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  • Brésil : Bolsonaro sur les Terres Indigènes Yanomami et Balaio

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    Les 27 et 28 mai derniers, le Président de la République, Jair Bolsonaro était en déplacement dans l’Ouest de l’Amazonie, plus exactement dans la municipalité de São Gabriel de Cachoeira. Au programme : l’inauguration d’un pont et une rencontre avec des Yanomami de Maturacá.

    Le pont mis en service est de taille modeste : un ouvrage en bois de 18 mètres de long et 6 mètres de large. Il a été réalisé par l’armée en remplacement d’un pont - également en bois - devenu inutilisable. Il enjambe un igarapé (une petite rivière). Il facilite grandement la liaison routière entre la communauté indigène de Balaio et un poste de l’armée situé à Maturacá au chef-lieu de la Commune de São Gabriel da Cachoeira, à 91 kilomètres de là. C’est la localité la plus proche où trouver de nombreux commerces et services. Un communiqué du Ministère de la défense fait écho à l’événement : Le Président a relevé que « l’ouvrage est petit par sa taille, mais qu’il est grand par son impact social ». Le Ministre de la défense, Walter Braga Netto a souligné que « … la construction de ce pont apporte le développement à une population oubliée dans le Brésil. Il est nécessaire d‘apporter l’État brésilien dans cette zone reculée du pays ».

    La rencontre du Président avec les Yanomami a eu lieu à Maturacá, dans les locaux du 5e Peloton Spécial de Frontière de l’armée – 5e PEF qui est en Terre Yanomami. Une courte vidéo (3’41’’), publiée sur Facebook le 30 mai, montre le Président écouter trois leaders des communautés Yanomami locales, mais aussi un représentant de l’Association Yanomami du Rio Cauaburis et affluents – AYRCA et une représentante l’Association des Femmes Yanomami Kumirayoma – AMYK. Dans une courte allocution (1’32’’), le Président a affirmé son intention de respecter la volonté des communautés : « … Si vous ne voulez pas d’exploitation minière, il n’y aura pas d’exploitation minière !». La vidéo se termine par ces mots : « Nous respectons les communautés indigènes »

    La Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro – FOIRN a manifesté son insatisfaction. Elle reproche notamment au Président de ne pas avoir rencontré les institutions qui ont le plus aidé à combattre la pandémie de la Covid-19 et de ne pas avoir fait mention au combat contre les orpailleurs illégaux, le narcotrafic et autres problèmes graves qui dévastent les terres indigènes.

    En effet, le Président ne peut ignorer les récents événements survenus à quelques centaines de kilomètres dans la communauté Yanomami de Palimiú menacée par des garimpeiros (orpailleurs illégaux). Il est sans doute informé des violences commises - également par des garimpeiros - contre les indigènes Munduruku (dans l’État du Pará). Dans les deux cas, les garimpeiros n’ont pas été évacués malgré les demandes de la justice et des organisations indigènes*.

    Selon la FOIRN, Jair Bolsonaro prépare sa campagne électorale de 2022 !

    *Voir sur ce blog, la note du 28 mai dernier.

    ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève, CCP 17-55066-2

  • Brésil : L’action violente de garimpeiros contre les indigènes Yanomami et Mundurucu

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Yanomami, Hutukara Associação Yanomami, HAY, garimpeiros, orpailleurs, rio Uraricoeira, Palimiú, Terra Indígena Yanomami, Terra Indígena Mundurucu, Terra Indígena Sai Cinza, Fondation Nationale de l’Indien, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Frente de Proteção Etnoambiental Yanomami, Polícia Federal, Armée, Exército, Ministério Público Federal, Roraima, Elayne Rodigues Maciel, Boa Vista, Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, Câmara dos Deputados, ADPF 709 TPI /DF, Supremo Tribunal Federal, STF, Amazônia Real, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Premier Commando de la Capitale, Primeiro Comando da Capital, PCC, São Paulo, Operação Mundurukânia, Maria Leusa Kaba Munduruku, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Joênia Wapichana, FantásticoLe 10 mai, l’Hutukara Associação Yanomami – HAY annonce que, vers 11h30, des garimpeiros (orpailleurs illégaux), arrivés par le rio Uraricoeira sur sept barques, ont accosté à proximité de la communauté Yanomami de Palimiú* située dans le nord de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Ils ont attaqué les indigènes qui ont riposté. La fusillade aurait duré une demi-heure. L’HAY signale cinq blessés : quatre garimpeiros et un indigène. Elle demande l’intervention urgente de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, de la Police Fédérale, de l’Armée et du Ministère Public Fédéral de Roraima pour empêcher la poursuite de la violence et garantir la sécurité de la communauté. Les garimpeiros ont également tirés en direction d’agents de la Police Fédérale venus enquêter sur les événements.

