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  • Un ouvrage : L‘Amazonie, histoire, géographie, environnement

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, François-Michel Le Tourneau, Sophie Barluet, CNRS Editions, Centre National du Livre, Yanomami, Bolivie, Bolivia, Colombie, Colombia, Équateur, Ecuador, Guyana, Guyane française, Pérou, Perú, Surinam, Venezuela, PortugalSorti de presse il y a un an déjà, cet ouvrage consacré à l’Amazonie brésilienne* a vu son auteur, François-Michel Le Tourneau recevoir le prix Sophie Barluet en février 2020.

    Ce Prix, délivré par le Centre National (français) du Livre, est destiné à récompenser l’excellence d’un essai de sciences. Il est décerné par un jury composé de personnalités éminentes du monde intellectuel soucieuses de promouvoir une réflexion de qualité sur les questions de société contemporaine.

    « L’Amazonie » n’existe pas. C’est par cette affirmation que commence l’introduction de l’ouvrage dans laquelle l’auteur donne les motifs qui l’ont incité à rédiger ce livre : « Bien qu’il soit impossible de rendre justice à toutes les facettes de la complexité amazonienne en un seul ouvrage, ce livre souhaite atteindre deux objectifs simultanés. Le premier est de montrer en quoi les contresens ont guidé, et guident encore largement, le développement imposé par l’Europe (et l’occurrence le Portugal) puis par le Brésil devenu indépendant, à la région amazonienne. […] Le second est de proposer une synthèse la plus documentée possible des évolutions de la période précolombienne à nos jours, ainsi qu’un tableau des enjeux contemporains… […] J’espère que les lecteurs pourront trouver dans ces pages une information utile, non seulement de par les textes et les illustrations, mais également en poursuivant vers les thèmes qui les intéressent grâce aux nombreuses références bibliographiques. J’espère également que cet ouvrage et les concepts de contresens ou de malentendus amazoniens pourront aider à changer l’aspect exogène qui se trouve au cœur de la plupart des politiques appliquées à l’Amazonie, pour ouvrir la voie à des politiques définies de manière endogène et prenant en compte la connaissance que de nombreux segments de la population amazonienne continuent à avoir de leur environnement. Bien sûr, ce basculement ne devrait pas se produire uniquement dans cette région… »

    Dans la première partie, l’auteur fait une description de l’Amazonie et de son état avant l’arrivée des Européens. La deuxième partie traite de la période qui va de 1500 à 1950. La troisième est intitulée « Victime du « Développement » ? ». La quatrième et dernière partie aborde les enjeux contemporains. La conclusion de l’ouvrage est une interrogation : « Développer l’Amazonie ? Leçons et contresens ».

    Ce livre, pour reprendre la 4e de couverture, est « une lecture essentielle à l’heure où les annonces du gouvernement Bolsonaro viennent réveiller les inquiétudes. »

    Il serait intéressant d’avoir l’avis des organisations indigènes sur cet ouvrage, en particulier de celles qui ont élaboré un Plan de Gestion Territorial et Environnemental – PGTA comme celui des Yanomami présenté dans ce blog le 3 septembre 2019.

    Actuellement ces organisations se mobilisent pour protéger les communautés du Covid-19. On déplore déjà plusieurs décès parmi les autochtones dont un Yanomami de 15 ans.

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    Références :  L‘Amazonie, histoire, géographie, environnement / François-Michel Le Tourneau / CNRS éditions / 15 rue Malbranche 75005 Paris / ISBN  978-2-271-11598-0 / 528 pages, 149 figures et 17 tableaux / 4 parties / 9 chapitres et une bibliographie (28 pages).

    Rappel : En 2010, François-Michel Le Tourneau a publié « Les Yanomami du Brésil – Géographie d’un territoire amérindien », Voir sur ce blog, la note du 11 février 2011.

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    *L’Amazonie brésilienne représente 63% de ce territoire qui s’étend sur huit autres pays : la Bolivie 6%, la Colombie 7%, l’Équateur 1,5%, la Guyana 3%, la Guyane française 1,5%, le Pérou 10%, le Suriname 2% et le Venezuela 6%.

