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  • Brésil : La FUNAI favorise la division des indigènes

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    Brasil, Brésil, Funai, Fundação Nacional do Índio, Fondation Nationale de l’Indien, Sônia Guajajara, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Union Européenne, Mercosur, Mercosul, Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes, FPMDDPI, Frente Parlamentar Mista em Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, decreto No 7.747 de 5 de junho de 2012, Política Nacional de Gestão Territorial e Ambiental de Terras Indígenas, PNGATI, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, PGTA, Dilma Rousseff, Joe Biden, USASur son site, le 29 mars, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI publie la copie d’une lettre, adressée à plusieurs institutions européennes* par trois porte-paroles d’un « Groupe d’agriculteurs et producteurs indigènes ». Dès le premier paragraphe, les auteurs attaquent Sônia Guajajara leader de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Ils affirment que l’Articulation est une organisation inconnue de la majorité des peuples indigènes du Brésil. Ils contestent la représentativité de Sônia qu’ils accusent de faire de la politique contre le gouvernement : « Une usurpatrice qui peut mentir sans gêne et demander, par exemple, la non-signature de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur… Pour nous, il est clair qu’il s’agit d’une trahison à la Patrie de la part d’une personne qui répète les phrases imposées par les ennemis du Brésil.»

    Parlant de leur Groupe, qu’ils affirment représenter approximativement 70 peuples indigènes, qui, tout en conservant leurs traditions et coutumes, ont choisi d’entreprendre, de produire et commercialiser comme n’importe quel autre producteur du Brésil et du monde : « Nous ne voulons plus vivre de l’assistance, ni de la charité de personne…  Nous habitons sur environ 35 millions d’hectares où il est possible de d’exercer tout type d’activité productive pouvant apporter le développement des Peuples indigènes dans les régions où ils sont insérés et aussi du Brésil… Nous sommes des indigènes brésiliens fiers de notre drapeau… Au contraire de cette femme qui n’aime pas le Brésil, nous du groupe d’agriculteurs de producteurs indigènes, jamais nous nous soulèverons contre notre patrie aimée, le Brésil.».

    L’APIB a réagi dès le 31 mars. Sous le titre « Le gouvernement Bolsonaro et ses alliés du parlement promeuvent divisions et conflits entre indigènes pour massacrer nos droits fondamentaux » : « La stratégie est ancienne et continue depuis l’invasion européenne, utilisée pour affaiblir, disqualifier et démobiliser le mouvement indigène et anéantir nos droits fondamentaux… L’usage de la communication du gouvernement pour alimenter les divergences, rivalités et conflits entre indigènes cache l’incompétence de l’actuelle gestion et dévie les regards de son projet génocide et écocide… Nos leaders et dirigeants de l’APIB comme Sônia Guajajara ont gagné leur légitimité au sein des bases du mouvement et la reconnaissance internationale pour avoir consacré leur vie à la protection et la promotion des droits des peuples indigènes du Brésil… »

    Dans les jours qui ont suivi, une dizaine d’organisations et de fédérations indigènes de différentes régions du pays ont manifesté leur soutien à l’APIB et à Sônia. Au parlement fédéral, le Front Parlementaire Mixte de Défense des Droits des Peuples Indigènes – FPMDDPI qui regroupe des Députés et des Sénateurs fédéraux a également manifesté sa solidarité à l’égard de l’APIB et de Sônia. Il exprime sa désapprobation à l’égard de cette tentative de criminalisation des organisations qui luttent pour les droits des peuples indigènes.

    Le 5 avril, la FUNAI a encore publié une lettre que le même groupe d’agriculteurs a adressée au président des USA, Joe Biden, dans laquelle il dénonce l’APIB. Cette dernière, le 9 mars, avait écrit au président américain pour lui demander d’inclure les peuples indigènes dans les débats en vue de l’élaboration du plan de protection de l’Amazonie, un élément de sa stratégie de combat contre le changement climatique. L’APIB redoute des négociations secrètes entre le Brésil et les USA… Un dossier important !

