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  • Brésil : la mort violente d’un défenseur des peuples isolés

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    Le Coordinateur général des Indiens isolés et de récent contact de la FUNAI, Ricardo Lopes Dias* lui a rendu hommage : « Rieli a consacré sa vie à la cause indigène. Avec trois décennies se service fournis dans la région, il laisse un immense héritage pour la protection de ces peuples ».

    Dans une note commune du 10 septembre, la Coordination des Organisation Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et l’Observatoire des Droits Humains des Peuples Isolés et de Récent Contact – OPI, ont exprimé publiquement leur peine, mais aussi de tenter une explication : Ce groupe isolé que Rieli suivait directement depuis une dizaine d’années, n’avait jamais présenté un comportement violent : « Sans l’ombre d’un doute ce peuple ne savait pas qu’il s’attaquait à un allié ». Les « Isolés du Cautário » sont les survivants des massacres qui se sont produits depuis les années 80 quand le gouvernement militaire a commencé un processus de colonisation dans la région avec la construction de routes, forçant le contact ce qui a conduit à l’extermination de nombreux groupes indigènes. L’APIB rappelle encore qu’à sa demande, au début du mois d’août dernier**, elle a obtenu du Tribunal Suprême Fédéral – STF qu’il contraigne le Gouvernement à mettre en place un plan de lutte contre le Covid-19 pour protéger les peuples indigènes. Elle n’a pas obtenu du STF qu’il ordonne le retrait des envahisseurs de plusieurs TI, dont la TI Uru-Eu-Wau-Wau. Les signataires de la note rappellent également que « Ces dernières années Rieli avait dénoncé le mauvais fonctionnement des FPE et demandé des améliorations. Il avait prophétisé de grandes tragédies comme celle qui lui est arrivée, cela en raison de l’avancée de la déforestation dans la région et de la destruction progressive de la FUNAI actuellement aux mains de ruralistes arriérés et de missionnaires extrémistes ». La note intitulée « Rieli Franciscato, va en paix ! Nous continuerons ta lutte ! » exprime la volonté des organisations indigènes de poursuivre leur résistance.

    Le 11 septembre, le Ministère Public Fédéral – MPF de Rondônia demande à la population de Seringueiras d’appeler la police ou la Funai pour le cas où des indiens isolés se manifesteraient ; de ne pas les approcher, ni les menacer et encore moins les agresser. Et de rappeler que récemment, des peuples isolés ont été repérés sur des propriétés rurales, probablement à la recherche de nourriture ou d’instruments domestiques pour aider à la chasse. Éventuellement poussés à s’installer hors de leur territoire en raison de la pression causée par des invasions illégales…

                                                                                ***

    *Voir la note du 9 février 2020 / ** Voir la note du 8 août 2020.

    Photo : Capture d’écran, Rieli Franciscato lors d’une interview accordée en 2014 au Service de communication de la FUNAI.

    PS : L’activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d’en « savoir plus ».

    Cette note sera publiée dans le prochain « Aya Info » No 134, le bulletin de l’association « Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie » - AYA / 13 rue des Bossons – CH – 1213 Onex / Genève – CCP 17-55066-2

     

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