil et à l’étranger, dont deux à Genève !

                                                                                      ***

    *L’ouvrage : « Indiens d’Amazonie - Vingt belles années (1955 – 1975) » ISBN No 978-88-7439-870-6 / Edition : 5 Continents / Milan – 143 p. Texte et photographies (plus de soixante photos noir-blanc) de René Fuerst.

    **« Les plus belles années de ma vie », c’est aussi un chapitre du livre « Adieu l’Amazonie » publié en 1998 par le Musée d’Ethnographie de Genève – MEG.

     *** En 2014, à l’occasion d’une exposition « Cinquante ans après », les photos de René Fuerst prises chez les Xikrin en 1963 sont mises en regard avec celles faites par Aurélien Fontanet chez les mêmes Xikrin en 2013. Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014.

    Illustration : 1ère de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pou en agrandir la taille.

                                                                              ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Un « Front de défense des droits des peuples indigènes » est créé au parlement

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Joênia Batista de Carvalho, Joênia Wapichana, Frente parlamentar mista em defesa dos direitos dos povos indígenas, FPMDDPI, Acre, AC, Amapá, AP, Amazonas, AM, Maranhão, MA, Mato Grosso, MT, Pará, PA, Rondônia, RO, Roraima, RR, Tocantins, TO, Distrito Federal, Câmara dos Deputados, Senado, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Senador, senadora, deputado, deputada, agropecuáriaSous l’impulsion de la première femme indigène élue à la Chambre des députés, Joênia Wapichana (1) , un « Front Parlementaire Mixte (2) de Défense des Droits des Peuples Indigènes - FPMDDPI » a été créé le 28 mars, et lancé le 4 avril dernier à la Chambre des Députés à Brasilia (3).

    Il s’agit, pour son initiatrice, de défendre les droits des peuples indigènes garantis par la Constitution fédérale de 1988, d’améliorer la législation et les politiques publiques qui en découlent. Un véritable défi dans la conjoncture politique actuelle.

    Au parlement brésilien (4), la Chambre des Députés compte 513 membres et le Sénat 81 répartis dans une trentaine de partis politiques. Le Front pro-indigènes compte 210 Députés et Députées appartenant à 25 partis, représentant 26 États de l’Union et du District fédéral (Brasilia). Et les 27 Sénateurs et Sénatrices qui y ont adhéré sont de 12 partis différents et ils sont originaires de 16 États et du District fédéral.

    Minoritaire, le Front est cependant représentatif des différentes régions du Brésil. Mais il y a seulement 45 représentants des 9 États amazoniens (5). Le Parti des Travailleurs - PT, avec 51 députés et 3 sénateurs est le parti le plus représenté dans le Front. Il est suivi par le Parti Socialiste Brésilien – PSB avec 29 députés et 3 sénateurs.

    Les femmes y ont une place non négligeable. Parmi les 77 Députées élues en octobre dernier, 48 ont adhéré au « Front », dont 7 viennent d’Amazonie. Trois Sénatrices en sont membre, mais elles représentent d’autres États d’autres régions du pays que l’Amazonie.

    A titre indicatif, le Front parlementaire « Agropecuária – FPA » qui défend les intérêts de l’agrobusiness, souvent opposés à ceux des Indigènes, compte 225 Députés et 36 Sénateurs. À relever que des parlementaires s’inscrivent dans plusieurs « Fronts » dont les objectifs ne sont manifestement pas convergents.

    Dans les deux législatures précédentes 2011- 2015 et 2015 - 2019, il y a déjà eu un « Front parlementaire d’appui aux Peuples Indigènes » à la Chambre des Députés, mais leurs membres ont travaillé dans un contexte moins tendu qu’actuellement…

                                                                                     ***

    (1) Voir sur de blog les notes du 21 octobre et du 31 décembre 2018.

    (2) Mixte, parce qu’il est composé de membres de la Chambre des Députés et du Sénat

    (3) Il y a plus d’une centaine de ces « Fronts » constitués à la Chambre des Députés au début avril 2019.

    (4) La Chambre des Députés compte 513 élus pour 4 ans, et le Sénat 81 élus pour 8 ans.

    (5) États de l’Amazonie légale brésilienne : Acre – AC, Amapá – AP, Amazonas – AM, Maranhão – MA (partiellement), Mato Grosso – MT, Pará – PA, Rondônia – RO, Roraima – RR, Tocantins - TO

    Photo © Adilvane Spezia / CIMI : À gauche, Joênia Wapichana lors du lancement du « Front de défense des Droits des Peuples Indigènes ». Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2