    Pour rappel, la FUNAI, actuellement présidée par Marcelo Augusto Xavier da Silva** a été créée en 1967. Sa mission institutionnelle d’origine est de protéger et de promouvoir les droits des peuples indigènes… En matière de gestion territoriale et environnementale des Terres Indigènes, un décret de juin 2012 signé par Dilma Rousseff, qui, dans son art. 4 (axe 5) prévoit de promouvoir les initiatives productives indigènes. Ce décret sert de base à l’élaboration et au suivi de « Plans de gestion territoriale et environnementales – PGTA pour lesquels la FUNAI est sensée s’impliquer

    ***

    *Parlement européen / Conseil européen / Conseil de l’Union européenne / Commission Européenne / Cour de Justice de l’Union européenne / Cour des comptes européenne / Banque Centrale européenne 

    **Voir sur ce blog, la note du 6 août 2019

    Illustration, traduction : « DIVISER POUR DEVASTER / Le gouvernement stimule les conflits entre indigènes pour massacrer (leurs) droits / Note de l’APIB contre la criminalisation du mouvement indigène et en appui à Sônia Guajajara ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 137, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève

  • Les incendies et la déforestation entraînent des réactions au Brésil et au-delà

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    Les médias ont largement fait écho aux incendies et à la déforestation qui ravagent l’Amazonie et le Pantanal (la plus grande zone humide de la planète). Les liens de ces phénomènes avec l’agrobusiness ont été rappelés à diverses reprises. La situation en Amazonie a suscité des réactions, des prises de positions variées dont on trouvera quelques exemples ci-dessous.

    Le 18 septembre, le Général Heleno, chef du Cabinet de la Sécurité Institutionnelle à la Présidence du Brésil a publié une note sur les réseaux sociaux. Il dit que l’Articulation des peuples Indigènes du Brésil - APIB et une de ses leaders, Sônia Guajajara commettent un crime de lèse-patrie : « L’APIB est derrière le site defundbolsonaro.org pour diffuser des fake news contre le Brésil, imputer les crimes environnementaux au président de la république et appuyer les campagnes internationales de boycott des produits brésiliens. » L’Articulation rejette cette accusation. Selon elle « … le plus grand crime qui nuit à notre patrie est l’incapacité du gouvernement à empêcher la destruction de nos biomes, de nos zones protégées, les incendies, l’accaparement des terres, la déforestation, l’invasion de nos terres et le vol de nos richesses. »

    Le 22 septembre, lors de l’ouverture de la 75e Assemblée Générale de l’ONU, le président brésilien a défendu la politique économique et sanitaire qu’il conduit dans son pays pour faire face au Covid-19. À propos des incendies qui dévastent la forêt : « Notre forêt est humide et ne permet pas la propagation du feu en son intérieur. Les incendies arrivent pratiquement, dans les mêmes lieux, dans la zone Est de la forêt, où le caboclo* et l’indien brûlent leurs champs à la recherche de leur survie dans les zones déjà déboisées.» Le jour même l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a adressé une interpellation au Tribunal Suprême Fédéral - STF pour que « le Gouvernement explique à la justice les mensonges qu’il a communiqué à l’ONU et les attaques faites aux peuples indigènes. »

    La situation inquiète au-delà du Brésil

    En juin dernier, l’association française Envol Vert a publié un rapport intitulé « Groupe Casino éco responsable de la déforestation # double jeu ». L’étude, sous-titrée « Rapport bœuf », porte sur le Brésil et la Colombie, pays où le groupe a des fournisseurs en viande bovine et des filiales de distribution. Le document a été adressé à la direction stéphanoise du groupe qui répond «… le plan de vigilance publié par le groupe Casino est conforme avec les obligations telles que définies par la loi française (No 2017-399) du 27 mars 2017 ». Une dizaine d’ONG dont la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, sont associées à la démarche. Mis en demeure le 21 septembre, le groupe Casino a trois mois pour répondre.

    La politique environnementale de plusieurs pays latino-américains a eu un écho dans les rangs du Parlement européen. Le 7 octobre, lors de la discussion du rapport annuel 2018 sur la mise en œuvre de politique commerciale commune, le Parlement a adopté une résolution dont un paragraphe (No 36) concerne l’accord de libre-échange négocié par l’Union Européenne avec le Marché Commun du Sud – Mercosur**. La conclusion est claire, celui-ci « ne peut pas être ratifié en l’état. ». La France avait déjà manifesté son opposition à l’accord en 2019.

    En guise de rappel, la Suisse, dans le cadre de l’Association Européenne de Libre Échange – AELE (Suisse, Norvège, Lichtenstein et Islande) a conclu un accord à la fin du mois d’août 2019. Accord déposé au parlement fédéral également contesté par des parlementaires et par plusieurs ONG.

