secretaria especial de saúde indígena

  • L’impact de la pandémie de la Covid-19 chez les Yanomami

    Imprimer

    Brésil, Brasil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Ye’kwana, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Covid-19, garimpeiros, orpailleurs, chercheurs d’or, Alvanei Xirixana, Rio Marauiá, Kurikama, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, SECOYA, AYA, Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, Rede Pro-Yanomami e Ye’kwana, Samuel Kohito, Santa Isabel do Rio Negro, Bruce Albert, OMS, Organisation Mondiale de la Santé, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples indigènes du Brésil, APIBEn Amazonie brésilienne, chez les Yanomami, c’est en avril dernier que la pandémie du Covid-19 a fait sa première victime : Alvanei Xirixana, un étudiant âgé de15 ans. Dans son relevé périodique, au 28 octobre, le Réseau Pro-Yanomami et Ye’kwana dénombrait, depuis le début de la pandémie, 1’202 cas confirmés, d’indigènes atteintes par le coronavirus et 10 décès confirmés, plus 13 décès suspects. De son côté, le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI a réalisé 1'270 tests (4,7% de la population), dont 895 (70,5%) se sont révélés positifs.

    Le Réseau vient de publier un rapport intitulé « Pandémie, les traces de la Covid-19 dans la Terre Indigène Yanomami et l’omission de l’État ». L’introduction de ce document est signé par le « Forum des leaders de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y». Cette entité créée en juin, mène une campagne pour l’évacuation des garimpeiros (orpailleurs illégaux), présents par milliers (on parle de 20'000 !) dans plusieurs zones de la TI, mais aussi pour l’application de mesures pour lutter efficacement contre la pandémie.

    Une première partie du document traite du cadre historique, géographique, politique, institutionnel et culturel dans lequel se développe la pandémie. Un tableau (p. 16) détaille la situation dans les 37 différentes régions de la TI-Y. Une trentaine de pages sont consacrées à la « Chronologie d’une tragédie annoncée ».

    Une deuxième partie décrit les stratégies de résistance face à la pandémie. Un exemple concerne la région du Rio Marauiáoù s’exerce l’activité de l’association indigène Kurikama qui a un lien historique avec le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA, le partenaire d’AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI. En 2018, on y compte 2'478 habitants répartis en 19 communautés. À cette fin octobre, le Réseau y dénombrait 76 cas confirmés de Covid-19, 1 décès confirmé et 4 décès suspects. De son côté, le SESAI annonçait y avoir réalisés 23 tests, dont 21 se sont révélés positifs. Le 26 avril, les responsables de la Kurikama ont demandé la sortie immédiate de tous les non indigènes de cette partie de la TI-Y. Avec l’arrivée de la pandémie, les communautés ont quitté leurs villages pour aller se réfugier en forêt, une pratique désignée sous le terme de « Wayumi ». Mais après quasiment deux mois d’isolement quelques groupes ont été forcés de retourner dans leur village en raison de l’augmentation des cas de malaria et le manque de médicaments. Ainsi, la pandémie de la Covid-19 se répand sur fond d’une grave épidémie de malaria.

    L’anthropologue Bruce Albert, qui travaille avec les Yanomami depuis de nombreuses années, met en doute les statistiques officielles, les tests utilisés et surtout les traitements administrés par le SESAI. Ces derniers, comme l’hydroxichloroquine, ont été jugés inutiles, voire toxiques par diverses enquêtes scientifiques internationales, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé - OMS. D’ailleurs, ce 30 novembre, lors d’une conférence de presse, le directeur de cette Organisation a déclaré que le Brésil « devait prendre très, très au sérieux l’augmentation récente du nombre de cas de Covid-19 ».

    ***

    Illustration : Page de couverture du rapport. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 135, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

    Lien permanent Catégories : La lettre d'AYA 0 commentaire
  • Brasilia : 1ère Marche des femmes indigènes

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Jair Bolsonaro, Sílvia Nobre Waiãpi, MP No 890/2019, Médicos pelo Brasil, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Agência para o Desenvolvimento da Atenção Primária à Saúde, ADAPS, Luiz Henrique Mandetta, Câmara dos Deputados, Acampamento Terra Livre, Marcha das Mulheres IndígenasElles ont tenu parole ! Le rendez-vous a eu lieu du 9 au 14 août à Brasilia pour la « 1ère Marche des Femmes Indigènes ». Elles étaient plus de 2000 venant de 130 peuples de tout le Brésil. Cette manifestation avait été décidée lors du « Campement Terre libre » d’avril* dernier. La date – le 9 août - pour commencer le rassemblement ne doit rien au hasard – c’est celle choisie en 1994 par l’Assemblée générale des Nations Unies pour être la « Journée Internationale des populations autochtones ».