    Le même jour, la Coordinatrice du Front de protection ethno-environnemental Yanomami – Ye’kwana de la FUNAI, Elayne Rodigues Maciel publie un rapport rappelant les faits qui lui ont été transmis par un indigène. Le 11 mai, par un communiqué de presse, le service de communication de la FUNAI informe, qu’avec les autorités policières, elle va suivre l’enquête sur le « supposé conflit » survenu le 10 mai. Elle indique également que le rapport dont il est question ci-dessus « ne reflète pas la position officielle de la Fondation… ».

    Le 15 mai, une délégation de leaders Yanomami a tenu une conférence de presse à Boa Vista, la capitale de l’État de Roraima. Dans une note, elle a rappelé comment, pour se protéger des tirs, les membres de la communauté, et parmi eux beaucoup d’enfants, se sont enfuis dans la forêt. Le 11 mai au matin, les adultes sont partis à leur recherche et les ont retrouvés sains et saufs. Mais deux fillettes, âgées d’un an et de 5 ans, ont été retrouvées sans vie dans le rio Uraricoeira. Dans la nuit du 14 mai les garimpeiros sont à nouveau entrés dans la communauté désertée par ses habitants partis se cacher dans la forêt.

    Les incidents se sont poursuivis les jours suivants. Le 17 mai l’HAY signale que la veille au soir, les garimpeiros sont revenus à bord de 15 barques. Ils ont tiré en direction de la communauté et lancé des gaz lacrymogènes. Elle réitère sa demande de protection. Une autre tentative d’invasion a eu lieu au soir du 19 mai, mais les garimpeiros seraient repartis quand ils ont vu les indigènes monter la garde.

    Les incidents survenus dans la communauté de Palimiú ont suscité l’intérêt de plusieurs médias. L’agence Amazônia Real a révélé que des garimpeiros seraient liés à un groupe de trafiquants de drogue, le Premier Commando de la Capitale – PCC de São Paulo. L’agence G1.globo a consacré une émission de Fantastico sur les événements.

    Plusieurs institutions demandent l’intervention des forces de sécurité. Le Ministère Public Fédéral, le 12 mai déjà, demande l’évacuation des garimpeiros dans un rayon de 100 km.

    Le 18 mai, la Commission des Droits Humains et des Minorités de la Chambre des Députés demande à se rendre sur place : « Nous sommes devant une situation extrême avec une grande possibilité d’extermination du peuple Yanomami. Devant ce cas tragique, nous proposons l’institution d’une délégation parlementaire pour tenter résoudre le conflit survenu dans cette Terre Indigène ». Avec le Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes – FPMDDPI, la Commission a demandé au Tribunal Suprême Fédéral -STF de retirer les garimpeiros illégaux de la TI-Y et de protéger le peuple Yanomami.

    Ces incidents ont eu un écho au niveau international. Le 19 mai, la Commission Interaméricaine des Droits Humains - CIDH de l’Organisation des États américains et le Secrétariat d’Amérique du Sud du Haut-Commissariat de l’ONU des Droits humains exhortent l’État brésilien de protéger la vie, l’intégrité personnelle, les territoires et les ressources naturelles des peuples Yanomami et Munduruku.

    Le 19 mai, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et plusieurs entités ont également adressé une nouvelle demande au STF pour que ce dernier ordonne au Gouvernement de prendre immédiatement des mesures pour de mettre fin à l’orpaillage illégal et à la déforestation dans les TI-Y, TI-Mundurucu et plusieurs autres. Le 24 mai, Luis Roberto Barroso, ministre du STF a répondu favorablement à cette demande.

    Une première réponse au STF est venue de la Police Fédérale. Le 25 mai, elle a déclenché l’ « Opération Mundurukânia » dans la municipalité de Jacareacanga (État du Pará) pour mettre un terme à l’activité des garimpeiros dans les TI Munduruku et Sai Cinza. Le lendemain, elle a dû faire front aux manifestants garimpeiros décidés à occuper le siège de l’opération. Mais cela n’a pas empêché ceux-ci d’incendier la maison de Maria Leusa Kaba Munduruku, coordinatrice de l’Association des femmes Munduruku Wakoborün, organisation opposée à l’orpaillage. L’APIB, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, plusieurs organisations locales et la députée Joênia Wapichana ont dénoncé cette violence et demandé la protection des peuples indigènes.