    Les nombreux appels à protéger les forêts seront-ils entendus ? À suivre…

                                                                                ***

    *Caboclo > métisse blanc/indien

    **Le Marché Commun du Sud – Mercosur, concerne l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et plusieurs pays associés.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 134, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • La parole des Peuples autochtones au "Registre de la Mémoire du Monde"

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Autochtones, UNESCO, Registre de la Mémoire du Monde, Parole des Peuples autochtones, Patrimoine mondial de l'Unesco, Docip, Palais Wilson, HCDH, ONU, Ville de Genève, Canton de Genève, New-York, Union Européenne, Parlement Saami de Norvège, Sámediggi, Sametinget, Augosto Willemsen Diaz, Edith Ballantyne, Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones, Centre pour les droits de l'homme, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Pierrette Birraux, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, René Longet, Sami Kanaan, Juan Eduardo Aguilar, Guarani, Jean-Bernard Münch, Commission suisse pour l'UnescoL'UNESCO* a décidé d'inscrire à son Registre international "Mémoire du Monde" les archives du DOCIP** concernant les prises de parole des représentants des peuples autochtones aux Nations Unies entre 1982 et 2015. La décision a été prise le 30 octobre. L'annonce en a été faite le 14 novembre à Genève. Il s'agit de plus de 22'000 textes dont la plus grande partie (80%) ont été numérisés, donc largement accessibles en cliquant > ICI. Le Docip est le gestionnaire de cette documentation, il n'en est pas le propriétaire. L'utilisation non commerciale du matériel en ligne est libre pour autant que la source soit mentionnée. La conservation "physique" des documents est assurée par la Ville de Genève. Une aide précieuse si l'on se rappelle qu'en 1987 un incendie avait dévasté le secrétariat du Docip, alors logé dans l'annexe, maintenant démolie, du Palais Wilson, le siège actuel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme - HCDH. Le Docip avait pu récupérer la totalité des documents détruits auprès des instances de l'ONU.

    La décision de l'UNESCO est une reconnaissance du travail effectué par le Docip depuis sa fondation en 1978. Un service demandé par des leaders autochtones venus à Genève, en 1977*** et 1978 pour les premières grandes conférences à l'ONU portant sur les discriminations dont les peuples autochtones sont l'objet.

    Lors des rencontres onusiennes à Genève et à New-York, le Docip met du personnel, un secrétariat et de la documentation à disposition des délégations pour leur permettre de rédiger, traduire, imprimer les documents dont elles ont besoin. Le Docip ne prend pas position dans les débats. Il ne fait pas de lobbying. Il reçoit l'appui de l'Union Européenne, du Parlement Saami de Norvège, du Canton et de la Ville de Genève.

    Le Docip a vu le jour grâce à l'ouverture d'esprit dont ont fait preuve ses fondateurs. Parmi eux, Augusto Willemsen Diaz (décédé le 15 décembre 2014), juriste guatémaltèque au Centre pour les droits de l'homme de l'ONU, absorbé plus tard par le HCDH. Et Edith Ballantyne, alors membre de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté.

    En septembre 2013, le Docip a organisé un symposium*** au titre évocateur : "Peuples autochtones aux Nations Unies : de l'expérience des pionniers à l' ''empowerment" des jeunes générations". Réunion qui a permis aux jeunes leaders de rencontrer les anciens qui avaient lutté pour accéder aux instances de l'ONU. Une façon de donner une continuité à la mémoire autochtone.

    La relation des Peuples autochtones avec l'ONU a suivi un parcours particulier, différent de celui des États et des ONGs. Un statut particulier qui a donné des résultats, même appliqués de manière très inégale, comme par exemple, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones de 2007. La situation des peuples autochtones est toujours précaire. Leur cheminement aux Nations Unies a été bien expliqué par Pierrette Birraux lors d'un débat, organisé en mars 2012, par le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, à l'occasion de son 50e anniversaire. Une intervention que l'on peut visionner sur Youtube.

    Par son geste, l'UNESCO donne une plus grande audience aux Peuples autochtones. Et bravo au Docip !

                                                                                          ***

    * UNESCO > Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture, dont le siège est à Paris.

    ** Docip - Centre de documentation, de recherche et d'information des peuples autochtones, créé en 1978. Son siège est au :106, route de Ferney, CH-1202 Genève. Tél. : + 41 (0) 22 740 34 33. Courriel : docip@docip.org , Site : www.docip.org

    *** Voir sur ce blog, la note du 13 septembre 2013

    Photo : © DoCip. Les délégués autochtones présents à la conférence de 1977. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 120, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2