    Sur le thème : « Territoire : notre corps, notre esprit », elles ont affirmé leur volonté et leur capacité à défendre les droits humains des peuples autochtones mis en danger par le gouvernement Bolsonaro.

    La détérioration du service de santé indigène assuré par le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI est certainement l’un des problèmes qui les préoccupent le plus. Elles l’ont fait savoir, le 12 août, en allant manifester dans les locaux mêmes du Service. Elles reprochent à sa responsable, Sílvia Nobre Waiãpi, une militaire d’origine indigène, de ne pas empêcher l’affaiblissement de l’institution et de ne pas les représenter. Elles demandent sa démission. Elles contestent la Mesure Provisoire No 890/2019 qui institue le « Programme Médecins pour le Brésil » et crée une « Agence pour le Développement du Service Primaire de la Santé - ADAPS ». Elles reprochent au gouvernement de ne pas avoir consulté les peuples indigènes à ce sujet. Surtout, elles considèrent que c’est une manière de privatiser le service de santé indigène. Le 13 août, lors d’une rencontre avec le Ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, et Sílvia Nobre, elles ont eu l’occasion d’exposer leurs revendications. Elles leur ont remis un manifeste les résumant. Il y a eu d’autres rencontres dans le cadre de cette Marche, dont un séminaire à la Chambre des Députés sur le thème « Femmes indigènes et droits sociaux. »

    Le document publié au terme de cette 1ère Marche résume le point de vue et les revendications particulières des femmes indigènes : « …  Lutter pour nos droits territoriaux, c’est lutter pour notre droit à la vie. La vie et le territoire sont semblables...  Quand nous nous inquiétons de nos territoires nous garantissons le bien de toute la planète parce que nous nous préoccupons des forêts, de l’air, des eaux et des sols. La plus grande partie de la biodiversité est sous la surveillance des peuples indigènes. Ainsi nous contribuons à maintenir la vie sur Terre… »  Le document énumère quatorze revendications touchant différents domaines : santé, éducation, droits territoriaux, etc. L’ultime phrase est un engagement : « Nous serons toujours engagées pour la défense de nos peuples et de la Mère Terre ! »

    *Voir sur ce blog la note du 29 avril 2019.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Santé indigène : la mobilisation a payé

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870, de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Henrique Mandetta, MPF, Ministério Público Federal, Conferência Nacional de Saúde Indígena, Brasilia, LulaEntre le 25 et le 27 mars, les Peuples indigènes du Brésil ont réagi à l’appel de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB pour défendre le service de santé qui leur est destiné. Selon l’Articulation, la mobilisation a été importante. Sous différentes formes, les associations locales ont organisé plus d’une trentaine de manifestations dans plus d’une vingtaine d’États de l’Union. Plus précisément, il s’agissait de refuser la suppression du Secrétariat (national) Spécial de Santé Indigène – SESAI* et le transfert aux municipalités de la responsabilité de ce service. Mesures annoncées par le Ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta. Le Ministère Public Fédéral s’était aussi inquiété de cette réforme. Une de plus qui ont marqué l’histoire parfois chaotique de ce service.

    Le 28 mars, le lendemain de la mobilisation, l’APIB a sollicité une rencontre avec le Ministre. Réunion à laquelle ont participé des délégués de différentes entités du système de santé indigène, de leaders et représentants d’organisations indigènes régionales. Tous ont été unanimes pour demander le maintien de la structure actuelle du service de santé et se sont opposés à l’avis du ministre. Celui-ci proposait un modèle fragmenté en fonction de la localisation des communautés. Au terme de la réunion le ministre a annoncé le maintien du SESAI. Il installera un groupe de travail pour faire une évaluation de la politique en matière de santé indigène afin de soumettre des propositions à la prochaine Conférence Nationale de Santé Indigène (la 6e). Celle-ci doit avoir lieu du 27 au 31 mai à Brasilia.

    L’APIB a remercié les organisations qui ont répondu à son appel, contribuant ainsi au recul du Ministre.

    *Créé par un Décret présidentiel (No 7.336) pris en octobre 2010 par Lula et révisé ultérieurement plusieurs fois. Voir sur ce blog la note du 26 novembre 2010.

    ***

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870, de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Secrétariat Spécial de Santé Indigène, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Henrique Mandetta, MPF, Ministério Público Federal, Conferência Nacional de Saúde Indígena, Brasilia, Lula

    Illustrations : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2