    ***

    *Le Centre de santé indigène (le Polo base) de Palimiu est au service d’environ 850 Yanomami.

    Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS 1: Sur e blog, la note du 6 avril dernier a déjà traité du recours à la justice.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 138, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

     

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  • Les Yanomami du rio Marauiá construisent leur avenir

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Rio Marauiá, Rio Negro, Amazonas, Tabuleiro, Xapono, Santa Isabel do Rio Negro, SIRN, Manaus, Rio Demini, Agente Indígena de Saúde, AIS, Agente Indígena de Saneamento, AISAN, Yanomami, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Terra Indígena Yanomami, TI-Y, Kurikama, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, Terre des Hommes Suisse, Canton de Genève, Ville de Genève, Ville de Carouge, Direction du Développement et de la Coopération, DDC, Confédération helvétique, Suisse, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Vandoeuvres, AYA, pirogueDifficile de trouver Tabuleiro sur la carte*. C’est un Xapono** (un village) yanomami, en pleine forêt amazonienne, sur la rive du rio Marauiá, un affluent du rio Negro, dans la commune brésilienne de Santa Isabel do Rio Negro - SIRN. C’est là qu’a eu lieu, du 29 octobre au 4 novembre, un cours auquel ont participé quarante-quatre « Multiplicateurs interculturels » venus de dix-sept xapono. Trois d’entre eux venaient du rio Demini, un autre affluent du rio Negro. Dans leurs communautés, les participants sont des leaders, hommes ou femmes, professeurs des écoles indigènes, Agents Indigènes de Santé (AIS) ou Agents Indigènes de l’Assainissement (AISAN).

    Le rôle des « Multiplicateurs interculturels » est double. D’une part, ils représentent leurs communautés dans diverses instances officielles comme le « Conseil de District de Santé Indigène - DSEI». Ou, encore, dans les réunions de préparation du « Plan de Gestion Territorial et Environnemental – PGTA » en cours d’élaboration pour l’ensemble de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y). Il s’agit d’un document, par lequel les Yanomami définissent la manière dont ils entendent conduire leur avenir et gérer leur territoire. Cela, maintenant, dans un contexte politique inquiétant. D’autre part, ils doivent restituer à leurs mandants les décisions prises dans ces structures. Ils ont besoin d’une double connaissance : celle de la culture Yanomami et celle du cadre culturel, social, économique et législatif plus large dans lequel ils vivent. Une société environnante qui a un impact sur leur quotidien, par exemple l’usage du téléphone portable, etc. Leur qualification donne plus de poids et plus d’autonomie à leur association, la Kurikama.***  Ces réunions sont également l’occasion d’aborder les problèmes liés aux relations entre les xapono : les territoires de chasse, les conséquences de la sédentarisation, etc...

    Le cours a été animé par Samuel Kohito Yanomami, le Coordinateur de la Kurikama et par Silvio Cavuscens, le secrétaire du « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus. C’était le troisième module d’un projet porté par Terre des Hommes Suisse et le Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI. Ce dernier est appuyé financièrement par plusieurs collectivités publiques (Canton et Ville de Genève, Ville de Carouge et la Direction du Développement et de la Coopération de la Confédération), cela par l’intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération - FGC. Le MCI remercie chaleureusement ces entités.

    C’est la première fois qu’un membre du MCI – Aurélien Stoll – a eu la possibilité de participer à un tel événement. Outre le contenu du cours et la participation très active des leaders, il a particulièrement relevé les problèmes de logistique à résoudre - et qui ont un coût - pour organiser ce type de rencontre dans un tel lieu. Une petite partie de la nourriture est trouvée sur place (par des chasseurs), mais l’essentiel et le matériel nécessaire doivent être apportés par bateau de Manaus, ville située à près de 780 km en aval de SIRN, (souvent 3 jours de navigation). Puis, tout transborder sur une ou des pirogues**** pour remonter le cours du rio Marauiá. Pour rejoindre Tabuleiro (à une cinquantaine de km en amont), il faut compter, selon la saison et la puissance du moteur, environ 5 à 6 heures de navigation. "Détail" non négligeable : il y a quatre « cachoeiras » (rapides) à franchir. Pour chaque franchissement, il faut décharger le matériel et le carburant pour le retour, faire passer – parfois porter - les embarcations avant de les recharger en amont… La coopération peut recouvrir des réalités singulières !

