pdl no 1772021

  • Brasilia : des milliers de femmes indigènes manifestent pour la vie

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    Alors qu’elles étaient dans la capitale fédérale, le 9 septembre, le Tribunal Suprême Fédéral – STF poursuivait le jugement opposant un groupe de fazendeiros, soutenu par le gouvernement de l’État de Santa Catarina, au peuple Xokleng. Un conflit dit de la « Marque temporelle » relatif à la démarcation de la Terre Indigène (TI) Ibirama-La-Klano. Le STF - qui avait annoncé que sa décision aurait une portée générale - doit dire si la démarcation (la protection officielle) d’une TI est possible même si elle n’était pas occupée au moment de l’adoption de la Constitution en 1988. Ce jour-là le juge rapporteur de la cause, Edson Fachin, s’est prononcé contre cette limitation. Ce qui a réjoui les indigènes venus suivre les débats sur un écran géant.**

    La marche prévue le 9 septembre a été reportée au lendemain. Le cortège est passé par la place où, au matin du 20 avril 1997, un groupe de cinq jeunes à bouté le feu à un indigène - Galdino de Jesus dos Santos, 44 ans, Pataxo-hã-hã-hãe - qui dormait à un arrêt de bus. Le leader indigène n’a pas survécu à ses brûlures. Un mannequin à l’effigie de Bolsonaro y a été brûlé « Ensemble nous brûlons le racisme, la violence contre les femmes et pour que jamais plus un indigène soit brûlé vif dans ce pays. » dit Sônia Bone Guajajara, leader de l’APIB. Cette 2e marche des Femmes indigènes suit le Campement « Lutte pour la vie » qui a eu lieu également à Brasilia entre le 22 et le 28 août organisé par l’APIB**.

    Ces mobilisations ont une répercussion au niveau international. La situation des indigènes du Brésil préoccupe divers organes des Nations Unies. Le 25 août le Comité de l’ONU contre la Discrimination Raciale - CERD a questionné le Gouvernement brésilien sur sa politique en matière de non-discrimination, en particulier l’accès des peuples indigènes aux services de santé, y compris ceux qui vivent en dehors des Terres Indigènes. De son côté, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de l’ouverture – le 13 septembre - de la 48e session du Conseil des droits de l’homme s’est dite inquiète des attaques récentes effectuées par des garimpeiros contre les Yanomami et Munduruku***. Elle demande aux autorités brésiliennes de ne pas dénoncer la ratification de la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux comme le prévoit le Projet de Décret Législatif PDL No 177/2021 déposé le 27 avril 2021 par le député Alceu Moreira (MDB-RS).

    Comme jamais depuis de nombreuses années, les menaces qui pèsent sur l’avenir des peuples indigènes du Brésil ont été aussi graves. Mais ceux-ci sont décidés à défendre leurs droits.

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    *La première fois c’était en 2019.Voir sur ce blog, la note du 19 août 2019

    **Voir sur ce blog, la note du 30 août 2021. L’examen du différend s’est poursuivi le 15 septembre par le vote du ministre Nunes Marques qui s’est déclaré favorable à la « Marque temporelle ». Un autre juge, Alexandre de Moraes, a demandé plus de temps pour se décider. Le jugement est remis à une date ultérieure non fixée. Le 16 septembre, 150 leaders indigènes de 13 peuples différents ont adresser un courrier à ce juge lui demandant de s’opposer à la « marque temporelle » et la reprise rapide du jugement.

    ***Voir sur ce blog, la note du 28 mai 2021

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    Illustration : « 2e marche des femmes indigènes ».Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 139, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève – Attention : le No de CCP de AYA a changé, le nouveau no est le CCP 15-728614-8 et l’IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

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  • Brasilia : La police réprime une manifestation indigène

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    Les indigènes étaient là pour suivre la discussion du Projet de loi No 490/2007 (PL 490) par la Commission Constitution, Justice et Citoyenneté de la Chambre de Députés. La Commission examinait le rapport du Député Arthur Oliveira Maia. Il s’agit d’un texte qui porte gravement atteinte à leurs droits territoriaux. En particulier, il limite et remet en cause la démarcation des Terres Indigènes. Le 23 juin, la Commission a accepté ce projet par 40 voix contre 21. Il devrait être soumis en plénière de la Chambre à la fin de ce mois.

    Opposée à ce texte, la députée Joênia Wapichana, avocate, première femme indigène élue à la Chambre des députés a demandé un vote séparé. Elle relève la flagrante inconstitutionnalité du Projet de loi et l’absence de consultation des peuples indigènes. Elle trouve le moment totalement inopportun de soumettre ce projet au Congrès national alors que ce dernier devrait se consacrer à lutter contre la pandémie du covid-19 : « Il n’est pas concevable que la priorité soit de mobiliser le Congrès National pour retirer des droits à la partie la plus vulnérable de la population brésilienne ! »

    Pour l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Le PL 490 est un projet phare de Jair Bolsonaro et du groupe de pression qui dit représenter l’agrobusiness. Dans la pratique, s’il est approuvé par la Chambre, il va rendre impossible les nouvelles démarcations de Terres Indigènes, permettre l’annulation de la démarcation d’autres et en ouvrir à des activités prédatrices comme l’orpaillage, la construction de routes ou d’usines électriques. Selon notre évaluation, et celle de juristes, la proposition de loi est inconstitutionnelle ». Pour la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne - COIAB « Le PL 490 est la reprise du génocide dans ce pays. C’est une attaque à nos droits fondamentaux garantis dans l’article 231 de la Constitution Fédérale et dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. Une proposition complétement inconstitutionnelle prise sans consultation des populations affectées… »

    Plus de 170 organisations de la société civile ont signé une note de protestation : « Nous appuyons les Peuples indigènes dans leur lutte contre la destruction de la forêt, pour leur droit à leur terre ancestrale et, par-dessus tout leur droit constitutionnel de choisir leur mode de vie. »

    Depuis le 8 juin, à l’appel de l’Articulation des Peuples Indignes du Brésil – APIB, des représentants de nombreux peuples indigènes sont à Brasilia participent à un campement « Levante pela Terra » (Soulèvement pour la Terre) pour protester contre les nombreuses attaques dont ils sont l’objet, sous différentes formes dans les différentes parties du pays. Le 15 juin, l’APIB a publié un manifeste pour le droit des peuples autochtones à la vie et au territoire*. Une première partie demande l’interruption immédiate de toute mesure anti-autochtones au Congrès national, soit le classement de six projets de loi, dont le PL 490 et le Projet de Décret Législatif No 177/2021 qui autorise le Président de la république à dénoncer la Convention 169 de l’Organisation International du Travail. La deuxième partie s’adresse au Tribunal Suprême Fédéral qui doit se prononcer sur les conditions à respecter pour la démarcation des Terres Indigènes.

    Le 23 juin, des artistes, des juristes et personnalités diverses ont adressé une lettre ouverte au Tribunal Suprême Fédéral demandant la protection des droits des indigènes. Le public est appelé à signer cette lettre jusqu’au 29 juin.

    Les peuples indigènes brésiliens vivent un moment crucial de leur histoire !

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    *Voir la version française

    Illustration (Capture d’écran): PL 490 Mata > Le Projet de Loi 490 Tue. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

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