    Illustration : 1ère de couverture de l’ouvrage. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 132, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • François Hollande, le Brésil, la Guyane et l'orpaillage illégal

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    Resté quasiment cinq ans dans les tiroirs et devant les Commissions du parlement brésilien, l'accord, signé en décembre 2008, pour renforcer la coopération entre la France et le Brésil afin de prévenir et réprimer l'orpaillage illégal en Guyane a été approuvé par la Chambre des députés le 12 décembre dernier. Le président français était alors en visite officielle au Brésil. Le parlement français l'avait adopté en juillet 2011 déjà. Cet accord, voulu par les deux présidents Lula et Sarkozy en février 2008, concerne les zones protégées ou d'intérêt patrimonial. Il s'applique dans une bande de 150 km de part et d'autre de la frontière. Il énumère une série de mesures à mettre en œuvre dans différents domaines. Par exemple, parmi les mesures pénales, il est prévu la confiscation des produits des infractions, mais aussi la confiscation et la destruction des biens et matériels utilisés pour commettre les infractions. Il devra encore être mis en œuvre. La France aura-t-elle plus de poids pour le faire appliquer maintenant que Brésil a choisi le Gripen suédois, au détriment du Rafale français, pour renouveler sa chasse aérienne ?

    Les forces de l'ordre ont également à contrôler la frontière avec le Suriname, pays avec lequel la France a un accord de coopération transfrontalière en matière policière, mais le président français souhaite un accord semblable à celui signé avec le Brésil.

    Le 6 décembre, peu avant l'arrivée F. Hollande en Guyane, la Préfecture de région avait fait le point sur l'orpaillage illégal. Elle a fait état d'une aggravation de la situation. Après un net recul en 2008 – 2009, tous les indicateurs sont en hausse sensible. En 2009, il avait été relevé 535 chantiers actifs, il y en avait 771 en 2013.

    La société civile guyanaise s'inquiète. Un collectif – Les Hurleurs de Guyane – composé d'une quarantaine d'associations a appelé à manifester le 13 décembre pour attirer l'attention de F. Hollande sur la gravité de la situation décrite dans un intéressant document d'une trentaine de pages. Ils y affirment que la production illégale de l'or est entre 3 et 20 fois la production d'or déclarée, comprise elle, entre 1 et 2 tonnes par an. Ce texte a été remis aux conseillers du président.

    Les 13 et 14 décembre, dans plusieurs de ses discours, le président de la république a évoqué le problème de l'orpaillage illégal : "Nous irons jusqu'au bout de ce combat" a-t-il annoncé à sa descente d'avion.  Il a rappelé la mort de trois militaires et les graves blessures dont ont été victimes deux légionnaires dans les opérations de lutte contre l'orpaillage illégal. Devant les élus, puis devant les acteurs économiques de Guyane, il a repris une proposition qui lui a été faite de créer un opérateur public qui, "dans le respect de l'environnement, permettrait une exploitation de l'or guyanais au bénéfice de la seule Guyane".

    Un contact avec les organisations amérindiennes de Guyane n'était pas prévu au programme de la visite. Et, apparemment, celles-ci ne se sont pas manifestées. Cependant, à l'occasion de ce voyage, Raymond Depardon, photographe et cinéaste; Michel Adam, anthropologue et professeur; ainsi que Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International – France, ont signé une "Tribune" dans le quotidien "Le Monde" du 12 décembre : … "Si François Hollande aspire à faire de la France "la nation de l'excellence environnementale", il est temps qu'il reconnaisse les droits fondamentaux des peuples indigènes de la République, les meilleurs gardiens de la biodiversité, et qu'il envisage sérieusement la signature de la convention 169 de l'OIT". En Guyane ce sont certainement les populations amérindiennes qui souffrent le plus de l'orpaillage illégal comme l'a bien montré le film "Dirty Paradise" de Daniel Schweizer*.

    Enfin, le Brésil n'ayant pas encore terminé les travaux d'accès au pont sur l'Oyapock et permettant une liaison routière avec la Guyane, l'inauguration n'a pas été programmée pour cette visite… La construction du pont avait été annoncée en février 2008. L'inauguration était souhaitée pour 2010.

    * Le film a été présenté en mars 2010 au Festival du Film et Forum sur les droits humains –FIFDH de Genève où il a reçu le Grand Prix de l'État de Genève – voir AYA Info No 48

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    À tous les lecteurs de ces notes, amis ou inconnus, réguliers ou occasionnels, je souhaite une année 2014 de "Bien vivre" et de progrès vers une "Terre sans mal", selon des expressions utilisées par les peuples indigènes.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans AYA Info (No 89), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2