                                                                                ***

    *Géolocalisation : 0°15’23.0 N, 65°02’52.0’’ W / **Prononcer « Chapono » / *** Fondée en octobre 2013 / **** Dont une offerte en 2013 par la commune de Vandoeuvres (GE) par l’intermédiaire de l’association AYA - Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie.

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    Photos © Aurélien Stoll : Cliquer sur l’image pour agrandir la taille.

    En haut à gauche, Samuel Kohito Yanomami anime le cours.

    Ci-dessus, le passage d’une « cachoeira ».

    PS 1 : Note rédigée avec le concours d’Aurélien Stoll.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 124, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Le Yanomami Davi Kopenawa est menacé de mort

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, Davi Kopenawa, Hutukara Associação Yanomami, HAY, São Gabriel da Cachoeira, Armindo Góes, Terre Indigène Yanomami, Terra Indígena Yanomami, Boa Vista, Roraima, orpaillage illégal, garimpo, garimpeiro, ISA, Instituto Socioambiental, Polícia Federal, Ministério Público Federal, Festa Literária Internacional de Paraty, FLIP, La Chute du Ciel, The Falling SkyLe 28 juillet, Davi Kopenawa, le président de l'Hutukara Associação Yanomami - HAY a rencontré le délégué adjoint de la Police Fédérale à Boa Vista (la capitale de l'État de Roraima) pour l'informer des menaces de mort dont il est l'objet. L'HAY a remis un rapport dans lequel elle fait état du climat d'insécurité dans lequel vivent les responsables de l'association, son président étant particulièrement visé. En mai, à São Gabriel da Cachoeira (AM), le directeur de l'HAY, Armindo Góes a été abordé par des garimpeiros. Ceux-ci lui ont déclaré que des personnes, qui avaient subi des préjudices lors des opérations de lutte contre l'orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami – TI-Y, recherchaient Davi, affirmant que celui-ci n'arriverait pas vivant à la fin de l'année.

    En juin, à Boa Vista (la capitale de l'État de Roraima), le siège local de l'Institut Socio-environnemental – ISA (une organisation indigéniste) a été victime d'un "assalto" au cours duquel du matériel a été volé.

    L'HAY a pris des mesures pour augmenter la sécurité de son siège à Boa Vista. Elle a restreint les activités et les déplacements de son président. Elle demande à la Police Fédérale d'enquêter sur toute la chaîne de l'or dans la Terre Indigène Yanomami pour savoir qui finance les opérations d'orpaillage, qui achète l'or ? "Malheureusement ceux qui financent l'exploitation illégale du minerai sont rarement identifiés et les garimpeiros sont rapidement libérés et retournent à leur activité illégale". L'HAY demande à l'État brésilien, non seulement la protection et la surveillance du territoire du peuple Yanomami, mais aussi d'assurer l'intégrité physique de Davi Kopenawa.

    Ces faits ont conduit la Police Fédérale et le Ministère Public Fédéral de Roraima à ouvrir une enquête et prendre une série de mesures. Entre autres, elle a demandé au Secrétariat des Droits humains de la présidence de la république d'envisager l'inclusion de Davi Kopenawa dans le Programme de protection des défenseurs des droits humains.

    Présent à la Fête Littéraire Internationale de Paraty (RJ) qui s'est tenue du 30 juillet au 3 août, Davi a sollicité de l'aide : "Si vous n'aidez pas le peuple indigène, le monde ne va pas bien fonctionner… La forêt c'est ce qui nous protège…"

    Survival International propose l'envoi, à la Présidente du Brésil Dilma Rousseff, d'un courrier de soutien aux Yanomami.

    Pour rappel, Davi était en Suisse en mars 2012*, lors de la présentation, à Genève, du film de Daniel Schweizer  "Indiens d'Amazonie en sursis" dans le cadre du Festival du film et forum International sur les Droits Humains – FIFDH. Il est coauteur avec Bruce Albert du livre "La chute du Ciel - Paroles d'un chaman yanomami", publié dans la Collection  "Terre Humaine" aux éditions Plon (Paris). Une version en anglais : "The Falling Sky", a été publiée en novembre 2013 aux éditions Harvard University Press. La version portugaise est attendue pour la fin 2014, début 2015.

    ***

    *Voir sur ce blog, les notes des 11/01/2013, 02/03/2012, 23/03/2012, 07/10/2011 et 21/10/2011

    Photo Fernando Frazão / Agência Brasil : Davi Kopenawa lors de la Festa Literária Internacional de Paraty. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans le "AYA Info" (No 95), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2